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Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit

Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit | Think outside the Box | Scoop.it

Pour qui a suivi le film des évènements depuis la veille jusqu'à ce vendredi 24 juin, 6h du matin (heure française), quand le doute n'était plus permis, la consultation référendaire britannique a pris la tournure d'un terrible match politique, commencé dans la confiance du remain et achevé dans le triomphe du leave. Le suspens a été à la hauteur de l'incapacité des sondages à prédire l'issue du scrutin. Or cet échec des prévisionnistes, déjà observé lors de scrutins récents, ne se résume pas à des aléas techniques. Il est le révélateur d'un changement profond dans la distribution des opinions, que les méthodes classiques d'enquête ne parviennent plus à estimer avec précision.

Le film de l'évènement: du fiasco des sondeurs à l'aveuglement des analystes

Les analystes financiers, comme les bookmakers, qui se sont couchés jeudi soir à minuit n'ont rien vu venir. Le dernier sondage, réalisé tout au long de la journée de la consultation électorale auprès d'un échantillon représentatif d'électeurs à qui il était demandé quel bulletin ils avaient mis dans l'urne, a été rendu public par la chaîne Sky News jeudi à 23 heures, après la fermeture des bureaux de vote. Faisant fi de l'intervalle de confiance, l'estimation a paru sans appel: le remain devait l'emporter avec 52% des voix! Ce dernier chiffre a puissamment contribué à conforter les analystes, tant politiques que financiers, que le maintien dans l'UE était acquis.

Le renversement s'est amorcé à 1 heure du matin, quand sont tombés les résultats des premiers dépouillements. La cotation de la livre sterling a très vite commencé à dévisser, et à 5 heures (heure locale), BBC et Sky News ont annoncé la probable victoire du Brexit.

On entend après coup, qu'il ne faut pas incriminer les sondeurs. Disons qu'une réflexion critique sur cet énorme raté aux lourdes conséquences serait néanmoins salutaire. Car l'incertitude croissante sur la fiabilité des sondages pose des questions lourdes. Les instituts de sondage britanniques ont déjà connu des ratés de prévision de grande ampleur, en particulier lors des élections législatives de mai 2015. Au point qu'une mission d'expertise du conseil britannique des sondages a été diligentée qui a conclu, principalement, au déficit de représentativité des échantillons d'enquête.

On sait que pour contracter les coûts, les instituts réduisent la taille des échantillons et utilisent des méthodes d'enquête en ligne, beaucoup moins onéreuses. Or il a été établi que les enquêtes auprès de panel d'internautes maximisaient la proportion de votants pour le leave, tandis que les enquêtes téléphoniques aboutissaient à une proportion plus élevée pour le remain.

Ces différences sont imputables aux méthodes de recrutement des personnes enquêtées et au mode d'interaction dans le processus d'enquête. Dans le cas des enquêtes en ligne, non seulement les participants ont des profils biaisés par le fait qu'il s'agit de personnes réactives aux offres de gratification, mais l'absence d'interaction avec un enquêteur, laisse plus facilement libre cours aux positions les plus radicales.

La revanche des territoires

Néanmoins, dans le contexte britannique d'autres causes ont joué. La première chose qui frappe dans les résultats par circonscription, c'est l'ampleur des contrastes : de nombreux territoires ont opté à plus de 60% pour le in ou le out. Les frontières territoriales, visibles et invisibles, ont joué à fond, plus fortement que les critères sociologiques classiques. Les géographes Jacques Lévy et Michel Lussaultf constataient déjà en 2013 que "en Suisse (...), de votation en votation, les zones périurbaines montrent systématiquement un rejet, plus fort que dans les villes, des étrangers, de l'Europe, des musulmans ou des homosexuels. Les référendums sur la Construction européenne ont dans l'ensemble donné le même type de carte dans les différents pays où il s'en est tenu".

Le Brexit a eu pour premier effet majeur l'implosion du Royaume qui n'a plus d'Uni que le nom. L'Ecosse, en votant pour le remain à 62% a consommé son indépendantisme. L'Irlande du Nord, en faisant de même (56% pour le remain) a fait un grand pas vers la réunification. Sur la carte des résultats par circonscription les anciennes frontières sont bien visibles. Quant à l'Angleterre, l'importance du vote en faveur de la sortie de l'UE est d'abord et clairement une affirmation identitaire. Les votants qui préfèrent se définir comme English plutôt que comme British (30% des votants), ont opté pour le leave à 71%.

