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L'escroquerie Nucléaire

L'escroquerie Nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it
Charlie Hebdo le site – Fabrice Nicolino


C’est un peu con d’écrire comme Le Monde, mais le nucléaire est à un tournant. Même si les services de propagande d’EDF et d’Areva font tout pour le cacher, la folle aventure de l’atome se barre en sucette. En couille, pour être franc. La dernière blague — en cours — est belge. Le réacteur numéro 3 de la centrale de Doel, en Flandre, a été arrêté après des contrôles aux ultrasons qui ont révélé l’existence de 10 000 anomalies dans la cuve. Et, parmi elles, des milliers de fissures, dont les plus grandes atteignent 20 mm. On appelle cela une catastrophe industrielle.


Un qui s’en fout, c’est le fabricant de la cuve, le groupe néerlandais Rotterdamsche Droogdok Maatschappij, disparu sous ce nom en 1996 après avoir vendu vingt cuves du même type dans toute l’Europe et sur le continent américain. Mais la France n’est pas la Belgique, non? Ben, on se demande: au moment où Charlie boucle ce hors-série, on apprend que les réacteurs nucléaires français ont, eux aussi, leurs fissures. Mais, comme le serine la chanson officielle, rien à voir avec celles des si minables cuves belges.

Le merdier est partout. L’Allemagne a renoncé au nucléaire et prend trente ans d’avance sur nous en misant sur le soleil et le vent. Fukushima a démontré qu’aucune technologie, aussi «avancée» qu’elle semble, ne met à l’abri de la catastrophe majeure. Chez nous, Areva a perdu plus de deux milliards d’euros en 2011 et doit à n’importe quel prix fourguer son nouveau réacteur expérimental, l’EPR, à des pays solvables, aussi stables que la Chine, au bord du gouffre. Mais les deux prototypes d’EPR en construction, en Finlande et en Normandie, sont la risée générale, multipliant les (énormes) retards, explosant les coûts, accumulant les embrouilles et… les fissures.

En résumé, tout va bien

En résumé, tout va bien. Mais les enjeux sont tels qu’il faut continuer à sourire sur les photos de groupe. C’est ce moment que choisit Charlie pour raconter à sa façon une histoire profondément française. Notre journal est né en même temps que le programme électronucléaire. Son premier numéro, après l’interdiction de Hara-Kiri Hebdo, date du 23 novembre 1970. Six mois plus tard, sous l’impulsion de Fournier, soutenu par Cabu, Cavanna, Reiser et tous les autres, Charlie lançait la première grande manif antinucléaire, à Bugey, dans l’Ain. Ceux qui ont connu cet été 1971 n’en sont pas revenus. Charlie non plus. La contestation du nucléaire et de ses inimitables méthodes est dans nos gènes. Non, on n’aime pas les salopards qui ont créé, sans le moindre débat, cette industrie de la terreur. Oui, on veut la fin du cauchemar. Vous allez découvrir dans ce hors-série de Charlie quantité de choses que les gazettes arrosées de pub atomique ne vous ont jamais dites.

Des personnages sortis de la naphtaline, comme Guillaumat, Mendès, de Gaulle, Messmer, s’apprêtent à prendre la parole pour dire enfin ce qui s’est vraiment passé. La commission Peon, qui aura à peu près tout décidé en notre nom, fait un coming out on ne peut plus involontaire. EDF et le CEA, qui donna naissance à Areva, apparaissent enfin pour ce qu’ils sont: des machines de guerre. Car voilà la vérité cachée de ce dossier infernal: une poignée de soi-disant responsables jouent notre avenir commun à la roulette russe. Contrairement à ce qui a été affirmé pendant quarante ans par les joyeux atomistes associés, le risque d’accident grave est réel. Et, du même coup, cinglé. Qui a envie de fuir un nuage radioactif? Qui a envie de vivre dans une France privée à jamais du Cotentin ou de la vallée du Rhône ? Qui se souvient que la centrale de Nogent-sur-Seine n’est qu’à 80 kilomètres de Paris?

