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Au XIXe et au XXe siècle, il existait une langue profondément européenne, une langue qui traversait les frontières, de la Russie à la France, marquée par le sens de l'exil, de l'oppression, mais aussi porteuse d'un espoir d'émancipation, le yiddish, estim
Charles Tiayon:

A l’heure où l’Union européenne (UE) prend conscience des résultats des élections, marquées par l’abstention et la montée des partis d’extrême droite, essayons de nous dégager de l’horizon des peurs et du ressentiment pourenvisager l’avenir. Sur une longue période, nous savons qu’une union politiqueeuropéenne ne sera acceptable qu’à condition de voir émerger un dêmoseuropéen : une nation par-delà les nations. L’UE a besoin d’un peuple, sans quoi il ne restera de la démocratie que le kratos, le pouvoir. C’est cette absence de peuple, de nation européenne, qui conduit au triomphe des souverainistes et des populistes, à ce mouvement massif de reterritorialisation identitaire. Or c’est cette absence, désormais, qu’il faut convoquerétablir et penser : rendre à la présence le peuple européen absent.

Quiconque croit au projet européen pour le XXIe siècle doit se poser la question de la langue et de son articulation avec l’idée de « nation européenne ». Quelle serait donc la langue d’une telle nation par-delà les nations ? Nous savons, à l’issue des révolutions et des guerres du XIXe et du XXe siècle, que la nation est un monstre à deux têtes : émancipatrice, comme ce fut le cas en 1848 à travers l’Europe, elle est souvent hideuse, se repliant sur elle-même, sur ses particularismes. Le repli est à l’œuvre dans l’Europe contemporaine, à l’échelle des Etats et de l’UE comme ensemble clos, comme forteresse. Il n’y a donc pas le « retour des nations » d’un côté et le projet européen de l’autre. Ils marchent ensemble comme ce monstre à deux têtes. Mais c’est l’Europe dans son ensemble, depuis la guerre en ex-Yougoslavie, qui se dirige vers la droite et l’extrême droite. A vous l’identité ! disent les traités européens aux Etats (le retour aux nationalismes fermés, clos), et à nous les flux, la dérégulation et la concurrence (le compromis libéral et sécuritaire de l’UE) !

CONTRER CETTE GRANDE VAGUE DE HONTE

C’est afin de contrer cette vision rétrécie de l’« être européen » que nous devonsappeler à l’émergence d’une « nation européenne » pour l’avenir : une conception ouverte de la nation dans un espace multilingue tel que l’Europe, où plusieurs récits de l’histoire et de l’exil se croisent, une nation tournée vers les savoirs, l’éducation, la connaissance, libérée de ses peurs de l’autre, portant un horizon d’émancipation et une redéfinition du lien de citoyenneté, tient dans un mot : traduction. Ce mot est une clé pour une pensée nouvelle de la citoyenneté écologique et politique, pour une conception d’un lien social étendu, qui autorise les identités multiples. Et notre rêve est que cette nation nouvelle se mette en marche pour contrer cette grande vague de honte, pour donner un souffle, une imagination, au projet européen.

Nous vivons encore, hélas, à l’intérieur de vieux cadres de pensée, où l’appartenance à une nation est considérée comme une chose donnée découlant d’une langue maternelle, d’une conception partagée des valeurs, de l’histoire, de laculture, et d’une certaine représentation du territoire, des frontières. Mais ces mythes ne coïncident plus avec la réalité. Nous habitons désormais des espaces multilingues, plurinationaux. Nous existons dans des « entre-lieux », entre un pays et un autre, entre une ville d’adoption et une ville de naissance. Et il naît de cette situation une nécessité de repenser un lien d’appartenance en accord avec la réalité de nos vies diffractées.

« CITOYEN-TRADUCTEUR »

Définir le citoyen européen au XXIe siècle comme « citoyen-traducteur » permet d’articuler des loyautés multiples : être de sa ville, de sa région, de son pays et d’un espace plus vaste, lui-même défini comme espace où la « traduction » est la langue commune. Penser l’appartenance comme un effort pour traduire l’autre et se traduire pour l’autre, ou pour soi-même se tenir, là où la vie et la culture nous mettent, entre les langues, les genres, les rites, les fidélités et les affranchissements.

