Sécheresse : une ville du Texas contrainte à recycler l’urine de ses habitants | zegreenweb | Think outside the Box | Scoop.it

Les habitants de Big Spring, au Texas sont amenés à boire leur urine…recyclée évidemment. Un plan B mis en place par la municipalité afin de contrer la sécheresse qui sévit dans le sud des Etats-Unis.

Le Texas traverse une incroyable période de sécheresse. Une situation exceptionnelle qui touche plus de 70% du territoire texan et qui engendre « des pertes de récoltes importantes et des pénuries d’eau (…) créant des situations d’urgence », a indiqué le Centre national sur la sécheresse dans un récent communiqué. Accablée par la situation, Big Spring, commune située à l’ouest du Texas, aurait trouvé une solution pas très appétissante : recycler l’urine de ses 27 000 habitants. Pour ce faire, la municipalité a investi treize millions de dollars, soit un peu plus de neuf millions d’euros, dans une usine de traitement des eaux usées, un système de recyclage inspiré par la NASA. Celle-ci prélève les eaux usées et les filtres avant de les soumettre à un processus d’osmose inversée. Le reste des impuretés est ensuite éliminé grâce à du peroxyde et des ultraviolets, et l’eau ainsi nettoyée est mélangée à de l’eau potable avant d’être réinsérée dans le réseau de distribution. Ce processus élaboré assure la production d’une eau potable conforme aux réglementations : toutes traces de produits pharmaceutiques ou résidus cancérigènes sont supprimées.

 

C’est la seule solution

 

Et si le principe semble écœurant, les habitants paraissent plutôt d’accord – de toute façon, ont-ils réellement le choix ? Les précipitations se font rares : seuls 2,5 centimètres de pluie sont tombés sur l’Etat du Texas, au lieu de 18 en cette période de l’année. La pire sécheresse depuis quarante-quatre ans, selon le site d’information américain Bloomberg, dont les conséquences s’avèrent désastreuses. Plusieurs lacs et rivières s’assèchent, entraînant pour certains points d’eau une carence en oxygène, qui provoque la mort des poissons et la prolifération de la bactérie Chromatiaceae, qui rend les eaux rouge sang, comme le réservoir de San Angelo. « C’est écœurant de constater que le niveau de l’eau ne cesse de descendre et de voir une magnifique perche flotter le ventre en l’air », se désole Charles Cruz, technicien au parc de San Angelo. De leur cotés, les éleveurs estiment qu’il faudra au moins une décennie pour reconstituer leur troupeaux, et les agriculteurs s’attendent à une année noire tant leurs récoltes sont maigres. Avec de tels effets, les habitants ne peuvent qu’adopter ce nouveau système en se prenant pour des astronautes… si ça peut les aider à faire passer la pilule !