Think outside the Box
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The sooner we change our paradigm and our lives will be better
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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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Un big-bang politique s'impose de toute urgence : lettre à François Hollande

Un big-bang politique s'impose de toute urgence : lettre à François Hollande | Think outside the Box | Scoop.it

J'ai adressé un courrier à François Hollande, Président de la République, hier matin, mardi 26 juillet. Hasard de l'actualité. Un nouvel attentat barbare de l'État islamique était en train d'avoir lieu à Saint-Etienne-du-Rouvray, ciblant une église. Le prêtre a été égorgé. J'ai entendu les propos du Président de la République, François Hollande, hier au soir, prôner l'union nationale. J'ose espérer qu'on ne tournera pas autour du pot. Je ne voudrais pas que l'on se retranche derrière l'État de droit car, rien ne nous empêche, d'avoir des ripostes plus fortes et plus fermes. C'est le sens du courrier que je lui ai adressé. Comme je lui propose, un big-bang politique s'impose de toute urgence. C'est aussi ce qu'attendent impatiemment les Français devant cette menace omniprésente dans la vie quotidienne.

 

Monsieur le Président de la République, Cher François,

 

J’ai écouté attentivement vos interventions lors du soutien que vous avez exprimé en direction des familles des victimes de l’attentat de Nice et plus largement au peuple niçois.

C’est en ma qualité de communiste et républicain que je me permets de réagir car je considère que l’heure est grave.

Dans votre discours, vous avez appelé la France « à faire bloc », en leur assurant que « l'exécutif ne céderait pas face à une guerre que le terrorisme nous livre ».

Cet appel ne sera entendu que si vous affichez votre détermination et votre fermeté pour lutter contre le terrorisme. Les Français veulent avoir la certitude que le gouvernement met tout en œuvre pour les protéger.

Jusqu’à ce jour, le peuple a fait preuve d’une infinie patience, d’un remarquable sang-froid face à la barbarie et aux violences quotidiennes qui traversent notre pays. Mais jusqu’à quand cette patience va-t-elle durer ?

Notre démocratie est en danger. Le délitement de la société que l’on a tous constaté, contient des germes de guerre civile. Il ne faut pas non plus exclure un séisme d’une ampleur inconnue que la crise politique et sociale peut provoquer.

 

Un big-bang politique s’impose de toute urgence. C’est une initiative inédite qui vous appartient et dont vous pouvez avoir l’autorité. Elle doit être solide et durable sur cinq ans sur la question du terrorisme, avec la mise en commun d’un diagnostic partagé et l’apport de réponses politiques prépondérantes. Vous avez d’ailleurs franchi un premier pas lorsque vous avez remercié la gauche comme la droite d’avoir voté le prolongement de l’état d’urgence. Notre pays vit une terrible épreuve. C’est peut-être l’occasion pour vous, Président de la République, de réunir, sans a priori, toutes les forces politiques républicaines. Un geste fort qui permettrait de créer une réelle dynamique. Car un diagnostic vital de la situation de notre pays est obligatoire.

Gauche comme droite doivent nécessairement changer leur logiciel et sortir de leur condition partisane tellement surannée et rejetée par la majorité des électeurs. Il ne faut pas que se reproduise le spectacle minable qu’une partie de la droite nous a servi au lendemain de l’attaque terroriste de Nice, tellement obnubilée par les élections de 2017. Le Parti socialiste avait eu des agissements analogues lors des attentats de Montauban et de Toulouse en 2012.

Les Français, durement éprouvés, en ont plus qu’assez de la vie politique telle qu’elle fonctionne dans notre pays. Le moment est donc venu d’ébranler nos certitudes, nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.

Nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population et dans nos villes. Le terreau sur lequel les terroristes islamistes nourrissent leur violence est lié aux trafics de drogue, d’armes et à la misère endémique.

Je l’affirme haut et fort : Oui la France est gangrenée par l’islamisme. Depuis les années 1990, nous savons où se loge la radicalisation qui s’est développée et n’a cessé de se renforcer. C’est dans les banlieues que les idéologies islamistes et salafistes se sont implantées. Cette période a connu l’arrivée en masse, d’anciens islamistes algériens du Front islamiste de salut, mais également celle du Groupe islamiste armé (GIA), époque où ils ont quitté l’Algérie en pleine guerre civile (Nice et ses environs sont apparus comme des destinations géographiques évidentes). Personne dans le Rhône, n’a oublié Khaled Kelkal, membre du GIA, impliqué dans plusieurs attentats meurtriers au cours de l’été 1995 dont celui du métro Saint-Michel – huit morts et 117 blessés.

A partir de cette période, une véritable idéologie de rupture et de haine de la France s’est développée, pourrissant la tête de nos gamins et la vie de nos quartiers. Elle s’est insinuée tel un virus idéologique, communautariste, antisémite, complotiste, anti France et anti-blanc, diffusant en continu sa haine de la France. En 2004, j’ai fait expulser de France, l’imam Bouziane de Vénissieux, l’un des responsables salafistes au plan national. Rappelons-nous les trois semaines d’émeute en novembre 2005, sous influence des islamistes. Leur cible prioritaire : brûler des voitures et frapper les symboles de la République. 800 communes touchées. Des milliers de voitures incendiées et des centaines de symboles de la République visés.

Reconnaissons-le honnêtement : Oui, il y a des territoires perdus de la République.

Quand les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques, le constat est clair : le quartier n’est plus black, blanc beur, c’est le communautarisme qui prédomine et la loi de la charia qui devient la norme dans l’espace public. Certes avec effroi, nous observons que ceux qui applaudissent les crimes et la barbarie à Charlie Hebdo, l’hyper casher et Nice, ont pour héros Kelkal ou Mérah.

 

Certains de nos adolescents ne se considèrent pas comme étant français. Ils sont d’abord et avant tout musulmans. Ils l’affirment avec arrogance et nous distillent les discours préformatés et victimaires qui leur ont été inoculés. Ce sont les mêmes qui contestent violemment les cours d’histoire, de biologie ou de sciences naturelles. Dans de nombreux territoires de notre pays, sévissent enfermement et endoctrinement qui révèlent la dimension prégnante de l’islam politique. Cette emprise idéologique, culturelle et spirituelle est une entrave à l’intégration républicaine. Elle est toujours sous-estimée, voire ignorée et pèse lourdement sur la communauté musulmane.

C’est cette chape de plomb idéologique qu’il faut faire sauter car elle nourrit l’amalgame. Avec l’islam instrumentalisé, sont mises en avant des revendications ethno-religieuses portées par des jeunes radicalisés, en voie de délinquance, qui deviennent la proie des salafistes.

Monsieur le Président, nous ne pouvons plus tourner autour du pot quoi qu’il en coûte à notre confort personnel, intellectuel et politique avant que la société n’explose.

Renforçons les mesures sécuritaires et militaires. Faisons-le sans état d’âme.

Sortons de l’emprise de ceux qui opposent sécurité et liberté et de cet angélisme culpabilisant. Refusons sans ambages les postures désarmantes encore vivaces à gauche, relayées par des médias et des intellectuels, au nom de la culture de la tolérance et du doute, et condamnons les discours gauchistes anti-flics et anti-Etat qui écœurent les classes populaires, dégoûtées par ce catéchisme moral et anti-raciste.

Là-aussi, monsieur le Président de la République, le gouvernement ne doit pas transiger. Je pense quenous devons nous diriger vers une concorde nationale.

Droite et gauche doivent s’unir face à cet impératif : assumer le diagnostic commun en définissant l’ennemi intérieur. C’est la seule manière de lutter contre la barbarie de l’idéologie islamiste. C’est ce qu’attend le peuple de France. De l’audace, du courage politique et de la fermeté.
J’ai quelques propositions à vous soumettre :

  • Dans l’immédiat, le retour renforcé de l’autorité régalienne de l’Etat et la remise en cause du laxisme pénal. La hausse massive des budgets régaliens et de sécurité est prioritaire dès maintenant. Nous devons apprendre à vivre avec le risque terroriste pour renforcer la cohésion nationale.
  • Lorsque j’étais député, j’avais déposé le 11 mai 2005, la proposition de loi n° 2316 relative à la création d’un service civique national obligatoire, mixte, dès l’âge de 16 ans. C’est peut-être une idée à reprendre afin de renouer avec l’esprit du service militaire de conscription, en finir avec les cloisonnements et la ghettoïsation, recréer la cohésion autour de la Nation et faire revivre l’esprit patriotique.
  • La loi contre le port du voile intégral doit être appliquée. Il ne faut plus tergiverser sur ce sujet. Cela nécessite de véritables moyens dans les commissariats de police concernés mais aussi, d’impliquer directement les responsables du culte musulman dans leur coresponsabilité vis-à-vis de la loi républicaine.
  • Mettre hors d’état de nuire les terroristes potentiels, revoir la question des frontières nationales. Elles sont à réhabiliter en terme de protection. Par ailleurs, il y a obligation de retrouver la maîtrise des flux migratoires. 

J’ai la conviction qu’il nous faut franchir une étape sans précédent pour rétablir l’ordre républicain et redonner à l’État, son autorité et sa légitimité. Voyons ce qui se passe depuis le 14 juillet, voitures brûlées, caillassage, guet-apens, et ces jours-ci dans l’Oise, à Beaumont-sur-Oise et dans les environs. Pour moi il n’y a pas de hasard, tout se tient.

Cette réalité enkystée dans la société depuis plusieurs décennies, entretient ce que j’ai coutume d’appeler une gangrène où tous les oiseaux de malheur, trafiquants et salafistes en profitent pour pourrir la vie et la République. Il faut en finir avec cette banalisation et appliquer la tolérance zéro. Cela va des incivilités, aux actes criminels, en passant par le non-respect de la loi, dans tous les lieux et pour tous les domaines.

Voilà, monsieur le Président de la République, cher François, ce que je souhaitais vous exprimer suite à votre appel.

Dites aux Français que vous avez confiance en eux, comme chef de guerre contre le terrorisme islamiste.

Dites à nos concitoyens musulmans qu’ils doivent se mobiliser autour d’un islam spirituel compatible avec la République et contre ceux qui instrumentalisent leur foi, en dénonçant les intégristes, les idéologies salafistes et les frères musulmans.

Affirmez votre détermination et votre fermeté. C’est un appel à la mobilisation de tous, de tous les instants afin de créer un grand mouvement populaire et citoyen pour un sursaut républicain et un réveil civique.

Car nous avons tous mal à la France.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Cher François, l’expression de ma haute considération.

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Cazeneuve : la sécurité des Français attendra, priorité à mon honneur ! 

Cazeneuve : la sécurité des Français attendra, priorité à mon honneur !  | Think outside the Box | Scoop.it

Suite au carnage monstrueux de Nice perpétré le 14 juillet par un disciple d’Allah, la polémique sur la sécurité nous a valu cette déclaration de Cazeneuve sur France 2 :

« La campagne acharnée qui est menée contre moi est une campagne dont je sortirai renforcé car c’est une campagne de vilenies, de calomnies face à laquelle je rendrai coup pour coup. Je n’accepterai pas qu’on continue à mettre en cause mon honneur et ma dignité de ministre de l’Intérieur. »

Cazeneuve a tombé le masque, irrémédiablement. Avec quelle fatuité et quelle suffisance !

Ce Cazeneuve vient donc de nous montrer qu’il est plus préoccupé de sa petite personne devant l’opinion que de sa responsabilité de ministre de l’intérieur devant les Français.

Il n’accepte en effet ni critiques ni responsabilités dans la gestion de sa charge, comme dans son absence de réponses circonstanciées face à la répétition des agressions criminelles de l’idéologie mahométane de conquête. Où là, il devrait effectivement rendre coup pour coup.

Cazeneuve vient ainsi de nous confirmer s’il en était encore besoin, que sa fonction est plus centrée sur la recherche du vote musulman pour 2017 en faveur de son camp politique.

Que sur la sécurité des Français, qui attendra.

Il faut rappeler quelques déclarations de Cazeneuve qui le prédisposent à sa collaboration avec l’idéologie islamique :

http://ripostelaique.com/en-periode-de-guerre-cazeneuve-se-comporte-en-agent-de-lislam-dehors.html

cazeneuve-et-le-djihad

 

CazeneuveRacineschrétiennes

Et depuis qu’il est en charge, particulièrement depuis Charlie Hebdo, puis les trop nombreuses attaques islamistes qui se sont succédées, qu’a-t-il fait pour lutter contre ce terrorisme mahométan, à part des déclarations lénifiantes et inappropriées ?

Les Français attendent toujours la mise en place de mesures susceptibles de réduire les risques d’attentats islamistes notamment :

– la fermeture des frontières à l’immigration incontrôlée,

– l’interdiction du retour sur le territoire des individus partis faire le djihad,

– l’expulsion et la déchéance de nationalité des binationaux condamnés ou fiché S et de leurs familles,

– la fermeture des mosquées islamistes et l’expulsion des imams prêcheurs de haine.

Et quand à l’Assemblée Nationale, un député de l’opposition interpelle Cazeneuve sur son incurie, Valls s’en fout !

 

Valls s’en fout d’autant plus qu’il a fait retoquer par le groupe des députés socialistes et ses affidés, des amendements à la loi d’urgence visant à la fermeture des mosquées islamistes !

http://ripostelaique.com/deputes-traitres-a-nation-sopposent-a-fermeture-mosquees-islamistes.html

Alors que va nous dire Cazeneuve, qui a stigmatisé les racines chrétiennes nauséeuses de la France, face au premier égorgement d’un prêtre dans une église de Seine maritime par des soldats de l’islam de conquête : « Pas d’amalgames », « C’est pas ça l’islam »?

