Think outside the Box
25.1K views | +5 today
Follow
Think outside the Box
The sooner we change our paradigm and our lives will be better
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

L'avocat belge de Salah Abdeslam dresse le portrait d'un "petit con de Molenbeek"

L'avocat belge de Salah Abdeslam dresse le portrait d'un "petit con de Molenbeek" | Think outside the Box | Scoop.it

"Libération" s'est entretenu avec Sven Mary, l'avocat du principal suspect emprisonné dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris et de Bruxelles.

 

Sven Mary connaît bien les criminels. Le pénaliste belge a défendu déjà des terroristes, des islamistes radicaux et un complice du meurtrier pédophile Marc Dutroux. Mais avec Salah Abdeslam, il a affaire à un tout autre type de client, explique-t-il à Libération, mardi 26 avril : "un petit con" qui, vraisemblablement, lui pourrit la vie. Agressé à plusieurs reprises, contraint de faire escorter ses filles par la police sur la route de l'école, l'avocat du suspect-clé des attentats de Paris a confié au quotidien français ce qu'il pensait de son client.

 

"Il a l’intelligence d’un cendrier vide"

Interrogé par Libération, l'avocat décrit Salah Abdeslam comme "un petit con de Molenbeek, issu de la petite criminalité". "Il a l’intelligence d’un cendrier vide, il est d’une abyssale vacuité", lâche encore Sven Mary, qui décrit un homme "qui croit vivre dans un jeu vidéo".

Il fustige également le manque d'instruction religieuse de ces jeunes islamistes, embrigadés sur internet, qui "ont réussi à rendre antipathique toute une religion". "Je lui ai demandé s’il avait lu le Coran, ce que j’ai fait, et il m’a répondu qu’il avait lu son interprétation sur internet", raconte l'avocat au quotidien. 

 

"Clairement, il ne me fait pas confiance"

L'avocat du jihadiste présumé déplore par ailleurs les fuites dans la presse après les premières auditions de Salah Abdeslam. Selon lui, son client a d'abord collaboré, avant de se taire. "Salah m’a dit que si ses auditions étaient dans la presse quelques heures après, il ne pouvait plus parler", explique Sven Mary à Libération. Il reproche ainsi à François Molins, le procureur de Paris, d'avoir dévoilé à la presse le contenu d'une audition de Salah Abdeslam menée en Belgique, rappelle le quotidien. "Clairement, il ne me fait pas confiance. Il faut du temps pour établir une relation de confiance", résume l'avocat belge.

 

"Ces gens ont commis des actes de guerre"

Enfin, cet entretien à Libération fait le point sur le sentiment de l'avocat quant à la qualification des crimes dont est accusé son client : "Ce n’est pas la cour d’assises de Paris qui devrait les juger, mais une cour pénale internationale, estime Sven Mary. Ces gens ont commis des actes de guerre." 

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Zineb El Rhazoui: « On a le droit d'avoir peur d'une religion »

Zineb El Rhazoui: « On a le droit d'avoir peur d'une religion » | Think outside the Box | Scoop.it

La journaliste et militante des droits de l'homme Zineb El Rhazoui était l'invitée des Grandes Gueules ce vendredi sur RMC. Pour la journaliste de Charlie Hebdo, « il faut arrêter d'être pris en otage par le chantage identitaire au racisme », frein selon elle pour contrer la montée de l'islam radical et le terrorisme islamiste.

  

Elle n'a de cesse de combattre l'obscurantisme, le fondamentalisme et le fanatisme des religieux de tous bords, mais forcément surtout des islamistes. Et elle en paie le prix, devant vivre sous (forte) protection policière en permanence. La journaliste et militante des droits de l'homme Zineb El Rhazoui était l'invitée des Grandes Gueules ce vendredi sur RMC, pour évoquer son livre 13, Zineb raconte l'enfer du 13 novembre (Ring éditions), qui recueille des témoignages de victimes des attentats de Paris. Elle-même, journaliste de Charlie Hebdo, a échappé à l'attentat commis par les frères Kouachi le 7 janvier 2015 parce qu'elle était en vacances. Alors que le terrorisme islamiste a une nouvelle fois frappé, cette fois à Bruxelles, mardi 22 mars, la franco-marocaine a appelé à ne rien lâcher face à la montée de l'islam radical en France.

 

"Il faut condamner les textes qui appellent à commettre des attentats"

Et dans ce combat, elle estime que "les imams et les encadrants des musulmans ont un grand rôle". "Nous avons ces prétendus imams modérés qui viennent condamner les attentats, soi-disant pour donner une bonne image de l'islam de France, dénonce-t-elle. Mais on n'a pas besoin que ces gens-là condamnent ces attentats, puisque ce sont des crimes de masse punis par la loi. On a plutôt besoin qu'ils condamnent les textes religieux qui appellent à commettre ce type d'attentats. On a besoin de rompre avec cet hypocrisie qui consiste à dire : 'je condamne les attentats, mais l'urgence c'est qu'il n'y ait pas d'amalgame'".

"La seule chose qui puisse être faite, c'est de dire: 'voilà ce que dit le Coran, mais aujourd'hui nous vivons en 2016 et tout ce qui est contradictoire avec (la loi de la République et la laïcité), on s'en fout'", ajoute Zineb El Rhazoui.

 

"C'est naturel d'avoir peur de l'application de l'islam tel qu'on le voit aujourd'hui"

La journaliste rejette d'ailleurs le terme même d'islamophobie. "Il faut arrêter d'être pris en otage par le chantage identitaire au racisme et à l'islamophobie. Un concept que je rejette, d'ailleurs".

"La phobie étant la peur rationnelle, très sincèrement, la peur du terrorisme et de l'application de la charia est quelque chose de rationnel et justifié. On a le droit d'avoir peur d'une religion, et c'est très naturel d'avoir peur de l'application de l'islam tel qu'on le voit aujourd'hui".

"Je viens d'un contexte où lorsque vous tenez un discours critique envers l'islam, on vous dit que vous êtres un apostat, un mécréant, et vous allez en prison, vous avez des fatwas sur le dos etc. Et quand vous êtes en démocratie, on vous taxe d'islamophobe ? Mais pour moi ce sont les deux faces de la même médaille", s'est agacée la militante, qui a plusieurs fois été arrêtée au Maroc pour ses enquêtes sur les libertés individuelles dans le Royaume.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Lettre ouverte au monde musulman

Lettre ouverte au monde musulman | Think outside the Box | Scoop.it

Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident!

Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n'est pas moi ! », « Ce n'est pas l'islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t'indignes devant une telle monstruosité, tu t'insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d'habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l'islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l'islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose - que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir... Et cela m'inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l'islam et pas un autre masque ? C'est qu'en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres - pires encore que celui-ci - aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l'admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent « Non le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu'ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l'étendue des ombres d'obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance!

 

 

 

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l'être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l'«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes: impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; prison morale et sociale d'une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux, d'années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n'est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu'elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l'Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu'est le culte du dieu argent.

Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l'admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'«Il n'y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans laOumma pour s'insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, et n'admettent pas qu'on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu'ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

Or cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l'État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam de la tradition et du passé, l'islam déformé par tous ceux qui l'utilisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d'autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n'ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s'est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, c'est-à-dire une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d'islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par « l'islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s'acharnent à imposer que « La doctrine de l'islam est unique » et que « L'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un Bien et d'un Mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles - de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t'étonne donc pas, ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t'aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale - au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l'aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande,Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t'arrive - tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

 

Abdennour Bidar Devenir fan

Philosophe spécialiste des évolutions contemporaines de l'islam et des théories de la sécularisation et post-sécularisation

 

Jacques Le Bris's insight:

LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES
- Pour Cabu, Charb, Wolinski et tous les autres... - l'hommage d'Anne Sinclair et la rédaction du HuffPost France
- Tuerie à Charlie Hebdo: soutien à mes collègues - Xavier Delucq
- Je cherche Charlie partout - Charly Bouchara
- Couvrez ce Saint que je ne saurais voir - Sylvain Raymond
- Le monde de Charlie - Yanick Barrette
- Pas si solitaires, les loups... - Yves-François Blanchet
- Nommer l'ennemi - Jacques Tarnero
- À fleur de peau - Caroline Dubois
- À Bernard Maris, homme délicieux - Jacques Sapir
- Ils ont tué deux de mes plus chers amis, mais pas leur essence - Mohamed Sifaoui

 
more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Une profession de foi contre le wahhabisme, ce «cancer de l'islam»

Une profession de foi contre le wahhabisme, ce «cancer de l'islam» | Think outside the Box | Scoop.it

Cheikh Bentounès, le leader spirituel de la confrérie soufie Alawiyya, pointe la filiation idéologique entre les kamikazes de Paris et les oulémas saoudiens. Et s’étonne de l’aveuglement de l’Occident face aux financiers du Golfe

Une fois de plus, ce sont les Allemands qui ont dégainé les premiers. Le 6 décembre dernier, le vice-chancelier Sigmar Gabriel brisait un tabou dans l’hebdomadaire Bild am Sonntag: l’Arabie saoudite finance des mosquées wahhabites à travers le monde depuis des décennies, constate-t-il. Or, «en Allemagne, de nombreux islamistes considérés comme dangereux viennent de ces communautés». Son collègue du parti socialiste (SPD, partenaire de la coalition au pouvoir), Thomas Opperman, ajoute: «Nous allons empêcher l’Arabie saoudite de financer les mosquées en Allemagne […]» car le wahhabisme a fourni une «idéologie complète à l’État islamique et contribue à la radicalisation des musulmans modérés».

