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Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable

Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable | Think outside the Box | Scoop.it

La centrale nucléaire de Fessenheim, le 5 septembre 2012

 

LE PLUS. Philippe Martin, nouveau ministre de l'Écologie, l'a répété au "Journal du dimanche", le 21 juillet dernier : la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée d'ici fin 2016, comme s'y était engagé François Hollande pendant la campagne présidentielle. Une promesse à laquelle ne croit pas l'eurodéputée Corine Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.

 

Certes, le nouveau ministre de l’Écologie Philippe Martin a rappelé avec force sa volonté de fermer Fessenheim en 2016. Et a priori, personne ne peut mettre en doute sa volonté.

 

Il n’en reste pas moins que celle-ci ne suffira pas, en raison du choix initial fait par Delphine Batho, ou fait par la direction de l’énergie du ministère de l’Écologie et validé par Delphine Batho de s’opposer à la fermeture judiciaire de Fessenheim.

 

En effet, en se battant aux côtés de l’autorité de sûreté nucléaire pour obtenir le rejet, par un arrêt qui n’honore pas le conseil d’État, de la demande formulée par plus de 100 collectivités locales allemandes, suisses et françaises représentants 800.000 personnes vivant au voisinage de la centrale nucléaire, le ministère de l’Écologie a très clairement joué contre son camp.

 

4 à 5 ans nécessaires pour fermer une centrale

 

Rappelons tout d’abord que l’autorité de sûreté nucléaire considère elle-même qu’il faut cinq ans pour fermer une centrale nucléaire, et Monsieur Rol-Tanguy, délégué à la fermeture de Fessenheim, considère qu’il en faut quatre.

 

Ceci signifie que même dans le meilleur des cas, ce qui n’est de loin pas l’hypothèse réelle, Fessenheim ne peut pas fermer avant la fin de l’année 2017, voire 2018.

 

En réalité, si le gouvernement avait voulu fermer Fessenheim avant la fin du quinquennat, il fallait lancer le dossier de fermeture dès juillet 2012, organiser un fonctionnement temporaire avec le minimum de travaux nécessaires, voire arrêter la production durant la phase de préparation du dossier de fermeture afin d’éviter des dépenses parfaitement inutiles pour une centrale qui devait fermer.

 

À partir du moment où c’est la date de fin 2016 qui a été retenue et que la procédure de fermeture n’a pas été lancée immédiatement, l’effectivité de la fermeture devient aléatoire.

 

Lorsque l’on sait qu’EDF s’apprête à lancer une enquête publique dans le courant de l’année 2014 pour faire enfin régulariser ces autorisations de rejet qui sont soit absentes, soit totalement obsolètes (Fessenheim est la seule centrale nucléaire de France à fonctionner sur la base d’arrêtés de rejets radioactifs liquides et gazeux datant de 1977), et que parallèlement aucun dossier d’instruction d’une demande de fermeture n’a été lancée pour donner lieu à une enquête publique, chacun peut comprendre qu’il n’y a que bien peu d’espoir sur le plan procédural qu’une fermeture puisse être signée avant la fin du quinquennat.

 

Un ministère de l’Écologie qui joue contre son camp

 

Il en va d’autant plus ainsi que Monsieur Rol-Tanguy a été empêché d’entrer dans la centrale pour pouvoir y effectuer sa mission, en raison de l’opposition du syndicat CGT et, bien évidemment, de la direction d’EDF qui n’a rien fait pour permettre aux représentants de l’État d’engager la procédure dont il était chargé.

 

Si la direction d’EDF, dont on rappelle qu’il s’agit d’une société possédée à 80% par l’État, a pris cette position, c’était en fait qu’elle était convaincue qu’elle ne risquait rien dans la mesure où la fameuse fermeture ne pouvait intervenir dans les délais requis.

 

La seule manière qu’avait l’État d’exécuter la décision du président de la République, décision prise en raison de l’ancienneté et du risque sismique de la centrale de Fessenheim, était de reconnaître cette situation et de ne pas s’opposer à la demande de fermeture formulée par les collectivités territoriales.

 

Cette stratégie aurait conduit à conclure qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur la demande formulée par les collectivités françaises, suisses et allemandes, dans la mesure où la décision de fermeture avait été prise. Dans ce cas, le Conseil d’État en aurait pris acte et la décision de fermeture aurait été en quelque sorte avalisée par le juge.

 

En prenant la position contraire, le ministère de l’Écologie a évidemment joué contre son camp et rendu très difficile une disposition législative spécifique concernant Fessenheim. Il a joué contre son camp en faisant juger qu’aucune décision administrative de fermeture n’avait été prise et qu’en conséquence l’annonce n’avait aucune valeur juridique.

 

Sur le plan du droit, c’est juste. Sur le plan de la lisibilité et de la volonté politique, c’est catastrophique.

 

Une stratégie lourde de conséquences financières

 

En second lieu, il a fait juger qu’aucun risque ne justifiait la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Même si cette affirmation est contraire à l’évidence, elle est la parole du juge.

 

Deux conséquences en découlent :

 

1. D’une part EDF et ses partenaires financiers peuvent revendiquer un droit à fonctionner, et donc un droit à être indemnisés. Autrement dit, la stratégie choisie par le ministère est lourde de conséquences financières pour le contribuable et, dans le contexte budgétaire actuel, constitue un inconvénient majeur.

 

2. D’autre part, la loi sur la transition énergétique pourra bien évidemment prévoir la réduction du parc nucléaire à 50% en 2025 (à condition qu’elle soit votée ce qui n’est de loin pas évident).

 

En revanche, il apparaît très difficile qu’une disposition spécifique prévoit la fermeture de Fessenheim dans la mesure où on voit mal comment elle pourrait être justifiée.

 

En effet, le gouvernement ne pourra pas arguer du danger de la mesure alors qu’il a fait juger du contraire. Une telle disposition non justifiée par le législateur aurait évidemment toutes les chances d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.

 

La méthode Coué ne suffira pas face à un lobby aussi déterminé

 

On ne peut malheureusement que regretter que les lois votées soient rédigées dans des conditions de plus en plus aléatoires et éloignées des bases constitutionnelles de telle sorte qu’elles se heurtent à la sanction inévitable du juge. Logiquement, le législateur devrait déterminer les critères servant aux choix prioritaires de fermeture.

 

En fonction de ces critères, le pouvoir réglementaire devrait déterminer après étude d’impact les centrales à fermer en priorité ; ce n’est que dans ce troisième temps que le dossier de fermeture pourrait être instruit.

 

Si telle était la procédure suivie, il est clair que non seulement Fessenheim pourrait ne pas être la première centrale au regard des risques présentés par Tricastin ou Bugey, mais de surcroît, même si elle l’était, la procédure ne pourrait être engagée au mieux à la fin de l’année 2015 ou au début de l’année 2016 rendant de facto impossible la fermeture pour la fin 2016.

 

Pour toutes ces raisons, même si le ministre est de bonne volonté, la méthode Coué ne suffira pas au regard d’un lobby aussi déterminé et aussi puissant que le lobby nucléaire.

 

Le droit est aujourd’hui du côté d’EDF

 

Pour lui, en effet, la non fermeture de la centrale de Fessenheim a valeur de symbole. EDF n’a absolument pas besoin de cette centrale pour fournir de l’électricité à la France ni même à l’Alsace. Mais, EDF veut absolument pousser la durée de ses centrales à 60 ans.

 

Dans cette perspective, il est impératif qu’aucune centrale ne ferme jusqu’à ce que cet objectif soit atteint. EDF joue donc sur la durée en espérant un changement de président de la République en 2017 qui revienne sur l’engagement pris par François Hollande. C’est la raison pour laquelle EDF se battra de toutes ses forces pour qu’aucune décision de fermeture n’intervienne avant la fin du quinquennat.

 

Or, le droit est aujourd’hui du côté d’EDF qui ne prendra jamais l’initiative du dépôt d’une demande de fermeture, ce que le code de l’environnement permet, et qui retardera le plus possible la soumission à une norme obligatoire qui l’obligerait à engager la procédure de fermeture.

 

Dans ces conditions, la fermeté du ministre apparaît plus comme un gage donné à EELV pour continuer à faire comme si la seule mesure concrète sur le nucléaire restait d’actualité, comme une posture, que comme l’affirmation d’une capacité de faire.

 

De manière paradoxale, bien au contraire, ce gouvernement pourrait à la fin du quinquennat être celui qui a permis la prolongation de la vie de Fessenheim, puisque l’ASN a rendu possible l’exploitation jusqu’en 2022, que le gouvernement a autorisé les travaux de confortation du site et qu’il a fait juger que cette centrale ne présentait pas des risques qui justifiaient sa fermeture.

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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L'électrosensibilité reconnue comme handicap par le tribunal administratif de Toulouse

L'électrosensibilité reconnue comme handicap par le tribunal administratif de Toulouse | Think outside the Box | Scoop.it

Le tribunal administratif de Toulouse vient de reconnaître l'électrosensibilité comme handicap grave.

 

Martine Richard, électrosensible, avait porté l'affaire devant la justice après que le Conseil départemental lui a refusé en avril 2014 l'allocation adulte handicapé. Pourtant, cette Ariégeoise a dû se retirer à la montagne pour échapper aux ondes qui lui provoquent des maux de tête importants et des troubles de la mémoire. Le tribunal administratif lui a reconnu une déficience fonctionnelle de 85 % et lui a attribué l'allocation. Ce jugement fera jurisprudence pour les personnes souffrant du même handicap.


Par Gael Cerez  

 

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Oubliez la Grèce, aux États-Unis, il y a maintenant 93,77 millions d’américains en dehors de la population active

Oubliez la Grèce, aux États-Unis, il y a maintenant 93,77 millions d’américains en dehors de la population active | Think outside the Box | Scoop.it

Près de 30% de la population américaine sans emplois dans un pays totalement en faillite qui ne cesse de relever le plafond de la dette pour échapper à un défaut, concrètement, ils en sont là ! Il y a 25,6% de chômage en Grèce, moins qu’aux États-Unis. Rendez-vous bien compte de la situation catastrophique de ce pays qui se veut encore crédible, et qui n’hésite pas à menacer autrui pour atteindre systématiquement ses fins (dont la mise en place du TAFTA) :

Peut-être serait-il le moment d’arrêter de collaborer avec cette nation qui n’attend qu’un nouveau conflit pour cesser de rembourser ses dettes, ce qui arrivera en cas de conflit planétaire, et qui ne sera qu’une manne de plus pour renflouer les caisses comme cela s’est produit à chaque guerre mondiale.

Le nombre d’américains se trouvant hors de la population active a atteint un nouveau record en Juillet, selon les nouvelles données sur l’emploi publiées vendredi 07 Août 2015 par le département du travail américain (Bureau of Labor Statistics-BLS).

Le BLS rapporte que 93,77 millions d’américains (âgées de 16 ans et plus) n’étaient ni employés le mois dernier, ni en recherche active d’un emploi pendant les quatre semaines précédentes.

Le nombre d’américains en dehors du marché du travail en Juillet a augmenté de 144 000 personnes battant ainsi le record du mois de Juin qui s’élevait à 93,626 millions d’américains exclus du marché du travail.

Le taux de participation à la population active n’a pas été si bas depuis Octobre 1977, lorsque le taux de participation était de 62,4 %.

Le Département du travail américain indique que la population active civile a connu une légère hausse de 69 000 personnes en Juillet ce qui ne rattrape absolument pas la forte chute du mois de juin de 439 000 personnes.

Alors que le taux de participation à la population active reste au plus bas depuis la fin des années 1970, le BLS a souligné que le taux de chômage a stagné à 5,3 % pour le mois de juillet 2015.

Nombre d’américains de 16 ans et plus, en âge de travailler et ne travaillant pas: 93,770 millions

Article en intégralité sur Business Bourse

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Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence » | Think outside the Box | Scoop.it

Pour l’ex-ministre des finances grec, le troisième plan d’aide à Athènes conduira le pays au « Grexit ». Il dénonce le manque de transparence des institutions européennes.

  

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

Lire aussi la rencontre : La « star » Varoufakis se cherche un destin

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

Lire aussi le compte-rendu : Le rocambolesque « plan B » de M. Varoufakis

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

Lire aussi l'analyse : L’Eurogroupe, cet embryon de gouvernement européen

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro.

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l'intégralité de l'interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

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Thalys: témoignage d'un homme qui a aidé à stopper le tireur

Restez assis et mourir ou attaquer et mourir: un Britannique, qui a aidé à maîtriser l'agresseur à bord d'un Thalys en route pour Paris, a expliqué pourquoi il était passé à l'action.

 

Ce sont trois jeunes américains, amis d’enfance, en vacances en Europe et qui rentreront aux Etats-Unis en « héros ». Aleksander Skarlatos, Spencer Stone et Anthony Sadler, qui ont été salués par leur président Barack Obama pour avoir empêché un carnage vendredi dans le Thalys Amsterdam-Paris, seront également reçus par François Hollande lundi à l’Elysée. Epaulés par un sexagénaire britannique, Chris Norman, et un Français de 28 ans, ils ont désarmé et maîtrisé un suspect lourdement armé qui avait commencé à faire feu dans le wagon.

Touché lui aussi dans la mêlée par des coups de cutter, Spencer Stone est sorti samedi après-midi de la clinique de Lille-Sud, à Lesquin, le bras gauche en écharpe. Ses deux amis, Alek Skarlatos et Anthony Sadler, avaient pu raconter les événements dès vendredi soir dans une brasserie d’Arras. Tous trois ont été entendus samedi par la police. Les trois jeunes Américains se connaissent depuis leur enfance passée en Californie. Le « First Class » Stone, 23 ans, de l’armée de l’air, basé aux Açores, et le soldat Skarlatos, 22 ans, de la Garde nationale dans l’Oregon, sont des militaires, Sadler, 23 ans, un étudiant.

Lire aussi : Thalys : hommage aux « héros » américains qui ont neutralisé le tireur

« Alek a dit à Spencer ’Vas-y, occupe-toi de lui’ »

Tous trois se trouvaient dans le Thalys 9364 circulant entre Amsterdam et Paris pour une nouvelle étape de leurs vacances en Europe. Il semble que ce soit Stone, gaillard de 1 m 90 et adepte des arts martiaux, qui ait pris le plus de risque. « Il a été le premier à sauter sur le type, c’est lui qui a été entaillé », a confié Sadler à Reuters. « C’est notre ami, alors lorsque nous l’avons vu se lever, nous devions le suivre et l’aider [...] C’était une situation de folie », a poursuivi l’étudiant, inscrit à la Sacramento State University.


image: http://s1.lemde.fr/image/2015/08/23/534x0/4734036_3_13f3_spencer-stone-a-sa-sortie-de-l-hopital-le-22_affe1d89d4b5d6e6bffc42059a584f22.jpg


Sadler ajoute que tout s’est passé très vite après un premier coup de feu, celui qui a blessé le passager français, alors que la Kalachnikov AK-47 du tireur semblait enrayée. « J’ai vu que tout le monde baissait la tête et lorsque je me suis retourné, le tireur venait juste d’entrer dans la voiture avec son AK. »  Tard vendredi soir, le Britannique Chris Norman, 62 ans, avait expliqué devant la presse: « Alek a dit à Spencer ’Vas-y, occupe-toi de lui’. Spencer s’est précipité et l’a plaqué au sol. Ils ont commencé à maîtriser le terroriste. » « Sans Spencer, nous serions tous morts », a-t-il précisé samedi. Les trois Américains ont roué Ayoub El-khazzani de coups jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Aidé du passager britannique, ils l’ont ligoté puis ont porté assistance au passager français.

