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Une chaire d'économie "Bernard Maris" à l'UNESCO

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Anne Hidalgo lors de l'inauguration de la chaire Bernard Maris


L'Unesco a inauguré vendredi à Paris une chaire Economie et société du nom de Bernard Maris, "Oncle Bernard" de France Inter, économiste tué le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo.

 

Dans cette semaine d'hommage aux victimes des attentats de janvier, Bernard Maris n'a pas été oublié. Ce vendredi, une chaire UNESCO a été inaugurée à l'Hôtel de ville de Paris, en l'honneur de cet économiste, écrivain et journaliste "Oncle Bernard", tué dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

"Cette chaire célèbre la puissance du savoir sur l'obscurantisme", a déclaré Anne Hidalgo, maire de Paris

 

https://tcplayer.radiofrance.fr/tc-player/share/fo-1690315


Plusieurs centaines de personnes ont assisté à l'inauguration de cette chaire unique au monde. Ouverte aux chercheurs, elle le sera aussi aux citoyens pour sortir les sciences économiques du cercle des initiés et mettre de la démocratie dans cette discipline. D'ailleurs, 20 personnes doivent être sélectionnées, d'ici le 29 janvier, pour participer une grande conférence de citoyens sur l'économie qui se déroulera de février à avril.

Pour vous inscrire à cette conférence de citoyens sur l'économie, rendez-vous sur www.chairebernardmaris.alliss.org

 

par Benjamin Illy

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L’économiste Joseph Stiglitz : "La France torpille son avenir "

Le prix Nobel 2001 critique la politique économique de François Hollande et appelle à une réforme de la zone euro : "La monnaie unique pourrait disparaître".

 Sur la politique économique de la France : "Pour stimuler l’économie, il faut dépenser plus. Pour moi, cette stratégie de l’investissement dans l’avenir (…) est la seule manière d’avoir une croissance durable à l’avenir. Avec les politiques d’austérité que vous avez et qui mènent à 12% de chômage, vous êtes en train de torpiller l’avenir de la France".

Sur la zone euro : "La monnaie unique pourrait disparaître. Un euro à plusieurs vitesses pourrait apparaître. Il y a des façons de sortir de l’euro tranquillement qui n’auraient pas trop d’effets négatifs et qui amèneraient à une reprise plus rapide de l’Europe, et la diviseraient moins (…) Peut-être que la seule façon de sauver l’Europe, c’est de laisser disparaître l’euro".


https://tcplayer.radiofrance.fr/tc-player/fo-1631871?type=interne#


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Cinq idées pour une économie au service du bien-être et de d’environnement

Cinq idées pour une économie au service du bien-être et de d’environnement | Think outside the Box | Scoop.it

Pour entrer dans l'ère de l'économie circulaire et des énergies renouvelables, Corinne Lepage et Jeremy Rifkin ont rendu un rapport à la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal. Voici une sélection de ses ingrédients les plus percutants.

 

Ni nucléaire, ni pétrole, ni charbon. Priorité au local, au citoyen et à l’innovation. Le tout grâce au renfort du numérique : telle est la recette de ce que pourrait être « L’économie du nouveau monde » dépeinte, à travers un rapport du même nom, par l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, à l’actuelle occupante du poste, Ségolène Royal. Lors de la présentation de ce document, le 24 juin dernier, son auteure, également avocate de l’environnement, était épaulée par l’économiste américain Jérémy Rifkin. Une manière d’inscrire ce « nouveau monde » dans la « troisième révolution industrielle » à base d’énergies renouvelables que l’essayiste prédit et teste actuellement dans le Nord Pas-de-Calais. Mais pour atteindre cette « économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, relocalisée et au service de l’humain », comment faire ? Le rapport, qui prône un rééquilibrage de la fiscalité, présente 100 mesures, plus ou moins développées, à mettre en œuvre. Afin de donner une idée de l’esprit du texte, signé par le mouvement des Acteurs du nouveau monde, Terra eco a pioché cinq idées.

