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Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard

Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard | Think outside the Box | Scoop.it

Au soir de sa vie, rongé par la maladie, Michel Rocard s’était longuement confié, en mai 2015 puis en mars 2016, pour analyser les raisons de l’échec de la gauche au pouvoir, l’insoutenable légèreté de François Hollande et dévoiler le nom de l’assassin du socialisme : François Mitterrand.

 

Michel Rocard rassemble ses dernières forces. Il a les joues creusées, les yeux fixes. Il reprend sa respiration. Se crispe. Et lâche dans un souffle : « S’il faut désigner le tueur intellectuel du socialisme…». Pause. Une lueur de défi illumine son regard. « Il s’appelle François Mitterrand ! » Il est plus de dix-neuf heures ce jeudi 28 mai 2015 et l’ancien Premier ministre en revient, encore et toujours, au sujet qui a empoisonné sa vie politique, François Mitterrand. 

Rocard enfonce le clou : « C’est épouvantable. Nous gérons les conséquences de son mépris non seulement pour l’économie, mais pour la pensée à long terme. Il y a de quoi se flinguer ! Mais comme ce n’est pas dans mon tempérament, je suis toujours là… » Vaillant, combatif, courageux. Michel Rocard sait pourtant qu’il n’en a peut-être plus pour très longtemps. Deux heures plus tôt, il avait accueilli le visiteur par ces mots glaçants : « Je vais bientôt mourir…» (1) Puis, exhibant plusieurs pages de notes griffonnées de sa petite écriture nerveuse, il avait ajouté : « J’ai préparé cet entretien car c’est sans doute ma dernière prise de parole publique… » Sacrée entrée en matière… Dans ce petit bureau encombré, niché au fond d’une petite rue du VIIIème arrondissement de Paris, l’atmosphère est tout-à-coup lourde, pesante. L’émotion fige l’instant.

 

Michel Rocard se trompe, fort heureusement. Des entretiens, il en accordera bien d’autres au cours des treize mois qu’il lui reste à vivre. Jusqu’aux dernières semaines, jusqu’au dernier moment, le père de la « deuxième gauche » continuera de réfléchir, de disserter, de discuter du sujet qui lui tenait le plus à cœur : le « socialisme démocratique », ses limites et ses bienfaits. Mais ce soir du printemps 2015, il est vrai que l’ancien Premier ministre, alors âgé de 84 ans, fait pâle figure. Sur son bureau s’entassent des piles d’analyses médicales. Autour de son cou, une petite alarme vibre à intervalles rapprochés. L’hôpital cherche à le joindre. Michel Rocard lutte contre le cancer. Il ne s’en cache pas. Sans même qu’on l’interroge, il raconte volontiers ce terrible combat qui ronge son quotidien.

 

La torture de Matignon sous Mitterrand

Et pourtant son visage s’illumine, son regard s’éclaire et son débit s’accélère dès qu’il est question de se pencher sur le sort de la social-démocratie. Les références se bousculent : Olof Palme, le leader suédois assassiné en 1986, son « vieux camarade » espagnol Felipe Gonzales, la rupture avec le marxisme  du SPD allemand lors du congrès de Bad-Godesberg en 1959 mais aussi la création du RMI ou les accord de paix en Nouvelle- Calédonie lors de son passage à Matignon entre 1988 et 1991, les souvenirs s’entrechoquent et Michel Rocard reprend vie.

«C’EST MITTERRAND QUI A DÉTRUIT MA RÉPUTATION AUPRÈS DES JOURNALISTES»

Seule l’évocation d’un nom rembrunit son visage : François Mitterrand... Son meilleur ennemi est mort presque vingt ans plus tôt, le 8 janvier 1996, mais Michel Rocard continue de régler ses comptes avec celui qui lui a gâché la vie publique, et même la vie tout court, celui qui lui a barré la route de l’Élysée. À cause de lui, Michel Rocard a souffert. Beaucoup. Souvent. Dès son ralliement au PS, en 1974, lors des Assises du socialisme, il a été moqué, méprisé, humilié. Son débit rapide et saccadé, son souci de la négociation et du compromis social, sa prise en compte des réalités économiques, tout chez lui était objet de railleries pour François Mitterrand le littéraire, le stratège cynique, l’ambitieux si sûr de lui et de son destin quand Michel Rocard, lui, au fond, n’a jamais cessé de douter de lui-même. « C’est lui qui a détruit ma réputation auprès des journalistes, raconte-t-il ce jour de mai 2015. C’est Mitterrand qui ne cessait de leur répéter : 'Rocard, pffff… De toute façon, on ne comprend rien à ce qu’il dit !' ».

Ses trois années passées à Matignon sous la férule du grand homme, de 1988 à 1991, le pape de la « deuxième gauche » les a vécues comme une torture. Chaque mercredi matin, il arrivait à l’Elysée  la boule au ventre pour son tête-à-tête avec le chef de l’État. Trente minutes plus tard, Michel Rocard en ressortait lessivé. Au plus profond de lui, cette séance d’humiliation hebdomadaire réveillait le souvenir lointain de ses terribles face-à-face avec son père, Yves Rocard, ce scientifique illustre qui n’a cessé de rabrouer son fils parce qu’il avait osé choisir la voie médiocre de la politique… Après avoir subi la foudre jupitérienne de Mitterrand, Rocard s’en allait retrouver les membres de son gouvernement qui le scrutaient et riaient sous cape en le voyant arriver au conseil des ministres, mine défaite, démarche incertaine, dans la foulée souveraine du président en majesté.

 

Mitterrand réincarné en… François Hollande

Un quart de siècle après, secoué de quintes de toux, épuisé par la maladie, Michel Rocard n’en démord pas. Il le répète inlassablement : le coupable, celui à cause duquel le malheur s’est abattu sur la gauche, celui qui la confine dans l’échec et l’impuissance au pouvoir, c’est François Mitterrand. Et le pire pour Rocard, c’est qu’au soir de sa vie, le cauchemar s’est répété lorsqu’il a vu François Mitterrand revenir à l’Élysée réincarné en… François Hollande. Le vice de forme qui obère le quinquennat en cours depuis 2012, Michel Rocard l’a identifié d’une formule: « François Hollande est un fils de Mitterrand. Il est entré de plain-pied major de promo dans l’école Mitterrand dont le précepte principal était : 'Tout ce qui n’a pas de signification, de traduction électorale forte et proche, n’a aucune importance. Il ne faut s’occuper que de l’immédiat, gérer au jour le jour !' »

«COMME MITTERRAND, LE PAUVRE FRANÇOIS HOLLANDE A FINI LUI AUSSI PAR OUBLIER L’ÉCONOMIE»

Ce jour de mai 2015, le prof Rocard corrige la copie de l’élève Hollande. La note est sévère : « Comme Mitterrand, le pauvre François a fini lui aussi par oublier l’économie non pas à cause d’une sorte d’ostracisme politique, mais parce qu’il fait partie de ces politiques incapables de distinguer ce qui est important et ce qui ne l’est pas.» Aux yeux de Michel Rocard, François Hollande est l’archétype de cette génération de responsables politiques qui cèdent tout aux caprices des médias, à leur futilité, à leur légèreté. « Les politiques n’ont plus le temps, car ils subissent une pression de plus en plus terrible de la part des médias qui interdisent de parler de choses compliquées », explique-t-il. Son « copain François » comme il dit, l’amoureux de la presse, l’ami des journalistes, parle trop et trop vite, et n’agit non pas pour l’Histoire, mais pour contenter une poignée d’éditorialistes parisiens.

Pendant de la superficialité de l’action du président, son cynisme directement hérité, selon Rocard, de ce Mitterrand auprès duquel Hollande fit ses premières armes à l’Élysée et qui lui fit prononcer le 22 janvier 2012 désormais célèbre discours du Bourget que le chef de l’Etat porte comme une fardeau depuis son élection. « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance », lança le candidat Hollande. Cette envolée lyrique est devenue son boulet de son quinquennat. Rocard hausse les épaules et soupire  : « Pfff… Guy Mollet a fait douze discours de cet acabit et Mitterrand bien plus encore. Ce n’est qu’une écriture soignée, attentive et brillante de ce que les gens veulent entendre. Mais c’est extérieur à toute réalité. »

 

Rocard, pourfendeur jusqu'au bout de la culture de l'instant

Dix mois plus tard, le vendredi 25 mars 2016, dans le même petit bureau encombré du VIIIème arrondissement de la capitale, Michel Rocard avait retrouvé un peu d’énergie lors de l’ultime entretien qu’il accorda à l’auteur de ces lignes. C’est peut-être cette vitalité retrouvée qui lui faisait regarder avec un peu d’indulgence le parcours de François Hollande dans cette interview publiée dans L’Obs. (2) Montant au créneau pour défendre la loi El Khomri, et la culture du contrat et de la négociation contre les« archaïsmes » du tandem CGT-Medef et la surenchère des « frondeurs », ultimes « partisans du « socialisme administratif », l’ancien Premier ministre accordait un grand mérite au chef de l’Etat au regard de son prédécesseur : « La différence avec Mitterrand, c’est que François Hollande est un honnête homme, ce que caractériellement Mitterrand n’était pas. Il est quand même plus sympathique ». Avant d’ajouter : « Mais il a ceci de commun avec Mitterrand que c’est un homme de la culture de l’instant ». On ne se refait pas…

«ILS NE PENSENT PAS, PARCE QUE MITTERRAND A INTERDIT TOUT DÉBAT»

Se payer de mots pour ne pas regarder la réalité en face. Se laisser bercer par une douce euphorie lexicale plutôt que de mettre les mains dans le cambouis de la gestion pragmatique. Tel
était le tragique destin historique de la gauche française aux yeux de Michel Rocard. Imprégnés d’un épais surmoi marxiste, les socialistes refusent de se mettre en danger intellectuellement. « Ils ne pensent pas, déplorait-il, parce que Mitterrand a interdit tout débat. Pour lui, les idées, c’était dangereux parce qu’elles peuvent potentiellement créer de la subversion. » Hibernatus de la pensée
socialiste, Mitterrand a donc enfanté un disciple tout aussi rétif au débat d’idées, François Hollande.

 

Résultat, assénait Michel Rocard, « tout s’aggrave et on court à la catastrophe. En 2017, nous risquons de perdre dans des conditions électorales déplorables et pour longtemps ». Ce soir de mai 2015, le vieil homme reprend son souffle une dernière fois. Il réfléchit et glisse : « Et encore, une raclée aux élections, ce ne serait que la petite catastrophe » « Et la grande ? », lui demande-t-on. « Ce serait que tout cela finisse par un règlement de comptes dans la rue ! » Avec Michel Rocard, une certaine idée de la gauche, et de la politique, s’éteint.

 

(1) La scène est racontée dans « Frères ennemis, l’hyperviolence en politique », Renaud Dély et Henri Vernet, Calmann-Lévy, 2015.
(2) L’Obs, 7 avril 2016.

(...)

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Lettre ouverte à la classe politique : «Écoutez la société civile !»

