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L’État islamique assure être en mesure d’acquérir l’arme nucléaire

L’État islamique assure être en mesure d’acquérir l’arme nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it

L’État islamique serait-il en mesure d’acquérir l’arme nucléaire ? C’est en tout cas ce qu’il assure dans Dabiq, l’un de ses magazines de propagande. Libération, qui relaye l’information, explique que la personne désignée comme étant l’auteur de l’article, l’otage britannique John Cantlie, reconnaît que le scénario est « tiré par les cheveux » mais qu’il est « infiniment plus possible aujourd’hui qu’il ne l’était il y a tout juste un an ».

 

« L’État islamique a des milliards de dollars dans ses caisses donc il peut appeler ses filières au Pakistan pour acheter une bombe nucléaire grâce à des revendeurs liés à des officiels corrompus de la région. Et s’il ne s’agit pas d’une bombe, pourquoi pas quelques milliers de tonnes d’explosifs au nitrate d’ammonium ? C’est assez simple à fabriquer », écrit l’auteur de l’article.

 

Les différents médias qui ont relayé cette information soulignent que Daech aurait énormément de mal à mettre son projet à exécution. Conflict-News considère même ses chances comme « ridiculement basses ». Selon Joe Cirincione, un spécialiste du nucléaire, auteur d’une tribune dans pour le Huffington Post, le risque n’est toutefois pas nul et il est nécessaire de renforcer la protection des sites nucléaires.

 

L’auteur supposé de cet article, John Cantlie, est l’un des plus anciens otages de l’État islamique. Journaliste, il est apparu dans plusieurs vidéos et « reportages », a priori contraint et forcé, pour le compte de l’organisation terroriste.

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Fuites d’eau en série et mensonges à la centrale de Fessenheim : les associations antinucléaires alsaciennes et le Réseau

Fuites d’eau en série et mensonges à la centrale de Fessenheim : les associations antinucléaires alsaciennes et le Réseau | Think outside the Box | Scoop.it

Ce 21 avril 2015, les associations Réseau 'Sortir du nucléaire', Stop Fessenheim, Stop Transports – Halte au nucléaire, le CSFR et Alsace Nature, soutenus par le Réseau Fukussenheim et Les Citoyens Vigilants des environs de Fessenheim, déposent plainte contre EDF, exigeant la condamnation de l’exploitant de la centrale nucléaire de Fessenheim pour les infractions commises lors des fuites survenues les 28 février et 5 mars 2015.

 

Deux fuites consécutives largement minimisées

Le 28 février 2015, EDF déclarait la mise à l’arrêt du réacteur n° 1 de la centrale de Fessenheim suite à un « défaut d’étanchéité » sur une tuyauterie. Ce sont en réalité plus de 100 m3 d’eau [1] qui ont jailli, suite non pas à un défaut d’étanchéité mais à une rupture de tuyauterie, et qui se sont déversés dans la salle des machines, éclaboussant des boîtiers électriques et provoquant un défaut d’isolement sur un tableau électrique.

Le 5 mars, la tuyauterie a été remise en eau, contrairement aux engagements pris par EDF auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et sans qu’aucune évaluation des causes de la rupture de la tuyauterie ni des impacts de la fuite n’ait été réalisée. Quelques minutes après, elle se rompait de nouveau, à un autre point, en présence des inspecteurs de l’ASN…

Le 10 mars, interrogé lors d’une séance de la CLIS (Commission locale d’information et de surveillance) sur ce double incident, le directeur de la centrale a clairement failli à son obligation d’information, passant volontairement sous silence la réalité de l’événement.

 

Une communication d’EDF vivement critiquée par l’ASN

Le mercredi 15 avril, lors de la présentation devant l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Techniques du rapport annuel de l’ASN, son président, Pierre-Franck Chevet, a vivement critiqué la communication d’EDF, la qualifiant de «  décalée », déclarant ne pas être « content de la manière dont ils ont informé » et s’inquiétant de « l’empressement [de l’exploitant] à vouloir redémarrer le réacteur ». Un procès-verbal pourrait d’ailleurs être transmis à la justice.

 

Une plainte contre un exploitant délinquant

D’après EDF, la première rupture de tuyauterie serait due à une fatigue vibratoire... C’est donc l’usure qui aurait eu raison de celle-ci.

Cet événement met en lumière le mépris de la sûreté dont EDF a une nouvelle fois fait preuve. L’exploitant de la centrale de Fessenheim n’a pas su tirer les leçons de l’« incident » survenu en avril 2014 [2]. Quant aux agissements d’EDF - minimisation de l’incident, mensonge à l’ASN, omission auprès de la CLIS – ils laissent plus que songeur quant à l’attitude que l’entreprise adopterait en cas d’accident de grande ampleur !

C’est pourquoi les associations antinucléaires ont décidé de porter plainte contre EDF et contre Thierry Rosso, directeur de la centrale au moment des faits. Les associations espèrent une condamnation sévère de l’exploitant délinquant. Le dépôt de plainte officiel aura lieu ce 21 avril dans l’après-midi.

Rendez-vous est donné à 15h30 devant la CLIS de Fessenheim, rue Messimy à Colmar. Après une déambulation avec mise en scène dans les rues de Colmar, la petite délégation se rendra devant le Palais de Justice (Tribunal de grande instance de Colmar) vers 16h30. Une copie de la plainte sera symboliquement déposée au Tribunal pendant que nous transmettrons officiellement la plainte par fax et lettre recommandée au Parquet de Colmar. Un point presse aura lieu suite à l’action et des copies de la plainte seront distribuées aux journalistes présents.

Les associations réitèrent leur demande d’arrêt immédiat de la centrale et prévoient d’amplifier leur mobilisation. Elles appellent également à un rassemblement large lors de la manifestation tri-nationale qui se tiendra le dimanche 26 avril à 11h30 devant Fessenheim.

 

Consultez le dossier juridique :
http://www.sortirdunucleaire.org/Fessenheim-fuites-en-serie

Contacts presse :

André Hatz – 06 82 02 69 79
Rémi Verdet – 06 13 36 71 89
Marie Frachisse – 07 62 58 01 23

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 75 36 20 20

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Perte record en vue chez Areva

Perte record en vue chez Areva | Think outside the Box | Scoop.it

Le groupe devrait afficher un déficit net de l'ordre de 4 milliards d'euros. Il planche sur un plan d'austérité et de reconfiguration stratégique. Mais l'État devra mettre la main à la poche.

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C'est un sinistre industriel et financier qui s'annonce. Le 4 mars, Areva publiera ses comptes 2014 et donnera le coup d'envoi à un plan de restructuration qui s'annonce douloureux pour le groupe public, ses salariés… et les finances de l'État.

Côté chiffres, l'addition sera salée. De sources concordantes, Areva s'achemine en effet vers une perte nette de l'ordre de 4 milliards d'euros pour 2014, comme l'a évoqué L'Opinionmardi. Un chiffre encore susceptible d'évoluer du fait des travaux en cours et qui correspond peu ou prou à l'équivalent des capitaux propres du groupe. Areva se refuse à tout commentaire.

L'État, actionnaire à 87%, sait déjà qu'il n'aura pas le choix et qu'il devra recapitaliser le groupe français leader mondial du nucléaire. Ce renflouement n'interviendrait cependant pas avant plusieurs mois; il viendra boucler l'équation financière d'Areva une fois engagés, et chiffrés, les autres chantiers de la restructuration.

