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Réinventer la démocratie en changeant le mode de scrutin : une utopie?

Réinventer la démocratie en changeant le mode de scrutin : une utopie? | Think outside the Box | Scoop.it

Elire un président avec le mode de scrutin actuel, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, conduit à des aberrations démocratiques, estiment deux mathématiciens. Ils proposent un nouveau système, plus représentatif: le "jugement majoritaire".

Et si les deux vainqueurs des primaires américaines n'avaient jamais dû être désignés candidats? La question est brûlante. Elle a été posée en mai dernier par un chercheur français, mathématicien et professeur à Polytechnique, Rida Laraki. Ce spécialiste de la théorie des jeux a conçu avec un collègue américain, Michel Balinski, un système de vote dont l'objectif est de gommer les défauts des systèmes électoraux actuels. Ils y travaillent depuis 2002. Et selon eux, l'affrontement entre Clinton et Trump n'aurait jamais dû se produire si le système avait mieux fonctionné. 

Noter tous les candidats sans les classer

Leur invention s'appelle le "scrutin à jugement majoritaire". Il repose sur un système de notes attribuées à chacun des candidats, sur une échelle de valeurs. Chaque électeur s'exprime sur chaque candidat, en lui attribuant une mention. Par exemple, "excellent", "bien", "moyen", "mauvais", "très mauvais". Pour chaque candidat, on calcule la mentionmédiane (et non pas la moyenne, qui favoriserait trop les centristes et le vote stratégique), c'est-à-dire celle qui recueille au moins 50% des suffrages. En cas d'égalité, on départage selon le meilleur pourcentage obtenu.  

 
 

Mettons qu'un candidat recueille 12% de mentions "excellent", 20% de "bien", et 19% de "moyen", sa mention médiane est "moyen" car plus de 50% des électeurs ont estimé que ce candidat était "moyen" ou mieux. 

Il y a d'autres subtilités -regardez la vidéo ci-dessous pour connaître tous les détails-, mais pour simplifier, les deux chercheurs sont parvenus à la conclusion que le "jugement majoritaire" réussissait à éviter les principales aberrations de tous les autres systèmes de vote. Autrement dit, c'est le scrutin qui parviendrait le mieux à mesurer le soutien populaire.  

Le scrutin majoritaire, démocratique? Pas tant que ça

 

Il se trouve qu'en appliquant cette méthode aux primaires américaines, les deux chercheurs montrent que ce sont plutôt John Kasich et Bernie Sanders qui auraient dû remporter les primaires. Le calcul est certes très théorique, puisqu'il se base sur les réponses à un sondage du Pew Research Center, datant de mars 2016, dont une question simulait un vote par jugement majoritaire. Il est cependant dérangeant d'observer que par cette méthode de scrutin, Clinton et Trump arrivaient bons derniers. 

Les deux mathématiciens démontraient également pourquoi, bien que les mentions de Clinton dominent celles de Trump, ce dernier pouvait remporter quand même l'élection haut la main, en raison des défauts techniques du mode de scrutin américain.  

 

Donner de la place aux petits candidats sans fausser le jeu

Le vote par jugement majoritaire, soutenu par le think tank de gauche Terra Nova depuis 2011, et adopté cet automne par la primaire citoyenne "Laprimaire.org" (11 000 votants) pour désigner son candidat à la présidentielle française, a plusieurs avantages que l'on peut facilement appréhender sans être mathématicien.  

Il permet d'éviter que les "petits" candidats faussent le jeu électoral en excluant du deuxième tour ou en éliminant un candidat qui aurait probablement gagné en duel contre l'autre candidat "dominant" . Comme ce fut le cas en 2000 quand Bush a été élu en raison des votes pour Ralph Nader, ou en 2002 en France avec le second tour Chirac - Le Pen.  

C'est d'ailleurs à ce moment-là que Michel Balinski a commencé à étudier la question. En réalité, il est probable que l'application du jugement majoritaire ait changé tous les deuxièmes tours récemment. "On aurait peut-être eu Bayrou au deuxième tour en 2007", indique Rida Laraki, qui précise que ses travaux ne poursuivent aucune logique partisane. Les élections politiques ne sont qu'un domaine particulier d'application, parmi d'autres -le classement des vins et le patinage artistique, notamment.  

 

Encourager la participation, éviter le vote par défaut

Une des raisons est que ce système permet de mieux représenter les électeurs, y compris ceux qui votent pour des candidats mineurs, puisqu'il offre la possibilité de s'exprimer sur tous les candidats sans en exclure aucun. On peut tout à fait classer premier un petit candidat et deuxième un candidat dominant. Les deux opinions ont un poids dans le résultat final. Cela permet en outre d'éviter le recours à des stratégies consistant à compenser les biais du système, comme le fameux "vote utile", frustrant, et le côté "défouloir" du premier tour qui fausse le deuxième.  

Les promoteurs du jugement majoritaire estiment aussi que ce système encouragerait la participation. Enfin, il limite l'intérêt du vote blanc, puisqu'il suffit de voter que tous les candidats sont mauvais pour exprimer à peu près la même conviction, ce qui pèserait davantage dans le résultat final qu'un vote blanc non comptabilisé. Si en plus on rajoute une mention "sans opinion", on traduit bien plus finement les sentiments des électeurs.  

"Aujourd'hui on a des méthodes de vote qui conduisent à devoir choisir entre deux candidats que l'on n'aime ni l'un ni l'autre. Ce sont des votes par défaut. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Avec le jugement majoritaire, le législateur aurait l'option de faire annuler une élection si aucun candidat ne recevait de mention positive. Je crois que c'est très important", explique Rida Laraki.  

 

"Cela casse tous les codes"

Dans une démocratie représentative en crise, de plus en plus de voix s'élèvent pour appeler à réformer les institutions. Cela pourrait passer notamment par une réforme du scrutin uninominal à deux tours pour l'élection présidentielle. On parle de vote obligatoire, de prise en compte du vote blanc. Certains universitaires ou politiques proposent même de remplacer certaines élections par un système de tirage au sort.  

Au milieu de toutes ces propositions, le vote par scrutin à jugement majoritaire semble avoir sa place. "Il mériterait d'être testé grande échelle, juge David Guez, cofondateur de la plateforme Laprimaire.org. Mais avec beaucoup de pédagogie, car cela casse tous les codes. Mais quitte à faire une nouvelle expérience démocratique, autant faire vraiment quelque chose de neuf." 

Pour l'instant, les grands partis ne mordent pas à l'hameçon... Seul Nouvelle Donne l'avait inclus dans son programme. Rida Laraki a également reçu des marques de sympathie centristes, dont celles de Jean Lassalle. Mais pour déclencher l'étincelle, "il faudrait une pétition citoyenne", estime-t-il. En attendant, il poursuit ses travaux et rêve d'un test grandeur nature sur une élection comme les primaires de gauche ou de droite.  

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En 2 mois, les ennemis d'Hillary Clinton sont tous morts naturellement 

En 2 mois, les ennemis d'Hillary Clinton sont tous morts naturellement  | Think outside the Box | Scoop.it

Le 8 novembre 2016 les élections américaines vont se terminer avec le choix d’un nouveau président ou d’une nouvelle présidente. Comme tous les candidats précédents, Hillary Clinton et Donald Trump montrent au peuple un visage pacifique et ils promettent la paix mondiale.

 

 
 

Cela n’a rien à voir avec la réalité, et le passé de Hillary Clinton le montre clairement. Car c’est elle qui a soutenu la guerre en Irak avec beaucoup de zèle sous Georges Bush. De même quand elle était ministre des Affaires étrangères sous Barack Obama elle a joué un rôle clef dans les attaques de l’OTAN contre la Libye. Elle s’est aussi montrée ennemi juré de l’Iran. Elle a dit en 2008 :

« Si je deviens présidente, nous attaquerons l’Iran !! »

Il est sûr et certain que nous allons voir ce que Donald Trump et Hillary Clinton entendent par paix mondiale. En voici un petit aperçu :

Depuis juin 2016 les cas de décès se multiplient dans l’entourage de Hillary Clinton. Les 6 hommes dont les noms suivent sont morts parce qu’ils ont essayé de révéler les pratiques criminelles des Clinton :

 

– John Ashe, ancien président de l’Assemblée générale des Nations Unies entre 2013 et 2014, aurait dû être un témoin pour des transferts d’argent illégaux de l’homme d’affaire chinois Seng vers le Comité démocrate sous le président Bill Clinton. Il n’a jamais pu dénoncer tout cela devant la justice. Selon l’ONU il est mort le 22 juin d’un arrêt cardiaque, ce que les policiers locaux ont démenti.

 

– Mike Flynn, journaliste d’investigation, est mort le 23 juin de manière mystérieuse. Le jour de sa mort, son article sur la fondation des Clinton avec ses nombreuses succursales partout dans le monde y compris à Hong Kong, a été publié. En échange de cadeaux politiques la fondation des Clinton a été soutenue financièrement par des hommes d’affaires chinois et par le gouvernement chinois de Pékin.

 

– Seth Rich a fait des recherches sur le trucage des votes du Comité démocrate. D’après ses recherches, le Comité a manipulé les pré-élections avec des moyens criminels en faveur d’Hillary Clinton. Le 10 juillet il a été tué pour des raisons inconnues.

 

– Joe Montano, ancien dirigeant du Comité démocrate, est mort le 25 juillet à l’âge de 47 ans d’un arrêt cardiaque. Sa mort est survenue juste après que Wikileaks ait publié des informations sur les trucages des élections du Comité démocrate. Des membres de celui-ci disent que Joe Montano savait trop de choses sur le scandale du Comité.

 

– Victor Thorn a écrit des livres sur les abus sexuels de Bill Clinton et sur des preuves de plus en plus nombreuses des meurtres qui ont eu lieu dans l’entourage d’Hillary Clinton. Le 1er août, il se serait suicidé par balle. –

 

Shawn Lucas est mort le 2 août pour des raisons inconnues jusqu’à présent. Il prétendait que les élections étaient une escroquerie.

 

Chers téléspectateurs, d’un côté ces cas de morts sont tragiques, mais d’un autre côté, ce qui est aussi tragique, c’est que les grands médias occidentaux n’en parlent pas. Et pour cette raison la question se pose de savoir s’il s’agit seulement de coïncidences tragiques ou bien d’une conspiration qu’on ne peut plus nier ?

 

de sak/ka

 

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2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection?

2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection? | Think outside the Box | Scoop.it

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, signerait la mort de l'élection présidentielle. Les gladiateurs ont remplacé les César, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation.

En politique comme en football, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne à la fin; mais en football comme en politique, seule compte la victoire. Le résultat marque l'Histoire, la manière ne marque que les esprits. Et pourtant, c'est elle qui engendre l'envie de supporter, d'applaudir, de participer. En 2017, le verrouillage de la campagne présidentielle serait un crime contre l'esprit démocratique et une menace pour l'avenir du pays. Ce scrutin, le plus important de notre République, le sera plus que jamais l'an prochain. Or, alors qu'ils partent en vacances, les Français sont peut-être en train de se faire voler leur élection. 

 

NOTRE DOSSIER >> Élection présidentielle 2017 

 

En effet, même si tout demeure possible, y compris l'impossible, dans les dix prochains mois, les partis rouillés mais puissants écrivent déjà le scénario dont les électeurs ne veulent pas, celui d'une présidentielle animée par les cinq mêmes candidats qu'en 2012.Nicolas Sarkozy, par son ardeur, fait fondre à grande vitesse la motte de beurre sondagière du juppéisme et pourrait sortir de l'été en favori de la primaire. Si le maire de Bordeaux ne montre pas plus de désir de diriger le pays, les électeurs l'abandonneront: pourquoi confier notre destin à quelqu'un qui n'embrasse pas le sien? 

Vers une élection discréditée

François Hollande, lui, a tant désossé les écologistes et divisé les socialistes qu'il est le moins faible de tous les prétendants de son camp, assis sur une miette d'opinion dont il veut faire un char d'assaut. Si Arnaud Montebourg n'incarne pas autre chose qu'un trublion souverainiste, le président sortant gagnera la primaire de ratificationqu'il a imaginée, faute de combattants. 

 

Jean-Luc Mélenchon est déjà en lice, qui paralyse toute candidature communiste: coucou dans le nid des cocos, il est le candidat obligé de la France rouge. François Bayrou se présentera si Nicolas Sarkozy gagne la primaire et met d'autant plus d'éloquence à vanter les mérites de Juppé qu'il est certain de le voir battu. Enfin, Marine Le Penne voit qu'une différence entre 2017 et 2012: cette fois, les sondages lui promettent tous une présence au second tour... 

Hollande, Sarkozy, Bayrou, Le Pen, Mélenchon: alors que le monde est en permanence bouleversé, que tous les repères s'envolent, une telle affiche serait un discrédit pour l'élection elle-même. Elle entraînerait une forte abstention dès le premier tour, facteur favorable, après tant d'autres, à Marine Le Pen.  

