Le mépris | Think outside the Box | Scoop.it
Le mépris, cet acte aristocratique par excellence. La pensée paresseuse par définition qui permet à chacun de se conforter dans ce qu’il pense.

La philosophie sans efforts aboutit au mépris et le mépris pose les bases mêmes de l’incompréhension mutuelle.

 

C’est le mépris qui pousse nos politiques et conseillers à s’enfermer dans leurs croyances persuadés qu’ils sont les seuls à vraiment comprendre la situation.

C’est le mépris qui pousse certains de ces patrons à demander plus d’efforts à tous pour maintenir les profits de quelques uns.

C’est le mépris qui pousse un président de la république à augmenter son salaire alors que la crise se fait jour.

C’est le mépris qui a conduit le parti socialiste à devenir un parti de petits bourgeois.

C’est le mépris qui crée la société des spécialistes où chacun est le tenant d’une vérité qui ne peut être comprise que par un petit nombre de spécialistes eux aussi. Chacun de son côté disserte avec ses confrères avant d’imposer des choix. Nous choisissons alors sans vraiment comprendre ni les tenants ni les aboutissants. Les spécialistes ont transformé la démocratie en dictature et ce grâce au mépris !

C’est le mépris qui conduit le patron d’une entreprise de prothèses mammaires à commercialiser un produit qu’il sait dangereux.

C’est le mépris qui est à l’origine du fascisme ou encore de l’esclavage et aujourd’hui à l’origine des trafics d’humains.

Le mépris n’a d’yeux que pour les apparences et l’argent. Le mépris se nourrit de la bêtise. Le mépris nourrit la bêtise.

Seul le mépris peut imaginer que la valeur d’un homme s’évalue en termes d’argent, de diplôme ou encore d’héritage.

Les noblesses et les élites ne se maintiennent en place que par le mépris.

Le mépris efface les particularités, efface les individus et les remplace par des ensembles beaucoup plus simple à manipuler. On parle de l’occidental, de l’Homme africain, des chinois, des petites gens, des ouvriers, des pauvres, des riches, des patrons. Le mépris aime les généralités cela facilite son travail.

C’est aussi le mépris qui pousse certains à ne voir qu’assistanat là où il y a pauvreté et détresse.

Et j’aurais bien tort de tomber à mon tour dans l’erreur en disant que je n’ai que du mépris pour le mépris. Non, je n’ai pas de mépris juste de la colère.

Le mépris est un rempart placé entre nous. Le mépris est le précurseur de nombreuses incompréhensions.

Mais rendons nous à l’évidence, le mépris est devenue une norme dans nos sociétés. Un politique ne peut exister sans mépriser le camp adverse. On ne peut s’affirmer dans nos croyances qu’en méprisant ceux qui ne partagent pas notre philosophie. Nous méprisons tout ce qui ne correspond pas à nos standards car c’est aussi plus facile que de se remettre en question.

Chacun enfermé dans sa vérité méprisante. Nos sociétés sont atteintes par un autisme généralisé.