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L'épreuve de vérité-Jean-Luc Mélenchon : Hollande v Poutine 

« Nous sommes totalement alignés sur les Etats-Unis d’Amérique, nous courons devant, et c’est une attitude qui n’est pas du tout conforme aux intérêts de la France », a ajouté Jean-Luc Mélenchon, parlant aussi du président de la République comme de la « risée de l’univers » et du « petit répétiteur » des Etats-Unis. « Je désapprouve absolument ce qu’il est en train de faire, qui est totalement contraire aux intérêts de la France », a-t-il encore déclaré dans l’émission L’épreuve de vérité sur Public Sénat.

>> A lire aussi : Comment Poutine a imposé son tempo à Hollande

« Ce n’est pas de cette manière qu’on fait avancer la paix »

Vladimir Poutine a annulé lundi une visite prévue de longue date à Paris, après des déclarations à la télévision française de François Hollande, qui a dit se « poser la question » de recevoir le président russe, en raison des « crimes de guerre » commis par le régime de Bachar al-Assad à Alep avec le soutien de l’aviation russe. Le président français a aussi souligné que « ceux qui commettent ces actes auront à en payer la responsabilité, y compris devant la Cour pénale internationale (CPI) ».

>> A lire aussi : La proposition du FN sur les parrainages? Un «bobard» selon Mélenchon

« Ce n’est pas de cette manière qu’on fait avancer la paix (…) Surtout en menaçant monsieur Poutine de l’envoyer au Tribunal pénal international », a commenté Jean--Luc Mélenchon. Le cofondateur du PG conteste-t-il la notion de « crime de guerre imputable à la Russie » ? « Tout ça, ce sont des bavardages », a-t-il répondu.

« Des modérés d’Al-Qaeda qui ont assassiné les rédacteurs de "Charlie Hebdo" »

« Nous allons commencer par dire que nous n’aimons pas les bombardements ni vous ni moi (…) la guerre est toujours sale, elle est horrible, elle est abominable. Les bombardements des Saoudiens au Yemen sont abominables, les bombardements sur les civils quels qu’ils soient sont abominables », a-t-il poursuivi, alors que l’offensive militaire lancée par le régime syrien à Alep a provoqué la mort de nombreuses victimes civiles.

« Nous parlons de la zone Est d’Alep. Qui est tenue par qui ? (…) des modérés, des modérés d’Al-Qaeda qui ont assassiné les rédacteurs de Charlie Hebdo. Vous tenez à tout prix à trier entre les victimes ? », a demandé Jean-Luc Mélenchon, qui a aussi fustigé le silence de l’occident sur le « massacre » des Kurdes.

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Lettre ouverte aux Français, ou comment neutraliser la terreur par un continuum moral, psychique et physique

Lettre ouverte aux Français, ou comment neutraliser la terreur par un continuum moral, psychique et physique | Think outside the Box | Scoop.it

Je vous adresse cette lettre ouverte bien que je ne sois pas Français. Cependant ma famille et moi-même respectons profondément les valeurs de votre nation. Mes enfants sont scolarisés dans des écoles françaises en Australie, à Melbourne, et ma femme a une maîtrise de littérature française. Nous avons commémoré le 19 juillet en Australie le centenaire de la bataille de Fromelles, vous savez que les Australiens se sont toujours tenus aux côtés des Français pour défendre les valeurs de respect d'autrui et de tolérance au fondement de votre société -la vraie religion de votre pays. Bien que nous soyons séparés par la distance géographique, nous sommes liés par notre volonté de comprendre la façon de penser de notre ennemi et son aptitude à transformer nos forces en faiblesses, enjeu du combat post-moderne qui se déroule actuellement sur la scène internationale.