Contrairement à ce que les bons esprits racontent dans les salons, il n’y a pas de compromis possible avec le nucléaire. Demander moins de nucléaire, c’est réclamer de moins mourir. Les socialistes au pouvoir ont massivement choisi: le gouvernement en place, bien loin des fausses frayeurs du candidat Sarkozy, est empli de militants du nucléaire. Au fait, qui a déclaré: «je crois au contraire que le nucléaire [...] justifie pleinement l’organisation d’un vaste débat dans notre pays ; enfin informés, les Français pourront se prononcer par référendum»? Qui? François Mitterrand en 1981. Il n’est jamais trop tard pour tenir une promesse. Charlie, après bien d’autres, réclame un véritable référendum sur l’avenir du nucléaire. Il permettra d’enfin tourner la page. Chiche ?


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Hollande sur le point de condamner la France au nucléaire

Hollande sur le point de condamner la France au nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it
Pour la députée européenne Corinne Lepage, le président de la République a peu de chances de tenir ses promesses sur le nucléaire.

 

Venez débattre du nucléaire avec Corinne Lepage lors du Forum «Quelle énergie !» organisé par Libération à Toulouse les 12 et 13 octobre. Entrée libre, réservez vos places dès maintenant.

La 38ème des 101 propositions de François Mitterrand en 1981 était la suivante : «L’approvisionnement énergétique du pays sera diversifié. Le programme nucléaire sera limité aux centrales en cours de construction, en attendant que le pays, réellement informé, puisse se prononcer par référendum. Les crédits en faveur des énergies nouvelles ou des techniques nouvelles d’exploitation des énergies traditionnelles (charbon) seront très considérablement augmentés». On sait ce qu’il en fut. Les deux tiers des réacteurs nucléaires furent construits ou mis en activité au cours de ses septennats, aucun référendum bien entendu n’a été organisé et, mis à part Plogoff, aucune décision de limitation du nucléaire n’a été prise.

Paradoxalement, le quinquennat de François Hollande sur ce sujet pourrait bien aboutir à un résultat comparable. Certes, le président de la République a pris l’engagement de réduire à 50% la part du nucléaire dans le bouquet électrique en 2025. Mais, pour y parvenir, il faudrait fermer un certain nombre de centrales à commencer par Fessenheim et développer, à hauteur au moins correspondante, les énergies renouvelables. Chacun sait que les énergies renouvelables sont particulièrement maltraitées, malgré les envolées lyriques, et que la France ne sera même pas en capacité d’atteindre les engagements qu’elle a pris au niveau communautaire, soit 23% d’énergies renouvelables en 2020. Par ailleurs, si la ritournelle de la fermeture de Fessenheim en 2016 est parfaitement rodée, sa réalisation effective à la date prévue a plus que du plomb dans l’aile. Enfin, très tranquillement, au lendemain de la deuxième conférence environnementale qui n’a eu de concret que le volet rénovation énergétique des bâtiments, il est annoncé que la prolongation à 60 ans de la durée de vie des centrales est quasiment un fait acquis, concrétisée par un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, avec la bénédiction de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Un choix suicidaire

Ce qui est étrange, c’est le silence assourdissant de ceux qui ont fait un ultimatum de la taxe diesel, qui n’est pas venue, et qui semblent considérer comme tout à fait normal cette décision fondamentale qui conduit vraiment à s’interroger sur l’intérêt et le sens du débat national sur la transition énergétique. En effet, le scénario voulu par le lobby nucléaire, qui s’est bien gardé de le défendre directement lors du débat national sur la transition énergétique, laissant le scénario Négatep défendu par une association prendre sa place, est en train de se dérouler dans une quiétude totale. Ce scénario est très simple : prolongation de la durée de vie des centrales à 60 ans, remplacement des centrales arrivées en fin de vie par quelques EPR (à la condition bien sûr qu’EDF soit capable d’en mettre un en service, ce qui n’est pas garanti) et mise en route des réacteurs de la quatrième génération puisque le gouvernement, dès son arrivée aux affaires en juillet 2012, a donné son feu vert.