 

1. Une TVA incitative pour le bio et les produits de l’économie circulaire

Dans un monde idéal, votre biscuit à l’huile de palme coûterait plus cher que le même biscuit issu de l’agriculture bio et de proximité. Sauf que voilà, « nous vivons aujourd’hui dans un système stupide, totalement débile, qui fait que plus nous nous comportons mal, moins on paie » , s’emporte Corinne Lepage. Autrement dit, « l’absence de prise en compte des externalités encourage systématiquement ce qui nuit au bien commun et décourage ce qui lui est favorable », souligne le rapport. En clair, les coûts des effets néfastes d’une production sur la santé, l’environnement ou le climat ne sont jamais répercutés sur son prix. Pour y remédier, le rapport plaide pour l’instauration d’une « TVA favorisant les offres à faible externalité ». En s’inspirant da la réforme fiscale suédoise, il préconise une TVA réduite à 5,5% sur les produits bios et issus de l’économie circulaire et à 10% pour les autres produits bios. Un système qui permettrait au final « de ne pas reporter systématiquement le surcoût d’une offre responsable sur le consommateur ». Ainsi, in fine, l’acheteur d’un produit éthique « payerait quasiment le même prix, voire moins ». Cette proposition fait écho au dernier rapport du Club de Rome qui suggère de taxer différemment les produits en fonction de l’origine des ressources utilisées.

 

2. Fixer le prix des énergies selon leur impact sur l’environnement

« Doit-on prendre en compte les 32 millions de réfugiés climatiques chaque année dans le prix du pétrole, du gaz et du charbon ? » Tout en posant la question, le rapport reconnaît la complexité de l’évaluation des externalités. Ce qui n’empêche pas ses auteurs de s’indigner des « 594 milliards d’euros dépensés chaque année par les 24 pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en faveur des énergies fossiles ! ». Le texte préconise donc « d’au moins classer les énergies entre elles, en fonction des coûts qu’elles causent à l’environnement par l’émission de polluants et de gaz à effet de serre » et de définir leur prix en fonction.

Au-delà de l’énergie, le rapport prône la mise en place d’indicateurs « positifs » et « négatifs » pour évaluer l’impact des actions humaines, agricoles, industrielles, financières et commerciales sur le bien commun. L’épargne, la fiscalité, l’investissement pourront ainsi sanctionner les activités néfastes. A l’inverse, grâce à ces indicateurs, les activités qui « participent très clairement de la création d’externalités positives » – par exemple, les activités paysagères – devraient être soutenues.

 

3. Des monnaies complémentaires : locales, citoyennes, inter-entreprises

Rappelant que 5 000 monnaies complémentaires ont vu le jour au cours de la dernière décennie, la rapport souhaite leur « développement massif ». Il en dénombre trois sortes. La première, sans doute la plus connue, est la monnaie locale, qui favorise les échanges commerciaux locaux entre entreprises, citoyens et collectivités. Le rapport cite la démonstration de Raphaël Souchier, auteur de Made in local (Eyrolles, 2013), selon laquelle « l’achat local est trois fois plus avantageux en termes d’emplois, de revenus et de richesse que l’achat à l’extérieur ». Les secondes monnaies à développer sont citoyennes et permettent d’échanger du temps, des services et des biens. « Ce qu’on appelle les « time currency » (les « monnaies-temps ») dans le monde anglo-saxon se sont déjà amplement développées au Japon », souligne Corinne Lepage. Enfin, les auteurs du rapport préconisent la mise en place de monnaies d’échange inter-entreprises, indiquant qu’elles seraient « un formidable instrument de sécurisation des territoires en cas de crise financière grave ».

 

4. Un fonds pour les investissements peu rentables dans l’immédiat, mais indispensables

Que peut rapporter, dans l’immédiat, un investissement dans l’adaptation au changement climatique, la réhabilitation de l’environnement ou le financement de la transition énergétique ? Rien ou si peu. Pourtant, ces investissements sont « indispensables au maintien des conditions de vie dans notre pays », estime le rapport. Pour que ces activités non attractives pour les investisseurs le deviennent, la rapport suggère la création d’un fonds de remédiation destiné à favoriser les investissements de très long terme. « Sa particularité consiste à bloquer les sommes sur trente ans avec un avantage fiscal. » L’autre levier pour pallier le manque d’argent serait le financement citoyen, qui pourrait prendre de l’ampleur en simplifiant la création de société coopératives destinées, par exemple, à produire des énergies renouvelables locales.

 

5. Donner de la valeur aux déchets

Pour booster les filières du recyclage et de la réparation, rien de tel que de détourner les objets fatigués de l’incinération et de l’exportation. Dans cette optique, le rapport préconise de « donner une véritable valeur à cette matière première secondaire  » qu’est le déchet. Ses auteurs déplorent que « la question de son statut reste posée » et que, de ce fait, « notre système conduit à une exportation massive de ces matières premières au détriment de l’industrie française ». Le texte prône également une augmentation du prix de l’accès aux centres de stockage, qu’il estime trop faible à ce jour, pour inciter les producteurs de déchets à chercher des solutions de valorisation.
 