Suivrait l'envoi à l'Elysée d'un président à la légitimité écornée: battre Le Pen au second après avoir rassemblé 25% des suffrages exprimés au premier tour d'une élection marquée par 40% d'abstention, c'est représenter tous les Français en ayant eu la préférence de 1 sur 10... Arithmétiquement vainqueur et juridiquement incontestable, un tel chef d'Etat serait-il politiquement légitime? 

Détournement de scrutin

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, incapable néanmoins de l'emporter au second, signerait la mort de l'élection présidentielle, jadis agora suprême où se nouait le lien entre un peuple et un chef, désormais champ clos des partis. Ce détournement de scrutin se voit déjà dans les primaires, inventées par les appareils pour masquer leur obsolescence: incapables de fournir des idées, les voici agences d'événementiels! Les gladiateurs ont remplacé les Césars, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation. 

Contre cette confiscation démocratique, les citoyens, s'ils ne peuvent choisir l'affiche, peuvent encore écrire les dialogues. Si le peuple impose des idées neuves à des candidats qui ne le sont pas, tout n'aura pas été vain en 2017. 

 

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Urgence : réformer la démocratie pour débloquer la France 

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Des syndicalistes de la CGT ont bloqué l'accès au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), le 23 mai 2016.

 

 

 

La France donne ces jours-ci une bien piètre image d’elle même. Celle d’un pays bloqué qui, au fond, n’a guère changé dans ses structures bureaucratiques et politiques depuis les années 1970. Il est urgent de changer de logiciel politique.

Il faudrait relire le travail du sociologue français Michel Crozier (disparu en 2013) dont les titres de livres, publiés dans les années 1970, résument assez bien le diagnostic qu'il faisait des tares françaises : C’était justement (déjà) "La société bloquée", ou bien "On ne change pas la société par décret", formule qui est entrée dans le langage commun. Crozier y dénonçait déjà l’archaïsme de notre administration et l’impuissance de nos politiques à réformer la France dans une période de grands bouleversements.

Dans "L’acteur et le système", il décortiquait les stratégies des organisations dédiées à l’action collective (syndicats par exemple) pour tenter de se faire entendre face à l’impossibilité de réformer dans la négociation, dénonçait l’arrogance des hauts fonctionnaires, formés dans les mêmes écoles, et dont les performances ne sont jamais évaluées, l’autoritarisme du politique, etc.

En 2016, on en est encore là. La loi travail dite "El Khomri" partait pourtant d’un constat de bon sens. Pour relancer réellement l’économie française qui n’est plus tirée par l’industrie ni la consommation de biens d’équipement "made in France", mais par l’innovation, le pays doit améliorer sa compétitivité, et les entreprises gagner en souplesse.

Cela suppose qu’elles puissent détruire des emplois devenus obsolètes pour en créer de nouveaux, davantage tournés vers les aspirations des consommateurs et celles du marché mondialisé. Or, les jeunes générations veulent consommer moins, mais mieux (plus écologique notamment, plus "futé"). Il faudrait aussi redistribuer les revenus en leur faveur, alors qu'aujourd’hui, ce sont  les retraités qui voient leur part dans revenu national augmenter. Cela nécessite de remettre à tout prix les jeunes au travail, et de lever les freins à leur embauche. Dans cette optique, remplacer la notion de sécurité de l’emploi par celle de sécurité des parcours professionnels (c’est-à-dire l’accompagnement des périodes de chômage par la formation) était essentiel, car la moitié des emplois de 2030 n’existent pas encore.

 

Sortir de l'impasse démocratique

Or, malgré le compromis passé avec la CFDT, principal syndicat réformiste, le gouvernement a échoué à faire adopter une version pourtant très allégée de son projet par une majorité de l’Assemblée Nationale. On a vu, fait inédit, une minorité de députés socialistes tenter de déposer une motion de censure contre le gouvernement qu’ils étaient censés soutenir.

Bien sûr, l’article 49-3 fait partie de l’arsenal constitutionnel, et a été utilisé par presque tous les gouvernements de la Ve République toutes tendances confondues. Il permet théoriquement au pouvoir exécutif de ne pas être éternellement esclave d’une obstruction du parlement.

Seulement, lorsqu’il ne s’agit plus juste d’un obstacle ponctuel sur un texte de loi (ou sur le budget), mais d’une opposition systématique, fondamentale, animée par une frange croissante de la majorité (les frondeurs) contre la ligne politique suivie ("la ligne social-libérale") ; quand celle-ci est, par dessus le marché, en décalage total avec les engagements sur lesquels s’était fait élire le Président de la République il y a quatre ans ; quand celui-ci n’a plus le soutien que de moins de 20 % de l’opinion publique (d’ailleurs en désaccord avec le projet de loi en question), et qu’il lui reste à peine une année de mandat, il faut se rendre à l’évidence : Pour sortir de l’impasse démocratique qui empêche de gouverner, il faut que le pouvoir retourne devant les électeurs. Il peut le faire de deux façons : soit le Président (qui est l’arbitre du système) demande au peuple de se prononcer par référendum sur le projet de loi qui divise et, implicitement au moins, il met sa démission dans la balance ; soit il dissout l’Assemblée Nationale. Tel est l’esprit de nos institutions. Si le pouvoir ne s’y résout pas, c’est qu’il sait que le résultat lui serait fatal dans les deux cas et qu’il cherche à gagner du temps dans l’espoir d’un miracle économique et électoral – fort improbable d’ailleurs – dans l’année qui vient. Mais ce faisant, il place ses intérêts avant ceux de la France qui a un besoin urgent de ces réformes et d’un gouvernement jouissant d’une légitimité nouvelle pour les accoucher. De ce point de vue, on ne dira jamais assez combien fut tragique le gaspillage par François Hollande de ses deux premières années de mandat, celles où il est le plus facile de réformer (ou le moins difficile, dans le cas français).

Nous allons vivre dans ce climat d’affrontement et de violence pendant les semaines et peut-être les mois qui viennent. Entre deux clans qui cherchent à passer en force : le gouvernement avec le 49-3, sa police qui réprime brutalement les manifestations, et la CGT qui tente de prendre le pays en otage en s’en prenant aux transports publics et aux raffineries, et, derrière elle, les anarchistes et les casseurs qu’elle ne contrôle plus et qui veulent casser du flic. C’est affligeant, et au final, c’est la France qui recule, car le reste du monde ne l’attend pas.

 

Changer la "machine à décider"

Le mouvement "Nuit debout" qui, victime de son indigence intellectuelle, est en train de s’épuiser, a néanmoins réussi à attirer la mansuétude, sinon la sympathie car il indique qu’il y a dans la jeunesse une aspiration profonde à un bouleversement de la pratique politique. Les jeunes élites instruites de 2016 ne peuvent en effet plus accepter d’être dirigées d’en haut comme il y a quarante ans.

Il ne faut pas désespérer des hommes politiques. On peut encore en trouver, rares il est vrai, qui réfléchissent et portent le bon diagnostic. Malheureusement ce ne sont pas forcément ceux qui se destinent aux plus hautes fonctions. Prenez Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur. Ce n’est pas une vedette médiatique, ni un poids lourd du gouvernement et c’est bien dommage.

Dans une interview au Journal du Dimanche, Thierry Mandon vient de parler d’or. Que dit-il ? En bon lecteur de Crozier, que notre système politique est complètement obsolète, à bout de souffle. Car, s’il n’a pas ou très peu évolué en un demi siècle, le pays c’est-à-dire ses habitants, eux, ont profondément changé. Ne serait-ce que la proportion de diplômés de l’Université qui a plus que doublé (de 20 % à 44%). D’où, d’abord cet insupportable sentiment de frustration face au chômage et à la précarité. Et puis, ces Français davantage instruits acceptent de moins en moins – à la différence leurs aînés – d’être gouvernés par le haut, et que leur vote, une fois tous les cinq ans, ait valeur de blanc-seing en les dépossèdant de leur participation au débat. C’est d’autant plus vrai que les corps intermédiaires (syndicats, parlement) représentent de moins en moins le pays réel, politiquement comme sociologiquement.

Face à des citoyens mieux informés et mieux armés pour appréhender la modernité et maîtrisant de mieux en mieux les outils numériques et les réseaux sociaux, le fonctionnement politique est daté, archaïque. Les universitaires, les chercheurs, plus nombreux, ne sont pas suffisamment écoutés dans le processus d’élaboration de la loi et des normes, les études d’impact sont bâclées, le processus d’élaboration et d’exécution des lois trop long, et la bureaucratie toute puissante. Conclusion : la plupart des lois qui s’en sortent sont inapplicables.

Thierry Mandon se prononce pour des lois votées "à l’essai" qui reviendraient devant le parlement pour être améliorées et pour un "spoil system" à la française : la majorité politique nouvellement élue changerait la haute administration pour y placer des hommes et des femmes qui partagent son agenda politique. Cela aurait pour conséquence d’éviter ces cabinets ministériels pléthoriques conçus pour déjouer les piège d’une bureaucratie intouchable qui n’en fait qu’à sa tête et s’y connaît pour démolir ce qui la défrise. Mandon plaide aussi pour changer le profil d’une partie des fonctionnaires qui viennent toujours des mêmes milieux et surtout sont passés par les mêmes écoles. Bref, estime-t-il, c’est toute la "machine à décider" qui est à revoir pour y associer davantage ce qu’on a parfois appelé "les forces vives". Thierry Mandon y voit l’enjeu principal de l’élection présidentielle de 2017. Il pense que la gauche est mieux placée que la droite pour l’incarner car, dit-il, "n’importe quel Zorro des Républicains ira droit dans le mur". Pas faux. Mais le système étant ce qu’il est, ne pouvant défendre ses idées lui-même et se lancer dans la course, il ne peut que faire un énième "rapport au Président de la République", lequel, à supposer qu’il s’en inspire ne servira à rien à un Président qui, n’ayant rien fait pendant cinq ans, se trouve fort mal placé pour incarner cette mue démocratique.

Et nous voici donc condamnés à assister, médusés, à ces images d’un autre siècle de face à face musclés entre CRS et cégétistes devant les dépôts pétroliers, ou de voitures de police brûlées, dans un pays qui donne l’impression d’être figé dans son passé et, pire, de ne plus avoir toute sa tête.

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La primaire citoyenne ou la fin programmée du parti socialiste 

La primaire citoyenne ou la fin programmée du parti socialiste  | Think outside the Box | Scoop.it

Après le vote du Conseil national du parti socialiste approuvant à l’unanimité le projet

...

la machine socialiste avance désormais  en plein brouillard.

...

si les socialistes réfléchissaient une seconde....

....

ceci est un jeu de poker menteur ;

.... 

ceci ne contribue pas à relever le niveau de la politique.

....

tout ceci n’est que jeu de dupes

...

La primaire de 2011 était non pas une « primaire citoyenne », comme on la nomma à l’époque, bien à tort d’ailleurs...

...

mais une primaire socialiste. C’est un parti donné qui organise l’ensemble de la consultation et en fixe souverainement les règles. Dans le cadre, certes lâche, des positions du parti,...

 

---

d’intérêts partagés.

 

...

être «  de gauche » ce qui, convenons-en, n’a plus beaucoup de consistance idéologique ni de signification politique.

...

ils profitent largement de la tribune offerte par le parti socialiste pour venir l’y accuser des pires turpitudes.

...

Les socialistes auront beau nous expliquer entre quatre yeux que tout ceci est du cinéma pour les gogos

......

il crée une situation aussi inextricable qu’incompréhensible à un moment où ce qui reste d’électorat socialiste souhaiterait savoir dans quelle direction, entre Macron et Mélenchon, le Parti socialiste entend les conduire.

Jacques Le Bris's insight:

A lire dans son intégralité, l'article que je ne peux reproduire ici trademark oblige : © Telos. Reproduction strictement interdite.

Voilà résumé tout ce qui fait que le Parti Socialiste est mal en point.

Il n'est au pouvoir que pour y rester afin de satisfaire les seuls Apparatchicks du PS et se contrefiche de l'état de la France et des autres Français.

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80% des Français font confiance aux citoyens plutôt qu'aux politiques

80% des Français font confiance aux citoyens plutôt qu'aux politiques | Think outside the Box | Scoop.it

L'étude réalisée par Harris Interactive pour Le Réveil de la France (LRF), un mouvement citoyen nouvellement créé, ne flatte pas l'ego des politiques et confirme la défiance des Français déjà constatée à leur égard. Quels que soient l'âge, la catégorie sociale ou la nuance politique des personnes sondées, 80% d'entre elles jugent aujourd'hui les Français «plus capables de trouver des solutions efficaces à leurs problèmes et ceux de la France» que les personnalités politiques. Les chiffres atteignent 84% chez les 50-64 ans et 91% chez les sympathisants du Front de gauche.