Cette stratégie pose trois problèmes majeurs :

Le premier, qui est plus important, est celui de savoir si ce choix sur le plan économique, industriel et financier n’est pas purement et simplement suicidaire. En effet, le coût croissant de l’électricité d’origine nucléaire, alors que les coûts de production des énergies renouvelables baissent considérablement, la capacité de stocker l’électricité qui est en passe d’être une réalité et qui résout le problème de l’intermittence du renouvelable, le développement de filières industrielles nouvelles créatrices d’activité économique et d’emplois, sont autant de raisons de douter du bien-fondé d’un tel choix. De plus, le risque croissant d’un accident nucléaire majeur en France, alors que le président de l’Autorité de sûreté nucléaire reconnaît lui-même la possibilité d’un risque systémique affectant tout ou partie des réacteurs, paraît traité avec le plus grand mépris. Pourtant, dans une telle hypothèse, que personne n’ose même envisager, notre pays serait anéanti. Rappelons simplement que l’évaluation du coût d’un accident majeur varie de 500 milliards à 5 000 milliards pour l’IRSN alors même que le montant de l’assurance aujourd’hui prévue par EDF est de 91,5 millions ! Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

La population française écartée

Le second problème est de nature démocratique. Certes, un débat national sur la transition énergétique a eu lieu. Mais outre le fait que l’immense majorité de la population française n'y a pas participé et n’y a pas été associée, ce débat n’a aucunement porté sur ce sujet là. Autrement dit, on a laissé disserter sur les différents scénarios possibles sans jamais mettre en débat le fait que le choix était déjà fait et que ce choix n’était précisément pas dans le débat. A cet égard, même si on peut comprendre la difficulté de la position des ministres verts, l’honnêteté élémentaire devrait les conduire au moins à reconnaître la vérité et leur incapacité à peser sur le choix. Mais en tout cas, le gouvernement s’apprête à engager la France sur 30 ans au moins, sans même que l’avis de nos concitoyens n’ait été requis. En bref il n’y a guère de progrès depuis 1973, la commission PEON et le gouvernement Messmer.

Le troisième problème tient aux relations franco-allemandes et à l’évolution d’une Europe de l’énergie. La politique totalement divergente menée par la France au regard de tous ses voisins (Belgique, Allemagne, Italie et même Suisse), à l’exclusion de la Grande-Bretagne où EDF a mis la main sur British Energy (pour défendre le nucléaire et disposer d’un allié en Europe), rend impossible la création d’une Europe de l’énergie. En effet, il faut un minimum de convergence sur la place à donner aux énergies renouvelables, sur l’efficacité énergétique, sur la généralisation de la méthanisation en agriculture, pour pouvoir précisément construire cette Europe de l’énergie. L’addiction française au nucléaire, unique au monde, induit un modèle centralisé - alors que le modèle allemand est décentralisateur -, condamné aux pointes génératrices de CO2, immobilisant des centrales le reste du temps inutiles, faisant découvrir des risques immenses et donc condamné à une opacité et une absence démocratique inévitables.

Est-il dit que le quinquennat de François Hollande sera celui de la condamnation de la France au nucléaire pour tout le XXIème siècle ?

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Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable

Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable | Think outside the Box | Scoop.it

La centrale nucléaire de Fessenheim, le 5 septembre 2012

 

LE PLUS. Philippe Martin, nouveau ministre de l'Écologie, l'a répété au "Journal du dimanche", le 21 juillet dernier : la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée d'ici fin 2016, comme s'y était engagé François Hollande pendant la campagne présidentielle. Une promesse à laquelle ne croit pas l'eurodéputée Corine Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.

 

Certes, le nouveau ministre de l’Écologie Philippe Martin a rappelé avec force sa volonté de fermer Fessenheim en 2016. Et a priori, personne ne peut mettre en doute sa volonté.

 

Il n’en reste pas moins que celle-ci ne suffira pas, en raison du choix initial fait par Delphine Batho, ou fait par la direction de l’énergie du ministère de l’Écologie et validé par Delphine Batho de s’opposer à la fermeture judiciaire de Fessenheim.