Lettre ouverte à la classe politique : «Écoutez la société civile !» | Think outside the Box | Scoop.it

FIGAROVOX/LETTRE OUVERTE - Une enquête du CEVIPOF révèle que 82% des Français ont une vision négative de la politique. Pour Alexandre Malafaye, le système politique français doit être repensé pour permettre à la société civile d'agir.

 

ÉCOUTEZ-NOUS!

Écoutez la société civile.

Cette lettre ouverte est destinée à tous ceux qui dirigent la France et tentent de la gouverner depuis trois décennies, car il est urgent de faire évoluer l'art et la manière de faire de la politique.

Soyons francs. À tort ou à raison, les Français, dans leur très grande majorité, n'ont plus confiance dans leurs dirigeants politiques et syndicaux.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire le baromètre de la confiance politique Sciences Po - CEVIPOF publié chaque année en janvier.

De surcroit, les solutions proposées par les gouvernements successifs semblent inefficaces. L'état des indicateurs économiques et sociaux de la France, qui sont au rouge vif et se dégradent année après année, en atteste.

Dans nos villes et nos campagnes, la colère des Français monte, et leur exaspération se renforce chaque jour devant le spectacle de l'impuissance publique camouflée dans un étrange brouhaha politico-médiatique.

Élection après élection, la représentativité des élus paraît de plus en plus fragilisée, et avec elle, sa légitimité à agir au nom du peuple.

La liberté, l'égalité et la fraternité sont désormais l'apanage d'une minorité privilégiée et nantie. C'est ce que les Français ressentent, et cela nous alarme !

Certains hommes politiques de premier plan estiment que le résultat des élections régionales n'est qu'un «coup de gueule», une «poussée de fièvre». La clairvoyance devrait pourtant les amener à y déceler le signe avant-coureur d'une lame de fond populaire.

Quant aux grands discours sur les valeurs de la République française, ils sonnent faux. La liberté, l'égalité et la fraternité sont désormais l'apanage d'une minorité privilégiée et nantie. C'est ce que les Français ressentent, et cela nous alarme!

Une réponse immédiate s'impose donc. Mais nous sommes bien conscients que l'exercice du pouvoir est complexe et qu'il serait aussi fou de jeter le bébé avec l'eau du bain, que de patienter tranquillement jusqu'à la prochaine révolution.

Nous ne pouvons nous résigner à attendre le second tour de l'élection présidentielle de 2017 et un résultat déprimant pronostiqué à l'envi.

Seize mois pour la classe et le temps politique, c'est court, mais c'est presque une éternité pour ceux qui vivent au présent, sans comprendre où va leur pays.

Face aux difficultés économiques, sociales et éducatives qui frappent la France de plein fouet, face à une

Le temps n'est plus aux débats sans fin et à la politique traditionnelle, mais à l'action.

cohésion nationale sur le point de se déliter, le temps n'est plus aux débats sans fin et à la politique traditionnelle, mais à l'action. Nos compatriotes attendent bien plus que des mobilisations dans l'urgence. La gravité de nos problèmes mérite un autre traitement, à la mesure des périls qui nous guettent et ne manqueront pas de nous mettre à l'épreuve.

La France n'est pas ingouvernable, comme on l'entend trop souvent. Sa réussite et sa capacité à inventer une nouvelle forme de prospérité, plus juste et mieux partagée, sont simplement entravées par un système de gouvernement qui n'est plus adapté.

Le temps est venu de gouverner autrement, de faire de la politique autrement, main dans la main entre la société civile et le pouvoir politique. C'est possible, et c'est urgent.

Le temps est venu de parler aux Français, et non à un camp au détriment des autres. Car on ne bâtit pas une Nation en divisant son peuple.

La société civile ne vous a pas attendus pour agir. Il serait peut-être temps que vous cessiez de l'observer comme on contemple une curiosité derrière la vitre d'un aquarium…

Elle innove et foisonne de solutions qui, un peu partout, dans nos villes et nos territoires, améliorent la gouvernance de la Cité ou la vie des Français, et parviennent à rassembler nos concitoyens, par delà les clivages partisans et les combats politiciens, sur des projets qui servent l'intérêt général et le Bien commun.

Mais il faut aller plus loin, plus vite, pour que « deux Français sur trois », au moins, soient amenés à déployer leur force, leur énergie, leur passion de la France

Il convient, par exemple, de profiter des technologies numériques pour aller vers davantage de démocratie participative, ou d'exploiter des méthodes telles que l'intelligence collective, pour gouverner au plus près des réalités et des besoins.

Mais il faut aller plus loin, plus vite, pour que «deux Français sur trois», au moins, soient amenés à déployer leur force, leur énergie, leur passion de la France. Ensemble, société civile et pouvoir politique main dans la main, nous parviendrons à poser les bons diagnostics, à élaborer une vision d'avenir porteuse d'espoir et d'optimisme, et à mettre en œuvre un projet pour la France, qui recréera de la confiance, de la cohésion et fera émerger une prospérité mieux partagée.

Associez-nous sans plus tarder à la gouvernance de notre pays à tous les échelons, du plus haut au plus bas. Surtout, n'attendez pas mai 2017 et une sanction électorale qui n'en sera que plus sévère et dangereuse pour notre cohésion nationale.

Il vous appartient de profiter de ce formidable potentiel jusque-là contenu, porteur de toutes les énergies de refondation et de transformation de notre pays.

C'est ainsi que nous inventerons une démocratie moderne et une meilleure gouvernance, qui feront de la France un pays qui rayonne à nouveau et utilise ses valeurs - liberté, égalité, fraternité - comme des moteurs pour bâtir une Nation plus juste.

Écoutez-nous! Avant qu'il ne soit trop tard.

 

Alexandre Malafaye est écrivain et président de Synopia, un think tank indépendant et citoyen qu'il a fondé en 2012.

Son livre (Re)prenons le pouvoir! Manifeste pour notre droit à être bien gouvernés, vient de sortir.

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Le hit des politiques qui font honte

Le hit des politiques qui font honte | Think outside the Box | Scoop.it

Les Français sont trop indulgents avec leurs responsables politiques. Ils sont défaitistes et s’en remettent beaucoup trop vite au « ils-sont-tous-les-mêmes ». C’est faux. Il en est beaucoup d’honnêtes et de profondément dévoués à la cause de l’amélioration du sort de leur pays. C’est pour cela qu’il ne faut rien laisser passer aux autres, aux carriéristes médiocres ou misérables.

Il y a plusieurs catégories parmi ceux-là. Les nuls d’abord, la plus nombreuse. Par nuls on entend des personnes qui, faute de travail ou parfois d’intelligence, voient le monde de leur petite fenêtre ou de leur section politique de quartier, de leur « cellule », selon le terme révélateur du Parti communiste. Toujours, ils acceptent une responsabilité sans rien y connaître, c’est comme ça qu’on les reconnaît. Ils argumentent que « tout est politique », décident de mesures biaisées par leurs calculs politiciens. C’est-à-dire qu’ils ne font rien, au mieux, ou font de graves bêtises. Cécile Duflot, l’ancienne ministre du Logement, est l’incontestée reine des nuls. Elle a fait perdre 0,4 point de PIB par an à la France, dixit l’objectif Insee, et des dizaines de milliers d’emplois. Mais retournée dans sa cellule verte, elle continue de pérorer et de manigancer.

Les clowns. Cette catégorie est en croissance grâce à la médiatisation. La presse en crise commerciale redemande des « bons clients », ceux à fortes paroles, ceux qui cassent la baraque, ceux qui racontent n’importe quoi pour alimenter la galerie de petites phrases et de réponses aux petites phrases. Dans ce genre, on attend avec une bouillante impatience le retour d’Arnaud Montebourg. L’intrépide ex-ministre du si drôle « Redressement productif » a fréquenté deux mois l’Insead et revient pour nous expliquer ce qu’est l’entreprise. Il est sacré, depuis des années, le roi du cirque. Souvent battu dans les arbitrages ministériels et ailleurs, il est, sur la piste, imbattable. Reviens Montebourg  !

Mais il existe une troisième catégorie. Au-delà de la première, ceux qui nous désolent, et de la deuxième, ceux qui parviennent encore à nous égailler tant ils sont ridicules, il y a ceux qui nous font honte. Ceux qui piétinent toute morale, crachent sur toute dignité pour agir au nom de leur intérêt personnel le plus bas. En haut de cette affiche de la honte s’était installé Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale. Il calculait qu’il allait perdre son poste en juin 2017 et qu’un siège à la tête d’une région lui permettrait de durer encore. Le voilà candidat en Ile-de-France, région de gauche, donnée comme gagnée. Il va la perdre, ne proposant rien ou pas grand-chose faute de travail et faute d’idées, et tenant des propos infects sur son adversaire Valérie Pécresse. Le lendemain, le vaincu est retourné sur son perchoir de l’Assemblée comme si de rien n’était, comme si le peuple ne lui avait pas signifié un cinglant échec. Pour lui, la politique, c’est sa pomme, que sa pomme, rien que sa pomme. Sur son front s’est imprimée la honte.

Mais ce héros est renversé sans débat par Emmanuelle Cosse. Le mardi, la présidente d’EELV réaffirme tout le mal qu’elle pense de la politique du gouvernement, sur la ligne économique générale comme sur le chapitre du nucléaire ou sur celui, fondamental, de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle dénonce le désir de ses petits amis Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili d’aller à la soupe. Elle se prononce pour une primaire à gauche, hypothèse déstabilisante pour le chef de l’Etat. La voilà en leader d’EELV ferme et déterminée. Jeudi, elle est ministre. La mâchoire de Marianne se décroche. Puis la stupéfaction est immédiatement balayée par le dégoût. Au hit de la honte, Mme Cosse est tout en haut.

 

Pas au Logement !

Ce serait sans importance aucune. On laisserait vite Mme Cosse à son bonheur d’avoir une voiture avec un gyrophare bleu qu’elle croit vert. Son pimpon-pimpon lui sera très utile dans les embouteillages de Paris que son mari, ex-responsable des Transports à la ville, s’est tant échiné à multiplier, avec succès. La voilà ministre. Toute sa vie elle pourra se faire appeler « Madame la ministre ». Formidable. Mais François Hollande l’a nommée au Logement, le poste saboté par son ex-copine ennemie Mme Duflot.

Cette décision constitue une erreur incompréhensible. La nommer ministre de n’importe quoi d’autre au nom de calculs pour 2017 passe encore. Mais au Logement ! Comment le président de la République peut-il ainsi rejeter le doute vert dans un secteur qui se remet tout juste de la dévastation Duflot ?

Bob Dylan + IBM Watson sur le langage 

Watson et Dylan parlent musique, paroles et langage. Watson entonne même un air pour illustrer son « talent » de chanteur.

Voir la vidéo
Proposé par IBM

Comment ne comprend-il pas que par son apport de 0,4 point de PIB, ce secteur du BTP représente le supplément de croissance indispensable pour inverser la courbe du chômage quand la conjoncture extérieure vient s’abîmer ? Les prix du logement remontaient, la construction repartait, et que dit Mme Cosse dans sa toute première déclaration ? Que la loi ALUR de sa copine est géniale et que la modération des loyers va s’étendre à plein de villes.