« Il rentre d’Afghanistan et doit livrer bataille en vacances en France... »

Barack Obama, qui avait salué dès vendredi soir leur « acte héroïque », les a appelés samedi soir au téléphone pour leur dire « combien l’ensemble des Américains étaient fiers de leur courage extraordinaire », a rapporté la Maison blanche. « Ces hommes sont des héros », a déclaré le général Philip Breedlove, commandant suprême des forces de l’Otan en Europe. François Hollande, qui s’est entretenu samedi matin au téléphone avec eux, les recevra lundi matin à l’Elysée afin de leur « témoigner la gratitude de la France », a annoncé la présidence française. La SNCF va quant à elle aider leurs familles à venir en France si elles le souhaitent.

Joint par téléphone chez lui, à San Jose, en Californie, Tim Eskel, l’oncle du « First Class » Stone a dit combien toute sa famille était fière de lui. « Spencer est quelqu’un de très courageux, il a un coeur énorme », a-t-il ajouté. Emanuel Skarlatos, le père d’Alek, se réjouissait lui que les choses aient bien tourné. Son fils rentrait d’une affectation en Afghanistan. « Un gars rentre d’Afghanistan et doit livrer bataille en vacances dans un train en France... », dit-il, interdit. Quant à Anthony Sadler Sr, le père du troisième de la bande, il dit éprouver toujours des difficultés à réaliser ce qui s’est passé vendredi à bord du Thalys. « Mais nous sommes fiers de lui et nous sommes très reconnaissants envers Dieu qu’il n’ait été ni touché, ni tué », dit ce pasteur de 57 ans qui officie à l’église baptiste de Shiloh, à Sacramento.


 

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A Pékin, on peut payer son ticket de métro en recyclant ses bouteilles de plastique usagées

A Pékin, on peut payer son ticket de métro en recyclant ses bouteilles de plastique usagées | Think outside the Box | Scoop.it

Il est des initiatives qui méritent d’être rappelées pour leur intérêt et pour leur propension à être reproduites dans d’autres lieux, d’autres villes, d’autres équipements que ceux de son origine.

 

C’est le cas du métro de Pékin qui depuis deux ans, donne la possibilité aux usagers du métro, de payer leur ticket en recyclant leurs bouteilles de plastique usagées.

 

Cette initiative a été instaurée afin de réduire les déchets plastiques de la ville.

 

Pékin, restant l’une des villes le plus polluées au monde, les initiatives pour faire réduire la pollution dans la capitale chinoise, sont plutôt à la mode. Instaurées depuis dans plus d’une quinzaine de station de métro par la société Incom, les habitants sont ainsi incités au respect de l’environnement et à emprunter les transports en commun. Ces nouveaux systèmes de billetterie oeuvrent ainsi pour une image plus responsable de Pékin, lui permettant donc d’accueillir de nouveaux visiteurs.

 

 

Le fonctionnement de ces machines est très simple. Chaque bouteille en plastique usagée est réutilisable. Il suffit de l’insérer à l’endroit indiqué pour que votre carte de transports (type Navigo pour Paris) soit créditée du montant obtenu. Il est nécessaire de récolter et d’insérer 20 bouteilles en plastique pour acheter un ticket de métro. En effet, vous obtenez 1 mao sur votre titre de transport pour chaque bouteille recyclée, soit 10 centimes de Yuan. Un ticket de métro coûte à Pékin 2 yuan, il vous faudra donc vingt bouteilles recyclées pour voyager gratuitement.

 

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Anglade: "Rendre hommage à leur courage héroïque"

Anglade: "Rendre hommage à leur courage héroïque" | Think outside the Box | Scoop.it

L'acteur français Jean-Hugues Anglade était à bord du train Thalys reliant Amsterdam à Paris dans lequel une fusillade a éclaté vendredi. Il témoigne en exclusivité pour Paris Match.

  

"Nous avons entendu des passagers hurler en anglais "Il tire ! Il tire ! Il a une kalachnikov ! " J'étais avec mes deux enfants et ma compagne, autour de nous, il y avait une quinzaine de passagers. Tout à coup, des membres du personnel naviguant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils se dirigeaient vers la motrice, leur wagon de travail. Ils l'ont ouvert avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l'intérieur... Le tireur était à quelque dizaines de mètres de nous, dans le wagon numéro 12.

A lire: Une attaque terroriste dans un train Thalys

Nous étions dans la voiture 11, la dernière. L'homme armé venait vers nous, il était déterminé. J'ai pensé que c'était la fin, que nous allions mourir, qu'il allait tous nous tuer. Oui, on s'est vu mourir car nous étions prisonniers de ce train, et qu'il était impossible de s'échapper de ce cauchemar. Nous étions piégés dans une souricière ! C'est un sentiment terrifiant de se sentir autant impuissant. On cherchait tous une issue, un moyen de s'enfuir, de survivre. J'ai brisé la vitre pour tirer l'alarme pour arrêter le Thalys! Le verre a méchamment entaillé mon majeur jusqu'à l'os, et les machines ont ralenti. Mais nous étions toujours bloqués à l'intérieur.

A lire: ce que l'on sait sur le tireur présumé

"JE VEUX RENDRE HOMMAGE À LEUR COURAGE HÉROÏQUE"

Dos au mur. Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions "Ouvrez !" On voulait qu'ils réagissent ! En vain... Personne nous a répondu. Silence radio. Cet abandon, cette détresse, cette solitude, c'était terrible et insupportable ! C'était, pour nous, inhumain. Les minutes paraissaient des heures. J'ai protégé de tout mon corps mes enfants, leur répétant en boucle que tout allait bien. Ma main blessée saignait beaucoup,  mais étonnamment, nous avons tous gardé notre sang froid.

A lire: le portrait des deux héros

Nous n'étions pas résignés. Les passagers étaient dans l'incompréhension, ils ne réalisaient pas que ça allait être le carnage. C'était calme et digne. Nous étions totalement à la merci des balles qui allaient nous déchirer les corps... Nous attendions la mort, et nous n'avions pas le choix. Puis, un jeune homme, Anthony Sadler, a accouru dans notre voiture, criant que le tireur était maitrisé par des soldats américains en permission, que tout allait bien. Il nous a rassurés, il cherchait des couvertures de survie et une trousse de secours pour les deux blessés graves. Il a tapé à la porte de la motrice, mais sans succès, une fois encore. Il est reparti auprès des autres. Nous étions hors de danger.

Ce matin, je vais bien. J'ai eu cinq points de suture, mais le tendon n'est pas atteint. Nous sommes choqués, mais nous sommes en vie, et c'est l'essentiel. Nous étions au mauvais endroit, mais avec les bonnes personnes. C'est un miracle. Nous avons eu une chance incroyable d'avoir ces soldats américains. Je veux rendre hommage à leur courage héroïque, et les remercier, sans eux, nous serions tous morts."

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Circuits courts : ces éleveurs qui ne connaissent pas la crise

Circuits courts : ces éleveurs qui ne connaissent pas la crise | Think outside the Box | Scoop.it
Ils ont fait le choix de court-circuiter les intermédiaires et ne le regrettent pas. Pendant que les producteurs de lait et de viande manifestent contre les prix intenables imposés par la grande distribution et les transformateurs, d'autres vivent dignement. Zoom sur cinq de ces modèles agricoles d'avenir.

 

Depuis le 19 juillet, les producteurs de lait et de viande manifestent contre des prix d’achat trop bas. En cause, les marges de la grande distribution, des transformateurs, et une concurrence européenne accrue. 
  
Pour échapper à ce système à bout de souffle, une solution : se passer des intermédiaires en optant pour les circuits courts. Un producteur français sur cinq a déjà fait ce choix. 

Tous n'optent pas pour les mêmes raccourcis. Outre la traditionnelle vente sur les marchés, plusieurs alternatives sont nées ces dernières années afin de rapprocher producteurs et consommateurs, avec comme objectif des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux à la clé. Zoom sur cinq d'entre-elles.

La vente directe : garantie zéro intermédiaire
Dépourvu de tout intermédiaire, ce dispositif est le plus simple : la vente s'effectue directement entre le producteur et son client. C'est le choix qu'a fait Jean-Baptiste Galloo, éleveur de vaches limousines dans les Yvelines il y a 10 ans. Grâce à ce circuit, il réalise 5 000 euros de chiffres d'affaires mensuels, selon France 2. 

Serge Bordes, lui, est propriétaire d'un troupeau de 100 vaches, en Haute-Garonne. La vente se fait par le biais de son site Internet. Il a cependant choisi de ne vendre qu'une vache sur dix par ce canal, ce qui lui permet de "joindre les deux bouts", puisque de ces ventes, il peut gagner jusqu'à 3 600 euros par mois. L'écoulement du reste de son cheptel s'opère par d'autres circuits. Selon lui, en effet, la vente internet reste "assez compliquée à mettre en place. Et à gérer, parce que quand je suis en train de livrer de la viande, je ne suis pas sur mon exploitation alors que ce travail d'exploitation est toujours à faire". 

Le système français des AMAP vient tout droit d'un modèle japonais appelé "Teikei", que l'on peut traduire par "mettre le visage du paysan sur les aliments" (Crédit : Wiki Commons)
L'AMAP, pionnier français des circuits courts
Au nombre de 2 400 environ, elles ravitaillent 50 000 familles. Incontournables lorsque l’on évoque la proximité entre consommateurs et producteurs, lesAssociations pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne (AMAP) existent depuis 1985.  Les ingrédients du succès des AMAP ? L'absence d’intermédiaire, des emballages quasi-nuls et, surtout, l’optimisation de la production, à travers une diversité de cultures bio. "Lorsqu'on a semé ces poireaux en mars, on savait déjà qu'on les avait vendus à 150 familles qui sont autour de nous. C'est le principe de l'Amap, où les consommateurs s'engagent à l'avance à financer toute la production d'une ferme", explique Florent Sebban, maraîcher en Haute-Saône, à France 2. Le lien social est également un facteur important pour ces agriculteurs : 
 
"C'est ça, l'agriculture de proximité, on est à 300 m des gens qui vont manger nos légumes cette semaine. On voit la tête et le sourire des gens, on discute avec eux", se réjouit-il lors de sa livraison.

Les produits vendus en AMAP vont des fruits à la viande, en passant par les oeufs, les légumes ou le fromage. Le prix du panier est fixé de manière à permettre au producteur de couvrir ses frais de production et de dégager un revenu décent, tout en restant abordable pour le consommateur.

La Ruche qui dit oui ! offre un large choix de produits (Crédit : site internet Laruchequiditoui.fr)
Les Ruches : sans obligation d'achat
"Chaque jour, les communautés des Ruches grandissent et agissent localement pour s’affranchir de l’agro-industrie et retrouver leur liberté", telle est la mission affichée sur le site La Ruche qui dit oui ! . Fondée en 2010, cettestart-up parisienneen partie financée Xavier Niel, crée des ponts entre les internautes soucieux de manger local et des agriculteurs désireux de vendre leur production au meilleur prix.  

Pour cela, le consommateur s'inscrit sur la plateforme web et commande ses courses en ligne directement auprès des producteurs situés à moins de 250 kilomètres de chez lui.  Une fois la commande passée, le "client" (l'abeille) choisit une "ruche" (le point de relais) près de chez lui qui peut être domicilié dans un bar ou un restaurant, tenue par une "abeille-reine", (un auto-entrepreneur rémunéré par la Ruche), où les producteurs livrent les paniers, comme l'explique Francetvinfo. 

Outre son réseau, plus étoffé que celui des AMAP, ce système offre un choix plus large : chaque Ruche doit comprendre au minimum quatre producteurs pour ouvrir, permettant une vente de base de fruits et légumes, viande, crèmerie, boulangerie et pâtisserie, épicerie et boissons. "51 % de nos produits sont issus de l'agriculture biologique", assure Guilhem Chéron, l'un des co-fondateur du site, au magazine TerraEco.  

Quant au prix des produits, il est décidé par le producteur et lui seul. "Sur ce prix, une commission de 16,7 % est prélevée, puis partagée équitablement entre l'entreprise et le responsable de la ruche." , détaille Guilhem Cheron. Le kilo de pommes  s'affichera ainsi par exemple à 4,49 euros, et la bouteille de gaspacho à 5,90 euros. Pas forcément économique pour le "consom'Acteur" - ou plutôt "coproducteur", comme l'appelle le cofondateur -, ce système constitue un soutien important aux agriculteurs locaux et l'assurance de consommer des produits frais et locaux.  

Si elle répond à l’attente d’une partie des consommateurs, la Ruche qui dit Oui ! crée aussi de l’emploi : elle salarie environ 70 personnes, assure un revenu complémentaire à l’ensemble des responsables de ruches et des débouchés supplémentaires aux producteurs. Ces derniers ont également embauché une centaine de personnes pour répondre à la hausse de leur activité. 

Cependant, contrairement aux AMAP, ce système n'est assorti d'aucune obligation d’achat pour ses membres, ce qui rend les prévisions "difficiles quand on fait de l'élevage", explique un éleveur lorrain de poules pondeuses et de vaches laitières, interrogé parFrancetvinfo. Quant au volume assuré par La Ruche qui dit oui !, il reste encore assez léger, comme l'indique le site Arrêt sur Image, dans une récente enquête sur la start-up, citant Marc-David Choukroun cofondateur de la plateforme : "En 2014, nous avons enregistré 25 millions d’euros de transactions quand un seul supermarché en réalise en moyenne 100 millions." 

Avec 657 ruches et un chiffres d'affaire de deux millions d'euros pour l'année 2014, l'entreprise prospère néanmoins. Elle a également étendu son système en Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne et en Italie. 

(Crédit : DR)
Le drive-fermier, à la carte
Apparu en 2012 en France, ce dispositif réunit aujourd’hui 9 000 producteurs désireux de vendre directement depuis leur ferme. Les consommateurs sont invités à passer leur commande via une plateforme Internet avant de récupérer leurs denrées dans un point de retrait. Parfois, les produits viennent directement jusqu’à eux, même si, à l'instar des autres circuits courts, l’objectif reste aussi d’échanger avec le producteur. 

La force de ce système réside dans une totale liberté de choix, de fréquence, de volume, pour le consommateur. À la différence d’une AMAP, qui implique un engagement plus militant et plus contraignant, le drive permet de moduler ses achats selon ses besoins du moment. 

C'est à l’éleveur de volailles ou au maraîcher d’actualiser son offre chaque semaine, puis de préparer et classer ses livraisons qui sont ensuite regroupées en un point de rendez-vous, assorties d'un numéro pour chaque client. Un système qui permet aux agriculteur qui le souhaitent de se diversifier, tout en se rapprochant des consommateurs, avec des produits aux tarifs défiants toute concurrence. 

Parmi les quelque 110 drives en activité en France, il convient de distinguer ceux qui émanent d’un regroupement de producteurs – comme Bienvenue à la ferme qui compte une trentaine de sites – et ceux créés à l’initiative d’entrepreneurs privés qui choisissent eux-mêmes le contenu des panier et prélèvent une marge. À noter qu'en mars, le premier drive-fermier biologique a ouvert à Tarbes (Hautes-Pyrénées).