Afin de mettre en applications ces idées, le rapport plaide pour l’adoption par le gouvernement d’un « Green Business Act », la création d’une marque – qui pourrait être « France Terre d’Avenir », permettant d’identifier les acteurs qui s’inscrivent dans cette nouvelle économie, et pour la création d’un Institut de la transition. Celui-ci permettrait, selon Corinne Lepage, de « régler des problèmes comme celui d’Uber, les chocs entre l’ancien et le nouveau monde ».

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Thinkerview - Interview de Olivier Delamarche

Publiée le 2 avril 2013

ThinkerView est un groupe indépendant issue de l'internet, très diffèrent de la plupart des think-tanks qui sont inféodés à des parties politiques ou des intérêts privés.

Nous vous proposons donc de réfléchir ensemble avec : Olivier Delamarche

Acteur sur les marchés financiers depuis de nombreuses années et associée-gérant chez Platinium Gestion, il est convaincu que les pouvoirs publics ainsi que les régulateurs ne possèdent plus les qualités requises pour désamorcer une crise historique.

2013

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Corinne Lepage plaide pour « l’économie du nouveau monde » à Leader LR

Corinne Lepage plaide pour « l’économie du nouveau monde » à Leader LR | Think outside the Box | Scoop.it
Corinne Lepage (à gauche), lors d'une table ronde avec les chefs d'entreprise de Leader LR
  

L’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage a plaidé, le 27 octobre, devant une centaine de chefs d’entreprise du LR réunis au Pôle formation de l’IUMM, à Baillargues, en faveur de l’« économie du nouveau monde ». Auteur d’un rapport sur le sujet, à la demande de l’actuelle ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, Corinne Lepage a formulé 100 propositions pour favoriser cette économie « libérée des énergies fossiles et fissiles, connectées, relocalisée et au service de l’humain ». Et elle entend s’appuyer sur les PME régionales et sur les « éco-systèmes territoriaux », à l’image de celui rassemblé par le club de chefs d’entreprises Leader LR, qui l’invitait à s’exprimer. Regrettant une « absence complète de l’Etat dans la société, et de la société dans l’Etat », l’ancienne ministre a fustigé la proximité « des très grandes entreprises » avec l’Etat, ce qui génère, selon elle, un « système très défavorable à tout ce qui n’est pas ces très grandes entreprises ». Elle a déploré, dans la foulée, qu’il soit « très difficile en France de passer de TPE à PME, de PME à ETI , et d’ETI à grand groupe. Dans notre CAC 40, 90 % des entreprises étaient déjà là il y a 40 ou 50 ans ».

Parmi les propositions formulées par Corinne Lepage et ses groupes de travail : la mise en place d’une « TVA circulaire », ou encore l’intervention de « tiers financeurs, comme en Allemagne, pour permettre aux particuliers et aux collectivités de produire de l’électricité ».

  

Ubérisation

 

Plusieurs représentants de cette « économie du nouveau monde » se sont succédés à ses côtés, au cour de trois tables rondes, pour illustrer ses propos. Pierre Deniset, dirigeant de Kaliop (Montpellier) et président de FrenchSouth.Digital, s’est félicité de « l’ubérisation » des taxis, tout en reconnaissant que « les entreprises du numérique sont également la cible d’une forme d’ubérisation, quand Google met gratuitement sur le marché une application à laquelle d’autres ont consacré des millions d’euros en R&D ». Philippe Beille, dirigeant du fabricant de stands Duo (Lansargues), a expliqué la transformation de sa société pour l’adapter à la demande du marché, et se différencier par rapport à des concurrents. Patrick Viallet, directeur du développement d’Innotec (recyclage de cartouches d’encre), a quant à lui vanté les mérites de l’économie circulaire, et s’est félicité d’avoir convaincu des entreprises, et des grandes collectivités, d’avoir recours à ses produits, « de qualité, et qui préservent des emplois locaux ».

 

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France : y a-t-il donc un espoir de reprise ?

France : y a-t-il donc un espoir de reprise ? | Think outside the Box | Scoop.it

Une fois de plus, la forte chute des Bourses de ce mois d'août met en évidence la totale déconnexion entre la valorisation boursière des entreprises et la réalité macro-économique. Il règne une extraordinaire confusion dans les esprits : entre ceux qui expliquent les causes d'événements qu'ils n'ont pas pu prévoir, ceux qui placent leurs espoirs dans l'action des banques centrales et, enfin, ceux qui comptent sur une reprise macro-économique, la cacophonie est totale...