Même si ensuite, comme je l’imagine, Manuel Valls va tenir en double bride cette ministre déshonorée, ce que n’a jamais pu ou su faire Jean-Marc Ayrault pour Cécile Duflot, et même s’il va rassurer la profession du bâtiment, le mal est forcément fait.

Comme toujours depuis janvier 2013 lorsqu’il a opté pour une politique sociale-démocrate, François Hollande a continué à démolir la confiance en donnant des gages à la gauche de la gauche qui combat cette ligne. Laisser agir les Frondeurs ou nommer Mme Cosse au ministère du Logement c’est une combinazione politicienne qui casse les conditions économiques de sa propre réélection. Incompréhensible.

 

Macron et Millepied, même combat

Ce remaniement comporte une autre erreur du même type : la rétrogradation du ministre de l’Economie. Même déplorable mauvais signal aux forces économiques. Même jeu risqué avec ce 0,4 point de PIB qui manquera. Emmanuel Macron est à la politique ce que Benjamin Millepied est à la danse. Le chorégraphe star de l’Opéra de Paris a voulu rénover « la vieille dame », promouvoir les jeunes et faire son métier de passion à Paris. Il s’est heurté à la herse des conservatismes.

Emmanuel Macron et lui sont nés la même année, 1977. Ils étaient partis ailleurs, dans ce XXIe siècle internationalement ouvert aux talents, mais ils ont décidé de revenir pour aider la vieille dame France. Ils ont accepté de rentrer dans le cirque pour changer les choses, parce qu’ils sont, eux, profondément dévoués à la cause de l’amélioration du sort de leur pays. Le départ de Benjamin Millepied est une catastrophe. Le signal donné en négatif est de la plus haute importance. Plutôt que de promouvoir des nuls, des clowns et des déshonorés, M. Hollande aurait dû savoir le retenir.

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Présidence de l'UMP : Nicolas Sarkozy a son équipe de campagne

Présidence de l'UMP : Nicolas Sarkozy a son équipe de campagne | Think outside the Box | Scoop.it

Comme nous l'annoncions jeudi, la décision de Nicolas Sarkozy est prise. L'ex-président de la République sera candidat à la présidence de l'UMP. Seule la date précise de son annonce reste encore incertaine. Vendredi, samedi ou dimanche ? Une chose est sûre, ce sera après la quatrième conférence de presse du quinquennat de François Hollande, jeudi.

 

En attendant, l'ancien chef de l'Etat peaufine son dispositif de campagne.

C'est Frédéric Péchenard, 57 ans, ex-patron de la police nationale et ami de Nicolas Sarkozy qui devrait être son directeur de campagne selon le «Journal du Dimanche». Élu au conseil de Paris en mars sur les listes UMP de Nathalie Kosciusko-Morizet, le haut-fonctionnaire aurait demandé sa mise en disponibilité au ministère de l'Intérieur pour pouvoir se consacrer pleinement à la politique. L'entourage de Nicolas Sarkozy tempère : «Sa nomination est envisagée mais ce n'est pas encore fait.» Reste que plusieurs élus UMP ont déjà confirmé sa nomination à l'AFP. Frédéric Péchenard a même été chargé par Nicolas Sarkozy de lui trouver des locaux.

Les autres membres de cette petite équipe, notamment le porte-parole du candidat, seront puisés parmi les jeunes élus abondamment courtisés par l'ancien président qui les a reçus plusieurs fois au 77 rue de Miromesnil : Gérald Darmanin, 31 ans, député-maire de Tourcoing, Virginie Duby-Muller, 35 ans, députée de Haute-Savoie, Guillaume Larrivé, 37 ans, député de l'Yonne...

Douze semaines pour convaincre

Au même moment, Nicolas Sarkozy enregistre les ralliements derrière sa candidature. Après Jean-François Copé et le maire du Puy-en-Velay Laurent Wauquiez la semaine dernière, c'est François Baroin qui lui a apporté «naturellement» son soutien ce dimanche, estimant qu'il était «probablement le manque le plus certain dans le paysage politique actuel.»

Une fois son retour acté, il restera douze semaines à l'ancien président de la République pour convaincre les 268.080 adhérents du parti invités à voter le 29 novembre. Le temps pour Nicolas Sarkozy d'effectuer de nombreux déplacements - dont plusieurs meetings - à travers la France.

Si le résultat final ne fait guère de doute - selon tous les sondages il devrait l'emporter sans problème - ses deux concurrents, les députés Hervé Mariton (Drôme) et surtout Bruno Le Maire (Eure), sont déterminés à l'empêcher de se faire élire avec un score de maréchal. Lors de sa première élection à la tête du parti, en novembre 2004, Nicolas Sarkozy l'avait remporté avec 85% des voix.

Jacques Le Bris's insight:

Sarkozy veut tout changer
Conscient des difficultés qui l'attendent, Sarkozy veut tout changer : le nom du parti, l'équipe dirigeante (qu'il souhaite rajeunie), le programme, le prix des cotisations. « L'urgence sera de trouver de l'argent, car l'UMP est criblée de dettes. Nicolas a des idées sur la question. Il va faire le tour des investisseurs », croit savoir un proche. Dans l'idéal, l'ex-locataire de l'Elysée aimerait poursuivre ses conférences rémunérées à l'étranger. Et ne pas délaisser la scène internationale. « Ce sera un sprint de deux ans avant la campagne présidentielle. Il va bouffer l'oxygène », pronostique un ténor de l'UMP.
Frédéric Gerschel



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▶ J'AI PAS VOTÉ

Il y a quelques années, pour la préparation de ce film, une équipe de jeunes gens a réuni (à Paris) et filmé les trois personnes qui, à ma connaissance, travaillent et défendent le plus -en France- le tirage au sort en politique : Yves Sintomer, Jacques Testart et moi. Formidable moment, vous imaginez comme j’étais content.

Nous nous sommes rencontrés à Paris, et ce fut une bien intéressante conversation à trois.

Le film ci-dessus, que je trouve très bien fait (et qui comporte des passages très convaincants et originaux, que des gentils virus isoleront sans doute dans petites vidéos séparées), utilise quelques (petits) fragments de cet entretien parisien.

Dans ce film, très riche en idées dissidentes (il faudrait en rédiger un plan détaillé, sans doute, pour nous aider à fixer ces idées), les interventions de Loïc Blondiaux sont utiles, à la fois modérées et incisives ; et les passages avec Bernard Manin sont émouvants (Manin qui, avec son formidable bouquin « Principes du gouvernement représentatif », a changé la vie de beaucoup de gens).

L’équipe des réalisateurs est en train de bosser sur le film complet de la rencontre Sintomer-Testart-Chouard. J’ai particulièrement hâte de voir cette vidéo-là.

[Edit 12 sept 2014 :
Une bande de gentils virus dévoués et courageux vient de finir le plan détaillé de ce film. Quel boulot ! Merci à eux, vraiment.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Sommaire

1 Première partie
1.1 Intro: témoignages et réflexions diverses sur le vote - Voter ou pas ? - Le vote est-il faire un choix ? - Que signifie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l'élite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L'élection crée une défiance des citoyens, une démocratie qui va mal (Blondiaux)
1.2.3 Servitude et alignement des gouvernements aux forces de pouvoir ( Kempf, Blondiaux, Aurouet)
1.3 Causes de l'abstention
1.3.1 Débats de fond anéantis, thèmes de campagne immuables, promesses non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d'abstention niés
1.3.3 Politisation des abstentionnistes, choix réduit entre les partis gouvernementaux et les partis protestataires ou extrêmes (Jouary, Aurouet, Brunel)
1.4 Montée des extrêmes
1.4.1 Stratégie de séduction de l'électorat (Liogier)
1.4.2 Thèmes de campagne modernes, dé-diabolisation pour espérer prendre le pouvoir (Liogier)
1.5 Pouvoir du peuple, référendums
1.5.1 Le référendum en tant que leurre du pouvoir du peuple (Jouary)
1.5.2 illusion démocratique du référendum sur la constitution européenne
1.5.3 Pas de loi légitime sans l'appropriation implicite ou explicite du peuple (Jouary)
1.6 Origine et buts de la démocratie des Athéniens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démocratie actuelle ?
1.7.1 Le régime représentatif ôtant le pouvoir du peuple n'est pas une démocratie (Jouary, Aurouet)
1.7.2 La démocratie représentative a constitué une alternative entre démocratie et monarchie (Blondiaux, Jouary)
1.7.3 La démocratie représentative, régime combinant des incompatibles : légitimité du pouvoir au peuple mais non décision ou gouvernement par le peuple. (Blondiaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révolution et mise en place d'une démocratie bourgeoise : 1789
2.1.1 Origine de la révolution française
2.1.2 Processus de substitution et d'identification entre souveraineté populaire et représentation (Blondiaux, Jouary)
2.1.3 La révolution française - Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démocratique du gouvernement, perçu comme une perte de souveraineté (Blondiaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie - vote, conservatisme, corruption par l'argent contre l'égalité et la liberté -
2.2.1 Fondement de la légitimité du vote
2.2.2 Éducation au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pourtant... (Badiou)
2.2.4 Système oligarchique et conservatisme
2.2.5 Argent corrupteur des démocraties
2.3 Aristocratie élective et peuple incompétent (Manin)
2.4 Les représentants politiques - une classe isolée et un peuple oublié -
2.4.1 Non représentativité réelle du peuple au sein des représentants politiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal informé (Blondiaux)
2.5 La politique une profession ?
2.5.1 Une formation souvent unique
2.5.2 Cumul des mandats et professionnalisation (Jouary)
2.5.3 Oligarchie financière
2.6 Le tirage au sort (Sintomer)
3 Troisième partie
3.1 Conférence de Citoyens
3.2 Épilogue (Sintomer, Testart) - utilité et mise en pratique du tirage au sort

Source et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Étienne.]

Jacques Le Bris's insight:

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▶ 35 ans de promesses d'Europe sociale en bref

Ajoutée le 15 mai 2014

A retrouver sur http://blogdenico.fr
De Mitterrand lors des premières élections européennes de 1979, à Hollande et Martin Schulz lors de ces élections 2014, en passant par Delors et sa charte sociale de 1989, retour rapide sur 35 ans de promesses d'Europe sociale par les ténors du PS. Le même montage serait malheureusement possible sur l'Europe de l'emploi ou l'Europe démocratique.

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▶ La lutte de Sivens: ZAD du Testet, barrage de Sivens (le film)

Un film au cœur de la lutte contre le projet du barrage de la forêt de Sivens.
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Diviser pour (mieux) régner

Dans cet article, je vais tenter de répondre à plusieurs questions :

Qui règne vraiment ?
Qui est divisé ?
Pourquoi les présidents de la République se suivent et se ressemblent ?
Quelles sont les stratégies de manipulation du peuple ?
Et d'autres questions que je vous invite à découvrir.

 

Signification

Le meilleur moyen d’avoir les mains libres pour gouverner, c’est de semer la discorde parmi ses opposants. (source : L'Internaute)


En politique et en sociologie, diviser pour régner est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d'un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer. Cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et permet de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question. (source : Wikipedia)

Divide et impera, divise et tu régneras ; divise, et tu deviendras riche ; divise, et tu tromperas les hommes, et du éblouiras leur raison, et tu te moqueras de la justice. (source : Nouvel Obs)

 

Origines

Proverbe latin. Ce proverbe latin est souvent attribué au Sénat romain. (source : L'Internaute)

 

Qui règne vraiment ?