Va-t-on encore avoir droit à toutes les désinformations, tous les mensonges et dénis mis en boucle par la clique gouvernementale et sa police de la pensée, journaleux et islamo-collabos de tous bords pour éviter de nommer le problème existentiel que pose l’islam à nos valeurs démocratiques ?

Car c’est ça l’islam, c’est le coran littéral qui ne renferme aucun doute, et qui impose le djihad à ses disciples et l’égorgement des mécréants !

L’État doit enfin contraindre, une bonne fois pour toutes, les instances dites représentatives de l’islam à faire allégeance à nos valeurs, et ses disciples à se soumettre à nos lois.

Il ne peut y avoir d’alternative. C’est soumission ou expulsion.

En attendant que les instances onusiennes mettent enfin le coran et son totalitarisme mahométan au banc des accusés. Peut-on l’espérer ?

Pour la paix du monde et celle des musulmans qui ne veulent plus ou qui n’en peuvent plus de vivre contraints par cette idéologie mortifère et totalitaire.

Alain Lussay

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La reine Rania de Jordanie: 'Les musulmans modérés du monde entier en font trop peu pour stopper l'EI' 

La reine Rania de Jordanie: 'Les musulmans modérés du monde entier en font trop peu pour stopper l'EI'  | Think outside the Box | Scoop.it

Les musulmans modérés n’en font pas assez pour lutter contre les djihadistes de l’État islamique et leur idéologie “diabolique”, a déclaré la Reine Rania de Jordanie, à l’ouverture de l’université d’été du Medef, le syndicat des patrons français. La reine était l’invitée d’honneur de cette conférence qui se tient à Jouy-en-Josas, près de Paris.

 

“Nous sommes confrontés à une période de grand danger. Daech, le soi-disant Etat islamique, continue de propager son idéologie diabolique, et modifie la perception locale de notre région. Les musulmans modérés du monde n’en font pas assez pour gagner la lutte idéologique au coeur de cette bataille. Nous n’aidons pas activement Daech, mais nous ne les stoppons pas non plus. Nous ne pourrons pas nous confronter à eux tant que nous ne nous mettrons pas d’accord en tant que musulmans sur ce que nous voulons défendre.”, a dit la reine.

Le discours de la Reine Rania a été accueilli avec un tonnerre d’applaudissements. Elle a indiqué qu’un quart des jeunes étaient au chômage dans la région, mais qu’au cours de la période 2005-2011, le nombre de start-ups avait été multiplié par 8.

Elle a exhorté les hommes d’affaires à investir au Moyen-Orient:

“Ma région a plus que besoin de votre amitié. (…) Les jeunes qui veulent réussir montrent que c’est souvent dans les endroits les plus sombres du monde que l’on remarque les plus belles étoiles”.

Nos jeunes ont besoin de possibilités de formation, d’opportunités d’emploi et aussi d’un peu de chance …  que quelqu’un croit en eux. Si nous ne créons pas 100 millions d’emplois d’ici 2020 dans la région, les jeunes à s’orienteront dans la mauvaise direction”, a poursuivi Rania de Jordanie.

“L’échec n’est pas une option, car si nous échouons face à ces extrémistes, la région sera rapidement dévastée”, a-t-elle conclu.

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Quand les services tiraient la sonnette d’alarme… 

Quand les services tiraient la sonnette d’alarme…  | Think outside the Box | Scoop.it

Aveuglement. Les signaux étaient au rouge depuis plusieurs mois. À deux reprises, les services de renseignements français ont tenté d’ouvrir les yeux du gouvernement pour lui faire changer sa stratégie face au terrorisme. En vain.

« Nous avons affaire à des gens rompus à la clandestinité et qui connaissent parfaitement nos moyens d’action […]Les cibles sont multiples et les terroristes frappent là où cela leur est le plus facile […] Il va falloir trouver le moyen de garantir les libertés tout en assurant la sécurité ; reste à savoir quel prix nous sommes prêts à payer. » Le compte rendu de l’audition, qui s’est tenue à huis clos, le 24 mai, dernier au Palais- Bourbon, du directeur de la Sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, fait froid dans le dos. Et prend une tout autre dimension après l’attentat de Nice. Pour de nombreux spécialistes, la meurtrière attaque au camion de la promenade des Anglais, qui a fait 84 victimes, était prévisible.

C’est en tout cas ce qu’ont affirmé avec force les différents services de renseignements français, qui, depuis plusieurs mois, ne cachaient plus leurs inquiétudes face à de potentielles nouvelles tueries. Interrogé dans le cadre de la commission d’enquête relative aux moyens mis en oeuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis les attentats de janvier 2015, Patrick Calvar l’affirme : « Je suis persuadé qu’ils [les terroristes, NDLR] passeront au stade des véhicules piégés et des engins explosifs et ainsi qu’ils monteront en puissance. » Des terribles prédictions, qui ne s’arrêtent pas là et vont même encore plus loin : « Ils vont finir par projeter des commandos dont la mission consistera à organiser des campagnes terroristes. » Autant de prévisions effrayantes et des affirmations en forme de signal d’alarme pour les autorités : « Nous savons très bien qu’ils vont recourir à ces modes opératoires : ils ont bien vu les effets provoqués par une opération massive […] dès qu’ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts. » Ces différentes méthodes pour commettre un attentat rappellent l’avertissement principal du chef de la DGSI : la France a été, et est toujours, la cible numéro un des islamistes. « Il ne faut absolument pas céder. Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme », expliquait-il alors, avant de prononcer cette phrase tristement prémonitoire : « Je suis, en revanche, beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l’entraîne. »

 

Mais le 24 mai était déjà le second avertissement. Quelques jours plus tôt, le 10 mai, alors auditionné par la commission de la défense nationale et des forces armées, Patrick Calvar, affirmant que « Dae’ch dispose d’individus capables de passer à l’action », alerte : « Nous savons que Dae’ch planifie de nouvelles attaques […] et que la France est clairement visée. Dae’ch se trouve dans une situation qui l’amènera à essayer de frapper le plus rapidement possible et le plus fort possible : l’organisation rencontre des difficultés militaires sur le terrain et va donc vouloir faire diversion et se venger des frappes de la coalition. » Autant de propos sans ambiguïté qui auraient dû faire réagir jusqu’au plus haut sommet de l’État. Et pourtant, rien ou presque n’a été fait. Alors même que des attaques en région étaient redoutées : « La ruralité est aussi concernée [par la radicalisation, NDLR] : en tout et pour tout, quatre- vingt-onze départements français le sont. » Toujours lors de l’audition du 10 mai, il avance : « Si les attentats de novembre dernier ont été perpétrés par des kamikazes et par des gens armés de kalachnikov […], nous risquons d’être confrontés à une nouvelle forme d’attaque : une campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’action étant multiplié pour créer un climat de panique. » Ce constat alarmant est également partagé par le président de la commission d’enquête sur les attentats survenus après Charlie Hebdo, Georges Fenech. L’ancien magistrat, député (LR) du Rhône, a mené plus de deux cents heures d’auditions et 190 entretiens pour tenter de comprendre les tueries de 2015 et comment en éviter d’autres. Le parlementaire ne cache pas sa colère face à la tuerie de masse qui s’est produite à Nice : « Cette attaque ne m’a pas surpris. Extrêmement choqué, oui, mais pas surpris. Menée depuis six mois maintenant, notre commission d’enquête a révélé que les risques d’attaques dans les grandes villes de province étaient très forts », confie Georges Fenech à Valeurs actuelles (lire notre entretien cicontre). La commission d’enquête avait alors, avant l’attaque de Nice, alerté sur le fait que des attentats avec des véhicules piégés pouvaient avoir lieu. Et pourtant… Lorsqu’il plaide pour la création d’une Agence nationale du renseignement, afin de mieux coordonner les différents services pour une meilleure analyse en temps réel des risques terroristes sur notre territoire, la réponse du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est à peine croyable tant elle est méprisante. Alors auditionné, le ministre s’est moqué ouvertement du parlementaire : créer cette Agence reviendrait, selon Cazeneuve, à « transformer le millefeuille que vous regrettez en plum-pudding [dessert traditionnel anglais, NDLR] » ! Une réponse sous forme de raillerie qui n’a guère surpris le président de la commission. Le ministre de l’Intérieur, nerveux et crispé tout au long de ses différentes auditions, n’a cessé d’enchaîner les propos provocateurs et les passes d’armes avec Georges Fenech.

Mais les alertes, qu’un gouvernement aveugle et sourd n’a pas entendues, vont encore plus loin. Désormais, DGSE et DGSI sont préoccupées par un phénomène qui risquerait de mettre la France à genoux, une fois de plus. L’État islamique perdant beaucoup de terrain grâce aux frappes aériennes de la coalition, la menace se concentre désormais sur les ressortissants français ayant fait allégeance à l’État islamique (ils seraient environ 2000, selon les chiffres des différents services de renseignements français) qui rentrent en France, dont parmi eux… 400 mineurs. « Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le tiers restant étant composé d’enfants nés sur place et qui ont donc moins de 4 ans », explique le patron de la DGSI, qui craint de « réels problèmes de sécurité, car ces enfants sont entraînés, instrumentalisés par Dae’ch ». Un retour, également très redouté, qui pose de nombreuses questions juridiques : quelle nationalité auront ces enfants, nés dans le “territoire” de l’État islami que ? Et que faire des “vétérans”, de retour dans notre pays ? Là encore, la DGSI pose la question et met en garde le gouvernement. « Nous aurons à nous occuper des vétérans », lâche Patrick Calvar, qui estime qu’« il ne faudra pas perdre de vue que parmi les futurs vétérans, il y aura des terroristes très aguerris, mais aussi des gens relevant d’ores et déjà de la psychiatrie et dont nous ne savons pas ce qu’ils vont devenir ».

 

L’alerte lancée par les services de renseignements n’est pas nouvelle. Mais d’autres pays avaient également prévenu la France, comme la Belgique, également très touchée par le fondamentalisme islamique. Les services belges avaient rédigé une note confidentielle, le 15 juin dernier, au contenu explicite : « Des combattants auraient quitté la Syrie, il y a environ une semaine et demie, afin de rejoindre l’Europe […] Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l’un pour la Belgique, l’autre pour la France, afin d’aller commettre des attentats par groupes de deux. Selon les renseignements recueillis, ces personnes seraient déjà en possession de l’armement nécessaire et leur action serait imminente. »

Tout comme le département d’État américain — l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères —, qui a récemment émis une note d’alerte, quelques semaines avant le drame de Nice, à destination de tous ses ressortissants… contre le risque d’attentat imminent en Europe, et plus particulièrement en France : « Le grand nombre de touristes qui visitent l’Europe au cours des mois d’été offre plus de cibles aux terroristes ayant l’intention de commettre des attentats dans les lieux publics, en particulier lors de grands rassemblements », explique la note.

Au sommet de l’État, le message est simple : toute critique de l’action gouvernementale est vécue comme de l’indécence. Brandissant la menace populiste et jouant sur l’émotion, Manuel Valls n’a pas hésité, dimanche dernier, à déclarer que « la réponse à l’État islamique ne peut pas être la “trumpisation” des esprits ». Dans un communiqué de presse commun, le duo Valls-Cazeneuve insiste en affirmant qu’« aucun gouvernement n’a fait autant jusqu’à présent pour lutter contre le terrorisme ». Depuis les attentats du mois de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo, le terrorisme islamique a fait plus de 230 victimes françaises. Peut-être serait-il (grand) temps d’entendre les cris d’alerte de ceux qui, tragiquement, prêchent encore dans le désert.

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"Sortez de vos postures !" Lettre ouverte d’un policier en colère aux politiques

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Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012 peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers ?

 

Nous fûmes Charlie, Bataclan, Magnanville. Nous sommes Nice… Et demain ? Je suis tristement écœuré de lire, d’entendre toutes ces stupidités et surtout de constater toute cette démagogie de celles et ceux supposés être ou avoir été nos représentants politiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012;

Comment ces politiciens qui ont passé sous les fourches caudines, durant le même quinquennat, les crédits de fonctionnement de la police nationale;

Comment ces technocrates qui ont réduit à néant l’efficacité des renseignements généraux en décidant la création de deux entités de police en charge du renseignement;

Comment ces femmes et ces hommes politiques qui ont tout tenté pour réduire la capacité opérationnelle des CRS;

 

LES RESPONSABLES POLITIQUES ONT ÉTÉ LES FOSSOYEURS DE LA POLICE NATIONALE

Comment ces personnes ayant droit d’expression constant dans nos médias peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers, que l’armement de mes collègues est insuffisant, que l’absence de forces mobiles le 14 juillet à Nice est inacceptable, que notre sécurité publique, mission régalienne de la police et de la gendarmerie devrait être confiée à des militaires équipés de lance-roquettes ?

Alors qu’ils ont été les fossoyeurs de la police nationale, supprimant postes, budgets, écoles et commissariats de police. Ceci est scandaleux !

Je me dois de rappeler que ce sont nos collègues, Gradés, Gardiens de la Paix et ADS du commissariat de Nice qui, au péril de leur vie, ont su mettre fin à la tuerie de masse, n'en déplaise à certains "démagos".

Comment peuvent-ils s’exprimer ainsi aujourd’hui, alors que notre pays est en deuil ?

OUI, les policiers sont exténués et écœurés, dès lors que la tension terroriste tend à se calmer, d’être confrontés à une méritocratie impulsée par la politique du chiffre initiée par ces mêmes hommes politiques.

OUI, nous manquons encore cruellement d’effectifs sur le terrain et ce, malgré un effort significatif bien qu’encore insuffisant eu égard à la menace qui pèse sur notre pays et à la charge de travail supportée par tous mes collègues.

OUI, nous méritons plus de reconnaissance.