Cette fragmentation de l'édifice national s'est répercutée à différentes échelles. D'une part, entre les zones urbanisées et les campagnes qui le sont peu: notamment dans les Midlands (5,5 millions de votants qui ont opté à 59% pour la sortie de l'UE), le Nord Est et le Yorkshire (4 millions qui ont voté leave à 58%), et l'Est (3,3 millions qui ont voté leave à 57%). D'autre part dans les métropoles, entre les centres urbains et les périphéries éloignées, les green-belt. Le contraste est particulièrement abrupt dans la mégalopole londonienne: de nombreux quartiers de la ville de Londres ont voté à 75% pour le remain, tandis que beaucoup de circonscriptions à l'embouchure de la Tamise ont voté entre 65 et 75% pour le leave.

Des sondages devenus inopérants

Pourquoi les échantillons des sondages n'ont pas représenté fidèlement la tendance majoritaire ? On peut faire l'hypothèse que le raté provient principalement de leur insuffisante prise en compte du facteur territorial. Les lois de la statistique sont parfaitement efficaces quand il s'agit de sonder des populations cohérentes et homogènes. A partir du moment où l'on a affaire à des ensembles composites, juxtaposant des territoires dont les populations ont des systèmes de représentation très divergents, l'échantillonnage classiquement pratiqué par les instituts de sondage a toutes les chances d'être insuffisant. Ce qu'a effectivement pointé le conseil britannique des sondages.

Or c'est bien à l'approfondissement d'une fragmentation des territoires que l'on assiste. Pour Lévy et Lussault, "les cartes montrent la très forte corrélation entre vote d'extrême droite et gradient d'urbanité en France à l'élection présidentielle de 2012. On observe ce phénomène un peu partout dans les démocraties".

Cette coupure devenue majeure traduit une fracture sociale qui n'est pas réductible aux seules différences de catégories sociales (âges, revenus, diplômes...). Elle dessine une frontière de plus visible dans l'espace, entre le in et le out, c'est-à-dire entre les populations et territoires qui s'insèrent dans une économie largement connectée, et les populations et territoires qui s'en trouvent exclus de fait. Cette opposition secrète une divergence irréductible entre ceux qui sont portés par l'aspiration à l'ouverture (progressiste et mondialisée) et ceux qui cultivent le repli identitaire (conservateur et étroitement national).

Les sondages ont aujourd'hui une moins grande capacité à rendre compte des fractures du corps social, parce qu'ils peinent à évaluer avec justesse la crue des opinions radicales qui ne se disent pas à haute voix (notamment dans le cadre des enquêtes) mais qui se clament dans l'isoloir.

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En cas de primaire, Manuel Valls favori pour la présidentielle

En cas de primaire, Manuel Valls favori pour la présidentielle | Think outside the Box | Scoop.it
Manuel Valls serait le favori des sympathisants de gauche à lélection présidentielle en cas de primaire, selon un sondage Ifop-"Le Journal du Dimanche".

 

À la question "quelle personnalité, parmi les suivantes, souhaiteriez-vous voir désignée comme candidate du Parti socialiste et des écologistes à l'élection présidentielle de 2017 ? Manuel Valls arrive en tête des personnalités souhaitées comme candidates à l'élection présidentielle de 2017 par les sympathisants de gauche, obtenant les suffrages de 29% des sondés dans une étude Ifop-Le Journal du Dimanche. 

Sur ces 29%, Manuel Valls obtient les voix de 37% des sympathisants du PS, 15% des sympathisants du Front de gauche et 18% des sympathisants d'Europe Ecologie Les Verts

Hollande loin derrière Valls

L'actuel Premier ministre est suivi par Martine Aubry, qui obtient 19% en cas de primaire à gauche (15% des sympathisants PS, 23% de ceux du Front de gauche et 29% de ceux d'Europe Ecologie les Verts). L'actuel président François Hollande n'arrive qu'en troisième position, avec 18%(27% des sympathisants PS, 7% de ceux du Front de gauche et 1% des écologistes). Ségolène Royal (13%), Arnaud Montebourg (9%), Cécile Duflot (6%) et Benoît Hamon (6%) sont les autres personnalités citées. 