Jacques Le Bris's insight:

Voir le document Harris :

http://www.youscribe.com/BookReader/IframeEmbed?productId=2704851&width=auto&height=auto&startPage=1&displayMode=scroll&documentId=2872790&fullscreen=1&token=

 

 

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En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique

En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique | Think outside the Box | Scoop.it

Photo : © Michalis Karagiannis

 

Les médias occidentaux relaient abondamment les décapitations, les appels au meurtre et les exactions perpétrés par Daech, le pseudo « Etat islamique ». Pourtant, face à cette barbarie, les populations kurdes, arabes ou yézidis de la région de Rojava, au nord de la Syrie, mettent en oeuvre un autre modèle de société, émancipateur, égalitaire, multiconfessionnel, et très démocratique. Une expérience qui pourrait même servir d’inspiration pour ramener la paix dans la région. En attendant, les Kurdes et leurs voisins combattent pour défendre cette utopie concrète, sans véritable soutien international. Entretien avec des chercheurs et activistes qui en reviennent.

Les raisons d’espérer sont rares en provenance de Syrie. Mais en janvier 2015, le monde découvre, ébahi, les images de femmes kurdes en treillis qui participent à la résistance puis à la libération de la ville syrienne de Kobané. Un mouvement démocratique et anti-patriarcal vient de défaire les forces ultra-réactionnaires de l’État islamique, victorieuses ailleurs. Deux modèles de société radicalement différents se font face. Car le Kurdistan syrien fait l’expérience depuis 2011 d’une révolution démocratique inédite.

Assez vite débarrassé des forces du régime de Bachar el-Assad, le mouvement de libération kurde y a développé une organisation politique basée sur la démocratie directe, l’organisation en communes et la libération des femmes. Malgré la guerre, les attaques de l’État islamique (EI), l’embargo turc, sur fond d’indifférence de la communauté internationale, la région poursuit la mise en pratique de ce confédéralisme démocratique, un modèle de société multiconfessionnelle et multi-ethnique, sans État, pour l’émancipation de tous. Entretien avec Ercan Ayboğa et Michael Knapp, co-auteurs de Revolution in Rojava, ouvrage d’enquête militante sur cette révolution en cours au milieu du chaos syrien.

 

Basta ! : Ce qui se passe depuis 2011 dans la région syrienne de Rojava (au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie), représente-t-il le contre-modèle absolu de la violence de l’État islamique ?

Ercan Ayboğa [1] : L’État islamique représente la ligne la plus réactionnaire qui existe aujourd’hui et en Syrie et au Moyen Orient, plus réactionnaire encore qu’Al-Qaïda, et le pôle le plus opposé au mouvement de Rojava. Il y a d’un côté le modèle de société de Rojava, une démarche démocratique et émancipatrice, et de l’autre, l’EI, extrêmement réactionnaire, hiérarchique, misogyne, absolument anti-démocratique, violent, et qui exploite les populations.

Michael Knapp : Rojava ressemble évidemment à une antithèse de l’EI. Mais c’est beaucoup plus profond. L’EI est aussi l’expression du jeu des forces présentes au Moyen Orient. Rétrospectivement, vu de l’Occident, on peut avoir l’impression que le mouvement de Rojava est né en opposition à l’EI. Mais en fait, c’est plutôt l’EI qui a été renforcé par des puissances comme la Turquie, entre autres pour détruire ce projet de Rojava.

 

Comment le projet démocratique du mouvement kurde s’est-il mis en place en Syrie, malgré la guerre civile ? Un compromis a-t-il dû être passé avec le régime de Bachar el-Assad ?

Michael Knapp : Quand la guerre civile a commencé en Syrie, le mouvement kurde n’a pas voulu s’allier à l’opposition. Il soutenait bien évidemment l’opposition démocratique, celle qui misait sur une sortie de crise politique et pas sur une escalade de la violence. Mais il voyait aussi que les forces d’opposition étaient soutenues par la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et les pays occidentaux. C’est pour ça que le mouvement kurde a décidé de prendre une troisième voie.

Du point de vue militaire, les forces combattantes d’autodéfense kurdes sont allées encercler les casernes du régime et leur ont dit : soit vous partez, soit on vous combat. Souvent, les soldats du régime se sont retirés relativement pacifiquement, pensant que les forces kurdes n’allaient pas combattre aux côtés de l’Armée syrienne libre. Le régime a donc préféré poster ses soldats ailleurs. Même s’il y a eu des combats autour des puits de pétrole. C’est dans ce vacuum que le modèle de Rojava a pu prendre naissance.

Les membres de la coalition nationale syrienne et de l’armée syrienne libre reprochent parfois aux structures d’auto-organisation de la région de collaborer avec le régime. Mais il faut comprendre que le mouvement kurde suit un principe d’autodéfense légitime et de primat de la politique civile. Cela veut dire qu’aussi longtemps qu’on n’est pas attaqué, il faut tout résoudre politiquement. C’est aussi la politique suivie par la guérilla du Nord-Kurdistan (Kurdistan turc).

 

Comment s’organise maintenant la vie politique dans la région ?

Michael Knapp : C’est complexe et dynamique à la fois. L’organisation s’adapte aux besoins. Les assemblées des conseils sont le moteur de tout. Il y a plusieurs niveaux de conseils : de rue, de quartier, de la ville… Chaque niveau envoie ensuite des représentants dans les structures du niveau supérieur : des conseils de rue aux conseil de quartiers, des conseils de quartiers aux conseils des villes, puis vers les conseils des cantons et jusqu’au conseil populaire de Rojava. Les communautés s’organisent aussi en commissions à ces différentes niveaux, pour la sécurité, l’économie, la justice…

Les commissions forment comme des ministères au niveau de la région. Les conseils sont toujours doubles, avec un conseil mixte et un conseil des femmes. Le conseil des femmes a droit de veto. Et dans tous les conseils mixtes, il y a une règle de parité, un quota de 40 % au moins pour chaque genre, et le principe d’une double direction, élue, avec une femme et un homme. Si dans une ville, il y a une communauté yézidie ou des communautés arabes, par exemple, ils ont aussi droit à une co-présidence dans les conseils. On a donc souvent une présidence de conseil triple voire quadruple.

Parallèlement aux conseils, il existe un parlement, parce qu’il y a encore des gens qui sont membres de partis et qui doivent aussi pouvoir s’organiser et être représentés. Dans ce parlement, il y a les partis, mais une partie des sièges sont réservés à des organisations de la société civile, associations de défense des droits de l’homme, de la communauté yézidie… Malheureusement, il n’a pas encore été possible de tenir des élections au niveau de toute la région pour désigner par le vote les membres de ce Parlement, à cause de la guerre.

 

D’où vient ce modèle de l’auto-organisation et de confédération démocratique ?

Ercan Ayboğa : Des structures d’auto-organisation communalistes sont nées au Nord-Kurdistan, en Turquie, en 2007-2008. Ces expériences se sont ensuite transmises à Rojava à partir de 2011. Le projet de confédération lui-même vient du KCK (Union des communautés du Kurdistan), une branche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) créée en 2005. L’idée était de démocratiser le mouvement de libération kurde, de s’éloigner d’une structure de parti pour aller vers un mouvement porté par la société toute entière. Le mouvement a profité des héritages historiques comme la Commune de Paris (1871), mais surtout du mouvement zapatiste au Mexique. Avant, le PKK avait une démarche marxiste-léniniste. Le parti a lancé des discussions sur le « confédéralisme » démocratique au début des années 2000.

 

L’écologie joue-t-elle un rôle dans ce mouvement ?

Michael Knapp : L’écologie en est un point central. Pour développer le projet du confédéralisme démocratique, Öcalan (le leader du PKK, emprisonné en Turquie depuis 1999) s’est saisi du principe de l’écologie sociale du militant américain Murray Bookchin. Avec l’idée que le capitalisme est un système qui conduit à la destruction de la planète, et qu’il faut donc construire une économie basée sur une production régionale, écologique et décentralisée.

 

Quelles sont les structures d’émancipation des femmes à Rojava, à côté des conseils de femmes et des brigades féminines des forces d’auto-défense ?

Ercan Ayboğa : Dans chaque ville, il y a une maison des femmes. C’est un centre politique, mais aussi un centre de conseil, avec des séminaires, des cours, du soutien. Il y a aussi de nombreuses coopératives de femmes, des boulangeries, des coopératives textiles, de produits laitiers…

Michael Knapp : Le mouvement de libération des femmes profite aussi aux autres communautés, par exemple aux communautés suryoyes (chrétiens) et arabes. Sur la zone près de la frontière irakienne, il y avait des groupes arabes très conservateurs mais qui sont entrés en conflit avec l’EI et ont demandé aux unités kurdes des les aider à s’en libérer. Du coup, beaucoup se sont joints au mouvement. J’ai vu des unités de formations de ces hommes. Il ne s’agissait pas seulement de savoir-faire militaire, mais aussi de discussions sur les droits des femmes et sur la démocratie directe.

Nous avons aussi rencontré des jeunes femmes des communautés arabes qui ont rallié les forces combattantes d’autodéfense [2]. Elles nous ont dit qu’il y a deux ans, elles ne sortaient pas de leur maison, et maintenant, elles protègent la frontière les armes à la main. Ce modèle de confédéralisme démocratique n’est pas identitaire. C’est pour ça qu’on peut espérer qu’à plus grande échelle, il puisse aussi représenter un modèle de résolution des conflits ailleurs au Moyen Orient.

 

Comment s’organise l’économie ?

Michael Knapp : C’est très difficile notamment à cause de l’embargo imposé par la Turquie. Dans le canton de Jazirah par exemple [La région de Rojava a été découpée en trois cantons : Kobané, Jazirah et Afrin, ndlr] il y a, comme ressources, du pétrole et des céréales. Mais il n’y a pas de raffinerie et presque pas de moulins. Nous avons vu des silos assez pleins pour nourrir toute la Syrie pendant dix ans. Mais les céréales ne peuvent pas être transformés sur place. Une économie collectivisée se développe pourtant, avec des coopératives, qui raffinent, comme elles peuvent, le pétrole, des coopératives agricoles…

Ercan Ayboğa : Les coopératives jouent un rôle toujours plus important à Rojava. Elles sont soutenues par les conseils. Mais l’économie privée est aussi possible, ce n’est pas interdit.

 

Le mouvement reçoit-il des soutiens de l’étranger, du Kurdistan turc, irakien, ou de la communauté internationale ?

Ercan Ayboğa : Il y a quelques médicaments et des outils qui arrivent du Nord-Kurdistan, en Turquie. Mais la Turquie ne laisse passer que peu de choses. Le soutien du Nord-Kurdistan reste néanmoins très important. Les administrations auto-organisées du Nord-Kurdistan soutiennent vraiment Rojava. La ville de Diyarbakir a par exemple envoyé à Kobané des machines de construction, des ingénieurs, un soutien technique. Mais pas officiellement. Sinon, de l’aide arrive d’ailleurs, d’ONG, mais c’est très peu. La communauté internationale dit qu’elle a besoin de l’autorisation du gouvernement syrien pour envoyer de l’aide vers Rojava. Mais les gens à Rojava attendent évidemment plus de soutien international parce qu’ils considèrent qu’ils combattent pour l’ensemble du monde démocratique.

Michael Knapp : Rojava n’a presque pas de moyens financiers, et ne reçoit pas d’aide humanitaire. La communauté internationale dit que le problème, c’est que ce n’est pas un État. Manifestement, aux yeux de la communauté internationale, le système d’auto-organisation de Rojava n’a pas à être soutenu.

 

Pourtant, les forces combattantes kurdes d’autodéfense ont à leur actifs plusieurs succès militaires contre le pseudo État islamique...

Michael Knapp : Dans ces forces d’autodéfense, les gens combattent pour survivre, pour des convictions, et pour un projet de société. Certains ont longtemps combattu au Nord-Kurdistan auparavant. Ils ont déjà beaucoup d’expérience militaire. Mais leur armement est vraiment modeste, en comparaison à celui de l’EI par exemple.

 

Recueilli par Rachel Knaebel

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France VS démocratie

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Territoires Hautement Citoyens, une méthode pour mettre fin à la crise démocratique

Territoires Hautement Citoyens, une méthode pour mettre fin à la crise démocratique | Think outside the Box | Scoop.it

Face à la crise démocratique, l’association Démocratie Ouverte vient de lancer une nouvelle initiative : « Territoires Hautement Citoyens ». Elle vise à accompagner, de façon collaborative, les collectivités territoriales pour opérer une transition démocratique locale en expérimentant des formes de gouvernance ouverte.

 

Président de l’association Démocratie Ouverte, Armel Le Coz est allé dormir chez les maires et les candidats aux élections municipales, ses bagages lestés de questions sur leur vision de la démocratie.

De ce tour de France de plus de 8 000 kilomètres, réalisé d’octobre 2013 à mars 2014, le jeune homme conclut : « la démocratie est en crise ». Son ambition : « élaborer une méthode pour changer les modes de gouvernance dans les territoires. Une méthode qui donnerait, bien en amont de la décision, une nouvelle place aux citoyens ».