L'année 2014, qualifiée «d'éprouvante»

Areva avait commencé à préparer le terrain au début du mois, en publiant son chiffre d'affaires en recul de 8% sur l'ensemble de l'année 2014, qualifiée «d'éprouvante» par le nouveau directeur général Philippe Knoche. Le groupe prévenait alors qu'il envisageait d'importantes provisions supplémentaires qui s'ajouteront à celles déjà constituées au premier semestre - conclu sur une perte de près de 700 millions d'euros.

Depuis, le groupe nucléaire, endeuillé par le décès de son ancien patron Luc Oursel, a décidé de passer ses comptes à la paille de fer, sous la pression financière et sous celle de l'État. Éreinté par des années de provisions sur le chantier finlandais d'Olkiluoto, de dépréciations sur l'acquisition d'Uramin et sur ses activités dans les énergies renouvelables, endetté de 4,5 milliards d'euros à fin 2013, Areva a vu sa notation dégradée en catégorie spéculative, tandis que son cash-flow est passé dans le rouge.

Le groupe, dont le conseil d'administration a réuni mercredi ses comités d'audit et de la stratégie, planche d'arrache-pied tout comme les équipes de Bercy, au cabinet d'Emmanuel Macron et à l'Agence des participations de l'État (APE), sous l'œil vigilant de l'Élysée.

Le 4 mars, Areva devra lever le voile sur l'ampleur de ses difficultés. Ce sera donc provisions et dépréciations à tous les étages. Une grande partie du milliard d'impôts différés inscrits à son bilan passera ainsi à la trappe. Il y aura aussi des provisions sur «perte à terminaison de contrats» à constituer. De sources concordantes, cela atteindra environ 600 millions d'euros sur le désormais tristement célèbre réacteur EPR d'Olkiluoto 3 en Finlande.

Business plans irréalistes

Il faudra aussi couvrir les projets de modernisation de certaines installations, comme le réacteur de recherche du CEA à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Mais surtout, Areva - enfin - ajustera la valeur de ses actifs industriels à la réalité de son activité.

Et le choc est rude. La crise financière de 2008, les crises souveraines, l'«hiver nucléaire» qui a succédé à la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et la renaissance des énergies fossiles ont fauché toutes les belles perspectives d'une entreprise, dont la patronne Anne Lauvergeon avait fondé ses ambitions sur le renouveau du nucléaire. «Le marché d'Areva est aujourd'hui 40% ou 50% inférieur aux projections que le groupe avait faites à l'époque», explique un proche du dossier. La situation ne s'arrange pas: au second semestre 2014, le groupe a encore dû constater des décalages d'investissements, en Chine par exemple mais aussi en France où EDF tarde à donner le coup d'envoi du «grand carénage» de son parc nucléaire.

Mais Areva avait engagé, entre 2005 et 2008, un programme de 10 milliards d'euros d'investissements à l'appui de ses ambitions. Pis, le groupe et ses dirigeants successifs se sont longtemps voilé la face sur la crise qu'ils avaient à affronter. Même après le premier plan d'économies lancé en 2012 par Luc Oursel, Areva restait accroché à des business plans irréalistes, affirme un bon connaisseur du dossier.

Conséquences sociales

Exemple avec Comurhex II, l'outil de conversion d'uranium - la première étape de la transformation du minerai en combustible - des sites de Tricastin et de Malvési. Le projet a été lancé en 2007 avec une enveloppe de 610 millions d'euros d'investissements à la clef. Sept ans plus tard, le chantier est toujours en cours et son coût dépasse le milliard d'euros. Une somme sur laquelle Areva s'apprête, selon nos informations, à constater une dépréciation massive, de plusieurs centaines de millions d'euros.

«L'objectif, martèle un proche du dossier, c'est de restaurer la compétitivité d'Areva.» Le groupe, qui a réalisé 750 millions d'euros d'économies environ depuis fin 2011 (sur le milliard prévu sur la période 2012-2016), va lancer une nouvelle cure d'austérité. Selon plusieurs sources, elle devrait atteindre 1 milliard d'euros sur trois ans qu'il faudra gagner sur les achats mais aussi sur les frais de personnel.

Les salariés en sont conscients et s'attendent, pour la première fois, à des mesures de réductions d'effectifs en France, à la fois au niveau industriel et dans les fonctions support et de siège (en 2012, l'Hexagone avait été épargné, notamment sous la pression du gouvernement de l'époque). Les représentants du personnel ont cependant à ce stade assez peu de visibilité sur l'ampleur de la saignée, la direction étant pour l'heure engagée dans une phase de partage du diagnostic sur la situation du groupe. «Des mesures de réduction des personnels sont très clairement à l'ordre du jour. Mais elles seront scrutées à la loupe par les pouvoirs publics, explique un proche du dossier qui veut croire que le groupe pourra surtout jouer sur la pyramide des âges. Environ 20% de la masse salariale a plus de 50 ans, cela ouvre des pistes pour juguler de façon naturelle les effectifs.»

Bourbier finlandais

Areva n'en a pas fini avec son cauchemar finlandais. De nouvelles provisions, de l'ordre de 600 millions selon nos informations, aggraveront encore le dérapage de 3,9 milliards déjà constaté et qui a porté la facture globale à 7,4 milliards. Côté calendrier, Areva ne donne plus de date de fin de chantier ou de mise en service. Deux à trois ans minimum, estiment plusieurs sources, «en supposant que les deux parties coopèrent», précise l'une d'elles. Mais entre Areva et son client TVO, l'incompréhension réciproque est totale. Chacun réclame à l'autre de l'ordre de 2 milliards d'euros dans le cadre d'un arbitrage international. Selon certains experts, l'idéal serait évidemment de pouvoir se rasseoir à la table des négociations avec TVO et de suspendre cet arbitrage qui fait peser un risque sur les deux parties.

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Sûreté nucléaire de l'EPR de Flamanville : EDF navigue à vue

Sûreté nucléaire de l'EPR de Flamanville : EDF navigue à vue | Think outside the Box | Scoop.it

ANALYSE. Alors que l’EPR de Flamanville (Cotentin) est en construction depuis sept ans, EDF n’a toujours pas apporté de réponse satisfaisante à des questions fondamentales de sûreté nucléaire. A tel point que les experts officiels qualifient de « régression » un choix récent d’EDF pour la sûreté de l’EPR. Le temps commence à manquer à l’électricien, qui ne dispose plus que de quelques mois pour boucler la démonstration de sûreté de l’EPR.

 

Par Louis Germain et Martin Leers

 

Si l’EPR[1] de Flamanville n’en finit pas avec les surcoûts, retards et malfaçons, la conception même de la sûreté nucléaire du réacteur est, elle aussi, toujours en chantier. L’EPR est pourtant présenté par EDF comme un réacteur nucléaire « doté d’un niveau de protection très élevé ». Pour Areva, le concepteur et fournisseur de l’EPR de Flamanville, c’est « un réacteur d’une sûreté sans équivalent, extrêmement résistant aux incidents internes comme aux risques externes. »

L’expertise de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) donne un autre son de cloche.

Un rapport de l’IRSN, porté à la connaissance du public le 4 décembre dernier, explique qu’EDF a fait un choix technologique sur un équipement capital pour la sûreté du réacteur EPR qui « constitue une régression en termes de sûreté par rapport à la conception des réacteurs du parc en exploitation[2]. » Quelle est cette pièce importante pour la sûreté de l’EPR ?