 Il existe 3 types de financement des partis politiques : 

- le financement public,

- le financement privé via des dons de personnes physiques ou morales (les dons les plus importants viennent par définition de la classe bourgeoise ou aisée, qui disposent de suffisamment d'argent pour effectuer ces dons),

- on peut également ajouter les financements illégaux, comme ont révélé de nombreuses affaires judiciaires

(voir les types de financement des partis politiques et l'article du Monde Diplomatique du 4 juillet 2013).

 

Les puissances financières (notamment les multinationales comme le groupe Bouygues, Bolloré, Lagardère, Vivendi, mais également les banques directement ou indirectement via leurs fonds d'investissement) possèdent la plupart des médias, notamment les médias de masse. 

La plupart de nos élus ne gouvernent pas avec une préoccupation de l'intérêt général, mais celle de l'intérêt des personnes, physiques ou morales, qui ont participé au financement de leur campagne électorale ou des puissances financières qui contrôlent les médias, avec l'espoir d'être réélu.

Les médias peuvent être considérés comme un des 4 principaux pouvoirs avec l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Ils jouent un rôle déterminant dans le conditionnement du peuple et, la plupart des médias (notamment les médias de masse) appartenant à ces puissances financières, ils manipulent aisément le peuple et l'encouragent à élire les candidats qui défendront le mieux les intérêts de ces puissances financières.

 

Qui est divisé ?

Ce proverbe « diviser pour (mieux) régner » est également une stratégie politique qui existe depuis très longtemps (a priori ce proverbe et cette stratégie politique dateraient de l'empire romain dirigé par Jules César).

 

Les puissances financières et la classe bourgeoise ou aisée (ci-après appelés les « puissants »), qui en fait sont indirectement nos gouvernants, règnent. Ils ont la mainmise sur des partis politiques et des élus corrompus qui servent la plupart du temps leurs intérêts particuliers.

Et afin de mieux régner, ils ont tout intérêt à diviser ses gouvernés, le peuple. 

C'est pourquoi leurs « marionnettes », la plupart des élus et des médias, divisent le peuple en différentes catégories, créent des tensions et des affrontement entre ces différentes catégories. 

 

Certaines catégories sont à longueur de temps stigmatisées (les chômeurs, les immigrés, les fonctionnaires, les assistés, les musulmans, les juifs, les LGBT, etc.) ou opposées (hommes et femmes, jeunes et aînés, actifs et retraités, etc.) par ces « marionnettes » et ce bourrage de crâne finit par rentrer dans le crâne de la plupart des citoyens. Ces « marionnettes » endorment le peuple. 

Pour illustration, cet article du 22 juillet 2013, « qui sont les assistés ».

 

Et tant que le peuple sera endormi, il n'y aura pas de révolution, malgré toutes les injustices qu'il subit et qui pourraient raisonnablement la justifier. 

Et les « puissants » (dont les rentiers qui représentent environ 5 % de la population) n'auront aucune inquiétude à se faire et pourront continuer à ponctionner le peu de richesses qui reste à 95 % de la population.

Notamment aux classes populaires et moyennes salariées (environ 65 % de la population) en cherchant toujours davantage à les précariser et à les exploiter, mais également aux classes populaires situées hors de l'emploi stable et valorisé (environ 20 % de la population), en menant un combat permanent contre l'état providence, les aides sociales et l' « assistanat » qui en découlerait, ce qui entraîne une extrême précarité, un combat quotidien pour survivre. 

 

Pourquoi les présidents de la République se suivent et se ressemblent ?

Pour illustration, cet article de Libération du 4 avril 2012, « Sarkozy aura été le président des rentiers ».

 

On pouvait espérer que les choses changent suite à l'élection de François Hollande, mais on observe avec stupéfaction, ou avec résignation, que la politique qu'il mène c'est du pareil au même. Et ce n'est pas un hasard, sa campagne électorale a également été financée par ces « puissants », et il ne faut pas s'attendre qu'il défende l'intérêt général, l'intérêt du peuple qui l'a pourtant élu...

Il avait d'ailleurs rendu visite à la City lors de sa campagne électorale afin de rassurer ces « puissants ».

 

Tant que le peuple ne prendra pas conscience de cette stratégie, et continuera à élire des candidats financés par ces « puissants », qui ne cherchent qu'à diviser pour (mieux) régner, rien ne pourra changer, ce sera toujours du pareil au même, quelle que soit l'étiquette qu'ils sont sensés représenter. 

 

Dans l'espoir d'être réélus, que ce soit au même poste ou à un autre poste de responsabilité, et ainsi maintenir leurs privilèges, ces élus corrompus ont besoin de ces « puissants » pour leur prochaine campagne électorale.

Les électeurs ne sont pour ces élus corrompus que des pions, qu'il suffit de convaincre grâce à l'appui des médias de masse eux-mêmes financés par ces puissances financières.

 

Pourquoi Marine Le Pen et le FN sont dédiabolisés ?

Il ne faut pas s'étonner si Marine Le Pen est dédiabolisée par les médias et des partis politiques comme le PS ou l'UMP. 

Elle divise le peuple en différentes catégories et stigmatise certaines catégories en permanence. 

 

 

Même si elle ne l'affiche pas franchement dans ses discours, et elle n'a pas intérêt à le faire, elle ne fait que défendre les intérêts des « puissants ». 

Le Front National n'est pas un parti politique qui défend le peuple, mais qui cherche à l'opprimer, et qui a une ligne historique ultra-libérale. 

 

C'est un peu la « sous-traitante » des « grands » partis comme le PS ou l'UMP. Elle travaille pour eux en sachant parfaitement qu'elle ne sera jamais élue présidente de la République.

En 2002, la campagne électorale avait été marquée par une thématique récurrente de l'insécurité. L'UMP et le FN avaient accédé au 2e tour, et le FN n'a pas obtenu davantage de voix qu'au 1er tour (16.86 % au 1er tour, 17.79 % au 2e tour). 

En 2017, la seule chance pour le PS de conserver le pouvoir serait de se retrouver face au FN au 2e tour. Il ne faut pas s'étonner pourquoi Manuel Valls et d'autres dirigeants « socialistes » ou « solfériniens » n'ont pas réagi davantage face aux débordements et dérives (exemple : le meurtre de Clément Méric) de groupuscules d'extrême droite rattachés au Front National.

 

Pourquoi Mélenchon et le Front de Gauche sont diabolisés, marginalisés ?

Le véritable danger pour le PS et l'UMP se situe à la vraie gauche du paysage politique français. 

Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche, contrairement à la plupart des partis politiques français, ne cherchent pas à diviser le peuple mais à le rassembler. 

 

Forcément, ils représentent un danger pour la suprématie des « puissants », et pourraient eux inquiéter la City, contrairement à François Hollande...

Surtout quand on connaît certains slogans : "place au peuple", "la finance dehors, l'humain d'abord", "la finance ce n'est pas la solution, c'est le problème". 

Le peuple, comme il a été démontré précédemment, est endormi, et le Front de Gauche cherche à le réveiller. 

 

Comment les « marionnettes » des « puissants » pourraient faire autrement que de diaboliser et marginaliser Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ? 

Le véritable danger pour les « puissants » et leurs « marionnettes », pour les prochaines élections, notamment pour la présidentielle de 2017, ce serait que le Front de Gauche passe devant le PS et le FN, ce qui n'est pas impossible, et se retrouve au 2e tour. L'UMP aurait alors fort à craindre.

 

Quelles sont les stratégies de manipulation du peuple ?

Les « puissants » tentent de nous contrôler, non pas de manière absolue, mais de manière relative, en nous manipulant par l'intermédiaire de leurs « marionnettes ».

 

(...)
Jacques Le Bris's insight:

Voici 8 stratégies de manipulation couramment observées pour faire accepter au peuple l'inacceptable : 

 

1. La diversion, la distraction : « gardez l'attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle, gardez le public occupé » (00:30)

 

2. Le machiavélisme : créer des problèmes puis offrir des solutions (exemple : laisser la sécurité se dégrader pour imposer des mesures sécuritaires inacceptables) (02:21)

 

3. Le dégradé : imposer des changements inacceptables en prenant des mesures progressives, par degré, en les étalant dans le temps ; le provisoire qui devient définitif (04:28)

 

4. Le différé : imposer des changements inacceptables en fixant une date d'application ultérieure (exemple : le grand marché transatlantique, un mariage forcé entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, qui sera créé le 1er janvier 2015) (06:27)

 

5. L'infantilisation : s'adresser au public comme à des enfants en bas âge (07:46) ; le contrôle des médias et des agences de publicité (11:04)

 

6. Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion : faire appel à des grands sentiments, même flous, même abstraits (15:29)

 

7. Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise (15:29)

 

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité (18:15)

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Jean Lassalle : "les Français détestent leurs hommes politiques"

Le député du MoDem des Pyrénées-Atlantiques effectue actuellement une marche à la rencontre des Français (www.ledeputequimarche.fr).

 

De passage à Paris, l'élu du Béarn évoque ce lien brisé entre les Français et leurs représentants.

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Tirage au sort des élus: le député Laurent LOUIS ébranle le Parlement belge !

Publiée le 13 juin 2013

Parce que les citoyens ne font plus confiance aux politiciens, parce que ces politiciens n'écoutent plus les demandes de la population et qu'ils méprisent les citoyens, le député Laurent LOUIS, se basant sur les travaux d'Etienne Chouard, propose un changement de système: remplacer les élections par le tirage au sort de citoyens volontaires. Découvrez le texte complet de la proposition de Laurent LOUIS: http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/2...

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Corinne Lepage n'a pas dit son dernier mot

Corinne Lepage n'a pas dit son dernier mot | Think outside the Box | Scoop.it
Écartée de la dernière présidentielle faute d'avoir pu rassembler suffisamment de parrainages, l'ancienne ministre de l'Environnement vise désormais les municipales avec un nouveau mouvement: le Rassemblement citoyen.

 

lle y croit toujours. Corinne Lepage, 61 ans, deux tentatives de candidature à la présidentielle, ne désespère pas de pouvoir incarner une alternative à l'écologie politique défendue par Europe Écologie - Les Verts. Dimanche, elle participe au lancement du Rassemblement citoyen, un nouveau mouvement, inspiré par la réussite d'Europe Écologie aux élections européennes de 2009. «C'est une coopérative politique, je me suis en fait inspirée des idées de Dany Cohn-Bendit», admet-elle. Le Rassemblement citoyen sera composé de partis, d'élus, de personnes issues de la société civile, acteurs économiques et associatifs.

 

Ni gauche, ni droite... ni centre

 

«Il est posé dès le départ que la société civile est à égalité avec les politiques dans le Rassemblement citoyen. Cela empêche les dérives qu'on a vues avec Europe Écologie et la reprise en main par les Verts», promet Corinne Lepage. La nouvelle «coopérative» se veut en marge des clivages traditionnels, ni à gauche, ni à droite, ni même au centre. Le programme est pour l'heure large. «Le point numéro un, c'est la troisième révolution industrielle, la transition économique», explique l'écologiste. La défense des valeurs républicaines et «la sécurité sous toutes ses formes» viennent ensuite. Le Rassemblement citoyen se veut enfin européen, mais s'inscrit contre «l'Europe des lobbies».

