Remplaçons l’élection par le tirage au sort ! | Think outside the Box | Scoop.it

Certains considèrent qu’il s’agit d’une mesure qui n’est pas sérieuse, d’autres en font un combat politique : que penser de l’idée de tirer au sort ses gouvernants ? Les partisans de la stochocratie – oui, c’est comme ça que ça s’appelle – mettent en avant le fait que l’élection est un mode de désignation qui, depuis toujours, est biaisé : il ne permettrait de porter au pouvoir que les puissants, ceux qui savent manipuler les foules ou ceux qui ont les moyens financiers de le faire. Le tirage au sort, lui, ne fait pas de différences entre le revenu, la condition sociale, la couleur de peau ou le sexe de ceux qu’il désigne.

 

Leurs détracteurs rétorquent qu’il vaut mieux mal choisir ceux qu’on veut que ne pas les choisir du tout. Ils mettent en avant également le risque de voir une personne horrible accéder au pouvoir. C’est sans compter que ce genre d’écueil a été analysé et la parade trouvée : il n’est pas question de désigner un Président qui aurait les pleins pouvoirs par tirage au sort, mais les membres d’assemblées et des administrateurs au mandat très court et non renouvelables.

Ainsi, chaque citoyen, comme au temps de la Démocratie athénienne, aura la chance, une fois dans sa vie, de participer à la gestion de la cité, du pays. Et nul ne pourra en faire son métier, passer sa vie dans les arcanes du pouvoir et en profiter, au passage, pour taper dans la caisse. Le renouvellement constant de la classe politique fait disparaître la classe politique.

Parallèlement à cela, il est en général considéré qu’un renforcement des contrôles démocratiques est nécessaire : certains prévoient même que pour chaque poste il doit y avoir un contrôleur, lui-aussi tiré au sort.

Mais comment éviter que, par un mauvais sort, une série de connards finis, de bandits, ou de tueurs en série arrivent au pouvoir par ce biais ? Là aussi, les Grecs avaient trouvé la solution : en cas de « mauvais » tirage, les citoyens pouvaient toujours voter pour dire si oui ou non ils acceptaient que la personne tirée au sort puisse accéder à sa fonction. Ils avaient tendance à éliminer rapidement ceux qui prenaient trop d’importance, pour éviter tout retour à l’oligarchie.

Je suis persuadé que ce type de réflexion pourra être expérimenté facilement, par exemple en instituant une part de tirage au sort à l’Assemblée natioanle ?