 

Une nouvelle génération de guerre asymétrique

L'attaque de Nice est un exemple de la capacité d'adaptation, d'improvisation et de synthèse des terroristes dans la mouvance du djihadisme salafiste, dans cette nouvelle génération de guerre asymétrique. La date même à laquelle s'est produite l'attaque exploite un moment de faiblesse. Or, exploiter la faiblesse de son ennemi dans le contexte d'un environnement conflictuel et concurrentiel participe de ces techniques de guerre asymétrique. Il ne s'agissait pas tant de choisir un soir de feu d'artifice que d'inscrire l'événement au moment où la France se dirigeait vers la sortie de l'état d'urgence. Ils savaient pertinemment que la France commençait à relâcher sa vigilance le jour de la fête nationale, symbole de la liberté.

 

L'objectif est de détruire la confiance que nous avons dans nos propres systèmes de valeurs

L'une des enseignantes de mon fils, professeure d'histoire et citoyenne française, se demande maintenant ce qui ne va pas en France. Elle commence à éprouver un état d'entropie porté à son plus haut point et se demande si ce qui surgit à l'heure actuelle n'est pas de la faute de la France. Non! C'est exactement ce qu'ils veulent que vous pensiez. Nous avons affaire désormais à un nouveau paradigme guerrier où il s'agit d'éviter d'affronter nos forces armées pour au contraire nous attaquer de l'intérieur; l'objectif est de détruire la confiance que nous avons dans nos propres systèmes de valeurs. La France ne serait plus la France si elle restreignait les libertés. Et même si la France restreignait les libertés, croit-on que les terroristes cesseraient pour autant de passer à l'action? Ce cancer moderne de notre société ne doit pas remettre en question le contrat social tel que l'avait envisagé Rousseau.

 

Le terrorisme "à monter soi-même", une stratégie mondiale

Le caractère civil de l'attentat, en termes de victimes et par les méthodes employées, est moralement et psychologiquement extrêmement perturbateur, il est source d'entropie pour la société, pour les organismes de sécurité et pour la réflexion sur le renforcement des lois. Cette version du terrorisme "à monter soi-même" qui se répand aujourd'hui fait partie d'une stratégie mondiale. À peine avons-nous saisi la nature et démantelé les réseaux responsables d'un attentat que de nouveaux terroristes se sont déjà improvisés, qu'ils se sont déjà adaptés, qu'ils ont évolué afin d'organiser une nouvelle attaque localisée dont les répercutions seront mondiales. Parce que les touristes venaient de différents pays, le bilan des victimes s'inscrit lui aussi dans la perspective de la mondialisation. William Lind, dans son article publié en 1989, Le visage changeant de la guerre: à l'intérieur de la guerre de quatrième génération, avait pressenti et décrit cette guerre asymétrique livrée à l'intérieur de notre système civil et social. Il n'y a pas de ligne de front que l'on puisse attaquer en réponse aux attentats. La France et ses alliés internationaux doivent prendre conscience que cette forme de guerre se met en place dans un continuum moral, psychique et physique; et comme le Général McChrystal l'affirme dans Team of Teams, il s'agit d'un phénomène complexe. Par conséquent, il convient de chercher des réponses adaptées en s'éloignant de nos prévisions.

 

Pour ceux qui sont influencés par l'État Islamique, le Califat est en eux: "Nous sommes tous Oussama"

Lorsque je travaillais en Afghanistan dans des zones sous influence talibane, il m'est apparu clairement que pour un Afghan de cette région, l'importance de devenir un taliban n'était pas liée à des considérations matérielles. Même si un jeune villageois ou un moudjahidine expérimenté pouvaient perdre leur vie. Tout au contraire, devenir taliban est un état d'esprit. Détruire le territoire aux mains de l'État Islamique est important, mais parallèlement les gouvernements devraient déployer des moyens qui nous permettent de neutraliser le Califat dont l'idéologie s'instille dans l'esprit des apprentis terroristes qui vivent parmi nous. Comme l'a déclaré récemment le fils aîné d'Oussama Ben Laden: "Nous sommes tous Oussama".