Ministre d'Alain Juppé, puis centriste qui participa à l'aventure du Modem avant de s'en détourner, Corinne Lepage avait soutenu François Hollande en 2012. Au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, elle assure qu'elle «maintient ce choix». Mais l'avocate demeure critique: «Les choix qui sont faits ne sont pas clairs; le gouvernement cherche à mettre ensemble les tendances discordantes du Parti socialiste». Alors, à un an des prochaines élections, Corinne Lepage veut se positionner pour peser. Les municipales sont le premier objectif: «Il y aura des listes du rassemblement aux municipales, notamment dans les petites et moyennes agglomérations», assure Corinne Lepage.

Jacques Le Bris's insight:

 

Ni gauche, ni droite... ni centre

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La planète brûle, et ils regardent ailleurs

La planète brûle, et ils regardent ailleurs | Think outside the Box | Scoop.it
Edito du Monde. Dans la campagne présidentielle, l'écologie est comme sortie du radar politique, rayée de la carte des enjeux majeurs des prochaines décennies.

 

Gouverner, c'est prévoir, choisir et expliquer. Surtout quand les défis sont complexes et de long terme. Au préalable, il faut être élu et, pour cela, se livrer à un tout autre exercice : séduire, promettre, simplifier. Et faire miroiter des lendemains qui chantent.

Redoutable contradiction. En 2007, c'est l'endettement du pays qui avait été ignoré par les deux principaux candidats, en dépit des mises en garde du troisième (François Bayrou). Les rêves immédiats avaient balayé les risques alors jugés lointains et dont on mesure trop bien aujourd'hui combien ils étaient imminents.

Aujourd'hui, c'est l'écologie - pour simplifier, la préservation des ressources d'une planète vivante et vivable - qui est tombée dans ce trou noir, comme sortie du radar politique, rayée de la carte des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Cette cécité est stupéfiante, ou plutôt cette occultation confondante, si l'on veut bien se rappeler, un instant, les avertissements lancés de tous côtés, sans cesse plus nombreux et argumentés. Pas un mois ou presque sans qu'une étude scientifique pointe tel ou tel dérèglement progressif, insistant et, au bout du compte, inquiétant.

(...)

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L’IRSN publie l’édition 2012 de son Baromètre sur la perception des risques et de la sécurité

L’IRSN publie l’édition 2012 de son Baromètre sur la perception des risques et de la sécurité | Think outside the Box | Scoop.it

Depuis 1988, le Baromètre IRSN mesure chaque année les évolutions de l’opinion sur les risques auxquels les membres du public sont soumis en général et sur les risques nucléaires et radiologiques en particulier.

Pour cette édition 2012, l’enquête, menée en septembre et octobre 2011 en collaboration avec l’institut de sondage BVA, visait notamment à recueillir l’opinion des Français quelques mois après l’accident de Fukushima-Daiichi, alors que le gouvernement avait ordonné un audit général de sûreté des installations nucléaires françaises au regard des risques associés à d’éventuels évènements naturels extrêmes.

Dans le contexte général de l’aggravation de la crise économique, le Baromètre IRSN 2012 confirme sans surprise que les préoccupations majeures des Français concernent les risques socio-économiques ; de ce fait, celles sur la qualité de leur environnement apparaissent en retrait, mais l’analyse montre qu’elles restent bien présentes.

S’agissant plus particulièrement du secteur nucléaire, la montée attendue des craintes relatives aux risques nucléaires après l’accident japonais est confirmée. L’exigence en matière de transparence et de pluralisme de l’expertise en est encore confortée : à plus de 80 %, il est souhaité que l’évaluation de la sûreté des installations nucléaires françaises après Fukushima se déroule de manière pluraliste, en impliquant les parties prenantes et des experts internationaux.

Les Français veulent aussi que les experts donnent davantage accès à leurs rapports et avis. C’est la voie dans laquelle s’est engagé l’IRSN, en concertation avec l’ASN et les autres parties prenantes, et qu’il devra développer à l’avenir pour continuer à accomplir sa mission en répondant aux attentes de la société.

 

Télécharger le Baromètre IRSN 2012 sur la perception des risques et de la sécurité (document pdf)

http://www.irsn.fr/FR/base_de_connaissances/librairie/Documents/publications_institutionnelles/IRSN_barometre_2012.pdf 

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La politique française est verrouillée par le vote des seniors

La politique française est verrouillée par le vote des seniors | Think outside the Box | Scoop.it

Un facteur majeur pèse sur la définition de l’offre politique de la prochaine élection présidentielle: le vote des retraités. Ses implications idéologiques et politiques touchent la droite comme la gauche. Sa part relative ne cesse de croître sous le double effet du vieillissement démographique et de la surparticipation électorale croissante des seniors.

En effet, si le taux de participation des électeurs de plus de 60 ans, s’est établi, selon l’institut Ipsos, à plus de 87% au second tour de l’élection présidentielle de 2012 (contre 80% sur l’ensemble de l’électorat), cette tendance s’est accrue lors des élections intermédiaires. Ces dernières ont été marquées par une abstention plus élevée et le poids relatif des seniors y atteint des surproportions remarquables, toujours selon le même institut: 76% de participation aux dernières municipales(contre 61% pour la moyenne des électeurs), 60% aux européennes (contre 43%), 64% aux départementales (contre 50%), 67% aux régionales (contre 50%).

Les premiers sondages relatifs au corps électoral des futurs votants à la primaire de la droite confirment que celle-ci sera avant tout l’expression des électeurs les plus âgés. Alors que les plus de 65 ans représentent 23% de la population française, ils pourraient représenter 43% des électeurs à la primaire; les retraités, qui comptent pour 33% de la population française, pourraient composer 50% des électeurs mobilisés. Les moins de 50 ans, qui constituent 51% de la population française, ne représenteraient que 30% des ses électeurs. En d’autres termes, la primaire de la droite, présentée comme une opération de modernisation politique, est en fait structurellement tournée vers le passé par sa démographie.

 

Vieillissement, surparticipation et primaires

 

Quels sont les grands facteurs à l’œuvre? Premier point, la population française vieillit, et le poids des électeurs âgés parmi les électeurs augmente. Jusqu’ici, tout est très logique.

Deuxième point, la surparticipation électorale des électeurs âgés s’accroît. En l’absence d’études très poussées sur ce sujet, on peut émettre la double hypothèse que l’offre politique répond d’une manière plus satisfaisante aux préoccupations des électeurs âgés et que la politique effectivement menée par les gouvernements successifs fait de même. Sans compter que le phénomène majeur de la «mal inscription» électorale est concentré sur les jeunes et les actifs, alors que les électeurs âgés sont à la fois bien inscrits et utilisent massivement la procuration pour maintenir leur taux de participation.

Troisième point, les élections intermédiaires sont des élections où s’abstiennent prioritairement les actifs et où dominent les retraités, d’où probablement d’ailleurs une montée des thématiques identitaires (ce que le politiste Gaël Brustier appelle les «paniques morales», et qui ne se confondent pas avec le vote Front national et le dépassent très largement) et une orientation économique sinon conservatrice, du moins teintée d’un réflexe anti-inflationniste prononcé (en résumé: la dette plutôt que la croissance). Dernier point, la seule élection où les actifs «rentrent dans le jeu» est l’élection présidentielle, mais par un effet de persistance rétinienne, leur rôle dans l’élection en tant que tel est minorée car la logique médiatique est structurée par les mouvements des élections intermédiaires, qui surreprésentent les intérêts des électeurs âgés et font émerger des thématiques qui y répondent.

À la primaire de 2011, les seniors avaient accordé leur confiance à Hollande, candidat le plus prudent

Le jeu des primaires aggrave encore cette situation car le corps électoral qui s’y déplace n’est pas homothétique du corps électoral global: les électeurs âgés y sont surreprésentés. La primaire socialiste de 2011 avait déjà été dominée par les seniors qui avaient accordé leur confiance à François Hollande, le candidat le plus prudent et en définitive le plus conservateur sur le plan économique. La primaire de la droite n’échappe pas à cette réalité démographique. D’où l’écart abyssal entre un électorat majoritairement inactif et un programme politique supposément préoccupé de la «France qui se lève tôt» mais qui est dans les faits favorable aux inactifs retraités et défavorables aux actifs. C’est ainsi qu’il faut comprendre la priorité à un programme de réduction des déficits publics, la préférence pour une faible inflation, les réformes des retraites concentrées sur les futurs retraités, c’est-à-dire les actifs d’aujourd’hui, et les discours culpabilisateurs visant les «assistés», c’est-à-dire les actifs les plus pauvres. Notons que les initiateurs d’une primaire à gauche pour 2017 semblent totalement se désintéresser de la structure démographique et sociologique de l’électorat qu’ils pourraient mobiliser, et des implications politiques et idéologiques qui vont avec…

A mesure que l’électorat vieillit et que son rapport avec l’activité économique concrète devient un souvenir ou une abstraction, l’offre politique se structure autour d’un nouvel économicisme abstrait et moralisateur. Son objet est de faire se déplacer les arbitrages rendus nécessaires par les contraintes budgétaires en faveur des inactifs âgés contre les actifs (employés ou chômeurs), d’où la concentration des ajustements sur les actifs et le marché du travail plutôt que sur le niveau des pensions ou le système de santé. Le sarkozysme, auquel tous les candidats à la primaire de droite adhèrent en définitive, pourrait ainsi être résumé à une réponse «de droite» à la crise de l’Etat social.

 

Comment renverser la table?

Comment, dans ces conditions, renverser la table? L’équation est compliquée car la pression est forte, quand l’exercice du pouvoir est à portée de mains, pour s’aligner sur un programme économique orthodoxe. C’est l’enjeu de l’évolution de la ligne économique du Front national, qui est soumis à l’injonction de «normalisation» non seulement de sa sensibilité interne «identitaire» mais aussi d’une partie troublante de la presse: les premiers estiment que le thème de la sortie de l’euro leur aliènerait les électeurs âgés; les seconds identifient la sortie de l’euro comme une menace alors qu’ils s’accommodent sans difficulté d’une ligne «identitaire», par ailleurs métastasée à droite mais aussi dans certains secteurs de la gauche, et recommandent au FN d’abandonner la sortie de l’euro pour accéder aux responsabilités.

La gauche est un canard sans tête qui court après la droitisation de l'électorat âgé

Et la gauche? Canard sans tête, elle court après la droitisation de l’électorat âgé et se révèle incapable de porter un discours audible auprès des actifs. Une simple comparaison entre les discours des candidats Clinton et Sanders, voire d’Obama, et du champ lexical de la gauche française (qui ne se réduit pas au Parti socialiste) soulignerait par l’absurde son incapacité à s’extraire d’un discours technocratique pour s’adresser aux salariés et aux entrepreneurs. On n’entend guère parler deshard-working families de ce côté-ci de l’Atlantique… Le ralliement de la gauche à l’orthodoxie économique (qui ne date pas d’hier: trente-trois ans nous séparent du tournant de la rigueur de 1983) l’a coupée dans la longue durée de l’électorat ouvrier et employé, qui forme encore la grande majorité des actifs.