Au XIXe et au XXe siècle, il existait une langue profondément européenne, une langue qui traversait les frontières, de la Russie à la France, marquée par le sens de l’exil, de l’oppression, mais aussi porteuse d’un espoir d’émancipation. La langue yiddish a été détruite, mais cette langue hante encore l’espace européen. C’est à partir de sa destruction que nous pouvons comprendre cette citoyenneté de la traduction à inventerRepenser l’Europe à partir des « entre »-mondes, autour du seul tryptique qui prépare l’avenir : traduction, migration, hybridation.Autoriser le multiple pour l’avenir, penser les attachements et les loyautés plurielles, voilà le sens de cette langue des langues.

Il y a deux façons de se figurer le citoyen européen à venir comme « citoyen-traducteur » ou « transcitoyen ». Dans les rêves les plus fous des techniciens de l’UE se révèle une vision d’un être-flux, découlant des technologies américaines : un type relié à une intelligence artificielle qui traduira pour lui. Mais en projetant un tel horizon technologique, l’UE ignore la question de la nation et son articulation affective en la réduisant à une technique, une procédure. Ce fut l’erreur des pères fondateurs. Le dêmos ne naît pas d’agencements institutionnels habités par des citoyens rationnels.

Il s’agit de prendre acte de cette opposition entre une Europe désirée, émotionnelle – celle des mondes, des langues, des exils, des migrations, des morts –, et l’Europe de l’« Euroland », devenue froide machine réactionnaire. C’est à partir de cette rupture que nous nous proposons de travailler à une poétique des « entre », un affect partagé, pour bouleverser les cadres anciens de l’UE.

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Avid aficionados of Nordic noir may have recently noticed just how many first-rate crime-writing duos the region has produced. Anders Roslund and Borge Hellström, Lene Kaaberbol and Agnete Friis, “Lars Kepler” (actually a married couple, Alexander and Alexandra Ahndoril), the Hammers (brother and sister Søren and Lotte Hammer), and Cilla and Rolf Börjlind. And now we have Erik Axl Sund, the quirky writing team behind The Crow Girl, a weighty bestseller in Scandinavia and Germany, now published in English.
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Erik Axl Sund — aka Jerker Eriksson and Håkan Axlander Sundquist — may look like ageing rockers (like Jo Nesbø, they were in fact rock musicians), but they share a steely command of the writerly art. At the centre of this complex and very dark narrative (originally published in three parts in Sweden but shoehorned into a single volume here) are three principal characters, all women. The Crow Girl begins in a bleak Stockholm, with the discovery of the body of a mummified boy in a bin liner sealed with duct tape. On the case is Detective Superintendent Jeanette Kihlberg, tenacious and intuitive but hamstrung by professional and personal problems, notably an unrewarding marriage.
Jeanette is assisted by her colleague Jens Hurtig. As she begins to peel back the layers of the mystery, she encounters psychotherapist Sofia Zetterlund, who has worked in Sierra Leone. As they join forces, the two women become closer on both a professional and a personal level. They discover that the key to the investigation may lie with an enigmatic, troubled woman, Victoria Bergman, who, like the dead child, has also been abused.
In fact, child abuse is one of the disturbing themes here, and, like so much Nordic noir, it should be noted that this is not a book for the squeamish or for those who favour the cosier end of crime.
 
The narrative slowly and surely exerts an inexorable grip; its multiple timeframes do not interrupt the unerring building of tension. And, as with the best of Scandinavian crime fiction, from Henning Mankell to Stieg Larsson, there is still room for an acute element of social commentary. Like Mankell and Larsson, the Erik Axl Sund duo are careful to present an unvarnished picture of their society, some distance from the smoothly functioning social democracy that British readers once imagined the country to be (before Swedish crime fiction disabused us of that fragile notion).
Written in an unadorned but fiercely concentrated style (with a well-judged translation by Neil Smith), the novel takes the reader down the mean streets of Stockholm to minatory locales where unspeakable deeds are done. The personalities of the women at the heart of the book (particularly the single-minded Jeanette), all driven in distinctive ways, are carefully and successfully wrought.
If you’re not fazed by the daunting length and unsparing gruesomeness of The Crow Girl, you will find it to be among the most wide-ranging and forceful Scandinavian crime novels you have encountered.
The Crow Girl, by Erik Axl Sund, translated by Neil Smith, Harvill Secker, RRP£16.99, 768 pages
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Mapi, le pionnier de la Validation Linguistique et le distributeur le plus respecté en matière de traductions médicales, a obtenu la certification ISO/IEC 17100.