Créée en 2012, son association, transpartisane, rassemble une centaine d’acteurs francophones de l’OpenGov. Autant de porteurs de projets désireux d’apporter davantage d’ouverture à la démocratie représentative. Comment ? En misant sur des modes de gouvernance transparents, participatifs et collaboratifs, à l’instar de « Parlements & Citoyens », première initiative de Démocratie Ouverte.

Grâce à cette plateforme, mise en ligne en 2013, chaque citoyen peut contribuer directement à la rédaction des propositions de loi des parlementaires. Dans sa boîte à outils de la transition démocratique locale, l’association vient d’ajouter un deuxième instrument intitulé « Territoires Hautement Citoyens » (1).

Découvrir les territoires démocratiquement innovants

Quesako ? Pour reprendre la définition de Démocratie Ouverte, c’est « un espace sur lequel la bonne coordination entre représentants, citoyens et société civile permet (…) d’atteindre l’objectif de gouvernance partagée ».

Concrètement, c’est un réseau de collectivités territoriales à qui Armel Le Coz propose des visites de territoires démocratiquement innovants, comme Saillans (Drôme) ; des séminaires d’échanges pair à pair entre élus et agents territoriaux ; enfin, des visioconférences pour partager des bonnes pratiques et découvrir des innovations.

Territoires Hautement Citoyens est également un programme destiné aux élus locaux et aux services, impliquant des porteurs de projets citoyens et des citoyens, pour les accompagner dans la transition démocratique de leur territoire.

Diagnostic démocratique

Dans cette optique, l’association a constitué un comité de pilotage composé d’élus locaux, d’agents territoriaux et de citoyens. Le conseil d’administration de Démocratie Ouverte compte des représentants d’institutions locales et nationales : Jean Rottner, président de l’AMGVF Association des Maires des Grandes Villes de France, Claudy Lebreton, président de l’ADF Association des Départements de France, Jean-Paul Delevoye, président du Conseil Économique, Social et Environnemental, etc., des citoyens et des associations (Villes Internet, Oui Share, ou encore le Conseil National du Numérique) et des entreprises (Google, Voxe, etc.).

Ensemble, ils ont mis en oeuvre un diagnostic démocratique et établi une cartographie des acteurs. Puis, un sommet citoyen, rassemblant 5 000 participants, s’est tenu, le 24 octobre 2014, à Mulhouse. L’enjeu consistait à réinterroger les pratiques démocratiques afin de co-construire, en ateliers, une nouvelle façon de faire. C’est ainsi qu’a été élaboré, de façon collaborative, un plan d’action.

Chaque Territoire Hautement Citoyen est invité à renseigner l’état d’avancement de la concrétisation de ses engagements sur une plateforme web dédiée qui propose des données en open data réparties en trois catégories :

  • outils et méthodes,
  • expériences et projets (les réussites comme les échecs),
  • acteurs de la transition démocratique.

Enfin, la collectivité territoriale accepte de se soumettre, à terme, à une évaluation indépendante de la démarche d’ouverture de sa gouvernance.

« Il s’agit d’encourager l’implication citoyenne volontaire et autonome ainsi que les pratiques collectives, en vue de la création de biens communs et de services partagés sur le territoire. Autres avantages pour la collectivité territoriale, résume Armel Le Coz : gagner en efficacité de l’action publique, grâce à l’intelligence collective, et rapprocher les institutions locales des citoyens. C’est le meilleur moyen pour rétablir la confiance dans le politique ».

Jacques Le Bris's insight:
Mulhouse, premier « Territoire Hautement Citoyen »

« Pendant la campagne municipale de mars 2014, j’ai observé l’envie fantastique des citoyens de participer », constate Jean Rottner. Alors, quand le maire de Mulhouse entend parler du projet de Territoires Hautement Citoyens, il est le premier à engager sa commune dans cette dynamique démocratique. « C’est la norme ISO de la démocratie locale » dit-il !

L’objectif vise à repenser, collectivement, le schéma de gouvernance du territoire pour que les citoyens s’impliquent davantage. « La démocratie citoyenne se limite trop souvent à la sanction ou la validation, il faut passer à une démocratie d’action. Nous avions déjà, à Mulhouse, les conseils de quartier et de jeunes, les budgets participatifs, ou encore le bistrot des associations, mais ces outils ne concernent que les « habitants professionnels », il fallait ouvrir encore plus », explique Jean Rottner.

Réinterroger l’organisation municipale - La première étape consiste à réinterroger l’organisation municipale, en recueillant l’avis des élus locaux, des agents territoriaux et en « s’appuyant sur l’expertise d’usage citoyenne ». L’intérêt, à ses yeux : « une meilleure compréhension des politiques publiques par les habitants, laissant la place à leur épanouissement ».

Mais pas question d’imposer un tel changement d’en haut. « Mon rôle est celui d’un animateur du territoire, d’un facilitateur. Je me connecte avec les initiatives qui foisonnent sur le terrain afin de faire le lien entre elles et ainsi créer l’émulation », tel un chef d’orchestre. En d’autres termes « ne plus faire à la place de, mais faire avec, en confiance ». Et de citer l’exemple de Motoco, une pépinière d’artistes, d’artisans et d’entrepreneurs, qui a pris racine sur une ancienne friche industrielle de 100 000 m2, et est en train d’inventer un nouveau modèle économique. Et ce, tout en tissant du lien social, suivant le cahier des charges imposé par la municipalité.

Pas question non plus de récupérer ces initiatives innovantes émanant de la société civile, mais, pour reprendre les mots d’Armel Le Coz, « de les outiller, de les financer, de les mettre en réseau et de leur donner la place dans le schéma de gouvernance de la commune ».

Parmi les pistes envisagées, à Mulhouse, dans le sillage de cette philosophie : la création d’une agence de la vie citoyenne responsable de l’agitation citoyenne, en correspondance avec les services de la ville.

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▶ J'AI PAS VOTÉ

Il y a quelques années, pour la préparation de ce film, une équipe de jeunes gens a réuni (à Paris) et filmé les trois personnes qui, à ma connaissance, travaillent et défendent le plus -en France- le tirage au sort en politique : Yves Sintomer, Jacques Testart et moi. Formidable moment, vous imaginez comme j’étais content.

Nous nous sommes rencontrés à Paris, et ce fut une bien intéressante conversation à trois.

Le film ci-dessus, que je trouve très bien fait (et qui comporte des passages très convaincants et originaux, que des gentils virus isoleront sans doute dans petites vidéos séparées), utilise quelques (petits) fragments de cet entretien parisien.

Dans ce film, très riche en idées dissidentes (il faudrait en rédiger un plan détaillé, sans doute, pour nous aider à fixer ces idées), les interventions de Loïc Blondiaux sont utiles, à la fois modérées et incisives ; et les passages avec Bernard Manin sont émouvants (Manin qui, avec son formidable bouquin « Principes du gouvernement représentatif », a changé la vie de beaucoup de gens).

L’équipe des réalisateurs est en train de bosser sur le film complet de la rencontre Sintomer-Testart-Chouard. J’ai particulièrement hâte de voir cette vidéo-là.

[Edit 12 sept 2014 :
Une bande de gentils virus dévoués et courageux vient de finir le plan détaillé de ce film. Quel boulot ! Merci à eux, vraiment.

http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Sommaire

1 Première partie
1.1 Intro: témoignages et réflexions diverses sur le vote - Voter ou pas ? - Le vote est-il faire un choix ? - Que signifie : ne pas voter ?
1.2 Le vote et les élites
1.2.1 Le vote est le sacre de l'élite (Loïc Blondiaux)
1.2.2 L'élection crée une défiance des citoyens, une démocratie qui va mal (Blondiaux)
1.2.3 Servitude et alignement des gouvernements aux forces de pouvoir ( Kempf, Blondiaux, Aurouet)
1.3 Causes de l'abstention
1.3.1 Débats de fond anéantis, thèmes de campagne immuables, promesses non tenues ( Blondiaux)
1.3.2 Taux d'abstention niés
1.3.3 Politisation des abstentionnistes, choix réduit entre les partis gouvernementaux et les partis protestataires ou extrêmes (Jouary, Aurouet, Brunel)
1.4 Montée des extrêmes
1.4.1 Stratégie de séduction de l'électorat (Liogier)
1.4.2 Thèmes de campagne modernes, dé-diabolisation pour espérer prendre le pouvoir (Liogier)
1.5 Pouvoir du peuple, référendums
1.5.1 Le référendum en tant que leurre du pouvoir du peuple (Jouary)
1.5.2 illusion démocratique du référendum sur la constitution européenne
1.5.3 Pas de loi légitime sans l'appropriation implicite ou explicite du peuple (Jouary)
1.6 Origine et buts de la démocratie des Athéniens au 5ème siècle avant JC
1.7 Mais la démocratie actuelle ?
1.7.1 Le régime représentatif ôtant le pouvoir du peuple n'est pas une démocratie (Jouary, Aurouet)
1.7.2 La démocratie représentative a constitué une alternative entre démocratie et monarchie (Blondiaux, Jouary)
1.7.3 La démocratie représentative, régime combinant des incompatibles : légitimité du pouvoir au peuple mais non décision ou gouvernement par le peuple. (Blondiaux)
2 Deuxième partie
2.1 Révolution et mise en place d'une démocratie bourgeoise : 1789
2.1.1 Origine de la révolution française
2.1.2 Processus de substitution et d'identification entre souveraineté populaire et représentation (Blondiaux, Jouary)
2.1.3 La révolution française - Sieyes contre Rousseau
2.1.4 Le vote en tant qu’élément démocratique du gouvernement, perçu comme une perte de souveraineté (Blondiaux, Jouary)
2.2 L’oligarchie - vote, conservatisme, corruption par l'argent contre l'égalité et la liberté -
2.2.1 Fondement de la légitimité du vote
2.2.2 Éducation au vote et incitation
2.2.3 Droit de vote une conquête ? Et pourtant... (Badiou)
2.2.4 Système oligarchique et conservatisme
2.2.5 Argent corrupteur des démocraties
2.3 Aristocratie élective et peuple incompétent (Manin)
2.4 Les représentants politiques - une classe isolée et un peuple oublié -
2.4.1 Non représentativité réelle du peuple au sein des représentants politiques (Manin)
2.4.2 Peuple oublié et mal informé (Blondiaux)
2.5 La politique une profession ?
2.5.1 Une formation souvent unique
2.5.2 Cumul des mandats et professionnalisation (Jouary)
2.5.3 Oligarchie financière
2.6 Le tirage au sort (Sintomer)
3 Troisième partie
3.1 Conférence de Citoyens
3.2 Épilogue (Sintomer, Testart) - utilité et mise en pratique du tirage au sort

Source et détails : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

Étienne.]

Jacques Le Bris's insight:

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▶ Attentat démocratique

Ajoutée le 9 juin 2014

Petit montage destiné à être projeté dans les lieux publics afin de sensibiliser la population au concept de vraie démocratie.
Intervenants: Jacques BREL, Etienne CHOUARD, Francis DUPUIS-DERI, Michel HOUELLEBECQ, Henri GUILLEMIN, Paul JORION, Cornelius CASTORIADIS
Introduction: http://4emesinge.com/
http://le-message.org/


Jacques Le Bris's insight:

http://www.le-message.org/?lang=fr


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Mots croisés

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En ces jours de manifestations diverses et variées, ou comme aurait dit Astérix " La tortue de César, croise celle de Scipion", il nous paraît utile de revenir a l'essentiel : La France est très malade de sa démocratie et des moteurs supposés de celle-ci, ses élites consanguines, lovées dans les plis douillets de la politique "à vie", des médias d'opinions et de la haute fonction publique.

L'écoute, la fréquentation et la lecture de tout ce beau monde reste néanmoins roborative, si vous prenez le temps, en plus de vous régaler des inepties proférées par des syndicalistes qui ne veulent pas comprendre qu'ils ne représentent qu'eux.
La semaine qui s’achève, mérite une sorte de revue de presse, tirée des ECHOS, de CHALLENGE, de L'OPINION et de l'EXPRESS, un régal vous dis-je!
Il en ressort en effet une nouvelle fois un large consensus sur le diagnostic  de nos maux, sur la forme et le fonds.

Sur la forme, il n'étonnera pas le lecteur, que pour avoir fondé LIBR'ACTEURS qui œuvre pour un "Citoyen acteur de son destin", nous ayons relevé avec intérêt le billet de RP DROIT (LES ECHOS du 31.01) "La politique entre discrédit et grandeur".
On y pointe l'addition des dérives et poisons instillés dans notre démocratie  et un rappel salutaire des fondements de la Grèce Antique à adapter aux apports des NTIC
L'espoir de voir le citoyen prendre conscience qu'il a, par son bulletin de vote, le pouvoir entre ses mains risque d'être déçu, si l'on croise cela avec le trombinoscope dressé par l’Opinion du même jour, et titré "Municipales la nouvelle vague".
A l'heure où l'on rêve de la fin de tout cumul des mandats (hormis celui de Conseiller Municipal de base), à l'heure où l'on veut tordre le cou aux pieuvres "partidaires", on découvre que sous couvert de jeunesse, la majeure partie des postulants au fauteuil de Maire de belles villes, sont des bébés apparatchiks nourris dans l'ombre du parti et pour la plus part déjà titulaires d'autres mandats.