L'enquête a été menée via un questionnaire internet auto-administré en ligne du 13 au 16 avril 2015 auprès d'un échantillon de 819 sympathisants de gauche, extrait d'un échantillon de 2.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.  

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Municipales : médias et sondeurs à côté de leurs pompes

Municipales : médias et sondeurs à côté de leurs pompes | Think outside the Box | Scoop.it
Les médias et les sondeurs ont-ils prouvé, lors de ces municipales 2014, leur totale déconnexion de la réalité ? Que cela ...


Sur son blog L’Express, il dresse un constat : « Paris n’est pas la France, on le savait. Mais le désintérêt que semblent avoir manifesté les électeurs à l’égard du tombereau d’affaires de toutes sortes, labourées, rabâchées, épluchées, ânonnées, quotidiennement et jusqu’à plus soif, depuis des semaines, sur internet et par les principaux médias audiovisuels de ce pays, – la cathédrale du Grand Journal de Canal+ en tête et les journaux de 20 heures, ensuite –, s’apparente à un joli bras d’honneur. »

Et celui-ci de dénoncer des journalistes « qui ne parlent le plus souvent qu’entre eux. Comme dans un huis-clos, dont le téléspectateur, partagé entre l’indifférence et l’exaspération, se sent le plus souvent exclu. » Pour lui, de plus en plus, ces derniers « forment une chapelle indécrottable qui fonctionne en circuit fermé. Animée par les mêmes tropismes, cette profession se parle qu’à elle-même. Ratisse les mêmes sujets à n’en plus finir, convaincue qu’elle incarne un quatrième pouvoir, dont elle n’a plus que les oripeaux. »

Car, pour ce qui est des affaires ayant mêlé l’UMP (Copé, Sarkozy), force est de constater que, malgré le matraquage médiatique, qui nous avait promis une déroute, tel ne fut pas le cas. Et Revel de rappeler la même absence d’impact suite aux affaires de François Mitterrand ou de Jacques Chirac. Et de s’interroger : « Serions-nous tous, au sein de nos rédactions, déconnectés de la réalité ? Serions-nous à ce point obnubilés par les mêmes sujets, que l’on en finit par oublier ce qui fait l’essentiel des préoccupations des Français. C’est-à-dire, leur pouvoir d’achat et l’emploi?  Bref, vivons-nous sur la même planète  et dans une bulle? »

Ayant soumis la question à David Pujadas, le présentateur du JT de France 2 lui a livré cette réponse : « Les médias font leur boulot. On n’est pas là pour influencer les électeurs, ou leur dicter les critères du vote. Notre rôle est de donner ou de dévoiler des infos, agréables ou pas. Ensuite, chacun en tire les conséquences qu’il souhaite, » Et Renaud Revel de conclure : « Les médias font leur boulot. Certes, mais le font-ils bien? » Rien n’est moins sûr…


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Européennes : l'UMP talonnée par le FN, le PS à la traîne ...

Européennes : l'UMP talonnée par le FN, le PS à la traîne ... | Think outside the Box | Scoop.it

Quel message les électeurs enverront-ils le 25 mai à l'occasion des européennes? Selon l'étude OpinionWay réalisée pour LCI et Le Figaro, c'est une France en proie au doute qui s'apprête à élire ses 74 représentants au Parlement européen. L'adhésion au projet européen recule nettement à travers toutes les questions posées: 42 % des personnes interrogées considèrent que le fait que la France fasse partie de l'Union est une bonne chose. C'est 6 points de moins qu'en avril 2012. L'explication tient dans le sentiment que les Français ressentent à l'égard de la construction européenne: pour 45 %, le premier mot qui vient à l'esprit est déception, très loin devant les 18 % qui pensent d'abord à espoir.

Symbole le plus concret du projet européen pour les Français, l'adhésion à la monnaie unique souffre également. En 2012, près de deux Français sur trois (62 %) se déclaraient opposés à la disparition de l'euro. Deux ans plus tard, ils ne sont plus que 53 % quand un Français sur quatre (26 % et 6 points de plus qu'en 2012) sont favorables au retour du franc et 20 % indifférents.