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Mapi Group (PRNewsFoto/Mapi)
Cette certification démontre l'engagement de Mapi envers la transparence, la qualité et l'efficacité avec lesquelles nous accompagnons nos clients. La norme ISO 17100 certifie que Mapi respecte et va même au-delà des meilleures pratiques internationalement reconnues. Mapi a démontré sa capacité à fournir un service de qualité tout en établissant un processus de traçabilité exhaustif et en s'alliant aux linguistes les plus qualifiés du secteur, garantissant ainsi des traductions médicales en conformité avec les normes mondiales.

 Avantages pour nos clients :

Garantir que Mapi suit des normes spécialisées et reconnues tout en s'engageant à respecter les exigences de traduction
Assurer la mise en place de contrôles de qualité et le maintien des compétences de nos experts aux normes du secteur
Assurer que Mapi n'emploie que du personnel hautement qualifié - les traducteurs ont les qualifications nécessaires pour entreprendre leur travail avec professionnalisme et efficacité, et en conformité avec les dernières normes du secteur  
« Mapi est fier d'être l'un des premiers fournisseurs de services linguistiques (LSP) dédiés aux sciences de la vie qui distribue des services de traduction de niveau ISO/IEC 17100 à tous ses clients », a expliqué Ana Bayles, Directrice de Mapi Language Services.

James Karis, CEO de Mapi, a ajouté : « En tant que pionnier de la Validation Linguistique, et avec plus de 40 000 traductions de plus de 2 500 évaluations de résultats cliniques (COAs), notre expertise reste inégalée. Nous appliquons notre approche de qualité Mapi et mettons en place les processus internationalement reconnus les plus rigoureux dans tout notre réseau mondial, qui englobe des milliers de spécialistes répartis dans plus de 100 pays et travaillant dans plus de 170 langues. »

À propos de Mapi Language Services :
Mapi Language Services est le leader mondial en termes de traductions médicales et de Validation Linguistique de COAs depuis plus de 25 ans. Mapi a une connaissance approfondie des langues et des cultures locales, des réglementations et des pratiques de santé. Nous travaillons en étroite collaboration avec les auteurs,  nous garantissons une équivalence conceptuelle et une harmonisation globale de toutes les versions dans leurs langues respectives. L'expérience de Mapi Language Services représente plus de 40 000 traductions de 2 500 questionnaires dans 170 langues.

Le Groupe Mapi a plus de 40 ans d'expérience en conseil et études pour l'industrie pharmaceutique. Mapi est reconnu pour son expertise en Patient-Reported  Outcomes measures, Value communications & Commercialization support, Strategic Regulatory Services, Pharmacovigilance, Health Research Languages Services, données Real-World Evidence pour les produits pharmaceutiques, biologiques et Dispositifs Médicaux. Le Groupe Mapi est le prestataire de services numéro un des sociétés impliquées dans la recherche et la commercialisation de produit de santé, pour ce qui concerne l'autorisation de mise sur le marché, l'accès au marché et l'adoption de nouveaux produits thérapeutiques sur le marché.

Pour obtenir plus d'informations, veuillez visiter notre site http://www.mapigroup.com

Contact presse : Media@mapigroup.com

SOURCE Mapi

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Pela mão embalada mas rigorosa do poeta Jorge Sousa Braga, chegam à língua portuguesa as versões de 63 poemas de um poeta místico da Índia medieval, breves composições que no seu influente percurso no Ocidente, a partir do século XX, inspiraram gerações de leitores e seduziram grandes poetas como W.B. Yeats, Ezra Pound ou Czeslaw Milosz