Au lendemain des attentats terroristes de Paris, le salafisme – rejeton du wahhabisme émancipé de la tutelle saoudienne – a certes été pointé du doigt comme l’un des facteurs de radicalisation des jeunes Français transformés en kamikazes. Mais le pouvoir politique reste muet sur le fil rouge de cette dérive idéologique qui relie des jeunes Français, souvent issus de l’immigration post-coloniale, aux oulémas de La Mecque ou de Médine. Alors qu’on s’interroge en Allemagne, Jack Lang, ancien ministre français de la Culture et président actuel de l’Institut du monde arabe à Paris, s’emporte contre les journalistes qui le questionnent sur les financements de lieux de culte venus du Golfe. «Ce n’est pas cela le problème!»

 

Le «cancer» de l’islam

«Très peu de gens ont le courage de dire ce qui se passe», se désole cheikh Khaled Bentounès. Selon ce dignitaire religieux, à la tête de la confrérie soufie Alawiyya, la réponse de l’ancien ministre de François Mitterand est emblématique de l’attitude des dirigeants français depuis des décennies: «Ils refusent d’appeler un chat un chat. Ils veulent concilier l’inconciliable. C’est la recette de la catastrophe.» Pourquoi? L’Arabie saoudite est l’un des meilleurs clients de l’industrie française d’armement.

 

Cheikh Bentounès observe le salafisme, ce «cancer» de l’islam, depuis plus de vingt ans. Depuis que son pays, l’Algérie, a été ravagé par une guerre civile opposant le pouvoir militaire aux islamistes qui s’est soldé par la mort de 150 000 personnes. C’étaient dans les années 1990. Durant cette décennie noire, l’Algérie fut le laboratoire du djihadisme, explique-t-il. Aux yeux des fondamentalistes, le djihad moderne est devenu le 6e pilier de l’islam. Ce djihad-là est la synthèse du salafisme, de l’expérience militaire acquise en Afghanistan dans le combat contre l’occupant soviétique et des frustrations d’une certaine jeunesse musulmane.

Âge d’or mythique

Quel lien avec l’Arabie saoudite? Reprenons, avec l’aide de cheikh Bentounès: jusqu’en 1923 existait un califat, celui de l’empire ottoman, dans lequel coexistaient diverses formes de l’islam avec d’autres religions. Dans les soubresauts sanglants de la chute des Ottomans, de la colonisation et des Accords Sykes-Picot qui découpent le Proche-Orient va émerger l’Arabie saoudite qui, en 1926, adoptera le wahhabisme comme religion d’État. Les Saoud «vont opérer un hold-up sur la religion pour en faire un outil de pouvoir, explique-t-il. Leur religion s’inspire de l’idéal rigoriste des ancêtres pieux, les Salafs, et érige le mythe d’un âge d’or de la lutte contre l’envahisseur. C’est le piège dans lequel vont s’engouffrer nombre d’intellectuels comme les Frères musulmans en Egypte.»

Le wahhabisme va engendrer le néo-wahhabisme, puis le salafisme, enfin le takfirisme, doctrine qui justifie le meurtre des infidèles dont se réclame aujourd’hui le chef de l’organisation Etat islamique, Al-Bagdadi. «Ils prônent un soi-disant retour aux sources, un islam purifié, une interprétation unique des textes sacrés et jettent l’anathème sur toutes les autres écoles de pensées. Ils ont figé l’islam et tué tout esprit critique», poursuit le dignitaire soufi qui défend un islam humaniste dans la tradition nord-africaine.

Genève aux avant-postes

Cette lecture de l’islam va être propagée à travers le monde à partir de la fin des années soixante avec l’appui de la Ligue islamique mondiale dont le siège est à La Mecque. La première mosquée qu’elle financera en Europe est celle du Petit-Saconnex à Genève. Depuis, des centaines de lieux de culte ont bénéficié de son soutien, mais aussi subi sa supervision. Depuis les années 1980, l’Arabie saoudite a formé 45 000 imams. «Derrière tout cela, il y a un pays qui veut prendre le leadership et imposer sa pensée.»

Lire aussi: En Arabie Saoudite, la poudrière chiite

Ce réseau d’influence est complété par une vingtaine de chaînes de télévision satellitaires, comme Iqraa TV, qui diffuse des émissions religieuses 24h sur 24, et 34 000 sites internet, la plupart financés par des gens fortunés d’Arabie saoudite ou du Golfe. «Le pire, c’est internet, souligne cheikh Bentounès. Ces sites propagent un discours piétiste et littéraliste, un prêt-à-penser islamique qui annihile toute réflexion.» Les imams eux-mêmes sont aujourd’hui débordés avec l’apparition de fatwas par internet. Les jeunes se retrouvent seuls face à leur écran, enfermés dans un islam impersonnel. «Un jour l’un d’eux m’a dit: votre islam de papier mâché n’est pas solide. Les imams ne parlent pas de l’islam pur.» De son côté, Daech, l’organisation d’Al Bagdadi, a produit des milliers de films relayés sur Youtube dont certains adoptent un style hollywoodien, d’autres évoquent des jeux vidéos.

La capitale spirituelle du salafisme

Que faire contre cette déferlante? L’Arabie saoudite est dépassée et commence à prendre conscience du danger. N’est-elle pas à son tour la cible des djihadistes, une victime? «Alors, qu’elle démontre qu’elle prend des mesures, réagit cheikh Bentounès. Si le pouvoir veut véritablement changer les choses, il doit agir dans le domaine de la formation et de l’information. Mais il n’en est rien.» Six millions de pèlerins visitent chaque année les lieux saints de l’islam à La Mecque et à Médine. Là, le pouvoir continue de distribuer par millions les livres des théologiens salafistes Ibn Baz (1919-1999) et Al Albani (1914-1999), auteurs de fatwas contre des intellectuels algériens. «Al Bagdadi s’en réclame! Il se réclame du même islam, des mêmes références théologiques qui remontent au XIIIe siècle et au penseur Ibn Timya à l’époque de la lutte contre les Mongols.» Quand est-ce que l’Arabie saoudite fera «la chasse à ceux qui financent depuis son sol les groupes islamistes?», ajoute-t-il.

Très actif dans la vie associative et le dialogue interreligieux, cheikh Bentounès a fondé en 1990 le mouvement des Scouts musulmans de France. Il reste pantois devant la déférence française envers le pouvoir saoudien. Comme au début des années 2000, lorsque le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy insiste pour qu’on reçoive au mieux le responsable de la Ligue islamique mondiale. Ou en mai dernier, lorsque François Hollande, en déplacement en Arabie saoudite, est reçu non pas à Riyad mais à Dariya, le lieu d’origine des Saoud. «N’y avait-il personne au Quai d’Orsay pour lui dire que c’est la capitale spirituelle du salafisme?» Le chef soufi peine à comprendre que, dans les relations internationales, «on ne mesure pas certains actes contre-productifs».

 

Seuil de rupture

Car dans cette dérive salafiste, l’Arabie saoudite n’est pas seule en cause. Les régimes arabes autoritaires ont eux aussi instrumentalisé la religion. L’Occident a sa part de responsabilité avec le legs colonial, ses alliances troubles, ses calculs économiques avoués ou non. «Prenez un jeune musulman de 25 ans. Il est né avec la première guerre du Golfe, puis il a vécu catastrophe après catastrophe. L’intervention en Afghanistan, puis en Irak, en Libye, en Syrie, sans compter le problème palestinien qui dure depuis 60 ans, tente d’expliquer cheikh Bentounès. Il ne comprend pas ce monde où seuls l’emportent les intérêts financiers. Il a besoin d’un autre idéal qui donne du sens à sa vie. Il sera d’autant plus perméable aux idées salafistes si l’on est dans une logique de confrontation. La violence apparaît comme la seule réponse dans une société aux abois.»

Face à cette radicalisation, la réponse ne peut pas être que sécuritaire. «Les idées se combattent par les idées, en remontant au niveau doctrinaire», estime le religieux. Il observe un «éveil» en Afrique où, en 2013, a été créée la Ligue des oulémas du Sahel (Algérie, Maroc, Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger). Ces capitales, Rabat en tête, font désormais de grands efforts pour former des imams hors de l’influence wahhabite.