Pour ceux qui sont influencés par l'État Islamique, le Califat est en eux. Nous devons cesser d'être surpris qu'un individu agisse seul, ou qu'il n'ait pas de connexion avec l'État Islamique ou Al-Qaïda. L'uberisation avait été prédite comme l'avenir du terrorisme par l'un des plus importants stratèges d'Al-Qaïda, Abou Moussab al-Souri, dans son Appel à la Résistance islamique mondiale, un guide du djihad de 1600 pages. Tout ne se passe pas en fait comme s'ils avaient gardé leurs intentions secrètes. Contrer l'extrémisme violent et mettre en place des programmes de déradicalisation en France et dans les autres pays européens sont des approches qu'il nous faut développer pour faire face à ce défi moral, idéologique et psychologique complexe.

Il faut que la France et ses alliés élaborent un discours dont la structure narrative pénètre l'imagination et les constructions psychologiques des terroristes afin de les rendre inopérantes. La France peut être à l'initiative de cette stratégie. Il faudrait aussi stigmatiser les principaux responsables comme on stigmatise les pédophiles, les auteurs de violences conjugales ou d'actes racistes; il conviendrait de mettre en place dans nos sociétés une structure sociale et un système de valeurs qui conduirait ces psychopathes influençables à penser qu'il n'y aura pas de paradis dans l'au-delà. Il n'y aura pas de vierges. Ils seront traités en parias, rejetés même de la communauté musulmane, ici et maintenant et dans l'au-delà. Il est davantage possible que l'on parvienne à neutraliser une menace qui présente des ruptures dans le continuum moral, psychologique et physique si un plan stratégique modulable est adopté.

Il est presque impossible pour les services de police et de sécurité de prévoir où aura lieu le prochain attentat. Le coût financier de ce type de vigilance n'est pas plus supportable qu'acceptable. Par ailleurs, les pays occidentaux ont tendance à traiter les problèmes complexes en leur superposant des processus complexes. Le terrorisme actuel, qui est une forme moderne de mouvement révolutionnaire, est un problème complexe, et on ne peut pas se satisfaire si on veut le réduire à néant d'un procédé d'analyse linéaire conçu pour des systèmes compliqués et prévisibles.

 

Un cadre stratégique modulable est mieux adapté aux défis complexes

Un cadre stratégique modulable est mieux adapté aux défis complexes. Il permettrait de consolider une action protéiforme fondée sur l'existence de réseaux, susceptible de mettre en œuvre des stratégies innovantes. Une telle démarche pourrait permettre de résorber les "zones grises" dans lesquelles les terroristes opèrent et de bloquer le mode opératoire psychopathe qu'ils adoptent. L'annonce faite par les pirates informatiques les Anonymes ("Anonymous") de traquer les réseaux internet de l'État Islamique en est un bon exemple. Une autre possibilité serait que les représentants officiels de l'islam déclarent depuis les Émirats Arabes Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, l'Indonésie, la Malaisie et bien évidemment la France que tous ceux qui sympathisent, soutiennent ou diffusent l'idéologie terroriste deviendraient des takfir, c'est-à-dire qu'ils seraient excommuniés. Ce défi est l'affaire de tous et certaines solutions peuvent prêter à controverse. Par exemple, qu'en est-il de ces quartiers où les terroristes naissent et nagent comme des poissons dans l'eau? Il ne peut plus y avoir de zones de non-droit. Grâce au soutien de moyens financiers, à la présence renforcée des services de sécurité et des services de renseignement, grâce au renforcement des lois, la France peut développer des stratégies adaptées à la complexité mouvante des conflits terroristes.

Il ne faut pas attendre d'une démarche stratégique modulable qu'elle prévoie les attentats, en revanche les forces de police et les services de sécurité seront mieux préparés et pourront par conséquent, en adoptant une attitude proactive, anticiper ou riposter rapidement aux attaques terroristes. Le fait est qu'il nous faut encore définir le milieu qui forgera cette façon de penser et lui permettra de s'épanouir. De surcroît, ce mouvement insurrectionnel, à l'instar des autres, reçoit le soutien de personnes qui vivent au sein de notre société, la France vient de prendre brutalement conscience de cette réalité incontournable.