OUI, nous voulons que les violences et les insultes à notre encontre cessent et que ceux qui les profèrent soient enfin punis à hauteur des faits reprochés. OUI !

Mesdames et Messieurs les "démagos politicos", entende, mais surtout, écoutez la gronde des bleus de la police nationale.

Vous savez, celles et ceux qui exercent le noble métier de "Gardien de la Paix", qui assurent au quotidien la sécurité de nos concitoyens car ils aiment leur métier par-dessus tout.

Ils vous expliqueront ce que veut dire solidarité, comme cela fut le cas encore à Nice le 14 juillet quand mes collègues, en repos, s’équipèrent pour venir d’initiative apporter leur aide et leur professionnalisme aux équipages engagés sur le terrain et confrontés à l’horreur.

Celles et ceux qui vous expliqueront qu’être policier aujourd’hui, cela veut dire encore plus d’heures de travail et encore moins de vie de famille.

Celles et ceux qui vous expliqueront comment on peut atteindre un stock de 20 millions d’heures supplémentaires pour servir son pays, notre République.

 

SORTEZ DE VOS POSTURES ÉLECTORALISTES CAR L’HEURE EST GRAVE

Il suffit maintenant !

Élus "démagos" et "populistes", sortez de vos postures électoralistes et venez œuvrer à l’amélioration de notre sécurité intérieure car l’heure est grave, très grave. Nos concitoyens attendent autre chose que cela en pareil moment. Les chantiers sont nombreux et trop de rigueur administrative entrave l’aboutissement de ce qui doit nous permettre d’améliorer notre sécurité intérieure.

Quand allons-nous enfin ouvrir le chantier d’une seule direction générale du ministère de l’Intérieur englobant Police et Gendarmerie, permettant d’avoir une seule entité globale de sécurité d’essence civile ? Cette DGMI devra se décliner au niveau le plus proche de la territorialisation afin de pouvoir en temps réel adapter sa capacité opérationnelle à agir.

Quand allons-nous revoir la répartition de la charge de travail entre les CRS et les gendarmes mobiles? La répartition des forces mobiles doit être revue sans délai et surtout sans clivage, la définition des priorités doit être repensée. Pour une sécurité au service de tous.

Quand allons-nous imposer à l’administration de la fonction publique que le métier de fonctionnaire de police ne peut être considéré comme les autres métiers placés sous son autorité ?

Quand allons-nous enfin obliger ces mêmes autorités de tutelle à faciliter l’accès au métier de gardien de la paix pour mes collègues adjoints de sécurité ayant courageusement servi notre pays pendant 6 années ? Une France qui vit des scènes de guerre, des policiers exténués mais toujours aussi volontaires et déterminés qui méritent autre chose que ces déclarations de caniveau.

La solidarité s’impose également pour que, sans clivage, nous puissions enfin créer un véritable service du renseignement pénitentiaire.

La solidarité s’impose pour que la redéfinition des missions de la police nationale puisse enfin voir le jour.

La solidarité s’impose pour que mes collègues des services judiciaires cessent de crouler sous des stocks de procédures de plus en plus alourdies.

LA SÉCURITÉ N’A PAS D’ÉTIQUETTE POLITIQUEQue ces quelques lignes du syndicaliste policier que je suis, puisse vous permettre de réfléchir à la véritable amélioration de la sécurité intérieure pour nos concitoyens, aux véritables enjeux pour notre pays. Il s’agit là d’une urgence vitale.

Mesdames et messieurs les responsables politiques, la France, pays des droits de l’homme, ne peut vaciller face au terrorisme.

Plus que jamais, nous devons être unis et solidaires pour faire face à cette menace qui concerne chacun d’entre nous en tout point du territoire.

La sécurité n’a pas d’étiquette politique, elle est l’affaire de tous, et de chacun.

Les policiers attendent encore plus de protection et de reconnaissance, plus de soutien, pour protéger tous leurs concitoyens.

Soyez assurés qu’ils le feront avec force, alors de grâce, soyez à la hauteur de leurs attentes. Pour notre pays, pour la France, cette belle démocratie. Parole de flic !

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Vers l’ubérisation du terrorisme ?

Vers l’ubérisation du terrorisme ? | Think outside the Box | Scoop.it

L’actuelle période troublée que nous traversons est propice à toutes les inflations langagières et autres surenchères sémantiques. En ce domaine, Manuel Valls n’a pas son pareil. « Guerre civile », « guerre » tout court, « état d’urgence », en attendant « l’état de siège » et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Hollande ?

Au cœur de ce débat qui n’en est d’ailleurs pas un : le « terrorisme », auquel il faut « faire la guerre », une « guerre totale », dixit l’énervé de Matignon. Traditionnellement, la violence légitime – peine de mort incluse – est monopole d’État. Idem pour la violence illégitime – le terrorisme d’État, donc. Ce dernier peut être franc et direct (opérations de déstabilisation conjointes entre CIA et KGB, opposant blocs de l’Est et de l’Ouest) ou de manière détournée : le Mossad israélien était prompt à aider l’OAS, tandis que la CIA américaine ne fut jamais la dernière à filer quelques discrets coups de main au FLN.

Ce terrorisme institutionnel, l’Europe l’a longtemps affronté. Il y eut l’OLP palestinienne, les Brigades rouges italiennes, l’IRA irlandaise, la Fraction armée rouge d’Andreas Baader, la plus française Action directe et même Carlos – pas le chanteur, mais l’énervé argentin. Le dernier de cette lignée de « princes » du terrorisme ? Oussama ben Laden qui, lui au moins, avait des revendications claires : obliger l’armée américaine à quitter ses bases installées dans le sanctuaire mecquois. Et une organisation digne de ce nom, Al-Qaïda, laquelle n’existe plus depuis 2006, sachant qu’aucune officine de ce type ne peut tenir longtemps si elle a tous les services secrets de la planète sur le râble.

De la même façon, la campagne d’attentats ayant frappé la France dans les années 80 du siècle dernier était parfaitement identifiable et identifiée. L’Iran était à la manœuvre tandis que l’État syrien assurait la sous-traitance. Paris avait arnaqué Téhéran sur le dossier nucléaire – déjà ! –, empiétait sur le pré carré syro-iranien du Liban. Mais, à l’époque, il était encore possible de temporiser la situation, de faire libérer nos otages beyrouthins, d’arranger le tout à l’amiable, malgré quelques victimes collatérales, dans les deux camps, précisons ; ce, grâce aux services secrets français, forts de la bonne connaissance du terrain.

Mais aujourd’hui ? À l’instar d’une économie globalisée, le terrorisme lui aussi se mondialise. Al-Qaïda avait franchisé la chose, façon Benetton ; d’où ses épigones maliens et maghrébins. Avec l’État islamique, c’est l’ubérisation de la profession. Chacun peut être son propre terroriste. Tout près au coin de la rue, comme ces supérettes tentant de coloniser nos centres-villes.

Mais là, il n’y a plus personne au bout du fil ; un peu comme chez Orange, lorsque vous pleurez pour avoir un être humain dans le turlu, naviguant entre touches étoile et dièse. Ainsi le moindre dingue peut-il sortir de l’anonymat, histoire de se faire une célébrité planétaire. Tenez, celui de Nice… En Amérique, il se serait contenté de buter quelques dizaines d’étudiants sur un campus ou de faire un carton lors de la première du dernier Batman, film certes mauvais – la peine de mort n’aurait pas été de trop pour son réalisateur et son scénariste –, mais de là à démastiquer l’assistance entière… Qui sait leurs noms ?

Celui de Nice, se proclamant d’un État islamique ne revendiquant ce triste bazar que de loin, aura donc le sien gravé sur le trottoir, façon Hollywood Boulevard.

Ce monde est définitivement le sien. Fortuitement, il est aussi le nôtre.

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20 choses qui disparaîtront d’ici 50 ans

20 choses qui disparaîtront d’ici 50 ans | Think outside the Box | Scoop.it
Vous souvenez-vous des cassettes VHS, du walkman, du fax et de la disquette? Ceux qui sont nés après l’an 2000 ne sauraient absolument pas quoi faire de ces objets aujourd’hui désuets. Des choses que nous utilisons encore régulièrement pourraient elles aussi disparaître dans les prochaines années. Voici 20 trucs qui ne passeront certainement pas le cap de 2066.
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José Manuel Barroso, l’anti-européen

José Manuel Barroso, l’anti-européen | Think outside the Box | Scoop.it
Editorial L’Europe n’avait pas besoin de cela. Que le peuple britannique décide, par référendum et dans un climat de totale libertépolitique, de quitter l’Union européenne (UE), c’est son droit le plus strict. Cette décision porte un mauvais coup à l’UE, ainsi privée d’un pays qui est la deuxième économie européenne derrière l’Allemagne, qui a un siège au Conseil de sécurité de l’ONU et un appareil militaire et diplomatique de réputation mondiale.

On peut le regretter, nous l’avons fait. Mais le coup est loyal, démocratique. Par parenthèse, il devrait faire taire tous ceux qui, sans toujours se donner la peine de regarder comment fonctionne Bruxelles, dénoncent dans l’UE une machine quasi totalitaire. Elle ne l’est pas. C’est une association d’Etats libre et volontaire, au champ de compétences bien défini : il n’y a pas ou peu d’équivalent dans l’Histoire.

 

Mais que José Manuel Barroso, ancien président de la Commission – l’organe chargé de faire appliquer les décisions communes prises par les gouvernements des pays membres –, ne trouve rien de mieux, quelques semaines après le Brexit, que de rejoindre les rangs de Goldman Sachs, voilà qui porte à l’UE un deuxième coup. Et celui-là est bas, indigne, et va nourrir un peu plus un discours anti-européen qui relève trop souvent de la théorie du complot.

Goldman Sachs est l’une de ces banques d’affaires américaines, pilier de Wall Street, qui incarne la crise financière de 2008 – des millions d’emplois perdus et l’explosion des dettes publiques aux Etats-Unis et en Europe. Elle s’est notamment distinguée en aidant la Grèce à présenter des comptes truqués pour rester dans l’euro. A tort ou à raison, elle est devenue le symbole d’une époque de collusion entre intérêts publics et privés.

Lire aussi :   L’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso recruté par Goldman Sachs

Ancien premier ministre du Portugal (2002-2004), M. Barroso a présidé la Commission de 2004 à 2014 – adoubé par tous les chefs d’Etat et de gouvernement européens de l’époque, redoutant qu’une personnalité d’envergure à Bruxelles puisse leur faire de l’ombre. Il ne faut pas oublier cela : le patron de la Commission n’est à ce poste que parce que les dirigeants des pays membres, élus démocratiquement, en ont décidé ainsi.

 

Ils ont choisi M. Barroso, qui, dépourvu du moindre charisme, a épousé toutes les balivernes libérales les plus simplistes de l’époque. On se souvient du marché qui s’autorégulait, de la mondialisation qui ne pouvait êtrequ’heureuse, de l’austérité budgétaire qui était bonne pour la ligne, etc. De la crise de 2008, il n’a rien vu venir. Il a présidé la Commission sans originalité, sans susciter la moindre idée qui eût été susceptible derenouveler l’idéal européen.

Son « pantouflage » chez Goldman Sachs est « légal ». Mais, outre qu’il peut tout de même s’apparenter à un conflit d’intérêts, il installe la pire image qui soit pour l’Europe : celle d’une relation incestueuse entre pouvoirpolitique et finance privée. Que M. Barroso ait accepté de contribuer ainsi au discours des mouvements protestataires anti-européens d’ultra-droite, ceux-là mêmes qui menacent le caractère démocratique du continent, est révoltant. C’est un geste anti-européen, aux répercussions terribles dans l’opinion.

La Commission doit condamner cette nomination et changer ses règles : interdiction à vie à un ancien de ses membres d’aller « pantoufler » dans un domaine qu’il a réglementé. Il en va de l’image de l’UE, enfin de ce qu’il en reste.



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Une Saal habitude

Une Saal habitude | Think outside the Box | Scoop.it

Sur le net circule depuis quelques temps une étrange pétition. Elle est le fruit de l'exaspération de grands esprits de la Culture. Des gens de bien(s) qui se révoltent. Contre quoi ? Contre qui ? Le terrorisme ? Le sort fait aux migrants coincés à Calais (1) ? La déchéance de nationalité ? Voire la démission de la "gauchiste" Taubira ? Rien de tout cela. Ils ne pétitionnent même plus contre le risque d'incendie dans le Lubéron malgré le nombre de piscines au mètre carré... C'est dire si leur révolte est d'importance et la coupe pleine !

Ces hommes et ces femmes se mobilisent pour sauver le soldat Saal. Souvenez-vous, Agnès Saal, cette ancienne présidente de l'Ina débarquée parce qu'elle avait dépensé 40 000 euros en moins d'un an en frais de taxi (et plus de 38 000 euros lorsqu'elle était directrice du centre George Pompidou).

Après avoir été condamnée à deux ans de suspension de la fonction publique, (dont six mois ferme sans traitement, soit 18 mois de congés payés tout de même...) (2), la dame trouve un soutien inespéré par le truchement d'une pétition en ligne lancée par Alain Bonhomme, inspecteur général des affaires culturelles honoraire et déjà signée par 97 anonymes (le courage se perd...).

Que demandent-ils ces braves ? Rien de moins que la réintégration de la dame. Selon eux, elle aurait été une victime expiatoire afin de payer pour les "errements de la haute administration". Que veulent-ils dire par là ? Qu'elle était celle qui dépensait le moins en taxi ?

Que ces bonnes âmes se mobilisent pour une collègue, après tout pourquoi pas. Qu'ils mettent en avant "son savoir-faire et ses qualités humaines", on peut le comprendre surtout si c'est vrai. Là où le Bât blesse, c'est lorsqu'ils osent dire qu'elle : "a, de toute façon, fait gagner plus d'argent à l'administration par sa politique de gestion qu'elle ne lui a coûté par ses courses de taxi".