Sur le fonds, aprés la conversion sociale démocrate du Président de la République, nous recommandons ici la lecture croisées, d'un billet d'Eric LE BOUCHER (Les ECHOS du 28.01) intitulé "Quand Hollande réssuscite le Rapport Attali" et  coïncidence, l'édito de ce même J ATTALI dans l'EXPRESS N°3263 du 15.01, avec pour titre "DECIDER" et un sous titre "François Hollande doit sortir de l'ambuguité" .

Là encore, pour nous qui prônons le courage, et avons en son temps soutenu le rapport PEBEREAU, nous ne pouvons qu'appuyer cet appel à une mise en œuvre, sans faiblesse des réformes que la très large majorité des citoyens attend.
Cela commence par la fin du cumul des tous les mandats qui donnera le vrai courage, en évacuant le clientélisme terreau de la réélection, mais surtout cela implique la fin de tous les statuts particuliers et exorbitants et l'affirmation ferme des mission régaliennes de l’État.
SANTÉ/ENSEIGNEMENT (mieux qu’Éducation) / SÉCURITÉ(

intérieure, exterieure et logistique) / FINANCES et CONTROLE.
Pour y pourvoir des fonctionnaires , redéployés et considérés, et des règles strictes de contrôle et de sanctions du respect de la norme édictée.
Le reste relève sans doute de la subsidiarité, de la citoyenneté active de proximité, et devrait nous ramener a cette démocratie athénienne, dans un espace pertinent proche de l'Agora.
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Lettre ouverte aux 43%

Lettre ouverte aux 43% | Think outside the Box | Scoop.it

Selon une étude du Cevipof pour le Monde en date du 17 mars, 43% des moins de 35 ans ne sont pas certains d’aller voter. 43%.

 

Chers jeunes concitoyens, compatriotes, compagnons, camarades, chers jeunes Français,

Le 23 avril se joue l’avenir de la France pour cinq ans et probablement pour plus que ça. Par les bulletins posés sur les tables de toutes les mairies et les écoles de France, vous est donnée la possibilité de faire entendre vos voix. C’est tout à la fois banal et en même temps extraordinaire et finalement crucial pour la France, pour vous, pour ceux qui viendront ensuite et pour ceux qui vous ont gagné cette liberté.

Avoir 20 ou 30 ans c’est pouvoir embrasser tous les possibles, tenter toutes les aventures, « voler, chanter, partir, repartir, souffrir, aimer » et risquer sans jamais avoir à le regretter. A 20 ou 30 ans, le regret est le compagnon de la paresse, le frère de la résignation, l’ami de l’abandon. A 20 ou 30 ans, on ne laisse à personne le soin de voir à sa place, de sentir à sa place, de tenter à sa place… ou de voter à sa place.

Bien sûr, vous pouvez hausser les épaules en prétextant que ça ne changera rien, qu’ils sont tous pareils, que vous n’y croyez pas, que vous n’y croyez plus, que vous avez mieux à faire… mais alors qu’adviendra-t-il le lendemain matin. Que direz-vous, qui serez-vous au cœur de cette République qui aura commencé à faire son choix. Où serez-vous, quand fort d’une élection peut-être gagnée sur le dos de votre abstention, les premières mesures liberticides seront prises, que direz-vous lorsque fort d’une légitimité en trompe l’œil, un nouvel exécutif rabotera vos droits, réduira le champ de vos possibles ou amputera ce que vos parents ou vos grands-parents avaient acquis sur les barricades de leurs combats, sur les piquets de leurs grèves, sur les pavés de leurs manifestations ou dans les tranchées de leurs guerres.

Quoi qu’il arrive le 23 avril prochain, mettez-vous en marche jusqu’à votre bureau de vote et là, faites votre choix, celui de votre génération, celui de vos désirs, celui de votre utopie, de vos croyances ou de votre ambition, mais faites votre choix ; celui de l’avenir que vous voulez pour vous mais aussi pour ceux qui vous admirent en levant les yeux ou en les baissant, faites entendre votre voix, celle de la liberté, celle de l’égalité ou celle de la responsabilité, faites entendre votre voix pour ou contre le nucléaire, pour ou contre l’Europe, pour ou contre le renouvellement, pour ou contre l’ISF, le revenu universel ou la réduction du nombre de fonctionnaires. Ne laissez à personne le soin de parler pour vous, de crier pour vous, d’être citoyens pour vous et finalement de choisir pour vous le visage d’une France et d’une l’Europe que vous ne reconnaitriez plus.

Ce qui se joue le 23 avril vous engage et même vous oblige. On ne peut décemment pas tourner le dos au suffrage librement offert et ensuite venir critiquer le résultat, venir marcher pour protester, venir chanter avec ceux qui ont mérité ce droit par le simple cheminement qui mène de la posture de la critique assise à celle du citoyen, dressé, responsable et digne.

On ne peut pas se rassembler le 11 janvier pour dire non à la barbarie, faire la queue devant un kiosque à journaux pour s’emparer de Charlie qui « pardonnait tout » ou s’asseoir en terrasse le 14 novembre pour faire un bras d’honneur aux barbares en kalachnikov et finalement quelques mois plus tard, se résigner un 23 avril à laisser d’autres choisir à sa place pour finir le cul vissé à son canapé à 20h en pleurant devant les résultats inattendus d’un « hold-up électoral ».

Il y a quelques mois j’ai choisi de soutenir Emmanuel Macron. C’est mon choix, je l’ai fait en conscience, il m’appartient et je le défends non comme bon, mais comme mien. Le 23 avril, comme le faisait mon père et le père de mon père, je prendrai mon fils et ma fille par la main pour aller glisser dans une enveloppe le bulletin qui portera son nom. Peu m’importe pour qui vous marcherez le 23 avril, du moment que vous marchez avec moi, pour la liberté, pour la démocratie, pour « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple », et parce que nous partageons cette nécessité de devoir accepter le choix de l’autre afin que s’exprime pleinement la diversité de nos visions et la complexité de ce qui fait une nation en mouvement.

Ni la loi, ni la morale ne vous obligent à aller voter le 23 avril prochain, mais votre conscience de citoyen, oui.

 

Xavier

 

 

Jacques Le Bris's insight:

Xavier Alberti

Fils, frère, mari et père. Entrepreneur engagé et dirigeant d'entreprise. Membre Fondateur de la Transition et de Jamais Sans Elles.

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Dans 4 jours, Trump sera le 45e président des Etats-Unis !

Dans 4 jours, Trump sera le 45e président des Etats-Unis ! | Think outside the Box | Scoop.it

La presse aux ordres, la presse de l’establishment pourri, aura tout essayé pour éviter ce titre qu’elle mettra, malgré elle, à la une dès le 09 Novembre prochain. Comme je le disais dans cet article (https://ripostelaique.com/les-criminels-clinton-vont-ils-accuser-trump-davoir-viole-des-enfants.html), l’establishment a battu tous les records de la désinformation et de la manipulation de l’opinion publique…

 

D’abord, l’usage notoire et frauduleux d’un serveur privé et personnel à des fins professionnelles et gouvernementales, est strictement proscrit par la loi fédérale américaine. Hillary Clinton (si elle n’était pas une super protégée) aurait fait l’objet de poursuites pénales et/ou de sanctions diverses. Le FBI et le Ministère de la Justice (se fondant sur une curieuse «négligence extrême» de sa part) s’entendirent pour lui faire un beau cadeau (dont ne bénéficient pas les sans-dents), en se déclarant non favorables à l’engagement de telles poursuites. Ensuite , le contenu même des e-mails (délit de corruption, trafic, haute trahison, etc.) peut également lui valoir des poursuites pénales parallèles et la prison. Il s’agit donc d’affaires distinctes en une.

Sans Wikileaks et ses révélations, ce système pourri aurait certainement continué de dissimuler à l’opinion de très nombreux scandales (on ne sait pas tout). Le FBI n’est certainement pas un ami de Trump. Il a pris tardivement ses responsabilités morales pour anticiper et se protéger lui-même. Bien avant la reprise de l’enquête sur les fameux e-mails, il y avait bien une remontée de Trump dans les « sondages ». Tout finissant par se savoir, le FBI préfère sauver la face et éviter une fragilisation plus importante encore après le scrutin. Merci à Wikileaks.

 

Quand une candidate reçoit des questions à l’avance pour un débat, n’est-ce pas du peuple entier et des téléspectateurs que se moque une telle mise en scène? Et qui fait passer son concurrent pour un moins professionnel et un incompétent? Presque tout est truqué et inégal dans cette élection. Au juste, de quel temps de parole dispose le camp Clinton à lui tout seul? Le volume de temps et l’espace médiatique accordés au seul couple Obama, porte à croire que le peuple américain va choisir entre Obama et Trump. Obama qui a déjà voté le 07 Octobre, après avoir encouragé à voter par anticipation, était-il au courant d’une action du FBI de dernière minute? Tous ceux qui ont voté Clinton et qui ont à présent des regrets, n’iront certainement pas tous changer leur vote…

Pour une des rares fois qu’un candidat américain n’est pas un va-t-en-guerre, la politicaillerie lui est hostile, lui reproche de vouloir éviter la guerre avec la Russie…Et préfère distraire l’opinion en mettant en avant des affaires de mœurs et de coucherie.

 

Pour une fois qu’un leader tranche avec le mensonge du « politiquement correct », veut réellement protéger son peuple contre le terrorisme musulman et ses sources, il est traité de « dangereux », « d’islamophobe ». Donald Trump aurait tant voulu aussi s’en prendre au terrorisme catholique, protestant, judaïque ou bouddhiste… Mais comment combattre ce qui n’existe pas?

Ce qui est certain, la victoire de Trump sera la victoire de tous les peuples assoiffés de vérité, contre les « élites » corrompues et les financiers du terrorisme international et des guerres, etc. Et nous allons bien rigoler de toute cette politicaillerie, des journaleux, des merdias, des politolo-menteurs, de la science politique arrogante, dogmatique et déconnectée de la réalité. Mais où iront-ils donc se cacher, ces dirigeants irresponsables et idiots qui avaient pris position en faveur d’Hillary Clinton? Peut-être, présenteront-ils des excuses de la 25ème heure pour sauver la face, comme le FBI…

 

Sango Loba

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Comment les Français veulent révolutionner la démocratie

Comment les Français veulent révolutionner la démocratie | Think outside the Box | Scoop.it
Les Français souhaitent se réapproprier le débat en rendant la démocratie davantage participative © Maxppp / Illustration

La démocratie française pourrait bien être remise en cause dans les années à venir. Ce sentiment, partagé par 72% des personnes sondées, est l'une des conclusions de l'enquête* de l'Observatoire de la démocratie Viavoice, publiée ce jeudi pour la Fondation Jean Jaurès, la Revue civique, France Inter, LCP et la presse régionale.

 
Les citoyens veulent se réapproprier le débat

Les Français sont nombreux à être attachés à la démocratie, puisqu'elle est "importante", voire "très importante" pour, au total, 91% des personnes interrogées, mais ils estiment également que notre démocratie rencontrent plusieurs problèmes majeurs.

Écouter l'extrait

Ce chiffre de 75% est d'autant plus important que les électeurs les plus jeunes et les plus populaires sont aussi ceux qui évoquent le plus les dysfonctionnement de notre démocratie.

 

Pour faire évoluer la démocratie vers un fonctionnement plus "moderne, citoyen, participatif et exemplaire", il faudrait selon eux avoir recours plus souvent au référendum (55% des répondants) et plus particulièrement aux référendums d'initiative populaire, jamais utilisés depuis leur mise en vigueur en 2008 mais attendus par 75% des personnes interrogées.

Pour Jean-Philippe Moinet, le fondateur de la Revue civique et directeur conseil chez Viavoice, c'est le signe que les Français veulent se réapproprier le débat démocratique :

Écouter l'extrait

La consultation en ligne (comme la possibilité de voter pour le budget de la ville de Paris, par exemple), est également attendu par 71% des répondants, tout comme le fait de donner davantage de responsabilité aux collectivités locales (63%).

Le non-cumul des mandats, réforme prioritaire à mener

Mais surtout, les Français sont nombreux à considérer le non-cumul des mandats comme une mesure prioritaire. Attendue par 78% des sondés, cette mesure apparaît comme la plus importante pour les répondants.

Les mesures les plus attendues de l'enquête de l'Observatoire de la démocratie © Viavoice

►►► Retrouvez l'étude complète

*enquête Viavoice menée en ligne auprès de 1.006 personnes composant un échantillon représentatif de la population française de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine, du 5 au 9 septembre 2016.