Les magasins de producteurs
Certains producteurs vont jusqu'à s'unir pour créer un véritable magasin. Le principe est simple : les agriculteurs vendent leurs produits directement aux clients, dans un local qui ressemble à une véritable supérette. Les éleveurs se glissent en général une fois par semaine dans la peau du vendeur et se relaient. 

C'est le cas au sein du Carré Fermier, un réseau de quatre magasins de producteurs tarbais, où 80 éleveurs écoulent leurs produits et sont même actionnaires. Julien Fourquet a choisi d'y vendre 30 vaches et veaux sur un élevage de 65 vaches limousines. 
 
Pour lui, "l'intérêt est qu'on n'a pas à se soucier du cours du marché. On a un prix fixe toute l'année que l'on s'est fixé entre nous, supérieur au cours du marché".

Et pour cause : ce sont les éleveurs eux-mêmes qui proposent un prix de vente et le magasin déterminera à partir de ce prix les marges suffisantes afin de payer les charges du magasin et de proposer un prix abordable aux clients. 

Vincent Legaignoux et Cécile Olivier, producteurs de lait depuis 15 ans à Guipry (Ille-et-Vilaine), ont développé ce circuit parallèle, face à l'augmentation du prix du lait. Il y a deux ans, ils ont ainsi décidé de lancer une petite production de veau destiné à la vente directe : "C'est difficile de résister à la fluctuation des prix, donc on est obligé d'avoir des productions à côté pour permettre une trésorerie toute l'année", explique l'éleveur à France 3 Pays-de-Loire. Propriétaires de 130 vaches, ils écoulent leur viande dans le magasin de producteurs les Fermiers du coin, dans lequel ils ont pris des parts. Ce choix leur permet de valoriser leur travail 20 % de plus qu'en passant par la grande distribution. 

Outre le fait de contrôler les prix, tous ces producteurs reconnaissent l'intérêt humain de ces dispositifs : "Il y a un relationnel avec le client et ça c'est trop bien ! ", s'exclame Vincent Legaignoux au micro de France 3. 

Si elles tendent à se faire connaitre, l'essor de ces différentes filières reste encore modeste : les achats réalisés grâce en circuits courts ne représentent que 7 % de courses alimentaires  en France. Selon un avis de l'ADEME publié en 2012, les filières du miel et des légumes (50 %), des fruits et du vin (25 %) et enfin des produits animaux (10 %) sont les plus représentées dans ce mode de distribution. 10 % d'entre elles sont converties en bio contre 2 % en circuit long. Et côté exploitants, ces derniers seraient 21 % à vendre au moins une partie de leur production par ces canaux. 


Clara Potier 
Journaliste We Demain 

 


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L’écologie, on dit oui tout de suite ! - Des dirigeants créatifs bousculent le monde

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Le verger de l’usine Pocheco. Son patron, qui vit à 18 kilomètres, vient au travail à vélo.

  


Architecture, énergie, transports : à la maison comme au travail, on peut aujourd’hui vivre en harmonie avec l’environnement… et soi-même. Tout en faisant des économies.

 

Zola n’en reviendrait pas : ici, on cueille des fraises des bois sur les murs végétalisés de l’usine. A ­Pocheco, près de Lille, les ouvriers font leur pause dans un verger où les fruits sont à leur disposition. Mais personne ne perd le nord : deux milliards d’enveloppes produites par an pour la Sécurité sociale, des banques, des opérateurs téléphoniques… Une industrie soucieuse d’environnement, du bien-être de ses salariés, et qui marche dans une région ravagée par le chômage ? « Tout est lié », dit Emmanuel Druon, 50 ans. Le dirigeant nous reçoit dans son bureau avec vue sur des ruches : « Je ne suis ni un bobo ni un khmer vert. Et notre ­démarche n’a rien d’un sport de riche. Nous prouvons la justesse du terme “écolonomie” : il est plus économique de produire de manière écologique. »

La toiture végétale, un isolant thermique et phonique, récupère l’eau de pluie. Celle-ci sera mêlée à des pigments naturels pour fabriquer des encres non toxiques, ou à du savon de Marseille pour nettoyer les machines. Puis elle part dans une jolie bambouseraie, qui la nettoie naturellement. Les bambous finissent dans la chaudière. Velux et baies vitrées inondent les lieux de ­lumière. Une ambiance visuelle agréable, qui, complétée par des panneaux photovoltaïques, fait baisser la facture d’électricité. Pas de dividendes et des salaires sur une échelle de 1 à 4. Les bénéfices vont aux rémunérations, aux formations et aux équipements. Sans oublier la production de miel et des paniers de légumes locaux à prix doux pour les salariés. Tous ont voix au chapitre, d’où des initiatives qui fusent. Pocheco reçoit un flux continu de visiteurs et, fort de son expérience, a créé un bureau de conseil en solutions écolonomiques. « Un entrepreneur m’a même demandé de lui faire un Pocheco bis », dit ­Emmanuel Druon, qui a raconté son passionnant parcours dans « Le syndrome du poisson lune » (éd. Actes Sud). « Les idées, je ne les ai pas sucées de mon pouce, comme on dit dans le Nord, je les ai puisées dans mes lectures. »

Pocheco, quand l’industrie se fait belle et bio.© N. Norblin

Mais engloutir du papier n’est-il pas contradictoire avec sa démarche ? « Notre fournisseur, finlandais, augmente la capture du carbone en replantant trois arbres pour un coupé dans des forêts qui respectent la biodiversité. Quand on prône la dématérialisation des échanges, on se leurre, ça passe par une utilisation majeure d’énergie et de matériel, dont des métaux rares. J’ai fait faire, par une chercheuse du CNRS, la toute première analyse du cycle de vie (ACV) d’un ordinateur pour la comparer à celle de nos enveloppes. Bilan : il est 15 fois plus polluant de recevoir une facture par courriel qu’un courrier papier. »
En France, on n’a toujours pas de pétrole mais les idées se multiplient, souvent méconnues. D’où l’opération lancée par Nicolas Hulot via sa fondation en mars dernier : cent activités de petites entreprises, collectivités locales ou associations sélectionnées et postées sur le site My Positive Impact. Aux internautes de voter pour leurs favorites. « Nous voulions lutter contre le défaitisme, dit Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation. Bilan : 400 000 visites uniques et une belle visibilité pour ces acteurs. » Enthousiaste, Matthieu cite Enercoop, une des lauréates. Ce fournisseur d’électricité est le seul en France à s’approvisionner à 100 % en énergies renouvelables : solaire, éolienne, hydraulique et biogaz. Les ­bénéfices sont entièrement réinvestis dans ces mêmes énergies. « Elle n’a que 23 000 clients, vous imaginez le potentiel de croissance ? » dit Matthieu Orphelin.

“UN COURRIEL EST 15 FOIS PLUS POLLUANT QU’UNE LETTRE”

Autre lauréat de My Positive Impact, le projet Naturadome. Encore un dirigeant créatif et passionné que celui du groupe de BTP Pomès-Darré, à Lalanne-Trie (Hautes-Pyrénées) : Benoît Darré, 41 ans, a imaginé une maison-arche quasi autonome en énergie, à partir de 1 380 euros le mètre carré. Un ­exploit. Car si ce genre de bâtiments passifs commence à se développer en France, il reste à démocratiser. Le tout premier, signé du cabinet Karawitz, est une sublime Maison Bambou dans le Val-d’Oise, à 300 000 euros pour 160 mètres carrés. Parmi les atouts : une isolation maximale et l’utilisation ingénieuse des rayons solaires. Pour diminuer les coûts, Benoît Darré a breveté un béton autoportant, et il mise sur le ­recyclage, avec, par exemple, une arche en acier issue d’ex-abris de l’armée de l’air. La famille qui habite le premier Naturodome, sur les contreforts pyrénéens, n’a dépensé que 100 euros de chauffage cet hiver pour une surface de 180 mètres carrés (et un volume de 640 mètres cubes). Le tout à l’aide d’un poêle à granulés de bois. « C’est un cocon, notamment grâce aux courbes du design », dit Benoît Darré. Féru de nature, ce père de quatre filles se sent heureux de contribuer à la protection du climat tout en développant des solutions esthétiques, ingénieuses et accessibles au plus grand nombre. « Nous construisons un écoquartier à Bartrès, près de Lourdes, qui comprendra également des logements touristiques. Le concept peut aussi se décliner en moyen ou haut de gamme. Nous faisons tout, du premier coup de crayon au dernier coup de pinceau. » Avec, il va de soi, des matériaux non toxiques.
La qualité de l’air passionne également Mathieu Chazarenc, 37 ans, qui fabrique des murs végétaux, extérieurs et intérieurs. Notamment à Saint-Tropez. Autoentrepreneur, il s’est lancé dans cette activité après un accident de parapente, en 2007, qui l’a cloué quatre mois à l’hôpital et a failli lui coûter la vie. De quoi la remettre en question. Comme Pocheco l’a fait, il pose des panneaux de sphaigne. De cette mousse primitive pousse une profusion de plantes, dont les ­tomates cerises. Sans terre ni engrais. Il suffit d’une arrivée d’eau, en goutte-à-goutte. « Sur un mur intérieur, c’est non seulement somptueux, dit Mathieu Chazarenc, mais ça purifie l’air et crée une double isolation, thermique et phonique. »

Une habitation à très basse consommation. Extérieur en bambou et panneaux solaires repliables.© DR

A Paris, Patricia François, décoratrice d’intérieur, s’est spécialisée dans les solutions écologiques. Pour faire, elle aussi, chuter la concentration intérieure de polluants, plus élevée que dans les rues ! « Ma clientèle mêle des puristes et des personnes indifférentes au départ, dit-elle. Mais quand j’explique les ­enjeux, les avis changent. » Priorité majeure : le revêtement des sols, des murs et des plafonds, en raison de leur surface. « Des peintures aux parquets stratifiés, dit Patricia François, ils émettent des composés organiques volatils (COV) toxiques ­durant des années, particulièrement pour les enfants. » La décoratrice préconise l’emploi des peintures Keim, Biofa ou Auro, plus chères au litre mais qui nécessitent moins de volume pour une même superficie. Elle recommande aussi les parquets en bois brut, non vitrifiés, et le vrai linoléum. Côté meubles, elle privilégie le bois brut et non collé mais décrit mille manières de ­décorer « écolo », à l’aide par exemple d’objets chinés, qui, avec l’âge, ont perdu leurs émanations toxiques.

« IL EST PLUS ÉCONOMIQUE DE PRODUIRE DE MANIÈRE ÉCOLOGIQUE » EMMANUEL DRUON

Le mal de l’air est l’air du temps. Avec, déjà, de tristes conséquences quand il faut interdire aux enfants de courir lors des nombreux pics de pollution. En France, cet empoisonnement coûte 100 milliards d’euros par an. Deux fois plus que le tabac. Parmi les grands responsables : l’autosolisme (une personne par voiture), surtout sur de courts trajets, et surtout au diesel. La meilleure énergie étant celle qu’on ne consomme pas, mieux vaut, quand on le peut, privilégier la marche et le vélo. D’autant que, selon une récente étude britannique, ces activités favorisent et la forme physique et le bien-être psychologique. Mais, pour éviter l’hyperventilation dans une ville polluée, on privilégiera les vélos électriques. Ou – moins coûteuse et très ingénieuse – la roue électrique vendue sur le site de la start-up française Rool’in. Ses trois tailles se fixent sur n’importe quelle bicyclette, pour 65 kilomètres d’autonomie (à partir de 549 euros).
Restent tous ceux qui ne peuvent ni faire leurs courses ni se rendre au travail à pied, à vélo ou en transports en commun. Qu’importe, il est plus écologique de partager une voiture ­hybride que d’emprunter un bus au diesel à moitié vide. L’essentiel est de remplir la carlingue ! A Pocheco, isolé en pleine campagne, on a négocié un leasing de voitures électriques ­rechargées dans l’usine. Chacune est louée par plusieurs salariés géographiquement proches. Ce genre de déplacement en mode partagé suscite partout l’engouement. On peut louer le véhicule inutilisé d’un particulier ou se mettre à plusieurs pour partager le coût de l’essence d’un trajet. Pionnière du ­covoiturage en France, BlaBlaCar vaut aujourd’hui 1 milliard d’euros et conquiert, avec le Mexique, son dix-neuvième pays.

Mais c’est sans l’idée du moindre bénéfice et pour la seule beauté du geste que quatre copains, tous âgés de 25 ans, viennent de lancer le cobaturage en Bretagne. Leur site Internet,cobaturage.bzh, met en contact les navigateurs et ceux qui veulent rallier les îles. « Les passagers participent à l’achat du fioul ou paient un sandwich à l’arrivée », dit Maxime Moy, un des quatre lurons. Pour un trajet d’écume express en Zodiac ou la lenteur tout en beauté d’un voyage en voilier.

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Yerka - "The Unstealable Bike"

Ajoutée le 4 mars 2015

An integrated bike lock that is safe, comfortable, and beautifully designed.

Contribute and help us reach our Indiegogo goal at http://igg.me/at/yerka

  • Musique
    • "Street Royal" de Mecanico (iTunes)
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Etats-Unis: les grandes entreprises devront révéler l'écart de salaire entre patron et employés

Etats-Unis: les grandes entreprises devront révéler l'écart de salaire entre patron et employés | Think outside the Box | Scoop.it

Une certaine "flexibilité" a été accordée aux entreprises pour établir ce ratio, notamment en choisissant la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés, a indiqué la présidente de la SEC Mary Jo White.



 

Cette règle, issue de la loi de régulation Wall Street 2010, entrera en vigueur en 2017, en dépit de la colère des lobbies financiers américains. Pourtant, plusieurs entreprises ont déjà pris les devants...

  

Transparence totale imposée pour la plupart des grandes entreprises américaines. Elles seront désormais tenues de dévoiler l'écart de rémunération entre les patrons et leurs salariés, a indiqué mercredi 6 août le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis (SEC).

Issue de la loi de régulation de Wall Street de 2010, également appelée loi Dodd-Frank, cette nouvelle règle entrera en vigueur en 2017 et s'appliquera à une grande partie des entreprises cotées en Bourse.

Dans le détail, les grands groupes américains devront publier dans leur rapport annuel le ratio entre la rémunération des PDG et le revenu médian de leurs employés, un chiffre qui pourrait alimenter le débat sur le creusement des inégalités aux Etats-Unis. En effet, la rémunération des patrons américains a explosé au cours des dernières décennies: elle était en moyenne en 2013 près de 300 fois supérieure à celle d'un salarié médian contre 20 fois en 1963, selon une étude du centre de réflexion Economic Policy Institute.

Néanmoins, une certaine "flexibilité" a été accordée aux entreprises pour établir ce ratio, notamment en choisissant la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés, a indiqué la présidente de la SEC Mary Jo White.

  

Vives réactions

"Dire que les avis sont divisés (sur cette règle, ndlr) est très en deçà de la réalité", a reconnu la présidente de la SEC Mary Jo White dans un discours transmis à la presse.

Le puissant lobby patronal de la Chambre de commerce américaine a vivement critiqué cette règle, qualifiée de "faveur" accordée aux syndicats.

"Quand la transparence est utilisée pour promouvoir des intérêts particuliers au lieu de fournir une meilleure information aux investisseurs, c'est un pas dans la mauvaise direction", a estimé l'organisation dans un communiqué.

Et d'ajouter que par cette action, la SEC et le Congrès"exacerbent  le problème et rendent les marchés publics moins attractifs pour les investisseurs et les sociétés".