Jorge Sousa Braga tem traduzido uma imensidade de poemas dos mais diversos autores e de várias tradições ou línguas, ainda que o faça sobretudo a partir do inglês, consultando versões noutras línguas como o espanhol ou o francês. Ele mesmo poeta, as suas versões de outros confluem com a sua obra, que parece aspirar ao estonteante afluente que tem feito correr para esta língua, e as suas escolhas denotam antes de tudo um admirável sentido estético, a poesia como uma arte que, nas suas reinterpretações, através do imparável movimento consegue reflorir nas mais acidentadas geografias, reencarnar através dos tempos com a sua força de sugestão e encanto modelada pelos sentidos afinados para a sensibilidade de cada época. Com os 63 poemas do poeta-santo indiano Kabir, Sousa Braga continua a erguer um impressionante altar e a ter uma influência importante para que se perceba hoje de novo entre nós que não são os poetas enquanto legisladores secretos do mundo os protagonistas mas esses momentos de trabalho inspirado que conseguem vingar, e se vingam primeiramente daquilo que lhes deu origem, separando-se da mão, da circunstância, do tempo, adquirindo um gosto de mito, uma simples frase às vezes que é o suficiente para pingar ainda séculos mais tarde e iluminar, preenchendo a mente com o poder de uma fragrância, um espírito que nesse momento aprende a “caminhar sem pés ver sem olhos/ ouvir sem ouvidos beber sem lábios”...

 



Jorge Sousa Braga

 

Trago no coração
aquele que me faz viver
neste mundo uma vida sem limites
Assim vive o lótus na água e na água floresce
embora a água não possa tocar as suas pétalas
Difícil é cruzar o oceano
tão profundas são as suas águas
Poucos são os que conseguem
chegar à outra margem

Conta-me ó cisne a tua história
de onde vens em que lago
vais descansar?
O que procura o teu coração?
Acorda e segue-me esta manhã
Há um país onde não existe
o terror da morte
as árvores estão sempre em flor
e a brisa traz um perfume delicado
O coração qual abelha
penetra nessas flores
sem aspirar a outro prazer

 



"O Nome Daquele que Não Tem Nome"
de Kabir, com tradução de Jorge Sousa Braga
colecção Gato Maltês, Assírio & Alvim
96 páginas, 7,70€

Sinopse

Foi Tagore (com a assistência de Evelyn Underhill) quem efectuou a primeira tradução dos poemas de Kabir para uma língua ocidental (1914). Trata-se já de uma tradução em segunda mão, feita a partir da tradução do hindi para bengali de K. M. Sen. Dizia John Stratton Halley que «as traduções são como rios — as suas nascentes muitas vezes escondidas e os seus destinos potencialmente oceânicos». Essa tradução encontrou eco de imediato em Yeats e em muitos outros poetas. Não será alheio ao sucesso que esses poemas encontraram no ocidente, o facto de terem sido traduzidos por um poeta com a qualidade de Tagore. As «Songs of Kabir» serviram de base (e continuam a servir) para outras traduções e recriações nas mais diversas línguas (entre elas as de Robert Bly, André Gide e Czeslaw Milosz). Também Ezra Pound sucumbiu ao encanto de Kabir (há dez poemas seus nas «Translations», embora a fonte não tenha sido Tagore). Mais recentemente surgiram traduções académicas, entre as quais convém assinalar as de Charlotte Vaudeville («Au cabaret de l'amour»), de Linda Hess («The Bijak of Kabir») e a de V.K. Sethi («Kabir — the Weaver of God's Name». As traduções apresentadas neste livro beberam de várias fontes (sendo também a principal a de Tagore).

Pouco se sabe sobre a vida de Kabir, para além do que deixam adivinhar os seus poemas, as hagiografias e as lendas. Terá vivido em Varanasi (Benares), o mais sagrado dos lugares sagrados hindus e simultaneamente um centro de comércio e peregrinação, na primeira metade do século XV. Nascido de uma viúva brâmane e adoptado por uma família da casta dos tecelões, convertida à fé islâmica, Kabir revela nos seus poemas um profundo conhecimento quer do hinduísmo quer do islamismo (e dentro deste do sufismo). De Varanasi, uma cidade que prometia a salvação a todos os que nela morressem, ter-se-á retirado no fim da vida para uma obscura cidade chamada Magahar.
A vida de Kabir confunde-se com a lenda. Desses episódios lendários da vida de Kabir há especialmente dois que gostaria que tivessem sido reais: o primeiro é o do encontro entre Kabir e Mirabai. O segundo tem a ver com a sua morte: hindus e muçulmanos teriam disputado o seu corpo, uns para cremá-lo, outros para enterrá-lo. Quando abriram o caixão, o que restava de Kabir era uma coroa de flores, que hindus e muçulmanos dividiram entre si.

Jorge Sousa Braga, na Introdução

 

 

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Charles Tiayon

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