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Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses” | Think outside the Box | Scoop.it

Professeur de science politique à Paris 8, Yves Sintomer interroge notre système démocratique actuel, où citoyens et élus n'ont plus prise sur les décisions importantes. Et avertit : si on ne redonne pas du pouvoir au peuple, on court à la catastrophe.

(...)

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«Le PS et Les Républicains se protègent de la montée de la société civile dans l’opinion française»

«Le PS et Les Républicains se protègent de la montée de la société civile dans l’opinion française» | Think outside the Box | Scoop.it

La «modernisation» des règles de la présidentielle 2017, adoptée le 24 mars par l’Assemblée nationale est un déni de démocratie, selon Claude Posternak, fondateur du site L’important.

 

RT France : Vous avez publié une tribune sur le site la-transition.froù vous dénoncez la loi qui modifie les règles de la présidentielle. Pourquoi êtes-vous indigné ?

Claude Posternak : On peut employer le terme «indigné» à deux niveaux. D’abord, au niveau de la forme. Il faut savoir que les règles qui ont été dictées pour conduire les actes de candidature à la présidentielle ont été votées par l’ensemble des Français en 1962 par un referendum. Donc ce qui est vraiment choquant, c’est de changer ces règles en catimini la veille d’un premier long weekend en France (celui de Pâques), alors qu’à l’Assemblée étaient présents vingt députés, sur ces vingt députés onze députés socialistes ont voté, appuyés par l’abstention de deux députés des Républicains. En fin de compte, c’est le parti socialiste qui a eu l’initiative de ce texte, soutenu implicitement par les Républicains, puisque les deux grands partis français – le PS et les Républicains – aujourd’hui se protègent de la montée de la société civile dans l’opinion française.

Le Parti socialiste, aidé par les Républicains, cadenasse le système

C’est choquant dans la démarche : onze députés français choisissent pour quarante-cinq millions d’électeurs ! Sur le fond, c’est tout aussi choquant, puisqu’il y a deux dispositions qui vont permettre d’écarter peu à peu soit les candidats des petits partis, soit les candidats de ce qu’on appelle la «société civile» qui deviennent de plus en plus importants. Dans ma tribune je reprends une étude qui prouve que 78% des Français sont totalement prêts, aujourd’hui, à voter pour un candidat à la présidentielle qui ne soit pas issu ou soutenu par un parti politique. Aujourd’hui il n’y a que 8% des Français qui ont confiance dans les partis politiques. Il y a quelque chose de profond en train de se passer dans la société française. Et, pour éviter ce courant profond dans la société française, le Parti socialiste, aidé par les Républicains, cadenasse le système.

 

RT France :Comment ?

Claude Posternak : Le premier niveau, c’est un changement de procédure dans la nomination des 500 candidatures, puisque aujourd’hui pour se présenter à la présidentielle il faut avoir 500 parrainages. Ce système des 500 parrainages aujourd’hui changent, puisque ce ne sera plus au candidat de récupérer ses mandats, ce serait directement à l’élu de l’envoyer. Il faut protéger absolument les élus puisque, à 90% aujourd’hui, ces élus n’étaient pas dans l’obligation de révéler qui ils soutenaient. Ça c’est la démocratie : une personne est plutôt marquée à gauche peut donner un parrainage à droite, estimant que c’est là un respect de la démocratie. C’est ce qui a permis au Front national de pouvoir être présent aux présidentielles dans le sens où certaines personnes qui n’étaient pas d’accord avec le parti pensaient que le FN méritait d’être à la présidentielle. Donc le premier problème est une question de fond.

 

Il y a un transfert thématique – on passe d’égalité à équité 

Le deuxième problème est la remise en cause d’un principe même de la République Française, l’égalité. C’est-à-dire qu’il y a un transfert thématique : on passe d’égalité à équité avec un temps de parole des candidats défini en fonction de leur «importance». Donc on considère qu’il y aurait des candidats dits «sérieux», qui auraient droit à un grand temps de parole, et d’autres candidats à la présidentielle «non-sérieux», qui n’auraient pas droit à ce temps de parole. Or, ce sont les candidats sérieux qui ne tiennent pas leurs engagements. Il serait beaucoup plus important de donner la parole aux personnalités du monde civil, en qui vous avez confiance aujourd’hui pour nous sortir de la crise. C’est unique, c’est un cheminement anti-démocratique, c’est pour ça que j'exprime cette colère. Et je ne suis pas le seul.

 

RT France : Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’écho dans les médias sur cette loi ?

Claude Posternak : D’abord pour une raison objective, c’est le moment du weekend de Pâques, les journaux ne travaillent pas. Et puis, c’est vrai que le système médiatique aujourd’hui est bien dans le confort d’un rapport classique de droite et de gauche. On peut avoir des tonnes d’émissions à la télévision, on va expliquer : «Vous comprenez, les Français attendent autre chose, ils veulent plus de société civile». Ils vont en discuter, les médias. Mais regardez le nombre d’invités de la société civile qui viennent en parler : il n’y en a pas. Donc, il y a ce décalage entre un système global qui cadenasse et de l’autre côté une société civile qui dit : il faut transformer ce pays, ce pays ne peut pas continuer de la façon dont il fonctionne, on ne peut pas continuer avec 6 millions personnes inscrites au Pôle Emploi, en disant qu’on a tout fait pour l’éviter.

Le peuple a toujours raison, que ça plaise ou pas

 

RT France:  Pensez-vous que, au regard de cette loi, ce soit perdu pour les «petits candidats» qui se présentent à la présidentielle 2017 ?

Claude Posternak : Il y a déjà une mobilisation qui se fait contre ce projet de loi, on va voir ce que cela va donner. Et puis, le peuple a toujours raison. Que ça plaise ou non, on ne peut pas aller contre le peuple. A un moment donné, le peuple se fait entendre. Donc, il faut que la société civile fasse comme elle l’avait fait au sein du Conseil national de la Résistance : des gens de droite et de gauche réunis au sein du Conseil national ayant élaboré un compromis. Il faut créer un nouveau compromis. Il faut créer un nouveau partage de la société française, comment on repense, avec des données qui sont extrêmement simples – la mondialisation et tous les sujets liés à l’insécurité, liés à l’identité etc. 

 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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Lettre ouverte à la classe politique : «Écoutez la société civile !»

Lettre ouverte à la classe politique : «Écoutez la société civile !» | Think outside the Box | Scoop.it

FIGAROVOX/LETTRE OUVERTE - Une enquête du CEVIPOF révèle que 82% des Français ont une vision négative de la politique. Pour Alexandre Malafaye, le système politique français doit être repensé pour permettre à la société civile d'agir.

 

ÉCOUTEZ-NOUS!

Écoutez la société civile.

Cette lettre ouverte est destinée à tous ceux qui dirigent la France et tentent de la gouverner depuis trois décennies, car il est urgent de faire évoluer l'art et la manière de faire de la politique.

Soyons francs. À tort ou à raison, les Français, dans leur très grande majorité, n'ont plus confiance dans leurs dirigeants politiques et syndicaux.

Pour s'en convaincre, il suffit de lire le baromètre de la confiance politique Sciences Po - CEVIPOF publié chaque année en janvier.

De surcroit, les solutions proposées par les gouvernements successifs semblent inefficaces. L'état des indicateurs économiques et sociaux de la France, qui sont au rouge vif et se dégradent année après année, en atteste.

Dans nos villes et nos campagnes, la colère des Français monte, et leur exaspération se renforce chaque jour devant le spectacle de l'impuissance publique camouflée dans un étrange brouhaha politico-médiatique.

Élection après élection, la représentativité des élus paraît de plus en plus fragilisée, et avec elle, sa légitimité à agir au nom du peuple.

La liberté, l'égalité et la fraternité sont désormais l'apanage d'une minorité privilégiée et nantie. C'est ce que les Français ressentent, et cela nous alarme !

Certains hommes politiques de premier plan estiment que le résultat des élections régionales n'est qu'un «coup de gueule», une «poussée de fièvre». La clairvoyance devrait pourtant les amener à y déceler le signe avant-coureur d'une lame de fond populaire.

Quant aux grands discours sur les valeurs de la République française, ils sonnent faux. La liberté, l'égalité et la fraternité sont désormais l'apanage d'une minorité privilégiée et nantie. C'est ce que les Français ressentent, et cela nous alarme!

Une réponse immédiate s'impose donc. Mais nous sommes bien conscients que l'exercice du pouvoir est complexe et qu'il serait aussi fou de jeter le bébé avec l'eau du bain, que de patienter tranquillement jusqu'à la prochaine révolution.

Nous ne pouvons nous résigner à attendre le second tour de l'élection présidentielle de 2017 et un résultat déprimant pronostiqué à l'envi.

Seize mois pour la classe et le temps politique, c'est court, mais c'est presque une éternité pour ceux qui vivent au présent, sans comprendre où va leur pays.

Face aux difficultés économiques, sociales et éducatives qui frappent la France de plein fouet, face à une

Le temps n'est plus aux débats sans fin et à la politique traditionnelle, mais à l'action.

cohésion nationale sur le point de se déliter, le temps n'est plus aux débats sans fin et à la politique traditionnelle, mais à l'action. Nos compatriotes attendent bien plus que des mobilisations dans l'urgence. La gravité de nos problèmes mérite un autre traitement, à la mesure des périls qui nous guettent et ne manqueront pas de nous mettre à l'épreuve.

La France n'est pas ingouvernable, comme on l'entend trop souvent. Sa réussite et sa capacité à inventer une nouvelle forme de prospérité, plus juste et mieux partagée, sont simplement entravées par un système de gouvernement qui n'est plus adapté.

Le temps est venu de gouverner autrement, de faire de la politique autrement, main dans la main entre la société civile et le pouvoir politique. C'est possible, et c'est urgent.

Le temps est venu de parler aux Français, et non à un camp au détriment des autres. Car on ne bâtit pas une Nation en divisant son peuple.

La société civile ne vous a pas attendus pour agir. Il serait peut-être temps que vous cessiez de l'observer comme on contemple une curiosité derrière la vitre d'un aquarium…

Elle innove et foisonne de solutions qui, un peu partout, dans nos villes et nos territoires, améliorent la gouvernance de la Cité ou la vie des Français, et parviennent à rassembler nos concitoyens, par delà les clivages partisans et les combats politiciens, sur des projets qui servent l'intérêt général et le Bien commun.

Mais il faut aller plus loin, plus vite, pour que « deux Français sur trois », au moins, soient amenés à déployer leur force, leur énergie, leur passion de la France

Il convient, par exemple, de profiter des technologies numériques pour aller vers davantage de démocratie participative, ou d'exploiter des méthodes telles que l'intelligence collective, pour gouverner au plus près des réalités et des besoins.

Mais il faut aller plus loin, plus vite, pour que «deux Français sur trois», au moins, soient amenés à déployer leur force, leur énergie, leur passion de la France. Ensemble, société civile et pouvoir politique main dans la main, nous parviendrons à poser les bons diagnostics, à élaborer une vision d'avenir porteuse d'espoir et d'optimisme, et à mettre en œuvre un projet pour la France, qui recréera de la confiance, de la cohésion et fera émerger une prospérité mieux partagée.

Associez-nous sans plus tarder à la gouvernance de notre pays à tous les échelons, du plus haut au plus bas. Surtout, n'attendez pas mai 2017 et une sanction électorale qui n'en sera que plus sévère et dangereuse pour notre cohésion nationale.

Il vous appartient de profiter de ce formidable potentiel jusque-là contenu, porteur de toutes les énergies de refondation et de transformation de notre pays.

C'est ainsi que nous inventerons une démocratie moderne et une meilleure gouvernance, qui feront de la France un pays qui rayonne à nouveau et utilise ses valeurs - liberté, égalité, fraternité - comme des moteurs pour bâtir une Nation plus juste.

Écoutez-nous! Avant qu'il ne soit trop tard.

 

Alexandre Malafaye est écrivain et président de Synopia, un think tank indépendant et citoyen qu'il a fondé en 2012.

Son livre (Re)prenons le pouvoir! Manifeste pour notre droit à être bien gouvernés, vient de sortir.

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Faut il en pleurer ou en avoir la nausée?

Faut il en pleurer ou en avoir la nausée? | Think outside the Box | Scoop.it

En lisant les débats du parlement pour "traficoter" la loi organique relative à l'organisation de l'élection présidentielle afin de tenter d'en interdire l'accès à des candidats hors partis politiques majeurs, c'est la question qui vient à l'esprit.

C'est une honte, et ce n'est évidemment pas un hasard de calendrier si ce vote intervient à l'Assemblée nationale en plein week-end pascal. Le rapt par la "partitocratie" de l'élection présidentielle trouve ainsi une forme d'achèvement. Et le rapt est total.