Il s’agit de la soupape de sûreté du pressuriseur[3]. A l’image de la soupape d’une cocotte-minute qui permet de relâcher la pression pour éviter que la cocotte n’explose, la soupape de sûreté permet de relâcher la vapeur au cas où la pression devient trop importante dans le circuit primaire. Cette soupape se situe sur le pressuriseur, chargé de réguler la pression et la température du circuit primaire, qui contient le combustible nucléaire et où circule de l’eau pour le refroidir. Une surpression non maitrisée pourrait conduire à la rupture de la cuve, un accident majeur.

Inversement, une soupape de sûreté qui ne se refermerait pas et relâcherait en continu la vapeur, pourrait conduire en association avec d’autres dysfonctionnements, à la vidange du circuit primaire et à la fusion du cœur. Le directeur du service des centrales nucléaires de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Thomas Houdré nous confirme que le rôle de cette soupape est « d’éviter les accidents, d’éviter la rupture du circuit primaire et d’assurer le confinement des substances radioactives ».

Une des causes principales de l’accident nucléaire majeur de Three Mile Island (Etats-Unis) en mars 1979 provenait d’une vanne du pressuriseur qui ne s’était pas refermée. Dès le lancement du parc nucléaire français, des défaillances sur des soupapes de sûreté du pressuriseur ont mené à leur remplacement par des soupapes « en tandem » : une deuxième soupape en aval de la soupape de sûreté permet de fermer cette dernière si elle s’y refuse.


EDF demande une dérogation pour un élément clé de la sûreté de l’EPR

(...)

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L'escroquerie Nucléaire

L'escroquerie Nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it
Charlie Hebdo le site – Fabrice Nicolino


C’est un peu con d’écrire comme Le Monde, mais le nucléaire est à un tournant. Même si les services de propagande d’EDF et d’Areva font tout pour le cacher, la folle aventure de l’atome se barre en sucette. En couille, pour être franc. La dernière blague — en cours — est belge. Le réacteur numéro 3 de la centrale de Doel, en Flandre, a été arrêté après des contrôles aux ultrasons qui ont révélé l’existence de 10 000 anomalies dans la cuve. Et, parmi elles, des milliers de fissures, dont les plus grandes atteignent 20 mm. On appelle cela une catastrophe industrielle.


Un qui s’en fout, c’est le fabricant de la cuve, le groupe néerlandais Rotterdamsche Droogdok Maatschappij, disparu sous ce nom en 1996 après avoir vendu vingt cuves du même type dans toute l’Europe et sur le continent américain. Mais la France n’est pas la Belgique, non? Ben, on se demande: au moment où Charlie boucle ce hors-série, on apprend que les réacteurs nucléaires français ont, eux aussi, leurs fissures. Mais, comme le serine la chanson officielle, rien à voir avec celles des si minables cuves belges.

Le merdier est partout. L’Allemagne a renoncé au nucléaire et prend trente ans d’avance sur nous en misant sur le soleil et le vent. Fukushima a démontré qu’aucune technologie, aussi «avancée» qu’elle semble, ne met à l’abri de la catastrophe majeure. Chez nous, Areva a perdu plus de deux milliards d’euros en 2011 et doit à n’importe quel prix fourguer son nouveau réacteur expérimental, l’EPR, à des pays solvables, aussi stables que la Chine, au bord du gouffre. Mais les deux prototypes d’EPR en construction, en Finlande et en Normandie, sont la risée générale, multipliant les (énormes) retards, explosant les coûts, accumulant les embrouilles et… les fissures.

En résumé, tout va bien

En résumé, tout va bien. Mais les enjeux sont tels qu’il faut continuer à sourire sur les photos de groupe. C’est ce moment que choisit Charlie pour raconter à sa façon une histoire profondément française. Notre journal est né en même temps que le programme électronucléaire. Son premier numéro, après l’interdiction de Hara-Kiri Hebdo, date du 23 novembre 1970. Six mois plus tard, sous l’impulsion de Fournier, soutenu par Cabu, Cavanna, Reiser et tous les autres, Charlie lançait la première grande manif antinucléaire, à Bugey, dans l’Ain. Ceux qui ont connu cet été 1971 n’en sont pas revenus. Charlie non plus. La contestation du nucléaire et de ses inimitables méthodes est dans nos gènes. Non, on n’aime pas les salopards qui ont créé, sans le moindre débat, cette industrie de la terreur. Oui, on veut la fin du cauchemar. Vous allez découvrir dans ce hors-série de Charlie quantité de choses que les gazettes arrosées de pub atomique ne vous ont jamais dites.

Des personnages sortis de la naphtaline, comme Guillaumat, Mendès, de Gaulle, Messmer, s’apprêtent à prendre la parole pour dire enfin ce qui s’est vraiment passé. La commission Peon, qui aura à peu près tout décidé en notre nom, fait un coming out on ne peut plus involontaire. EDF et le CEA, qui donna naissance à Areva, apparaissent enfin pour ce qu’ils sont: des machines de guerre. Car voilà la vérité cachée de ce dossier infernal: une poignée de soi-disant responsables jouent notre avenir commun à la roulette russe. Contrairement à ce qui a été affirmé pendant quarante ans par les joyeux atomistes associés, le risque d’accident grave est réel. Et, du même coup, cinglé. Qui a envie de fuir un nuage radioactif? Qui a envie de vivre dans une France privée à jamais du Cotentin ou de la vallée du Rhône ? Qui se souvient que la centrale de Nogent-sur-Seine n’est qu’à 80 kilomètres de Paris?

Contrairement à ce que les bons esprits racontent dans les salons, il n’y a pas de compromis possible avec le nucléaire. Demander moins de nucléaire, c’est réclamer de moins mourir. Les socialistes au pouvoir ont massivement choisi: le gouvernement en place, bien loin des fausses frayeurs du candidat Sarkozy, est empli de militants du nucléaire. Au fait, qui a déclaré: «je crois au contraire que le nucléaire [...] justifie pleinement l’organisation d’un vaste débat dans notre pays ; enfin informés, les Français pourront se prononcer par référendum»? Qui? François Mitterrand en 1981. Il n’est jamais trop tard pour tenir une promesse. Charlie, après bien d’autres, réclame un véritable référendum sur l’avenir du nucléaire. Il permettra d’enfin tourner la page. Chiche ?


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Hollande sur le point de condamner la France au nucléaire

Hollande sur le point de condamner la France au nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it
Pour la députée européenne Corinne Lepage, le président de la République a peu de chances de tenir ses promesses sur le nucléaire.

 

Venez débattre du nucléaire avec Corinne Lepage lors du Forum «Quelle énergie !» organisé par Libération à Toulouse les 12 et 13 octobre. Entrée libre, réservez vos places dès maintenant.

La 38ème des 101 propositions de François Mitterrand en 1981 était la suivante : «L’approvisionnement énergétique du pays sera diversifié. Le programme nucléaire sera limité aux centrales en cours de construction, en attendant que le pays, réellement informé, puisse se prononcer par référendum. Les crédits en faveur des énergies nouvelles ou des techniques nouvelles d’exploitation des énergies traditionnelles (charbon) seront très considérablement augmentés». On sait ce qu’il en fut. Les deux tiers des réacteurs nucléaires furent construits ou mis en activité au cours de ses septennats, aucun référendum bien entendu n’a été organisé et, mis à part Plogoff, aucune décision de limitation du nucléaire n’a été prise.