Selon le directeur des études politiques d'OpinionWay Bruno Jeanbart, ces indicateurs d'une poussée de l'euroscepticisme sont à nuancer. «Il s'agit davantage d'une déception envers une idée à laquelle une large majorité de Français adhère qu'un rejet, estime-t-il. Malgré les critiques continuelles contre l'euro depuis sa création et même dans le contexte économique et social très difficile, une majorité de Français reste attachée à la monnaie commune.» À peine un électeur sur deux (54 %) de Marine Le Pen en 2012 se déclare d'ailleurs favorable à la disparition de l'euro, même si elle en a fait l'un de ses premiers arguments de campagne. Alors que la défiance à l'égard de la monnaie unique a globalement augmenté depuis deux ans, elle est relativement stable dans son électorat.

La poussée eurosceptique est en fait principalement le fait d'un désamour grandissant entre l'électorat de l'UMP et la construction européenne. Parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour en 2012, l'idée que l'appartenance à l'Union est positive pour la France est en recul de 21 points en deux ans. La défiance à l'égard de la monnaie unique monte également en flèche chez ces électeurs puisque 19 % d'entre eux souhaitent un retour au franc contre 8 % en 2012. C'est l'une des difficultés à laquelle l'UMP devra répondre: quand une majorité des électeurs de François Hollande (63 %) considèrent que l'Union européenne ne menace pas l'identité de la France, ceux de Nicolas Sarkozy se montrent plus divisés avec 49 % qui pensent le contraire.

La traduction de ce contexte dans les intentions de vote, à trois mois du scrutin, donne quelques grandes lignes directrices. De prime abord, le Front national est potentiellement le grand vainqueur pressenti de l'élection. Les listes du parti d'extrême droite sont créditées de 20 %, trois fois son score en 2009. Le FN talonne une UMP créditée de 22 points qui lui permettent de se hisser en tête. Mais cette position rappelle les résultats en trompe l'œil de 2009, quand les listes de la majorité étaient arrivées en tête avec seulement 27,9 % des suffrages. La droite et le centre UDI-MoDem sont d'ailleurs crédités de 34 % au total, alors que ce même bloc avait recueilli 36,3 % des suffrages en 2009. «L'UMP ne semble pas parvenir à agréger le vote de mécontentement très dispersé», estime Jeanbart. Autre effet trompe-l'œil avec des intentions de vote en faveur du PS à 16 %, comparables aux 16,5 % de 2009. Mais la gauche dans son ensemble accuse un net recul, notamment en raison du repli des Verts qui sont crédités de 9 % quand ils avaient créé la surprise il y a cinq ans avec 16,3 %. Quant à la participation, OpinionWay la mesure à 41 % pour la France métropolitaine, une estimation très proche de la participation au scrutin de 2009.

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« Les sondages sont les oracles des temps modernes »

« Les sondages sont les oracles des temps modernes » | Think outside the Box | Scoop.it
A chaque journée son sondage. Devenues les thermomètres de la vie politique, les enquêtes d’opinions rythment les éditoriaux et orientent les stratégies de communication du personnel politique.

Pourtant, des voix universitaires comme celle d’Alain Garrigou invoquent « une légitime défense contre les sondages » et remettent en cause « leur caractère scientifique. »

Critiquer les sondages et être « blacklisté »
Professeur de science politique à Paris, Alain Garrigou était de passage à Toulouse cette semaine. Invité par les Amis du Monde Diplomatique et le LASSP de l’institut d’études politiques de Toulouse, l’universitaire est l’un des principaux animateurs de l’observatoire des sondages. Une spécialité qui s’est imposée peu à peu dans la carrière de l’intéressé : « J’ai mis le doigt dans l’engrenage lorsque j’ai publié au début des années 2000, un article sur le faible taux de rendement des sondages en France. » Invité sur les plateaux audiovisuels, l’universitaire est rapidement « blacklisté. » « Aucun sondeur ne veut plus dialoguer avec moi. Pourquoi ces coups ? Parce que les sondages sont au cœur d’enjeux très importants. »

 

«Si on annonce qu’il va faire beau, les gens vont se ruer à la plage. »

 