La gestion de la dame Saal est la même que celle que mènent la plupart des grands patrons, qu'ils soient fonctionnaires ou privés : le licenciement. A peine arrivée, la dame de fer avait viré tout l'ancien staff sans ménagement pour mettre ses copains à la place. Puis, elle s'est attaquée aux CDD et enfin aux syndicats.

Bref, au bout de quelques mois dans la place, elle avait déjà la totalité des salariés contre elle à tel point que son éviction est le fait d'une dénonciation anonyme argumentée de 68 pages de factures de taxi. La gestion des ressources humaines n'était visiblement pas son fort...

Mais ce qui nous interpelle, c'est l'absence de toute autocritique du corps des administrateurs civils du ministère de la Culture dont sont issus la dame et les pétionneurs... Le budget de ce ministère ne représente qu'une part infime des dépenses de l'Etat, mais il est celui qui est le plus contesté par de nombreux français.

Les économies imposées dans le cadre de la réduction de la dépense publique ont provoqué la disparition de très nombreux festivals, compagnies et manifestations artistiques en tout genre. Les centres culturels ont tous réduit leur programmation pour éviter la fermeture avec des centaines de licenciements à la clé. Sans parler de la télévision publique qui n'a plus les budgets nécessaires à la création.

Cette politique d'austérité est servie avec ardeur par ces hauts fonctionnairessans l'ombre d'une hésitation. Et ces gens viennent prendre la défense d'une femme qui est capable de dépenser 40 000 euros en frais de taxi au point d'oser déclarer que cette somme n'est rien en regard des économies que la dame a réalisé en bonne gardienne des deniers de l'Etat.

C'est l'esprit de caste qui vient de frapper. Enfermés dans leur petit monde à l'abri du besoin, ces gens ne mesurent pas le désastre que provoquent ce genre de déclaration. Pire qu'une faute, c'est une honte.

En savoir plus
(1) En 2003 était signé le traité du Touquet qui visait à renforcer les contrôles au départ de la France afin de juguler l'immigration clandestine en Grande-Bretagne. Mais dans les faits, cet accord a déplacé la frontière anglaise à Calais. En clair, nos douaniers sont aujourd'hui au service de l'Angleterre. Un comble pour un pays qui a refusé de ratifier les accords de Schengen. Voila pourquoi Calais est à ce point submergé par les migrants...

(2) Agnès Saal n'est pas restée longtemps sur la touche. Haut fonctionnaire du corps des administrateurs civils, elle a retrouvé son ministère d'origine, celui de la Culture. Elle occupe un poste de chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Cerise sur le gâteau, le poste a été créé juste pour elle.

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« Sans l'UE, on mangerait de la viande clonée »

« Sans l'UE, on mangerait de la viande clonée » | Think outside the Box | Scoop.it

Corinne Lepage, avocate, ex-ministre de l'Environnement, ancienne députée européenne

 

Avant d'être nommée ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé en 1995, Corinne Lepage avait déjà associé son nom et celui de son cabinet d'avocat à la défense des victimes de la marée noire de l'« Amoco Cadiz ». C'était à la fin des années 1970. Bien avant le naufrage de l'« Erika » en 1999, où elle avait de nouveau défendu les communes souillées du littoral français. Ces combats, elle les a ensuite menés de 1999 à 2014 au Parlement européen, « car c'est à Bruxelles que le droit de l'environnement se joue désormais à 80 % ». « Européenne convaincue », Corinne Lepage a eu la satisfaction d'y voir des dossiers sensibles avancer. « Sans l'UE, on mangerait aujourd'hui de la viande clonée et du poulet aux hormones, affirme l'ancienne députée européenne. Et c'est grâce à l'UE que l'on a interdit l'arrivée de la colle à viande, un agglomérat de morceaux de steaks collés entre eux. »

Les OGM ? « L'Europe bénéficie de la réglementation la plus rigoureuse du monde », dit l'avocate. La pollution de l'atmosphère ? « Alors que la loi sur l'air n'était pas appliquée dans notre pays, l'Europe a menacé la France de poursuites et de sanctions financières devant la Cour de justice européenne, ce qui nous a obligés à revoir notre législation sur les incinérateurs et à bouger sur les particules fines. » « L'Europe est comme une épée de Damoclès pour les Etats membres, car elle est très exigeante en matière écologique et sanitaire, mais cela s'est traduit depuis des années par de vrais progrès pour les consommateurs », affirme l'ancienne vice-présidente de la commission Santé-Environnement du Parlement européen.



Les nitrates, les déchets...

Entre autres exemples d'avancées notables, Corinne Lepage cite la réglementation sur les nitrates dans l'eau ou celle sur la qualité des eaux de baignade. L'Europe a aussi imposé aux Etats des règles strictes en matière de traitement des déchets, et les discussions sont enflammées à l'échelle européenne lorsqu'on évoque les perturbateurs endocriniens ou les pesticides. « L'UE est aussi à l'origine du règlement Reach, qui a permis une évaluation de l'impact des produits chimiques et obligé les producteurs à fournir la preuve de leur non-toxicité, détaille l'ancienne ministre de l'Environnement. Sans l'Europe, chacun ferait sa législation dans son coin, et les citoyens seraient moins bien défendus et écoutés. »

 

  Le Parisien

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Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses” | Think outside the Box | Scoop.it

Professeur de science politique à Paris 8, Yves Sintomer interroge notre système démocratique actuel, où citoyens et élus n'ont plus prise sur les décisions importantes. Et avertit : si on ne redonne pas du pouvoir au peuple, on court à la catastrophe.

(...)

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Goodbye Britain, le Brexit est une chance pour l'Europe

Goodbye Britain, le Brexit est une chance pour l'Europe | Think outside the Box | Scoop.it

La Grande-Bretagne a toujours eu un pied dedans et un pied dehors au niveau européen. Ardent défenseur d'une Europe des guichets -chacun se souvient Margaret Thatcher et de son "I want my money back"- la Grande-Bretagne s'est toujours opposée à une Europe politique et s'est toujours posée en œil de Washington au sein des institutions européennes. Son départ peut donc ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais, celles-ci sont totalement irréalistes si l'Europe n'est pas extrêmement ferme avec la Grande-Bretagne, si les institutions européennes continuent à fonctionner comme elles le font, et si un "Cœur d'Europe" ne se met pas en place.

 

La fermeté de l'Union européenne à l'égard de la Grande-Bretagne doit être extrême. Non seulement il ne peut être question que la Grande-Bretagne préside l'union au 1er janvier, mais encore son commissaire et ses députés doivent être déclarés démissionnaires d'office. Ils n'ont aucun droit à décider de quoi que ce soit concernant l'Union européenne à laquelle ils n'appartiennent plus.

Les fonctionnaires britanniques devront quitter leur poste dans les meilleurs délais et doivent immédiatement être privés de tout pouvoir de décision. Les conséquences financières doivent être tirés dans les meilleurs délais et en particulier le privilège dont jouit la City doit être supprimé. Le séisme économique et financier qui résulte du Brexit pour la Grande-Bretagne doit se réaliser, si c'est le cas, sans aucun amortissement de la part de l'union européenne. En effet, un des principaux arguments des défenseurs du BREXIT était l'avantage économique pour la Grande-Bretagne d'une sortie de l'Union. Il est indispensable que chacun puisse mesurer les conséquences de ses actes.

 

En second lieu, il serait aberrant de considérer que le tremblement de terre qui vient de se produire ne concerne que la Grande-Bretagne. Le comportement antidémocratique de la commission, sa soumission aux lobbys, son refus constant d'écouter les citoyens européens pour prendre les décisions radicalement contraires à ce qu'ils demandent, s'est payé dans les urnes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une très grande partie de l'opinion publique européenne devient eurosceptique voire europhobe en raison du comportement des dirigeants européens. Le TAFTA et le CETA sont rejetés par les Européens de manière massive. La réaction de la Commission a été de cacher la réalité du contenu des négociations, heureusement dévoilé par Greenpeace. Et, la situation est encore pire que celle que l'on pouvait imaginer.

 

Le poids des lobbys financiers, pharmaceutiques, chimiques, agro-semenciers, pétroliers, automobiles a conduit depuis des mois à des décisions radicalement opposées aux intérêts sanitaires, environnementaux et économiques des Européens. La politique d'austérité, sur laquelle même le FMI revient aujourd'hui, a été imposée en potion amère, au nom d'un ultralibéralisme auquel la Grande-Bretagne n'est évidemment pas étrangère. Le changement de politique doit être immédiat et drastique, avec une reconnaissance des erreurs commises, et de nouvelles décisions fortes et symboliques très rapides. Il est indispensable que tous les peuples européens comprennent qu'à travers le vote britannique, c'est leur protestation qui a bien été entendue.

 

Enfin, il nous faut un projet européen simple à comprendre. Revenons aux fondamentaux. L'Union européenne a été constituée pour garantir la paix et la sécurité en Europe. A l'heure du terrorisme et des menaces géopolitiques d'une part, de la mondialisation d'autre part, ce double impératif conduit à rendre le projet européen indispensable pour tous les Européens... à la condition qu'il s'agisse effectivement d'un impératif. Or, la sécurité est globale car elle va de l'intégrité physique au sens le plus classique du terme à la sécurité climatique, économique ou sanitaire. Cela conduit donc à une Europe politique aujourd'hui impossible à 27.

 

C'est la raison pour laquelle les propositions que j'avais faites en 2014 autour de la notion de cœur d'Europe prennent tout leur intérêt. Admettons une Europe à plusieurs vitesses, en réalité à trois vitesses. Cœur d'Europe se construit à partir des six pays fondateurs et de ceux qui souhaitent une construire une Europe politique intégrée. Le second cercle est celui de l'euro qui doit se doter d'institutions démocratiques et travailler sur une Europe intégrée sur le plan économique. Enfin le troisième cercle est celui du grand marché européen. Cette Europe à plusieurs vitesses doit dans tous les cas de figure sortir d'une logique de guichet, être ferme sur ses valeurs ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et répondre aux grands défis que sont l'immigration, le changement climatique accéléré, l'atonie économique, le retard digital sur les États-Unis...

 

Tout ceci passe par la remise en cause indispensable par les dirigeants européens d'eux-mêmes et de leur comportement. Ils sont aujourd'hui devant l'Histoire, responsables du succès ou de l'échec du plus beau projet politique que le monde ait connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

 

Corinne Lepage Devenez fan

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

 

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Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner

Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner | Think outside the Box | Scoop.it

Je dois avouer que j'aime bien Hillary Clinton. Je crois qu'elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j'ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd'hui pour éviter qu'un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu'Hillary Clinton va nous entraîner dans d'autres aventures militaires, car elle est un «faucon» perché à droite d'Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c'est y répondre.

 

Chers amis, chères amies,

Je suis désolé d'être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l'été dernier lorsque j'ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j'ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l'élection du mois de novembre.

Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. Le président Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il faudra bien vous y habituer au cours des quatre prochaines années: "PRÉSIDENT TRUMP!"

Jamais de toute ma vie n'ai-je autant voulu me tromper.

Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant: "Non Mike, ça n'arrivera pas!". Malheureusement, vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n'éliront pas cet idiot de Trump. Vous alternez entre la consternation et la tentation de tourner au ridicule son plus récent commentaire, lorsque ce n'est pas son attitude narcissique.

Par la suite, vous écoutez Hillary et envisagez la possibilité que nous ayons pour la première fois une femme à la présidence. Une personne respectée à travers le monde, qui aime les enfants et poursuivra les politiques entreprises par Obama. Après tout, n'est-ce pas ce que nous voulons? La même chose pour quatre ans de plus?

Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité. Vous aurez beau vous consoler avec des statistiques (77 % de l'électorat est composé de femmes, de personnes de couleur et d'adultes de moins de 35 ans, et Trump ne remportera la majorité d'aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouffon qui va à l'encontre de leurs propres intérêts), ça ne restera qu'un moyen de vous protéger d'un traumatisme. C'est comme lorsque vous entendez un bruit d'arme à feu et pensez qu'un pneu a éclaté ou que quelqu'un joue avec des pétards. Ce comportement me rappelle aussi les premières manchettes publiées le 11 septembre, annonçant qu'un petit avion a heurté accidentellement le World Trade Center.

"Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera."
 
 

Nous avons besoin de nouvelles encourageantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu'il est pénible de survivre d'un chèque de paie à l'autre, et parce que notre quota de mauvaises nouvelles est atteint. C'est la raison pour laquelle notre état mental passe au neutre lorsqu'une nouvelle menace fait son apparition.

C'est la raison pour laquelle les personnes renversées par un camion à Nice ont passé les dernières secondes de leur vie à tenter d'alerter son conducteur: "Attention, il y a des gens sur le trottoir!"

Eh bien, mes amis, la situation n'a rien d'un accident. Si vous croyez encore qu'Hillary Clinton va vaincre Trump avec des faits et des arguments logiques, c'est que vous avez complètement manqué la dernière année, durant laquelle 16 candidats républicains ont utilisé cette méthode (et plusieurs autres méthodes moins civilisées) dans 56 élections primaires sans réussir à arrêter le mastodonte. Le même scénario est en voie de se répéter l'automne prochain. La seule manière de trouver une solution à ce problème est d'admettre qu'il existe en premier lieu.