Cela ne suffira pas. Pour lutter contre le fondamentalisme religieux, cette «maladie du siècle», cheikh Bentounès appelle à une mobilisation de même ampleur que contre le réchauffement climatique. Son Association internationale soufie Alawiyya (AISA) fait circuler une pétition en faveur d’une journée mondiale du «Vivre ensemble» sous l’égide de l’ONU. Il rêve aussi de créer une Académie de la paix. «Nous sommes arrivés à un seuil de rupture», constate le guide spirituel.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Plus de 120 érudits musulmans accusent l'État islamique d'avoir sali l'Islam

Plus de 120 érudits musulmans accusent l'État islamique d'avoir sali l'Islam | Think outside the Box | Scoop.it

Grafiti qui signifie «mort à l'Etat islamique» écrit sur un mur de Jurf al-Sakhr (au sud-est de Bagdad), récemment repris aux jihadistes.

 



Dans une lettre ouverte de 22 pages appuyée sur de nombreux passages du Coran, les signataires condamnent les meurtres, tortures et exactions commises par les djihadistes au nom de l'Islam.

 

L'initiative est inédite. Plus de 120 musulmans sunnites du monde entier ont adressé une lettre ouverte à Ibrahim Awwad Al-Badri, alias «Abu Bakr Al-Baghdadi», le chef autoproclamé des djihadistes de l'Etat islamique. Dans ce texte d'une vingtaine de pages rédigé en arabe et traduit notamment en anglais, ils condamnent l'ensemble des crimes commis par les djihadistes du groupe État islamique. Tous les signataires sont sunnites, comme les terroristes de Daech, et ils viennent de nombreux pays tels que l'Egypte, la Jordanie, le Liban, l'Irak, le Pakistan, l'Indonésie, le Soudan, l'Arabie saoudite ou encore de pays européens. En 24 points, ils accusent le groupe Etat islamique d'avoir sali l'Islam par ses crimes commis en son nom. «Vous avez fourni d'abondantes munitions à tous ceux qui veulent qualifier l'Islam de barbare par la mise en ligne de vos actes barbares soi-disant perpétrés pour le bien de l'Islam. Vous avez donné au monde un bâton pour battre l'Islam alors qu'en réalité, l'Islam est complètement innocente de ces actes, et les prohibe», écrivent-ils.

 

«Ce que vous avez fait est incontestablement interdit»

Les signataires n'ont pas de mots assez durs pour qualifier les exactions commises par les terroristes contre les non-sunnites, particulièrement les yazidis et les chrétiens. «Concernant les chrétiens arabes, vous leur avez donné trois choix: la jizah (impôts réservés aux non-musulmans), l'épée ou la conversion à l'Islam. Vous

«Vous avez peint leurs maisons en rouge, détruit leurs églises, pillé leurs maisons et leurs biens. »

avez peint leurs maisons en rouge, détruit leurs églises, et dans certains cas, pillés leurs maisons et leurs biens. Vous avez tué certain d'entre eux, et poussé de nombreux autres à à fuir leurs maisons avec rien d'autre que leurs vies et les vêtements qu'ils avaient sur le dos.» Or, le jihad ne s'applique pas aux chrétiens d'un point de vue légal, écrivent-ils, en vertu d'un accord vieux de 1400 ans. «En résumé, ils ne sont pas des étrangers sur ces terres, au contraire, ils sont les natifs de ces terres depuis les temps pré-islamiques. Ils ne sont pas des ennemis, mais des amis.» Concernant les yazidis, les signataires estiment que «sans l'intervention américaine et kurde, des dizaines de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards auraient été tués». Ils concluent par une citation du prophète, enjoignant de les traiter «comme on traite les Gens du Livre», c'est-à-dire les chrétiens et les juifs.

«Toutes les religions interdisent le meurtre des émissaires. Or, les journalistes sont des émissaires de la vérité.»

Le traitement des enfants enrôlés dans les brigades de combats, ainsi que la pratique de l'esclavage sont condamnés sans équivoques par le texte. Les dernières exécutions de journalistes et humanitaires occidentaux sont également réprouvées. Les auteurs rappellent que «toutes les religions interdisent le meurtre des émissaires. «Les journalistes -s'ils sont honnêtes et ne sont bien évidemment pas des espions- sont des émissaires de la vérité, parce que leur travail consiste à exposer la vérité aux gens. Vous avez impitoyablement tué les journalistes James Foley et Steven Sotloff, quand bien même la mère de Sotloff avait plaidé pour votre cause, et imploré votre pitié.» Les travailleurs humanitaires sont également considérés comme des émissaires de «miséricorde et de gentillesse», poursuivent-ils. «Et pourtant, vous avez tué l'humanitaire David Haines», rappellent-ils, avant de conclure: «Ce que vous avez fait est incontestablement interdit («haraam»).

Le texte explique également que l'Islam interdit d'émettre des fatwas «sans toutes les connaissances nécessaires exigées.» «il est également interdit de citer une portion ou un verset du Coran -ou une partie d'un verset- pour en tirer une règle sans regarder tout ce que le Coran et l'Hadîth [traditions tirés des paroles de Mahomet, NDLR] enseignent sur la question. Il faut également une maîtrise parfaite de l'arabe, langue de l'Islam. «Cela signifie maîtriser la grammaire arabe, la syntaxe, la morphologie, la rhétorique, la poésie, l'étymologie et l'exégèse du Coran», détaille le texte. Les signataires dénoncent ainsi l'interprétation extrêmement simpliste des textes religieux faite par les terroristes de Daech. Ils visent nommément les propos d'Abu al-Baraa' al-Hindi sur le jihad. Dans une vidéo postée en juillet dernier, il conseillait une lecture littérale du Coran sur la guerre sainte, sans s'embarrasser des interprétations des érudits. Les auteurs de la lettre martèlent donc qu'il interdit de «constamment parler de ‘simplifier les choses'. [...] Il n'est pas non plus permis de dire: ‘L'Islam est simple, le prophète et ses nobles compagnons étaient simples, alors pourquoi compliquer l'Islam?'».

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Effroi et répulsion chez les musulmans face aux décapitations de l’EI

Effroi et répulsion chez les musulmans face aux décapitations de l’EI | Think outside the Box | Scoop.it

En utilisant de manière spectaculaire la décapitation, l'État islamique cherche à terroriser la communauté internationale et la population sous sa botte, mais cette pratique provoque la répulsion chez les musulmans que l'EI prétend représenter.
Les militants de l'EI affirment être « les seuls vrais musulmans » et ont recours au meurtre et au chaos comme tactique psychologique pour terroriser les autres gens, assure Asma Afsaruddin, professeur au département d'études des religions de l'Université d'Indiana, aux États-Unis. Diffuser les vidéos mettant en scène le supplice de Steven Sotloff et celui de son collègue James Foley ont « un objectif très clair : l'intimidation », explique Rita Katz, directrice de Site, un groupe privé qui suit les mouvements extrémistes. La décapitation est devenue le mode opératoire de l'EI contre ses adversaires, qu'il s'agisse des soldats gouvernementaux irakiens ou syriens, ou des militants antirégime qui s'opposent à ses méthodes brutales. Et ce procédé s'est révélé efficace. La peur a jeté sur les routes en Irak comme en Syrie des centaines de milliers de personnes, et en Irak de nombreux soldats ont fui sans combattre.


Le nouvel usage de la décapitation
L'usage par les jihadistes de la décapitation n'est pas nouveau : le premier Occidental à subir ce supplice fut Daniel Pearl au Pakistan en 2002. Il a été ensuite pratiqué par les groupes affiliés à el-Qaëda en Irak, qui fut le précurseur de l'EI sous la houlette d'Abou Moussab al-Zarqaoui. Avec sa mort lors d'un raid américain en 2006 et le rejet de cette organisation par les tribus sunnites, cette méthode avait décliné. Mais elle est revenue en force avec l'émergence de l'EI et la création d'un « califat » à cheval sur la Syrie et l'Irak. Pour la directrice de Site, les vidéos ont un but publicitaire afin de « recruter une petite minorité de musulmans radicalisés impressionnés par cette violence. Elle l'interprétera comme une sorte de victoire ».
Mais chez une très large majorité des 1,1 milliard de sunnites musulmans, les méthodes brutales de l'EI suscitent répulsion et colère. « Les actes et les pratiques de l'EI sont totalement étrangers au message de la foi musulmane », assure cheikh Khaldoun Araymit, secrétaire général du Conseil suprême de la loi islamique au Liban. « L'islam c'est la compassion et l'amour et la communication avec l'autre. Les actes haineux commis par l'EI non seulement contredisent l'islam mais l'offensent », a-t-il déclaré à l'AFP.

