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"Il appartient à la communauté musulmane de faire sa révolution"

"Il appartient à la communauté musulmane de faire sa révolution" | Think outside the Box | Scoop.it

Jonathan Claes a vécu de plein fouet les attentats de Bruxelles. Il a été interloqué par le texte du réalisateur Ismaël Saidi " Pourquoi les musulmans ne descendent pas dans la rue pour condamner ? Parce que... ". Voici sa réponse.

 

J'ai longtemps hésité à écrire ce commentaire. La raison première étant que je ne veux choquer personne, la seconde que je ne souhaite pas m'aliéner certaines de mes connaissances, ni m'attirer la foudre d'inconnus. Puis, je me suis rappelé combien j'abhorre cette chape de plomb qui semble s'être abattue sur le débat public et qui contribue à juger tabou et à exclure certains sujets de discussion. La première étape de la résolution d'un problème est de reconnaître son existence, la deuxième de savoir le nommer...

Le mardi 22 mars 2016, comme beaucoup d'autres belges, je me suis rendu à Bruxelles pour travailler. J'étais à la gare de Bruxelles-Schuman lorsque j'ai appris les explosions qui venaient de frapper l'aéroport. J'ai écrit à mes parents et à ma compagne, actuellement en congé de maternité, pour leur dire que je les aime et que j'allais me dépêcher à sortir du hall de la Gare du Nord lorsque mon train y arriverait, de peur d'un scénario similaire aux attentats du 13 novembre à Paris. Le futur me donnera raison, mais contrairement aux malheureuses victimes de la station Maalbeek, j'ai eu la chance que les terroristes ne choisissent pas ma gare d'arrivée comme cible, et que ma compagne s'occupe actuellement de notre nouveau-né?: elle transite par cette station de métro à la même heure chaque jour. J'ai donc passé la journée confiné dans un bâtiment, à prendre des nouvelles de mes amis, de ma famille et à leur donner des miennes. À constater l'absence de collègues (dont certains, je l'apprendrai plus tard resteront marqués à vie dans leur chair et dans leur esprit), à suivre les informations, à m'organiser pour le retour, à réfléchir sur le futur. Car c'est malheureusement loin d'être un cas isolé, et tous les experts s'accordent à dire que ce n'est certainement pas le dernier attentat de ce type sur le sol européen.

Depuis les années 2000 seulement, on comptabilise une liste non-exhaustive de plus de 156 attentats d'origine islamiste totalisant plusieurs milliers de victimes innocentes. De l'Irak, la Lybie, Israël, la Syrie, le Yémen, le Koweït, la Jordanie et l'Arabie Saoudite en passant par le Liban. Du Nigéria, du Tchad, de la Somalie, du Cameroun au Mali en passant par le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire sans oublier le Maroc, l'Algérie et l'Égypte. Au Canada et aux États-Unis. De la Russie en passant par la Tchétchénie, l'Inde, le Pakistan et le trop évident Afghanistan. De la Tunisie à la Turquie pour nous mener à la Bulgarie, à l'Italie, à l'Espagne, la France, la Belgique, l'Allemagne, la Royaume-Uni, la Suède et le Danemark sans oublier les plus lointains Thaïlande, Indonésie et Australie. À travers le globe des dizaines de groupements terroristes sèment la mort et laissent derrière eux un cortège de tristesse et de désolation. Quels que soient leur origine, leur nationalité, leur âge ou leur histoire, tous proclament la même foi et le service d'une même religion pour justifier leur actes criminels.

Alors quand je lis l'article de Mr. Saïdi, je ne peux m'empêcher de penser que sous des abords de bonne volonté, se cachent le même communautaro-centrisme et la même victimisation qui sont les premiers arguments de défense que l'on voit poindre lorsque que l'on aborde la passivité de la communauté musulmane face aux attentats terroristes d'origine islamiste. C'est une réponse qui tend à vouloir clore le débat avant même qu'il n'ait pu prendre place. "Notre communauté est la première touchée, les coupables de ces crimes ne sont pas de vrais musulmans, l'Islam interdit la violence": circulez, il n'y a rien à voir. Jusqu'au suivant.

