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La double surprise Hamon

La double surprise Hamon | Think outside the Box | Scoop.it

La victoire de Benoît Hamon au premier tour de la primaire socialiste est une surprise. Mais tout autant l’est son engagement écologique, qu’il place en « priorité politique absolue ». L’enjeu est maintenant la recomposition de la gauche, et d’éviter une concurrence mortifère avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.

 

La primaire de La belle alliance populaire aura, contre toute attente, créé deux surprises. La première, on le sait, c’est l’arrivée en tête de Benoît Hamon, que beaucoup ne percevaient, il y a encore quelques semaines, que comme un challenger estimable, mais secondaire par rapport aux « poids lourds » Valls et Montebourg. Ce qui reste de force parmi les militants d’un parti socialiste exsangue a donc remis la barre à gauche, et placé le plus jeune des candidats en mesure de porter ses couleurs dans la présidentielle.

Avec 36 % des voix comptées dimanche soir 22 janvier, contre 31 % à Manuel Valls et 17 % à Arnaud Montebourg, qui s’est rallié à lui le soir même, le député des Yvelines semble en mesure de concourir pour la présidentielle d’avril.

Mais il y a une deuxième surprise, que n’ont pas relevé les commentateurs politiques, habitués à peser les pouvoirs plus qu’à prêter attention aux idées. C’est que la première déclaration de Hamon a mis en avant l’écologie. Le mieux est de le lire, ou de l’écouter :

« Demain, a-t-il déclaré dimanche soir, il y aura de nouveau dans plusieurs villes de France un nouveau pic de pollution atmosphérique qui va mettre en danger la santé des Français les plus vulnérables (...). Il faut impérativement changer de modèle de développement, placer la conversion écologique en tête de nos priorités politiques, sauf à accepter de laisser à nos enfants un monde qui va devenir de plus en plus invivable. C’est la raison pour laquelle je maintiens le cap en faveur de la sortie du diesel en 2025, de la réduction de la part des énergies liées au nucléaire, la volonté d’interdire les perturbateurs endocriniens Je ferai de la transition écologique une priorité politique absolue. »

C’est ensuite qu’il a parlé du revenu universel, pensé en fonction des mutations technologiques que vit l’époque : « Le travail se transforme, grâce à la révolution numérique, il faut aujourd’hui se soucier des conditions dans lesquelles nous donnons aux Français les moyens de maîtriser cette transition, de choisir leur temps de travail plutôt que de le subir. (...) C’est le sens du revenu universel que je défends. »

Enfin, Hamon a bien posé l’analyse faite par une large partie de ce que l’on appelait naguère le peuple de gauche : Les électeurs de gauche « ont décidé de faire de la question sociale et de la question écologique les deux termes d’un nouveau projet qui se tourne vers le futur, pas l’un ou l’autre, mais l’un avec l’autre. »

- Discours en vidéo de Benoît Hamon le 22 janvier

Le geste n’est pas mince. La victoire de Hamon, et son positionnement résolument écologique, face à la vision croissanciste et sécuritaire de Valls, attestent que la gauche est en train de se reconfigurer, après un quinquennat de dérive néo-libérale.

La recomposition de la gauche commence à se jouer

C’est une bonne nouvelle : on peut espérer qu’avec l’engagement écologique de Jean-Luc Mélenchon, et celui, moins audible, de Yannick Jadot, les questions environnementales seront bien présentes dans la campagne présidentielle, et que la possibilité de changer radicalement de cap, pour aller vers l’écologie, l’emploi, et la justice sociale, sera vraiment posée sur la table.

Mais l’air frais apporté par Benoît Hamon complique aussi la donne. Sa victoire, probable dimanche prochain au deuxième tour de la primaire, poussera inexorablement la droite du PS vers Emmanuel Macron. Mais elle conduira aussi à une concurrence entre Hamon et Mélenchon, qui peut être source d’affaiblissement durable des forces écologiques et soucieuses de justice. Il sera crucial que les uns et les autres sachent trouver les moyens de s’allier contre l’extrême-droite et la poursuite de la politique néo-libérale. Plus que le sort de la présidentielle, c’est en fait la recomposition d’une gauche forte et écologique, après 2017, qui commence à se jouer aujourd’hui.