  

Un pas cynique de plus dans entre les marchés et la réalité

Vendredi 21 août, le CAC 40 a chuté de 3,3 %. Sur la semaine, la correction a été de 6,57 %, ce qui est impressionnant. Nous sommes à un point critique. Si le plancher des 4 600 points est traversé, alors nous serons emportés dans une chute plus importante et les acteurs financiers parieront sur une action des banques centrales pour éviter un krach. Si, au contraire, ce plancher résiste, les acteurs financiers, anticipant un rebond, se positionneront sur un rachat de valeurs et provoqueront de ce fait le mécanisme qu'ils anticipent. C'est ce qu'on appelle les prophéties auto-réalisatrices.

Cependant, il ne suffit pas d'anticiper un événement pour que celui-ci se produise. Nous ne sommes tout de même pas dans la pensée magique. En effet, la chute de 3,3 % du CAC 40 de vendredi constitue un « cygne noir », c'est-à-dire un événement imprévisible. S'ils sont nombreux à évoquer diverses raisons pouvant expliquer cet événement, aucun d'entre eux ne l'avait prévu. De plus, aucune des raisons invoquées n'est suffisante : certes, l'indice de l'activité manufacturière chinoise est retombé à son niveau de 2009 et la perspective d'un rehaussement des taux directeurs de la FED s'éloigne, tout au moins pour un bon nombre d'observateurs, ces anticipations provoquant la chute du dollar et la remontée de l'euro. Mais soyons sérieux ! La mauvaise santé de l'économie mondiale ne date pas de la semaine dernière. Cela fait des années que la reprise économique se fait attendre...

  

Des réalités macro-économiques qui ne cessent de décevoir...

Ceux qui sont à l'affût des signes avant-coureurs d'une reprise économique en sont pour leurs frais... La croissance du PIB français a été nulle au deuxième trimestre après une croissance de 0,7 % au premier trimestre. Lorsqu'on examine ce chiffre de plus près, on s'aperçoit d'un recul des investissements, tant de la part des entreprises françaises que des entreprises étrangères.

S'il est vrai que les entreprises sont en train de reconstituer leurs marges (leur excédent brut d'exploitation, pour être précis), cela est dû à la baisse du pétrole et des matières premières, notamment les métaux. Ce n'est pas dû au retour de la consommation. C'est une bouffée d'oxygène, mais ce sont des facteurs exogènes et passagers qui ne témoignent pas d'une amélioration liée à la structure et à la force intrinsèque du tissu économique français.

Autre signe avant-coureur étudié, le nombre des entreprises qui demandent des délais supplémentaires pour payer leurs charges auprès de l'Urssaf a diminué. Gardons-nous des erreurs d'interprétation. Une entreprise qui a des difficultés de trésorerie ne fait la demande qu'une fois. Si sa situation ne s'améliore pas, c'est la cessation de paiement, le dépôt de bilan. Autrement dit, cela signifie que le nombre des entreprises qui se débattent dans des difficultés de trésorerie augmente moins vite, mais il augmente encore. Le nombre des défaillances d'entreprises est encore à son plus haut et n'a pas baissé.

  

Des batailles dérisoires sur les chiffres du chômage...

Est-ce que cette reconstitution des marges pourrait inciter les entreprises à embaucher ? Pour l'instant, le chômage ne baisse toujours pas. Les hommes politiques s'engagent dans des débats dérisoires sur les messages SMS de relance(envoyés aux chômeurs pour que ces derniers n'oublient pas d'actualiser leur situation) qui, lorsqu'ils sont envoyés de manière intempestive, contribuent à diminuer le nombre des radiations automatiques et donc à augmenter le nombre des chômeurs, et qui, lorsqu'il y a un problème technique, contribuent à un effet inverse. La variation est de l'ordre d'une dizaine de milliers, un chiffre dérisoire, au regard des millions de personnes concernées... Une goutte d'eau dans l'océan... Cette polémique montre à quel point le personnel politique est démuni face à une telle situation.

Le mois dernier, le ministère du Travail a de nouveau modifié le mode de classification des chômeurs. Cette fois, les personnes en formation, en service civique ou en contrat aidé ne sont plus comptabilisées dans les catégories A, B et C... Même avec ces modifications, les statistiques finales continuent leur inexorable ascension... Arnaud Montebourg l'a déclaré en ces termes : « Cela ne marche pas ». L'ancien ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique manifeste son opposition à toute politique d'austérité qu'il juge contre-productive, mais ne sait-il pas qu'en France l'austérité n'a pas encore été mise en œuvre, contrairement à l'Espagne, à la Grèce, à l'Irlande, aux pays Baltes, etc. ?