L’élection présidentielle est de fait la seule élection où ceux-ci ont encore droit de cité, même si leur poids relatif a baissé dans la structure de l’électorat. C’est à partir d’une vision dynamique et néanmoins réaliste des contraintes et des forces à l’œuvre dans celui-ci qu’une offre politique tournée vers le futur pourrait émerger. Cette offre devrait répondre à des problématiques économiques et sociales concrètes: la relance de l’activité économique et de l’emploi, la question du logement (et celle de la transmission du capital entre les générations), le soutien aux familles, la question des transports et de leurs prix, l’accès à des solutions de transition écologique, etc. Et elle devrait desserrer l’étau démocratique en réduisant les contraintes électorales pesant sur les jeunes et les actifs pour élever leur taux de participation (simplification de l’inscription sur les listes électorales, en particulier). En bref, un programme raisonnable et d’avenir. D’une certaine manière, lutter vraiment contre le «populisme», c’est faire ce choix-là. Ce n’est pas le chemin que l’on prend.

 

Julien Landfried

Jacques Le Bris's insight:

1 les retraités n'ont qu'une requête en tête, que la retraite, dont on leur a parlé toute leur vie, leur soit versée.

 

2 Le système est verrouillé par les Apparatchiks et donc les Lobbies qui les soutiennent. Les électeurs ne peuvent voter que pour ce que le Système des Partis leur propose.

 

3 Il n'existe qu'une solution pour se sortir de ce "piège à con" électoral :

Soutenir La Primaire des Français, car elle permettra aux Citoyens, jeunes ou vieux, de choisir leur Candidat pour l'élection présidentielle de 2017

http://www.laprimairedesfrancais.fr/

 

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Dominique Potier : «L’éthique est plus que jamais un impératif politique»

Dominique Potier : «L’éthique est plus que jamais un impératif politique» | Think outside the Box | Scoop.it

Dominique Potier, député socialiste, le 22 mars à Paris.

 

Le député Dominique Potier est l’auteur de la proposition de loi débattue ce mercredi à l’Assemblée nationale.

 

Député de Meurthe-et-Moselle, Dominique Potier (PS) est le rapporteur du texte visant à introduire un «devoir de vigilance» pour les multinationales.

Quelle est l’ambition de votre texte ?

C’est de contribuer à un nouvel âge de la mondialisation. Etre de gauche aujourd’hui, incarner la République, c’est sortir de l’individualisme contemporain et créer une nouvelle génération de droits adaptés à la globalisation. C’est défendre la dignité humaine et nos biens communs, l’effort et la justice. Un des moteurs de l’ultralibéralisme repose sur l’irresponsabilité des maisons mères des grands groupes quant aux agissements de leurs filiales et sous-traitants au bout du monde. C’est vrai pour les paradis fiscaux, pour l’esclavage moderne et les atteintes graves aux écosystèmes. Cette proposition de loi lève le voile juridique entre les actionnaires des multinationales et leurs fabriques ; elle établit l’obligation pour le donneur d’ordres d’un devoir de vigilance sur les droits humains. L’exemple le plus spectaculaire, c’est évidemment le drame du Rana Plaza au Bangladesh il y a bientôt trois ans, qui a fait 1 138 victimes et autant de blessés dans une usine de textile low-cost où s’approvisionnaient distributeurs français et européens. Cette catastrophe a rendu visible l’ignorance et les feintes des donneurs d’ordres. Il est alors devenu urgent de faire aboutir le combat engagé dès 2012 en faveur d’une authentique responsabilité sociale et environnementale. Ce n’est pas une loi contre l’entreprise ou la mondialisation, c’est une loi pour une compétitivité loyale.

Que voulez-vous dire ?

Je viens du monde paysan et je crois en l’esprit d’entreprise et de fraternité. Le défi de notre génération, c’est de s’affranchir de l’idolâtrie du marché, de ses gaspillages et de ses pillages. Nous devons poser des limites au nom même de la vie. C’est ça ou la barbarie, car désormais de vastes communautés humaines sont à la merci de la toute-puissance financière de quelques-uns. Or la démesure libérale fabrique la tentation du repli : au bout de la rue parce qu’elle nourrit un sentiment d’impuissance publique et d’humiliation, ailleurs parce que l’injustice et la misère sont le terreau du fanatisme. L’éthique est plus que jamais un impératif politique. L’Europe qui, dans ce domaine, a une longueur d’avance sur les Anglo-Saxons et les Asiatiques, doit peser pour modifier les règles internationales, ne pas se laisser imposer les standards low-cost. Plusieurs pays de l’UE ont déjà légiféré : sur le travail des enfants au Royaume-Uni, sur la corruption en Italie. Avec ce texte, la France vise une approche plus globale qui pourrait inspirer une directive européenne.

Votre texte a été profondément remanié…

La proposition de loi originelle était trop radicale pour le temps politique présent, avec l’inversion de la charge de la preuve, le recours au pénal… Nous avons donc travaillé avec Bercy et la chancellerie pour construire une nouvelle proposition fondée sur la prévention, une sorte de logiciel de transition. Ce combat sera une fierté de cette législature.

Y a-t-il un risque d’enlisement ?

La majorité et bien sûr le gouvernement soutiennent ce texte. Il séduit même une partie des élus centristes et de droite. Mais dans ce combat, notre ennemi, c’est le temps. Car cette loi renvoie à un décret qui définit le périmètre du devoir de vigilance. J’ai proposé à Matignon de lancer dès à présent un groupe de travail pour anticiper et pouvoir promulguer le décret d’ici à fin 2016. Si ce calendrier n’est pas respecté, cela signifiera un refus qui ne dit pas son nom. Un échec face à une telle mobilisation de la société civile et du Parlement en dirait long sur le pouvoir des lobbys dans notre République.

Le patronat redoute une perte de compétitivité et une insécurité juridique…

C’est au décret de lever ces doutes en donnant un cadre à l’intervention du juge. Mais d’un strict point de vue économique, je suis convaincu que les entreprises ont beaucoup à gagner à respecter des principes éthiques. Le citoyen consommateur a pris conscience de son pouvoir. Le devoir de vigilance protège les entreprises du risque «réputationnel», de la corruption et atteste des bonnes pratiques sur le plan environnemental. La grande majorité des champions français et européens mettent déjà en œuvre ces principes. J’ai envie de leur dire : n’ayez pas peur !

 

Jacques Le Bris's insight:

A LIRE AUSSI :

«Cette loi va pénaliser les multinationales françaises»

 

 

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Burkina Faso : Yacouba Sawadogo, l'homme qui a arrêté le désert

Burkina Faso : Yacouba Sawadogo, l'homme qui a arrêté le désert | Think outside the Box | Scoop.it

Modeste paysan burkinabè, Yacouba Sawadogo a réussi là où les organisations internationales ont failli : stopper l'avancée du désert dans l'un des pays les plus arides du monde, et transformer ainsi la vie de milliers de Sahéliens.

Au début, les voisins de Yacouba Sawadogo l'ont pris pour un fou. Comment planter des arbres allait sauver la terre craquelée de Gourga, village au nord-ouest du Burkina Faso, de l'avancée inexorable du désert ?

Mais 30 ans plus tard, c'est bien une forêt d'une quinzaine d'hectares qui sert de rempart au sable rampant du Sahel. Depuis, les habitants qui avaient fui sont revenus cultiver leurs champs. Tandis que des experts du monde entier se bousculent à la porte du vieux paysan pour étudier sa méthode, qui consiste en l'amélioration d'une technique agricole traditionnelle appelée Zaï : retenir l'eau de pluie et utiliser les termites pour enrichir le sol.

Outre le président Obama et les médias internationaux qui lui consacré moult reportages, l'expérience atypique de Sawadogo a fasciné jusqu'au réalisateur Mark Dodd, qui a produit le film " L'homme qui a arrêté le désert ", projeté fin octobre lors de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification ( UNCCD) à Changwon en Corée du Sud.

Plantes médicinale vitales

Il faut dire qu'au début, Sawadogo cherchait simplement un moyen pour cultiver dans une région semi-aride où la terre était devenue si stérile que nombre de paysans avaient migré vers les villes.

" Il n'y avait pas de nourriture à cause de la sécheresse et l'eau était très rare. "

Sawadogo s'est alors rendu compte qu'il ne suffisait pas de creuser des trous ordinaires pour planter, mais qu'il fallait les agrandir tant en largeur qu'en profondeur, pour retenir l'eau de pluie pendant une plus longue période.

Il a aussi utilisé du compost pour renforcer la croissance des graines de sésame et des céréales - sorgho et millet - qu'il produisait.

" Avec la méthode ancestrale, les eaux de pluie s'évaporaient trop vite et les cultures se fanaient en un temps record. Il me fallait pallier à ce problème. "

Suivant cette logique, l'agriculteur s'est naturellement préoccupé de l'avancée du désert qui allait engloutir les terres cultivables de Gourga. Alors, inlassablement et faisant fi des moqueries, il a commencé à planter des arbres.

Et de façon inespérée, cette pratique a non seulement sauvé la terre de la dégradation, mais elle a aussi restauré l'eau souterraine à des niveaux jamais atteints. Les arbres sélectionnés sont devenus une épaisse forêt qui fournit aujourd'hui, outre le bois de chauffe, une palette de plantes médicinales vitales dans ces contrées reculées.

Droit de propriété contesté

Aujourd'hui, Sawadogo distribue gratuitement des semences à planter aux agriculteurs de la région sahélienne qui s'étend de l'Atlantique à la Mer rouge. Et selon le facilitateur des Initiatives de reverdissement en Afrique pour le Centre de la coopération internationale, Chris Reij,

" C'est bien un petit agriculteur qui a trouvé, seul, un système qui marche là où des organismes mondiaux ont échoué. "

Yacouba a probablement ouvert une voie : la plantation d'arbres, ainsi que l'utilisation d'engrais sur les champs et les pâturages ont déjà été adoptées par de nombreux agriculteurs africains et ont contribué au reverdissement de plus de six millions d'hectares de terres à travers le continent.

Mais cet élan est encore freiné par les politiques mises en place dans différentes zones touchées par la sécheresse.

Selon le spécialiste de l'environnement pour la gestion durable des terres au Fonds pour l'environnement mondial ( FEM), Mohamed Bakarr :

" Le fait que les dirigeants de certains pays empêchent la population de posséder des arbres ou d'accéder à la propriété foncière font que les gens négligent ces ressources. "

Une épée de Damoclès à laquelle n'échappe d'ailleurs pas Yacouba Sawadogo : au nom du développement, le gouvernement burkinabè est en train de s'approprier la terre et surtout la forêt qu'il a planté.

Sa seule solution serait de racheter au moins ses arbres à son propre Etat, solution à environ 100000 euros, qu'il estime injuste. Et surtout inabordable.