Car si Alain Garrigou est désormais le poil à gratter d’instituts comme l’IFOP ou CSA, c’est parce qu’il estime que les sondages ne se contentent pas de décrire la réalité mais bien de l’influencer. « On a longtemps nié que les sondages puissent avoir des effets électoraux. A ces critiques, les sondeurs opposent l’image de la météo : ce n’est pas parce qu’on annonce le temps qu’il va faire, que ce dernier va changer. D’accord mais le comportement des gens par contre en est conditionné : si on annonce qu’il va faire beau, les gens vont se ruer à la plage. »
Au même titre, les sondages influenceraient donc la conduite des gens et contribueraient à établir des croyances et particulièrement sur le comportement politique. « Ces effets ont été étudiés par des chercheurs aux Etats-Unis. Le premier d’entre eux est le fait de faire la course en tête dans les enquêtes. Cela créé une dynamique. » Ainsi les électeurs seraient incités à choisir le camp du gagnant. « Le second est d’être à la traîne pour faire peur afin de mobiliser les énergies en faveur d’un candidat. » Le vote ne serait ainsi plus basé sur une adhésion à un programme ou des idées mais à des stratégies de victoire. On peut ainsi penser à l’exemple du « vote utile ».

Les sondages, producteurs de l’opinion ?

(...)

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A seize mois de l’élection présidentielle, rien n’est joué

A seize mois de l’élection présidentielle, rien n’est joué | Think outside the Box | Scoop.it

L’année 2001 avait bien commencé pour Lionel Jospin. A lire deux sondages publiés les 10 et 11 janvier dans Libération et Le Nouvel Observateur, son avenir élyséen était tout tracé. A une poignée de points près, les deux enquêtes disaient en effet la même chose : en cas d’élection présidentielle, le premier ministre de l’époque était donné en tête au premier tour (27-29 % des voix), devant Jacques Chirac (23-24 %), et assez nettement gagnant au second (53-54 % contre 46-47 % pour le président sortant). On connaît la suite : le 21 avril 2002, Lionel Jospin arrivait troisième au premier tour, avec seulement 16,18 % des voix, derrière Jacques Chirac (19,88 %) et Jean-Marie Le Pen (16,86 %).

Le précédent de 2002 devrait inciter à la prudence tous ceux qui, dès aujourd’hui, se risquent à de savants pronostics pour 2017. Car s’il est une loi que l’histoire politique de ces dernières décennies nous enseigne, c’est bien celle-ci : seize mois avant une élection présidentielle, rien n’est jamais joué.

Cela vaut d’abord pour ce qu’il est convenu d’appeler l’offre électorale. Sur ce point, le passé nous apprend que les candidats désignés trop tôt ne sont pas forcément ceux qui, le jour J, se trouvent sur la ligne de départ. En tête des sondages dans la perspective de l’élection présidentielle de 1995, Jacques Delors avait annoncé le 11 décembre 1994 qu’il renonçait à présenter sa candidature. D’autres – plus nombreux – s’y sont vus contraints. Jusqu’à l’automne 1980, tout laissait penser que l’heure de Michel Rocard était venue. Dans les sondages,...

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La droite, mal-aimée des sondeurs

La droite, mal-aimée des sondeurs | Think outside the Box | Scoop.it

Liberté chérie. Les instituts de sondage ont grossièrement sous-estimé les scores des candidats de droite au premier tour des municipales. Ce n’est pas nouveau.

Dans les premiers mois de 2012, 400 sondages avaient été commandés dans la perspective du duel présidentiel Hollande-Sarkozy : 100 % de ces prévisions avaient placé le candidat de droite au-dessous de son score de 48,4 %… Entre 38 et 47 % ! Le plus curieux, c’est que cet accident industriel de la prévision politique n’a jamais conduit les sondeurs à s’interroger sur leurs méthodes de travail.

Bien au contraire. Au soir du premier tour des municipales, les Français ont découvert une nouvelle salve d’erreurs. À Toulouse, quatrième ville de France, où la droite et le PS étaient donnés au coude à coude, l’UMP Moudenc précède son rival socialiste de 5 points. À Marseille, plusieurs instituts avaient proclamé la victoire du socialiste Patrick Mennucci. Durant dix semaines, les médias répétèrent que le “système Gaudin” avait vécu. Dimanche soir, surprise ! Gaudin arriva premier, totalisant deux fois plus de voix que son challenger socialiste, lequel termina en troisième position, derrière Stéphane Ravier, du FN. Savoureux.

