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Propagande de guerre : 5 principes

Invité vendredi 6 septembre dans un numéro de « Ce soir ou jamais » consacré au thème « Intervenir ou pas en Syrie : le dilemme ! », le journaliste belge Michel Collon rappelle quelques grands principes de la propagande de guerre que subissent actuellement les populations occidentales, dont la française :

1) cacher les intérêts,

2) cacher l’histoire – il rappelle au passage que Roland Dumas a été sollicité par le Royaume-Uni, il y a deux ans, pour participer à « quelque chose contre la Syrie »,

3) diaboliser l’adversaire,

4) donner à l’intervention un habillage humanitaire et diplomatique,

5) monopoliser le débat sur les grands médias et empêcher les adversaires de s’exprimer. « Si on veut une humanité solidaire et sans guerre, il faut voir qui provoque les guerres », attaque-t-il.

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DRONES – « On vient de tuer le gamin ? »

DRONES – « On vient de tuer le gamin ? » | Think outside the Box | Scoop.it

 

C'est un glaçant récit de guerre, mais dont les acteurs n'ont jamais foulé les champs de bataille. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a combattu enfermé dans un container de la taille d'une caravane, au fin fond des Etats-Unis. "Il suffisait qu'il presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu'un homme meure à l'autre bout de la planète" résume le journaliste du quotidien allemand Der Spiegel dans cette captivante enquête sur les pilotes de drones dont Courrier international propose une version française cette semaine.

On y découvre l'autre visage de la guerre moderne, "invisible", à qui "la distance ôte de sa gravité". "La guerre nouvelle se veut plus précise que l’ancienne, écrit le journaliste. Pour cela, beaucoup la disent 'plus humaine'." C'est cette conception qu'interroge le témoignage, rare, du jeune soldat.

Agé de 27 ans, Brandon Bryant revoit encore précisément les montagnes afghanes avec ses sommets enneigés et ses vallées verdoyantes qui lui rappelaient son Montana natal. Il les observait à 10 000 kilomètres de distance. Extrait :

Ce jour-là, dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche […]. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. "Les secondes s’écoulent au ralenti'", se souvient Brandon aujourd’hui. […] A cet instant, Brandon peut encore détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. […] Brandon voit une lueur sur l’écran – l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué.

"On vient de tuer le gamin ?" demande-t-il à son collègue assis à côté.

"Je crois que c’était un gamin", lui répond le pilote. […]

C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : "Non, c’était un chien."

Ils se repassent l’enregistrement une nouvelle fois. Un chien sur deux jambes ? Lorsque Brandon Bryant sort de son container ce jour-là, le cœur de l’Amérique profonde s’étale devant lui : l’herbe drue de la steppe à perte de vue, des champs, l’odeur du lisier. […] Une guerre est en cours.

Le responsable de la force d'intervention drones au sein de l'US Air Force préfère évoquer l'usage humanitaire des drones après le tremblement de terre en Haïti, les succès contre les forces de Kadhafi en Libye et l'appui aérien aux troupes terrestres en Afghanistan, affirmant : "Nous sauvons des vies." Devant le journaliste, le commandant jure "n'avoir vu mourir que des combattants". 

Brandon, lui, affirme qu'en six ans dans l'US Air Force il a "vu mourir des hommes, des femmes et des enfants" et que jamais il n’aurait imaginé tuer tant de gens.

Marqué par les scènes terribles auxquelles il assiste en direct, malgré la distance, il finit par ne plus supporter son "cockpit" du Nouveau-Mexique. Il rêve en "infrarouge", ne dort plus la nuit, répond à ses supérieurs. Dans son journal intime, il écrit : "Sur le champ de bataille, il n’y a pas de belligérants, juste du sang, la guerre totale. Je me sens tellement mort. Je voudrais que mes yeux se décomposent." 

Un jour, il s'effondre au bureau, crache du sang. Les médecins du département des anciens combattants diagnostiqueront un syndrome post-traumatique. "L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu", écrit le journaliste.

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