Paradoxalement, le quinquennat de François Hollande sur ce sujet pourrait bien aboutir à un résultat comparable. Certes, le président de la République a pris l’engagement de réduire à 50% la part du nucléaire dans le bouquet électrique en 2025. Mais, pour y parvenir, il faudrait fermer un certain nombre de centrales à commencer par Fessenheim et développer, à hauteur au moins correspondante, les énergies renouvelables. Chacun sait que les énergies renouvelables sont particulièrement maltraitées, malgré les envolées lyriques, et que la France ne sera même pas en capacité d’atteindre les engagements qu’elle a pris au niveau communautaire, soit 23% d’énergies renouvelables en 2020. Par ailleurs, si la ritournelle de la fermeture de Fessenheim en 2016 est parfaitement rodée, sa réalisation effective à la date prévue a plus que du plomb dans l’aile. Enfin, très tranquillement, au lendemain de la deuxième conférence environnementale qui n’a eu de concret que le volet rénovation énergétique des bâtiments, il est annoncé que la prolongation à 60 ans de la durée de vie des centrales est quasiment un fait acquis, concrétisée par un plan d’investissement de 50 milliards d’euros, avec la bénédiction de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Un choix suicidaire

Ce qui est étrange, c’est le silence assourdissant de ceux qui ont fait un ultimatum de la taxe diesel, qui n’est pas venue, et qui semblent considérer comme tout à fait normal cette décision fondamentale qui conduit vraiment à s’interroger sur l’intérêt et le sens du débat national sur la transition énergétique. En effet, le scénario voulu par le lobby nucléaire, qui s’est bien gardé de le défendre directement lors du débat national sur la transition énergétique, laissant le scénario Négatep défendu par une association prendre sa place, est en train de se dérouler dans une quiétude totale. Ce scénario est très simple : prolongation de la durée de vie des centrales à 60 ans, remplacement des centrales arrivées en fin de vie par quelques EPR (à la condition bien sûr qu’EDF soit capable d’en mettre un en service, ce qui n’est pas garanti) et mise en route des réacteurs de la quatrième génération puisque le gouvernement, dès son arrivée aux affaires en juillet 2012, a donné son feu vert.

Cette stratégie pose trois problèmes majeurs :

Le premier, qui est plus important, est celui de savoir si ce choix sur le plan économique, industriel et financier n’est pas purement et simplement suicidaire. En effet, le coût croissant de l’électricité d’origine nucléaire, alors que les coûts de production des énergies renouvelables baissent considérablement, la capacité de stocker l’électricité qui est en passe d’être une réalité et qui résout le problème de l’intermittence du renouvelable, le développement de filières industrielles nouvelles créatrices d’activité économique et d’emplois, sont autant de raisons de douter du bien-fondé d’un tel choix. De plus, le risque croissant d’un accident nucléaire majeur en France, alors que le président de l’Autorité de sûreté nucléaire reconnaît lui-même la possibilité d’un risque systémique affectant tout ou partie des réacteurs, paraît traité avec le plus grand mépris. Pourtant, dans une telle hypothèse, que personne n’ose même envisager, notre pays serait anéanti. Rappelons simplement que l’évaluation du coût d’un accident majeur varie de 500 milliards à 5 000 milliards pour l’IRSN alors même que le montant de l’assurance aujourd’hui prévue par EDF est de 91,5 millions ! Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

La population française écartée

Le second problème est de nature démocratique. Certes, un débat national sur la transition énergétique a eu lieu. Mais outre le fait que l’immense majorité de la population française n'y a pas participé et n’y a pas été associée, ce débat n’a aucunement porté sur ce sujet là. Autrement dit, on a laissé disserter sur les différents scénarios possibles sans jamais mettre en débat le fait que le choix était déjà fait et que ce choix n’était précisément pas dans le débat. A cet égard, même si on peut comprendre la difficulté de la position des ministres verts, l’honnêteté élémentaire devrait les conduire au moins à reconnaître la vérité et leur incapacité à peser sur le choix. Mais en tout cas, le gouvernement s’apprête à engager la France sur 30 ans au moins, sans même que l’avis de nos concitoyens n’ait été requis. En bref il n’y a guère de progrès depuis 1973, la commission PEON et le gouvernement Messmer.

Le troisième problème tient aux relations franco-allemandes et à l’évolution d’une Europe de l’énergie. La politique totalement divergente menée par la France au regard de tous ses voisins (Belgique, Allemagne, Italie et même Suisse), à l’exclusion de la Grande-Bretagne où EDF a mis la main sur British Energy (pour défendre le nucléaire et disposer d’un allié en Europe), rend impossible la création d’une Europe de l’énergie. En effet, il faut un minimum de convergence sur la place à donner aux énergies renouvelables, sur l’efficacité énergétique, sur la généralisation de la méthanisation en agriculture, pour pouvoir précisément construire cette Europe de l’énergie. L’addiction française au nucléaire, unique au monde, induit un modèle centralisé - alors que le modèle allemand est décentralisateur -, condamné aux pointes génératrices de CO2, immobilisant des centrales le reste du temps inutiles, faisant découvrir des risques immenses et donc condamné à une opacité et une absence démocratique inévitables.

Est-il dit que le quinquennat de François Hollande sera celui de la condamnation de la France au nucléaire pour tout le XXIème siècle ?

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Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable

Fessenheim fermée en 2016 ? La promesse du ministre de l'Écologie est intenable | Think outside the Box | Scoop.it

La centrale nucléaire de Fessenheim, le 5 septembre 2012

 

LE PLUS. Philippe Martin, nouveau ministre de l'Écologie, l'a répété au "Journal du dimanche", le 21 juillet dernier : la centrale nucléaire de Fessenheim sera bien fermée d'ici fin 2016, comme s'y était engagé François Hollande pendant la campagne présidentielle. Une promesse à laquelle ne croit pas l'eurodéputée Corine Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.

 

Certes, le nouveau ministre de l’Écologie Philippe Martin a rappelé avec force sa volonté de fermer Fessenheim en 2016. Et a priori, personne ne peut mettre en doute sa volonté.

 

Il n’en reste pas moins que celle-ci ne suffira pas, en raison du choix initial fait par Delphine Batho, ou fait par la direction de l’énergie du ministère de l’Écologie et validé par Delphine Batho de s’opposer à la fermeture judiciaire de Fessenheim.

 

En effet, en se battant aux côtés de l’autorité de sûreté nucléaire pour obtenir le rejet, par un arrêt qui n’honore pas le conseil d’État, de la demande formulée par plus de 100 collectivités locales allemandes, suisses et françaises représentants 800.000 personnes vivant au voisinage de la centrale nucléaire, le ministère de l’Écologie a très clairement joué contre son camp.

 

4 à 5 ans nécessaires pour fermer une centrale

 

Rappelons tout d’abord que l’autorité de sûreté nucléaire considère elle-même qu’il faut cinq ans pour fermer une centrale nucléaire, et Monsieur Rol-Tanguy, délégué à la fermeture de Fessenheim, considère qu’il en faut quatre.

 

Ceci signifie que même dans le meilleur des cas, ce qui n’est de loin pas l’hypothèse réelle, Fessenheim ne peut pas fermer avant la fin de l’année 2017, voire 2018.

 

En réalité, si le gouvernement avait voulu fermer Fessenheim avant la fin du quinquennat, il fallait lancer le dossier de fermeture dès juillet 2012, organiser un fonctionnement temporaire avec le minimum de travaux nécessaires, voire arrêter la production durant la phase de préparation du dossier de fermeture afin d’éviter des dépenses parfaitement inutiles pour une centrale qui devait fermer.