Mr. Saïdi, lorsque vous citez très justement les nobles tâches entreprises par nos concitoyens de religion musulmane lors des attentats, vous semblez vouloir y opposer les belges d'autres obédiences. N'y avait-il pas de catholiques, de protestants, de juifs, de bouddhistes, d'athées, d'agnostiques, que sais-je encore parmi les services d'ordre, les pompiers, les ambulanciers, les militaires, les médecins, les conducteurs de taxi, de métro ou de tram? Leurs actions ont-elles moins de valeur à vos yeux? Et pour poursuivre sur le sujet premier de votre billet à savoir la révolte ou à tout le moins la remise en question, ces actions emplies d'humanité et de solidarité empêchent-elles par la suite d'entreprendre une réflexion approfondie sur la mauvaise interprétation qui mène beaucoup trop de croyants musulmans à commettre de telles atrocités de par le monde? Ces bonnes actions accomplies mardi après-midi empêchent-elles la communauté musulmane de se lever d'un seul corps et de crier son opposition à de tels massacres?

Car si je constate de brèves et individuelles condamnations de représentants de la communauté musulmane, je ne vois pas de grands rassemblements de masse passionnés tels qu'on sait cette même communauté capable lorsqu'un dessinateur à le malheur de caricaturer le prophète ou qu'un bulldozer israélien détruit une maison palestinienne. Encore une fois, la vie d'un être humain a-t-elle moins de valeur lorsqu'elle fait partie d'une religion ou d'une autre? Le mépris répété de la vie elle-même suscite-elle moins de passion qu'un blasphème?

Car de par le monde, et depuis plusieurs décennies maintenant ces actes barbares se répètent. Quel que soit le continent, la couleur de peau des victimes comme des perpétrateurs, la langue utilisée pour prier, il n'existe qu'un seul point commun: la religion des coupables et la justification communautariste qu'ils expriment.

À partir de combien d'attentats, de combien de morts et de blessés, de combien de familles innocentes détruites, de combien de pays touchés et de combien de nationalités différentes de terroristes se référant tous à la même idéologie va-t-on enfin oser admettre le fait que la source de tous ces maux réside dans la religion islamique?

Les racines socio-économiques du mal? Ben Laden n'était pas seulement riche, il avait fait ses études dans les plus grandes universités occidentales. Le terroriste qui a semé la mort sur une plage tunisienne était étudiant à l'université. Abaaoud était le fils d'un commerçant prospère et était inscrit dans un collège huppé de la capitale. Les frères Abdeslam possédaient un café, l'aîné travaille encore pour sa commune. Les exemples se multiplient qui discréditent la thèse de la pauvreté comme seule racine du mal.

Le racisme occidental comme matrice de la violence? De nombreuses vagues de communautés et nationalités se sont succédées en Europe depuis le 20ème siècle. Aucune ne réalise de fait un tel rejet envers la culture de sa société d'accueil après 3 générations. Ce rejet se traduisant notamment par un taux de mariages extra-confessionnels minimum, ou une surreprésentation dans les prisons comparativement à la proportion globale de citoyens musulmans. Aucune n'exprime une telle volonté d'imposer à l'organisation d'une société laïque des préceptes religieux éculés importés d'un pays pourtant abandonné (hallal dans les écoles et les prisons, abattage rituel, horaires/services différenciés pour les femmes musulmanes, voiles, burqas et autres attributs communautaires dans les institutions publiques, prières de rue, pressions conscientes ou inconscientes pour abandonner le nom de vacances, d'activités, de cours...). Que n'avons-nous fait de compromissions, "d'accommodements raisonnables"? Quand s'infléchira le poids de cette culpabilité qui pousse les sociétés occidentales a sans cesse effacer leur histoire et leur culture de peur de ne pas se montrer assez ouvertes?

Un problème de cohabitation culturelle donc? Les très riches monarchies moyen-orientales appliquant souverainement les principes religieux islamiques font montre d'une violence ordinaire et d'une discrimination patente envers les femmes, les homosexuels, ou les individus de confession différente. Combien de lapidations, de décapitations ou de flagellations peuvent se justifier au Moyen-Orient par le racisme occidental ou une situation socio-économique défavorable?