  

Et ailleurs, cela ne va pas mieux...

En Europe, il n'y a pas de quoi pavoiser. Au Royaume-Uni aussi, on « habille » les chiffres pour les rendre plus « présentables ». Par exemple, seuls les chômeurs qui perçoivent une allocation sont comptabilisés... En Allemagne, de 2003 à 2013, les ménages allemands ont en moyenne perdu 15 % de leur patrimoine. Le chômage y est certes bas, mais on remplace des chômeurs par des travailleurs pauvres qui ne peuvent ni constituer un patrimoine ni consommer suffisamment pour relancer la machine économique.

Aux États-Unis, Janet Yellen, présidente de la FED (la banque centrale américaine), le reconnaît ouvertement, la reprise n'est pas au rendez-vous ! Les membres de la FED trouvent en effet que le plein emploi n'est pas atteint aux États-Unis et jugent l'inflation trop basse. Les termes de la FED sont des euphémismes puisqu'il s'agit de maintenir à tout prix la confiance.

  

Aux États-Unis, le taux de chômage réel serait de 23 % !

D'autres experts, en revanche, ne s'embarrassent pas de telles précautions de langage et disent tout haut des vérités choquantes. Selon Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint du Trésor américain et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, le taux de chômage réel étatsunien est de 23 % ! Le taux officiel est plus bas parce qu'on ne prend plus en compte les chômeurs découragés, comme c'était le cas jusque dans les années 90. Autrement dit, les États-Unis sont dans une situation aussi calamiteuse que lors de la Grande Dépression des années 30.

Janet Yellen est d'autant plus embarrassée qu'elle subit de fortes pressions pour remonter les taux directeurs de la banque centrale. Dans un tel contexte, l'économie réelle américaine n'aurait plus aucune chance de se remettre d'aplomb. Un malheur ne venant jamais seul, la Chine a dévalué sa monnaie, ce qui a pour conséquences de renchérir le dollar, de rendre les importations moins chères et les exportations plus chères, nuisant de ce fait à la compétitivité (déjà chancelante) des produits « made in USA ». L'inflation annuelle étant de 0,3 % (baisse du prix des matières premières, stagnation des salaires, baisse des produits importés), tout concourt à la déflation.

La hausse des taux directeurs américains attirerait les capitaux vers le pays de l'Oncle Sam, mais elle plongerait dans les abysses l'économie non financière. Voilà le dilemme de Janet Yellen. Cela, elle ne pourra pas faire autrement que d'augmenter les taux, car elle doit avant tout préserver les intérêts de la banque centrale elle-même, notamment sa valeur capitalistique...

  

Recherche indicateurs désespérément...

Il faut reconnaître que le niveau du chômage reste un indicateur économique crucial aux yeux des populations et des politiques. Et chaque pays rivalise d'astuces pour le faire baisser. Pour résumer, quels que soient les modes de calcul des indicateurs économiques, dans tous les pays du monde, la reprise est absente. Ni au Japon, ni aux États-Unis, ni en Europe, les politiques d'assouplissement monétaire (les fameux Quantitative Easings) n'ont eu d'effets sur l'état de l'économie. Dans cette course à la compétitivité par le dumping social, fiscal et monétaire, on peut faire baisser le chômage en facilitant le travail pauvrement rémunéré, mais cela ne résout pas le problème. L'économie mondiale est en surcapacité de production. Les consommateurs ne sont pas au rendez-vous. Et donc les investisseurs, devant ces piètres perspectives, n'ont pas envie d'investir.

Pour le gouvernement en place, qu'il soit de gauche ou de droite, s'engager dans des débats dérisoires sur les statistiques du chômage est inutile. Nous sommes face à une crise structurelle, plus profonde qu'une simple crise cyclique. Quant à la haute finance, tout du moins les investisseurs institutionnels les plus compétents, elle n'est pas dupe. Les indicateurs ne font pas illusion. Pour ces acteurs financiers de premier ordre, les publications d'indices divers constituent des opportunités pour enclencher des mouvements à la baisse comme à la hausse, pour vendre à un bon niveau ou acheter à bon compte. Autrement dit, c'est « business as usual ».

(...)

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La croissance revient mais l'emploi attendra

La croissance revient mais l'emploi attendra | Think outside the Box | Scoop.it

Même avec une croissance du PIB de 0,6% au premier trimestre, la France a encore perdu 13.500 emplois. Le redressement de l'emploi ne semble pas encore d'actualité.