Rappelons en effet que la loi organique sur l'élection présidentielle trouve en réalité sa source dans la loi référendaire du 6 novembre 1962 votée par le peuple français. Si deux de ses dispositions figurent désormais dans la Constitution, la troisième qui concerne les parrainages n'y a jamais été intégrée car elle modifiait une loi organique. Le texte était ainsi rédigé :

"Cette liste (celle des candidats) est préalablement établie par le Conseil constitutionnel au vu des présentations qui lui sont adressées, dix-huit jours au moins avant le premier tour de scrutin, à titre individuel ou collectif, par au moins cent citoyens membres du Parlement, membres du Conseil économique et social, conseillers généraux ou maires élus. Une candidature ne peut être retenue que si, parmi les cent signataires de la présentation, figurent des élus d'au moins dix départements ou territoires d'outre-mer différents."

 
 

Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing en 1976, les partis politiques se sont empressés de modifier ce texte pourtant voté par le peuple français, pour éviter les candidatures susceptibles de leur échapper. C'est la raison pour laquelle le parrainage par les membres du conseil économique et social, qui représentent la société civile, a été supprimé cependant que le nombre de parrainages passait de 100 à 500.

Depuis lors, les règles n'ont cessé d'être adaptées pour réduire les possibilités de candidatures indépendantes. Ainsi, les parrainages font-ils l'objet de pressions insensées de la part des partis politiques sur les élus à telle enseigne que nombre d'entre eux ne délivrent plus de parrainages. En 2012, alors que 42 000 parrainages étaient possibles, moins de 15 000 ont été donnés. Et, les deux candidats principaux en ont engrangé à eux seuls plus de 10 000. Cela signifie qu'en réalité les partis politiques principaux collectent les parrainages en blanc et les déposent pour leur candidat... ou celui qu'ils ont décidé d'aider.

Le texte voté en catimini par le Parlement à la demande du parti socialiste vise à rendre publiques toutes les signatures alors que jusqu'à présent elles étaient tirées au sort , soi-disant dans un but de transparence, en réalité dans un but de pression supplémentaire sur les élus suffisamment courageux pour avoir osé braver les interdits et donné un parrainage à un candidat indépendant.

Ce système de parrainage avait été contesté par les différentes commissions qui se sont succédées, commission Balladur comme commission Jospin. Celle-ci avait notamment proposé un système beaucoup plus démocratique permettant à un certain nombre de citoyens de présenter un candidat. Évidemment , cette possibilité a été écartée avec mépris par la partitocratie.

Quoiqu'il en soit, pour 2017, la pression sur les élus de base sera encore plus conséquente que par le passé compte tenu du développement massif des intercommunalités, dont les petites communes dépendent en totalité pour assurer leurs besoins minimum. Compte tenu de la politisation, à droite ou à gauche, des intercommunalités, il n'est pas besoin d'être grand clerc pour imaginer que le nombre de parrainages sera encore plus réduit qu'en 2012 où il était déjà beaucoup plus réduit qu'en 2007. Et bien sûr, républicains et socialistes pourront , le cœur sur la main et le mouchoir à l'œil, venir affirmer qu'ils ont compris que les citoyens attendaient autre chose et que les partis politiques changeaient...

Mais la cerise sur le gâteau est évidemment dans la question de l'accès aux médias. Pour avoir à plusieurs reprises eu maille à partir avec le CSA, incapable de faire respecter ses propres règles au demeurant peu compréhensibles et fondées sur l'équité, je puis témoigner que ce concept est parfaitement inéquitable. Chacun sait en effet que plus un candidat est vu à la télévision, que sa notoriété s'affirme, plus ses sondages sont bons. Aussi, fonder l'équité sur les intentions de vote est parfaitement malhonnête puisque ce sont précisément les passages médias qui favorisent les intentions de vote.

Pour l'élection présidentielle, le système était plus honnête puisqu'il était fondé sur l'égalité des candidats durant cinq semaines. C'est bien le moindre que de donner le même temps parole à tous les candidats, ceux qui sont qualifiés de "petits" candidats étant précisément ceux qui ont le plus besoin de se faire connaître. C'est cette règle que l'Assemblée nationale vient de manière "très démocratique" d'anéantir en limitant 15 jours le temps d'égalité de parole.

L'objectif est évidemment de réduire la possibilité de candidats venus de la société civile et moins connus de pouvoir développer leur programme et se faire connaître.

Tout ceci n'est pas supportable et parfaitement contraire à la démocratie. Alors que 88 % nos concitoyens souhaitent voter pour un candidat qui ne soit pas issu des grands partis politiques, ceux-ci se défendent en violant les règles de base de l'égalité entre les candidats. Dès lors qu'il s'agit de défendre leur fonds de commerce, la désaffection de nos concitoyens pour les politiques, l'abstention, la montée des extrêmes leur sont totalement indifférentes.

Les jours qui viennent devront donner lieu à une véritable mobilisation pour permettre à nos concitoyens de choisir réellement et démocratiquement leur prochain président la république.

 

Corinne Lepage Devenez fan

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

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Le «secret des affaires» contre la démocratie en Europe

Le «secret des affaires» contre la démocratie en Europe | Think outside the Box | Scoop.it

Ce projet de directive fait du droit à l’information une exception, transformant le pouvoir judiciaire en censeur définissant la légitimité d'une révélation. Le secret des affaires est une arme de dissuasion massive contre l’information, les lanceurs d’alerte et les journalistes.

 

Le 1er juin dernier, la commission du Parlement européen chargée d’enquêter sur le scandale de l’optimisation fiscale en Europe accueillait Antoine Deltour, l’homme par qui le scandale Luxleaks a été révélé. Incontestablement, cela marque une étape cruciale. Pour la première fois en effet, une institution européenne reconnaissait et saluait le courage de ce jeune homme. Des parlementaires de tous bords politiques ont alors salué l’action de ce lanceur d’alerte, remercié d’avoir agi, malgré les risques et la pression qu’il avait dû supporter. Le mois précédent, ils avaient reçu et salué le travail d’Edouard Perrin, le journaliste de Cash Investigation qui, avant l’heure, avait révélé les informations en provenance du Luxembourg. Or tous deux sont aujourd’hui poursuivis par la justice du Grand-Duché pour violation du secret des affaires. De quoi est-il question ? D’une tentative de bâillonner celles et ceux qui, demain, seraient tentés de porter à la connaissance des citoyennes et des citoyens des informations d’intérêt public.

Cette conception extensive du secret des affaires pourrait, si nous n’y prenons garde, devenir demain la norme en Europe, marquant ainsi un recul indéniable du droit à informer et de la capacité d’alerte de nos sociétés. En effet un projet de directive européenne sur le secret des affaires est en cours de discussion au Parlement européen. Elle constitue une véritable menace. C’est en quelque sorte la loi du silence étendue à l’ensemble des activités des entreprises à qui l’on offre la possibilité de mettre sous scellé n’importe quel type d’information. Toute violation pourrait dès lors entraîner a minima des dommages-intérêts énormes. Sous prétexte de défendre certaines PME face aux risques d’espionnage, c’est en réalité aux multinationales que l’on donne les moyens de contrôler l’information.

Ce projet de directive fait du droit à l’information une exception, transformant le pouvoir judiciaire en censeur ayant la possibilité de définir la légitimité de telle ou telle révélation. Surtout, il donne aux entreprises, et à leurs avocats, un moyen de pression judiciaire sans commune mesure. Où en est-on du point de vue parlementaire ? Conscients des enjeux, certains des négociateurs au Parlement européen font tout pour que les exceptions protègent in fine les journalistes et les lanceurs d’alerte. Cela n’est pas suffisant.

Il faut mesurer que la première menace, ce sont les procès par dizaine qui, par-delà leur issue, durent des années, et coûtent des dizaines de milliers d’euros en frais de justice à des personnes ou à des rédactions qui n’en ont pas les moyens. Le secret des affaires est une arme de dissuasion massive contre l’information, contre les lanceurs d’alerte et contre les journalistes. C’est un renversement de la pression judiciaire en faveur des plus grandes entreprises, contre la démocratie.

Il est encore possible de s’opposer à une telle évolution. Une pétition lancée par Elise Lucet et le collectif «Informer n’est pas un délit» contre la directive Secret des affaires a déjà recueilli plus de 270 000 signatures. Nous, responsables politiques, prenons à notre tour la plume pour conjurer la menace. Surtout nous appelons les parlementaires européens, au-delà de tout clivage, à faire preuve de lucidité, de cohérence et d’esprit de courage. Parce que les révélations des lanceurs d’alerte sont de salubrité publique, nul ne peut décemment voter l’instauration du secret des affaires. Nul ne pouvant ignorer quels dangers découleraient de cette directive, chacun doit prendre ses responsabilités et faire obstacle à ce texte.

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Primaire UMP contre primaire PS: le jeu des sept différences

Primaire UMP contre primaire PS: le jeu des sept différences | Think outside the Box | Scoop.it

Dates, coût, bureaux de vote, nombre d'électeurs attendus... Comparons le scrutin socialiste de 2011 et celui que doit organiser la droite en 2016.

Les bases de la primaire en vue de la prochaine présidentielle sont posées à droite. Le Monde révèle, ce jeudi 2 avril, la charte qui doit être validée par les dirigeants de l'UMP lors d'un bureau politique le 14 avril.

Perplexes, dénonçant même un «fichage» des électeurs en 2011, les dirigeants de la droite républicaine se sont ralliés dans les grandes lignes à la primaire socialiste, vue comme un «modèle» par Alain Juppé.

Quelques différences demeurent toutefois: en voici sept.

 

La primaire de la droite et... du centre

Comme pour le PS, le vote est ouvert à tous les citoyens à condition qu’ils signent une charte. En 2011, les électeurs devaient partager «les valeurs de la Gauche et de la République»; pour l’UMP, ils devront porter «les valeurs républicaines de la droite et du centre».

Le Modem et l'UDI sont donc invités à participer au scrutin, appel que n'avait évidemment pas lancé le PS (même si François Bayrou avait finalement voté, à titre personnel, pour François Hollande). Un fait qui rappelle le positionnement historiquement à droite du centre en France: comme l'a un jour dit François Mitterrand, «le centre n’est ni de gauche, ni de gauche».

Les négociations sont toujours en cours pour une primaire rassemblant la droite et le centre. Si les partis centristes acceptent cette proposition, ils devront se ranger derrière le candidat vainqueur de la primaire pour l'élection présidentielle.

 

Date du scrutin: un mois et demi plus tard que le PS

Le premier tour de la primaire de la droite aura lieu le dimanche 20 novembre 2016, et l'éventuel second tour le 27. Une élection tardive qui doit permettre d’éviter toute candidature dissidente au premier tour de la présidentielle.

Chaque candidat doit ainsi s’engager «à soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l’issue de la primaire et à prendre part à sa campagne.»

Les socialistes avaient choisi d’organiser leur primaire plus tôt, les 9 et 16 octobre 2011, certains membres du PS allant jusqu’à demander une élection en juin afin de lancer la campagne présidentielle rapidement. Une stratégie devant éviter que le parti étale ses divisions juste avant la présidentielle.

 

Coût du bulletin de vote: un euro de plus

Les socialistes avaient fixé le coût de la participation à la primaire à 1 euro symbolique; à l’UMP, il sera de 2 euros pour que le scrutin puisse s’auto-financer, d'après Le Monde. Lors de la primaire PS, les électeurs pouvaient verser plus s'ils le souhaitaient et le versement moyen avait été supérieur.

 

Nombre de bureaux de vote: 2.000 de moins à droite

Pour la première expérience de ce type en France, le PS avait ouvert entre 9.500 et 10.000 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire, soit autant que le nombre de cantons à l'époque.

L’UMP a décidé d’en ouvrir 8.000, soit au moins sept par circonscription électorale, le nombre de bureaux dépendant également de l’implantation du parti. Dans les circonscriptions avec un fort électorat de droite, le nombre de bureaux pourra monter jusqu’à 20. En comparaison, 650 bureaux de votes avaient été ouverts lors du scrutin rocambolesque pour la présidence de l'UMP en 2012, qui avait plongé le parti dans la crise

 

Nombre de votants: un objectif plus élevé que celui que s'était fixé le PS, moins élevé que ce qu'il avait atteint

Alain Juppé et François Fillon espèrent rassembler au moins 2 millions de votants.

En 2011, les socialistes s’étaient montrés prudents sur la mobilisation attendue. Le parti avait fixé un seuil de réussite à plus d'un million d’électeurs. Au final, 2,7 millions de sympathisants avaient participé au premier tour, 2,9 millions au second.

 

Candidatures: un parcours du combattant pour l'UMP

Le parrainage a été l’objet de débats importants au sein du parti. Afin d’éviter un nombre de candidats trop importants, les contraintes ont été multipliées, d'après Le Monde.

Chaque candidat devra être parrainé par au moins 25 parlementaires, 250 élus répartis sur 30 départements minimum et 2.500 adhérents répartis sur au moins 15 départements. Un parcours du combattant qui devrait rendre plus difficile la candidature de candidats moins connus comme Nathalie Kosciusko-Morizet, d'après le Figaro. La vice-présidente de l'UMP avait d'ailleurs plaidé pour un seuil de parrainages plus bas.