Comprenez-moi bien, j'entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont changé pour le mieux. La gauche a remporté les grandes batailles culturelles. Les gais et lesbiennes peuvent se marier. La majorité des Américains expriment un point de vue libéral dans presque tous les sondages. Les femmes méritent l'égalité salariale? Positif. L'avortement doit être permis? Positif. Il faut des lois environnementales plus sévères? Positif. Un meilleur contrôle des armes à feu? Positif. Légaliser la marijuana? Positif. Le socialiste qui a remporté l'investiture démocrate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre société s'est profondément transformée. À mon avis, il n'y a aucun doute qu'Hillary remporterait l'élection haut la main si les jeunes pouvaient voter avec leur console X-box ou Playstation.

Hélas, ce n'est pas comme ça que notre système fonctionne. Les gens doivent quitter leur domicile et faire la file pour voter. S'ils habitent dans un quartier pauvre à dominante noire ou hispanique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empêcher de déposer leur bulletin dans l'urne. Avec pour résultat que le taux de participation dépasse rarement 50 % dans la plupart des élections. Tout le problème est là. Au mois de novembre, qui pourra compter sur les électeurs les plus motivés et inspirés? Qui pourra compter sur des sympathisants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s'assurer que tous les Tom, Dick et Harry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté? Vous connaissez déjà la réponse. Ne vous méprenez pas: aucune campagne publicitaire en faveur d'Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télévisé et aucune défection des électeurs libertariens ne pourra arrêter le train en marche.

 

Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :

1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c'est-à-dire le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l'élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu'un candidat démocrate (1,19 million).

Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu'il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d'extravagances et de déclarations à l'emporte-pièce? C'est sans doute parce qu'il a affirmé (avec raison) qu'Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l'ALÉNA. Trump ne manquera pas d'exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.

Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d'imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu'en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l'Ohio John Kasich.

L'arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l'équivalent du centre de l'Angleterre. Ce paysage déprimant d'usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l'ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.

Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l'heure de la revanche a sonné. L'outsider va faire un grand ménage! Vous n'avez pas besoin de l'aimer ni d'être d'accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager!

Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l'élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s'étendent de l'Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n'en a même pas besoin.

"Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable."
 
 

2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère

Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu'était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne!

Cette incursion dans l'esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette "féminazie" qui - comme le disait si bien Trump - "saigne des yeux et de partout où elle peut saigner" a réussi à s'imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu'une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c'est assez!

 

3. Hillary est un problème en elle-même

Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j'aime bien Hillary Clinton. Je crois qu'elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j'ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd'hui pour éviter qu'un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu'Hillary Clinton va nous entraîner dans d'autres aventures militaires, car elle est un "faucon" perché à droite d'Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe? Poser la question, c'est y répondre.

Cela dit, notre plus grand problème n'est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c'est-à-dire l'art de raconter n'importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C'est injuste, dans la mesure où Hillary et d'autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d'aujourd'hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n'aiment pas Hillary.

Pas une journée ne passe sans que des milléniaux me disent qu'ils ne l'appuieront pas. Je conviens qu'aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l'idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l'élection d'Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l'élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d'un net avantage à cet effet.

"Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras."
 
 

4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders

Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d'Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n'est pas là. Si une alarme doit sonner, c'est à cause du "vote déprimé". En d'autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l'effort d'aller voter ne fera pas l'effort de convaincre cinq autres personnes d'en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n'expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.

Les jeunes n'ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l'équivalent d'utiliser MySpace et d'avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.

Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu'un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de sa capacité à s'aliéner les jeunes.

 

5. L'effet Jesse Ventura

Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu'ils se retrouvent seuls dans l'isoloir. Dans notre société, l'isoloir est l'un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d'enfants, d'épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.

Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C'est pour cette raison que des millions d'Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu'ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu'ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota? Le Minnesota est l'un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l'humour assez particulier. Ils n'ont pas élu Jesse Ventura parce qu'ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l'ont fait parce qu'ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d'un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.

Un homme m'a interpellé la semaine dernière, lorsque je rentrais à l'hôtel après avoir participé à une émission spéciale de Bill Maher diffusée sur HBO à l'occasion de la convention républicaine: "Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bouger les choses!" C'était là l'essentiel de sa réflexion.
Faire bouger les choses. Le président Trump sera l'homme de la situation, et une grande partie de l'électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.

La semaine prochaine, je vous parlerai du talon d'Achille de Donald Trump et des stratégies que nous pouvons employer pour lui faire perdre l'élection.

Cordialement,

Michael Moore

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Lettre ouverte aux Français, ou comment neutraliser la terreur par un continuum moral, psychique et physique

Lettre ouverte aux Français, ou comment neutraliser la terreur par un continuum moral, psychique et physique | Think outside the Box | Scoop.it

Je vous adresse cette lettre ouverte bien que je ne sois pas Français. Cependant ma famille et moi-même respectons profondément les valeurs de votre nation. Mes enfants sont scolarisés dans des écoles françaises en Australie, à Melbourne, et ma femme a une maîtrise de littérature française. Nous avons commémoré le 19 juillet en Australie le centenaire de la bataille de Fromelles, vous savez que les Australiens se sont toujours tenus aux côtés des Français pour défendre les valeurs de respect d'autrui et de tolérance au fondement de votre société -la vraie religion de votre pays. Bien que nous soyons séparés par la distance géographique, nous sommes liés par notre volonté de comprendre la façon de penser de notre ennemi et son aptitude à transformer nos forces en faiblesses, enjeu du combat post-moderne qui se déroule actuellement sur la scène internationale.

 

Une nouvelle génération de guerre asymétrique

L'attaque de Nice est un exemple de la capacité d'adaptation, d'improvisation et de synthèse des terroristes dans la mouvance du djihadisme salafiste, dans cette nouvelle génération de guerre asymétrique. La date même à laquelle s'est produite l'attaque exploite un moment de faiblesse. Or, exploiter la faiblesse de son ennemi dans le contexte d'un environnement conflictuel et concurrentiel participe de ces techniques de guerre asymétrique. Il ne s'agissait pas tant de choisir un soir de feu d'artifice que d'inscrire l'événement au moment où la France se dirigeait vers la sortie de l'état d'urgence. Ils savaient pertinemment que la France commençait à relâcher sa vigilance le jour de la fête nationale, symbole de la liberté.

 

L'objectif est de détruire la confiance que nous avons dans nos propres systèmes de valeurs

L'une des enseignantes de mon fils, professeure d'histoire et citoyenne française, se demande maintenant ce qui ne va pas en France. Elle commence à éprouver un état d'entropie porté à son plus haut point et se demande si ce qui surgit à l'heure actuelle n'est pas de la faute de la France. Non! C'est exactement ce qu'ils veulent que vous pensiez. Nous avons affaire désormais à un nouveau paradigme guerrier où il s'agit d'éviter d'affronter nos forces armées pour au contraire nous attaquer de l'intérieur; l'objectif est de détruire la confiance que nous avons dans nos propres systèmes de valeurs. La France ne serait plus la France si elle restreignait les libertés. Et même si la France restreignait les libertés, croit-on que les terroristes cesseraient pour autant de passer à l'action? Ce cancer moderne de notre société ne doit pas remettre en question le contrat social tel que l'avait envisagé Rousseau.

 

Le terrorisme "à monter soi-même", une stratégie mondiale

Le caractère civil de l'attentat, en termes de victimes et par les méthodes employées, est moralement et psychologiquement extrêmement perturbateur, il est source d'entropie pour la société, pour les organismes de sécurité et pour la réflexion sur le renforcement des lois. Cette version du terrorisme "à monter soi-même" qui se répand aujourd'hui fait partie d'une stratégie mondiale. À peine avons-nous saisi la nature et démantelé les réseaux responsables d'un attentat que de nouveaux terroristes se sont déjà improvisés, qu'ils se sont déjà adaptés, qu'ils ont évolué afin d'organiser une nouvelle attaque localisée dont les répercutions seront mondiales. Parce que les touristes venaient de différents pays, le bilan des victimes s'inscrit lui aussi dans la perspective de la mondialisation. William Lind, dans son article publié en 1989, Le visage changeant de la guerre: à l'intérieur de la guerre de quatrième génération, avait pressenti et décrit cette guerre asymétrique livrée à l'intérieur de notre système civil et social. Il n'y a pas de ligne de front que l'on puisse attaquer en réponse aux attentats. La France et ses alliés internationaux doivent prendre conscience que cette forme de guerre se met en place dans un continuum moral, psychique et physique; et comme le Général McChrystal l'affirme dans Team of Teams, il s'agit d'un phénomène complexe. Par conséquent, il convient de chercher des réponses adaptées en s'éloignant de nos prévisions.

 

Pour ceux qui sont influencés par l'État Islamique, le Califat est en eux: "Nous sommes tous Oussama"

Lorsque je travaillais en Afghanistan dans des zones sous influence talibane, il m'est apparu clairement que pour un Afghan de cette région, l'importance de devenir un taliban n'était pas liée à des considérations matérielles. Même si un jeune villageois ou un moudjahidine expérimenté pouvaient perdre leur vie. Tout au contraire, devenir taliban est un état d'esprit. Détruire le territoire aux mains de l'État Islamique est important, mais parallèlement les gouvernements devraient déployer des moyens qui nous permettent de neutraliser le Califat dont l'idéologie s'instille dans l'esprit des apprentis terroristes qui vivent parmi nous. Comme l'a déclaré récemment le fils aîné d'Oussama Ben Laden: "Nous sommes tous Oussama".

Pour ceux qui sont influencés par l'État Islamique, le Califat est en eux. Nous devons cesser d'être surpris qu'un individu agisse seul, ou qu'il n'ait pas de connexion avec l'État Islamique ou Al-Qaïda. L'uberisation avait été prédite comme l'avenir du terrorisme par l'un des plus importants stratèges d'Al-Qaïda, Abou Moussab al-Souri, dans son Appel à la Résistance islamique mondiale, un guide du djihad de 1600 pages. Tout ne se passe pas en fait comme s'ils avaient gardé leurs intentions secrètes. Contrer l'extrémisme violent et mettre en place des programmes de déradicalisation en France et dans les autres pays européens sont des approches qu'il nous faut développer pour faire face à ce défi moral, idéologique et psychologique complexe.

Il faut que la France et ses alliés élaborent un discours dont la structure narrative pénètre l'imagination et les constructions psychologiques des terroristes afin de les rendre inopérantes. La France peut être à l'initiative de cette stratégie. Il faudrait aussi stigmatiser les principaux responsables comme on stigmatise les pédophiles, les auteurs de violences conjugales ou d'actes racistes; il conviendrait de mettre en place dans nos sociétés une structure sociale et un système de valeurs qui conduirait ces psychopathes influençables à penser qu'il n'y aura pas de paradis dans l'au-delà. Il n'y aura pas de vierges. Ils seront traités en parias, rejetés même de la communauté musulmane, ici et maintenant et dans l'au-delà. Il est davantage possible que l'on parvienne à neutraliser une menace qui présente des ruptures dans le continuum moral, psychologique et physique si un plan stratégique modulable est adopté.

Il est presque impossible pour les services de police et de sécurité de prévoir où aura lieu le prochain attentat. Le coût financier de ce type de vigilance n'est pas plus supportable qu'acceptable. Par ailleurs, les pays occidentaux ont tendance à traiter les problèmes complexes en leur superposant des processus complexes. Le terrorisme actuel, qui est une forme moderne de mouvement révolutionnaire, est un problème complexe, et on ne peut pas se satisfaire si on veut le réduire à néant d'un procédé d'analyse linéaire conçu pour des systèmes compliqués et prévisibles.

 

Un cadre stratégique modulable est mieux adapté aux défis complexes

Un cadre stratégique modulable est mieux adapté aux défis complexes. Il permettrait de consolider une action protéiforme fondée sur l'existence de réseaux, susceptible de mettre en œuvre des stratégies innovantes. Une telle démarche pourrait permettre de résorber les "zones grises" dans lesquelles les terroristes opèrent et de bloquer le mode opératoire psychopathe qu'ils adoptent. L'annonce faite par les pirates informatiques les Anonymes ("Anonymous") de traquer les réseaux internet de l'État Islamique en est un bon exemple. Une autre possibilité serait que les représentants officiels de l'islam déclarent depuis les Émirats Arabes Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, l'Indonésie, la Malaisie et bien évidemment la France que tous ceux qui sympathisent, soutiennent ou diffusent l'idéologie terroriste deviendraient des takfir, c'est-à-dire qu'ils seraient excommuniés. Ce défi est l'affaire de tous et certaines solutions peuvent prêter à controverse. Par exemple, qu'en est-il de ces quartiers où les terroristes naissent et nagent comme des poissons dans l'eau? Il ne peut plus y avoir de zones de non-droit. Grâce au soutien de moyens financiers, à la présence renforcée des services de sécurité et des services de renseignement, grâce au renforcement des lois, la France peut développer des stratégies adaptées à la complexité mouvante des conflits terroristes.

Il ne faut pas attendre d'une démarche stratégique modulable qu'elle prévoie les attentats, en revanche les forces de police et les services de sécurité seront mieux préparés et pourront par conséquent, en adoptant une attitude proactive, anticiper ou riposter rapidement aux attaques terroristes. Le fait est qu'il nous faut encore définir le milieu qui forgera cette façon de penser et lui permettra de s'épanouir. De surcroît, ce mouvement insurrectionnel, à l'instar des autres, reçoit le soutien de personnes qui vivent au sein de notre société, la France vient de prendre brutalement conscience de cette réalité incontournable.

Ce conflit est un conflit mondialisé qui s'appuie sur l'existence de réseaux et qui va continuer à évoluer, à s'adapter et à se régénérer. En ce moment même, un groupuscule ou un individu isolé réfléchit pour savoir comment fomenter le prochain attentat. Nous avons affaire à un ennemi qui voit dans les principes démocratiques de la France et dans les libertés une faiblesse qu'il peut exploiter, il sait que ces principes le protégeront.