 

Certes, il n'est pas question de bouder son plaisir,avec une progression du PIB de 0,6% au premier trimestre, l'économie française connaît une véritable embellie. Il faut remonter au deuxième trimestre 2013 pour trouver une meilleure performance (0,7%). Ce taux de 0,6% est même supérieur aux prévisions de différents instituts économiques qui tablaient plutôt sur 0,4%.

Pourtant, il est bien trop tôt pour crier victoire. C'est essentiellement la consommation qui tire le PIB , pas l'investissement... Du moins pas encore. Or, sans investissements, l'emploi ne suivra pas et l'inversion de la courbe du chômage ne se produira pas. D'ailleurs, dans le même temps où l'Insee annonçait les bons résultats de la croissance au premier trimestre, la Dares (service statistiques du ministère du Travail) publiait ses dernières données montrant que la France a encore perdu 13.500 emplois sur ce même trimestre et les statistiques sur le travail temporaire également restent désespérément mornes, du fait, notamment, de l'effondrement de l'intérim dans le bâtiment.

Le ministre des Finances Michel Sapin en a bien conscience et préfère faire profil bas. Intervenant sur BFM, il a déclaré :

"Ce n'est pas 0,6% de croissance sur un trimestre qui va permettre de faire baisser le chômage. Il faudra encore de la croissance sur des trimestres et des trimestres. Comme vous le savez, le chômage a peu augmenté, mais il a augmenté. En somme 0,6% sur un trimestre c'est bien, 0,6% sur tous les trimestres de l'année, c'est mieux".


Extrêmement prudent, le ministre sait également que l'inversion du chômage est liée à la reprise de l'investissement des entreprises "Quand ce sera le cas, on pourra regarder la courbe du chômage, car c'est le moment où on la verra se stabiliser et reculer".

 

Pas de créations suffisantes d'emplois à court terme


D'ailleurs l'Insee ne dit pas autre chose, selon ses propres statistiques, la France perdrait encore 13.000 emplois marchands au premier semestre mais le solde devrait redevenir positif au second semestre. Souhaitons-le car, sur l'année 2015, la population active devrait s'enrichir de 120.000 personnes. Or, si elles ne trouvent pas un poste, le chômage augmentera automatiquement. Et la partie n'est pas gagnée sachant que, selon les statistiques de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il y aurait actuellement un sureffectif d'environ 170.000 salariés dans les entreprises. Ce qui signifie que même en cas de redémarrage des carnets de commandes, les entreprises n'auront pas nécessairement besoin de recruter pour faire face. Il va donc falloir prendre son mal en patience.... Mais dans cet océan de prudence, les prévisions de l'OFCE dénotent.

 L'OFCE voit le bout du tunnel pour la fin 2015

Pour cet organisme, la décrue du chômage pourrait se produire dès cette année si un certain nombre de conditions sont réunies : un prix du baril du pétrole stabilisé vers les 60 dollars, un maintien à un niveau faible des taux d'intérêt, quasi parité euro/dollar, etc. Avec ces hypothèses favorables, la France pourrait alors connaître une progression du PIB de 1,4% en 2015 (après 0,4% en 2014). Mieux, avec une accélération attendue du rythme de croissance au cours de l'année - on connaitra les premiers résultats du deuxième trimestre à la fin juillet - , on arriverait alors à un rythme de progression du PIB égal à 2% en glissement annuel. Le second semestre 2015 marquerait alors le tournant de la reprise avec la hausse du taux d'investissement des entreprises et, enfin, le début (très timide) de la décrue du taux de chômage qui s'établirait à 9,8% à la fin de l'année contre 10% fin 2014. L'OFCE estime que 205.000 emplois pourraient être créés cette année, dont 178.000 dans le secteur marchand. Alors qu'en 2014, ce même secteur avait perdu 37.000 postes. In fine, le nombre des demandeurs d'emploi diminuerait de... 54.000.

Pour l'OFCE, 2016 sera la vraie année de la reprise avec une croissance de 2,1%, une hausse de l'investissement productif de 4% et la création de près de 220.000 postes dans le secteur marchand permettant une nouvelle diminution du nombre des chômeurs de 70.000. Le taux de chômage redescendrait alors à 9,5%. Il était de 10% en mai 2012 quand François Hollande est arrivé à l'Elysée. Si l'hypothèse de l'OFCE s'avère exacte, alors François Hollande pourra dire qu'il a tenu son objectif d'inverser la courbe du chômage. Mais on n'en est pas encore là.

