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Opération Mains propres sur la santé publique : stop à la corruption

Opération Mains propres sur la santé publique : stop à la corruption | Think outside the Box | Scoop.it

Un appel est lancé pour lever l’opacité qui règne dans le monde de la santé publique, gangrené par les intérêts privés qui viennent heurter l’intérêt général. On ne compte plus les hauts fonctionnaires en lien avec l’industrie pharmaceutique. Il est temps de refonder la santé sur l’intérêt général.

Fin décembre étaient révélées les pratiques de Sanofi pour favoriser son antidiabétique Lantus aux Etats-Unis. Des centaines de médecins jouant les « agents doubles » ont reçu des dizaines de milliers d’euros pour la promotion de l’insuline star de la firme pharmaceutique française.

Corruption

Les scandales sanitaires actuels (du Médiator au Sofosbuvir) nous permettent de tirer deux enseignements : l’impérieuse nécessité d’ouvrir le système pour donner davantage de place aux avis contradictoires (lanceurs d’alerte, praticiens, patients, associations) tout en légalisant les actions de groupe (actions en justice qui permettent à un grand nombre de personnes d’engager ensemble une seule procédure en justice afin d’obtenir réparation d’un préjudice) ; l’urgence de lutter contre la porosité actuelle constatée entre les « évaluateurs » et les « évalués », les contrôleurs et les contrôlés.

En février 2014, le premier rapport de la Commission européenne sur la corruption citait parmi les secteurs les plus vulnérables à la corruption la santé tandis que Mediapart révélait en 2011, 28 liens d’intérêts parmi les 30 membres de la commission d’autorisation du médicament.

L’opacité la plus totale règne dans le monde de la santé publique. Les intérêts privés viennent heurter l’intérêt général. Nous ne sommes toujours pas sortis de la collusion entre l’Etat et les groupes pharmaceutiques comme l’illustre les dernières affaires Cahuzac et le scandale du Médiator.

La corruption dans la santé fait perdre dix milliards d’euros

Cela a des conséquences lourdes sur nos finances publiques. Les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe (entre 50 % et 100 % de plus que nos voisins les plus proches).

En luttant contre cette surconsommation et cette surfacturation par une meilleure prescription, l’assurance-maladie pourrait réaliser au moins dix milliards d’euros d’économies c’est-à-dire annuler son déficit chronique et ce sans dommage pour la santé publique, bien au contraire.

Comme l’a montré Serge Rader (pharmacien, lanceur d’alerte) dans son étude comparative du prix du médicament entre la France et l’Italie, le coût des médicaments en ville et à l’hôpital s’élève pour 2013 à 18 milliards d’euros chez nos voisins transalpins contre 34 milliards pour la France, soit 70 % de plus à populations égales pour les mêmes résultats sanitaires (avec une espérance de vie de sept mois supérieure en Italie).

De plus, les prix hors taxes des génériques sont supérieurs en France de 30 % en moyenne à ceux pratiqués en Italie.


- Jérôme Cahuzac -

Privatisation et conflits d’intérêt

Le vrai risque aujourd’hui est une privatisation rampante du système de santé publique liée notamment à la dégradation du système hospitalier, conduisant à la perte d’équité dans le traitement et l’accès aux soins.

Le conflit d’intérêt est défini comme tel : « C’est une situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé d’une personne qui concourt à l’exercice de cette mission, lorsque cet intérêt, par sa nature et son intensité, peut raisonnablement être regardé comme de nature à influencer, ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ».

Un examen des liens d’intérêts des ministres de la santé montre qu’ils ont depuis Claude Evin quasiment tous été, soit avant leur entrée en fonction, soit après, en lien avec des laboratoires pharmaceutiques.

Le cas emblématique le plus récent est celui de Nora Berra (secrétaire d’Etat chargée de la Santé de 2010 à 2012) qui a travaillé dix ans pour les firmes pharmaceutiques (de 1999 à 2009) auprès de trois laboratoires (Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers Squibb, Sanofi Pasteur). Comment être indépendant moins d’un an après avoir quitté l’industrie pharmaceutique ?

Hauts fonctionnaires et industrie

Chez les hauts fonctionnaires, c’est toujours le même schéma. Une dizaine d’années passées dans les cabinets ministériels avant d’aller dans les laboratoires. Il va de soi que tout ce beau monde est repéré à l’avance par l’industrie pharmaceutique.

Le cas de Jacques de Tournemire est parlant. Il a été conseiller au cabinet du ministre Mattei puis à Matignon dans le cabinet Villepin. Ensuite, il bascule dans le privé comme directeur des opérations de lobby pour Pfizer à Bruxelles, puis vice président Pfizer France avant de devenir consultant pour les grandes firmes pharmaceutiques.

Les parlementaires sont également « gratifiés » par divers groupe à l’instar du Club Hippocrate, financé par GSK, Générale de Santé et Malakoff Médéric dont le patron est le frère de Nicolas Sarkozy.

L’industrie pharmaceutique a l’habitude de recruter les interlocuteurs qu’elle côtoie dans les agences sanitaires. C’est le cas pour Philippe Lamoureux, nouveau directeur général du Lobby européen du médicament (LEEM) après avoir été secrétaire général de l’Agence du Médicament au ministère de la Santé.

Les conflits d’intérêts touchent aussi l’Agence européenne du médicament : au terme de son mandat fin 2010 de directeur exécutif de l’EMA, Thomas Lönngren a en effet été autorisé à exercer des activités de conseil auprès de cinq entreprises privées notamment sur les questions du développement de nouveaux médicaments et les délais de mise sur le marché.

Enfin, les liens avec l’industrie pharmaceutique concernent aussi les associations à l’instar de la Société française de cardiologie financée par Sanofi-Aventis.

Il convient de construire un mur parfaitement étanche entre les intérêts privés et la décision publique dans le domaine de la santé. Cette dernière doit être fondée uniquement sur l’intérêt général, la transparence et les principes qui fondent le service public pour les usagers : gratuité et égalité d’accès.

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La Chine autorise trois mouches au m2 dans les WC

La Chine autorise trois mouches au m2 dans les WC | Think outside the Box | Scoop.it
Le nombre de mouches autorisées dans les toilettes publiques en Chine va être limité, selon un projet de directive du ministère de la Santé visant également à réduire les nuisances olfactives des lieux d'aisance.

 

Seules trois mouches au m2 seront tolérées dans les bâtiments indépendants et une seule pour la même surface si les commodités font partie d'un lieu public plus vaste comme une gare ou un centre commercial, précise le document officiel publié cette semaine.

Par ailleurs, les lieux en question ne devront pas incommoder par leur odeur s'ils s'insèrent dans un ensemble plus vaste. S'il s'agit d'une construction séparée, il ne devront puer que "légèrement", selon la directive.

Les toilettes pour dames devront pour leur part être deux fois plus nombreuses que celles pour messieurs, ajoute le texte, publié un an après l'occupation de WC pour hommes par une vingtaine de femmes à Canton (sud) pour protester contre leurs longues attentes afin de se soulager.

L'hygiène des toilettes publiques en Chine - longtemps un sujet d'embarras pour les visiteurs étrangers, en l'absence notamment de portes et cloisons - a fait d'importants progrès depuis une précédente directive du ministère en 1998, introduisant des normes plus strictes.

L'an dernier, la municipalité de Pékin avait déjà limité à deux le nombre de mouches dans les toilettes publiques. La capitale avait déjà lancé plusieurs campagnes pour les rendre plus propres et moins malodorantes avant les JO de 2008.

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