 

Sur les réseaux sociaux
De nombreux musulmans expriment des sentiments similaires sur la Toile, dénonçant sur Facebook et Twitter chaque méfait commis par l'EI, qu'il s'agisse de la crucifixion de Syriens ou la vente à des jihadistes de femmes yazidies kidnappées en Irak. Les dignitaires religieux musulmans affirment qu'il n'y a pas de crime pour lequel la religion prescrit la décapitation, mais cette pratique fut répandue par les musulmans et non-musulmans durant les guerres à l'époque de Mohammad et après. « La décapitation fut souvent utilisée comme sentence de mort dans les affaires criminelles dans l'histoire islamique », souligne Haidar Ala Hamoudi, un expert de la loi musulmane et professeur de droit à l'université de Pittsburgh. « Son usage était répandu, car elle était considérée comme moins douloureuse que les autres formes d'exécution », a-t-il expliqué. Ce type de supplice demeure en Arabie saoudite, provoquant les critiques des associations de défense des droits de l'homme. Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse sunnite, a également rejeté l'EI et ses pratiques. « Ces actions criminelles n'ont rien à voir avec l'islam. Elles n'ont aucun fondement dans la loi islamique. Ces gens ne représentent pas l'islam », a affirmé à l'AFP cheikh Abbas Shoman.
Sur le Net et à la télévision, des musulmans usent de la satire pour se moquer de l'EI, sous la forme de caricatures, chansons ou sketches. Le groupe libanais « Le grand défunt » a ainsi collectionné 40 000 vues sur YouTube avec sa dernière chanson, qui raille l'EI. « En vue de réduire les embouteillages, faites-vous sauter au nom de Dieu », chante le groupe, suscitant des rires dans le public.


Enfin, la communauté musulmane de France, la plus importante d'Europe avec 3,5 à 5 millions de membres, a condamné hier les « terroristes » responsables de la décapitation de Steven Sotloff. « Les musulmans de France condamnent sans réserve de tels actes barbares qui suscitent l'horreur et la stupéfaction, et demandent que les nations s'unissent pour éradiquer ces exactions mortifères qui dénaturent gravement la religion musulmane », a réagi Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, dans un communiqué.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

▶ Histoires d'islam et de saloperies. Videos gagnantes

Résultat du concours Histoires d'islam et de saloperies


Le jury s’est réuni le week-end dernier et a eu beaucoup de mal à décider ; il a  décidé de récompenser, comme c’était prévu les videos qui l’ont fait le plus rire et, comme les discussions étaient âpres pour la troisième place, nous avons décidé de l’octroyer à l’une des très (trop) rares personnes qui avaient eu le courage de se filmer, à visage découvert, et de choisir la video qui était la plus originale.

La video qui remporte le premier prix est la video numéro 17 (montage numéro 2), son auteur recevra 3 livres au choix de Riposte laïque et celui de Christine Tasin, Qu’est-ce qu’elle vous a fait la République.

La video classée deuxième est la video numéro 1 dans le premier montage qui a été rendu public, son auteur recevra    2 livres au choix de Riposte laïque et celui de Christine Tasin, Qu’est-ce qu’elle vous a fait la République.

La video classé troisième est la video numéro 4 dans le premier montage qui a été rendu public, 1 livre au choix de Riposte laïque et celui de Christine Tasin, Qu’est-ce qu’elle vous a fait la République.

Encore merci à tous ceux qui ont participé, permettant ainsi de montrer, comme le sondage de Minurne ou les nombreux articles parus sur de tout aussi nombreux sites une solidarité résistante avec Christine Tasin. Les juges lanceront-ils des milliers d’enquête pour identifier tous ceux qui pensent comme Christine Tasin et osent le dire ? Il y a du boulot, les nombreuses pages google sur le sujet, les innombrables commentaires allant dans le sens de celle qui se dit fière d’être islamophobe, même sur les medias politiquement corrects disent bien à quel point les juges de Belfort ont rendu un verdict scandaleux et inacceptable.

Riposte laïque et Résistance républicaine

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Etat islamique en Irak : décapités, crucifiés ou exécutés, les yézidis sont massacrés par les djihadistes

Etat islamique en Irak : décapités, crucifiés ou exécutés, les yézidis sont massacrés par les djihadistes | Think outside the Box | Scoop.it

A cause de leur pratique religieuse, cette minorité kurdophone persécutée de longue date est considérée par les djihadistes comme des  "adorateurs du diable".


En Irak, la situation empire. A tel point que les Etats-Unis se sont directement impliqués en Irak pour la première fois depuis le retrait de leurs troupes en 2011. L'armée américaine a en effet bombardé ce vendredi des positions de djihadistes qui menacent le Kurdistan irakien et des milliers de chrétiens et Yézidis. 

"Nous ne les laisserons pas créer un califat quelconque à travers la Syrie et l'Irak",  a affirmé Barack Obama pour justifier une telle offensive militaire.  Il fait dire, selon le Daily Mail, les membres de l'Etat islamique ont tué 500 hommes yézidis depuis la prise de Sinjar, une ville située au nord de l'Irak. De plus, "selon des informations officielles reçues par l'Unicef, quarante enfants de la minorité yézidie sont morts des suites directes de la violence, des déplacements et de déshydratation ces deux derniers jours", a indiqué le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

Dès lors situation de ces déplacés suscite l'émoi en Irak. Une députée yézidie a affirmé  en sanglots pendant une session du Parlement irakien : "Nous sommes massacrés, notre religion est en train d'être rayée de la surface de la terre. Je vous en supplie, au nom de l'humanité". Ce samedi, le Daily Mail met en ligne des photos montrant ces massacres. Des images effrayantes parfois mises en ligne directement pas la machine de propagande de l'Etat islamique en guise d'avertissement.

Ces djihadistes se sont même filmés en train d'exécuter les yézidis, certains ont été crucifiés ou décapités indique le quotidien britannique. Sur les photos, on peut voir des combattants armés alignés des civils le long d'une route  et les tuer d'une balle dans la tête. Un véritable massacre. 

Située à 50 kilomètres de la frontière syrienne, Sinjar était le bastion de cette minorité kurdophone adepte d'une croyance issue en partie du zoroastrisme (une religion monothéiste pratiquée dans l'Iran pré-islamique). Les yézidis  seraient entre 100 000 et 600 000 en Irak.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

L'islam est trop visible pour une majorité de Français, qui y voient une "menace"

L'islam est trop visible pour une majorité de Français, qui y voient une "menace" | Think outside the Box | Scoop.it

Soixante pour cent des Français jugent l'islam trop visible et 43% y voient une "menace" pour l'identité de la France, selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié jeudi, que le sociologue Raphaël Liogier juge "préoccupant" pour le vivre-ensemble.

 

 

Ils sont 68% à estimer que les musulmans sont mal intégrés, et en sont responsables

Quelque 60% des sondés jugent l'influence et la visibilité de l'islam "trop importantes", contre 35% d'indifférents et 5% qui les jugent "pas assez importantes".

43% affirment que la présence d'une communauté musulmane en France est "plutôt une menace" pour l'identité de notre pays, contre 40% n'y voyant aucun danger et 17% qui la considèrent plutôt comme un facteur d'enrichissement culturel.

Concernant l'attitude de la société française envers les musulmans, 69% des personnes interrogées la considèrent suffisamment ouverte (31% pensant le contraire).

67% (contre 33%) des Français affirment que les musulmans et les personnes d'origine musulmane ne sont pas bien intégrés dans la société française. 

Ils sont 68% à estimer que cette mauvaise intégration vient du refus des musulmans de s'intégrer et 52% à l'attribuer à de "trop fortes différences culturelles".

"La paranoïa face à l'Islam augmente"

(...)

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Hind Fraihi : "Nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne"

Hind Fraihi : "Nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne" | Think outside the Box | Scoop.it

Onze ans déjà que la journaliste Hind Fraihi a décrit l'intégrisme islamiste qui gangrenait Molenbeek. Après les attentats de Bruxelles, elle dénonce une décennie de silence.

 

Hind Fraihi est journaliste d’investigation en Belgique. En 2005, cette flamande de 39 ans d’origine marocaine, a voulu voir par elle-même si un quartier spécifique de Bruxelles, Molendeek – inconnu du grand public à l’époque –, était devenue une place forte pour le recrutement de candidats au djihad. En se faisant passer pour une étudiante auprès des habitants, Hind Fraihi a passé près de trois mois en totale immersion de coin du Nord-Ouest de Bruxelles.

Le résultat, un livre, En immersion à Molenbeek* [récemment traduit et distribué en France]. Elle y raconte la façon dont des prédicateurs islamistes ont diffusé leur discours radicaux et mortifères auprès de jeunes de la génération de certains des terroristes impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles.