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"Les mesures d'austérité sont une supercherie"

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Pour le politologue Eric Toussaint, les actuelles politiques conduites en Europe pour éponger les dettes publiques servent d´abord les intérêts des créanciers privés. Et bafouent les droits sociaux et économiques des citoyens.

 

Docteur en sciences politiques des Université de Liège et de Paris VIII et président de la branche belge du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), Eric Toussaint a coécrit et codirigé (avec le Français Damien Millet) un ouvrage intitulé “La dette ou la vie”. A l’aune de l’expérience de la problématique de la dette des pays du Sud, les auteurs livrent une analyse critique de politiques mises en œuvre au Nord, notamment dans la zone euro.

Selon vous, telle qu'elle a été conçue, la zone euro était condamnée à connaître une telle crise…

Le drachme, la peseta, l’escudo ont été surévalués par rapport aux autres monnaies, et notamment au deutsche mark, lors de la conversion en euro. Ce qui a donné un avantage compétitif aux pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Belgique,… par rapport aux pays de la périphérie. De plus, il n’y a pas de mécanismes de compensations importantes pour réduire les asymétries entre les économies européennes. Enfin, les banques nationales des pays de l’UE et la Banque centrale européenne (BCE) ne peuvent pas accorder de crédits directement aux Etats (comme peut le faire la Réserve fédérale aux Etats-Unis, NdlR), ce qui laisse ce monopole aux banques privées.

On en est arrivé à une situation où la BCE a prêté à un taux de 1 %, jusqu’avril 2011, aux banques privées. Qui, elles, prêtaient à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande à du 4 ou 5 % pour des obligations à six mois ou à un an. Ce fonctionnement a abouti à des dérives terribles. La BCE prête à court terme à des institutions privées, qui à leur tour prêtent à long terme sur le marché obligataire et se retrouvent confrontées, tôt ou tard, à des problèmes de liquidités. Ce qui amène, par exemple, à un deuxième sauvetage de Dexia par les Etats belges et français.

Vous estimez que la Grèce serait en droit de remettre en cause le remboursement d’une partie de sa dette souveraine...

En commençant à rebours, on pourrait dire que les prêts de la troïka (Commission européenne, BCE, Fonds monétaire international) à la Grèce sont des prêts odieux parce que ces institutions, avec derrière elles les gouvernements allemand et français, profitent d’une situation de détresse de la Grèce –qui depuis mai 2010 n’a plus accès à des emprunts dépassant un an –pour prêter à Athènes à du 5,5%. En contrepartie, ils exigent de la Grèce qu’elle mette en œuvre une batterie de mesures d’austérité. Mesures qui dans certains cas sont des violation des droits économiques et sociaux reconnus par l’Organisation international e du travail, par exemple. Et, de plus, ces mesures ont un effet contraire à l’objectif officiel recherché, c’est-à-dire une amélioration de la situation économique rendant soutenable le paiement de la dette. Or, on constate que cela crée une récession qui réduit les recettes fiscales et conduit à de nouvelles mesures d’austérité. Lesquelles ne permettront de toute façon pas à la Grèce de dégager dans son budget des marges suffisantes pour rembourser des montants grevés de taux d’intérêts trop élevés.

Avant cela, on a eu toute une série d’institutions financières françaises, allemandes, belges, qui au début de la crise financière se finançaient à des taux de 0,25% auprès de la Fed ou de 1% auprès la BCE puis qui prêtaient très massivement à la Grèce ­- on constate une augmentation de 80 à 120 milliards d'emprunts, soit 50% en pleine période de crise. Là, il y a des marques d’illégitimités parce que les fonds qui étaient prêtés aux banques ne devaient pas servir à cela mais à éviter un credit crunch, que ces banques n’ont pas respecté les règle de prudence en matière de solvabilité des emprunteurs et pire les ont encouragés à se surendetter.

Et si on retourne encore plus loin, on rappellera que les JO devait coûter à la Grèce 1,4 milliard et en ont coûté près de 20. Or, il y a des entreprises étrangères, comme Siemens –qui font l’objet de poursuites judiciaires –qui ont versé des pots-de-vin énormes aux autorités politiques de l'époque. Enfin, il y a les dépenses militaires énormes de la Grèce, qui représentent 4% du PIB. Les Américains, les Allemands et les Français sont les principaux fournisseurs militaires, et dans un premier temps, on a seulement demandé à la Grèce de couper dans les dépenses sociales, parce qu’il fallait qu’elle honore les commandes militaires à Berlin et à Paris. C'était tellement scandaleux que les choses sont en train de changer.