  

Des patrons américains misent sur la réduction des inégalités salariales

Toutefois, plusieurs patrons américains ont lancé des initiatives pour réduire les écarts des salaires de leurs employés avec le leur.

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Comment la Chine pourrait déclencher la troisième guerre mondiale

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Dans un ouvrage de prospective des experts américains prédisent une troisième guerre mondiale contre la chine. Un scénario jugé crédible par Antoine Brunet qui explique les causes et les conséquences d'un tel conflit.

  

LE FIGARO. - Pour des experts américains, la prochaine guerre mondiale sera contre la Chine. Quelles pourraient être les causes et les conséquences d'un tel conflit?

Antoine BRUNET. - La première cause, c'est qu'à nouveau, comme dans les années 60 et 70, on se retrouve dans une configuration géopolitique globale où, tous critères pris en compte, deux superpuissances font globalement jeu égal. La superpuissance montante, la Chine, ne supporte plus d'être encore dominée par la superpuissance déclinante, les Etats-Unis et les Etats-Unis refusent de céder leur statut de puissance dominante à la Chine. De ce fait, on est dans un scénario de confrontation, latente mais permanente, entre la Chine et les Etats-Unis comme cela fut le cas entre les Etats-Unis et l'URSS dans les années 60 et 70. Et une confrontation multidimensionnelle risque à tout moment de dégénérer en guerre ouverte.

La deuxième cause, c'est que la rivalité entre deux superpuissances d'un poids géopolitique global équivalent coïncide avec un clivage majeur quant à la forme de gouvernance politique. Si après les Etats-Unis, la Chine a adopté il y a 40 ans le capitalisme en remplacement du collectivisme, la Chine s'attache à maintenir absolument un mode de gouvernance totalitaire tandis que les Etats-Unis maintiennent un mode de gouvernace démocratique. De ce fait il est pratiquement exclu que les deux superpuissances puissent s'entendre sur un condominium conjoint sur la planète. La Chine veut triompher et obtenir l'hégémonie sur la planète pour être assurée que son mode de gouvernance totalitaire ne sera plus inquiété par les forces démocratiques qui existent en Chine et hors de Chine. Des copies d'un tel scénario circulerait au Pentagone.

Pékin anticipe maintenant d'infliger très prochainement une défaite monétaire majeure aux Etats-Unis en retirant au dollar son privilège de monnaie du monde pour l'attribuer très vite ensuite au yuan. Cela ferait basculer irrémédiablement et irréversiblement le rapport de forces en faveur de Pékin.

Cela peut-il se se produire dans un futur proche?

La Chine a été longtemps très patiente. Depuis 1989 et Tiananmen, elle a construit, lentement mais sûrement, un rapport de forces pour parvenir en 2015 à un équilibre géopolitique global avec les Etats-Unis. Pékin anticipe maintenant d'infliger très prochainement une défaite monétaire majeure aux Etats-Unis en retirant au dollar son privilège de monnaie du monde pour l'attribuer très vite ensuite au yuan. Cela ferait basculer irrémédiablement et irréversiblement le rapport de forces en faveur de Pékin. Depuis que Pékin a ce scénario en tête, il se montre sûr de lui et il a jugé qu'il pouvait désormais se permettre de précipiter les confrontations territoriales, tant en Mer de Chine de l'est qu'en Mer de Chine du sud en même temps qu'il encourage Moscou à prolonger les confrontations territoriales en Ukraine et demain peut-être en Moldavie et dans les pays baltes. C'est en bonne part si les pays démocratiques se coalisent et se mobilisent pour faire échec à la stratégie monétaire de Pékin que Pékin renoncera à précipiter l'affrontement territorial qu'il a amorcé. De ce point de vue les réunions internationales qui sont programmées au sein du FMI en octobre 2015 constitueront une échéance décisive. Si les pays européens jouent alors le jeu de Pékin et de Moscou pour détrôner le dollar, on peut craindre le pire. Si au contraire, ils se portent en bouclier du dollar, Pékin en déduira qu'il est encore trop tôt pour engager l'affrontement territorial.

  

La menace de l'islam radical n'est-elle pas plus réelle?

Il est vrai que les pays démocratiques sont désormais menacés simultanément sur deux fronts, le totalitarisme islamiste et le totalitarisme sino-russe. Il est toujours difficile de se battre sur deux fronts en même temps mais il est inéluctable de répondre à ces deux défis. Cela suppose de renforcer les liens, qui s'étaient beaucoup trop relâchés, entre pays démocratiques au sein du G7. Cela suppose aussi que les Etats-Unis cessent d'imposer des diktats en toute matière aux pays qui sont leurs alliés naturels.

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Pourquoi Syriza a-t-il signé un curieux pacte militaire avec Israël ?

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Des F-16 israéliens sur une base militaire grecque le 30 avril 2015 



Alors qu’un cataclysme financier s’abat sur la Grèce, des avions de chasse israéliens arpentent librement le ciel hellène depuis plusieurs jours. Un exercice d'entrainement de grande ampleur dans le cadre d'accords bilatéraux signés entre la Grèce et l'Etat juif. Etonnant de la part de Syriza qui se voulait un grand défenseur de la cause palestinienne...

  

La géopolitique réserve toujours des surprises inattendues : un axe militaire serait-il en train de s’édifier en coulisses entre la Grèce et Israël ? L'étrangeté a éclaté ce lundi 3 août, dans un communiqué passé inaperçu. L’armée de l’air israélienne se félicitait d’un pittoresque « exercice d’entraînement », de « grande ampleur », s'étant déroulé fin juillet dans le ciel hellène. Onze jours durant, des hélicoptères de l’Etat hébreu ont ainsi joyeusement bourdonné aux côtés des aéronefs grecs, dans le cadre d’une manœuvre conjointe de leurs aviations militaires.

  

Des hélicoptères israéliens sur le Mont Olympe

Les survols ont été nombreux : il y eut là des jets de surveillance Beechcraft B-200 « Tzofit », des hélicoptères spécialisés, ainsi que des avions de transport C-130. Défi de taille pour les pilotes israéliens, car l’exercice a notamment pris place autour du célèbre Mont Olympe (2 917 mètres), et des chaînes de montagnes avoisinantes. « Des zones montagneuses qui n’existent pas en Israël », a observé le lieutenant colonel Matan, commandant de l’armée israélienne, cité dans le communiqué et apparemment ravi de découvrir un nouveau terrain de jeu.

« Nous comprenons la grande importance d’une activité conjointe avec l’Etat d’Israël, qui contribue à la sécurité de nos deux pays », a déclaré, sans maquiller son enthousiasme, le commandant de la base de Larissa, dans la région de Thessalie, où s’est déroulée l’opération. « Les choses que nous avons apprises ensemble ont contribué à l’amélioration de la coopération entre nos armées. »

Ces détonantes escouades se sont déployées dans l’espace aérien grec des suites d’un important accord militaire, qui s’est conclu à Tel Aviv le 19 juillet dernier, entre le gouvernement israélien de Netanyahu et le gouvernement dirigé par Syriza.

  

Un pacte similaire à l’accord Israël-Etats-Unis

Pour le moins étonnants, mais d'une importance capitale, ces accords bilatéraux ont été ratifiés à la demande du ministre grec de la Défense, Panagiotis Kammenos, fondateur du parti de la droite radicale Anel, et allié de circonstance de Syriza au pouvoir.

Cosigné avec son homologue israélien, Moshe Ya’alon, membre du Likoud, l’accord confère une immunité légale au personnel militaire grec et israélien au cours de leurs entraînements dans chaque pays. Outre l’immunité, il prévoit également des « entraînements conjoints » entre Tsahal et les forces grecques. D’après le Jerusalem Post, ce pacte n’a pour seul équivalent que celui signé entre l’Etat juif et les Etats-Unis, leur allié héréditaire.

 

Peur conjointe de l’Iran ?

« Nous apprécions beaucoup votre visite ici durant cette difficile période pour la Grèce, a déclaré Ya’alon lors de la venue de Kammenos. Cela souligne l’importance des relations entre nos pays. » Dans l’agenda de la rencontre entre les deux hommes figurait aussi la « coopération dans le domaine de l’industrie militaire » et la « sécurité maritime ».

Les deux homologues ont soulevé ce qui les rassemble : leur peur commune de... l’Iran. Crainte saillante pour les Israéliens, au lendemain des accords sur le nucléaire iranien, qui ont enclenché l’ire du premier ministre israélien Netanyahu. « Nous percevons l’Iran comme un générateur et un catalyseur central de l’insécurité dans la région, à travers son soutien d’éléments terroristes dans le Moyen-Orient », s’est alarmé Ya’alon. Le leader des « Grecs indépendants » lui a emboîté le pas, au bord de la paranoïa, en affirmant que le Grèce est « aussi dans le rayon des missiles iraniens ». L’Etat perse n’ayant pourtant jamais émis aucune menace à l’encontre des Grecs, la justification s’apparente à un miroir aux alouettes.

  

Des escadrilles de F-16 israéliens dans le ciel hellène

Ce revirement n'est pas soudain. Déjà en avril et en mai, des escadrilles de F-16 israéliens réalisaient des entraînements intensifs dans les bases militaires hellènes, à la suite d'une invitation à participer à l'exercice annuel de l'INIOHOS.

« La coopération gréco-israélienne a pris de la vitesse ces dernières années, et à la lumière du succès des récents déploiements, les vols mutuels vont probablement continuer en 2016 », a indiqué TsahalA en croire aujourd’hui le JPost, des pilotes d’hélicoptère grecs vont aller s’entraîner en Israël dans les prochains mois.

  

Un accord contre les convictions de Syriza

Cette coopération militaire se poursuit dans une période trouble. Des observateurs pro-palestiniensredoutent désormais que ces échauffements militaires soient employés dans les futurs assauts dans la bande de Gaza.

En parallèle, une commission des Nations Unies a publié une enquête indépendante qui accable Israël de « crimes de guerre ». Le récent rapport d’Amnesty international va dans le même sens, accusant Tsahal d’avoir provoqué des centaines de pertes civiles à Gaza.

Pourtant, Tsipras l’a dit et répété au lendemain de son élection : face à la brutale répression contre les Palestiniens, « nous ne pouvons pas rester passif, parce que ce qui nous arrive aujourd’hui sur l’autre rive de la Méditerranée, peut arriver sur notre rive demain. » Cette signature est d’autant plus étrange que le programme de Syriza, farouche soutien de la cause palestinienne, réclamait la fin des accords de coopération militaire entre la Grèce et Israël. Quel intérêt a Syriza à torpiller ses convictions ?

Un ministre de la Défense roublard

Instigateur de l’accord, le leader nationaliste des « Grecs indépendants » Kammenos est donc dans une drôle de position. Roublard, il a profité de la débâcle des tractations avec l’Eurogroupe pour se rendre à Tel-Aviv, quand la Grèce était prise en tenailles par le poids de la dette.

Sollicité par Marianne, un cadre important de Syriza a avoué ne même pas être au courant de la signature de l'accord.

Lors des pourparlers avec Tsipras pour former la coalition, soucieux de conserver un statut d’électron libre, il avait par ailleurs exigé qu’Anel ait la mainmise sur l’armée. Il serait toutefois douteux de parier que Kammenos soit « indépendant » au point de faire cavalier seul.

Succès personnel de Kammenos, l’accord militaire signé avec Israël n’a pas pu s’effectuer sans un gramme de consentement de la part de Tsipras. Lequel ne peut en revanche retirer aucun profit politique à ébruiter l’affaire.

 

Un rapprochement voulu par Tsipras ?

Plusieurs indicateurs consolident la piste que l’inflexion est venue, du moins approuvée, par Syriza. Fin janvier, Tsipras avait laissé entendre des signes de rapprochement avec l’Etat hébreu. Autre signe annonciateur, le 6 juillet, le ministre des Affaires étrangères grecs Nikos Kotzias s’est rendu à Jérusalem afin de « renforcer les liens bilatéraux entre les deux pays ». Au terme de la rencontre, Netanyahu s’est engagé à assister le pays en capilotade.

Les deux pays ont intérêt à consolider leurs liens pour contrebalancer l’influence de la Turquie dans la région, hostile à Israël, tandis que Tsipras aspire à réunifier Chypre. Une manière de tisser un réseau d’alliés dans une situation géographique et géopolitique délicate. Mais qu’il y ait des incitations commerciales et financières est à ce stade encore peu clair.

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En Inde, deux jeunes filles ont été condamnées à être violées

En Inde, deux jeunes filles ont été condamnées à être violées | Think outside the Box | Scoop.it

Le grand frère des deux sœurs condamnées par le conseil de leur village s’était enfui avec une jeune femme mariée au sein d’une caste plus élevée.

C’est la décision odieuse et arbitraire d’un conseil de village indien: Meenakshi Kumari, 23 ans, et sa petite sœur de 15 ans ont été condamnée à être violées et exhibées nues, le visage peint en noir, dans leur village, au nord du pays. Elles se sont enfuies pour échapper à ce sort.

Ce terrible verdict rendu par un conseil uniquement masculin dont aucun membre n’est élu a été révélé par Amnesty International. Comme le rapporte le magazine Time, Meenaski Kumari s’est rendue la semaine dernière à la cour suprême d'Inde. Elle y cherchait protection, pour elle et sa famille, expliquant que des membres de la caste Jats avait pillé et détruit leur maison.

Selon le média indien Zee media, la sentence du conseil du village a été fixée dans l’optique de déshonorer la famille de ces deux sœurs. La cause: leur grand frère, Ravi, s’était échappé avec une jeune femme mariée appartenant à la caste des Jats, alors qu’il est lui-même issu de la caste la plus basse qui soit, celle des Intouchables.

En février 2015, alors que les deux jeunes gens étaient en couple, elle avait été mariée de force à un membre de la caste Jats. La famille de Ravi redoute à présent aussi des représailles à son égard, car elle est sans doute aujourd'hui enceinte de son amant, comme le précise The Mirror.

Le conseil de village qui a condamné les deux sœurs le 31 juillet 2015 était notamment constitué de membres de la haute caste des Jats. Bien que les tribunaux ne reconnaissent pas ce genre de conseil présidé notamment par de vieux hommes, ces derniers gardent une influence dans beaucoup de villages de l’Inde rurale.

Amnesty International a lancé une pétition pour faire pression sur les autorités indiennes afin qu’elles protègent les deux jeunes femmes contre cette «punition abominable et injuste». Pour le moment, elle comptabilise 16.000 signataires.

Correction: Nous avions précedemment écrit que «Khap Panchayat» était le village des deux jeunes filles violées, ce terme signifie en réalité «conseil du village».


 

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Pierre Rosanvallon : «Gouverner aujourd’hui, c’est séduire pour survivre»

Pierre Rosanvallon : «Gouverner aujourd’hui, c’est séduire pour survivre» | Think outside the Box | Scoop.it

L’historien publie un essai, «le Bon Gouvernement», dans lequel il décentre la réflexion sur l’épuisement de la démocratie vers les relations entre pouvoir exécutif et citoyens. Il tire aussi des leçons de la crise grecque.

 

Du désengagement citoyen sans cesse déploré à la crise de la représentativité régulièrement invoquée, le débat sur l’Etat ou l’épuisement de la démocratie semble parfois tourner en rond. Avec le Bon Gouvernement, en librairie jeudi (1), l’historien Pierre Rosanvallon décentre habilement la réflexion. Au-delà des imperfections de la représentation, dit-il, nous n’avons pas pris assez conscience que l’enjeu central de la démocratie contemporaine est désormais le rapport entre gouvernés et gouvernants. Or, dit le professeur au Collège de France, il n’y a pas de théorie démocratique de l’action gouvernementale, comme si présidents et Premiers ministres étaient encore guidés par les conseils au Prince ou la pensée de Machiavel ! D’un François Hollande piégé par ses promesses à l’acrobatique bricolage de Tsipras, Pierre Rosanvallon passe en revue les dernières pratiques des gouvernants.