Les interventions occidentales au Moyen-Orient? La majorité des terroristes qui ont sévi en France et en Belgique sont nés en Europe, parfois même comme leurs parents avant eux et y ont vécu toute leur vie. Quelles victimes étaient nées pendant la colonisation? Combien des victimes ont participé ou soutenu une quelconque action en Irak ou en Afghanistan? Combien de cibles étaient strictement militaires? Comment peut-on haïr à ce point un pays dans lequel on a toujours vécu et qui offre à tout le moins une liberté au culte qu'eux-mêmes ne rêvent que d'imposer à des milliers de kilomètres de là.

Les autres confessions ont-elles aussi engendré des criminels? Assurément, des monstres sont nés au sein de nos cultures occidentales! Mais ces criminels, leurs forfaits aussi abjects soient-ils sont des individus isolés qui ne se revendiquent pas d'une même idéologie mortifère, qui ne partagent pas la même volonté d'imposer au monde un mode de vie décrit il y a plus de 1400 ans. Tous ne tuent pas aveuglément et indifféremment au non d'une seule et même religion, d'un seul et même livre sacré, du même prophète. Nous sommes en 2016, la religion catholique a su battre sa coulpe de ses crimes passés depuis bien longtemps.

Et puisque la communauté musulmane ne peut souffrir qu'une personne étrangère à sa culture et à sa religion ne mette en cause ses modes de croyances (sous peine d'être très vite publiquement catalogué de raciste, d'extrémiste, de xénophobe ou discrédité pour son manque de connaissance de cette culture), il n'appartient qu'à elle de se révolter, de faire sa révolution, de renier les extrémistes. Il est temps d'arrêter la complaisance aveugle, le détournement de regard hypocrite, l'entraide communautaire au-delà des lois. Mais la communauté musulmane en possède-t-elle seulement la capacité, et plus important encore, en a-t-elle la volonté? Que n'entend-on au lendemain de chaque attentat? Ces terroristes ne sont pas de vrais musulmans, l'Islam interdit la violence. Circulez, il n'y a rien à voir. La première étape pour la résolution d'un problème est pourtant sa reconnaissance...

Je citerai Edmund Burke: "La seule chose nécessaire au triomphe du mal, est l'inaction des hommes de bonne volonté". L'histoire nous a tragiquement démontré à de nombreuses reprises que lorsqu'une partie d'une communauté verse dans l'extrémisme violent, la majorité silencieuse et passive est irrelevante.

Il me faut à présent vous avouer que j'écris ces lignes sous le coup de la colère et de la peur. L'une et l'autre sont très mauvaises conseillères, j'en conviens et vous le concède. Mais le problème que je décris n'est pas neuf, et ce n'est pas ce qui contribue le plus à mon état d'indignation et de frustration actuel. Je suis d'ordinaire une personne d'action, lorsqu'un problème surgit, je ne l'ignore pas, je ne le laisse pas pourrir, je ne m'apitoie pas sur mon sort: je l'analyse et je tente de le résoudre au mieux de mes capacités et à mon humble niveau. Dans le cas présent, j'ai l'impression que les citoyens non-musulmans sont muselés et stigmatisés s'ils osent vouloir promouvoir un débat sur le rôle de l'Islam dans nos sociétés, et que la communauté musulmane qui seule détient les clefs d'une solution pacifique et pérenne se refuse de reconnaître le moindre problème. Quel monde vais-je pouvoir laisser à mon fils...