Ce conflit est un conflit mondialisé qui s'appuie sur l'existence de réseaux et qui va continuer à évoluer, à s'adapter et à se régénérer. En ce moment même, un groupuscule ou un individu isolé réfléchit pour savoir comment fomenter le prochain attentat. Nous avons affaire à un ennemi qui voit dans les principes démocratiques de la France et dans les libertés une faiblesse qu'il peut exploiter, il sait que ces principes le protégeront.

Les frappes ciblées contre l'État Islamique en Syrie et en Irak ne sont qu'un aspect d'une stratégie globale. Il faut également que cette idéologie, psychopathe et contraire aux fondements de l'Islam, soit neutralisée par une série d'actions coordonnées reposant sur des techniques de guerre asymétriques qui désorientent l'ennemi, et inscrites dans une stratégie à long terme et diversifiée dont le but sera d'amener le terrorisme à s'immoler, ou à s'effondrer sur lui-même. Mais il faut, pour y parvenir, "remettre de l'ordre dans les esprits", comme l'écrivait T.E. Lawrence, ce qui suppose qu'une nouvelle génération de "résolveurs" de problèmes complexes prenne le devant de la scène. La France peut ouvrir la voie de cette nouvelle stratégie à laquelle le reste du monde se ralliera. Nous sommes prêts à l'y aider.

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Propagande de guerre : 5 principes

Invité vendredi 6 septembre dans un numéro de « Ce soir ou jamais » consacré au thème « Intervenir ou pas en Syrie : le dilemme ! », le journaliste belge Michel Collon rappelle quelques grands principes de la propagande de guerre que subissent actuellement les populations occidentales, dont la française :

1) cacher les intérêts,

2) cacher l’histoire – il rappelle au passage que Roland Dumas a été sollicité par le Royaume-Uni, il y a deux ans, pour participer à « quelque chose contre la Syrie »,

3) diaboliser l’adversaire,

4) donner à l’intervention un habillage humanitaire et diplomatique,

5) monopoliser le débat sur les grands médias et empêcher les adversaires de s’exprimer. « Si on veut une humanité solidaire et sans guerre, il faut voir qui provoque les guerres », attaque-t-il.

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La République au milieu du village

La République au milieu du village | Think outside the Box | Scoop.it

« Nous sommes en guerre ! » Répétée 1000 fois depuis l’attaque du 13 novembre, cette sentence conditionne désormais la totalité de la réponse d’Etat aux attaques terroristes perpétrées sur notre sol. Pourtant, nous voyons bien que loin de la logique militaire qui nous pousse à bombarder l’Etat Islamique en Syrie, en Irak et en Libye, le profil des assaillants et les techniques qu’ils utilisent pour nous frapper en France, échappent totalement à nos codes traditionnels de lecture et d’analyse.

Si ceci était une guerre au sens traditionnel du terme, il suffirait de désigner l’ennemi, former nos bataillons et les affronter jusqu’à la victoire. C’est d’ailleurs ce que nous faisons au Moyen-Orient et ce, en pure perte, d’abord parce que pendant que nous affaiblissons L’Etat Islamique, nous laissons prospérer Al-Nosra, et ensuite parce que nous continuons à nourrir la fabrique islamiste gavée aux petro-dollars.

Par ailleurs, croire que nous pourrons gagner la guerre contre le terrorisme en déversant des milliers de tonnes de bombes sur le Moyen Orient c’est oublier un peu vite que c’est sous 30 ans de déluge de feu en Afghanistan puis en Irak que le salafisme djihadiste désormais international est né.

Ce réflexe bombardier quasi pavlovien est la manifestation d’une doctrine internationale qui doit plus à OSS 117 qu’à Clausewitz et qui prouve la médiocrité de notre vision du monde et de la diplomatie qu’elle induit.