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▶ Ce que cache le remaniement

Ajoutée le 29 août 2014

Hilaire de Crémiers, directeur de Politique magazine, analyse les dessous du remaniement du gouvernement Valls et ce que révèle la promotion de Najat Vallaud-Belkacem et la nomination d'Emmanuel Macron.

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MOUSELAND - LE PAYS DES SOURIS

Ajoutée le 31 mars 2012

Vous avez aimé MOUSELAND (plus de 300.000 personnes l'ont regardée avec les sous-titres français). Voici la vidéo avec les bons sous-titres. Pardonnez-nous pour l'erreur initiale (rats à la place de souris !). Discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada.
Tommy DOUGLAS - Thomas Clement (Tommy) Douglas, (né le 20 octobre 1904 à Falkirk (Écosse) et décédé le 24 février 1986 au Canada), est un ancien premier ministre de la Saskatchewan (1944-1961). Il a dirigé le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord, et il était le premier chef fédéral du Nouveau Parti démocratique. Toujours d'actualité. Rien de nouveau ne coule sous les ponts !

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PS, UMP, FN : bienvenue en terre inconnue

PS, UMP, FN : bienvenue en terre inconnue | Think outside the Box | Scoop.it
Rarement pouvoir en place n'aura paru aussi fragile. La situation semble dépasser tout le monde. L'UMP y compris, et, dans ce contexte inédit, tout paraît possible.

Par Cécile Cornudet Editorialiste aux Echos


Ce n'est pas la première fois que les socialistes se divisent, que la droite se cherche, que le Front national progresse. Il y a longtemps que le personnel politique est discrédité, que les Français doutent de leurs mots et ne croient plus leurs promesses ; il y a longtemps aussi que la crise économique s'installe. En cette rentrée 2014, rien de neuf dans le paysage français. Rien de neuf, sauf une chose : toutes ces failles s'ouvrent en même temps. Et la terre tremble.

Rompu à la langue de bois et aux confidences intéressées, le journaliste politique rencontre d'ailleurs depuis peu une espèce nouvelle parmi ses interlocuteurs : le responsable politique dépassé. Et qui le dit. « On ne pourra pas tenir », glissait un ministre fin août à La Rochelle ; « On a le sentiment d'un épuisement de la Ve République ; tout peut arriver, les règles habituelles ne sont plus là », confiait un proche de François Hollande ; « A-t-on touché le fond ? », demandait-on récemment à un poids lourd de la majorité : « S'il y a un fond… », répliquait-il.

Rarement pouvoir en place n'aura paru aussi fragile. Il a perdu toutes les élections depuis 2012, le plus souvent détrôné par le FN. Les municipales l'ont amputé de ce maillage territorial qui faisait la force du Parti socialiste depuis 1977. Son poumon. Le président de la République atteint des niveaux d'impopularité que pas un expert sondagier ne pensait possibles. 13 % de satisfaction pour le plus sévère, TNS Sofres-« Figaro Magazine ». Et, à mi-mandat, rien n'a marché. La courbe du chômage pointe toujours vers le haut, les déficits se creusent, la production, l'investissement, la consommation restent atones. Rien ne bouge. Le président plonge.

Comment répondre ? En poursuivant ! François Hollande a décidé de se mettre en danger politique pour espérer enfin cueillir des fruits économiques. C'est ainsi qu'il expliquait en privé, fin août, son choix de se séparer de ses ministres les plus à gauche (Arnaud Montebourg et Benoît Hamon). « Même si j'ai toujours voulu rassembler, il vaut mieux, à un moment, une base moins large si c'est pour avoir plus de clarté. J'y gagnerai en crédibilité, et après je pourrai rouvrir ma base. » D'ici à la fin du quinquennat, le pari sera peut-être gagnant. En attendant, il met des bombes sur le chemin. La majorité tangue, plus dangereusement qu'elle ne l'a jamais fait. Parce qu'il y avait du « grain à moudre », François Mitterrand avait réussi à gouverner sans amener «  le PS à une véritable révision idéologique », explique le politologue Gérard Grunberg, dans l'hebdomadaire « Le Un ». Avec la crise économique, impossible. « François Hollande a été obligé de sortir de l'ambiguïté. » Résultat : « Ce qui incarnait aux yeux des socialistes l'opposition entre le bien - l'action redistributrice de l'Etat - et le mal - l'économie libérale - vole en éclats… et génère une réaction de rejet presque existentielle. » Le mot est fort. Le PS ne tient plus qu'à un fil : « le ciment électoral », selon l'universitaire Laurent Bouvet, ciment lui-même corrodé par le doute qui envahit le PS pour 2017. Rares sont ceux qui croient aux chances de François Hollande.

Ainsi se caractérise la période. Les jauges de satisfaction et d'efficacité sont au plus bas, et une mécanique un peu folle s'est mise en route, entraînant chacun en zone inconnue. François Hollande est trop fragile pour avoir encore grand-chose à perdre. « Il joue tapis », dit un ministre, en misant sur l'entreprise. Mais il le fait si tard qu'il a peu de chances d'emporter la mise. Son propre parti est entré dans un engrenage de mépris et de défiance à son égard dont on voit mal comment il peut s'arrêter. Et, comme si ce n'était pas assez, il commence à scier la dernière branche qui soutient le chef de l'Etat, institutionnelle. Les théoriciens d'une VIe République redonnent de la voix depuis peu, voulant casser la prééminence du président de la République.

En réalité, la situation dépasse tout le monde. L'UMP comprise, qui se prépare à un affrontement de chefs pour 2017. Combien de ralliements pour Nicolas Sarkozy ? Quel niveau dans les sondages pour Alain Juppé ? Deux ans et demi après la défaite, elle n'a défini ni ligne politique ni stratégie. Elle donne même le sentiment de se dérober devant le pouvoir lorsque ses responsables, François Fillon en tête, disent non à une hypothétique cohabitation. « Ce n'est pas tant le désarroi des politiques qui est problématique, mais le sentiment que donnent la plupart d'entre eux de ne pas parvenir à prendre la mesure de ce qui se passe », s'alarmait mi-août le politologue Dominique Reynié (« Le Figaro »).

Dès lors, les boussoles s'affolent, tout paraît possible. Une crise de régime, par « paralysie de la rue » ou blocage de la majorité au Parlement, comme l'évoque lui-même François Hollande ? Une percée du Front national en 2017, comme le dit désormais Manuel Valls, en brandissant ces menaces qui ont justement le don d'exaspérer les électeurs ? Ou peut-être ni l'un ni l'autre. Parce que les parlementaires n'iront pas jusqu'à se faire hara-kiri ; parce que, malgré l'habileté de Marine Le Pen à surfer sur le rejet des deux autres, le FN reste un parti largement rejeté dans l'opinion. A moins que, dans ce ni-ni, il n'y ait le pire. Un président qui tente malgré tout de composer avec sa gauche, une majorité qui vote les textes importants mais sabote toute initiative, une droite surtout occupée d'elle-même, des entreprises qui attendent… et une crise, économique et politique, qui s'accuse et se prolonge.



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Nucléaire, solaire : le gouvernement français sait-il vraiment ce qu’il veut ?

Nucléaire, solaire : le gouvernement français sait-il vraiment ce qu’il veut ? | Think outside the Box | Scoop.it
OPINION [Tribune d'Olivier Daniélo]
Il n’y a pas qu’en matière de politique économique que le gouvernement socialiste (« social-libéral » ?) est dans le flou. Il ne sait pas non plus ce qu’il veut en matière de politique énergétique.

François Hollande a été élu sur la promesse de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique national d’ici 2025, ce qui a naturellement été compris, du moins par les personnes de bonne foi, comme fermer environ 20 GW sur les un peu plus de 60 GW de réacteurs nucléaires que compte la France.

Mais par une étrange pirouette, deux ans après avoir été élu et une fois la fièvre post-Fukushima un peu retombée, François Hollande et Ségolène Royal ont décidé de suivre à la lettre les recommandations d’Henri Proglio, PDG d’EDF. Ce dernier a expliqué que, compte-tenu de la hausse de la demande électrique consécutive à la croissance démographique, ainsi qu’à l’adoption de nouveaux usages de l'électricité comme la voiture électrique, alors la part du nucléaire baissera mécaniquement. Sans qu’il faille fermer de réacteurs.

Un goût amer de trahison

Pourquoi François Hollande n’a-t-il pas expliqué cela clairement juste avant les élections ? Au final le projet de Loi sur la transition énergétique a comme objectif de simplement plafonner la capacité nucléaire. L'article 55 « pose les principes d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire (63,2 GW) ». Tout au plus la fermeture de la centrale de Fessenheim (fermeture qui n'est pas encore certaine) sera compensée par l’ouverture de l’EPR de Flamanville. Bref, la transition énergétique au niveau zéro. La stagnation, c’est maintenant.

Le renoncement de l’esprit de la promesse électorale de François Hollande en matière énergétique a franchit récemment un nouveau cap. Dans son discours fin août devant le MEDEF le premier ministre Manuel Valls a déclaré fermement que « la filière nucléaire est plus que jamais une grande filière d'avenir », reprenant ainsi le flambeau d’Arnaud Montebourg en la matière.

« La France ne sait toujours pas ce qu'elle veut »

Dans une interview pour le magazine Plein Soleil (en ligne sur le blog Tecsol dans un billet daté du 8 septembre) Cédric Philibert, expert en énergies renouvelables auprès de l’Agence Internationale de l’Energie, constate amèrement cette réalité : « la France ne sait toujours pas ce qu'elle veut. Quand on pense que François Hollande le jour de l'ouverture de PVSEC (Photovoltaic Solar Energy Conference, la plus importante conférence internationale en matière de recherche et développement photovoltaïque ndlr) a préféré aller inaugurer une installation d'énergie marine. Il semble qu'il n'a pas la juste appréciation de ce qu'est une énergie d'avenir.» 

Mais il y a aussi un facteur plus profond. « Il semble aussi que le milieu énergétique français fuit le PV plus que tout autre chose » estime Cédric Philibert. « Les tenants de l'atome voient la percée du solaire comme la peste » A certaines heures de la journée la production solaire (qui peut d'ailleurs traverser la frontière germano-française) parvient à pénétrer en zone jusqu’à présent réservée au nucléaire. Du coup les réacteurs nucléaires se transforment en vaches à lait moins rentables.

Les énergies marines mises en avant par EDF sont en réalité un moyen particulièrement habile (ou pervers, à chacun son analyse) de détourner l'attention du grand public et des responsables politiques du solaire photovoltaïque, une filière à très gros potentiel, très populaire, de plus en plus compétitive, et qui menace directement les perspectives de l'industrie nucléaire non seulement à l'échelle nationale mais mondiale.

L'hydrolien, que les amis de l'atome font miroiter, appartient au groupe des filières EnR les plus coûteuses. Et même dans l'hypothèse d'une acceptation d'un coût du kWh très élevé, il a un potentiel qui reste relativement limité. Seule une nouvelle approche, le « marélien » d'Hydrocoop, c'est à dire l'hydrolien à concentration qui augmente la vitesse des courants de marée - et donc la production d'électricité - grâce à un système de digues, système ingénieux permettant d'utiliser des hydroliennes simplifiées et ainsi moins coûteuses, permettrait de faire baisser massivement les coûts et ainsi une production appréciable. Mais EDF ignore cette approche.