Jonathan Claes - Cadre travaillant à Bruxelles

 

P.S. : Bien que de nationalité belge, je suis fils et petit-fils d'immigrés et mon fils est métis. J'ai travaillé dans 3 pays différents et j'ai voyagé épisodiquement de par le monde avec mon sac à dos pendant plus de 10 ans. Mes tribulations sur les 5 continents au contact et à la recherche d'autres cultures m'ont notamment mené en Malaisie, en Indonésie, en Palestine, en Jordanie et en Égypte. Je n'écris pas cela pour donner du poids à mes propos, mais au contraire afin d'éviter que mon commentaire soit discrédité pour des raisons fallacieuses. J'ai trop vu ces derniers temps d'articles voués à l'opprobre dû aux critiques sur la nature de leurs auteurs dont le seul crime était de ne pas posséder de "légitimité" pour aborder ce sujet. Comme si la réponse à 1+1 étant 2 se trouvait plus ou moins correcte voire même pouvait s'en trouver odieuse selon la nature de la personne qui répond...

Ma seule légitimité est d'être un citoyen belge, et je crois qu'il est encore de mon droit, si ce n'est de mon devoir en ce 23 mars 2016 de faire usage de ma liberté d'expression.

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La troisième révolution industrielle donnera du travail à tous !

La troisième révolution industrielle donnera du travail à tous ! | Think outside the Box | Scoop.it

[Rencontres économiques d'Aix] Pour le prospectiviste américain Jérémy Rifkin, la troisième révolution industrielle, qui va aboutir à la constitution d'un véritable « Internet de l'énergie », nécessitera la création de nombreux emplois pendant plusieurs dizaines d'années. Aussi bien pour les salariés non qualifiés que fortement diplômés.

 

À condition de ne pas manquer la troisième révolution industrielle, la question de l'emploi n'en est plus vraiment une aujourd'hui. Transformer les bâtiments pour les mettre aux nouvelles normes énergétiques, constituer des réseaux électriques intelligents, revoir nos réseaux de transport... voilà qui va donner du travail, pour trente-cinq ans au moins, à de nombreux salariés. La relance de la construction, notamment, constitue la clé de l'emploi. Pour des travailleurs non qualifiés comme qualifiés : cela va des simples ouvriers aux architectes en passant par les techniciens...

Chaque immeuble aux nouvelles normes devra être à « énergie positive », autrement dit, producteur d'électricité. La question du contrôle des flux d'énergie au niveau de chacun d'entre eux devient donc cruciale. Cela va induire de profonds changements dans les réseaux électriques. Ils avaient été conçus comme extrêmement centralisés, avec de grosses installations nucléaires fournissant toute une région. Ils vont devoir être repensés, pour connecter une multitude de producteurs d'électricité, sur un mode décentralisé. En France, EDF et GRDF (réseaux) commencent à en prendre conscience. Pour l'État français c'est une vraie révolution. L'État jacobin doit faire sa mue, il doit en finir avec la centralisation de l'action publique. C'est vrai tout aussi bien pour les réseaux électriques que pour ceux de transport, qui doivent être totalement revus et modernisés, dans une optique de réseaux numériques et intelligents. Les Allemands, qui ont beaucoup plus que les Français une culture de la décentralisation, ont déjà entamé cette troisième révolution industrielle, qui joue sur les synergies entre énergies renouvelables et Internet, constituant un « Internet de l'énergie ».

Les Français pas encore. Ségolène Royal, que j'ai rencontrée, pour lui remettre le rapport qu'elle m'avait commandé - et que j'ai corédigé avec Corinne Lepage - sur cette troisième révolution industrielle, en comprend les enjeux. François Hollande, aussi. Mais, à ce stade, nous n'en sommes qu'aux mots.

Comment financer cette révolution ? Les besoins sont immenses. Mais les investissements, au niveau européen, sont chaque année très importants. Même en période de récession. Il s'agit de les réorienter. À cette condition, la question de l'emploi pourra être résolue, et toutes les théories actuelles sur la polarisation du marché du travail et la disparition de la classe moyenne n'auront plus aucune valeur : il y aura du travail pour tout le monde, largement !

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NEWSNIGHT: Paxman vs Brand - full interview

Publiée le 23 oct. 2013

Newsnight's Jeremy Paxman talks to Russell Brand about voting, revolution and beards.

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Silence ! On vire !

C'est le moment ou jamais !

Il faut diffuser cette vidéo et parler autour de soi de ce qui se passe en Islande. Ce qui se passe est historique et j'espère que la contagion gagnera le reste du monde soit-disant libre.