Les frappes ciblées contre l'État Islamique en Syrie et en Irak ne sont qu'un aspect d'une stratégie globale. Il faut également que cette idéologie, psychopathe et contraire aux fondements de l'Islam, soit neutralisée par une série d'actions coordonnées reposant sur des techniques de guerre asymétriques qui désorientent l'ennemi, et inscrites dans une stratégie à long terme et diversifiée dont le but sera d'amener le terrorisme à s'immoler, ou à s'effondrer sur lui-même. Mais il faut, pour y parvenir, "remettre de l'ordre dans les esprits", comme l'écrivait T.E. Lawrence, ce qui suppose qu'une nouvelle génération de "résolveurs" de problèmes complexes prenne le devant de la scène. La France peut ouvrir la voie de cette nouvelle stratégie à laquelle le reste du monde se ralliera. Nous sommes prêts à l'y aider.

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Daech : inauguration d’une statue à l’effigie de George W. Bush « sans qui, rien n’aurait été possible »

Daech : inauguration d’une statue à l’effigie de George W. Bush « sans qui, rien n’aurait été possible » | Think outside the Box | Scoop.it

C’est ce qu’on pouvait lire à la une du nouveau numéro de Dabiq, le magazine de propagande de l’organisation terroriste.

Selon le récit du magazine paru ce lundi, Abou Bakr al-Baghdadi, que l’on présente comme le dirigeant « officiel » de l’organisation, était accompagné d’un groupe de fidèles mercenaires et de journalistes agréés par Daech pour cet événement qui se serait déroulé le mardi 24 novembre, dans une grande place de Raqqa, ville du centre de la Syrie reconnue comme le fief de l’organisation terroriste.

 

UN HOMMAGE AU « PÈRE » DE DAECH

L’imposant monument de pierre, haut de 13,2 mètres et œuvre du sculpteur Abou Masseta Wa Cizou, est un hommage au président américain George W. Bush, qui, en engageant les États-Unis dans une guerre contre l’Irak en mars 2003 et en provoquant la chute du régime de Saddam Hussein à l’origine de la déstabilisation de toute la région, aura été le principal acteur dans la naissance de l’enfant monstrueux qu’est aujourd’hui DAECH.

 

D’AUTRES STATUES EN COURS DE RÉALISATION

L’article de Dabiq laissait également comprendre que d’autres hommages de la sorte restaient à venir. Car si Daech a tenu à commencer par saluer le rôle des États-Unis dans sa genèse, il n’en oubliera pas pour autant de rendre hommage aux monarchies du Golfe qui représentent les premiers sponsors de l’organisation terroriste, ni de saluer le rôle particulier qu’aura joué Nicolas Sarkozy dans leur conquête du territoire libyen.
Des « héros sans qui rien n’aurait été possible », et envers qui Daech compte bien montrer sa reconnaissance, à travers d’autres monuments « en cours de réalisation ».

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Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps » | Think outside the Box | Scoop.it

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. La sociologue dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

(...)

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Royaume-Uni: Détérioration "spectaculaire" de l'économie après le Brexit

Royaume-Uni: Détérioration "spectaculaire" de l'économie après le Brexit | Think outside the Box | Scoop.it
Dans la foulée du Brexit, l'économie britannique a connu une détérioration spectaculaire, avec une chute de l'activité privée la plus forte depuis la crise financière, selon une étude très attendue.
Le cabinet Markit a publié vendredi son indice des directeurs d'achat "PMI" composite pour juillet, qui a atteint son plus bas niveau depuis avril 2009.
L'indice composite s'est affiché à 47,7 points en juillet après 52,4 en juin. Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se replie s'il est inférieur à ce seuil.
"Le mois de juillet a été marqué par une détérioration spectaculaire de l'économie, avec l'activité des entreprises chutant au rythme le plus rapide depuis le pic de la crise financière mondiale début 2009", a commenté Chris Williamson, économiste en chef chez Markit.
"Le renversement de tendance, qu'il se manifeste par des annulations de commandes, une absence de commandes nouvelles ou bien le report ou l'annulation de projets, a été généralement attribué d'une manière ou d'une autre au Brexit", a-t-il fait remarquer.
L'indice PMI pour le secteur des services, très important pour l'économie britannique, s'est notamment affiché à 47,4 points en juillet, après 52,3 points en juin, au plus bas depuis plus de 7 ans.
Les données ont été collectées entre le 12 et le 21 juillet. Il s'agit encore de données provisoires et Markit publiera ses indices définitifs début août.
Ces indicateurs de référence étaient très attendus car ils donnent une première image précise de l'état de l'économie britannique depuis le référendum du 23 juin en faveur d'une sortie de l'Union européenne (UE).
Il faudra en effet encore des semaines voire des mois pour que les effets du Brexit se traduisent dans les statistiques officielles publiées par l'Office des statistiques nationales (ONS).
- Récession en vue? -
"L'effondrement du PMI composite à son plus bas niveau depuis 2009 fournit la première preuve que le Royaume-Uni est en train d'entrer dans une période de fort ralentissement", a commenté Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.
Les économistes se demandent maintenant si le pays pourra échapper à une récession, qui se caractérise par deux trimestres consécutifs de contraction du produit intérieur brut (PIB).
Les prévisions de croissance ont en tout cas été drastiquement révisées à la baisse pour le Royaume-Uni. Le Fonds monétaire international (FMI) vient d'abaisser les siennes de 0,9 point, à 1,3%, pour l'année prochaine.
"Les effets futurs du Brexit sont exceptionnellement incertains", jugeait mardi l'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld.
La nouvelle Première ministre Theresa May a indiqué qu'elle ne souhaitait pas déclencher la sortie de l'UE avant la fin de l'année alors que son gouvernement doit encore déterminer quelles relations il souhaite établir avec les 27.
En attendant, les ménages comme les entreprises britanniques sont tentés d'opter pour la prudence et l'attentisme.
Le seul point positif réside dans l'amélioration des exportations de produits manufacturés grâce à la chute de la livre sterling face aux autres monnaies, qui rend les produits britanniques relativement mois chers à l'étranger.
Il semble aussi de plus en plus probable que la Banque d'Angleterre (BoE) viendra à la rescousse de l'économie britannique avec de nouvelles mesures de soutien en août, après avoir opté pour le statu quo en juin.
Le nouveau chancelier de l?Échiquier Philip Hammond a par ailleurs indiqué, au début d'un voyage en Chine, qu'il pourrait prendre des nouvelles mesures lors du budget rectificatif d'automne.
"Sur le moyen terme nous aurons l'occasion, avec notre discours d'automne (...) de remettre à plat la politique budgétaire si nous l'estimons nécessaire à la lumière des statistiques qui vont émerger au cours de ces prochains mois", a-t-il dit, cité par la BBC.

 

  AFP

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Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images

Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images | Think outside the Box | Scoop.it
Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images : — I Officier Judjeinire instructions Magistrat. Agissant PRIONS Monsieur responsable enregistrements entre 14juillet Effacement ‘v’.
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La France face à elle-même

La France face à elle-même | Think outside the Box | Scoop.it

Les crises font leur travail de sape sur un peuple qui a perdu toute confiance en lui, et qui se fragmente avant de s’affronter. Au-delà de la situation économique, c’est une crise identitaire que mine la France. Il devient urgent de trouver le chemin de la réconciliation. Cela passe par notre capacité à redéfinir une vision du monde et la place que nous voulons y occuper.
Voilà bientôt un demi-siècle que la France est entrée dans ce que les observateurs et commentateurs appellent « la crise ». Crise pétrolière, crise économique, crise financière, crise de la dette , crise de l’industrie , crise de l’emploi…
Pourtant à l’heure de l’explosion de l’Internet nous sentons tous de plus en plus clairement que cette crise est d’abord et avant tout un changement de modèle qui nous amène vers un Nouveau Monde : plus horizontal, moins accumulateur, moins producteur, moins gourmand et plus partageur, finalement plus usagé que client, plus collaboratif que hiérarchisé, plus fluide que mécanisé.
Qui s’en plaindra mis à part les champions du « c’était mieux avant », tous ceux qui oublient qu’avant, on mourrait plus tôt, on souffrait plus, on apprenait moins et on n’échappait pas au déterminisme social… non, définitivement non, sauf à regretter l’odeur acre d’un passé mortifère, ce n’était pas mieux avant.
La détestation des autres
Pourtant, caché derrière cette transition économique et cette révolution technologique porteuses de nouveaux horizons, un mal s’est développé dans l’ombre, un mal profond, nourri au sentiment d’injustice, au déclassement, au désenchantement, à la frustration, à la vanité et à l’envie, à l’incompréhension et finalement à la colère.
Au-delà des difficultés économiques et sociales que nous rencontrons, ce qui mine ce pays se niche finalement dans une profonde crise d’identité où les différences finissent par opposer au lieu d’enrichir, par diviser plutôt que diversifier, des différences qui hurlent sans plus jamais s’écouter.
Or, nous sommes exactement au seuil de cet instant tragique où, à force de ne plus savoir quoi faire de ses colères, un peuple se les inflige à lui-même. À force de nous échapper, à force de nous diluer dans la communauté mondialisée, globalisée et « googlelisée », nous avons abandonné ce qui fait depuis 1000 ans la spécificité de ce peuple debout.
Dès lors, seuls demeurent les particularismes qui divisent et qui font du musulman un islamiste, du libéral un exploiteur, du bourgeois un privilégié, du chômeur un assisté, du migrant un envahisseur, du jeune un délinquant, du fonctionnaire un profiteur, du patron un salaud, du socialiste un hypocrite, du patriote un xénophobe, du syndicaliste un fainéant, du catholique un cul-bénit, de l’homo un inverti, du policier un raciste, du barbu un djihadiste, du juge un vendu, du ministre un menteur, et ce à l’infini, jusqu’à la nausée… jusqu’à l’explosion.
Incapable de retrouver les fondements de l’unité nationale, la France est en situation pré-insurrectionnelle. Après 70 ans de paix sur son territoire, la France rêve d’en découdre quitte à en découdre avec elle-même ou avec une partie d’elle-même.
La montée des communautarismes, quels qu’ils soient, la radicalisation des discours politiques et la fracture sociale, désormais béante, ont conduit ce pays au terme d’un lent processus de déclin et d’abandon. Il est désormais tard, mais pas encore trop tard. Il nous reste une chance, celle de comprendre qu’inéluctablement il faudra bien que l’on réapprenne à vivre ensemble.
La France n’a jamais été le banquier du monde, l’usine du monde ou le gendarme du monde, mais elle en fut longtemps le phare, un repère pour les peuples qui cherchaient le chemin étroit qui mène de l’asservissement à la liberté. Elle s’est imposée au cours du dernier siècle comme une puissance non alignée qui cultivait fièrement sa différence et donc son identité et avec, celle de son peuple.
Le jour où nous avons accepté que la puissance économique et financière fissent le poids d’un pays, nous avons perdu notre vision du monde et la place singulière que nous y occupions. Le jour où nous avons accepté de négocier nos valeurs contre des contrats, non seulement nous n’avons rien gagné, mais nous avons foulé au pied ce qui faisait le ciment d’une République diverse.
Un peuple a besoin de savoir qui il est pour pouvoir trouver ce qui unit les citoyens qui le composent. Les glissements sémantiques puis politiques, les compromis puis les compromissions, les manques de courage et les petites lâchetés, ont conduit tout un peuple accroché à ses élites défaites à abandonner la terre et les morts, puis la mer et les vivants, pour finir par s’enfermer à double tour dans les chapelles communautaires comme derniers repères de leur identité perdue.
Rendre à la France sa fierté
Pour que nous puissions vivre de nouveau ensemble, il va nous falloir nous réapproprier ce qui a fait de ce minuscule hexagone le centre d’un continent au centre du monde, et d’abord son extraordinaire arrogance, celle-là même qui nous interdit tout alignement idéologique et qui se niche dans la décision gaullienne de mars 1966 de quitter l’OTAN ; cette arrogante indépendance qui devrait nous amener à accueillir Julian Assange en France , plutôt que de le rejeter pour préserver les susceptibilités d’un allié qui passe son temps à nous écouter sans jamais plus nous entendre ; cette arrogance qui devrait nous pousser à nous emparer de la réalité géopolitique du bassin méditerranéen et de l’Afrique, plutôt que d’y marcher sur les œufs de notre histoire post-coloniale, paralysés face aux mouvements politiques et religieux qui sont en train de façonner durablement un théâtre de guerre civile et confessionnelle ; cette arrogance enfin qui doit nous interdire de vendre notre territoire aux États moyenâgeux du Golfe afin qu’ils préparent sur les pierres de notre patrimoine la fin programmée de leurs châteaux de sable.
Les Français ne se réconcilieront jamais avec eux-mêmes si leur pays ne leur rend pas leur fierté, fille de leur singulière vision du monde. Les sujets sont sur la table et les décisions ne sont pas inaccessibles pour ceux qui voudraient enfin renouer ce lien si particulier entre la lumière de l’Histoire et l’ombre portée d’un peuple qui ne s’épanouit que sur les routes des cimes.

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2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection?

2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection? | Think outside the Box | Scoop.it

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, signerait la mort de l'élection présidentielle. Les gladiateurs ont remplacé les César, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation.

En politique comme en football, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne à la fin; mais en football comme en politique, seule compte la victoire. Le résultat marque l'Histoire, la manière ne marque que les esprits. Et pourtant, c'est elle qui engendre l'envie de supporter, d'applaudir, de participer. En 2017, le verrouillage de la campagne présidentielle serait un crime contre l'esprit démocratique et une menace pour l'avenir du pays. Ce scrutin, le plus important de notre République, le sera plus que jamais l'an prochain. Or, alors qu'ils partent en vacances, les Français sont peut-être en train de se faire voler leur élection. 

