Quels sont les plus gros exilés fiscaux français en Suisse ? | Think outside the Box | Scoop.it
Le magazine suisse Bilan publie son classement annuel des 300 fortunes du pays. Les Français, au nombre de 44, y figurent en bonne place.

 

A l’instar de Challenges qui publie chaque été son classement annuel des 500 premières fortunes professionnelles françaises, le magazine économique suisse Bilan vient de publier son palmarès annuel. On y retrouve les Suisses les plus riches, mais aussi les simples résidents, quelle que soit leur nationalité. L'homme le plus riche de la Confédération helvétique n’est autre que… Ingvar Kamprad, le fondateur suédois d’Ikéa (35 milliards de francs suisses). Les citoyens suisses ne représentent que la moitié du classement, les Allemands et les Français sont les deux autres nationalités les plus représentés: 50 allemands et 44 français, qui se sont exilés pour des raisons le plus souvent fiscales.

Parmi les Français, beaucoup figurent évidemment dans le classement de Challenges, comme les frères Wertheimer (Chanel) et Pierre Castel (estimés chacun entre 4 et 5 milliards de francs suisses), suivi de la famille Primat (héritière de la dynastie Schlumberger), de Benjamin de Rothschild et de la famille Peugeot, qui a perdu la moitié de sa fortune depuis l’an dernier, à cause de la chute du cours de bourse du constructeur auto. Figurent aussi dans le classement les familles Lescure, Bich, Mimran, Claude Berda, Daniel Hechter, ou encore Antoine Zacharias…

Les Français se renseignent... de plus en plus

On y retrouve aussi quelques nouveaux entrants, découverts récemment ou fraîchement exilés. Parmi eux, Nicolas Puech, actionnaire d’Hermès, Denis Dumont, le propriétaire de la chaîne de magasins alimentaires Grand Frais (300 à 400 millions de francs suisses), ou Bruno Moineville (200 à 300 millions de francs suisse), le cofondateur de Numéricable.

Cependant, comme le FMIC (Fortune Minimale d’Insertion dans le Classement) de Bilan est assez élevé (100 millions de francs suisses, soit 81 millions d’euros), de nombreux autres exilés hexagonaux n’y figurent pas, comme Johnny Halliday et Charles Aznavour ou d’autres célébrités du show-business, du sport, et de nombreux entrepreneurs qui ont vendu leur entreprise avant de se mettre à l’abri en Suisse. Selon les estimations, près de 2.000 Français profitent ainsi du régime fiscal suisse. Un chiffre qui risque d’augmenter très rapidement, à l’approche des élections présidentielles. Bilan rapporte le témoignage d’un avocat genevois spécialisé dans la délocalisation, Pierre-Alain Guillaume: "Nous avons une demande en forte hausse en provenance de France, des clients qui ont fait le choix de s’établir en Suisse, ainsi que des personnes qui nous mandatent pour vérifier la faisabilité et les conditions d’un établissement en Suisse." En dépit des risques de durcissement du régime fiscal suisse, le pays semble toujours être un refuge pour les gros patrimoines français!

 

Damien Pelé