Les actuelles politiques d’austérité sont justifiées par la nécessité de préserver notre modèle social. Ce que vous contestez…

Ceux qui sont privilégiés, ce sont les créanciers privés qui sont partie du problème. Le second objectif c’est de pousser plus loin l’offensive néolibérale lancée il y a 30 ans par (le président américain Ronald) Reagan et (le Premier ministre britannique Margaret) Thatcher. On assiste à un détricotage de ce qui caractérisait les “30 glorieuses” qui ont suivi la Seconde guerre mondiale: augmentation des salaires, du bien-être, quasi-plein-emploi… De 1980 à 2010, on a détricoté le pacte social, caractérisé par des politiques keynésiennes, qui ont été remplacées par le néolibéralisme qui le remet en cause et déréglemente la législation bancaire et financière, avec les dérives que l’on connaît. C’est une supercherie de dire que ces mesures visent à consolider le modèle social européen.

En faisant appel au FMI, les Européens ont introduit le loup dans la bergerie, peut-on lire dans votre ouvrage...

Le FMI, c’est quelque part une sorte d’alibi pour les dirigeants européens, qui leur permet de justifier les politiques d'austérité en disant “Vous voyez, il n'y a pas que nous. Une institution internationale, basée à Washington, neutre le dit aussi”. Mais pendant 30 ans, le FMI a dicté les politiques qui sont aujourd’hui à l’œuvre chez nous en Amérique latine, en Afrique et en Asie, avec des résultats tout à fait négatifs. Si l’Amérique latine va mieux depuis une dizaine d’années, c’est parce qu’après 20 ans, les électeurs ont dit : “On n'en veut plus”. Les gouvernements ont remboursé anticipativement le FMI et on rompu avec les recettes qu’ils nous appliquent. Les économistes et les dirigeants latino-américains ne cachent pas leur étonnement de nous voir appliquer des formules qui ont échoué ailleurs.

Parce qu’il est le premier poste budgétaire de nombreux Etats, le remboursement de la dette peut aller à l’encontre des droits humains, écrivez-vous…

Je suggère que la part qui va au service de la dette publique dans le budget ne dépasse pas 5 % des recettes. On pourrait mettre une autre règle d’or : les dépenses qui vont à la garantie de droits économiques et sociaux, donc de droits humains, ne peuvent pas être comprimées. On dit: priorité aux créanciers, dont le comportement est délictueux dans une série de cas. Pour correspondre à l’esprit de la charte des Nations unies de 1948, il faudrait inverser les valeurs: les Etats ont une dette sociale à l’égard de leurs citoyens. Ce sont eux qui ont donné un mandat aux dirigeants politiques. Pas les banques, ni les fonds de pension, ni les marchés financiers.

Le politique a perdu la main?

C’est très inquiétant. Dans cette crise, on marginalise le choix des électeurs. En Irlande, où le nouveau gouvernement doit appliquer le plan négocié par le précédent, d'une autre couleur politique. Mais aussi en Grèce où à l’origine, le Pasok (socialiste, au pouvoir) voulait rompre avec la politique de la Nouvelle Démocratie (droite). Le pouvoir législatif est mis entre parenthèses. Le Parlement portugais provoque en mars la démission du gouvernement de José Socrates mais cet exécutif démissionnaire conclut quand même un accord avec la troïka sur un plan d’austérité dont le Parlement ne voulait pas. On pourrait aussi parler de la Belgique qui rachète Dexia pour 4 milliards. Les actionnaires sont satisfaits, mais on n’a pas demandé l’avis des parlementaires ni des citoyens belges.

Vous proposez des alternatives, mais on peut douter qu’elles trouvent un écho chez les actuels dirigeants politiques…

Le changement viendra de la prise de consciences des citoyens qui demanderont une rupture radicale avec le système. Le signal que ça commence ce sont les centaines de milliers d’Indignés espagnols, dont le mouvement a essaimé en Grèce, au Portugal, en Italie et à Bruxelles. plus enclins à se dire que ça ne marche pas et qu’il faut un changement, ce sont les jeunes européens. C’est important que les autres générations rompent aussi avec la résignation. Comme l'on fait les citoyens islandais en refusant de payer pour la faillite de la banque Icesave (et que leur gouvernement rembourse le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui avaient garanti les dépôts de leurs ressortissants chez Icesave, NdlR)

Ça a pris 20 ans aux citoyens d’Amérique latine de pousser à une rupture, j’espère que ce sera moins long pour les Européens.

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