À Paris, Anne Hidalgo devait triompher de NKM. C’était écrit ! Des amis proches avaient même renoncé à se rendre aux urnes : “Éric, les jeux sont faits.” Contredisant tous les sondages, NKM arriva en tête dimanche, avec plus d’un point d’avance. À Hénin-Beaumont, les sondeurs avaient crédité le frontiste Steeve Briois de 34 % des voix au premier tour et prophétisé sa défaite au second… Il fut élu dès le premier tour. Commentaire de Briois en direct sur BFM TV : « Il faut arrêter de dépenser des fortunes en sondages. Ces gens ne servent à rien. Ils faussent le jeu démocratique. Il faut leur botter les fesses. »

À Nancy, le candidat de la droite, Laurent Hénart, devait être dépassé par la gauche. Hénart franchit la barre des 40 %, avec près de 6 points d’avance. D’autres erreurs de prévision importantes furent aussi enregistrées à Caen, Reims, Strasbourg, Metz, Avignon, Béziers…

Alors que je les interrogeais sur cette pathologie récurrente, Jérôme Sainte-Marie, de PollingVox, et Julien Goarant, d’OpinionWay, m’expliquèrent qu’il est très difficile de mesurer les intentions de vote de l’électorat de droite parce que ce dernier a une faible “visibilité” (il rechigne à révéler sa décision aux sondeurs). Après des années de prévisions aléatoires, cet aveu d’impuissance ne manquait pas de sel.

Tout cela m’amène à faire trois commentaires :

1. Ces sous-estimations s’effectuent systématiquement au détriment des candidats de droite.

2. Personne ne saura jamais l’effet dévastateur qu’elles ont sur les votes.

3. Il est sidérant que journalistes bien-pensants et experts ne s’offusquent jamais de cette habitude qui parasite le jeu démocratique.

Jacques Le Bris's insight:

Les sondeurs parasitent la vie démocratique !

C'est le moins que l'on puisse dire.

Par exemple à Toulouse pour les municipales 2014 : BVA a occulté la liste du Rassemblement Citoyen, offrant à ses concurrents un tour supplémentaire de tous les médias.

Certaines associations se basant sur ce sondage n'ont pas invitée cette liste à de nombreux débats par le défaut d'information ainsi créé.

On ne peut donc dire à quel point les projets qui intéressaient les Toulousains ont été sacrifiés devant l'arrogance de cet institut de manipulation des masses qui n'a pas voulu faire de correctif car LA LOI l'autorise à faire ce qu'elle désire : y compris tromper les gens !

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Pourquoi les sondages se sont trompés pour Toulouse

Pourquoi les sondages se sont trompés pour Toulouse | Think outside the Box | Scoop.it

Le 18 mars, à cinq jours du premier tour, un sondage TNS-Sofres-Sopra (pour le Nouvel Obs/RTL) donnait encore Cohen en tête devant Moudenc (36 % contre 35 %) et les Verts devant le Front National (9 % contre 6 %) à Toulouse. Dimanche soir, pas de chance, Moudenc (38 %) distançait assez sévèrement le maire sortant (32 %) tandis que le FN Laroze (8 %) doublait le Vert Maurice (6 %). L'IFOP, lui, dans un sondage paru le 20 mars, donnait le bon ordre, mais avec des scores erronés : Moudenc (37), Cohen (34), Laroze (9) et Maurice (8).


La plupart des sondages effectués par les divers instituts n'ont pas su prévoir l'écart conséquent entre Moudenc et Cohen. Ils ont aussi sous-estimé (d'environ 2 %) le Front National, comme souvent, malgré les corrections d'usage effectuées par les instituts qui estiment que les sondés hésitent à déclarer qu'ils vont voter FN. Mais les sondages ont eu raison en prédisant un FN en dessous de la barre des 10 %.