 

En effet, en se battant aux côtés de l’autorité de sûreté nucléaire pour obtenir le rejet, par un arrêt qui n’honore pas le conseil d’État, de la demande formulée par plus de 100 collectivités locales allemandes, suisses et françaises représentants 800.000 personnes vivant au voisinage de la centrale nucléaire, le ministère de l’Écologie a très clairement joué contre son camp.

 

4 à 5 ans nécessaires pour fermer une centrale

 

Rappelons tout d’abord que l’autorité de sûreté nucléaire considère elle-même qu’il faut cinq ans pour fermer une centrale nucléaire, et Monsieur Rol-Tanguy, délégué à la fermeture de Fessenheim, considère qu’il en faut quatre.

 

Ceci signifie que même dans le meilleur des cas, ce qui n’est de loin pas l’hypothèse réelle, Fessenheim ne peut pas fermer avant la fin de l’année 2017, voire 2018.

 

En réalité, si le gouvernement avait voulu fermer Fessenheim avant la fin du quinquennat, il fallait lancer le dossier de fermeture dès juillet 2012, organiser un fonctionnement temporaire avec le minimum de travaux nécessaires, voire arrêter la production durant la phase de préparation du dossier de fermeture afin d’éviter des dépenses parfaitement inutiles pour une centrale qui devait fermer.

 

À partir du moment où c’est la date de fin 2016 qui a été retenue et que la procédure de fermeture n’a pas été lancée immédiatement, l’effectivité de la fermeture devient aléatoire.

 

Lorsque l’on sait qu’EDF s’apprête à lancer une enquête publique dans le courant de l’année 2014 pour faire enfin régulariser ces autorisations de rejet qui sont soit absentes, soit totalement obsolètes (Fessenheim est la seule centrale nucléaire de France à fonctionner sur la base d’arrêtés de rejets radioactifs liquides et gazeux datant de 1977), et que parallèlement aucun dossier d’instruction d’une demande de fermeture n’a été lancée pour donner lieu à une enquête publique, chacun peut comprendre qu’il n’y a que bien peu d’espoir sur le plan procédural qu’une fermeture puisse être signée avant la fin du quinquennat.

 

Un ministère de l’Écologie qui joue contre son camp

 

Il en va d’autant plus ainsi que Monsieur Rol-Tanguy a été empêché d’entrer dans la centrale pour pouvoir y effectuer sa mission, en raison de l’opposition du syndicat CGT et, bien évidemment, de la direction d’EDF qui n’a rien fait pour permettre aux représentants de l’État d’engager la procédure dont il était chargé.

 

Si la direction d’EDF, dont on rappelle qu’il s’agit d’une société possédée à 80% par l’État, a pris cette position, c’était en fait qu’elle était convaincue qu’elle ne risquait rien dans la mesure où la fameuse fermeture ne pouvait intervenir dans les délais requis.

 

La seule manière qu’avait l’État d’exécuter la décision du président de la République, décision prise en raison de l’ancienneté et du risque sismique de la centrale de Fessenheim, était de reconnaître cette situation et de ne pas s’opposer à la demande de fermeture formulée par les collectivités territoriales.

 

Cette stratégie aurait conduit à conclure qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur la demande formulée par les collectivités françaises, suisses et allemandes, dans la mesure où la décision de fermeture avait été prise. Dans ce cas, le Conseil d’État en aurait pris acte et la décision de fermeture aurait été en quelque sorte avalisée par le juge.

 

En prenant la position contraire, le ministère de l’Écologie a évidemment joué contre son camp et rendu très difficile une disposition législative spécifique concernant Fessenheim. Il a joué contre son camp en faisant juger qu’aucune décision administrative de fermeture n’avait été prise et qu’en conséquence l’annonce n’avait aucune valeur juridique.

 

Sur le plan du droit, c’est juste. Sur le plan de la lisibilité et de la volonté politique, c’est catastrophique.