 

Ne se joue-t-il pas en Grèce un moment démocratique hors norme ?

Ce qui est assez extraordinaire dans cette séquence grecque, c’est qu’elle constitue une revue des grandes tensions et des pathologies de la démocratie moderne. Comme l’écart entre le moment électoral et le moment gouvernemental. Lors du vote de janvier, les Grecs ont exprimé un refus des partis politiques existants, un sentiment d’épuisement face à la situation économique et sociale. Cette rupture politicienne a été indéniable au niveau du renouvellement des leaders. Du point de vue de la mise en œuvre des promesses électorales, c’est très différent ! Mais dans cette séquence, il faut reconnaître à Tsípras une habileté politique tout à fait exceptionnelle.

Qu’a-t-il réussi ?

Il a utilisé le temps comme une variable qui permettait de traiter sous un autre mode le problème de l’écart entre promesses électorales et réalisations. Il est apparu comme un homme de l’énergie, qui se battait comme un lion. S’il n’a pas mis en œuvre ses promesses, il a déplacé le problème et mis l’accent sur un engagement radical de lui-même, donnant un autre sens à l’idée de volonté politique. Cela n’a rien à voir avec les formes traditionnelles de reniement.

Quelles leçons tirer de l’exemple grec ?

Le cas grec montre une chose, que c’est l’engagement personnel de Tsípras et d’autres ministres qui a permis de faire passer la société d’un consentement résigné à une vision peut être plus positive, l’avenir le dira. On a chez Tsípras le politicien classique mais aussi le bon gouvernant, c’est assez inédit. Il a fait preuve d’un engagement qui me fait penser, sans comparaison déplacée, au Clemenceau de 1917. Il donne le sentiment de mettre en jeu sa carrière et même sa vie, sans l’habituel calcul.

Cet engagement peut-il préfigurer le bon gouvernant que vous définissez dans votre livre par son parler vrai et son intégrité ?

Dans un monde instable, où l’économie d’un pays dépend de la croissance en Chine et du prix du pétrole, la seule variable sur laquelle on a la possibilité d’agir de façon illimitée, c’est la crédibilité et la confiance. Or comme le montre la sociologie, c’est sur ces deux qualités qu’il est possible de fonder une hypothèse sur le comportement futur d’une personne. Ce qui est reproché aux politiciens, c’est qu’on ne peut pas faire d’hypothèses sur leurs comportements futurs. Car ils sont trop définis par la volatilité. Même si cela peut être critiqué, un glissement est en train de s’opérer d’une politique des programmes vers une politique des personnes. Il faut penser démocratiquement cette évolution. L’enjeu est de construire un fonctionnement et des comportements démocratiques. Il doit par exemple exister des institutions gardiennes du parler vrai, travail que la presse fait en partie à travers des pages comme «Désintox» dans Libération ou les enquêtes de Mediapart.

Au-delà de la crise de la représentativité, vous pointez un impensé majeur, le rapport gouvernés-gouvernants…

Le pouvoir gouvernant, pour le dire d’une façon large, ne peut pas avoir le caractère représentatif d’une assemblée. Le propre d’une assemblée, par exemple composée de 400 personnes, c’est d’incarner une forme de diversité. Dans un gouvernement, oui, on peut faire un effort de parité, ce qui est une intégration d’un objectif de diversité. Mais en aucun cas on ne peut dire qu’un président ou qu’un Premier ministre est représentatif. Et si on le voulait représentatif, alors ce serait aller vers les perversions de ce que j’ai appelé l’homme-peuple. C’est le césarisme, qui consiste à dire : la société c’est moi.

Dans le discours de Marine Le Pen ou dans celui de Nicolas Sarkozy, on note cette tentation…

Il y a aujourd’hui une tentation permanente de l’illibéralisme. Le césarisme en est une. La présidentialisation des démocraties ne vient pas uniquement d’un phénomène médiatique de peoplisation. Elle résulte de l’affirmation du pouvoir exécutif comme pouvoir central, et cela conduit à ce que la décision soit désormais plus importante que la norme. C’est un basculement majeur. La démocratie a longtemps été liée à un culte de l’impersonnalité dans la mesure où la loi était plus importante. Etre simplement gouvernés par la loi, c’était la vision des révolutionnaires français, l’exécutif n’avait qu’une mission technique. Mais il est devenu un pouvoir central et c’est lui qu’il s’agit aujourd’hui de faire rentrer en démocratie.

Vous soulignez en effet qu’il n’y a pas de théorie démocratique de l’art de gouverner…

Ceux qui gouvernent n’ont pas intérêt à soulever la question du bon gouvernement. Gouverner aujourd’hui, c’est essayer de survivre, c’est séduire. L’intérêt des gouvernants est de rester dans une telle conception archaïque du pouvoir comme propriété personnelle, comme outil de manutention des esprits et d’élimination des adversaires.

Cette prédominance de l’exécutif semble même s’aggraver quand on entend le chef de l’Etat dénoncer le rythme trop lent du Parlement…

Il y a bien un problème de production législative. L’objet des lois votées n’est pas toujours, loin de là, de produire des normes. Prenons en effet la loi Macron et, par exemple, la question des zones touristiques internationales : pourquoi est-ce une loi qui le détermine alors qu’il s’agit d’une décision précise et ponctuelle - et non de mettre en place une norme générale ? La loi Macron est très majoritairement une accumulation de décisions particulières, qui méritent certainement d’être discutées mais qui ne font pas une loi, au sens où ce texte ne vient pas définir des éléments généraux de la vie économique et sociale. Ce qu’on appelle la loi couvre aujourd’hui des décisions politiques.

Hollande est-il piégé par ces institutions à bout de souffle ?

Peut-être qu’il est piégé. L’alternative pour sortir du cycle de la répétition et de la décomposition passera par une redéfinition des conditions du gouvernement et, je le répète, de la relation gouvernés-gouvernants, qui ne peut plus se résumer à des rendez-vous électoraux. Je fais un certain nombre de propositions pour mettre en place des commissions publiques, appeler au développement d’agences de vigilance citoyenne, instaurer un conseil du fonctionnement démocratique. Les citoyens l’attendent. En matière de vigilance et d’alerte sur les questions de corruption par exemple, il faut saluer le travail de Transparency International ou d’Anticor. La création en 2013, après l’affaire Cahuzac, de la Haute Autorité pour la transparence, présidée par l’excellent Jean-Louis Nadal, est aussi allée dans le bon sens. Le nouveau militantisme, il est là. Qui aurait l’idée aujourd’hui de rejoindre un parti ?

Les partis sont d’ailleurs quasiment absents dans votre livre…

La définition classique d’un parti est celle un groupe de citoyens unis par des convictions communes et qui essaient de les faire émerger dans la sphère publique. Mais aujourd’hui, un parti politique n’est plus un organe qui représente la société auprès des pouvoirs, c’est à l’inverse devenu un relais des pouvoirs vers la société. Les organisations militantes de demain et même d’aujourd’hui, ce ne sont déjà plus les partis, mais ce que j’appelle les organisations du bon gouvernement.

D’une certaine manière, l’outsider Jeremy Corbyn en Angleterre vient de dépasser de l’intérieur l’appareil politique Labour…

Des rénovations politiciennes peuvent exister - citons par exemple ce qu’est en train de réaliser Eric Piolle à Grenoble. Il est issu d’une coalition politique, mais la façon dont il gère sa ville semble aller au-delà. D’un certain point de vue, c’est ce que cherche à réaliser Podemos, qui met davantage que Syriza l’accent sur la rénovation de la vie politique, sur la transformation des rapports entre représentés et représentants. Pour en revenir à la question de l’engagement citoyen, le plus probable est qu’il se fasse non pas via une rénovation des partis, mais hors de ceux-ci. Nous sommes au début d’une révolution, souvenons-nous que nous avons mis plus d’un siècle et demi à digérer la démocratie électorale représentative, jusqu’à en faire le cœur de tout.

Quel est-il, ce deuxième âge de la démocratie ?

Celui de la démocratie gouvernante, de la démocratie d’exercice. Jusqu’ici, l’essentiel de la démocratie a consisté à remplacer un roi héréditaire par un souverain collectif ou individuel élu. Maintenant, le propre de la démocratie doit être de mettre en place un fonctionnement démocratique. Nous n’en sommes qu’aux prémices. Au-delà des sondages, des pétitions ou même des élections, les citoyens veulent avoir leur mot à dire, ils réclament la compréhension et l’inclusion d’eux-mêmes dans des débats parfois difficiles mais majeurs. Le centre de gravité est aujourd’hui la relation gouvernés-gouvernants. J’ai écrit ce livre pour pointer cet impensé, mais aussi pour ouvrir un champ et j’espère un chantier.

(1) Qui parachève un cycle de quatre ouvrages au Seuil sur les démocraties contemporaines, dont la Société des égaux (2011), la Légitimité démocratique (2008) et la Contre-démocratie (2006).

A lire également : la Démocratie à l’œuvre, autour de Pierre Rosanvallon, sous la direction de Sarah Al-Matary et Florent Guénard (Seuil), en librairie le 27 août.


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France : y a-t-il donc un espoir de reprise ?

France : y a-t-il donc un espoir de reprise ? | Think outside the Box | Scoop.it

Une fois de plus, la forte chute des Bourses de ce mois d'août met en évidence la totale déconnexion entre la valorisation boursière des entreprises et la réalité macro-économique. Il règne une extraordinaire confusion dans les esprits : entre ceux qui expliquent les causes d'événements qu'ils n'ont pas pu prévoir, ceux qui placent leurs espoirs dans l'action des banques centrales et, enfin, ceux qui comptent sur une reprise macro-économique, la cacophonie est totale...

  

Un pas cynique de plus dans entre les marchés et la réalité

Vendredi 21 août, le CAC 40 a chuté de 3,3 %. Sur la semaine, la correction a été de 6,57 %, ce qui est impressionnant. Nous sommes à un point critique. Si le plancher des 4 600 points est traversé, alors nous serons emportés dans une chute plus importante et les acteurs financiers parieront sur une action des banques centrales pour éviter un krach. Si, au contraire, ce plancher résiste, les acteurs financiers, anticipant un rebond, se positionneront sur un rachat de valeurs et provoqueront de ce fait le mécanisme qu'ils anticipent. C'est ce qu'on appelle les prophéties auto-réalisatrices.

Cependant, il ne suffit pas d'anticiper un événement pour que celui-ci se produise. Nous ne sommes tout de même pas dans la pensée magique. En effet, la chute de 3,3 % du CAC 40 de vendredi constitue un « cygne noir », c'est-à-dire un événement imprévisible. S'ils sont nombreux à évoquer diverses raisons pouvant expliquer cet événement, aucun d'entre eux ne l'avait prévu. De plus, aucune des raisons invoquées n'est suffisante : certes, l'indice de l'activité manufacturière chinoise est retombé à son niveau de 2009 et la perspective d'un rehaussement des taux directeurs de la FED s'éloigne, tout au moins pour un bon nombre d'observateurs, ces anticipations provoquant la chute du dollar et la remontée de l'euro. Mais soyons sérieux ! La mauvaise santé de l'économie mondiale ne date pas de la semaine dernière. Cela fait des années que la reprise économique se fait attendre...

  

Des réalités macro-économiques qui ne cessent de décevoir...

Ceux qui sont à l'affût des signes avant-coureurs d'une reprise économique en sont pour leurs frais... La croissance du PIB français a été nulle au deuxième trimestre après une croissance de 0,7 % au premier trimestre. Lorsqu'on examine ce chiffre de plus près, on s'aperçoit d'un recul des investissements, tant de la part des entreprises françaises que des entreprises étrangères.

S'il est vrai que les entreprises sont en train de reconstituer leurs marges (leur excédent brut d'exploitation, pour être précis), cela est dû à la baisse du pétrole et des matières premières, notamment les métaux. Ce n'est pas dû au retour de la consommation. C'est une bouffée d'oxygène, mais ce sont des facteurs exogènes et passagers qui ne témoignent pas d'une amélioration liée à la structure et à la force intrinsèque du tissu économique français.

Autre signe avant-coureur étudié, le nombre des entreprises qui demandent des délais supplémentaires pour payer leurs charges auprès de l'Urssaf a diminué. Gardons-nous des erreurs d'interprétation. Une entreprise qui a des difficultés de trésorerie ne fait la demande qu'une fois. Si sa situation ne s'améliore pas, c'est la cessation de paiement, le dépôt de bilan. Autrement dit, cela signifie que le nombre des entreprises qui se débattent dans des difficultés de trésorerie augmente moins vite, mais il augmente encore. Le nombre des défaillances d'entreprises est encore à son plus haut et n'a pas baissé.

  

Des batailles dérisoires sur les chiffres du chômage...

Est-ce que cette reconstitution des marges pourrait inciter les entreprises à embaucher ? Pour l'instant, le chômage ne baisse toujours pas. Les hommes politiques s'engagent dans des débats dérisoires sur les messages SMS de relance(envoyés aux chômeurs pour que ces derniers n'oublient pas d'actualiser leur situation) qui, lorsqu'ils sont envoyés de manière intempestive, contribuent à diminuer le nombre des radiations automatiques et donc à augmenter le nombre des chômeurs, et qui, lorsqu'il y a un problème technique, contribuent à un effet inverse. La variation est de l'ordre d'une dizaine de milliers, un chiffre dérisoire, au regard des millions de personnes concernées... Une goutte d'eau dans l'océan... Cette polémique montre à quel point le personnel politique est démuni face à une telle situation.

Le mois dernier, le ministère du Travail a de nouveau modifié le mode de classification des chômeurs. Cette fois, les personnes en formation, en service civique ou en contrat aidé ne sont plus comptabilisées dans les catégories A, B et C... Même avec ces modifications, les statistiques finales continuent leur inexorable ascension... Arnaud Montebourg l'a déclaré en ces termes : « Cela ne marche pas ». L'ancien ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique manifeste son opposition à toute politique d'austérité qu'il juge contre-productive, mais ne sait-il pas qu'en France l'austérité n'a pas encore été mise en œuvre, contrairement à l'Espagne, à la Grèce, à l'Irlande, aux pays Baltes, etc. ?

  

Et ailleurs, cela ne va pas mieux...

En Europe, il n'y a pas de quoi pavoiser. Au Royaume-Uni aussi, on « habille » les chiffres pour les rendre plus « présentables ». Par exemple, seuls les chômeurs qui perçoivent une allocation sont comptabilisés... En Allemagne, de 2003 à 2013, les ménages allemands ont en moyenne perdu 15 % de leur patrimoine. Le chômage y est certes bas, mais on remplace des chômeurs par des travailleurs pauvres qui ne peuvent ni constituer un patrimoine ni consommer suffisamment pour relancer la machine économique.

Aux États-Unis, Janet Yellen, présidente de la FED (la banque centrale américaine), le reconnaît ouvertement, la reprise n'est pas au rendez-vous ! Les membres de la FED trouvent en effet que le plein emploi n'est pas atteint aux États-Unis et jugent l'inflation trop basse. Les termes de la FED sont des euphémismes puisqu'il s'agit de maintenir à tout prix la confiance.