On pourra aussi leur reprocher d'avoir systématiquement minoré l'impact d'Elisabeth Belaubre, créditée de moins d'1 %, qui a finalement obtenu 2,42 % des suffrages, et d'avoir souvent mal évalué Sellin. Mais cela reste anecdotique, compte tenu de la marge d'erreur, autour des 2 %. Aucun institut ne s'est intéressé au vote blanc/nul qui représente pourtant 2,45 % des exprimés. Avec 3 185 suffrages, le vote blanc occupe la 6e place, devant les cinq «petits» candidats !

«La démobilisation à gauche s'est accélérée dans les derniers jours, du fait de l'actualité», estime Stéphane Zumsteeg, d'Ipsos, «les sympathisants PS se sont plus abstenus que les autres, selon nos enquêtes sur le profil des abstentionnistes à la veille du premier tour», indique le sondeur pour justifier la surcote donnée à Cohen (36 %) par le sondage Ipsos/Steria publié dans la Dépêche un mois avant le premier tour : «On n'était pas si mauvais, on donnait Moudenc devant à 37 % (Cohen 36) et la participation entre 49 et 53 %». Elle fut de 52 %. Mais le sondeur reste prudent sur le résultat final : «On donnait 51-49 pour Cohen, mais c'était un mois avant le premier tour…»


Philippe Emery...

Jacques Le Bris's insight:

Ceci est d'autant plus grave que tous les journalistes les ont pris pour argent comptant et ont traité les "petits" candidats avec un mépris inadmissible.

Au point qu'on peut dire que les sondages ont trompé les Electeurs et bafoué la Démocratie.

Vous savez tous ce que je pense des sondages :

http://0z.fr/232eT

Après on s'étonne devant les résultats obtenus et au dégoût profond des citoyens devant l'état de notre République bananière.

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Jacques Le Bris's curator insight, March 26, 2014 4:59 AM

Ceci est d'autant plus grave que tous les journalistes les ont pris pour argent comptant et ont traité les "petits" candidats avec un mépris inadmissible.

Au point qu'on peut dire que les sondages ont trompé les Electeurs et bafoué la Démocratie.

Vous savez tous ce que je pense des sondages :

http://0z.fr/232eT

Après on s'étonne devant les résultats obtenus et au dégoût profond des citoyens devant l'état de notre République bananière.

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Municipales 2014. L’absence d’Elisabeth Belaubre dans le sondage est « une faute de Démocratie »

Municipales 2014. L’absence d’Elisabeth Belaubre dans le sondage est « une faute de Démocratie » | Think outside the Box | Scoop.it
Ce lundi, un sondage BVA pour le quotidien Aujourd'hui en France et France Inter a confirmé l’avantage de Pierre Cohen sur son adversaire Jean-Luc Moudenc. A coté des deux poids lourds, l’institut a pris la liberté de proposer une hypothètique  d’une liste d’extrème gauche pas encore déclarée alors qu’Elisabeth Belaubre, candidate depuis fin décembre, a été oublié.

Réalisée du 7 au 9 janvier par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 612 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population de Toulouse (quotas par sexe, âge et profession du chef de famille), ce sondage « oublie une liste officiellement déclarée depuis le 20 décembre, celle que je conduis moi-même », dénonce Elisabeth Belaubre, candidate du Rassemblement Citoyen. « Cela qui signifie que les six-cents et quelques citoyens interrogés se sont entendu dire, en toute confiance, qu'il y avait sept listes déclarées sur Toulouse. Alors qu'il y en a huit. C'est un mensonge par omission, adressé à un grand nombre d'électeurs, donc une forme de propagande électorale contre la liste que je conduis ».

« Erreur par incompétence, intox, censure, mépris … ? Choisissez. Mais dans tous les cas, une faute de Démocratie. La liste que je présente est là pour dire, éclairée par mon expérience de troisième adjointe à la Mairie de Toulouse, ce que personne ne dit : les dérives financières sur trop de dossiers, les choix absurdes voire nuisibles aux citoyens, motivés par de stupides rivalités de partis ou de personnes, l'arbitraire totalitaire du maire qui ne reconnaît la pluralité qu'au moment des élections, et marche dessus le reste du temps (avec malheureusement l'accord contrit des partenaires, peu rebelles il est vrai), et l'inertie, et le confort des habitudes... », écrit Elisabeth Belaubre dans un communiqué.

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