Nos aventures irakiennes, afghanes, libyennes et maintenant syriennes sont autant de fiasco qui nous renvoient à une dimension utilitaire et énergétique de la diplomatie et que nous payons finalement un prix exorbitant quand il s’agit de compter les cadavres qui jonchent désormais le sol de nos rues et non plus seulement celles de Bagdad ou Kaboul.

A force de tergiversations commerciales, à force d’accommoder des intérêts contradictoires, à force de vouloir marier tous les antagonismes, à force d’avoir tourné le dos à la Méditerranée pour embrasser les monarchies du golfe persique, nous avons perdu les repères qui avaient fondé la paix civile sur notre territoire et une doctrine diplomatique qui nous permettait d’incarner une voie/voix singulière dans le concert des nations. Tant que se succèderont au Quai d’Orsay comme à l’Elysée des représentants de commerce plus soucieux du prochain contrat d’armement que des équilibres géopolitiques des zones où servent nos armes, nous continuerons à subir les effets boomerang de nos visions d’experts comptables.

Nous ne combattons ni un Etat, ni une armée, nous sommes face à une idéologie basée sur l’interprétation paranoïaque d’un texte subitement transformé en manifeste politique, comme cela a d’ailleurs déjà été le cas dans l’Histoire des religions à livre. Cette doctrine attire en priorité les jeunes musulmans, qu’ils pratiquent ou pas, et qui cherchent un sens à une existence qui n’en a plus aucun, voyant dans le martyre une forme ultime d’héroïsme qui fonderait leur salut éternel.

Les dernières attaques de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray démontrent qu’il n’y a pas d’armée structurée, pas de division lourdement équipée, seulement des neo-terroristes, peu organisés, peu armés, qui se préparent dans l’ombre de leur esprit macabre. Perdu devant cet ennemi qui ne dit pas son nom, notre classe politique, au pied du mur en ruines qu’elle a patiemment détruit depuis plus de 30 ans, s’agite et s’excite, cherchant fébrilement la solution dans des réformes constitutionnelles inutiles, des lois d’exception indignes ou un état qui n’a d’urgence que celle de sa propre faillite.

Pourtant, loin des grandes manœuvres liberticides ou des plans tout sécuritaires, Les solutions existent et elles se trouvent exactement au cœur du modèle que nous avons fondé sur deux siècles de République avant de le brader au mercantilisme et au capitalisme le plus offrant, oubliant ce qui fonde l’essentiel d’une vie et finalement d’une nation en commençant par les racines que personne ne peut piétiner, d’où qu’on vienne, l’autorité parentale qui forme le socle du contrat social, l’instruction républicaine et les valeurs centrales de cohésion qu’elle insuffle, l’espoir de vivre mieux demain qu’aujourd’hui, le respect de la justice et enfin la crainte de la sanction.

Inutile d’aller chercher dans d’autres régimes politiques la voie droite sur laquelle nous pourrions mettre tout le monde au pas retrouvé d’un pays soudainement ligoté par sa propre peur, inutile de continuer à hurler à la guerre, inutile de nous enfermer dans le carcan d’un régime subitement pétrifié par la recherche de la sécurité, la solution est là où elle a toujours été, au cœur de la République mise au centre du village, en commençant par ramener toutes les religions à leur place, dans la sphère privée et nulle part ailleurs. Il est à ce titre important de souligner que si l’Islam va devoir reculer pour trouver la bonne distance dans un pays farouchement attaché aux attributs de sa liberté, il faudra que chacune des autres religions accepte de faire le même trajet, car même si elle puise ses racines dans la chrétienté, la France n’est pas Chrétienne, elle est laïque.

Pour que la République retrouve la force dont elle a besoin, il faut la remettre sur ses pieds, en commençant par redonner aux policiers et aux gendarmes les moyens de faire respecter la loi sans d’ailleurs avoir besoin d’en créer de nouvelles, donnons aux juges les moyens de dire le droit, donnons à l’administration pénitentiaire tous les moyens de faire appliquer les sentences, toutes les sentences, et en particulier les premières, et surtout, surtout, donnons à l’instituteur public les moyens d’enseigner ce qui fonde la République laïque, démocratique et sociale, c’est à dire la langue et la discipline qu’elle exige.