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L’écologie, on dit oui tout de suite ! - Des dirigeants créatifs bousculent le monde

L’écologie, on dit oui tout de suite ! - Des dirigeants créatifs bousculent le monde | Think outside the Box | Scoop.it

Le verger de l’usine Pocheco. Son patron, qui vit à 18 kilomètres, vient au travail à vélo.

  


Architecture, énergie, transports : à la maison comme au travail, on peut aujourd’hui vivre en harmonie avec l’environnement… et soi-même. Tout en faisant des économies.

 

Zola n’en reviendrait pas : ici, on cueille des fraises des bois sur les murs végétalisés de l’usine. A ­Pocheco, près de Lille, les ouvriers font leur pause dans un verger où les fruits sont à leur disposition. Mais personne ne perd le nord : deux milliards d’enveloppes produites par an pour la Sécurité sociale, des banques, des opérateurs téléphoniques… Une industrie soucieuse d’environnement, du bien-être de ses salariés, et qui marche dans une région ravagée par le chômage ? « Tout est lié », dit Emmanuel Druon, 50 ans. Le dirigeant nous reçoit dans son bureau avec vue sur des ruches : « Je ne suis ni un bobo ni un khmer vert. Et notre ­démarche n’a rien d’un sport de riche. Nous prouvons la justesse du terme “écolonomie” : il est plus économique de produire de manière écologique. »

La toiture végétale, un isolant thermique et phonique, récupère l’eau de pluie. Celle-ci sera mêlée à des pigments naturels pour fabriquer des encres non toxiques, ou à du savon de Marseille pour nettoyer les machines. Puis elle part dans une jolie bambouseraie, qui la nettoie naturellement. Les bambous finissent dans la chaudière. Velux et baies vitrées inondent les lieux de ­lumière. Une ambiance visuelle agréable, qui, complétée par des panneaux photovoltaïques, fait baisser la facture d’électricité. Pas de dividendes et des salaires sur une échelle de 1 à 4. Les bénéfices vont aux rémunérations, aux formations et aux équipements. Sans oublier la production de miel et des paniers de légumes locaux à prix doux pour les salariés. Tous ont voix au chapitre, d’où des initiatives qui fusent. Pocheco reçoit un flux continu de visiteurs et, fort de son expérience, a créé un bureau de conseil en solutions écolonomiques. « Un entrepreneur m’a même demandé de lui faire un Pocheco bis », dit ­Emmanuel Druon, qui a raconté son passionnant parcours dans « Le syndrome du poisson lune » (éd. Actes Sud). « Les idées, je ne les ai pas sucées de mon pouce, comme on dit dans le Nord, je les ai puisées dans mes lectures. »

Pocheco, quand l’industrie se fait belle et bio.© N. Norblin

Mais engloutir du papier n’est-il pas contradictoire avec sa démarche ? « Notre fournisseur, finlandais, augmente la capture du carbone en replantant trois arbres pour un coupé dans des forêts qui respectent la biodiversité. Quand on prône la dématérialisation des échanges, on se leurre, ça passe par une utilisation majeure d’énergie et de matériel, dont des métaux rares. J’ai fait faire, par une chercheuse du CNRS, la toute première analyse du cycle de vie (ACV) d’un ordinateur pour la comparer à celle de nos enveloppes. Bilan : il est 15 fois plus polluant de recevoir une facture par courriel qu’un courrier papier. »
En France, on n’a toujours pas de pétrole mais les idées se multiplient, souvent méconnues. D’où l’opération lancée par Nicolas Hulot via sa fondation en mars dernier : cent activités de petites entreprises, collectivités locales ou associations sélectionnées et postées sur le site My Positive Impact. Aux internautes de voter pour leurs favorites. « Nous voulions lutter contre le défaitisme, dit Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation. Bilan : 400 000 visites uniques et une belle visibilité pour ces acteurs. » Enthousiaste, Matthieu cite Enercoop, une des lauréates. Ce fournisseur d’électricité est le seul en France à s’approvisionner à 100 % en énergies renouvelables : solaire, éolienne, hydraulique et biogaz. Les ­bénéfices sont entièrement réinvestis dans ces mêmes énergies. « Elle n’a que 23 000 clients, vous imaginez le potentiel de croissance ? » dit Matthieu Orphelin.