 

À partir du moment où c’est la date de fin 2016 qui a été retenue et que la procédure de fermeture n’a pas été lancée immédiatement, l’effectivité de la fermeture devient aléatoire.

 

Lorsque l’on sait qu’EDF s’apprête à lancer une enquête publique dans le courant de l’année 2014 pour faire enfin régulariser ces autorisations de rejet qui sont soit absentes, soit totalement obsolètes (Fessenheim est la seule centrale nucléaire de France à fonctionner sur la base d’arrêtés de rejets radioactifs liquides et gazeux datant de 1977), et que parallèlement aucun dossier d’instruction d’une demande de fermeture n’a été lancée pour donner lieu à une enquête publique, chacun peut comprendre qu’il n’y a que bien peu d’espoir sur le plan procédural qu’une fermeture puisse être signée avant la fin du quinquennat.

 

Un ministère de l’Écologie qui joue contre son camp

 

Il en va d’autant plus ainsi que Monsieur Rol-Tanguy a été empêché d’entrer dans la centrale pour pouvoir y effectuer sa mission, en raison de l’opposition du syndicat CGT et, bien évidemment, de la direction d’EDF qui n’a rien fait pour permettre aux représentants de l’État d’engager la procédure dont il était chargé.

 

Si la direction d’EDF, dont on rappelle qu’il s’agit d’une société possédée à 80% par l’État, a pris cette position, c’était en fait qu’elle était convaincue qu’elle ne risquait rien dans la mesure où la fameuse fermeture ne pouvait intervenir dans les délais requis.

 

La seule manière qu’avait l’État d’exécuter la décision du président de la République, décision prise en raison de l’ancienneté et du risque sismique de la centrale de Fessenheim, était de reconnaître cette situation et de ne pas s’opposer à la demande de fermeture formulée par les collectivités territoriales.

 

Cette stratégie aurait conduit à conclure qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur la demande formulée par les collectivités françaises, suisses et allemandes, dans la mesure où la décision de fermeture avait été prise. Dans ce cas, le Conseil d’État en aurait pris acte et la décision de fermeture aurait été en quelque sorte avalisée par le juge.

 

En prenant la position contraire, le ministère de l’Écologie a évidemment joué contre son camp et rendu très difficile une disposition législative spécifique concernant Fessenheim. Il a joué contre son camp en faisant juger qu’aucune décision administrative de fermeture n’avait été prise et qu’en conséquence l’annonce n’avait aucune valeur juridique.

 

Sur le plan du droit, c’est juste. Sur le plan de la lisibilité et de la volonté politique, c’est catastrophique.

 

Une stratégie lourde de conséquences financières

 

En second lieu, il a fait juger qu’aucun risque ne justifiait la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Même si cette affirmation est contraire à l’évidence, elle est la parole du juge.

 

Deux conséquences en découlent :

 

1. D’une part EDF et ses partenaires financiers peuvent revendiquer un droit à fonctionner, et donc un droit à être indemnisés. Autrement dit, la stratégie choisie par le ministère est lourde de conséquences financières pour le contribuable et, dans le contexte budgétaire actuel, constitue un inconvénient majeur.

 

2. D’autre part, la loi sur la transition énergétique pourra bien évidemment prévoir la réduction du parc nucléaire à 50% en 2025 (à condition qu’elle soit votée ce qui n’est de loin pas évident).

 

En revanche, il apparaît très difficile qu’une disposition spécifique prévoit la fermeture de Fessenheim dans la mesure où on voit mal comment elle pourrait être justifiée.

 

En effet, le gouvernement ne pourra pas arguer du danger de la mesure alors qu’il a fait juger du contraire. Une telle disposition non justifiée par le législateur aurait évidemment toutes les chances d’être sanctionnée par le Conseil constitutionnel.

 

La méthode Coué ne suffira pas face à un lobby aussi déterminé

 

On ne peut malheureusement que regretter que les lois votées soient rédigées dans des conditions de plus en plus aléatoires et éloignées des bases constitutionnelles de telle sorte qu’elles se heurtent à la sanction inévitable du juge. Logiquement, le législateur devrait déterminer les critères servant aux choix prioritaires de fermeture.

 

En fonction de ces critères, le pouvoir réglementaire devrait déterminer après étude d’impact les centrales à fermer en priorité ; ce n’est que dans ce troisième temps que le dossier de fermeture pourrait être instruit.

 

Si telle était la procédure suivie, il est clair que non seulement Fessenheim pourrait ne pas être la première centrale au regard des risques présentés par Tricastin ou Bugey, mais de surcroît, même si elle l’était, la procédure ne pourrait être engagée au mieux à la fin de l’année 2015 ou au début de l’année 2016 rendant de facto impossible la fermeture pour la fin 2016.

 

Pour toutes ces raisons, même si le ministre est de bonne volonté, la méthode Coué ne suffira pas au regard d’un lobby aussi déterminé et aussi puissant que le lobby nucléaire.

 

Le droit est aujourd’hui du côté d’EDF

 

Pour lui, en effet, la non fermeture de la centrale de Fessenheim a valeur de symbole. EDF n’a absolument pas besoin de cette centrale pour fournir de l’électricité à la France ni même à l’Alsace. Mais, EDF veut absolument pousser la durée de ses centrales à 60 ans.

 

Dans cette perspective, il est impératif qu’aucune centrale ne ferme jusqu’à ce que cet objectif soit atteint. EDF joue donc sur la durée en espérant un changement de président de la République en 2017 qui revienne sur l’engagement pris par François Hollande. C’est la raison pour laquelle EDF se battra de toutes ses forces pour qu’aucune décision de fermeture n’intervienne avant la fin du quinquennat.

 

Or, le droit est aujourd’hui du côté d’EDF qui ne prendra jamais l’initiative du dépôt d’une demande de fermeture, ce que le code de l’environnement permet, et qui retardera le plus possible la soumission à une norme obligatoire qui l’obligerait à engager la procédure de fermeture.

 

Dans ces conditions, la fermeté du ministre apparaît plus comme un gage donné à EELV pour continuer à faire comme si la seule mesure concrète sur le nucléaire restait d’actualité, comme une posture, que comme l’affirmation d’une capacité de faire.

 

De manière paradoxale, bien au contraire, ce gouvernement pourrait à la fin du quinquennat être celui qui a permis la prolongation de la vie de Fessenheim, puisque l’ASN a rendu possible l’exploitation jusqu’en 2022, que le gouvernement a autorisé les travaux de confortation du site et qu’il a fait juger que cette centrale ne présentait pas des risques qui justifiaient sa fermeture.

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EPR de Flamanville, nouvelles anomalies repérées

EPR de Flamanville, nouvelles anomalies repérées | Think outside the Box | Scoop.it

Les soupapes de sûreté du réacteur nucléaire EPR de Flamanville rencontrent des « difficultés de fonctionnement » auxquelles l'exploitant EDF va devoir « répondre », a indiqué l'IRSN (Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire) lundi 8 juin.

L’Institut réagissait à une information du site Médiapart qui a fait état d'un « rapport confidentiel » de l'IRSN datant du mois de février et portant sur de « graves dysfonctionnement de pièces importantes de l’EPR », déjà confronté à un sérieux problème sur sa cuve. Les soupapes permettent de réguler la pression de l'eau dans le circuit primaire du cœur nucléaire.

