Et si nos cloisons sortaient d'une imprimante ? | Think outside the Box | Scoop.it

De haut en bas et de gauche à droite : une vue d'ensemble, la partie douche, le concepteur, François Brument et l'espace chambre de l'habitat imprimé.

Photo : In-flexions

 

Demain, il suffira peut-être d'actionner le bouton d'une imprimante pour faire naître des cloisons. Fini le maçon au pied du mur, avec sa truelle. Une révolution est en marche. « De la même nature que celle qui, il y a 150 ans, a permis de fabriquer des objets de manière industrielle », prédit François Brument avec enthousiasme.

Ce designer de 35 ans présentait ce week-end « une première mondiale » au Salon Maison et objet de Paris-Villepinte. Un prototype d'« habitat imprimé » de 15 mètres carrés. C'est une longue vague blanche, qui, d'un côté, cloisonne une chambre et comprend une bibliothèque ; de l'autre, abrite une cabine de douche et même un dressing, en son extrémité. Le fruit de deux ans de travail pour le créateur, soutenu par l'association Via, qui valorise la création et l'innovation dans le secteur de l'aménagement.

Au-delà de l'esthétique, l'originalité de ce module d'habitation vient de ce que la fabrication des éléments (55 au total) a été entièrement programmée par ordinateur : leur texture, leur épaisseur, leur orientation, jusqu'à l'emplacement des étagères, des fils électriques, de la plomberie...

Une fois tous ces paramètres intégrés (des heures de programmation), les pièces ont été sorties sur imprimante 3D. Une machine capable, pour faire simple, de fabriquer des objets par l'agglomération d'un matériau en poudre et d'un liant, par fines couches successives.

François Brument a travaillé avec la plus grande imprimante du monde, abritée par la société allemande Voxeljet. « La seule capable de produire des pièces de grande taille » (4 m de long sur 2 m de large).

 

« On n'est pas dans la science-fiction »

 

Pour l'heure, « Voxeljet produit des moules de fonderie pour l'industrie automobile, mais cette collaboration montre que d'autres débouchés sont possibles. On n'est pas dans la science-fiction », assure le designer, Parisien enseignant en design et fondateur d'In-flexions, un studio de recherche sur la pratique numérique de création d'objets.

Le prototype d'habitat imprimé présenté au Salon de Paris-Villepinte est constitué de modules en polycarbonate (plastique). Mais des essais en béton sont en cours. S'ils s'avèrent concluants, tous les scénarios sont envisageables à partir de cet exemple.

« Comme l'impression de cloisons et leur assemblage sur de vastes plateaux nus, en une semaine. » Dans six mois, six ans ? Difficile à dire. Mais le rêve qu'a le designer de « faire bouger les lignes » a d'ores et déjà des chances de s'imprimer... dans le cerveau des industriels.

Pascale VERGEREAU.