“UN COURRIEL EST 15 FOIS PLUS POLLUANT QU’UNE LETTRE”

Autre lauréat de My Positive Impact, le projet Naturadome. Encore un dirigeant créatif et passionné que celui du groupe de BTP Pomès-Darré, à Lalanne-Trie (Hautes-Pyrénées) : Benoît Darré, 41 ans, a imaginé une maison-arche quasi autonome en énergie, à partir de 1 380 euros le mètre carré. Un ­exploit. Car si ce genre de bâtiments passifs commence à se développer en France, il reste à démocratiser. Le tout premier, signé du cabinet Karawitz, est une sublime Maison Bambou dans le Val-d’Oise, à 300 000 euros pour 160 mètres carrés. Parmi les atouts : une isolation maximale et l’utilisation ingénieuse des rayons solaires. Pour diminuer les coûts, Benoît Darré a breveté un béton autoportant, et il mise sur le ­recyclage, avec, par exemple, une arche en acier issue d’ex-abris de l’armée de l’air. La famille qui habite le premier Naturodome, sur les contreforts pyrénéens, n’a dépensé que 100 euros de chauffage cet hiver pour une surface de 180 mètres carrés (et un volume de 640 mètres cubes). Le tout à l’aide d’un poêle à granulés de bois. « C’est un cocon, notamment grâce aux courbes du design », dit Benoît Darré. Féru de nature, ce père de quatre filles se sent heureux de contribuer à la protection du climat tout en développant des solutions esthétiques, ingénieuses et accessibles au plus grand nombre. « Nous construisons un écoquartier à Bartrès, près de Lourdes, qui comprendra également des logements touristiques. Le concept peut aussi se décliner en moyen ou haut de gamme. Nous faisons tout, du premier coup de crayon au dernier coup de pinceau. » Avec, il va de soi, des matériaux non toxiques.
La qualité de l’air passionne également Mathieu Chazarenc, 37 ans, qui fabrique des murs végétaux, extérieurs et intérieurs. Notamment à Saint-Tropez. Autoentrepreneur, il s’est lancé dans cette activité après un accident de parapente, en 2007, qui l’a cloué quatre mois à l’hôpital et a failli lui coûter la vie. De quoi la remettre en question. Comme Pocheco l’a fait, il pose des panneaux de sphaigne. De cette mousse primitive pousse une profusion de plantes, dont les ­tomates cerises. Sans terre ni engrais. Il suffit d’une arrivée d’eau, en goutte-à-goutte. « Sur un mur intérieur, c’est non seulement somptueux, dit Mathieu Chazarenc, mais ça purifie l’air et crée une double isolation, thermique et phonique. »

Une habitation à très basse consommation. Extérieur en bambou et panneaux solaires repliables.© DR

A Paris, Patricia François, décoratrice d’intérieur, s’est spécialisée dans les solutions écologiques. Pour faire, elle aussi, chuter la concentration intérieure de polluants, plus élevée que dans les rues ! « Ma clientèle mêle des puristes et des personnes indifférentes au départ, dit-elle. Mais quand j’explique les ­enjeux, les avis changent. » Priorité majeure : le revêtement des sols, des murs et des plafonds, en raison de leur surface. « Des peintures aux parquets stratifiés, dit Patricia François, ils émettent des composés organiques volatils (COV) toxiques ­durant des années, particulièrement pour les enfants. » La décoratrice préconise l’emploi des peintures Keim, Biofa ou Auro, plus chères au litre mais qui nécessitent moins de volume pour une même superficie. Elle recommande aussi les parquets en bois brut, non vitrifiés, et le vrai linoléum. Côté meubles, elle privilégie le bois brut et non collé mais décrit mille manières de ­décorer « écolo », à l’aide par exemple d’objets chinés, qui, avec l’âge, ont perdu leurs émanations toxiques.