 

Une stratégie lourde de conséquences financières

 

En second lieu, il a fait juger qu’aucun risque ne justifiait la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Même si cette affirmation est contraire à l’évidence, elle est la parole du juge.

 

Deux conséquences en découlent :

 

1. D’une part EDF et ses partenaires financiers peuvent revendiquer un droit à fonctionner, et donc un droit à être indemnisés. Autrement dit, la stratégie choisie par le ministère est lourde de conséquences financières pour le contribuable et, dans le contexte budgétaire actuel, constitue un inconvénient majeur.

 

2. D’autre part, la loi sur la transition énergétique pourra bien évidemment prévoir la réduction du parc nucléaire à 50% en 2025 (à condition qu’elle soit votée ce qui n’est de loin pas évident).

 

En revanche, il apparaît très difficile qu’une disposition spécifique prévoit la fermeture de Fessenheim dans la mesure où on voit mal comment elle pourrait être justifiée.

 

En effet, le gouvernement ne pourra pas arguer du danger de la mesure alors qu’il a fait juger du contraire. Une telle disposition non justifiée par le législateur aurait évidemment toutes les chances d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.

 

La méthode Coué ne suffira pas face à un lobby aussi déterminé

 

On ne peut malheureusement que regretter que les lois votées soient rédigées dans des conditions de plus en plus aléatoires et éloignées des bases constitutionnelles de telle sorte qu’elles se heurtent à la sanction inévitable du juge. Logiquement, le législateur devrait déterminer les critères servant aux choix prioritaires de fermeture.

 

En fonction de ces critères, le pouvoir réglementaire devrait déterminer après étude d’impact les centrales à fermer en priorité ; ce n’est que dans ce troisième temps que le dossier de fermeture pourrait être instruit.

 

Si telle était la procédure suivie, il est clair que non seulement Fessenheim pourrait ne pas être la première centrale au regard des risques présentés par Tricastin ou Bugey, mais de surcroît, même si elle l’était, la procédure ne pourrait être engagée au mieux à la fin de l’année 2015 ou au début de l’année 2016 rendant de facto impossible la fermeture pour la fin 2016.

 

Pour toutes ces raisons, même si le ministre est de bonne volonté, la méthode Coué ne suffira pas au regard d’un lobby aussi déterminé et aussi puissant que le lobby nucléaire.

 

Le droit est aujourd’hui du côté d’EDF

 

Pour lui, en effet, la non fermeture de la centrale de Fessenheim a valeur de symbole. EDF n’a absolument pas besoin de cette centrale pour fournir de l’électricité à la France ni même à l’Alsace. Mais, EDF veut absolument pousser la durée de ses centrales à 60 ans.

 

Dans cette perspective, il est impératif qu’aucune centrale ne ferme jusqu’à ce que cet objectif soit atteint. EDF joue donc sur la durée en espérant un changement de président de la République en 2017 qui revienne sur l’engagement pris par François Hollande. C’est la raison pour laquelle EDF se battra de toutes ses forces pour qu’aucune décision de fermeture n’intervienne avant la fin du quinquennat.

 

Or, le droit est aujourd’hui du côté d’EDF qui ne prendra jamais l’initiative du dépôt d’une demande de fermeture, ce que le code de l’environnement permet, et qui retardera le plus possible la soumission à une norme obligatoire qui l’obligerait à engager la procédure de fermeture.

 

Dans ces conditions, la fermeté du ministre apparaît plus comme un gage donné à EELV pour continuer à faire comme si la seule mesure concrète sur le nucléaire restait d’actualité, comme une posture, que comme l’affirmation d’une capacité de faire.

 

De manière paradoxale, bien au contraire, ce gouvernement pourrait à la fin du quinquennat être celui qui a permis la prolongation de la vie de Fessenheim, puisque l’ASN a rendu possible l’exploitation jusqu’en 2022, que le gouvernement a autorisé les travaux de confortation du site et qu’il a fait juger que cette centrale ne présentait pas des risques qui justifiaient sa fermeture.

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Des réacteurs nucléaires dimensionnés pour 40 ans?