Il y a dix ans, Internet n’était pas ce qu’il est devenu ; les filières de recrutement ne conduisaient pas en Syrie, mais en Tchétchénie, en Irak ou en Afghanistan. Mais le dispositif d’embrigadement était déjà actif et bien installé. Après les attaques du 22 mars qui ont meurtri le royaume de Belgique, faisant 31 morts et plus de 270 blessés, Hind Fraihi exprime sa tristesse… et sa colère. « On n’a pas voulu voir ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne », déplore-t-elle. Pour la journaliste, cette décennie de silence correspond à des années de « négligence ». Et « C’est le fruit de ces années de négligence qui a malheureusement été capté par un groupement terroriste du nom de Daech. »

 

Marianne : Il y a tout juste dix ans, vous avez publié un livre sur Molenbeek et l’intégrisme islamiste, pourquoi aviez-vous choisi ce quartier alors inconnu du grand public ?

Hind Fraihi : Lorsque j’étais étudiante à Bruxelles, j’étais en contact avec un groupe de jeunes de Molenbeek, ils me racontaient que certains étaient approchés par des recruteurs pour partir faire le djihad en Afghanistan, Tchétchénie, ou en Irak à l’époque. Mais ce n’était que des rumeurs. Puis, il y eu le 11 septembre 2001. Je me suis demandé si cela pouvait nous arriver, ici en Europe, en Belgique... L’occasion s’est présentée en 2006. Je me suis installée là-bas pendant près de trois mois. En me présentant comme journaliste, je n’aurais pas eu d’infos. Dans ce type de milieux, ce type de quartiers, quand tu es journaliste, on se moque de toi, on estime que tu fais partie du camp sioniste, que tu es contre les musulmans. Je me suis donc infiltrées dans leur monde en tant qu’étudiante en sociologie… Et que dire ? Que Molenbeek est une enclave, une société dans la société. Les gens y sont éloignés de nous, de la société occidentale. Ils sont fixés sur le Proche-Orient, ou le Maroc. Par exemple, quand je posais la question" Qui est Guy Verhofstadt ?" Personne ne savais me répondre. C’était notre Premier ministre… Dans le silence le plus complet, un gouffre s’est creusé entre cette petite enclave et le cœur de l’Europe.

Et c’est à ce moment-là qu’interviennent des prédicateurs radicaux comme Bassam Ayachi [depuis, il a quitté la Belgique pour les zones de combat syrienne], un personnage influent auprès de jeunes du quartier, dont certains pourraient avoir été au cœur des attentats de Paris…

Oui, absolument. Bassam Ayachi (photo ci-contre) était aussi appelé « la porte vers l’Afghanistan ». Il y avait une grande dynamique autour de cet homme, il était entouré par beaucoup de jeunes. Il était très visible, tout le monde connaissait parfaitement ses activités. Lorsque j’étais étudiante, j’entendais déjà des hommes raconter que le « cheik » leur disait qu’il ne fallait pas rester ici, qu’il fallait partir combattre en Afghanistan. Bassam Ayachi avait d’ailleurs été impliqué dans des dossiers de terrorisme, au moins indirectement : en 1999, il a par exemple marié dans sa mosquée clandestine du centre islamique de Belgique (CIB) le Tunisien qui a assassiné le commandant Massoud, Abdessatar Dahmane, et Malika El-Aroud.

Mais on a laissé faire… les autorités l’ont laissé agir librement. Ils l’ont laissé propager sa vision du monde. Une vision qui consistait à dire que c’était nous les radicaux extrémistes, parce que nous prenions les lois démocratique trop au sérieux. Selon lui, c’était la souveraineté d’Allah qui devait régner, pas la démocratie. Pour lui et son entourage, le ministère de la Défense était en fait le ministère du djihad. Il disait que c’était le monde occidental qui était un monde djihadiste. Son mode de propagande c’était de rationnaliser l’Islam. Autrement dit, si tu voles un sac, ce n’est pas un pêché tant que c’est pour reverser l’objet du larcin au djihad… Il faisait ce que j’appelle du « gangsterislam ». Quand on observe le profil des terroristes qui ont commis les attentats de Paris et de Bruxelles, on s’aperçoit qu’ils ont quasiment tous un passé criminel et qu’ils ont presque tous évolué dans cette marge que des hommes comme Bassam Ayachi ont su exploiter.

"LES RECRUTEURS ONT SU LES VOIR, LES ÉCOUTER... PUIS LES EMBRIGADER"

Quel accueil a reçu votre témoignage lors de sa sortie ? A-t-il suscité le débat ?

Il y a eu un début de débat public, mais il a vite été orienté contre moi. Vous savez, en Belgique, on n’ose pas se dire franchement les choses lorsque cela concerne l’Islam, l’intégration ou l’immigration. On se crispe. Il y a dix ans, j’ai été traitée d’islamophobe, de raciste, certains disaient même que j’avais des problèmes psychologiques et que mon travail était celui d’une musulmane traumatisée par l’Islam. Ce n’était pourtant qu’un témoignage journalistique disant qu’il y avait un problème dans certains quartiers de Molenbeek, je dis bien « certains » car je ne visais pas toute la commune. D’ailleurs, il ne s’agit pas que de ce lieu. Aujourd’hui, tout le monde est fixé sur Molenbeek, mais d’autres quartiers comme Schaerbeek où Forest sont pénétrés des mêmes problématiques.

Quoi qu’il en soit, nous avons collectivement nié ce qu’il se passait à quelques minutes du centre-ville de la capitale européenne. Je suis convaincue que nous avons manqué une chance d’engager une réflexion et de se poser les bonnes questions. D’essayer de comprendre qui sont ces jeunes, ce qu’ils veulent, où ils vont… J’ai essayé de leur donner un visage, une voix. La droite politique belge a saisi l’occasion pour prendre ma défense et affirmer qu’il y avait un souci avec les musulmans. Les partis du centre et de la gauche n’ont tout simplement pas pris position, c’est dommage. Et puis on a continué de négliger le problème, mais ces jeunes sont toujours là, comme des fantômes qui traversent les rues… Toutes ces années de négligence ont malheureusement été captées par un groupement terroriste du nom de Daech. Car les recruteurs ont su les voir, les écouter… puis les embrigader.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

"Il appartient à la communauté musulmane de faire sa révolution"

"Il appartient à la communauté musulmane de faire sa révolution" | Think outside the Box | Scoop.it

Jonathan Claes a vécu de plein fouet les attentats de Bruxelles. Il a été interloqué par le texte du réalisateur Ismaël Saidi " Pourquoi les musulmans ne descendent pas dans la rue pour condamner ? Parce que... ". Voici sa réponse.

 

J'ai longtemps hésité à écrire ce commentaire. La raison première étant que je ne veux choquer personne, la seconde que je ne souhaite pas m'aliéner certaines de mes connaissances, ni m'attirer la foudre d'inconnus. Puis, je me suis rappelé combien j'abhorre cette chape de plomb qui semble s'être abattue sur le débat public et qui contribue à juger tabou et à exclure certains sujets de discussion. La première étape de la résolution d'un problème est de reconnaître son existence, la deuxième de savoir le nommer...

Le mardi 22 mars 2016, comme beaucoup d'autres belges, je me suis rendu à Bruxelles pour travailler. J'étais à la gare de Bruxelles-Schuman lorsque j'ai appris les explosions qui venaient de frapper l'aéroport. J'ai écrit à mes parents et à ma compagne, actuellement en congé de maternité, pour leur dire que je les aime et que j'allais me dépêcher à sortir du hall de la Gare du Nord lorsque mon train y arriverait, de peur d'un scénario similaire aux attentats du 13 novembre à Paris. Le futur me donnera raison, mais contrairement aux malheureuses victimes de la station Maalbeek, j'ai eu la chance que les terroristes ne choisissent pas ma gare d'arrivée comme cible, et que ma compagne s'occupe actuellement de notre nouveau-né?: elle transite par cette station de métro à la même heure chaque jour. J'ai donc passé la journée confiné dans un bâtiment, à prendre des nouvelles de mes amis, de ma famille et à leur donner des miennes. À constater l'absence de collègues (dont certains, je l'apprendrai plus tard resteront marqués à vie dans leur chair et dans leur esprit), à suivre les informations, à m'organiser pour le retour, à réfléchir sur le futur. Car c'est malheureusement loin d'être un cas isolé, et tous les experts s'accordent à dire que ce n'est certainement pas le dernier attentat de ce type sur le sol européen.