« IL EST PLUS ÉCONOMIQUE DE PRODUIRE DE MANIÈRE ÉCOLOGIQUE » EMMANUEL DRUON

Le mal de l’air est l’air du temps. Avec, déjà, de tristes conséquences quand il faut interdire aux enfants de courir lors des nombreux pics de pollution. En France, cet empoisonnement coûte 100 milliards d’euros par an. Deux fois plus que le tabac. Parmi les grands responsables : l’autosolisme (une personne par voiture), surtout sur de courts trajets, et surtout au diesel. La meilleure énergie étant celle qu’on ne consomme pas, mieux vaut, quand on le peut, privilégier la marche et le vélo. D’autant que, selon une récente étude britannique, ces activités favorisent et la forme physique et le bien-être psychologique. Mais, pour éviter l’hyperventilation dans une ville polluée, on privilégiera les vélos électriques. Ou – moins coûteuse et très ingénieuse – la roue électrique vendue sur le site de la start-up française Rool’in. Ses trois tailles se fixent sur n’importe quelle bicyclette, pour 65 kilomètres d’autonomie (à partir de 549 euros).
Restent tous ceux qui ne peuvent ni faire leurs courses ni se rendre au travail à pied, à vélo ou en transports en commun. Qu’importe, il est plus écologique de partager une voiture ­hybride que d’emprunter un bus au diesel à moitié vide. L’essentiel est de remplir la carlingue ! A Pocheco, isolé en pleine campagne, on a négocié un leasing de voitures électriques ­rechargées dans l’usine. Chacune est louée par plusieurs salariés géographiquement proches. Ce genre de déplacement en mode partagé suscite partout l’engouement. On peut louer le véhicule inutilisé d’un particulier ou se mettre à plusieurs pour partager le coût de l’essence d’un trajet. Pionnière du ­covoiturage en France, BlaBlaCar vaut aujourd’hui 1 milliard d’euros et conquiert, avec le Mexique, son dix-neuvième pays.

Mais c’est sans l’idée du moindre bénéfice et pour la seule beauté du geste que quatre copains, tous âgés de 25 ans, viennent de lancer le cobaturage en Bretagne. Leur site Internet,cobaturage.bzh, met en contact les navigateurs et ceux qui veulent rallier les îles. « Les passagers participent à l’achat du fioul ou paient un sandwich à l’arrivée », dit Maxime Moy, un des quatre lurons. Pour un trajet d’écume express en Zodiac ou la lenteur tout en beauté d’un voyage en voilier.

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L'imprimante qui "désimprime"

L'imprimante qui "désimprime" | Think outside the Box | Scoop.it

Pour éviter le gaspillage, une nouvelle technologie permet d'effacer l'encre pour pouvoir réutiliser le papier.

 

par Virginie Garin publié le 13/05/2015 à 08:07

Imaginez : vous imprimez, vous lisez, et quand vous avez terminé, au lieu de jeter le papier, vous le remettez dans l'imprimante. Là, un rayon laser va effacer tout ce qui est écrit. Il va chauffer l'encre à un tel degré qu'elle va s'évaporer. Selon le Dr David Leal, l'inventeur, l'opération peut être reproduite trois fois sur la même feuille, sans abîmer les fibres du papier.

L'entreprise Reduse espère commercialiser des imprimantes qui "désimpriment" dans deux ou trois ans. Le système n'est pas encore parfait. Le laser n'arrive pas, par exemple, à effacer ce qui est écrit au stylo pour l'instant. Mais quand la machine sera au point, elle pourrait révolutionner la vie au bureau.

 

Impact sur l'écologie

Plus besoin d'abord de détruire les documents confidentiels : il suffira de les effacer. L'impact sera aussi écologique, puisque réutiliser une feuille, au lieu d'en prendre une toute neuve produite avec du bois, permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80%.

Cette imprimante devrait coûter dans les 2.000 euros, ce qui sera vite amorti, promet l'inventeur, grâce à l'économie de papier réalisée par les entreprises. Avec l'arrivée de l'informatique, certains avaient annoncé une société sans papier. En fait, c'est le contraire qui s'est produit. Avec internet et les ordinateurs, la consommation a augmenté.

Selon l'agence de l'environnement (Ademe), un salarié français imprime chaque jour en moyenne 40 pages, ce qui fait deux arbres par an et par personne. Souvent, ces pages ne servent à rien : une sur cinq ne serait jamais lue.

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La planète brûle, et ils regardent ailleurs

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Edito du Monde. Dans la campagne présidentielle, l'écologie est comme sortie du radar politique, rayée de la carte des enjeux majeurs des prochaines décennies.

 

Gouverner, c'est prévoir, choisir et expliquer. Surtout quand les défis sont complexes et de long terme. Au préalable, il faut être élu et, pour cela, se livrer à un tout autre exercice : séduire, promettre, simplifier. Et faire miroiter des lendemains qui chantent.

Redoutable contradiction. En 2007, c'est l'endettement du pays qui avait été ignoré par les deux principaux candidats, en dépit des mises en garde du troisième (François Bayrou). Les rêves immédiats avaient balayé les risques alors jugés lointains et dont on mesure trop bien aujourd'hui combien ils étaient imminents.