En 2011, les socialistes avaient choisi un système de parrainage plus ouvert en appliquant la règle des 5%. Les candidats avaient le choix d’être parrainés soit par 5% des parlementaires socialistes (17 parrainages), soit par 5% du Conseil national (16 parrainages), soit par des maires socialistes de villes de plus de 10.000 habitants (16 parrainages sur 4 régions), un seul parrainage par personne étant autorisé. Six candidats avaient finalement pu participer.

A noter que la primaire se veut plus ouverte pour les partis centristes. L'UDI et le Modem, s'ils participent, ne seront pas obligés de passer par ce système de parrainage. D'après Le Monde, ils pourront utiliser leur propre système de désignation.

 

Des comptes de campagne publics

Nouveauté de la primaire UMP: les comptes de campagne des candidats seront rendus publics. Afin d'éviter des débordements, Alain Juppé a insisté, d'après Le Monde, pour fixer un plafond de dépenses dont le montant n'est pas encore connu.

Le règlement intérieur des primaires citoyennes du PS ne mentionnait pas un tel contrôle. En cas de litiges, les candidats pouvaient seulement se plaindre auprès de la Haute autorité en charge du scrutin.

 

Pierre Lemerle

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Démocratie numérique, gadget ou révolution ?

Démocratie numérique, gadget ou révolution ? | Think outside the Box | Scoop.it

Via d'innombrables blogs, forums, commentaires postés, le Web est devenu un immense espace public, une nouvelle agora où l'on échange des connaissances et des informations.


L'outil numérique a donné un immense élan au mouvement de la démocratie participative. Les initiatives foisonnent, à l'image du premier budget participatif de la ville de Paris, voté début octobre. Le monde politique tente de réagir en s'appropriant le désir de la foule de voir ses préoccupations mieux prises en considération. Mais, de l'open data à la démocratie numérique, le champ d'action de l'e-citoyen reste encore limité.

 

« Par le présent arrêté municipal, désormais, le ramassage des ordures ne sera plus assuré que deux fois par semaine au lieu de quatre. » Ce matin-là, Michel, comme les 2.000 autres habitants de sa commune rurale, découvre la dernière décision du conseil municipal, prise sans aucune concertation au nom de l'impératif besoin de faire des économies. Une demi-heure après, Michel allume son ordinateur, et rédige un billet rageur sur le blog qu'il a créé, veillecitoyenne.org.

Une heure après, Michel a déjà reçu plus de 400 commentaires de soutien, soit 20% de la population de la commune. Michel transfère tous les commentaires sur la boîte de messagerie du maire. Celui-ci, inquiet, annonce qu'il suspend l'exécution de son arrêté municipal et qu'il engage une concertation citoyenne... Cette histoire est une fiction, certes. Mais elle illustre un mouvement de fond à l'oeuvre sur toute la surface du globe, ou presque.

Celui de la démocratie participative où des citoyens réfléchissent, innovent, proposent, inventent en dehors des clous de la politique traditionnelle. Le Net déborde de sites où les internautes peuvent recenser les initiatives citoyennes locales ou nationales, ou bien dénicher des kits complets pour réaliser leur propre idée, tels projets-citoyens.fr ou democratieouverte.org.

Le numérique, un outil au service
de l'e-citoyen

Ce mouvement multiforme en plein développement a trouvé son outil miracle pour croître davantage : le numérique. Via d'innombrables blogs, forums, commentaires postés, etc., le Web est devenu un immense espace public, une nouvelle agora où l'on échange des connaissances - Wikipedia - et des informations. On ne compte plus les réseaux citoyens qui naissent sur la toile, ou les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et autres, pour dénoncer, proposer, influencer. Qu'on se rappelle le mouvement des « Pigeons » de l'automne 2012. Un simple « coup de gueule », publié sur le site de La Tribune (latribune.fr) pour alerter sur une modification de la fiscalité des plusvalues de cession des entrepreneurs, a déclenché un raz-de-marée de commentaires et de réactions de patrons de start-up... Une mobilisation suffisante pour faire plier le gouvernement. Et qui a fait tache d'huile.

Ainsi encore, le 6 octobre, la « mobilisation citoyenne », notamment des internautes, a réussi à convaincre la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, d'abandonner les projets de recherche sur les gaz de schiste dans le Lubéron. Sans parler des nombreuses plates-formes ou réseaux qui se montent, même provisoirement, pour influencer le choix d'un maire au moment du vote du budget municipal, pour défendre un site pittoresque menacé, pour éviter la construction d'une rocade d'autoroute au milieu d'un parc régional, etc.

Parfois, même, ces forums ou regroupements sur le Net donnent naissance à des partis politiques qui viennent mordre les chevilles des partis institutionnels, comme le Tea Party aux États-Unis, le Parti Pirate en Suède ou en Allemagne, et Cinque Stelle en Italie... Parfois également, la mobilisation est éphémère et le mouvement s'épuise quand il s'agit de déboucher sur des propositions alternatives concrètes, de construire, de s'installer en interlocuteur dans la durée. On l'a vu avec les « Pigeons » au (réel) succès d'un jour.

La démocratie numérique vient ainsi amplifier et moderniser un mouvement plus ancien, celui de la démocratie participative, théorisée en son temps par le philosophe allemand Jürgen Habermas. Selon ce dernier, « meilleure est la qualité du débat, plus légitimes et efficaces sont les décisions qui en découlent ». Ce besoin de démocratie participative s'est aussi nourri de la crise, de la professionnalisation de la politique, de la défiance à l'égard des élites.

Le monde politique est en ébullition et tente de « récupérer » ou, à tout le moins, de s'adapter à ce phénomène. Un signe qui ne trompe pas. Ainsi, Alain Juppé, qui est loin d'être un novice en politique, appelle sur son blog les internautes à « coconstruire » son projet avec les Français. Et d'annoncer que son « site d'initiatives citoyennes sera bientôt en ligne pour [me] permettre de dialoguer avec tous ceux qui veulent m'aider ».

Cette initiative n'est pas sans rappeler « Désirs d'avenir », ce rassemblement citoyen lancé par Ségolène Royal dans la perspective de sa campagne présidentielle de 2007. La candidate socialiste avait su parfaitement humer ce phénomène, ce désir d'agir et de participer. Sept ans plus tard, largement discrédité, le personnel politique n'a plus d'autre choix que de jouer la carte de la démocratie participative pour assurer sa survie.

C'est un peu le « tout changer pour que rien ne change », cher à Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, auteur du célèbre roman Le Guépard. En quelque sorte, d'un mouvement du bas vers le haut, qui caractérisait les débuts de la démocratie participative, on passe plutôt à un mouvement du haut vers le bas.

Le monde politique contraint de s'adapter

Même Nicolas Sarkozy, le roi des meetings monstres, a amorcé sa conversion. Signe des temps, c'est sur Facebook qu'il a annoncé son « retour »... Nicolas Baygert, spécialiste de la démocratie numérique et maître de conférences à l'université catholique de Louvain, y voit une volonté de l'ancien président de « créer sa propre marque » et « d'avoir une communauté qui le plébiscite ». Un modèle calqué sur celui adopté par Barack Obama, en 2008.

Selon Nicolas Vambremeersch, auteur en 2009 du best-seller De la démocratie numérique (Seuil), « l'engagement est le nouveau défi des politiques. Ils ont bien compris qu'on ne pouvait plus demander à des sympathisants de simplement tracter sur les marchés le dimanche matin, ça ne marche plus. En fait, la démocratie numérique est au croisement de deux tendances. La première vient de loin, c'est la tentative de réappropriation par les citoyens de la prise de décision. Un mouvement qui a connu un nouvel essor avec la crise et le rasle - bol à l'égard des élites qui se manifeste. On reproche à cette élite de ne pas savoir trouver des solutions à la crise. Le deuxième mouvement, c'est le formidable développement du numérique. Avec cet outil, les gens se sentent davantage autonomes, travaillent en réseaux. Surtout, le numérique facilite l'accès à une information de masse », souligne le patron de Spintank.

Il est exact que les démarches participatives engagées par les dirigeants ne remontent pas à hier, mais plutôt à avant-hier. Des jurys citoyens pour juger de l'action publique sont installés dès le début des années 1970 en Allemagne de l'Ouest et aux États-Unis. En 1988, le Parti des travailleurs (PT) gagne les élections municipales de Porto Alegre, une ville brésilienne de plus de 1,5 million d'habitants, qui deviendra plus tard le symbole de l'altermondialisme.

Or, dès 1989, la nouvelle municipalité cherche à associer les citoyens aux priorités budgétaires, c'est le budget participatif. Les habitants se réunissent par quartier pour définir ces priorités budgétaires, puis élisent des délégués au Conseil du budget participatif. Le succès a été énorme avant que la municipalité ne rechange de majorité et que le budget participatif ne retourne à la portion congrue.

L'exemple de Porto Alegre a ainsi connu de nombreux avatars dans de grandes villes occidentales, à Toronto, Hambourg, Lisbonne... et Paris. C'était un point cher à Anne Hidalgo (PS), durant la campagne municipale. Élue maire, elle a tenu parole. Le budget participatif parisien représentera à terme 5% de l'effort d'investissement municipal, soit un total de 426 millions d'euros entre 2014 et 2020. La première « tranche », pour l'instant limitée à 20 millions d'euros, a donné lieu à un vote citoyen fin septembre : 20.002 Parisiens ont voté par Internet, et 16.743 dans 190 urnes mises à disposition. Un beau succès pour une première édition. Même si les projets retenus ne sont pas très stratégiques (végétalisation de murs, création de jardins pédagogiques, etc.).

La participation permet
d'endiguer la défiance

Il n'empêche, l'objectif de la démarche était ailleurs, comme l'a expliqué Anne Hidalgo :

« Il est important que les habitants se réapproprient les questions de la cité. Les institutions démocratiques et les représentants élus sont confrontés à une crise de confiance de la part des citoyens, qui se sentent éloignés, voire exclus des choix politiques, dont ils constatent pourtant les conséquences dans leur vie quotidienne. Il faut endiguer ce phénomène en encourageant la démocratie directe. »

Tout est dit...

Mais Paris n'est pas pionnière en France, loin de là. Depuis 2004, Grigny (Rhône), petite commune de moins de 10.000 habitants a aussi son budget participatif. La région Poitou-Charentes également, qui a créé en 2005 le budget participatif des lycées - doté d'une enveloppe annuelle de 10 millions d'euros - où le public est appelé à définir les actions prioritaires « pour mieux vivre et travailler au lycée ».

Et ce mouvement a encore de beaux jours devant lui, ainsi que l'explique Nicolas Vambremeersch :

« La crise de confiance est telle que les politiques sont obligés de s'appuyer sur l'effet réseaux. Ils le font de deux façons : soit en leur fournissant du contenu, c'est pour cela que qu'ils ouvrent des comptes Facebook ou sont très actifs sur Twitter ; soit en leur donnant un peu de pouvoir, via la coélaboration de programmes, ou les budgets participatifs ».

Par exemple, depuis 2010, l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal de Montréal (Québec) met à la disposition des contribuables un simulateur budgétaire permettant de se prononcer sur les priorités. Quant à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), elle s'est engagée depuis juin 2010 dans une démarche volontaire d'ouverture de ses données publiques (open data). Via un portail, le public peut ainsi avoir gratuitement accès à des données concernant les transports, l'habitat, la gestion de l'eau, etc.

Aux États-Unis, la Maison Blanche aussi a bien compris ce désir d'information qui émane du public. L'exécutif américain a ainsi ouvert un site Web Recovery.gov où les contribuables peuvent suivre l'affectation des dépenses publiques fédérales. Avant même cela, durant sa première campagne de 2008, Barack Obama avait su comme jamais auparavant utiliser les réseaux sociaux. On a même parlé de « e-mobilisation » : grâce au site My.barackobama.com, l'électeur et le militant étaient informés en temps réel des initiatives du candidat.

Le monde politique a donc « flairé » les opportunités que lui offre cette envie d'agir et de compter des e-citoyens. Et le numérique est là pour lui faciliter la tâche. Il a astucieusement retourné à son profit la volonté du public de « participer ». Quitte à lui lâcher quelques bribes de pouvoir, via par exemple les budgets participatifs.

Pour autant, cette démocratie participative « vue d'en haut » reste encore extrêmement limitée. Il en serait tout autrement si un élu considérait qu'il est désormais détenteur d'un mandat impératif, ce qui l'obligerait à rendre des comptes devant ses électeurs, voire à abandonner son mandat si ces mêmes électeurs se montraient insatisfaits lors d'une consultation. Or, on n'a pas encore vu un élu démissionner à la suite du succès rencontré par une pétition publiée sur un compte Facebook. Cela reste le rôle de ce grand rendez-vous démocratique que sont les élections...