 

NOTRE DOSSIER >> Élection présidentielle 2017 

 

En effet, même si tout demeure possible, y compris l'impossible, dans les dix prochains mois, les partis rouillés mais puissants écrivent déjà le scénario dont les électeurs ne veulent pas, celui d'une présidentielle animée par les cinq mêmes candidats qu'en 2012.Nicolas Sarkozy, par son ardeur, fait fondre à grande vitesse la motte de beurre sondagière du juppéisme et pourrait sortir de l'été en favori de la primaire. Si le maire de Bordeaux ne montre pas plus de désir de diriger le pays, les électeurs l'abandonneront: pourquoi confier notre destin à quelqu'un qui n'embrasse pas le sien? 

Vers une élection discréditée

François Hollande, lui, a tant désossé les écologistes et divisé les socialistes qu'il est le moins faible de tous les prétendants de son camp, assis sur une miette d'opinion dont il veut faire un char d'assaut. Si Arnaud Montebourg n'incarne pas autre chose qu'un trublion souverainiste, le président sortant gagnera la primaire de ratificationqu'il a imaginée, faute de combattants. 

 

Jean-Luc Mélenchon est déjà en lice, qui paralyse toute candidature communiste: coucou dans le nid des cocos, il est le candidat obligé de la France rouge. François Bayrou se présentera si Nicolas Sarkozy gagne la primaire et met d'autant plus d'éloquence à vanter les mérites de Juppé qu'il est certain de le voir battu. Enfin, Marine Le Penne voit qu'une différence entre 2017 et 2012: cette fois, les sondages lui promettent tous une présence au second tour... 

Hollande, Sarkozy, Bayrou, Le Pen, Mélenchon: alors que le monde est en permanence bouleversé, que tous les repères s'envolent, une telle affiche serait un discrédit pour l'élection elle-même. Elle entraînerait une forte abstention dès le premier tour, facteur favorable, après tant d'autres, à Marine Le Pen.  

Suivrait l'envoi à l'Elysée d'un président à la légitimité écornée: battre Le Pen au second après avoir rassemblé 25% des suffrages exprimés au premier tour d'une élection marquée par 40% d'abstention, c'est représenter tous les Français en ayant eu la préférence de 1 sur 10... Arithmétiquement vainqueur et juridiquement incontestable, un tel chef d'Etat serait-il politiquement légitime? 

Détournement de scrutin

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, incapable néanmoins de l'emporter au second, signerait la mort de l'élection présidentielle, jadis agora suprême où se nouait le lien entre un peuple et un chef, désormais champ clos des partis. Ce détournement de scrutin se voit déjà dans les primaires, inventées par les appareils pour masquer leur obsolescence: incapables de fournir des idées, les voici agences d'événementiels! Les gladiateurs ont remplacé les Césars, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation. 

Contre cette confiscation démocratique, les citoyens, s'ils ne peuvent choisir l'affiche, peuvent encore écrire les dialogues. Si le peuple impose des idées neuves à des candidats qui ne le sont pas, tout n'aura pas été vain en 2017. 

 

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Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu

Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu | Think outside the Box | Scoop.it
Un décret reconnaît cette pathologie comme maladie professionnelle chez les agriculteurs. Une avancée majeure dans un domaine où règne l'omerta.
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Discours d'Emmanuel Faber lors de la cérémonie de remise des diplômes d'HEC Paris

Emmanuel Faber, Directeur Général du groupe Danone, était l'invité d'honneur de la cérémonie de départ 2016 d'HEC Paris, le 10 juin.

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Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard

Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard | Think outside the Box | Scoop.it

Au soir de sa vie, rongé par la maladie, Michel Rocard s’était longuement confié, en mai 2015 puis en mars 2016, pour analyser les raisons de l’échec de la gauche au pouvoir, l’insoutenable légèreté de François Hollande et dévoiler le nom de l’assassin du socialisme : François Mitterrand.

 

Michel Rocard rassemble ses dernières forces. Il a les joues creusées, les yeux fixes. Il reprend sa respiration. Se crispe. Et lâche dans un souffle : « S’il faut désigner le tueur intellectuel du socialisme…». Pause. Une lueur de défi illumine son regard. « Il s’appelle François Mitterrand ! » Il est plus de dix-neuf heures ce jeudi 28 mai 2015 et l’ancien Premier ministre en revient, encore et toujours, au sujet qui a empoisonné sa vie politique, François Mitterrand. 

Rocard enfonce le clou : « C’est épouvantable. Nous gérons les conséquences de son mépris non seulement pour l’économie, mais pour la pensée à long terme. Il y a de quoi se flinguer ! Mais comme ce n’est pas dans mon tempérament, je suis toujours là… » Vaillant, combatif, courageux. Michel Rocard sait pourtant qu’il n’en a peut-être plus pour très longtemps. Deux heures plus tôt, il avait accueilli le visiteur par ces mots glaçants : « Je vais bientôt mourir…» (1) Puis, exhibant plusieurs pages de notes griffonnées de sa petite écriture nerveuse, il avait ajouté : « J’ai préparé cet entretien car c’est sans doute ma dernière prise de parole publique… » Sacrée entrée en matière… Dans ce petit bureau encombré, niché au fond d’une petite rue du VIIIème arrondissement de Paris, l’atmosphère est tout-à-coup lourde, pesante. L’émotion fige l’instant.

 

Michel Rocard se trompe, fort heureusement. Des entretiens, il en accordera bien d’autres au cours des treize mois qu’il lui reste à vivre. Jusqu’aux dernières semaines, jusqu’au dernier moment, le père de la « deuxième gauche » continuera de réfléchir, de disserter, de discuter du sujet qui lui tenait le plus à cœur : le « socialisme démocratique », ses limites et ses bienfaits. Mais ce soir du printemps 2015, il est vrai que l’ancien Premier ministre, alors âgé de 84 ans, fait pâle figure. Sur son bureau s’entassent des piles d’analyses médicales. Autour de son cou, une petite alarme vibre à intervalles rapprochés. L’hôpital cherche à le joindre. Michel Rocard lutte contre le cancer. Il ne s’en cache pas. Sans même qu’on l’interroge, il raconte volontiers ce terrible combat qui ronge son quotidien.

 

La torture de Matignon sous Mitterrand

Et pourtant son visage s’illumine, son regard s’éclaire et son débit s’accélère dès qu’il est question de se pencher sur le sort de la social-démocratie. Les références se bousculent : Olof Palme, le leader suédois assassiné en 1986, son « vieux camarade » espagnol Felipe Gonzales, la rupture avec le marxisme  du SPD allemand lors du congrès de Bad-Godesberg en 1959 mais aussi la création du RMI ou les accord de paix en Nouvelle- Calédonie lors de son passage à Matignon entre 1988 et 1991, les souvenirs s’entrechoquent et Michel Rocard reprend vie.

«C’EST MITTERRAND QUI A DÉTRUIT MA RÉPUTATION AUPRÈS DES JOURNALISTES»

Seule l’évocation d’un nom rembrunit son visage : François Mitterrand... Son meilleur ennemi est mort presque vingt ans plus tôt, le 8 janvier 1996, mais Michel Rocard continue de régler ses comptes avec celui qui lui a gâché la vie publique, et même la vie tout court, celui qui lui a barré la route de l’Élysée. À cause de lui, Michel Rocard a souffert. Beaucoup. Souvent. Dès son ralliement au PS, en 1974, lors des Assises du socialisme, il a été moqué, méprisé, humilié. Son débit rapide et saccadé, son souci de la négociation et du compromis social, sa prise en compte des réalités économiques, tout chez lui était objet de railleries pour François Mitterrand le littéraire, le stratège cynique, l’ambitieux si sûr de lui et de son destin quand Michel Rocard, lui, au fond, n’a jamais cessé de douter de lui-même. « C’est lui qui a détruit ma réputation auprès des journalistes, raconte-t-il ce jour de mai 2015. C’est Mitterrand qui ne cessait de leur répéter : 'Rocard, pffff… De toute façon, on ne comprend rien à ce qu’il dit !' ».

Ses trois années passées à Matignon sous la férule du grand homme, de 1988 à 1991, le pape de la « deuxième gauche » les a vécues comme une torture. Chaque mercredi matin, il arrivait à l’Elysée  la boule au ventre pour son tête-à-tête avec le chef de l’État. Trente minutes plus tard, Michel Rocard en ressortait lessivé. Au plus profond de lui, cette séance d’humiliation hebdomadaire réveillait le souvenir lointain de ses terribles face-à-face avec son père, Yves Rocard, ce scientifique illustre qui n’a cessé de rabrouer son fils parce qu’il avait osé choisir la voie médiocre de la politique… Après avoir subi la foudre jupitérienne de Mitterrand, Rocard s’en allait retrouver les membres de son gouvernement qui le scrutaient et riaient sous cape en le voyant arriver au conseil des ministres, mine défaite, démarche incertaine, dans la foulée souveraine du président en majesté.

 

Mitterrand réincarné en… François Hollande

Un quart de siècle après, secoué de quintes de toux, épuisé par la maladie, Michel Rocard n’en démord pas. Il le répète inlassablement : le coupable, celui à cause duquel le malheur s’est abattu sur la gauche, celui qui la confine dans l’échec et l’impuissance au pouvoir, c’est François Mitterrand. Et le pire pour Rocard, c’est qu’au soir de sa vie, le cauchemar s’est répété lorsqu’il a vu François Mitterrand revenir à l’Élysée réincarné en… François Hollande. Le vice de forme qui obère le quinquennat en cours depuis 2012, Michel Rocard l’a identifié d’une formule: « François Hollande est un fils de Mitterrand. Il est entré de plain-pied major de promo dans l’école Mitterrand dont le précepte principal était : 'Tout ce qui n’a pas de signification, de traduction électorale forte et proche, n’a aucune importance. Il ne faut s’occuper que de l’immédiat, gérer au jour le jour !' »

«COMME MITTERRAND, LE PAUVRE FRANÇOIS HOLLANDE A FINI LUI AUSSI PAR OUBLIER L’ÉCONOMIE»

Ce jour de mai 2015, le prof Rocard corrige la copie de l’élève Hollande. La note est sévère : « Comme Mitterrand, le pauvre François a fini lui aussi par oublier l’économie non pas à cause d’une sorte d’ostracisme politique, mais parce qu’il fait partie de ces politiques incapables de distinguer ce qui est important et ce qui ne l’est pas.» Aux yeux de Michel Rocard, François Hollande est l’archétype de cette génération de responsables politiques qui cèdent tout aux caprices des médias, à leur futilité, à leur légèreté. « Les politiques n’ont plus le temps, car ils subissent une pression de plus en plus terrible de la part des médias qui interdisent de parler de choses compliquées », explique-t-il. Son « copain François » comme il dit, l’amoureux de la presse, l’ami des journalistes, parle trop et trop vite, et n’agit non pas pour l’Histoire, mais pour contenter une poignée d’éditorialistes parisiens.

Pendant de la superficialité de l’action du président, son cynisme directement hérité, selon Rocard, de ce Mitterrand auprès duquel Hollande fit ses premières armes à l’Élysée et qui lui fit prononcer le 22 janvier 2012 désormais célèbre discours du Bourget que le chef de l’Etat porte comme une fardeau depuis son élection. « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance », lança le candidat Hollande. Cette envolée lyrique est devenue son boulet de son quinquennat. Rocard hausse les épaules et soupire  : « Pfff… Guy Mollet a fait douze discours de cet acabit et Mitterrand bien plus encore. Ce n’est qu’une écriture soignée, attentive et brillante de ce que les gens veulent entendre. Mais c’est extérieur à toute réalité. »

 

Rocard, pourfendeur jusqu'au bout de la culture de l'instant

Dix mois plus tard, le vendredi 25 mars 2016, dans le même petit bureau encombré du VIIIème arrondissement de la capitale, Michel Rocard avait retrouvé un peu d’énergie lors de l’ultime entretien qu’il accorda à l’auteur de ces lignes. C’est peut-être cette vitalité retrouvée qui lui faisait regarder avec un peu d’indulgence le parcours de François Hollande dans cette interview publiée dans L’Obs. (2) Montant au créneau pour défendre la loi El Khomri, et la culture du contrat et de la négociation contre les« archaïsmes » du tandem CGT-Medef et la surenchère des « frondeurs », ultimes « partisans du « socialisme administratif », l’ancien Premier ministre accordait un grand mérite au chef de l’Etat au regard de son prédécesseur : « La différence avec Mitterrand, c’est que François Hollande est un honnête homme, ce que caractériellement Mitterrand n’était pas. Il est quand même plus sympathique ». Avant d’ajouter : « Mais il a ceci de commun avec Mitterrand que c’est un homme de la culture de l’instant ». On ne se refait pas…

«ILS NE PENSENT PAS, PARCE QUE MITTERRAND A INTERDIT TOUT DÉBAT»

Se payer de mots pour ne pas regarder la réalité en face. Se laisser bercer par une douce euphorie lexicale plutôt que de mettre les mains dans le cambouis de la gestion pragmatique. Tel
était le tragique destin historique de la gauche française aux yeux de Michel Rocard. Imprégnés d’un épais surmoi marxiste, les socialistes refusent de se mettre en danger intellectuellement. « Ils ne pensent pas, déplorait-il, parce que Mitterrand a interdit tout débat. Pour lui, les idées, c’était dangereux parce qu’elles peuvent potentiellement créer de la subversion. » Hibernatus de la pensée
socialiste, Mitterrand a donc enfanté un disciple tout aussi rétif au débat d’idées, François Hollande.