Si une guerre est à gagner, c’est celle qui nous oppose à notre propre incapacité d’incarner de nouveau le modèle que nous avons créé, en respectant ce qui en fait la colonne vertébrale, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. » Si nous ne sommes pas capables de nous ranger derrière la République protectrice de chacun en lui rendant nos devoirs, alors les communautés finiront de se dresser les unes contre les autres et nous aurons vraiment la guerre dont nous ne cessons de parler.

 

@xavier_alberti

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Dessiner Mahomet? "Avec des explications", répond Plantu à des collègues

Dessiner Mahomet? "Avec des explications", répond Plantu à des collègues | Think outside the Box | Scoop.it
"On est au tout début de la guerre contre les fondamentalismes, mais surtout au début d'une bataille pédagogique, éducative", raconte le caricaturiste parisien Plantu.


Face à des caricaturistes chypriotes intrigués par l'insistance de Charlie Hebdo à épingler Mahomet, le dessinateur français Plantu a défendu la liberté d'expression des artistes, estimant qu'une "longue bataille pédagogique" sera nécessaire pour faire comprendre ce type d'image.

Lors d'un débat organisé samedi par son association Cartooning for Peace (Dessins pour la Paix), le caricaturiste du quotidien Le Monde a échangé avec des dessinateurs chypriotes grecs et turcs, après l'attentat qui a décimé le 7 janvier la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, mené par deux frères jihadistes disant agir en représailles aux caricatures du prophète Mahomet publiées par ce journal.

Mustafa Tozaki, caricaturiste chypriote turc, s'interroge: "Si tu te moques du symbole d'une religion, comme Mahomet ou Jésus, tu blesses des millions de gens, ça sert à quoi? Moi, j'ai trop de problèmes dans mon pays pour m'occuper de religion". Ses dessins quotidiens sont surtout alimentés par la politique intérieure - la division de l'île, l'occupation turque, les jeux d'influence des puissances étrangères attirées par le gaz.

"Tous les artistes ont tous les droits de s'exprimer et de raconter ce qu'ils ont envie de faire partager", rétorque Plantu.

"Mais ce n'est pas suffisant. Il faut savoir qu'il peut y avoir derrière la porte ou au coin de la rue des gens qui ne comprennent rien aux images, et donc on a un travail pédagogique, national, européen et international, à faire, avec les premiers fantassins de la démocratie, les professeurs, instituteurs et institutrices", déclare-t-il.

A Chypre Nord, partie sous occupation turque et majoritairement musulmane de l'île, un journal a reproduit sans incident la Une du journal satirique français publiée une semaine après l'attentat avec un Mahomet la larme à l'oeil portant l'affiche "Je suis Charlie".

Mais dans le monde musulman, du Niger au Pakistan en passant par l'Algérie, des milliers de manifestants ont protesté ces derniers jours, parfois violemment, contre la nouvelle caricature du prophète. Les violences au Niger ont fait dix morts en deux jours.

"On est au tout début de la guerre contre les fondamentalismes, mais surtout au début d'une bataille pédagogique, éducative", insiste le caricaturiste parisien.

Se fixer des limites 

Dans la République de Chypre, hellénophone et très majoritairement orthodoxe, "on peut faire des dessins de Jésus ou de qui on veut", dit Atan, caricaturiste du journal Politis, tout en critiquant la publication de caricatures de Mahomet.

"Nous devons avoir des limites. J'essaie par exemple d'éviter certaines images, telles que la crucifixion ou la Cène. Je les utilise parfois, comme métaphore politique (...) mais quand j'ai une alternative, je les évite, car je ne veux pas choquer quelqu'un avec une référence religieuse".