« Il n'y a pas de “rapport confidentiel” car nous n'en sommes qu'à la phase d'instruction », a précisé Thierry Charles, directeur général adjoint de l'IRSN. « Mais il y a eu une réunion préparatoire avec l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au cours de laquelle ont été présentés des transparents ». « Les essais réalisés par EDF ont montré des difficultés sur les questions d'ouverture et de fermeture des soupapes », a détaillé M. Charles. Ces essais ont débuté en 2014 et se sont poursuivis en 2015.

 

Avis définitif rendu cet été

« Pour l'instant, on ne peut pas encore conclure que c'est grave car on n'a pas encore jugé complètement la qualité » de ces fameuses soupapes, a-t-il dit. « Nous sommes en train d'examiner le dossier remis par EDF en vue du démarrage de l'EPR. Sur tous les sujets, on a des remarques. C'est classique », a-t-il souligné.

L'IRSN devrait être en mesure de rendre à l'ASN son avis technique sur les soupapes sans doute « dans le courant de l'été », a-t-il estimé. Il reviendra alors à l'ASN de demander à EDF des compléments d'information sur la conception des soupapes afin de s'assurer que ces éléments fonctionnent bien. EDF va devoir « apporter des réponses » pour montrer que la soupape est « prête à assurer sa fonction », a souligné M. Charles.

Interrogé par l'AFP, le groupe Areva, concepteur de l'EPR, a assuré que « tout ceci fait partie du travail normal de qualification des équipements mené avec l'IRSN ». De son côté, EDF indique qu'il enverra son « rapport final » à l'ASN et à l'IRSN « au cours du second semestre ».

Le réacteur EPR n'en finit pas d'accumuler les problèmes techniques. En novembre, EDF a annoncé un nouveau report, à 2017, de la mise en service de ce réacteur. Puis en avril, l'ASN a signalé une « sérieuse anomalie » dans la composition de l'acier du couvercle et du fond de cuve du réacteur fabriqué par Areva.



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C’est maintenant au nucléaire de prouver qu’il coûte moins cher que les renouvelables

C’est maintenant au nucléaire de prouver qu’il coûte moins cher que les renouvelables | Think outside the Box | Scoop.it

L’explosif rapport de l’Ademe montre que le nucléaire n’est plus compétitif face aux renouvelables, mettant la politique nucléariste dans l’obligation de justifier sa légitimité. Il faut lancer sérieusement ce débat soigneusement escamoté jusqu’ici par les pouvoirs publics.

A la lecture du scénario « Vers un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 » de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qu’a révélé Mediapart dans son édition du 8 avril 2015, 

on comprend pourquoi les services du ministère de l’Ecologie et de l’Energie ont tout fait pour qu’il reste le plus longtemps possible dans un tiroir.

 

Certes, d’autres, notamment Négawatt et Global chance, avaient montré depuis plusieurs années qu’une sortie du nucléaire au profit des renouvelables était non seulement possible mais souhaitable en termes économiques et environnementaux.

Mais il ne s’agissait guère que d’experts « indépendants » qu’on pouvait soupçonner de parti pris écolo. Mais si l’Ademe, appuyée d’un centre d’études du propre sérail du Corps des mines (Armines Persée), se met à justifier en détail ce genre de scénario, la menace devient sérieuse.

100 % de renouvelables en 2050

L’Ademe démontre en effet, chiffres à l’appui, que l’idée d’un système électrique totalement renouvelable à l’horizon 2050 est non seulement techniquement, mais aussi économiquement crédible : des coûts d’électricité de 11,5 à 12 centimes d’euro par kWh (contre 9,1 centimes actuellement) qui risquent fort de se révéler inférieurs à ceux associés à une poursuite de la politique nucléaire actuelle.

On sait bien effet aujourd’hui, grâce au dernier rapport de la Cour des comptes, que la réhabilitation du parc (pour dix ou vingt ans supplémentaires) va augmenter les coûts de 3 à 4 c/kWh sans pour autant régler l’épineuse question du renouvellement du parc qui restera néanmoins indispensable dans vingt ans. Et les nouveaux malheurs de l’EPR, dont la cuve n’inspire pour le moins pas confiance, vont encore plomber son coût, si jamais il voit le jour, ce qui paraît de plus en plus improbable.

Dans ces conditions, il ne suffit plus de nier l’existence d’une politique crédible, différente de la politique actuelle, il va falloir démontrer que la politique actuelle est la meilleure…

Relancer un débat escamoté

En effet, si une politique tout renouvelable est possible, avec ses avantages évidents en termes d’environnement, d’indépendance énergétique et d’emploi, on voit mal pourquoi on s’obstinerait dans une politique dont les risques environnementaux (accident majeur, déchets, etc.) et industriels sont d’une autre ampleur.

C’est maintenant aux services du ministère, soit d’apporter la preuve que le scénario de l’Ademe ne tient pas la route, soit de montrer les avantages d’une poursuite de la politique actuelle.

En tentant de réduire l’Ademe au silence, le ministère de l’Ecologie ne chercherait-il qu’à gagner le temps nécessaire à la mise en place d’une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dans la continuité de la politique passée, au besoin avec quelques inflexions ?

Ce serait une grave erreur, car, si finalement, c’est la perspective d’un système électrique à dominante renouvelable qui doit finalement l’emporter à long terme, c’est dès la prochaine programmation pluriannuelle énergétique (PPE) qu’il faut en prendre acte. Nous n’avons pas le loisir de perdre cinq ans de plus avant de prendre les mesures qu’imposerait cette nouvelle orientation, en particulier en termes d’infrastructures de transport et d’économie d’électricité.

C’est donc sans attendre qu’il faut lancer et arbitrer ce débat soigneusement escamoté jusqu’ici par les pouvoirs publics avec la complicité active du lobby nucléaire.

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Le terrifiant train nucléaire russe sera opérationnel en 2018

Le terrifiant train nucléaire russe sera opérationnel en 2018 | Think outside the Box | Scoop.it

Interdit par le Traité de désarmement nucléaire américano-soviétique STARTII, à nouveau autorisé dans le nouveau traité START négocié cette fois entre les Etats-Unis et la Russie, le train nucléaire voyageant discrètement avec en permanence des missiles balistiques prêts à être lancés fait son retour. Il devrait commencer à être opérationnel en 2018 et les détails donnés par le blog Foxtrotalpha spécialisé dans les questions de défense n’ont rien de réjouissant. L’équilibre de la terreur pourrait ne plus être seulement une expression du passé et du temps de la guerre froide.

On se croirait dans un vieux film de James Bond. Le «Système de missiles de combat ferroviaire», c’est comme cela qu’il est appelé par l’armée russe, est en quelque sorte le système de missiles balistiques d’un sous-marin nucléaire basé à terre. Il présente l’avantage d’être beaucoup moins coûteux à mettre en œuvre. Le fait qu’il soit en déplacement permanent, qu’il soit «caché à la vue de tous» et difficile à distinguer de trains ordinaires de marchandises et de passagers qu’il côtoie en permanence sur les voies en fait une cible pas facile à repérer et un armement nucléaire idéal dit de seconde frappe ou de riposte. Les wagons de «Barguzin», le surnom de ce train qui est celui d’un vent de l’est puissant qui balaye le lac Baikal, ressemblent à des wagons frigorifiques ordinaires.