  

Aux États-Unis, le taux de chômage réel serait de 23 % !

D'autres experts, en revanche, ne s'embarrassent pas de telles précautions de langage et disent tout haut des vérités choquantes. Selon Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor américain et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, le taux de chômage réel étatsunien est de 23 % ! Le taux officiel est plus bas parce qu'on ne prend plus en compte les chômeurs découragés, comme c'était le cas jusque dans les années 90. Autrement dit, les États-Unis sont dans une situation aussi calamiteuse que lors de la Grande Dépression des années 30.

Janet Yellen est d'autant plus embarrassée qu'elle subit de fortes pressions pour remonter les taux directeurs de la banque centrale. Dans un tel contexte, l'économie réelle américaine n'aurait plus aucune chance de se remettre d'aplomb. Un malheur ne venant jamais seul, la Chine a dévalué sa monnaie, ce qui a pour conséquences de renchérir le dollar, de rendre les importations moins chères et les exportations plus chères, nuisant de ce fait à la compétitivité (déjà chancelante) des produits « made in USA ». L'inflation annuelle étant de 0,3 % (baisse du prix des matières premières, stagnation des salaires, baisse des produits importés), tout concourt à la déflation.

La hausse des taux directeurs américains attirerait les capitaux vers le pays de l'Oncle Sam, mais elle plongerait dans les abysses l'économie non financière. Voilà le dilemme de Janet Yellen. Cela, elle ne pourra pas faire autrement que d'augmenter les taux, car elle doit avant tout préserver les intérêts de la banque centrale elle-même, notamment sa valeur capitalistique...

  

Recherche indicateurs désespérément...

Il faut reconnaître que le niveau du chômage reste un indicateur économique crucial aux yeux des populations et des politiques. Et chaque pays rivalise d'astuces pour le faire baisser. Pour résumer, quels que soient les modes de calcul des indicateurs économiques, dans tous les pays du monde, la reprise est absente. Ni au Japon, ni aux États-Unis, ni en Europe, les politiques d'assouplissement monétaire (les fameux Quantitative Easings) n'ont eu d'effets sur l'état de l'économie. Dans cette course à la compétitivité par le dumping social, fiscal et monétaire, on peut faire baisser le chômage en facilitant le travail pauvrement rémunéré, mais cela ne résout pas le problème. L'économie mondiale est en surcapacité de production. Les consommateurs ne sont pas au rendez-vous. Et donc les investisseurs, devant ces piètres perspectives, n'ont pas envie d'investir.

Pour le gouvernement en place, qu'il soit de gauche ou de droite, s'engager dans des débats dérisoires sur les statistiques du chômage est inutile. Nous sommes face à une crise structurelle, plus profonde qu'une simple crise cyclique. Quant à la haute finance, tout du moins les investisseurs institutionnels les plus compétents, elle n'est pas dupe. Les indicateurs ne font pas illusion. Pour ces acteurs financiers de premier ordre, les publications d'indices divers constituent des opportunités pour enclencher des mouvements à la baisse comme à la hausse, pour vendre à un bon niveau ou acheter à bon compte. Autrement dit, c'est « business as usual ».

(...)

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Les coûteux amis de Manuel Valls

Les coûteux amis de Manuel Valls | Think outside the Box | Scoop.it

En 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, a distribué la majeure partie des crédits de la réserve ministérielle. En n'oubliant pas ses amis.

  

« Valls garde toujours un regard sur Évry (Essonne). Il a un lien fort avec sa terre d'élection. Dès qu'il peut, il y est. » Ancien président du conseil départemental de l'Essonne, Jérôme Guedj (PS) sait de quoi il parle. Pas étonnant dès lors que le bastion politique du Premier ministre ait été bien traité par le ministère de l'Intérieur en 2013. Cette année-là, près de 220 000 euros de crédits ministériels ont été distribués à des collectivités de l'Essonne sur instruction du cabinet de Manuel Valls.

À l'époque, l'actuel chef du gouvernement et ses collaborateurs avaient la main sur la majeure partie de la réserve ministérielle. Pendant gouvernemental de la réserve parlementaire, cette enveloppe, dont le montant peut varier d'une à plusieurs dizaines de millions d'euros par an, est budgétée sur une obscure ligne de crédits du ministère de l'Intérieur. Officiellement, l'argent est destiné à venir en aide aux communes en difficulté. Mais dans les faits, la cagnotte, gérée derrière les grilles des ministères, est surtout répartie entre des collectivités chères aux élus proches du pouvoir.

Lire notre enquête exclusive : « Révélations sur la mystérieuse cagnotte des ministres »

En 2013, d'après nos informations, sur les 13,4 millions d'euros de la réserve ministérielle, 10,1 millions ont été distribués par Beauvau. Et 9,1 millions d'euros ont soutenu des projets montés par des élus encartés au Parti socialiste. C'est ainsi que le sénateur PS et maire d'Alfortville Luc Carvounas, un proche des proches du Premier ministre, a décroché une subvention de 180 000 euros pour les travaux de grosse réparation d'une église dans le Pas-de-Calais. « Les élus savaient que j'étais proche de Valls. Je recevais des centaines de demandes. J'étais devenu une sorte de superpréfet », raconte-t-il.

Très chère Essonne

En Essonne, Francis Chouat, qui a succédé à Manuel Valls à la tête d'Évry et de sa communauté d'agglomération, a obtenu pour sa part 100 000 euros pour la création d'un marché forain dans son centre-ville. ”Je ne vais pas faire celui qui ne connaît pas Manuel Valls. Mais Évry fait partie des communes socialement les plus pauvres de France”, se justifie Francis Chouat, qui a été réélu maire en 2014. À quelques kilomètres, Irène Maggini, autre élue PS de la communauté d'agglomération d'Évry, a elle aussi décroché une subvention pour sa ville de Villabé : 40 000 euros pour le centre communal d'action sociale. Un coup de pouce qui n'a cependant pas empêché Irène Maggini de perdre la mairie aux dernières élections municipales.

Plus étonnantes, en revanche, sont les subventions attribuées en 2013 à Thierry Mandon, alors député de l'Essonne et porte-parole du PS à l'Assemblée. L'actuel secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur a décroché deux subventions : l'une de 40 000 euros pour le remplacement des menuiseries de l'hôtel de ville de Soisy-sur-Seine, et l'autre du même montant pour « la sécurisation et la restauration des toitures de l'habitation et des écuries de la ferme de Jarcy » à Varennes-Jarcy.

Manuel Valls et Thierry Mandon, longtemps rivaux au sein de la communauté d'agglomération d'Évry, avaient-ils enterré la hache de guerre en 2013 ? « La voix de Thierry Mandon était devenue essentielle pour que la gauche puisse garder la main sur le conseil communautaire », affirme un élu de l'Essonne. Interrogé par Le Point.fr, Thierry Mandon nie avoir fait remonter des demandes de subventions auprès du gouvernement.

« Gentleman agreement »

Si les communes de gauche de l'agglomération d'Évry sont bien servies en 2013, Manuel Valls n'oublie pas l'opposition. Stéphane Beaudet, maire Les Républicains de Courcouronnes, a décroché 150 000 euros, en 2014, pour la construction d'une piscine intercommunale. Un renvoi d'ascenseur pour service rendu ? En 2008, alors que la droite était majoritaire à la communauté d'agglomération, Stéphane Beaudet avait voté pour Valls. Un retournement de dernière minute qui n'aurait pas été totalement désintéressé. « Il y avait un gentleman agreement entre les deux hommes. Le deal, c'était que Valls conserve Beaudet à la tête de la TICE (le réseau de bus du département dont la présidence se décide en bureau des maires, NDLR) », raconte un élu. Une version vivement contestée par l'intéressé. « Ce n'est un secret pour personne que je suis ami avec Valls. J'ai voté pour lui en 2008, mais c'était un choix d'intérêt général. Il n'y a aucun gentleman agreement. Je n'ai pas eu besoin de Valls pour être président de la TICE. Je le suis depuis 2001. »

Quand la droite faisait du pied à Manuel Valls

La réserve ministérielle peut être un formidable révélateur d'amitiés politiques transpartisanes. Comme celle qui lie Manuel Valls au sarkozyste Guillaume Larrivé. Le député Les Républicains de l'Yonne fait partie de la poignée d'élus de droite ayant bénéficié des largesses du gouvernement en 2013. 105 000 euros lui ont été alloués pour des communes de son département.

Les deux hommes s'étaient rapprochés sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Du temps où l'actuel chef des Républicains prônait encore l'ouverture. Non content d'être parvenu à rallier les Éric Besson, Martin Hirsch, Fadela Amara, Jean-Marie Bockel et autre Bernard Kouchner, le président considérait qu'il manquait une pièce maitresse à son tableau de chasse. « La cible prioritaire, c'était Valls », confie un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy au Point.fr. Une équipe d'entremetteurs avait été chargée d'approcher le maire d'Évry parmi lesquels figurait Guillaume Larrivé, alors directeur adjoint du cabinet de Brice Hortefeux au ministère de l'Intérieur. Si l'entreprise a échoué, une amitié, qui perdure encore aujourd'hui, s'est créée à cette occasion entre l'actuel Premier ministre et le jeune député.

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Les Balkany doivent être révoqués - ANTICOR

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Patrick et Isabelle Balkany vont-ils encore longtemps ridiculiser les fonctions de maire et d’adjoint ?

Dans cette affaire, le plus simple et le plus digne serait évidemment une démission volontaire de leur part.

À défaut, il convient de rappeler qu’une élection municipale partielle peut être provoquée « si le conseil municipal a perdu le tiers de ses membres ». En l’espèce, il faudrait donc que 17 des 49 conseillers municipaux de Levallois-Perret démissionnent. Sachant qu’il y a déjà 11 élus d’opposition, il suffirait que 6 élus de la majorité se désolidarisent…

Mais comme, visiblement, au sein de la majorité municipale, on ne trouve rien à redire au comportement du couple Balkany, il existe une autre solution : « Le maire et les adjoints, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés […] peuvent être révoqués […] par décret motivé pris en conseil des ministres ».

Une révocation peut être prononcée non seulement pour une faute grave commise dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi en cas de perte de l’autorité morale. Le Conseil d’État a ainsi considéré qu’il était possible de révoquer un maire condamné, voire simplement mis en examen lorsque la matérialité des faits est avérée.

Or, la mise en examen des deux Balkany s’appuie justement sur des faits établis. Outre la note de Tracfin et le signalement de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui ne laissent guère de place au doute, Isabelle Balkany a avoué être propriétaire d’un important bien immobilier non déclaré au fisc (la villa « Plamplemousse », sur l’île de Saint-Martin).

Qui pourrait prétendre, aujourd’hui, que Patrick et Isabelle Balkany possèdent toujours l’autorité morale nécessaire à l’exercice de leurs fonctions ?

 

Jacques Le Bris's insight:

 

Pétition : Appel à la démission du député Patrick Balkany.

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Jean-Louis Etienne : son appel aux citoyens du monde

Jean-Louis Etienne : son appel aux citoyens du monde | Think outside the Box | Scoop.it

Actuellement en Alaska, le médecin-explorateur tarnais Jean-Louis Étienne, connu pour ses expéditions aux pôles et notamment pour la Transantarctica réalisée en 1989-1990, mais aussi pour son projet PolarPod d'exploration des courants de l'Antarctique, est un observateur de premier plan du réchauffement climatique et de ses conséquences sur l'environnement et la biodiversité.

À cent jours de la Conférence internationale de l'ONU, il confie à La Dépêche les craintes et les espoirs qu'il vient de formuler dans une contribution remise à l'Académie des technologies intitulée «La COP 21 : sceller les bases d'une gouvernance du climat de la Terre.»

Dans ce texte, Jean-Louis Étienne lance un appel aux chefs d'États et de gouvernements, mais aussi – et surtout – aux citoyens du monde à s'engager en faveur de la planète. «J'ai une devise : soyez efficace dans votre périmètre d'influence. Regardez comme c'est difficile de changer ses propres habitudes. Nous ne pouvons pas changer globalement la marche du monde, mais si chacun est actif dans son périmètre d'influence, nous pouvons changer le cours de l'histoire.» Extraits.

Quatre objectifs à atteindre

La COP 21 réunira à Paris en décembre 2015, tout ce que la planète compte d'acteurs en vue d'une stratégie planétaire pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, en particulier le CO2, reconnu par la communauté scientifique comme étant le facteur de l'accroissement du bilan thermique à la surface de la Terre et responsable des changements climatiques afférents.

Cette conférence internationale qui réunira 195 pays et l'Union Européenne est qualifiée de la plus importante réunion diplomatique mondiale jamais réalisée. Toute la difficulté portera sur l'acceptation de mesures équitable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sans porter préjudice au développement des pays.

La France qui va coordonner ces deux semaines de débats a défini quatre objectifs :

Aboutir à un accord universel sur les limitations d'émissions de CO2 pour limiter à 2 °C la hausse de la température moyenne dans le siècle, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Étudier les « Contributions nationales » que tous les États participants s'engagent à mettre en œuvre pour lutter contre le changement climatique, dans l'optique d'un maintien du réchauffement à 2 °C dans le siècle. Il incombe aux «pays du Nord », responsables historiques de l'excès de stock de CO2 anthropique dans l'atmosphère de fournir l'essentiel des efforts selon le principe de «responsabilité commune mais différenciée».

Apporter des réponses sur les financements promis, est très attendu par les pays en développement. Le Fonds vert a été créé au sommet de Copenhague, en 2009, pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adapter au changement climatique. Comment atteindre 100 milliards de dollars US par an à l'horizon de 2020 ? Le Fonds vert, qui a réuni 9,3 milliards de dollars à ce jour, est depuis quatre ans un des plus vifs sujets de tensions entre les pays en développement et les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique.

Mettre en œuvre l'Agenda des solutions. Les gouvernements ne seront pas en mesure à eux seuls d'assurer un niveau d'investissement dans les énergies propres compatibles avec l'objectif de 2 °C.

Les entreprises, les communes et les régions seront mobilisées pour que les actions non-gouvernementales côtoient les projets des gouvernements, dans un programme intitulé «Agenda des solutions» : marché du carbone, nouvelles économies, ville durable…

«La COP21 est souvent présentée comme un dernier recours pour l'avenir du climat de la Terre. Il est impératif qu'il en sorte un message positif adressé à ceux qui ont en main l'avenir du climat, à savoir les gouvernants, les maires, les industriels, les chefs d'entreprise, les citoyens… les quelques milliards d'humains qui ont besoin d'un élan planétaire pour mettre en œuvre les mesures adéquates, voire amplifier leurs initiatives déjà mises en place.

Trouver un nouvel élan

La COP 21, sous l'auréole d'une grande réunion planétaire participative, sera comme les précédentes, le siège de joutes diplomatiques à trois bandes entre le bloc sino-américains, responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre ; l'Europe, globalement le bon élève, qui a aussi sa feuille de route d'objectifs à atteindre pour 2030 ; et les pays en développement qui considèrent, à juste titre, les États du «Nord » comme responsables de la situation climatique mondiale.

Tout le monde sait que la signature d'un accord universel contraignant sera très difficile à obtenir, et il ne faudrait pas que le bras de fer diplomatique entre les sherpas des chefs de gouvernement se traduise par un échec auprès de l'opinion. Ce serait très démobilisateur et destructeur pour le climat.