Cette vidéo est la preuve que nous pouvons changer les choses et je remercie Peter de "The Plot 911" de l'avoir mise en ligne. C'est par soucis de maximisation de sa diffusion que je me permet de la mettre à nouveau en ligne.

N'hésitez pas à faire comme moi en changeant le titre pour que cette vidéo se propage comme un virus, vous participerez ainsi à la libération !

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Lettre ouverte au monde musulman

Lettre ouverte au monde musulman | Think outside the Box | Scoop.it

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident!

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'indignes devant une telle monstruosité, tu t'insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d'habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir... Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l'islam et pas un autre masque ? C'est qu'en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l'admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu'ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l'étendue des ombres d'obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance!

 

 

 

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l'être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l'«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes: impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; prison morale et sociale d'une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux, d'années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n'est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu'elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu'est le culte du dieu argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l'admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'«Il n'y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans laOumma pour s'insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, et n'admettent pas qu'on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu'ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

Or cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l'État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam de la tradition et du passé, l'islam déformé par tous ceux qui l'utilisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d'autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n'ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s'est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, c'est-à-dire une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par « l'islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que « La doctrine de l'islam est unique » et que « L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles - de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t'étonne donc pas, ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l'aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande,Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t'arrive - tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

Abdennour Bidar Devenir fan

Philosophe spécialiste des évolutions contemporaines de l'islam et des théories de la sécularisation et post-sécularisation

 

Jacques Le Bris's insight:

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Plaidoyer pour un Medef de la troisième révolution industrielle

Plaidoyer pour un Medef de la troisième révolution industrielle | Think outside the Box | Scoop.it

Qu’il s’agisse d’économie circulaire, d’énergies renouvelables, d’efficacité énergétique, d’agriculture durable, la France patine, quand n’a pas été créé par une politique de stop and go suicidaire, un véritable champ de ruines. Pourquoi ? Tout simplement, car les intérêts économiques de ces secteurs ne sont pas défendus suffisamment dans la mesure où les grandes entreprises qui les ont très partiellement investis ont leurs intérêts économiques et financiers majeurs dans des secteurs conventionnels, précisément menacés par la 3ème révolution industrielle. Pourquoi voulez-vous que les propriétaires exploitants des incinérateurs, qui sont comme par hasard les grands donneurs d’ordre du secteur de déchets favorisent le recyclage et la réutilisation des déchets sans lesquelles leurs installations ne peuvent  fonctionner ? Comment voulez-vous que les gaziers et électriciens voient d’un bon œil le développement des énergies renouvelables ? Ils sont évidemment à l’origine de la destruction volontaire de la filière photovoltaïque en France et du lobbying mené sans relâche contre le rachat des énergies vertes. Comment voulez-vous que la sobriété énergétique puisse permettre comme en Allemagne le développement de l’Internet des objets quand le chauffage électrique reste un outil de promotion privilégiée de EDF ?

L’essor de ces nouvelles activités économiques et industrielles, si nécessaire en ces temps de crise, ne pourra venir que pour autant qu’une logique économique conforme à leurs intérêts pourra se mettre en place. Cela signifie par conséquent organiser un nouveau rapport de force entre l’économie du XXIème siècle et celle du XXème siècle. Pour y parvenir, il est indispensable et urgent de créer un Medef propre à ces entreprises, réservé à celles d’entre elles qui ont réellement leur intérêt dans cette nouvelle rationalité. Notamment, ouvrir, comme le font les organisations actuelles, leurs administrations à toutes les entreprises du secteur nucléaire ou gazier dont l’intérêt principal est de s’opposer au développement des énergies renouvelables, n’a pas de sens. Pour être plus précis, EDF énergies nouvelles représente moins de 1% du chiffre d’affaires d’EDF qui combat systématiquement le rachat de l’électricité verte. En conséquence, intégrer à ces organisations EDF énergies nouvelles revient à faire entrer le loup dans la bergerie et bloquer par avance toute position ferme et offensive de la structure concernée.