Chacun de ces trains, 5 sont programmés, devrait transporter six missiles RS-24 capables chacun d’emporter 4 têtes, cela représente 24 têtes thermonucléaires par train capable chacune de rayer une grande ville de la surface du globe. Le RS-24 est à peu près impossible à intercepter, il atteint une vitesse de l’ordre de mach 20 et a une précision de l’ordre de 50 mètres après un vol de plus de 10 000 kilomètres.

Le train nucléaire est la démonstration de la volonté russe de moderniser son arsenal nucléaire et de réinstaller un équilibre de la terreur avec l’occident. D’autant plus que la Russie de Vladimir Poutine a également décidé d’investir dans son aviation à longue portée et sa flotte sous-marine.

Mais avec une économie aujourd’hui en chute libre et une profonde récession attendue en 2015, la question est de savoir si Vladimir Poutine aura toujours les moyens de ses ambitions militaires. Si en dépit de ses difficultés économiques, la Russie poursuit la modernisation de ses systèmes d’armement nucléaire, ce serait bien la démonstration que Vladimir Poutine a adopté et surtout réussi à imposer une stratégie à son pays qui s’apparente grandement à celle de la guerre froide. Le Moscow Times évoque déjà une nouvelle course à l’armement.

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Nucléaire, solaire : le gouvernement français sait-il vraiment ce qu’il veut ?

Nucléaire, solaire : le gouvernement français sait-il vraiment ce qu’il veut ? | Think outside the Box | Scoop.it
OPINION [Tribune d'Olivier Daniélo]
Il n’y a pas qu’en matière de politique économique que le gouvernement socialiste (« social-libéral » ?) est dans le flou. Il ne sait pas non plus ce qu’il veut en matière de politique énergétique.

François Hollande a été élu sur la promesse de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique national d’ici 2025, ce qui a naturellement été compris, du moins par les personnes de bonne foi, comme fermer environ 20 GW sur les un peu plus de 60 GW de réacteurs nucléaires que compte la France.

Mais par une étrange pirouette, deux ans après avoir été élu et une fois la fièvre post-Fukushima un peu retombée, François Hollande et Ségolène Royal ont décidé de suivre à la lettre les recommandations d’Henri Proglio, PDG d’EDF. Ce dernier a expliqué que, compte-tenu de la hausse de la demande électrique consécutive à la croissance démographique, ainsi qu’à l’adoption de nouveaux usages de l'électricité comme la voiture électrique, alors la part du nucléaire baissera mécaniquement. Sans qu’il faille fermer de réacteurs.

Un goût amer de trahison

Pourquoi François Hollande n’a-t-il pas expliqué cela clairement juste avant les élections ? Au final le projet de Loi sur la transition énergétique a comme objectif de simplement plafonner la capacité nucléaire. L'article 55 « pose les principes d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire (63,2 GW) ». Tout au plus la fermeture de la centrale de Fessenheim (fermeture qui n'est pas encore certaine) sera compensée par l’ouverture de l’EPR de Flamanville. Bref, la transition énergétique au niveau zéro. La stagnation, c’est maintenant.

Le renoncement de l’esprit de la promesse électorale de François Hollande en matière énergétique a franchit récemment un nouveau cap. Dans son discours fin août devant le MEDEF le premier ministre Manuel Valls a déclaré fermement que « la filière nucléaire est plus que jamais une grande filière d'avenir », reprenant ainsi le flambeau d’Arnaud Montebourg en la matière.

« La France ne sait toujours pas ce qu'elle veut »

Dans une interview pour le magazine Plein Soleil (en ligne sur le blog Tecsol dans un billet daté du 8 septembre) Cédric Philibert, expert en énergies renouvelables auprès de l’Agence Internationale de l’Energie, constate amèrement cette réalité : « la France ne sait toujours pas ce qu'elle veut. Quand on pense que François Hollande le jour de l'ouverture de PVSEC (Photovoltaic Solar Energy Conference, la plus importante conférence internationale en matière de recherche et développement photovoltaïque ndlr) a préféré aller inaugurer une installation d'énergie marine. Il semble qu'il n'a pas la juste appréciation de ce qu'est une énergie d'avenir.» 

Mais il y a aussi un facteur plus profond. « Il semble aussi que le milieu énergétique français fuit le PV plus que tout autre chose » estime Cédric Philibert. « Les tenants de l'atome voient la percée du solaire comme la peste » A certaines heures de la journée la production solaire (qui peut d'ailleurs traverser la frontière germano-française) parvient à pénétrer en zone jusqu’à présent réservée au nucléaire. Du coup les réacteurs nucléaires se transforment en vaches à lait moins rentables.

Les énergies marines mises en avant par EDF sont en réalité un moyen particulièrement habile (ou pervers, à chacun son analyse) de détourner l'attention du grand public et des responsables politiques du solaire photovoltaïque, une filière à très gros potentiel, très populaire, de plus en plus compétitive, et qui menace directement les perspectives de l'industrie nucléaire non seulement à l'échelle nationale mais mondiale.

L'hydrolien, que les amis de l'atome font miroiter, appartient au groupe des filières EnR les plus coûteuses. Et même dans l'hypothèse d'une acceptation d'un coût du kWh très élevé, il a un potentiel qui reste relativement limité. Seule une nouvelle approche, le « marélien » d'Hydrocoop, c'est à dire l'hydrolien à concentration qui augmente la vitesse des courants de marée - et donc la production d'électricité - grâce à un système de digues, système ingénieux permettant d'utiliser des hydroliennes simplifiées et ainsi moins coûteuses, permettrait de faire baisser massivement les coûts et ainsi une production appréciable. Mais EDF ignore cette approche.

Etant donné qu’EDF obéit à une logique d’intérêts privés et de protection d'actifs, le groupe ne voit pas d'un bon œil le développement du solaire en France et dans les pays voisins. Compte-tenu du flou réglementaire en France, les investissements régressent. Les énergies renouvelables, formidables moteurs de croissance économique et de créations d'emplois, sont en panne dans l'hexagone.

« Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits. » (proverbe africain)

Une question fondamentale se pose. Le rôle des femmes et hommes politiques élus par les français est-il d’obéir aux logiques de profit d'un lobby historiquement couplé à l'appareil étatique ? Ou de tenir leurs promesses électorales, de respecter le pacte de confiance qu’ils ont établi avec leurs électeurs ?

Pour Corinne Lepage, ex-Ministre de l’Environnement du Gouvernement d’Alain Juppé entre 1995 et 1997 et qui publie le 11 septembre 2014 « L’Etat nucléaire » chez Albin Michel, en France « le nucléaire est totalement imbriqué dans l'État. C’est ce qui explique que, malgré le coût exorbitant, nous continuons, seuls au monde, à vouloir le tout-nucléaire.»

Sans confiance, on ne peut pas gouverner. En matière d’énergie, qui est à la base de toute activité, la démocratie française est malade. Un pays qui n'a pas de perspective claire et démocratiquement choisie en matière d'avenir énergétique n'a pas d'avenir tout court.

Par Olivier Daniélo

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Des réacteurs nucléaires dimensionnés pour 40 ans?

Des réacteurs nucléaires dimensionnés pour 40 ans? | Think outside the Box | Scoop.it
Tandis qu’EDF demande la prolongation des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui remettra ses premières recommandations en 2015, a rappelé à l’Assemblée nationale qu’elle n’était « pas acquise ».


Les réacteurs nucléaires français resteront-ils en fonctionnement au-delà de 40 ans ? La question est loin d’être close. D’abord parce qu’aucune loi, aucun texte réglementaire ne fixe de durée de vie aux réacteurs. Même si, selon Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, de par leur conception, « les centrales ont été dimensionnées pour 40 ans ».

