Blogs, Twitter : un député veut que l'Hadopi vous surveille ! | Think outside the Box | Scoop.it
La proposition d'un député UMP laisse songeur : il veut que le rôle de surveillance des réseaux sociaux soit attribué à l'agence Hadopi.

Certains députés UMP éprouvent des sueurs froides devant l'action des réseaux sociaux dans les pays arabes et en Grande-Bretagne, ils sont très inquiets que ces dérives se généralisent en France et qu'elles déclenchent un jour la pagaille.

Conscient que le gouvernement et sa politique subissent une impopularité croissante, le député UMP de la Marne Bruno Bourg-Broc a posé une question au ministre de la Culture et de la Communication le 23 août, afin de connaître sa position sur cette évolution, mais également les actions qu'il envisage pour lutter contre ces dérives avant qu'elles se généralisent. Il propose alors de transformer Hadopi en outil de surveillance du Net.

Voici sa question publiée au JO le : 23/08/2011 page : 8944 :

"M. Bruno Bourg-Broc attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur l'évolution croissante et rapide de l'utilisation des réseaux sociaux par les Français, et tout particulièrement par les jeunes. En effet, les réseaux sociaux, florissants, sont devenus de véritables outils d'intégration sociale, attirant et incitant de plus en plus de jeunes à s'inscrire sur ces différents réseaux souvent gratuits et donc largement accessibles à tous. Ils sont de véritables outils pour la liberté d'expression. Malheureusement, ils sont également détournés en outils de propagandes pour certains groupuscules et, malgré la possibilité de signaler les pages aux réseaux, ces pages continuent à exister et à être lues par des jeunes facilement manipulables. On constate le peu de prévention faite quant aux dangers de ces réseaux sociaux, qui détruisent la vie de certaines personnes, qui peuvent inciter à la violence, et à certains « conflits » qui se finissent parfois dans la rue. De plus, il est constaté que la police reçoit de plus en plus de plaintes en rapports avec ces réseaux sociaux. De nombreux délits sont commis chaque jour par des jeunes, inconscients de ce qu'ils font. C'est la raison pour laquelle il souhaiterait connaître sa position sur ces évolutions mais également les actions envisagées pour lutter contre ces dérives avant qu'elles se généralisent, et savoir si ce rôle de surveillance et de prévention peut être attribué à l'agence Hadopi."

Alors c'est rapidement l'effervescence sur la Toile. Mais les députés UMP veillent, et ils sont conscients du danger que la révélation de cette question au ministre de la Culture et de Communication peut déclencher, surtout en période électorale. Alors, il apparaît sur ces fameux réseaux sociaux une réaction immédiate.

C'est Laure de la Raudière, députée d'Eure-et-Loir et Secrétaire Nationale UMP en charge du Numérique, qui tire la première salve sur son compte Twitteur. Elle poste un message vers 16 heures en ces termes : "J'ai un collègue député qui demande la surveillance des réseaux sociaux... :(( J'aurai préféré qu'il reste en vacances."

 

Puis elle précise sa pensée dans un deuxième message : "Mais je vous rassure : la surveillance des réseaux sociaux n'est pas -mais pas du tout- à l'ordre du jour." (2). Et de poursuivre :"Eh oh, ce n'est pas parce qu'un député a l'idée (saugrenue) de surveillance des réseaux sociaux que "paf", elle devient une loi. Ouf." (3).

Ensuite, elle publie sur son compte Twitteur le message d'un internaute "PMerkap" qui se présente comme "constructeur de business" et qui écrit : "C'est probablement plus par ignorance que par détermination profonde"

Alors Laure de la Raudière lui répond, très critique vis à vis de son collègue Bruno Bourg-Broc : "Oui, c est certain...".

Ensuite c'est le silence durant une heure, puis un nouveau Tweet arrive : "Tél avec le collègue député #réseauxsociaux... A juste posé une question au ministre. Veut clairement pas aller plus loin. #Affaireclose"

 

Affaire close dit-elle ?

Ce n'est pas si sûr car le député Bruno Bourg-Broc a sûrement été conforté dans son opinion en lisant les Twitts de sa collègue, et il y a fort à parier qu'il n'en restera pas là !

De toute façon on connaît la façon de procéder de ce gouvernement : on lance une idée soit dans la presse, soit sur la Toile et puis après on attend que l'idée fasse son chemin doucement dans la tête de la populace et des autres députés. Ensuite on légifère !