Aujourd'hui, c'est l'écologie - pour simplifier, la préservation des ressources d'une planète vivante et vivable - qui est tombée dans ce trou noir, comme sortie du radar politique, rayée de la carte des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Cette cécité est stupéfiante, ou plutôt cette occultation confondante, si l'on veut bien se rappeler, un instant, les avertissements lancés de tous côtés, sans cesse plus nombreux et argumentés. Pas un mois ou presque sans qu'une étude scientifique pointe tel ou tel dérèglement progressif, insistant et, au bout du compte, inquiétant.

(...)

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La bataille absurde de la station du Grand-Bornand contre le manque de neige

Les stations de sport d’hiver luttent désespérément contre la diminution inexorable de l’enneigement. Et, quand la neige manque carrément et que les canons ne suffisent plus, on va jusqu’à chercher de la neige par camions, raconte l’auteure de cette tribune.

 

 

Les vacances ont débuté le 16 décembre et la neige n’est pas au rendez-vous dans la station du Grand-Bornand (Haute-Savoie). Seuls des névés subsistent de la neige tombée en novembre. Le soleil brille jour après jour et la température à l’ombre varie entre 8°C à 14°C au plus chaud à 1.300 m d’altitude. La température nocturne ne descendant pas sous les - 2°C, les canons à neige ne sont pas d’un grand secours. Les quelques mètres carrés de neige projetée en désespoir de cause fondent quasiment dans la journée.

Toute une industrie est menacée de faillite quand la neige fait l’école buissonnière. Impossible de skier, donc, même à 2.000 mètres d’altitude. Adieu ski, touristes, location de matériel, chiffre d’affaires pour la restauration d’altitude ; adieu revenus pour les saisonniers des remontées mécaniques et les moniteurs de ski, vente vestimentaire et location immobilière. La neige fait vivre toute une station pour l’année et son absence inquiète l’ensemble des acteurs économiques ainsi que la commune du Grand-Bornand, qui investit lourdement chaque année dans cette activité : une bonne centaine de canons à neige alimentés par deux lacs artificiels, une remontée couverte avec tapis roulant de 200 mètres (un nouvel investissement de 1,7 million d’euros en 2016), de nouvelles routes d’accès, la création de nouvelles pistes impliquant d’importants terrassements, sans oublier la modernisation des équipements des remontées mécaniques.

 

Des camions-bennes tout terrain 

Pour ouvrir au moins quelques pistes aux skieurs et assurer l’amusement des plus petits, on ne lésine pas sur les moyens. Des camions-bennes tout terrain emplis de neige se sont succédés du mercredi 14 décembre au lundi 19 (hors week-end) toutes les cinq minutes pour livrer leur précieuse marchandise au pied des pistes — à 1.300 mètres — et à mi-hauteur, à 1.600 mètres. La rotation démarre au lever du jour et ne s’achève qu’à la tombée de la nuit. La neige est récupérée dans la vallée toujours ombragée et glacée du Grand-Bornand, à une petite quinzaine de kilomètres ou trente minutes de camion. Cet exercice a requis au minimum 12 camions.

Outre son caractère coûteux et anti-écologique, ce défilé génère une pollution atmosphérique malvenue d’autant plus que les vallées annéciennes sont en alerte pollution au niveau rouge depuis plus de huit jours et que la région Rhône-Alpes a imposé la limitation de vitesse sur l’ensemble de la région.

Quelle est la perspective de ce modèle économique ? C’est le troisième Noël successif sans neige que connaîtra la station du Grand-Bornand. La neige coûtera de plus en plus cher. Mais aucun acteur politique ou économique local n’envisage de cesser cette course effrénée et les alternatives touristiques ne sont pas encore proposées.

 

 

Flore de Clercq anime un blog sur les animaux. Elle publiera un livre consacré à la communication animale à l’automne 2017. Elle se rend plusieurs fois par an depuis 45 ans au Grand-Bornand (Haute-Savoie), son « second lieu de vie ».

 

Jacques Le Bris's insight:

Il ne viendrait pas à l'esprit d'un citoyen lambda de faire bouillir la marmite pour obtenir des glaçons, pourtant...