En revanche, tous les coups sont permis pour critiquer l'ennemi turc, y compris dénoncer les violations de la liberté d'expression en Turquie par un dessin du président turc Erdogan en jihadiste prêt à décapiter un otage portant l'insigne "presse".

Plantu, épinglé dans le dernier Charlie Hebdo par une pancarte "Je suis Charlie, mais" en raison de son interprétation moins radicale de la liberté d'expression, prend des précautions pour représenter les religions: distinguer le fondamentaliste du croyant moyen, ou représenter les trois religions monothéistes quand il pointe du doigt un travers commun.

Mais lorsque ses interlocuteurs critiquent les dessins plus provocateurs de Charlie Hebdo, il estime urgent d'expliquer "que ces dessinateurs n'ont pas voulu humilier telle ou telle religion, ils ont juste voulu faire des blagues sur des dessins".

Plantu envisage d'ailleurs de se rendre au Pakistan cette semaine, voyage prévu de longue date avec son association, si la situation sécuritaire le permet.

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DRONES – « On vient de tuer le gamin ? »

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C'est un glaçant récit de guerre, mais dont les acteurs n'ont jamais foulé les champs de bataille. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a combattu enfermé dans un container de la taille d'une caravane, au fin fond des Etats-Unis. "Il suffisait qu'il presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu'un homme meure à l'autre bout de la planète" résume le journaliste du quotidien allemand Der Spiegel dans cette captivante enquête sur les pilotes de drones dont Courrier international propose une version française cette semaine.

On y découvre l'autre visage de la guerre moderne, "invisible", à qui "la distance ôte de sa gravité". "La guerre nouvelle se veut plus précise que l’ancienne, écrit le journaliste. Pour cela, beaucoup la disent 'plus humaine'." C'est cette conception qu'interroge le témoignage, rare, du jeune soldat.

Agé de 27 ans, Brandon Bryant revoit encore précisément les montagnes afghanes avec ses sommets enneigés et ses vallées verdoyantes qui lui rappelaient son Montana natal. Il les observait à 10 000 kilomètres de distance. Extrait :

Ce jour-là, dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche […]. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. "Les secondes s’écoulent au ralenti'", se souvient Brandon aujourd’hui. […] A cet instant, Brandon peut encore détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. […] Brandon voit une lueur sur l’écran – l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué.

"On vient de tuer le gamin ?" demande-t-il à son collègue assis à côté.

"Je crois que c’était un gamin", lui répond le pilote. […]

C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : "Non, c’était un chien."

Ils se repassent l’enregistrement une nouvelle fois. Un chien sur deux jambes ? Lorsque Brandon Bryant sort de son container ce jour-là, le cœur de l’Amérique profonde s’étale devant lui : l’herbe drue de la steppe à perte de vue, des champs, l’odeur du lisier. […] Une guerre est en cours.

Le responsable de la force d'intervention drones au sein de l'US Air Force préfère évoquer l'usage humanitaire des drones après le tremblement de terre en Haïti, les succès contre les forces de Kadhafi en Libye et l'appui aérien aux troupes terrestres en Afghanistan, affirmant : "Nous sauvons des vies." Devant le journaliste, le commandant jure "n'avoir vu mourir que des combattants". 

Brandon, lui, affirme qu'en six ans dans l'US Air Force il a "vu mourir des hommes, des femmes et des enfants" et que jamais il n’aurait imaginé tuer tant de gens.

Marqué par les scènes terribles auxquelles il assiste en direct, malgré la distance, il finit par ne plus supporter son "cockpit" du Nouveau-Mexique. Il rêve en "infrarouge", ne dort plus la nuit, répond à ses supérieurs. Dans son journal intime, il écrit : "Sur le champ de bataille, il n’y a pas de belligérants, juste du sang, la guerre totale. Je me sens tellement mort. Je voudrais que mes yeux se décomposent." 

Un jour, il s'effondre au bureau, crache du sang. Les médecins du département des anciens combattants diagnostiqueront un syndrome post-traumatique. "L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu", écrit le journaliste.

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