En ce sens un pas important pourrait être franchi si on obtenait de tous les chefs d'État, des pays développés et en développement, présents à la COP 21 :

 

1 – Une reconnaissance officielle à la face du monde de la responsabilité de l'Homme dans le changement climatique. Ce n'est pas une évidence. J'imagine sceller cet acte fondateur par une photo de tous les chefs d'État, une image positive qui ferait le tour du monde à l'instar de celle prise en 1992 au Sommet de la Terre à Rio.

 

2 – Un engagement de leur part à appliquer la liste des «Contributions nationales» qu'ils proposent de mettre en œuvre dans leur pays. Des actions «volontaires» de réduction des émissions «quantifiées, annoncées et vérifiées», mais sans entraîner de pénalité au cas où ils ne seraient pas atteints.

Le suivi de ces engagements volontaires serait l'occasion d'apprécier les efforts, de les corriger, de les encourager, de les financer pour atteindre leur pleine efficacité.

Comment dessiner un objectif planétaire, ambitieux et justement réparti ? La tâche s'annonce difficile mais exaltante ; il s'agit de sceller les bases d'un modèle de gouvernance mondiale.

 
Ph R.
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Des scientifiques créent un cerveau de foetus en laboratoire

Des scientifiques créent un cerveau de foetus en laboratoire | Think outside the Box | Scoop.it

L'exploit est à peine croyable. Des chercheurs américains ont produit en laboratoire un cerveau humain pour étudier les maladies neurologiques.

Il sort tout droit d'un laboratoire, et il est pourtant identique à celui d'un foetus de 5 semaines. Le cerveau créé de toutes pièces par des chercheurs américains de l'université d'Ohio State manque simplement d'un système de vascularisation, comme le précise le professeur René Anand qui a présenté ses résultats mardi.

  
Une meilleure compréhension des maladies neurologiques

L'équipe de scientifiques espère pouvoir tester sur ce cerveau artificiel de nouveaux traitements pour les maladies neurologiques, sans mettre à contribution les animaux. "C'est un modèle facile à dupliquer qui peut être créé avec toutes les variantes génétiques qui engendrent ces maladies, et cela nous donne un accès incroyable à des éléments inédits" selon le professeur Anand, cité par le Washington Post.

Si pour l'heure les résultats de cette avancée scientifique n'ont pas été vérifiés et validés par une revue scientifique de référence, les membres de l'équipe du professeur Anand ont créé une start-up pour commercialiser leur trouvaille auprès des laboratoires menant des recherches sur les maladies neurologiques.

Par Paul Aveline
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Le mauvais coup de l’été : l’Etat évacue la ferme des Bouillons et la cède à des proches du groupe Auchan

Le mauvais coup de l’été : l’Etat évacue la ferme des Bouillons et la cède à des proches du groupe Auchan | Think outside the Box | Scoop.it


Reporterre a tiré le rideau pour ce mois d’août. Mais parce que nous ne voulions pas rédiger à la rentrée un article intitulé « Ce que vous avez raté pendant l’été : une occupation évacuée, il est maintenant trop tard », nous ré-ouvrons nos colonnes. Mercredi 19 août, la ferme des Bouillons, lieu agricole alternatif près de Rouen, a été évacuée par les CRS.

 

Tout allait pourtant pour le mieux à la ferme des Bouillons entre un stage de construction d’éoliennes, le passage d’Alternatiba et le marché maraîcher hebdomadaire ; mais la période estivale est propice aux entourloupes étatiques.

C’est ce qu’a vécu la ferme occupée, située à Mont-Saint-Aignan, en périphérie de Rouen. Une entourloupe bien ficelée qui a abouti, mercredi matin 19 août, à l’évacuation par les CRS de la trentaine de personnes qui occupaient depuis plus de deux ans et demi la ferme pour la sauver d’un projet immobilier du groupe Auchan.

Fin juillet, l’association de protection de la ferme des Bouillons apprend qu’un compromis de vente a été signé entre Immochan, la foncière d’Auchan, au profit d’une SCI nommée In Memoriam dirigée par les frères Mégard pour la somme de 150 000 euros. L’établissement en charge du foncier agricole et sous tutelle de l’Etat, la Safer, a confirmé cette vente mardi soir 18 août. Et dès le lendemain matin, dans une précipitation exceptionnelle qui témoigne que cette décision de la Safer a été prise en parfait accord avec le préfet, la police intervenait.

La Safer refuse de préempter, alors qu’elle le peut, c’est-à-dire examiner d’autres propositions de reprises, les comparer et évaluer quelle offre est la plus pertinente. La Safer a donc fait le choix de ne pas ouvrirle dossier présenté et mûri pendant un an par les militants, et portés par plus d’un millier d’adhérents à l’association, sans compter les sympathisants.

Romain Pavot

Un projet porté par Romain Pavot, maraîcher bio, en activité au sein du réseau des Amap depuis six saisons et paysan sans terre d’ici la fin de l’année. La confirmation de la vente à la SCI In memoriam a ainsi amené le préfet a signé l’évacuation de la ferme mercredi matin, à 6h. Bien plus qu’une affaire de marchands de tapis, il s’agit d’un dossier politique.

La ferme des Bouillons, légitimité contre légalité

Le groupe Auchan a acheté la ferme de quatre hectares il y a trois ans. Depuis décembre 2012, elle est occupée par des militants de tous bords. Sur place, le quotidien s’organisait entre le travail aux champs, les conférences, formations et concerts organisés. Agriculture, culture et éducation populaire sont au cœur de cette occupation qui draine de nombreux soutiens allant de la Confédération paysanne à EELV en passant par l’ancien maire de la commune, Patrice Colasse (PS). La société civile est également présente, en masse sur le site. A titre d’exemple, lefestival La Tambouille organisé en septembre 2014 avait attiré 3 000 personnes durant un week-end.

Ces presque trois années d’occupation ont porté leurs fruits. En janvier 2013, la ferme a étéclassée en zone naturelle protégée, et six mois plus tard, le permis de démolition d’Auchan n’a pas été reconduit. A l’été 2014, la ferme était sauvée. Dernier obstacle pour la rendre pérenne avec un projet légal de maraîchage et d’éducation populaire, le propriétaire : Auchan, qui ne voulait pas négocier avec ses détracteurs.

Des nouveaux propriétaires proches de la famille Mulliez et de l’extrême-droite

Un an plus tard, presque jour pour jour, l’association de protection de la ferme apprend donc qu’un compromis de vente est signé. Les acheteurs sont deux frères réunis au sein d’une SCI(société civile immobilière) nommée In memoriam, les frères Mégard. Un faisceau d’éléments permettent de douter de leurs intentions affichées. Avant tout chose, laissons-les se présenter, dans une vidéo où ils remercient le groupe Immochan de son aide.

 Voir la vidéo :

Le statut juridique de SCI est assez commun. Dans le cas de la ferme, il est particulièrement utile. Une fois rachetée, la SCI pourra revendre des parts à qui bon lui semble sans que la Safer, ni les pouvoirs publics ne puissent s’y opposer. La Safer elle-même dénonce ces pratiques. Cette manière de faire est bien connue, par exemple à travers le dossier de la ferme-usine des mille vaches. C’est par ce biais que Michel Ramery est parvenu à acquérir autant de terres.

Les militants dénoncent cette opacité et mettent en avant leur modèle économique fondé sur l’épargne citoyenne, avec le soutien de Terre de Liens, et le contrôle de la société civile afin de garantir la vocation agricole du site. A cet argument, la Safer a répondu en ajoutant au compromis de vente une clause garantissant la vocation agricole du lieu pendant au moins 25 ans.

Mais qui sont ces repreneurs sortis du chapeau ? L’aîné Thibault Mégard qui attire l’attention. Il détient plusieurs entreprises, surtout dans le secteur immobilier. Un secteur plus proche des activités d’Auchan que du projet de maraîchage bio qu’il met en avant avec son frère.

Du côté de la sensibilité à l’environnement, Thibault Mégard fait aussi partie de l’entreprise paysagiste Œuvre d’arbre. La structure se vante de son Certiphyto, un certificat qui garantit les bonnes pratiques dans l’usage des biocides. Pratiques éloignées des soucis de culture biologique et permacole.

Merci Auchan

Homme aux multiples casquettes, Thibault Mégard est aussi engagé en politique. Lors des élections européennes de 2014, il était candidat sur une liste divers droite à Villiers-sous-Mortagne (Basse-Normandie). La tête de liste n’est autre qu’André-Paul Leclercq, membre de lafamille Mulliez en charge du développement du groupe Auchan dans les pays de l’Est.

A cela s’ajoute le prix de vente : 150 000 euros. Auchan a acheté le site en 2012 plus de 700 000 euros, une fois reclassé en zone naturelle protégée, le site ne valait plus que 300 à 350 000 euros selon les expertises commandées par l’association de protection de la ferme. Les Mégard seraient donc de très bons négociateurs, à moins qu’Auchan ne leur ait fait une fleur. Un geste commercial qu’il conviendrait de qualité d’étonnant de la part de la famille Mulliez, plutôt proche de son argent vu son implantation massive en Belgique.

C’est peut-être la cerise sur le gâteau, les orientations politiques des deux frères sont diamétralement opposées à celles portées par l’association de la ferme des Bouillons. Thibault Mégard s’est porté candidat lors des élections législatives de 2007 à Rouen sur une liste Mouvement pour la France, son leader national étant Philippe de Villiers.

Le collectif Ras le Front de Rouen, classé comme anti-fasciste, révèle, photo à l’appui, l’implication du petit frère, Baptiste, dans les mobilisations Manif pour tous et Veilleurs de nuit.

Dans ce contexte, difficile de ne pas s’étonner du nom de leur entreprise : In Memoriam. In Memoriam est le nom d’un groupe de rock d’extrême-droite, une référence dans le rock identitaire français. Le Figaro lui a consacré un article au début du mois suite à sa venue à Fréjus.

Les alternatives pacifiques renvoyées à la désespérance

Tout ceci dessine un tableau dans lequel le gouvernement a préféré privilégier une solution portée par la collusion entre l’extrême-droite et un des plus grands groupes de distribution français. Le message est clair : tout plutôt que des alternatives portées par les citoyens.

Le refus de la Safer de préempter, de prendre en considération le fruit de deux ans et demi de travail de la part de la société civile laisse pantois. Comme l’explique l’association pour la Sauvegarde de la ferme des Bouillons dans une lettre ouverte adressée à Laurent Fabius, président de la COP21 à venir et élu de Seine-Maritime : « Comment pourrions-nous justifier à l’opinion publique française qu’échappe à [la] société civile pacifiquement organisée, le fruit de trente-deux mois de travail de persuasion et de rédaction d’un projet indépendant des lobbies de l’argent, reposant sur une expertise citoyenne partagée ? (…) Quel terrible exemple pour un mouvement reposant sur la compétence collaborative et sur une jeunesse très conscientisée sur ces questions environnementales, qu’un ’coup monté’ renvoyant à la désespérance de toute action pacifiquement et patiemment construite, après un premier échec de la voie politique classique ? »

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France Bleu | Une centaine d'handicapés savoyards renvoient leurs cartes d'électeurs à François Hollande

France Bleu | Une centaine d'handicapés savoyards renvoient leurs cartes d'électeurs à François Hollande | Think outside the Box | Scoop.it

Les adhérents de l'APF de Savoie, l'association des paralysés de France, veulent montrer au président de la république leur ras-le-bol contre l'inertie des politiques. Principale raison de leur colère : les nouveaux délais accordés pour appliquer la loi accessibilité de 2005.

  

L'association des paralysés de France (APF) de Savoie passe à l'action. Une centaine d'adhérents renvoient leurs cartes d'électeurs à François Hollande. Une des principales raisons de leur colère, les nouveaux délais accordés pour l'accessibilité des lieux publics, commerces, restaurants et moyens de transport. De 3 à 9 ans supplémentaires, alors que la loi de 2005 devait initialement être appliquée cette année.

La colère de José Goncalves, adhérent de l'APF de Savoie, qui vit en fauteuil roulant   
 

"Vous supporteriez de galérer tous les jours ?!"

José Goncalves, qui vit en fauteuil roulant

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Le revenu de base (1/3) : les fondements

Le revenu de base (1/3) : les fondements | Think outside the Box | Scoop.it

Le revenu de base, une condition nécessaire aux sociétés modernes ?

  

450 euros par mois pour tous, sans condition. Une utopie pour certains, un projet de société pour d'autres. Qu'on l'appelle le revenu de base ou le revenu universel, l'idée reste la même : tout le monde devrait bénéficier d'un minimum de ressources pour vivre dignement.

  

A l'origine rien ne pouvait laisser présager que l'idée réunirait libéraux et socialistes. Pourtant c'est bien la spécificité du revenu de base : il séduit tous les camps politiques, à quelques exceptions près. Réunis dans plusieurs associations, à l'échelle française, européenne et mondiale, des individus œuvrent activement à la réalisation du revenu de base, persuadés qu'avec lui, une nouvelle société est possible.

Si le concept a de quoi séduire, c'est qu'il porte en lui le rêve d'une société plus juste, qui parviendrait à éradiquer la pauvreté. Un problème de fond, pour des pays riches où la misère a toujours sa place à côté de l'opulence. L'idée du revenu de base ne date pas d'hier. Depuis le 18ème siècle, plusieurs courants et personnalités s'en sont emparés, alors même que des différences de fond les opposaient.

La convergence de mouvements opposés

Le spectre des défenseurs du revenu de base est en effet très large : difficile, voire impossible, de répertorier l'ensemble des penseurs qui se sont ralliés au mouvement ou qui y ont été associés.

Parmi eux, on retrouve le pamphlétaire britannique Thomas Paine, qui apparaît comme le premier penseur du revenu de base. En 1795, il publie "La Justice Agraire", dans lequel il plaide pour une indemnité liée à la pauvreté. A cette époque, l'auteur explique que la réforme agricole subie par les paysans anglais (la politique d'enclosure, qui vise à privatiser les terrains cultivables) conduit à l'appauvrissement des citoyens.

Selon Thomas Paine, cette dépossession doit être compensée par une allocation versée par l'Etat. Invoquant le principe d'un "patrimoine naturel commun", le penseur s'oppose à l'appropriation des terres par une minorité, expliquant qu'une inégalité devant la propriété reviendrait à nuire aux libertés individuelles.

Le pamphlétaire proposait donc de "créer un fonds national pour payer à tous les individus qui auront atteint l'âge de 21 ans, la somme de 15 livres sterling, à titre d'indemnité du droit naturel, dont le système des propriétés territoriales les a dépouillés."

Favorable à cette idée, le gouvernement anglais finira par mettre en place au début du 19ème siècle le Speenhamland Act, qui reprend le principe d'allocations aux paysans pauvres. Les idées de Paine sont donc prises au sérieux, mais elles ne suffiront pas à endiguer l'exode massif des populations vers les villes, à l'aube de la révolution industrielle.

Une réaction à l'industrialisation

Le concept est aussi, d'une certaine façon, au coeur du socialisme du XIXème siècle qui cherche à libérer l'individu de l'aliénation du travail. En bénéficiant d'une ressource minimum sans condition, les citoyens pourraient, potentiellement, gagner en autonomie et en pouvoir de négociation face à leurs employeurs. Cette réflexion sur le travail et le bien-être individuel, on la retrouve aussi chez le philosophe André Gorz, qui dénonce un nouveau marché du travail déficient :

"La distribution des moyens de paiement devra correspondre au volume de richesses socialement produites, et non au volume de travail fourni" défendait le philosophe.