Des réacteurs nucléaires dimensionnés pour 40 ans? | Think outside the Box | Scoop.it
Tandis qu’EDF demande la prolongation des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui remettra ses premières recommandations en 2015, a rappelé à l’Assemblée nationale qu’elle n’était « pas acquise ».


Les réacteurs nucléaires français resteront-ils en fonctionnement au-delà de 40 ans ? La question est loin d’être close. D’abord parce qu’aucune loi, aucun texte réglementaire ne fixe de durée de vie aux réacteurs. Même si, selon Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, de par leur conception, « les centrales ont été dimensionnées pour 40 ans ».

>> Lire aussi : La durée de vie des centrales fait toujours débat

Auditionné par la commission d’enquête sur la filière nucléaire, le 20 février à l’Assemblée nationale, ce dernier, sans répondre fermement à la question, a souligné qu’une autorisation de fonctionnement des centrales au-delà de 40 ans « n’est pas acquise ».

Car « bien des sujets de sûreté majeurs » sont « à regarder à cette échéance », précise-t-il. « Il peut y avoir des phénomènes de vieillissement sur certains composants des centrales, qu'on doit regarder d'autant plus attentivement que ces composants ne sont pas nécessairement remplaçables », a-t-il souligné.

De son côté, EDF, exploitant du parc nucléaire français, et représenté pour cette audition du 20 février par Dominique Minière, directeur délégué à la direction Production-Ingénierie, a détaillé l’ensemble de son plan de maintenance et d’amélioration, en guise d’argument à cette prolongation.

Pour ce « grand carénage », EDF prévoit de mener pour 55 milliards d'euros de travaux de maintenance sur ses 58 réacteurs français à l'horizon 2025 : 10 milliards d'euros consacrés à la mise aux normes des centrales après la catastrophe de Fukushima ; 20 milliards d'euros d'investissements pour améliorer la sûreté des réacteurs ; 15 milliards pour « la maintenance lourde des grands composants » et 10 milliards « au titre d'autres projets patrimoniaux (environnement, risque incendie, risque grand chaud-grand froid) ».

De quoi convaincre l’ASN de donner son feu vert ? Pas sûr. « Nous estimons qu'on sera en mesure d'émettre un premier avis en 2015; l'avis final générique pourrait intervenir en 2018 ou 2019, sachant que de toutes manières nous serons ensuite amenés à nous prononcer réacteur par réacteur », a réagi le président de l’ASN.

Avec AFP

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Transition énergétique : les « élus du nucléaire » contre François Hollande ?

Transition énergétique : les « élus du nucléaire » contre François Hollande ? | Think outside the Box | Scoop.it
Jean-François Julliard
Directeur de GreenpeacePublié le 29/08/2013 à 17h14

 

 

L’énergie figure parmi les dossiers prioritaires de la fin d’année 2013 pour François Hollande. Le gouvernement va en effet révéler cet automne le projet de loi qui devra permettre au Président de tenir son engagement de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire en 2025 et d’amorcer concrètement la transition énergétique en France.

Mais cet engagement, qui figurait en bonne place parmi les promesses du candidat en 2012, semble aujourd’hui bien fragile tant celui-ci est attaqué par différents groupes de pression qui menacent l’autorité présidentielle.

Leur objectif est à peine masqué : maintenir l’hégémonie du nucléaire dans le mix énergétique français et saboter tout effort de développement significatif des énergies renouvelables et de réduction de notre consommation d’énergie.

Certains de ces groupes de pression sont, en théorie, des grands serviteurs de l’Etat chargés de mettre en œuvre l’ambition politique du Président élu sans aucune considération partisane. C’est le cas d’EDF, dont l’Etat est l’actionnaire ultra majoritaire, et du corps des Mines, des ingénieurs de très haut niveau censés servir avec discipline l’Etat. Et pourtant, aussi bien EDF que le corps des Mines outrepassent leurs missions pour défendre avec obstination la place écrasante du nucléaire en France. Greenpeace a rassemblé des éléments sur ces groupes d’influence.