Un Medef des industries de la troisième révolution industrielle, quel qu’en soit le nom, devrait se donner comme objectif de créer un autre rapport de force en particulier en coopérant avec le secteur des NTIC (Nouvelles technologies de l'information et de la communication, NDLR) puisqu’il s’agit bien aussi de développer l’Internet de l’énergie. Il s’agit aussi d’entrer dans l’économie de la fonctionnalité, l‘âge de l’accès, comme l’a écrit Jérémy Rifkin voici 15 ans, c’est-à-dire de fonder la création de valeur non plus sur la fabrication des objets mais sur leur utilisation. Pour changer de braquet, dans lequel le modèle industriel est à reconstruire, et c’est peut-être à cet égard une chance, il faut repenser la réglementation, la fiscalité, la logique économique. Si les déchets deviennent des matières premières secondaires, ils deviennent une richesse potentielle et doivent à ce titre être valorisés. Les laisser racheter comme nous le faisons aujourd’hui par millions de tonnes par la Chine est une absurdité. Sait-on que dans une tonne de broyats de matériel électronique fabriquée par la seule entreprise qui le fasse, aux Pays-Bas, se trouve 250 g d’or alors que dans une tonne de minerai, on extrait que 50 g. Sait-on que depuis une décennie, des firmes américaines comme Dow Chemical loue des molécules chimiques mais ne les vend pas, des firmes d’ascenseur ou de moquettes louent leurs produits mais ne les vendent plus. Cette nouvelle rationalité économique ne peut se banaliser qu’avec des révolutions permettant l’innovation et surtout sa mise en œuvre, une fiscalité favorable aux progrès sociaux et environnementaux et une popularisation des bases de cette nouvelle économie triplement gagnante : créatrice de valeur, soutenable et créatrice de sens.



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La troisième révolution industrielle est en marche et nous pouvons tous y participer

La troisième révolution industrielle est en marche et nous pouvons tous y participer | Think outside the Box | Scoop.it

La « troisième révolution industrielle » est une expression popularisée par un récent essai de Jeremy Rifkin. Mais s’il se penche attentivement sur la question de l’énergie, qu’il envisage durable et distribuée, il se montre moins prolixe sur la question de la production.

Or là aussi de profonds bouleversements nous attendent…

Je casse une assiette aujourd’hui. Je prends ma voiture pour aller chez Ikea en acheter une autre (construit en Chine). Je casse une assiette demain. Je vais chercher sur Internet le fichier numérique « assiette », puis je demande à mon imprimante 3D de m’en créer une nouvelle sous mes yeux ébahis.

Et là où ça devient encore plus intéressant c’est quand l’imprimante tout comme le fichier sont libres, m’assurant alors que j’aurais une grande variétés de fichiers « assiette » à télécharger et que je pourrais même les modifier à ma guise avant de les imprimer :)

(...)

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Barroso veut une responsabilité pénale des financiers en droit européen

Barroso veut une responsabilité pénale des financiers en droit européen | Think outside the Box | Scoop.it

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a proposé l'inscription dans le droit européen d'une "responsabilité pénale individuelle des acteurs financiers", qui permettrait d'exposer les contrevenants à des "sanctions pénales", dans une interview au quotidien Le Parisien de dimanche.
"Je vais proposer jeudi prochain qu'une responsabilité pénale individuelle des acteurs financiers soit enfin reconnue dans le droit européen", explique M. Barroso. "Nous avons vu des comportements abusifs sur les marchés, certains ont provoqué la crise actuelle. Nous allons réguler ces pratiques ! Ceux qui les violeront encourront des sanctions pénales. Ce sera une première dans la législation européenne et un signal fort", assure-t-il. Alors que se multiplient les mises en cause de la politique européenne et de son incapacité à juguler la crise de la zone euro, le président de la Commission juge également "préoccupant" que "parfois les partis traditionnels incorporent certains éléments du discours de l'extrême-droite, en pensant répondre ainsi aux préoccupations des gens". M. Barroso lance un appel "aux leaders de droite, de gauche et du centre : vous vous trompez, car, pour critiquer l'Europe, vous trouverez toujours plus forts que vous ! Il faut avoir le courage de la défendre". (JDD)

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