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En vue de la COP21, Corinne Lepage appelle le gouvernement à créer une French Tech de l’écologie

En vue de la COP21, Corinne Lepage appelle le gouvernement à créer une French Tech de l’écologie | Think outside the Box | Scoop.it

Transition énergétique :

Dans un rapport sur la nouvelle économie remis au ministère de l’Ecologie, Corinne Lepage dénonce les grands groupes et l’Etat qu’elle juge opposés aux développements des énergies renouvelables. Pour fédérer les petites sociétés et acteurs de la transition énergétique, l’ex-ministre veut créer une marque France inspirée de la French Tech.

Ce lundi 15 juin, l’ancienne ministre du gouvernement Juppé, Corinne Lepage, a remis son rapport "L’économie du Nouveau Monde", commandé par la ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal. Pour l’avocate, le nouveau monde est "une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, relocalisée et au service de l’humain". Comprendre un monde sans hydrocarbures et sans nucléaire. Le rapport pointe du doigt la position des grands groupes de l’énergie : "le secteur de l’énergie, qui est le point de blocage majeur de l’accès au Nouveau Monde. Il est plus que temps d’y faire la révolution numérique, de décentraliser, d’accepter la vérité des prix et l’égalité des armes entre tous les acteurs de l’énergie".

Plus loin, le rapport juge : "La situation des grands groupes est très paradoxale. Certains d’entre eux sont à l’origine des immenses blocages que rencontre notre pays tout simplement parce qu’ils bénéficient d’un marché quasi-captif en France, fondé sur l’ancienne économie, qui leur sert une rente et dont ils ne veulent pas sortir". Deux grands énergéticiens échappent à l’ire de Corinne Lepage, Eon qui va se scinder pour créer une branche entièrement dédiée au renouvelables et Engie qui a engagé une mue vers la transition énergétique. Le rapport pointe aussi du doigt : "le refus de l’État de passer aux énergies renouvelables. L’État reste bloqué sur une économie du XXe siècle et ne croit pas vraiment à la troisième révolution industrielle.

 

Créer une marque "France Terre d’Avenir"

Pour aller vers le nouveau monde selon Corinne Lepage "auquel s’opposent un Etat frileux et des intérêts économiques arc-boutés sur l’ancien monde", le rapport propose "la création d’une marque, dont le nom pourrait être France Terre d’Avenir, qui, à l’instar du succès de la French Tech permettrait à tous les acteurs du Nouveau Monde de s’identifier". Le rapport appelle à regrouper les Start-up, PME et ETI dynamiques et à leur faciliter l’accès à des financements et des garanties. "La marque pourrait être créée à partir d’une toute petite équipe, pilotée par la société civile, mais portée par le ministère de l’Ecologie et du Développement Durable avec l’appui de la Caisse des Dépôts", propose le rapport.

Au final, ce rapport totalise une centaine de propositions dans divers domaines. Outre la création de la French Tech de l’écologie, Corinne Lepage appelle à la création de systèmes de certificats d’externalité permettant de financer la transition énergétique, la TVA circulaire et une TVA incitative pour le bio et les produits issus de l’économie circulaire, le développement massif de financements alternatifs et des fonds citoyens. A la suppression des normes qui soutiennent les rentes, ou encore la garantie des acteurs publics qui font des choix innovants en matière de marchés publics. A l'heure actuelle, le ministère de l'Ecologie n'a pas réagi... 

 

Ludovic Dupin

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#Paris est écologique !

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On peut sourire des clochemerleries ecoloticiennes entre vieilles bourgeoises parisiennes (la maire, la ministre de l’écologisme et les promeneuses de chiens autour des serres d’Auteuil) pour ou contre un nouveau court à Roland Garros (le temps que les glandeurs 4000 euros zéro boulot du conseil de Paris aient fini d’en tchatcher en se limant les ongles, Roland Garros aura été délocalisé au Qatar ou en Chine) et des exemptions de péage de parking résidentiel pour les bobos ou de Velib´ et Autolib´pour les biobos parigots, et on peut douter que le match du raout écolo mondial #COP de Paris fin 2015 ait la moindre utilité, après les échecs de Rio à Rio via Copenhague, Cancun et Lima entre autres escales touristiques avec champagne pour les écolocrates globaux trotteurs en classe business, mais il y a du monde ce matin à l’Institut Océanographique pour le debat sur la disparition des pôles.

 

L’ours blanc est mal barré …


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