Des élus à la merci du nucléaire

Cette remise en cause du pouvoir du chef de l’Etat vient également du propre camp politique de François Hollande. En cette rentrée parlementaire, des élus de gauche vont se joindre à ceux de l’opposition et sortir des rangs pour empêcher la moindre fermeture de centrale nucléaire. Ces « élus du nucléaire » défendent l’atome au-delà du raisonnable.

Ils agissent ainsi parce qu’ils doivent souvent beaucoup à cette industrie qui a implanté ses sites de production nucléaire sur leurs territoires. Parmi eux, on retrouve :

Jean-Michel Baylet (président du Parti radical de gauche) ;Patrice Prat (député du Gard) ;François Brottes (député de l’Isère) ;Christian Bataille (député du Nord) ;Delphine Bataille (sénatrice du Nord) ;Didier Guillaume (sénateur de la Drôme) ;Michel Destot (député-maire de Grenoble) ;Jacques Moignard (député du Tarn-et-Garonne)…

La manne financière du nucléaire profite largement aux habitants de ces territoires : taxes d’habitation particulièrement faibles, ressources fiscales élevées, infrastructures nombreuses et luxueuses, etc.

La contrepartie de la présence toute proche d’une installation nucléaire est parfois particulièrement visible : une piscine olympique et ses deux bassins supplémentaires à Bagnols-sur-Cèze (commune de 18 000 habitants, à proximité du site nucléaire de Marcoule), une piste surélevée de rollers en marbre à Valence d’Agen (centrale de Golfech), les deux piscines d’été et d’hiver de Golfech et Valence d’Agen (situées à 5 km l’une de l’autre)…

Un confort de vie payé au prix fort

Tant mieux pour les habitants de ces territoires dopés au nucléaire, pourrait-on croire. Mais c’est oublier que ce « confort de vie » a des coûts élevés.

Celui d’abord de l’abandon de tout sens critique de ces élus pour une industrie qui expose leurs électeurs à des risques non discutables. Ensuite, celui d’une absence coupable de vision à moyen terme. Beaucoup d’installations nucléaires vont devoir fermer dans les prochaines années, quoi qu’il arrive, du fait de leur âge avancé.

Comment faire face, dans le futur, aux frais d’entretien de ces équipements collectifs (piscines, stades…) de dimension pharaonique ? Comment expliquer aux habitants que leur taxe d’habitation va un jour augmenter fortement car leur élu n’a pas anticipé de changement de politique économique et industrielle ? Ces territoires sont pris au piège du nucléaire en raison de l’aveuglement des élus locaux qui refusent de prévoir une transition économique et sociale pourtant inévitable.

Intérêts personnels liés à ceux de l’industrie nucléaire

Au-delà de leur région, ces élus locaux exercent aussi un mandat national de parlementaire et vont donc participer au prochain débat parlementaire sur le projet de loi de transition énergétique. Certains se sont aussi positionnés stratégiquement à la tête des instances parlementaires les plus importantes sur l’énergie en France : Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, Office parlementaire d’étude des choix scientifiques et technologiques (OPECST)…

Pour eux, discuter de production d’électricité revient exclusivement à défendre l’énergie nucléaire. Impossible dans ces conditions d’aborder sereinement le développement des énergies renouvelables, un élément pourtant fondateur de toute transition énergétique. Leurs intérêts personnels sont trop liés à ceux de l’industrie nucléaire.

On doute sincèrement de la volonté de ces élus, qui détiennent en partie les clés de la future loi sur l’énergie, de respecter la parole de François Hollande de réduire la part du nucléaire. Le Président aurait-il perdu toute autorité en son Etat et en son camp politique ? La partie ne sera pas facile mais le chef de l’Etat doit tenir son engagement et se montrer ferme avec sa majorité.

Gageons que cette démonstration d’autorité restaurera la capacité d’un Etat comme la France à se tourner vers un projet de société ambitieux, respectueux de l’environnement et porteur d’une dynamique économique particulièrement recherchée en ce moment.

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