Depuis les années 2000 seulement, on comptabilise une liste non-exhaustive de plus de 156 attentats d'origine islamiste totalisant plusieurs milliers de victimes innocentes. De l'Irak, la Lybie, Israël, la Syrie, le Yémen, le Koweït, la Jordanie et l'Arabie Saoudite en passant par le Liban. Du Nigéria, du Tchad, de la Somalie, du Cameroun au Mali en passant par le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire sans oublier le Maroc, l'Algérie et l'Égypte. Au Canada et aux États-Unis. De la Russie en passant par la Tchétchénie, l'Inde, le Pakistan et le trop évident Afghanistan. De la Tunisie à la Turquie pour nous mener à la Bulgarie, à l'Italie, à l'Espagne, la France, la Belgique, l'Allemagne, la Royaume-Uni, la Suède et le Danemark sans oublier les plus lointains Thaïlande, Indonésie et Australie. À travers le globe des dizaines de groupements terroristes sèment la mort et laissent derrière eux un cortège de tristesse et de désolation. Quels que soient leur origine, leur nationalité, leur âge ou leur histoire, tous proclament la même foi et le service d'une même religion pour justifier leur actes criminels.

Alors quand je lis l'article de Mr. Saïdi, je ne peux m'empêcher de penser que sous des abords de bonne volonté, se cachent le même communautaro-centrisme et la même victimisation qui sont les premiers arguments de défense que l'on voit poindre lorsque que l'on aborde la passivité de la communauté musulmane face aux attentats terroristes d'origine islamiste. C'est une réponse qui tend à vouloir clore le débat avant même qu'il n'ait pu prendre place. "Notre communauté est la première touchée, les coupables de ces crimes ne sont pas de vrais musulmans, l'Islam interdit la violence": circulez, il n'y a rien à voir. Jusqu'au suivant.

Mr. Saïdi, lorsque vous citez très justement les nobles tâches entreprises par nos concitoyens de religion musulmane lors des attentats, vous semblez vouloir y opposer les belges d'autres obédiences. N'y avait-il pas de catholiques, de protestants, de juifs, de bouddhistes, d'athées, d'agnostiques, que sais-je encore parmi les services d'ordre, les pompiers, les ambulanciers, les militaires, les médecins, les conducteurs de taxi, de métro ou de tram? Leurs actions ont-elles moins de valeur à vos yeux? Et pour poursuivre sur le sujet premier de votre billet à savoir la révolte ou à tout le moins la remise en question, ces actions emplies d'humanité et de solidarité empêchent-elles par la suite d'entreprendre une réflexion approfondie sur la mauvaise interprétation qui mène beaucoup trop de croyants musulmans à commettre de telles atrocités de par le monde? Ces bonnes actions accomplies mardi après-midi empêchent-elles la communauté musulmane de se lever d'un seul corps et de crier son opposition à de tels massacres?

Car si je constate de brèves et individuelles condamnations de représentants de la communauté musulmane, je ne vois pas de grands rassemblements de masse passionnés tels qu'on sait cette même communauté capable lorsqu'un dessinateur à le malheur de caricaturer le prophète ou qu'un bulldozer israélien détruit une maison palestinienne. Encore une fois, la vie d'un être humain a-t-elle moins de valeur lorsqu'elle fait partie d'une religion ou d'une autre? Le mépris répété de la vie elle-même suscite-elle moins de passion qu'un blasphème?

Car de par le monde, et depuis plusieurs décennies maintenant ces actes barbares se répètent. Quel que soit le continent, la couleur de peau des victimes comme des perpétrateurs, la langue utilisée pour prier, il n'existe qu'un seul point commun: la religion des coupables et la justification communautariste qu'ils expriment.

À partir de combien d'attentats, de combien de morts et de blessés, de combien de familles innocentes détruites, de combien de pays touchés et de combien de nationalités différentes de terroristes se référant tous à la même idéologie va-t-on enfin oser admettre le fait que la source de tous ces maux réside dans la religion islamique?

Les racines socio-économiques du mal? Ben Laden n'était pas seulement riche, il avait fait ses études dans les plus grandes universités occidentales. Le terroriste qui a semé la mort sur une plage tunisienne était étudiant à l'université. Abaaoud était le fils d'un commerçant prospère et était inscrit dans un collège huppé de la capitale. Les frères Abdeslam possédaient un café, l'aîné travaille encore pour sa commune. Les exemples se multiplient qui discréditent la thèse de la pauvreté comme seule racine du mal.

Le racisme occidental comme matrice de la violence? De nombreuses vagues de communautés et nationalités se sont succédées en Europe depuis le 20ème siècle. Aucune ne réalise de fait un tel rejet envers la culture de sa société d'accueil après 3 générations. Ce rejet se traduisant notamment par un taux de mariages extra-confessionnels minimum, ou une surreprésentation dans les prisons comparativement à la proportion globale de citoyens musulmans. Aucune n'exprime une telle volonté d'imposer à l'organisation d'une société laïque des préceptes religieux éculés importés d'un pays pourtant abandonné (hallal dans les écoles et les prisons, abattage rituel, horaires/services différenciés pour les femmes musulmanes, voiles, burqas et autres attributs communautaires dans les institutions publiques, prières de rue, pressions conscientes ou inconscientes pour abandonner le nom de vacances, d'activités, de cours...). Que n'avons-nous fait de compromissions, "d'accommodements raisonnables"? Quand s'infléchira le poids de cette culpabilité qui pousse les sociétés occidentales a sans cesse effacer leur histoire et leur culture de peur de ne pas se montrer assez ouvertes?

Un problème de cohabitation culturelle donc? Les très riches monarchies moyen-orientales appliquant souverainement les principes religieux islamiques font montre d'une violence ordinaire et d'une discrimination patente envers les femmes, les homosexuels, ou les individus de confession différente. Combien de lapidations, de décapitations ou de flagellations peuvent se justifier au Moyen-Orient par le racisme occidental ou une situation socio-économique défavorable?

Les interventions occidentales au Moyen-Orient? La majorité des terroristes qui ont sévi en France et en Belgique sont nés en Europe, parfois même comme leurs parents avant eux et y ont vécu toute leur vie. Quelles victimes étaient nées pendant la colonisation? Combien des victimes ont participé ou soutenu une quelconque action en Irak ou en Afghanistan? Combien de cibles étaient strictement militaires? Comment peut-on haïr à ce point un pays dans lequel on a toujours vécu et qui offre à tout le moins une liberté au culte qu'eux-mêmes ne rêvent que d'imposer à des milliers de kilomètres de là.

Les autres confessions ont-elles aussi engendré des criminels? Assurément, des monstres sont nés au sein de nos cultures occidentales! Mais ces criminels, leurs forfaits aussi abjects soient-ils sont des individus isolés qui ne se revendiquent pas d'une même idéologie mortifère, qui ne partagent pas la même volonté d'imposer au monde un mode de vie décrit il y a plus de 1400 ans. Tous ne tuent pas aveuglément et indifféremment au non d'une seule et même religion, d'un seul et même livre sacré, du même prophète. Nous sommes en 2016, la religion catholique a su battre sa coulpe de ses crimes passés depuis bien longtemps.

Et puisque la communauté musulmane ne peut souffrir qu'une personne étrangère à sa culture et à sa religion ne mette en cause ses modes de croyances (sous peine d'être très vite publiquement catalogué de raciste, d'extrémiste, de xénophobe ou discrédité pour son manque de connaissance de cette culture), il n'appartient qu'à elle de se révolter, de faire sa révolution, de renier les extrémistes. Il est temps d'arrêter la complaisance aveugle, le détournement de regard hypocrite, l'entraide communautaire au-delà des lois. Mais la communauté musulmane en possède-t-elle seulement la capacité, et plus important encore, en a-t-elle la volonté? Que n'entend-on au lendemain de chaque attentat? Ces terroristes ne sont pas de vrais musulmans, l'Islam interdit la violence. Circulez, il n'y a rien à voir. La première étape pour la résolution d'un problème est pourtant sa reconnaissance...

Je citerai Edmund Burke: "La seule chose nécessaire au triomphe du mal, est l'inaction des hommes de bonne volonté". L'histoire nous a tragiquement démontré à de nombreuses reprises que lorsqu'une partie d'une communauté verse dans l'extrémisme violent, la majorité silencieuse et passive est irrelevante.

Il me faut à présent vous avouer que j'écris ces lignes sous le coup de la colère et de la peur. L'une et l'autre sont très mauvaises conseillères, j'en conviens et vous le concède. Mais le problème que je décris n'est pas neuf, et ce n'est pas ce qui contribue le plus à mon état d'indignation et de frustration actuel. Je suis d'ordinaire une personne d'action, lorsqu'un problème surgit, je ne l'ignore pas, je ne le laisse pas pourrir, je ne m'apitoie pas sur mon sort: je l'analyse et je tente de le résoudre au mieux de mes capacités et à mon humble niveau. Dans le cas présent, j'ai l'impression que les citoyens non-musulmans sont muselés et stigmatisés s'ils osent vouloir promouvoir un débat sur le rôle de l'Islam dans nos sociétés, et que la communauté musulmane qui seule détient les clefs d'une solution pacifique et pérenne se refuse de reconnaître le moindre problème. Quel monde vais-je pouvoir laisser à mon fils...

