« Et pourquoi je regretterais ? » | Think outside the Box | Scoop.it
Bien que Jacques Cheminade soit très critiqué, les maires savoyards qui ont accordé leur parrainage au candidat surprise de la présidentielle ne le regrettent pas. Ils s’en expliquent dans la Voix.

 

Cet hiver, sur le plateau du Grand journal de Canal+, Jacques Cheminade surprit tout le monde en déposant sur la table 500 promesses de parrainage pour la présidentielle. Info ou intox, les spécialistes avaient du mal à croire que l’obscur candidat ait pu réussir à convaincre autant de maires alors que Dominique de Villepin, Christine Boutin ou Corine Lepage, tous anciens ministres, butaient devant l’obstacle. En guise de félicitations pour cet exploit qui paraissait infaisable par ce type de petit candidat, Cheminade se fit immédiatement insulter. « Vous êtes vraiment le candidat inutile ! », lâcha Jean-Michel Apathie avant même que l’invité du Grand journal ait eu l’occasion d’ouvrir la bouche. Jugeant scandaleuse cette participation à l’élection présidentielle, le journaliste s’en prit aussi aux maires qui auraient été ô combien irresponsables de lui donner leur signature, stigmatisant ainsi les trois élus savoyards qui l’ont bel et bien parrainé.

 

« Un devoir démocratique »

C’est que depuis sa venue au Grand Journal, Jacques Cheminade a vu ses promesses devenir des parrainages en bonne et due forme, validés par le Conseil constitutionnel et rendus public, pour 500 d’entre eux, la semaine dernière. On a alors pu découvrir que trois maires de communes savoyardes avaient contribué à lui permettre de se présenter : Jean-Yves Boos à Giez, Denis Mouchet à Saxel et Jacques Laurent à Bonneval Tarentaise. La Voix a joint deux de ces maires pour leur demander ce qui les avait incités à parrainer le candidat dont les médias nous dressent un portrait qui oscille entre le ridicule et le dangereux. « Donner ma signature, je pense que c’est un devoir démocratique, a commencé par nous dire depuis sa Vallée verte Denis Mouchet. Je me suis donc demandé à qui je pouvais la donner. Les candidats des grands partis n’en avaient pas besoin car ils en ont à revendre, et l’équipe de Cheminade m’a contacté très en amont, dès septembre 2011. » Du côté de Giez, commune du sud du Genevois où se retrouvent les golfeurs des alentours du lac d’Annecy, on entend à peu près le même son de cloche avec Jean-Yves Boos : « Ma démarche est purement démocratique, il faut permettre à ceux qui ont quelque chose à dire de s’exprimer. Cela ne veut pas dire que je le soutiens ni que je voterai pour lui. »

Les deux élus insistent sur ce point. Denis Mouchet annonce qu’il « ne partage pas du tout les opinions de Cheminade, je ne sais d’ailleurs pas trop ce qu’il peut dire. Mais je trouve qu’il faut quand même le faire, de se présenter comme ça alors qu’on ne représente pas grand-chose. Et puis ses équipes se sont bougées, ils sont venus, revenus, ont entretenu le contact régulièrement alors que, par exemple, Corinne Lepage, qui s’est beaucoup plaint de ne pas récolter assez de parrainages, s’est contenté d’envoyer un fax. » Au-delà que la qualité du travail de prospection des équipes de Cheminade qu’il loue également, le maire de Giez donne pour sa part un motif politique à son choix. « Pour faire court, il illustre assez bien l’un des mots du général de Gaulle : la politique de la France ne se fait pas à la corbeille. La finance ne doit pas tout régir, c’est le politique qui doit gouverner. Et Cheminade est le seul à vraiment axer sa campagne là-dessus. » Avec comme adversaire non pas Hollande ou Sarkozy mais Wall Street et la City, là où seraient les vrais détenteurs du pouvoir.

 

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