 

Résultat, assénait Michel Rocard, « tout s’aggrave et on court à la catastrophe. En 2017, nous risquons de perdre dans des conditions électorales déplorables et pour longtemps ». Ce soir de mai 2015, le vieil homme reprend son souffle une dernière fois. Il réfléchit et glisse : « Et encore, une raclée aux élections, ce ne serait que la petite catastrophe » « Et la grande ? », lui demande-t-on. « Ce serait que tout cela finisse par un règlement de comptes dans la rue ! » Avec Michel Rocard, une certaine idée de la gauche, et de la politique, s’éteint.

 

(1) La scène est racontée dans « Frères ennemis, l’hyperviolence en politique », Renaud Dély et Henri Vernet, Calmann-Lévy, 2015.
(2) L’Obs, 7 avril 2016.

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Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit

Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit | Think outside the Box | Scoop.it

Pour qui a suivi le film des évènements depuis la veille jusqu'à ce vendredi 24 juin, 6h du matin (heure française), quand le doute n'était plus permis, la consultation référendaire britannique a pris la tournure d'un terrible match politique, commencé dans la confiance du remain et achevé dans le triomphe du leave. Le suspens a été à la hauteur de l'incapacité des sondages à prédire l'issue du scrutin. Or cet échec des prévisionnistes, déjà observé lors de scrutins récents, ne se résume pas à des aléas techniques. Il est le révélateur d'un changement profond dans la distribution des opinions, que les méthodes classiques d'enquête ne parviennent plus à estimer avec précision.

Le film de l'évènement: du fiasco des sondeurs à l'aveuglement des analystes

Les analystes financiers, comme les bookmakers, qui se sont couchés jeudi soir à minuit n'ont rien vu venir. Le dernier sondage, réalisé tout au long de la journée de la consultation électorale auprès d'un échantillon représentatif d'électeurs à qui il était demandé quel bulletin ils avaient mis dans l'urne, a été rendu public par la chaîne Sky News jeudi à 23 heures, après la fermeture des bureaux de vote. Faisant fi de l'intervalle de confiance, l'estimation a paru sans appel: le remain devait l'emporter avec 52% des voix! Ce dernier chiffre a puissamment contribué à conforter les analystes, tant politiques que financiers, que le maintien dans l'UE était acquis.

Le renversement s'est amorcé à 1 heure du matin, quand sont tombés les résultats des premiers dépouillements. La cotation de la livre sterling a très vite commencé à dévisser, et à 5 heures (heure locale), BBC et Sky News ont annoncé la probable victoire du Brexit.

On entend après coup, qu'il ne faut pas incriminer les sondeurs. Disons qu'une réflexion critique sur cet énorme raté aux lourdes conséquences serait néanmoins salutaire. Car l'incertitude croissante sur la fiabilité des sondages pose des questions lourdes. Les instituts de sondage britanniques ont déjà connu des ratés de prévision de grande ampleur, en particulier lors des élections législatives de mai 2015. Au point qu'une mission d'expertise du conseil britannique des sondages a été diligentée qui a conclu, principalement, au déficit de représentativité des échantillons d'enquête.

On sait que pour contracter les coûts, les instituts réduisent la taille des échantillons et utilisent des méthodes d'enquête en ligne, beaucoup moins onéreuses. Or il a été établi que les enquêtes auprès de panel d'internautes maximisaient la proportion de votants pour le leave, tandis que les enquêtes téléphoniques aboutissaient à une proportion plus élevée pour le remain.

Ces différences sont imputables aux méthodes de recrutement des personnes enquêtées et au mode d'interaction dans le processus d'enquête. Dans le cas des enquêtes en ligne, non seulement les participants ont des profils biaisés par le fait qu'il s'agit de personnes réactives aux offres de gratification, mais l'absence d'interaction avec un enquêteur, laisse plus facilement libre cours aux positions les plus radicales.

La revanche des territoires

Néanmoins, dans le contexte britannique d'autres causes ont joué. La première chose qui frappe dans les résultats par circonscription, c'est l'ampleur des contrastes : de nombreux territoires ont opté à plus de 60% pour le in ou le out. Les frontières territoriales, visibles et invisibles, ont joué à fond, plus fortement que les critères sociologiques classiques. Les géographes Jacques Lévy et Michel Lussaultf constataient déjà en 2013 que "en Suisse (...), de votation en votation, les zones périurbaines montrent systématiquement un rejet, plus fort que dans les villes, des étrangers, de l'Europe, des musulmans ou des homosexuels. Les référendums sur la Construction européenne ont dans l'ensemble donné le même type de carte dans les différents pays où il s'en est tenu".

Le Brexit a eu pour premier effet majeur l'implosion du Royaume qui n'a plus d'Uni que le nom. L'Ecosse, en votant pour le remain à 62% a consommé son indépendantisme. L'Irlande du Nord, en faisant de même (56% pour le remain) a fait un grand pas vers la réunification. Sur la carte des résultats par circonscription les anciennes frontières sont bien visibles. Quant à l'Angleterre, l'importance du vote en faveur de la sortie de l'UE est d'abord et clairement une affirmation identitaire. Les votants qui préfèrent se définir comme English plutôt que comme British (30% des votants), ont opté pour le leave à 71%.

Cette fragmentation de l'édifice national s'est répercutée à différentes échelles. D'une part, entre les zones urbanisées et les campagnes qui le sont peu: notamment dans les Midlands (5,5 millions de votants qui ont opté à 59% pour la sortie de l'UE), le Nord Est et le Yorkshire (4 millions qui ont voté leave à 58%), et l'Est (3,3 millions qui ont voté leave à 57%). D'autre part dans les métropoles, entre les centres urbains et les périphéries éloignées, les green-belt. Le contraste est particulièrement abrupt dans la mégalopole londonienne: de nombreux quartiers de la ville de Londres ont voté à 75% pour le remain, tandis que beaucoup de circonscriptions à l'embouchure de la Tamise ont voté entre 65 et 75% pour le leave.

Des sondages devenus inopérants

Pourquoi les échantillons des sondages n'ont pas représenté fidèlement la tendance majoritaire ? On peut faire l'hypothèse que le raté provient principalement de leur insuffisante prise en compte du facteur territorial. Les lois de la statistique sont parfaitement efficaces quand il s'agit de sonder des populations cohérentes et homogènes. A partir du moment où l'on a affaire à des ensembles composites, juxtaposant des territoires dont les populations ont des systèmes de représentation très divergents, l'échantillonnage classiquement pratiqué par les instituts de sondage a toutes les chances d'être insuffisant. Ce qu'a effectivement pointé le conseil britannique des sondages.

Or c'est bien à l'approfondissement d'une fragmentation des territoires que l'on assiste. Pour Lévy et Lussault, "les cartes montrent la très forte corrélation entre vote d'extrême droite et gradient d'urbanité en France à l'élection présidentielle de 2012. On observe ce phénomène un peu partout dans les démocraties".

Cette coupure devenue majeure traduit une fracture sociale qui n'est pas réductible aux seules différences de catégories sociales (âges, revenus, diplômes...). Elle dessine une frontière de plus visible dans l'espace, entre le in et le out, c'est-à-dire entre les populations et territoires qui s'insèrent dans une économie largement connectée, et les populations et territoires qui s'en trouvent exclus de fait. Cette opposition secrète une divergence irréductible entre ceux qui sont portés par l'aspiration à l'ouverture (progressiste et mondialisée) et ceux qui cultivent le repli identitaire (conservateur et étroitement national).

Les sondages ont aujourd'hui une moins grande capacité à rendre compte des fractures du corps social, parce qu'ils peinent à évaluer avec justesse la crue des opinions radicales qui ne se disent pas à haute voix (notamment dans le cadre des enquêtes) mais qui se clament dans l'isoloir.

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Boualem Sansal : «L'ordre islamique tente progressivement de s'installer en France»

Boualem Sansal : «L'ordre islamique tente progressivement de s'installer en France» | Think outside the Box | Scoop.it


Après les meurtres de policiers à Magnanville par un islamiste, l'écrivain Boualem Sansal compare la situation actuelle de la France à celle de l'Algérie au début de la guerre civile.

Boualem Sansal est un écrivain algérien censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Son dernier livre 2084, la fin du monde est paru en 2015 au éditions Gallimard.

 

FIGAROVOX. - Depuis un an, sur fond de tensions culturelles, la France vit au rythme des attentats. Dernier en date, l'assassinat à coups de couteau, revendiqué par l'État islamique, d'un policier et de sa compagne dans leur maison. Que vous inspire ce nouvel acte de terreur?

 

Boualem SANSAL. - Ca me glace le sang. Voici venu le temps du couteau et de l'égorgement. Il est à craindre que cette méthode fasse florès, car un hadith célèbre prête au prophète Mahomet cette terrible sentence adressée aux mécréants: «Je suis venu à vous avec l'égorgement». On a vu combien Daech a pris ce hadith à la lettre et combien de milliers de personnes ont été égorgées comme des moutons, avec tous les raffinements que des esprits malades peuvent inventer pour exalter leur soif de cruauté. C'est le deuxième cas en France: en juin 2015, en Isère, un islamiste avait égorgé et décapité son patron puis accroché sa tête au grillage d'une usine. La méthode va certainement inspirer beaucoup de jeunes islamistes. Au couteau, eux ajouteront la caméra qui démultiplient l'horreur. Ils filmeront leur crime et balanceront le film sur les réseaux sociaux. Le terrorisme islamiste en Europe n'en est qu'à ses débuts, nous verrons avec le temps combien il sait être inventif: l'égorgement, le viol, l'empalement, l'éventrement seront au menu, comme ils le sont au Daech et comme ils l'ont été en Algérie à grande échelle, pendant la guerre civile. Au Daech comme en Algérie, les terroristes sont très fortement endoctrinés et encadrés: ce sont des soldats de la terreur, ils exécutent des ordres. En Europe, une telle organisation n'est pas possible, pas encore. C'est pourquoi les commanditaires et les stratèges du terrorisme islamiste mondialisé poussent à l'ubérisation du terrorisme, les instructions sont dans la toile à la disposition de qui veut devenir djihadiste et martyr.

 

Peut-on vraiment comparer la France et l'Algérie?

L'islamisme sait s'adapter, il se fiche de la culture du pays, il veut la détruire et imposer la sienne.

L'islamisme sait s'adapter, il se fiche de la culture du pays, il veut la détruire et imposer la sienne, et comme il a trouvé des recrues en Algérie il trouvera des recrues en France. Aujourd'hui, il les sollicite, les prie, demain il les forcera à assumer leurs devoirs de soldats du califat, et le premier de ces devoirs est de libérer l'islam de la tutelle de l'Etat mécréant qu'est la France. En Algérie, les maquis islamistes étaient pleins de jeunes qui ont été forcés de faire allégeance à l'émir de leur village, de leur quartier: c'était rejoindre le maquis ou se faire égorger ainsi que toute sa famille. S'il s'évade c'est la famille, voire tout le village, qui paie.

 

Derrière le terrorisme, existe-t-il un problème plus large d'islamisation de la France?

C'est le but même de l'islam conquérant, gagner la planète, convertir toute l'humanité. Le terrorisme n'est qu'une méthode pour conquérir des territoires, soumettre leurs populations et les convertir par force, comme il l'a fait au Daech avec les communautés chrétiennes. C'est la méthode des islamistes radicaux, les djihadistes. Les islamistes modérés et les musulmans pacifiques récusent cette méthode, ils préfèrent la voie douce, la da'wa, l'invitation à écouter le message d'Allah, ou la prédication publique. Entre les deux méthodes, la conquête militaire et la da'wa, il y a tout ce que l'intelligence humaine a pu inventer pour convertir et enrôler. La France est un terrain très favorable à l'islamisation par la voie douce et par le moyen de la violence: elle est inquiète, divisée, épuisée, dégoutée. Les retours à la pratique religieuse se multiplient chez les musulmans et les conversions explosent.

 

Une serveuse musulmane a été giflée à Nice parce qu'elle servait de l'alcool durant le ramadan…

L'ordre islamique tente de s'installer en France, c'est un fait patent. En maints endroits, il est déjà installé. Dans un pays musulman, cette serveuse aurait été arrêtée et jetée en prison par la police. Durant le ramadan, la folie s'empare du monde musulman et fait commettre d'horribles choses. La faim et la soif ne sont pas seuls responsables, il y a que ce mois est sacré (c'est pendant le ramadan que Mahomet a reçu le coran, apporté à lui par l'archange Gabriel), les gens sont pris dans la ferveur et la bigoterie. Durant ce mois, certains imams sont littéralement enragés.

 

Comment les islamistes s'y prennent-ils pour accroître leur influence?

La force des islamistes et des prédicateurs est la patience. Ils inscrivent leur action dans la durée. Une autre qualité est l'inventivité et leur capacité maîtriser les instruments à leur portée: les chaines satellitaires, Internet, les réseaux sociaux, les outils marketing, les techniques de communication, la finance islamique, le cinéma, la littérature, tout est mobilisé pour atteindre la plus grande efficacité. Dans les pays du sud, les islamistes n'ont que les moyens traditionnels pour avance, ils convoquent les vieilles recettes de charlatanisme, la sorcellerie, la magie, le maraboutisme, ils investissent les mosquées, les souks, les stades, les fêtes religieuses, les hôpitaux. L'action sociale n'a pas de secrets pour eux. Dans tous les cas, ils n'ont aucun souci d'argent, les donateurs généreux et intéressés ne manquent pas.

 

Bombarder Daech peut-il régler la question?

Elle n'est une solution que si elle est accompagnée d'une intervention militaire au sol menée par les pays arabes. Pour compléter, il faut ensuite installer à demeure une mission onusienne pour reconstruire la région, disposant d'une force armée capable d'empêcher les représailles.

 

Alexandre Devecchio

Journaliste au Figaro et responsable du FigaroVox. Me suivre sur Twitter : @AlexDevecchio

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