Jonathan Claes - Cadre travaillant à Bruxelles

 

P.S. : Bien que de nationalité belge, je suis fils et petit-fils d'immigrés et mon fils est métis. J'ai travaillé dans 3 pays différents et j'ai voyagé épisodiquement de par le monde avec mon sac à dos pendant plus de 10 ans. Mes tribulations sur les 5 continents au contact et à la recherche d'autres cultures m'ont notamment mené en Malaisie, en Indonésie, en Palestine, en Jordanie et en Égypte. Je n'écris pas cela pour donner du poids à mes propos, mais au contraire afin d'éviter que mon commentaire soit discrédité pour des raisons fallacieuses. J'ai trop vu ces derniers temps d'articles voués à l'opprobre dû aux critiques sur la nature de leurs auteurs dont le seul crime était de ne pas posséder de "légitimité" pour aborder ce sujet. Comme si la réponse à 1+1 étant 2 se trouvait plus ou moins correcte voire même pouvait s'en trouver odieuse selon la nature de la personne qui répond...

Ma seule légitimité est d'être un citoyen belge, et je crois qu'il est encore de mon droit, si ce n'est de mon devoir en ce 23 mars 2016 de faire usage de ma liberté d'expression.

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Crimes et guerres de l’islam depuis les origines : ça, une religion de paix ?

Crimes et guerres de l’islam depuis les origines : ça, une religion de paix ? | Think outside the Box | Scoop.it
1943 : déclaration d’Himmler: « Je n’ai rien contre l’islam, parce que cette religion se charge elle-même d’instruire les hommes, en leur promettant le ciel s’ils combattent avec courage et se font tuer sur le champ de bataille: bref, c’est une religion très pratique et séduisante pour un soldat. 
« Vous avancez que l’islam n’est pas une religion de paix ? Je vous défie de m’apporter les sources fiables et authentiques qui le prouvent, » m’écrivait une lectrice.Elle ajoutait : « en islam, il est interdit de faire du mal même a une mouche. Tout ce que vous entendez et voyez sur l’islam n’est PAS L’ISLAM, c’est une image que les medias véhiculent pour répandre l’islamophobie.
J’espère juste donner l’envie à une ou deux personnes de remettre en cause l’idée toute faite qu’elle a de l’islam, et donner l’envie de s’informer plus intelligemment et plus objectivement. »

Cela tombe bien, car moi aussi je souhaite « remettre en cause l’idée toute faite de l’islam, et donner l’envie de s’informer plus intelligemment et plus objectivement. »

Alors voici.

A la lecture de cette liste, qui s’arrête en 2000, vous constaterez que l’islam est en effet une religion de paix : le terrorisme, le racisme, le génocide, la christianophobie, l’antisémitisme, c’est la paix et l’amour façon islam.

618 : massacre des ennemis à la bataille de Bu’ath
622 : Mahomet reçoit le verset: »tuez les infidèles où vous les trouverez, 

[…]

2000 : avril: en Arabie Saoudite, le journaliste isamélien Saleh al Harith est condamné à 7 ans de prison pour avoir mentionné l’attaque de la mosquée de Najran
2000 : octobre: à Dinajpur (Bangladesh), 4 musulmans brûlent le temple hindou


Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

Source : http://atheisme.org/listeislam.html

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Les cinq sujets à éviter à table le soir de Noël

Les cinq sujets à éviter à table le soir de Noël | Think outside the Box | Scoop.it

Selon une étude publiée en 2014, 39 % des Français craignaient de s’écharper lors du repas de réveillon. Pour ne pas que cela se produise, Planet.fr vous a dressé la liste des sujets à éviter absolument en famille.

 

1 – L’islam

En plein apéritif, encore sobre, vous pensiez aborder la question de l’islam, sa présence en France et son lien direct ou indirect avec les djihadistes qui ont commis les attentats du mois dernier ? Grave erreur. A moins que votre famille soit à droite toute ou extrême gauche tendance "laïcarde", c’est le meilleur moyen pour commencer la soirée avec un débat incisif. Et puis, dans ce sujet complexe, vous risquerez de vous emmêler dans le vocabulaire quitte à asséner des contre-vérités : un salafiste est-il un terroriste ? Le Coran est-il violent ? L’Arabie Saoudite et son wahhabisme sont-ils des dangers ? Bref, en abordant la question de la religion musulmane vous risquerez de marcher sur des œufs…

 

2 – L’immigration

Vient l’entrée, et vous avez évité précautionneusement le sujet précédent mais vous voulez quand même parler des flots de réfugiés et migrants qui sont arrivés cette année en masse en Europe. Là encore, le sujet est sensible et risque de scinder la table en deux. Vous êtes farouchement contre cette arrivée de réfugiés, arguant de l’impossibilité d’accueillir un si grand nombre de personnes, et voilà que vos voisins vous pensent sans cœur, et les plus politiques vous soupçonnent même de voter FN. Vous êtes pour les accueillir, arguant de l’urgence humanitaire, et voilà que l’autre moitié de la table vous prend pour un irresponsable "bobo". Si vous voulez éviter les "T’as qu’à les accueillir chez toi, tiens !" et les "T’aurais été content à leur place !", n’entamez sous aucun prétexte le chapitre immigration.

 

3 – La montée du FN

A l’heure du plat de résistance, et alors que deux ou trois verres ont déjà arrosé le gosier, vous vous apprêtez à poser la question fatale : "Vous pensez quoi du score du Front national aux régionales ?" Et là, c’est le drame. Chacun se regarde avec les yeux en chiens de faïence, attendant le premier qui ira au casse-pipe. Il s’agit souvent dans ces cas-là d’un adversaire du FN qui, effondré, criera à la défense de la République, tandis que l’électeur de droite lui emboîtera le pas, en concédant toutefois que Marine Le Pen dit parfois des choses justes. Et c’est parti pour l’empoignade, la joute verbale, programme contre programme (que personne n’a lus), idées contre idées ; le tout sous le regard de l’électeur frontiste, qui n’ose pas sortir du bois en révélant son vote. Bref, afin d’éviter de mettre tout le monde mal à l’aise, évitez de parler des dernières élections.

 

4 – François Hollande

Voilà venir le fromage, et pour peu qu’on vous serve du Gouda, vous voilà pris d’une envie d’aborder le sujet Hollande, François de son prénom. Les batailles homériques au sujet du président les années précédentes ne vous ont donc pas mis en garde ? Certes, le chef de l’Etat fait à peu près l’unanimité… contre lui, mais depuis les attentats, il retrouve du poil de la bête dans les sondages et certains parlent même de lui comme d’un homme d’Etat. "Comme après Charlie Hebdo, Hollande « profite » des attentats pour retrouver la confiance des Français !", diront cependant les uns ; "Mais il a montré sa capacité à gérer un pays en état de crise, et ça c’est digne d’un chef d’Etat !", répondront les autres. Et quand l’un se met à évoquer l’échéance de 2017, c’est le feu d’artifices de conjectures… sous le regard des enfants qui pensent que vous parlez chinois et qui n’attendent qu’une chose : l’arrivée du Père Noël, moins ennuyeux. En somme, pensez aux enfants, n’abordez pas le sujet Hollande.

 

5 – La COP21

C’est le dessert, la bûche glacée est en train d’être servie, et vous aborder innocemment la COP21 à Paris. Soudain, ça jette un froid (et ce n’est pas seulement à cause de la bûche glacée). En posant cette question, vous n’imaginiez sans doute pas le nombre de profils différents autour de ce sujet : il y a ceux qui ne savent même pas de quoi on parle, "COP21, c’est le nouveau robot dans Star Wars ?", ceux qui ont entendu parler de l’évènement mais qui n’ont rien suivi, "Ah, finalement il y a eu un accord…", ceux qui sont ravis du résultat, "Depuis le temps qu’on l’attendait, c’est historique !", et enfin les plus pessimistes : "Quel accord historique quand il n’y a pas de sanctions à la clef ?" Vous sentez venir le débat sans fin, alors que les mômes vous demandent depuis trente minutes déjà quand ils pourront ouvrir leurs cadeaux ? Bref, n’abordez pas un sujet polémique en fin de repas, les sourires risquent d’être crispés au déballage des cadeaux…


 

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Organisation terroriste Daesh: "Appel des musulmans de France"

Organisation terroriste Daesh: "Appel des musulmans de France" | Think outside the Box | Scoop.it

Les principaux représentants du culte musulman en France ont lancé ce lundi un "Appel des musulmans de France" pour condamner la barbarie des djihadistes de l'organisation terroriste Daesh (Etat islamique, ndlr) et pour témoigner leur soutien total à toutes les communautés en Irak et en Syrie, aux journalistes et humanitaires, victimes de leur extrémisme assassin, violent et abject.
Ci-joint e texte intégral de l'appel :

Jacques Le Bris's insight:



Nous, responsables musulmans de France, signataires du présent appel :

Nous condamnons fermement les exactions commises par l’organisation « Daesh », connue sous l’appellation « Etat Islamique » (EIL), à l’encontre des civils en Irak et en Syrie parmi les chrétiens, les Yézidis, les kurdes, les turcomans, les musulmans chiites ou sunnites, les humanitaires, les journalistes et les reporters.

