Ca m’énèrve #libre #microsoft #NSA #hadopi #pellerin #peillon #maman | Think outside the Box | Scoop.it

Maman, ça craint.

Ton PC est vérolé. Il y a un virus dedans que les antivirus ne t’enlèveront pas: une back door comme ils appellent ça, c’est à dire un point d’entrée pour le gouvernement US. Non, non, tu n’as rien fait de mal, tu n’as pas attrapé ce virus, ça fait parti de ton Windows, c’était pré installé.

Ah non, je n’ai pas bu. Ce n’est pas un film de science fiction, c’est de notoriété publique.

Bon tu me diras, à part nos photos de famille et le nombre de parties de réussites que tu as jouées depuis le 1 janvier 1970, que peuvent-ils scruter, pourquoi s’intéresseraient-ils à tes données personnelles? Ce n’est pas comme si on était… des militaires par exemple.

Et bien figure toi que ton armée a les même PC troués que toi! C’est pas beau ça?

Oui, oui, Barack a les clés de la maison, tous les ordinateurs de l’administration française, à commencer par l’armée sont piratés par les gentils américains.

Comment les garants de notre « sécurité nationale » ont-ils pu se faire avoir à ce point? Ah mais ils ne se sont pas fait avoir maman, ils sont d’accord. Tu pourras lire dans l’excellent dossier du Vinvinteur qu’avant de rempiler pour du Microsoft, ils ont fait un audit qui leur a bien expliqué « si vous reprenez du Microsoft (= Windows) »:

ça va couter beaucoup plus cher au contribuablevous allez installer des taupes américaines dans tous vos ordinateurs (c’est ouf non?)

Donc évidemment … ils ont resigné avec Microsoft.

Oui c’est à se frapper la tête contre les murs mais c’est comme ça, on est con.

Mais y a-t-il une alternative me diras-tu?

Oui maman, il y a une alternative, ça s’appelle le logiciel libre, en gros un système qui a déjà au moins 2 avantages:

il est gratuittout le monde a le droit de voir ce qu’il y a dedans

Ce qui change à peu près tout. Par exemple si un développeur veut ajouter un programme espion du FBI dans le système, il a le droit de le proposer. Mais comme tout le monde sera au courant, il y a des chances qu’il le reprenne assez rapidement dans la tronche. Ca s’appelle l’horizontalité: tout le monde a accès à tout, tout le monde décide.

Cette alternative tu ne la connais pas, on ne te la propose pas à la FNAC quand tu vas acheter ton ordinateur. Donc ce n’est pas simple pour toi. Mais pour nos administrations, garantes de l’intérêt général et obsédées par la rigueur budgétaire, on peut penser qu’elles vont se jeter sur cette opportunité d’indépendance et d’économies. Certes il y a un effort à faire mais c’est bénéfique à court et long terme, et il me semble que c’est leur rôle.

Quel plus bel exemple que l’éducation? Ca tombe bien, c’est merveilleux, M Peillon se bat pour l’imposer et libérer nos enfants de la domination historique de Windows et…

Pardon? A zut, on me souffle dans l’oreillette que finalement non, on laisse tomber.

Ah bah oui, c’est pas comme si c’était important.

Non, la liberté, l’indépendance, la sécurité bien sûr ce sont des mots. Bon c’est pas complètement inutile, ça sert parfois d’alibi utile pour le business ou le sécuritaire, pour planquer des trucs sous le tapis, invoquer le secret défense si on a des rétro commissions à cacher, ou même pour défendre les intérêts des rentiers de l’industrie du divertissement, bref dès qu’on veut renvoyer les citoyens dans les cordes avec leur infâme espoir de tyrannie de la transparence.

En attendant nos ministres numériques jouent du pipo (1), le business et l’e-gnorance continuent de piloter ce vieux bateau.

Et ça m’e-nerve.

(1) discours de Fleur Pellerin: « le libre est un facteur important de compétitivité et de productivité pour les entreprises et les administrations ». #lol