Etant donné qu’EDF obéit à une logique d’intérêts privés et de protection d'actifs, le groupe ne voit pas d'un bon œil le développement du solaire en France et dans les pays voisins. Compte-tenu du flou réglementaire en France, les investissements régressent. Les énergies renouvelables, formidables moteurs de croissance économique et de créations d'emplois, sont en panne dans l'hexagone.

« Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits. » (proverbe africain)

Une question fondamentale se pose. Le rôle des femmes et hommes politiques élus par les français est-il d’obéir aux logiques de profit d'un lobby historiquement couplé à l'appareil étatique ? Ou de tenir leurs promesses électorales, de respecter le pacte de confiance qu’ils ont établi avec leurs électeurs ?

Pour Corinne Lepage, ex-Ministre de l’Environnement du Gouvernement d’Alain Juppé entre 1995 et 1997 et qui publie le 11 septembre 2014 « L’Etat nucléaire » chez Albin Michel, en France « le nucléaire est totalement imbriqué dans l'État. C’est ce qui explique que, malgré le coût exorbitant, nous continuons, seuls au monde, à vouloir le tout-nucléaire.»

Sans confiance, on ne peut pas gouverner. En matière d’énergie, qui est à la base de toute activité, la démocratie française est malade. Un pays qui n'a pas de perspective claire et démocratiquement choisie en matière d'avenir énergétique n'a pas d'avenir tout court.

Par Olivier Daniélo

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Intervention de Corinne Lepage en commission ENVI sur la crise alimentaire et la fraude dans le secteur alimentaire

En prélude, je souhaite remercier les services vétérinaires qui font tous les jours un travail difficile avec de moins en moins de moyens et qui ont permis de mettre à jour cette fraude.
Jacques Le Bris's insight:

Moi, j'ai envie de dire que Corinne Lepage est un peu seule dans cette assemblée ?

Où sont les "Hommes" ?

Partis pour (toucher) leurs "petites" commissions ?

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Hollande, au coeur du financement du PS ?

Publiée le 23 mai 2013

Gérard DALONGEVILLE sera jugé le 27 mai prochain.

Il souhaitait que François HOLLANDE soit cité comme témoin concernant les affaires de financement occulte du PS du Pas de Calais, pour avoir passé 11 ans à la tête du PS.

Mais le statut du chef de l'Etat ne permet pas à Hollande de témoigner...

Pourtant il nous avais promis la réforme du statut du chef de l'Etat...

Alors si vous voulez savoir pourquoi François HOLLANDE ne réformera pas le statut du Président de la République, comme il l'avait promis lors de la campagne présidentielle de 2012, alors regardez cette vidéo et vous aurez la réponse.

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LES ELITES SE DÉLITENT

LES ELITES SE DÉLITENT | Think outside the Box | Scoop.it
  Intéressant baromètre, qui confirme nos convictions avec le mérite de poser des chiffres références.

 

L'analyse de la Sofres :

Une baisse continue de la confiance dans l’avenir

 

La confiance dans l’avenir n’a jamais été aussi basse. Environ les 2/3 des Français, il y a 20 ou 30 ans, avaient confiance dans l’avenir. Ils ne sont aujourd’hui qu’un peu plus d’un tiers.

 

Cette crainte s’accompagne d’une avalanche de considérations pessimistes sur l’avenir de l’humanité, sur fond on le sait d’une défiance vis-à-vis de la mondialisation inégalée au sein du monde occidental : 85% des Français pensent que le monde va mal, et 49% disent que la situation va encore se dégrader. Le quart des Français seulement (27%) a confiance dans l’avenir des générations futures, et moins d’un cinquième (19%) dans la capacité des Hommes à préserver la planète.

 

Ce pessimisme sur l’avenir collectif ne se traduit certes pas en désespérance personnelle massive : les 3/4 des Français déclarent avoir confiance en eux-mêmes (77%), et les 2/3 pensent qu’ils vont arriver à s’en sortir. Toutefois la confiance en soi est beaucoup plus faible dans les jeunes générations, fortement affectées par les difficultés du marché de l’emploi : 64 % seulement des 15-25 ans déclarent avoir confiance en eux contre 86% des plus de 60 ans, et une proportion identique pense pouvoir s’en sortir. C’est donc 1/3 de la jeunesse qui manque aujourd’hui du ressort le plus intime et le plus puissant de la confiance : la confiance en soi.

 

Mais au-delà de l’avenir, la dernière édition de l’Observatoire de la Confiance de La Poste confirme l’existence au sein de la société française d’une défiance généralisée et qui s’aggrave avec le temps, vis-à-vis d’autrui, des élites, des grandes institutions, comme  des mécanismes de régulation économique et sociale.

Nous sommes bien là face à un phénomène culturel, mais pas seulement : l’ampleur des évolutions sur les dernières décennies souligne également l’historicité du phénomène, dans une société confrontée depuis 40 ans au développement du chômage de masse.

La difficulté à construire des relations de confiance avec autrui, hors du cercle des intimes

Plus une personne est « proche » et plus la confiance qu’on lui porte est importante. Nous pouvons ainsi dégager 3 cercles de confiance :

Le cercle des intimes : le conjoint, la famille, les amis, des personnes avec lesquelles on partage les mêmes valeurs, les mêmes intérêts, avec lesquelles on échange au quotidien. 99% des Français disent faire confiance à leur conjoint, 94% à leur famille et 93% à leurs amis.

Le cercle des proches suscite des appréciations plus contrastées : s’il s’agit de personnes que l’on connaît et qu’on est amené à fréquenter, des doutes peuvent exister sur leurs intentions réelles et leur capacité à agir dans le même intérêt que nous. 62% des actifs font confiance à leurs collègues, et 59% des Français à leurs voisins, une proportion qui tombe chez les internautes à 42% pour les personnes qu’on fréquente sur les réseaux sociaux. Il est intéressant de noter que la confiance dans les proches est fortement corrélée à la confiance en soi : sans ce socle de confiance, il n’est pas possible de s’ouvrir aux autres.

Et enfin le 3e cercle semble beaucoup plus menaçant : celui des « autres » en général, vis-à-vis desquels la confiance laisse place à la défiance. Ainsi seuls 23% des Français disent «pouvoir faire confiance à la plupart des gens», contre 77% qui estiment qu’on n’est « jamais assez prudent quand on a affaire aux autres ». Si cette méfiance à l’égard de « l’inconnu » peut sembler logique, il faut noter qu’elle constitue une « exception française » : nos compatriotes figurent parmi les plus défiants, à l’opposé des Scandinaves qui, pour les deux tiers, disent qu’on peut faire confiance à la plupart des gens qu’on rencontre, ou des Américains qui sont près d’un sur deux à faire confiance a priori.

Politique et vie de la cité

Le personnel politique subit un discrédit massif, qui s’est amplifié depuis 20 ans : on ne compte plus que 7% des Français qui disent avoir confiance dans les hommes et  femmes politiques, contre  29% en 1982 et 27% en 1993.

 

Cette dégradation de l’image des politiques, associée à l’augmentation de l’abstention et des votes blancs ou nuls, sont souvent cités comme les symptômes d’une crise plus profonde de la représentativité politique en France.

Les maires, acteurs politiques de proximité, demeurent des figures appréciées (51%) même s’ils ont perdu près de 20 points depuis 1982.

Dans le même esprit, 5% des Français seulement font confiance aux partis politiques, contre 22% il y a 30 ans. Une défiance historiquement haute, alimentée sans doute par la crise de succession à la tête de l’UMP, concomitante de la dernière enquête.

(...)

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Rappel : Le personnel politique subit un discrédit massif, qui s’est amplifié depuis 20 ans : on ne compte plus que 7% des Français qui disent avoir confiance dans les hommes et femmes politiques, contre 29% en 1982 et 27% en 1993.

 

LE RAPPORT COMPLET:

http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2013.01.10-confiance.pdf

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Bill Clinton Président de la République Française en 2017 ?

L’ancien Président américain a ironisé ce mercredi dans une interview sur CNN sur une possible candidature à l’élection irlandaise ou… française. En effet, Bill Clinton aurait légalement la possibilité de briguer l’Elysée.

« Les deux seuls pays où je peux me présenter pour être élu à la présidence sont l'Irlande, si je m'y installe et que j'y achète une maison, parce que je pourrais y concourir en raison de mon ascendance irlandaise » et « la France, parce que je suis né en Arkansas, qui fait partie des terres cédées lors de la vente de la Louisiane » aux Etats-Unis en 1803. « Toute personne née dans un endroit du monde qui a fait partie de l'empire français, si elle s'installe en France et y vit six mois et parle français, peut être candidat à la présidence du pays », explique le démocrate.

Il y a quelques années, des sondages purement théoriques lui donnaient des chances d’être élu en France. Mais pour Bill Clinton, une candidature de l’autre côté de l’Atlantique ne reste qu’un doux rêve : « Une fois qu'ils auront entendu mon mauvais français mâtiné d'accent sudiste, je tomberai à des chiffres vraiment bas en une semaine et je serai grillé ! »

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Eva Joly, vous allez nous manquer !

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Malgré les coups durs et les chutes, Eva Joly ne cesse de remonter en selle. Bien vaillante, la candidate d'Europe Ecologie - Les verts. Mais préparons-nous, il va tout de même falloir lui dire au revoir.

 

Chère Eva Joly,

Vous voilà donc repartie en campagne après votre accident, cette fois avec des lunettes noires. Rien ne vous arrêtera ! Une fois de plus, vous nous surprenez par votre ténacité. Comme il était tentant, pourtant, de les planter là, tous vos amis verts ! Vous avez dû y penser. Mais ça leur aurait fait bien trop plaisir. La même idée a dû vous venir aussi, je l’imagine, en novembre, quand vous avez disparu pendant cinq jours au fond d’un fjiord ou au bord de votre crique bretonne. Ne pas revenir ? Créer un électrochoc ? Ou continuer à jouer le rôle de celle qui dit tout haut des vérités piquantes pour tout le monde ?

Dans votre dos, Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé (celui qui vous qualifiait gracieusement de « vieille éthique ») avaient tricoté un accord avec Martine Aubry : vous étiez, déjà, passée par pertes et profits.

(...)

Je sais : vous êtes franco-norvégienne et l’accent d’Oslo, qui vous est resté de vos jeunes années de Miss Norvège, est bien différent de celui de Berlin. Mais c’est plus fort que nous, plus fort que tous nos principes : sauf quand il s’agit de machines outils, de voitures et de machines à laver, nous nous méfions de ce qui nous vient d’Outre Rhin.

Daniel Cohn-Bendit aurait dû vous prévenir, lui que Georges Marchais traita, en mai 68,de « juif allemand ». Malgré tout, après tant d’années, il fait désormais partie de notre patrimoine.

Vous aussi ! Mais nous ne le savons pas encore. Un jour, nous vous rendrons justice. Nous découvrirons que, lorsque vous réclamiez un défilé pacifique le 14 juillet plutôt que des chars et des soldats, vous étiez l’héritière d’une longue tradition qui remonte à Voltaire et Rousseau. Une tradition très française !

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