Nous considérons que cette organisation, en dépit de son appellation usurpée, n’a rien ni d’Etat ni d’islamique. Ses actions criminelles et barbares, dont les décapitations macabres des deux journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et de l’humanitaire britannique David Haines, d’une cruauté et d’une violence insoutenables, sont en totale contradiction avec les principes élémentaires de la religion musulmane.

Nous saluons la réaction spontanée, responsable et unanime des musulmans de France et de leurs imams qui ont condamné fermement les actes abjects du groupe terroriste «Daesh ».

Nous saluons la position des autorités Chrétiennes, qui tout en condamnant les exactions perpétrées contre les chrétiens d’Irak et de Syrie, refusent toute instrumentalisation de cette tragédie et soulignent que les musulmans sont également victimes de cette organisation terroriste.

Nous appelons tous les citoyens épris de paix et de justice quelle que soit leur religion ou leur conviction à afficher, aujourd’hui plus que jamais, leur unité face au terrorisme et à la barbarie et à œuvrer sans relâche pour que le dialogue et la solidarité entre eux puissent faire barrage aux adeptes de la prétendue « guerre des civilisations ».

Nous réitérons notre appel aux jeunes musulmans de France qui seraient tentés d’aller combattre aux côtés de ces terroristes, de prendre conscience de l'ampleur de la gravité des crimes dont ils pourraient se rendre complices, ainsi que de la lourde responsabilité, devant Dieu et devant l'Humanité, d’une telle complicité.

Face à l’ampleur des crimes commis par « Daesh » et l’importance des moyens matériels dont elle dispose, nous appelons la communauté internationale à diligenter une enquête afin que soient déterminés les responsabilités des soutiens de cette organisation terroriste ainsi que l’origine de ses moyens.

Nous demandons aux musulmans de France d’apporter leur aide aux exilés, notamment à ceux présents en France, d’élever des prières, tous les vendredis, pour le repos des âmes de toutes les victimes et implorer le Très Miséricordieux afin qu’Il accorde Son Aide et Son Soutien à ceux qui souffrent des actes de cette organisation terroriste".

Signataires par ordre alphabétique des institutions:

- Comité de Coordination des Musulmans Turcs de France – (CCMTF)
Représenté par Monsieur Ahmet OGRAS, Président.

- Fédération Française des Associations Islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles- (FFAIACA)
Représentée par Monsieur Cheikh Moussa TOURE, Président.

- Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris- (FNGMP)
Représentée par Monsieur le Recteur Dalil BOUBAKEUR, Président.

- Foi et Pratique
Représentée par Monsieur Hamadi HAMMAMI.

- Grande Mosquée d’Evry- Courcouronnes
Représentée par Monsieur le Recteur Khalil MERROUN

- Grande Mosquée de LYON
Représentée par Monsieur le Recteur Kamel KABTANE

- Grande Mosquée de Saint- Denis de l’île de la Réunion
Représentée par Monsieur Aslam TIMOL

- Rassemblement des Musulmans de France (RMF)
Représentée par Monsieur Anouar KBIBECH, Président.

- Union des Mosquées de France (UMF)
Représentée par Monsieur Mohammed MOUSSAOUI, Président.

- Union des Organisations Islamiques de France
Représentée par Monsieur Amar LASFAR, Président.



Paris, le 15 septembre 2014

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Grande Mosquée de Paris | CONDAMNATION DE L’EXECUTION DE L’OTAGE AMERICAIN STEVEN SOTLOFF

Grande Mosquée de Paris | CONDAMNATION DE L’EXECUTION DE L’OTAGE AMERICAIN STEVEN SOTLOFF | Think outside the Box | Scoop.it

L’exécution lâche et barbare de l’otage américain Steven Sotloff horrifie la conscience humaine, stupéfie et défie le monde entier. Cet assassinat confirme les motivations criminelles de mouvements terroristes dépourvus de toute humanité et se drapant de la religion. Ce ne peut être l’Islam.

Le Coran interdit le crime et l’assassinat des innocents. « … Et quiconque aura tué une personne non coupable d’un meurtre, aura tué le genre humain…» Sourate 5 ; verset 32. «… Ne tuez point la vie que Dieu a rendue sacrée… » Sourate 17 ; verset 33.

L’interprétation dévoyée du Coran par ces mouvements terroristes les éloigne du message du Prophète de l’Islam et les exclue de la communauté des croyants.

Les musulmans de France condamnent sans réserve de tels actes barbares qui suscitent l’horreur et la stupéfaction et demandent que les nations s’unissent pour éradiquer ces exactions mortifères qui dénaturent gravement la religion musulmane.

Recteur Dalil Boubakeur
Président du Conseil Français du Culte Musulman

more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Kamel Kabtane: "Les islamistes de l'EI portent préjudice à l'ensemble des musulmans"

Kamel Kabtane: "Les islamistes de l'EI portent préjudice à l'ensemble des musulmans" | Think outside the Box | Scoop.it
Le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane a été le premier responsable musulman français à s'être expressément dressé, mardi, contre l'Etat islamique. Entretien


On reproche beaucoup aux musulmans français leur silence face aux actes de barbarie de l'Etat islamique (EI) . La Grande Mosquée de Paris a certes manifesté sa solidarité avec les Chrétiens et Yézidis persécutés dans un communiqué, mais sans nommer l'EI. Pensez-vous que votre prise de position va délier les langues?

ADVERTISEMENT

Les musulmans de France ne peuvent pas continuer à parler du bout des lèvres, à accepter que des gens venus d'un autre âge viennent imposer une vision de l'islam qui n'est absolument pas la leur. Nous devons nous exprimer haut et fort parce que nous ne sommes pas d'accord et parce que, sinon, on nous accusera d'être complices, ce qui mettra en péril notre sécurité et fournira un carburant à l'islamophobie, véritable poison. Déjà, certains doutent de notre loyauté et l'extrême-droite trouve là de puissants arguments.  

Comment votre communiqué a-t-il été reçu dans la communauté musulmane?

A Lyon, à en juger par les coups de fil que j'ai reçus pour l'instant, très bien. Le recteur de la Mosquée de Saint-Etienne, Larbi Marchiche, a lui aussi fait une déclaration identique, dans un communiqué. [Après l'interview, l'Union des Mosquées de France a aussi publié un communiqué dénonçant "l'insupportable instrumentalisation de la religion musulmane"] En revanche, le Conseil français du culte musulman (CFCM) n'a pas réagi. Moi, je dis à tous les responsables musulmans de France : "Prenez vos responsabilités." Il faut appeler un chat un chat. Les islamistes de l'EI portent préjudice à l'ensemble des musulmans.  

Pourquoi ne vous êtes-vous pas exprimé plus tôt? La montée du terrorisme islamiste ne date pas de cet été...

En juin dernier, nous avons organisé à la Mosquée de Lyon avec l'Institut français de civilisation musulmane un séminaire sur la radicalisation et le djihadisme, auquel ont participé des spécialistes et des imams. Mais, comme souvent avec l'islam, cette rencontre a eu très peu d'écho dans les médias. En France, la parole des musulmans est encore loin d'être entendue.  

Quelles suites aura votre communiqué, d'après vous?

J'ai dit ce qu'il fallait dire. J'attends maintenant de ceux qui s'estiment les représentants de la communauté qu'ils se mettent en avant. J'ai lancé l'idée d'un grand rassemblement à Paris, associant l'ensemble des sensibilités musulmanes, pour dire non à l'EI. J'espère qu'il verra le jour.



more...
No comment yet.
Scooped by Jacques Le Bris
Scoop.it!

Les chrétiens d’Irak chassés de Mossoul, première lapidation

Les chrétiens d’Irak chassés de Mossoul, première lapidation | Think outside the Box | Scoop.it
Les chrétiens de Mossoul, une ville contrôlée par les jihadistes de l’État islamique (EI), fuyaient en masse vendredi après un ultimatum de ce groupe ultra-radical leur donnant quelques heures pour quitter les lieux, selon le patriarche chaldéen et des témoins, cités par l’AFP.


(...)

more...
Agriculture and economy's comment, July 20, 2014 9:04 AM
Du courage pour relayer cette info sur un drame, un peu occulté par les medias par rapport à d'autres détresses. En fait, information sur les violences faites au chrétien ne suscitent guère d'émoi, sinon une gêne : comment peut-on être chrétien ?