>> Lire aussi : La durée de vie des centrales fait toujours débat

Auditionné par la commission d’enquête sur la filière nucléaire, le 20 février à l’Assemblée nationale, ce dernier, sans répondre fermement à la question, a souligné qu’une autorisation de fonctionnement des centrales au-delà de 40 ans « n’est pas acquise ».

Car « bien des sujets de sûreté majeurs » sont « à regarder à cette échéance », précise-t-il. « Il peut y avoir des phénomènes de vieillissement sur certains composants des centrales, qu'on doit regarder d'autant plus attentivement que ces composants ne sont pas nécessairement remplaçables », a-t-il souligné.

De son côté, EDF, exploitant du parc nucléaire français, et représenté pour cette audition du 20 février par Dominique Minière, directeur délégué à la direction Production-Ingénierie, a détaillé l’ensemble de son plan de maintenance et d’amélioration, en guise d’argument à cette prolongation.

Pour ce « grand carénage », EDF prévoit de mener pour 55 milliards d'euros de travaux de maintenance sur ses 58 réacteurs français à l'horizon 2025 : 10 milliards d'euros consacrés à la mise aux normes des centrales après la catastrophe de Fukushima ; 20 milliards d'euros d'investissements pour améliorer la sûreté des réacteurs ; 15 milliards pour « la maintenance lourde des grands composants » et 10 milliards « au titre d'autres projets patrimoniaux (environnement, risque incendie, risque grand chaud-grand froid) ».

De quoi convaincre l’ASN de donner son feu vert ? Pas sûr. « Nous estimons qu'on sera en mesure d'émettre un premier avis en 2015; l'avis final générique pourrait intervenir en 2018 ou 2019, sachant que de toutes manières nous serons ensuite amenés à nous prononcer réacteur par réacteur », a réagi le président de l’ASN.

Avec AFP

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Transition énergétique : les « élus du nucléaire » contre François Hollande ?

Transition énergétique : les « élus du nucléaire » contre François Hollande ? | Think outside the Box | Scoop.it
Jean-François Julliard
Directeur de GreenpeacePublié le 29/08/2013 à 17h14

 

 

L’énergie figure parmi les dossiers prioritaires de la fin d’année 2013 pour François Hollande. Le gouvernement va en effet révéler cet automne le projet de loi qui devra permettre au Président de tenir son engagement de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire en 2025 et d’amorcer concrètement la transition énergétique en France.

Mais cet engagement, qui figurait en bonne place parmi les promesses du candidat en 2012, semble aujourd’hui bien fragile tant celui-ci est attaqué par différents groupes de pression qui menacent l’autorité présidentielle.

Leur objectif est à peine masqué : maintenir l’hégémonie du nucléaire dans le mix énergétique français et saboter tout effort de développement significatif des énergies renouvelables et de réduction de notre consommation d’énergie.

Certains de ces groupes de pression sont, en théorie, des grands serviteurs de l’Etat chargés de mettre en œuvre l’ambition politique du Président élu sans aucune considération partisane. C’est le cas d’EDF, dont l’Etat est l’actionnaire ultra majoritaire, et du corps des Mines, des ingénieurs de très haut niveau censés servir avec discipline l’Etat. Et pourtant, aussi bien EDF que le corps des Mines outrepassent leurs missions pour défendre avec obstination la place écrasante du nucléaire en France. Greenpeace a rassemblé des éléments sur ces groupes d’influence.

Des élus à la merci du nucléaire

Cette remise en cause du pouvoir du chef de l’Etat vient également du propre camp politique de François Hollande. En cette rentrée parlementaire, des élus de gauche vont se joindre à ceux de l’opposition et sortir des rangs pour empêcher la moindre fermeture de centrale nucléaire. Ces « élus du nucléaire » défendent l’atome au-delà du raisonnable.

Ils agissent ainsi parce qu’ils doivent souvent beaucoup à cette industrie qui a implanté ses sites de production nucléaire sur leurs territoires. Parmi eux, on retrouve :

Jean-Michel Baylet (président du Parti radical de gauche) ;Patrice Prat (député du Gard) ;François Brottes (député de l’Isère) ;Christian Bataille (député du Nord) ;Delphine Bataille (sénatrice du Nord) ;Didier Guillaume (sénateur de la Drôme) ;Michel Destot (député-maire de Grenoble) ;Jacques Moignard (député du Tarn-et-Garonne)…

La manne financière du nucléaire profite largement aux habitants de ces territoires : taxes d’habitation particulièrement faibles, ressources fiscales élevées, infrastructures nombreuses et luxueuses, etc.

La contrepartie de la présence toute proche d’une installation nucléaire est parfois particulièrement visible : une piscine olympique et ses deux bassins supplémentaires à Bagnols-sur-Cèze (commune de 18 000 habitants, à proximité du site nucléaire de Marcoule), une piste surélevée de rollers en marbre à Valence d’Agen (centrale de Golfech), les deux piscines d’été et d’hiver de Golfech et Valence d’Agen (situées à 5 km l’une de l’autre)…

Un confort de vie payé au prix fort

Tant mieux pour les habitants de ces territoires dopés au nucléaire, pourrait-on croire. Mais c’est oublier que ce « confort de vie » a des coûts élevés.

Celui d’abord de l’abandon de tout sens critique de ces élus pour une industrie qui expose leurs électeurs à des risques non discutables. Ensuite, celui d’une absence coupable de vision à moyen terme. Beaucoup d’installations nucléaires vont devoir fermer dans les prochaines années, quoi qu’il arrive, du fait de leur âge avancé.

Comment faire face, dans le futur, aux frais d’entretien de ces équipements collectifs (piscines, stades…) de dimension pharaonique ? Comment expliquer aux habitants que leur taxe d’habitation va un jour augmenter fortement car leur élu n’a pas anticipé de changement de politique économique et industrielle ? Ces territoires sont pris au piège du nucléaire en raison de l’aveuglement des élus locaux qui refusent de prévoir une transition économique et sociale pourtant inévitable.

Intérêts personnels liés à ceux de l’industrie nucléaire

Au-delà de leur région, ces élus locaux exercent aussi un mandat national de parlementaire et vont donc participer au prochain débat parlementaire sur le projet de loi de transition énergétique. Certains se sont aussi positionnés stratégiquement à la tête des instances parlementaires les plus importantes sur l’énergie en France : Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale, Office parlementaire d’étude des choix scientifiques et technologiques (OPECST)…

Pour eux, discuter de production d’électricité revient exclusivement à défendre l’énergie nucléaire. Impossible dans ces conditions d’aborder sereinement le développement des énergies renouvelables, un élément pourtant fondateur de toute transition énergétique. Leurs intérêts personnels sont trop liés à ceux de l’industrie nucléaire.

On doute sincèrement de la volonté de ces élus, qui détiennent en partie les clés de la future loi sur l’énergie, de respecter la parole de François Hollande de réduire la part du nucléaire. Le Président aurait-il perdu toute autorité en son Etat et en son camp politique ? La partie ne sera pas facile mais le chef de l’Etat doit tenir son engagement et se montrer ferme avec sa majorité.

Gageons que cette démonstration d’autorité restaurera la capacité d’un Etat comme la France à se tourner vers un projet de société ambitieux, respectueux de l’environnement et porteur d’une dynamique économique particulièrement recherchée en ce moment.

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