Déroulant sa pensée sur le fil du 20ème siècle, le penseur prédit dans ses différents ouvrages que le temps passé à travailler diminuera inéluctablement pour l'ensemble de la population, notamment avec l'automatisation et la spécialisation des tâches. André Gorz considère alors que le plein emploi ne reviendra jamais et que les sociétés doivent transformer leurs fondements pour s'adapter au nouveau marché du travail. Une position qui irrigue d'ailleurs une partie des revendications de mai 1968.

Un concept né avec le chômage

Pour certains, le revenu de base serait donc une question de droit primaire. Une sorte de condition nécessaire à la survie des individus dans une société où l'emploi ne parvient plus à sortir les personnes de la pauvreté.

"Je ne pense pas qu'il faille tuer les gens qui ne trouvent pas de boulot, il s'agit d'un droit de survie. On ne va pas les laisser crever de faim, encore moins dans un pays riche comme le nôtre", avance l'économiste défenseur du revenu de base Marc de Basquiat.

Le revenu de base, une condition nécessaire aux sociétés modernes ? Plusieurs économistes libéraux s'accordent en tous cas pour le dire. Milton Friedman, chef de file du courant monétariste, a ainsi consacré en 1962 un chapitre de son ouvrage "Capitalism & Freedom" à l'impôt négatif. Il y suggère qu'une somme fixe devrait être versée à tous les citoyens pour réduire la pauvreté. Pour le financer, il propose une simplification extrême du système fiscal, avec la fin de l'impôt sur le revenu au profit d'un impôt universel dont la somme serait fixe pour tout le monde, afin d'éviter les effets de seuil.

Concrètement, cela reviendrait à accepter qu'une personne fortunée soit autant aidée qu'une personne dans le besoin. Une nouvelle approche de la solidarité, donc, qui ne plaît pas forcément à la gauche qui dénonce l'individualisme et l'injustice d'une telle mesure. Du côté des libéraux la critique est parfois toute aussi ferme : Juan Ramon Rallo, économiste espagnol auteur de "Contra la renta basica" suggère que le principe est tout simplement illégal :

"Toute obligation inconditionnelle de transférer une part de ses revenus gagnés est une atteinte à la liberté humaine. Car c'est sous la contrainte qu'il faut ensuite servir les intérêts d'autrui."

Et aujourd'hui ?

Philippe Van Parijs, ardent promoteur du revenu de base, semble le plus à même de faire la synthèse des différents mouvements qui le compose. S'il est difficile de l'associer à un mouvement en particulier, c'est parce que l'intellectuel prend soin de ne jamais paraître trop radical lorsqu'il évoque son sujet de prédilection : la justice sociale.

Irriguée en partie par des théories marxistes, Van Parijs propose une nouvelle conception de la société, basée sur l'opposition entre chômeurs et travailleurs. Fondateur de l'association internationale "BIEN" (Basic Income Earth Network) en 1986, il est actuellement docteur en économie à l'université de Louvain en Belgique, lorsqu'il ne répond pas aux médias pour promouvoir son mouvement.

Mais le discours pour le revenu de base est complexe, à tel point qu'il est bien souvent inaudible pour le grand public. En prise avec des considérations philosophiques aussi bien que pragmatiques, le concept souffre d'élitisme. Mais il est aussi très contesté, notamment sur le plan pratique.

Retrouvez notre prochain volet, samedi 8 août, sur les applications concrètes du revenu de base (ajouter lien volet n°2 après publication).

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De nos jours les chances pour qu’un dromadaire sonne à votre porte sont extrêmement rares...

De nos jours les chances pour qu’un dromadaire sonne à votre porte sont extrêmement rares... | Think outside the Box | Scoop.it



Si vous voyez un dromadaire sonner à la porte de votre appartement, ce n’est pas un mirage, juste un dromadaire qui s’est trompé d’étage. De nos jours les chances qu’un dromadaire sonne à votre porte sont extrêmement rares, et quand cela arrive vous avez quand même du mal à y croire, c’est normal.

Vous vous demandez pourquoi vous, vous vous dîtes que vous avez mal vu, que l’on est en train de vous faire une blague, que ce n’est pas vraiment un dromadaire, qu’il ne s’est pas vraiment trompé d’étage.

Une fois remis du choc, c’est gros un dromadaire, surtout quand on ne s’y attend pas, vous vous dîtes : Pourquoi pas ? Les dromadaires existent, c’est incontestable, et il faut bien qu’ils habitent quelque part, alors pourquoi pas un étage plus bas ?

  

Le principe:

Vous êtes intéressé et le faites savoir par mail

Vous accueillez le spectacle chez vous, en lecture spectacle, avec vos amis, environ quinze personnes, pour une représentation lors de la tournée 2016 en France. Chacun spectateur donne ce qu’il veut à la fin.

La date de la soirée est à fixer avec vous en fonction de vos possibilités et des impératifs géographiques de la tournée.

Vous recevez un exemplaire dédicacé du texte et êtes inscrit sur le livre d’or de la tournée des amis du dromadaire.

Les premières lecture sont prévues par l’auteur mais si vous le souhaitez, vous pouvez vous proposer ou proposer l’un ou l’une de vos amis pour lui donner la réplique, ce qui sera accepté avec joie.

Si vous pouvez aider le dromadaire à trouver un endroit où passer la nuit pas trop loin de chez vous, c’est bien aussi.

  

À bientôt!


Jacques Le Bris's insight:

« L’homme qui voyait des dromadaires » chez vous en 2016?
C’est possible!

« L’homme qui voyait des dromadaires » sera en tournée en France en 2016.. si vous êtes intéressé par le recevoir chez vous, dans votre appartement ou votre maison, pour une représentation avec vos amis et connaissance.

 

Signalez vous vite et je vous donne tous les détails

francois.vinsot @ gmail.com

Et aussi…textes courts, nouvelles, premiers chapitres, feuilletons, extraits de romans et de pièces de théâtre et même une bande dessinée en chantier…tout sous le même toit!

https://francoisvinsot.wordpress.com/

Bonne visite et à bientôt

L’homme qui voyait des dromadaires.

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L'astuce miracle du gouvernement pour faire passer l'accord PS-PRG aux régionales

L'astuce miracle du gouvernement pour faire passer l'accord PS-PRG aux régionales | Think outside the Box | Scoop.it

Manuel Valls, Damien Alary et Jean-Michel Baylet 


C'est l'histoire d'un accord électoral qui fait des mécontents au plan local et qui aura donc d'étonnantes conséquences au plan national. On vous refait le film de cette ubuesque "loi Alary" (nom officieux), qui va créer ex nihilo un poste de "numéro 1 bis" dans chaque nouvelle région, pour ménager les ambitions d'un baron du PS en Languedoc-Roussillon.

C'est un peu long à expliquer, alors installez-vous confortablement.

# Petite cuisine électorale

À l'origine, était un accord électoral entre le Parti socialiste et le Parti radical de gauche en vue des régionales de décembre. Ne pouvant se passer de son dernier allié, le PS a fait de grosses concessions au parti de Jean-Michel Baylet en ce qui concerne la future région Midi-Pyrénées - Languedoc Roussillon. Outre l'augmentation discutable du nombre de postes dévolus au PRG en cas de (probable) victoire de la gauche, il y a l'épineuse question de la direction de cette grande région.

Le poste de présidente incomberait à la socialiste Carole Delga, ex-secrétaire d'État. Celui de vice-présidente est promis à Sylvia Pinel (PRG), ministre du Logement. Mais cette répartition des tâches fait un malheureux : Damien Alary, l'actuel président (PS) de la région Languedoc-Roussillon. Avec la fusion des deux régions et le deal conclu entre les deux partis, Damien Alary se retrouverait... sans rien.

Inacceptable pour lui. Il a donc réussi un joli coup de lobbying auprès de Solférino et de Matignon et obtenu la création d'un poste de "président délégué", en réalité un "président bis", au-dessus du poste de numéro 2.

# Solution miracle

Comme le rapportait le blog Midi-Pyrénées Politiques de France 3 le 29 juillet, comme en faisait état Le JDD le 2 août et comme le confirme Le Canard Enchaîné ce 5 août, tout ce petit monde a en effet trouvé LA solution à cet embrouillamini socialo-radical.

Pour satisfaire Damien Alary, ce tout nouveau poste lui sera donc attribué. Mais il est impossible de le faire pour la seule région Midi-Pyrénées - Languedoc Roussillon. La toute fraîche réforme territoriale, qui modifie l'organisation des territoires et fait passer le nombre de régions de 22 à 13, sera donc modifiée. Et le poste de "président délégué" sera créé pour chacune des nouvelles régions.

Une tambouille partisane qui porte la marque du gouvernement. Le 29 juillet, France 3 écrivait : "Le président du Languedoc a eu longuement Manuel Valls au téléphone. Matignon travaillerait à cette option." Dans le Midi-Libre, Damien Alaryannonçait (lien payant) : "Un texte de loi sera voté au Parlement [...], Valls l'annoncera dans les prochains jours à mes côtés". Le Canard Enchaîné assure de son côté que "Damien Alary a réclamé à ses camarades hauts placés à Paris une honnête compensation" et qu'il "a convaincu Manuel Valls de modifier" la réforme territoriale.

D'après Le Canard, le texte a été "évoqué lors du dernier conseil des ministres", le 31 juillet. Son vote serait prévu à l'automne par le biais d'un "cavalier législatif".

# Polémique

Évidemment, cet "accord dans l'accord" ne va pas sans provoquer quelques remous. Auprès du JDD, le candidat écolo Gérard Onesta s'étranglait : "Il crée un poste et une loi pour lui. C'est hallucinant." Philippe Saurel, ex-socialiste exclu pour dissidence et lui aussi candidat aux régionales, ajoutait : "C'est la bonne petite cuisine au beurre de Solferino. C'est ce type d'attitude qui fait monter le FN."

Mercredi 5 août, c'est Dominique Reynié, tête de liste LR-UDI, qui se fend d'une tribune dans le Figarovox. Il écrit :

C'est bien au terme d'obscures négociations parisiennes que le PS a dû céder au Parti radical une vice-présidence initialement promise à Damien Alary, lequel s'est donc trouvé écarté de la distribution des postes. Pour le consoler, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, tout le Gouvernement, jusqu'au Premier ministre, et le Chef de l'État n'ont pas hésité à créer un poste: 'Président Délégué'.

[...] Le gouvernement et les majorités socialistes régionales viennent donc de décider la fusion de deux régions pour laisser la place à un seul Conseil régional… dirigé par deux présidents !

Et de sortir sa calculette pour dénoncer le coût de cette petite manoeuvre :



Si l'on prend comme base de calcul la présidence actuelle de Midi-Pyrénées, celle de Martin Malvy, malgré l'absence de transparence sur l'organisation du cabinet, on compte au moins 32 membres salariés. Sur la base du salaire médian de la fonction publique territoriale, autour de 2900€ bruts chargés, en intégrant l'indemnité du président, 66 145,56 € bruts annuel, on obtient un total situé autour de 1,2 million d'euros par an. Multiplié par le nombre futur de régions (16) et par la durée du mandat (6 ans), on atteint donc 114 millions d'euros.

Il annonce enfin, bravache : "Je m'engage d'ores et déjà à refuser d'attribuer le poste de 'président délégué' [en cas de victoire]. J'installerai à la place, sur mon bureau, un pot de fleurs en tissu acheté sur mes deniers personnels, un pot aux roses bien sûr."

[Edit 17h55]

Chez Les Républicains, Éric Ciotti et Valérie Debord ont réagi à cette information, le premier dénonçant un "scandale" coûteux qui vise à "satisfaire une magouille entre le PS et le PRG", la seconde en s'indignant que François Hollande "achète [ses] pseudos alliés PRG" :




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Rafale : New Delhi renonce au contrat du siècle MMRCA

Rafale : New Delhi renonce au contrat du siècle MMRCA | Think outside the Box | Scoop.it

L'appel d'offre MMRCA (Medium Multi Role Combat Aircraft) a été officiellement cassé par New Delhi



Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, le ministère de la Défense indien a annoncé que l'appel d'offre portant sur la vente de 126 avions de combat "a été annulé".

  

L'appel d'offre MMRCA (Medium Multi Role Combat Aircraft) a été officiellement cassé par New Delhi. Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, le ministère de la Défense indien a annoncé que l'appel d'offre (Request for proposal-RFP) portant sur la vente de 126 avions de combat "a été annulé". Ce qui n'est pas réellement une surprise. Cet appel d'offre était en discussions depuis trois ans avec Dassault Aviation pour la vente de 126 Rafale, dont 106 devaient être fabriqués localement par Hindustan Aeronautics Limitel (HAL), était en sursis depuis l'annonce surprise faite à Paris par le Premier ministre indien, Narendra Modi, de l'achat de 36 Rafale "prêts à voler". Une décision qui a été justifiée par l'urgence des besoins opérationnels de l'armée de l'air indienne (IAF).

Le ministère de la Défense indien a également précisé que dans le cadre de cet appel d'offre le Rafale avait "respecté toutes les caractéristiques de performance stipulées par le RFP pendant l'évaluation conduite par l'armée de l'air indienne".

Sur l'achat des 36 Rafale, le ministère a confirmé que les réunions entre les équipes de négociations indienne et française avaient commencé. Sans préciser quand. Les Indiens veulent que le Rafale, équipé de ses systèmes et de son armement, soit "livré dans la même configuration qui avait été testée et approuvée par l'armée de l'air indienne et avec une responsabilité de la maintenance de l'appareil plus longue assurée par la France", selon le communiqué du ministère de la Défense indien. Et de rappeler que New Delhi veut acquérir ces appareils "aussi vite que possible" dans le cadre d'un accord de gré à gré avec le gouvernement français (Inter-Governmental Agreement-IGA).

  

L'accord surprise annoncé en avril par Modi

En visite à Paris en avril, le Premier ministre indien annonçait que La France et l'Inde avaient conclu un accord visant à acheter au plus vite 36 Rafale, soit deux escadrons."J'ai demandé au président (François Hollande) la fourniture de 36 Rafale prêts à voler à l'Inde", avait indiqué Narendra Modi lors d'une conférence de presse commune avec le chef de l'Etat français. Le Premier ministre, qui s'exprimait en hindi, avait souligné que les termes et conditions du contrat n'étaient pas finalisés. "Nos fonctionnaires vont discuter de ces aspects plus en détail et poursuivre les négociations", avait-t-il précisé, selon la traduction de son intervention.

Déjà il subsistait un doute sur la poursuite de l'appel d'offre MMRCA à l'issue de la visite de Narendra Modi. Mais fin mai, le ministre de la Défense, Manohar Parrikar, avait levé une partie des doutes en expliquant que l'Inde n'achèterait "pas d'autres"(Rafale, ndlr), et se contenterait de "seulement 36" avions de combat tricolore car il est "beaucoup trop cher". Les précédents projets gouvernementaux indiens d'acquérir 126 Rafale de Dassault Aviation se sont révélés "économiquement non viables, et pas nécessaires" pour ce pays, avait-il ajouté.

L'acquisition de 36 appareils ne suffira cependant pas à satisfaire les besoins de l'Inde, qui doit faire face à des tensions frontalières avec la Chine et le Pakistan, avait estimé les analystes. Et ce d'autant que l'Inde a perdu 20 appareils en trois ans, selon les chiffres fournis par le ministère de la Défense indien : 12  MiG, 3 Sukhoi et 5 Jaguar.

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