thanh lap cong ty co phan
253 views | +0 today
Follow
 
Rescooped by vinhphu68 from Revue de presse théâtre
onto thanh lap cong ty co phan
Scoop.it!

Christian Benedetti: "La Cerisaie, c'est peut-être le cauchemar de la Russie d'aujourd'hui ! "

Christian Benedetti: "La Cerisaie, c'est peut-être le cauchemar de la Russie d'aujourd'hui ! " | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it

Par Stéphane Capron pour Sceneweb :

 

Christian Benedetti s’est lancé depuis cinq ans dans l’intégrale des pièces de Tchekhov. Après La Mouette, Oncle Vania et Les trois sœurs, voici La Cerisaie. La pièce été créée en juin 2015 dans le cadre des Nuits de Fourvière. La pièce devait être reprise à Alfortville dans son Studio Théâtre. Mais c’est Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil qui accueillent les représentations parisiennes.

Cette version de La Cerisaie est énergique. Peu d’éléments de décor, à part l’armoire des enfants, des tables, des chaises, une scène de bal endiablée et un jeu énergique, Christian Benedetti ne s’encombre pas de fioritures. Il respecte le texte et la volonté de Tchekhov de faire de cette pièce une comédie sociale. Rencontre avec le metteur en scène.

Voici la suite de votre voyage dans l’univers de Tchekhov avec la Cerisaie dans une version optimiste

Tout simplement parce que Tchekhov disait que c’était un vaudeville. Et c’est vrai que c’est d’un optimisme terrible même si chacun laisse un bout de lui-même à la fin de la pièce. C’est une pièce sur la transformation d’un monde, sur la perte et sur l’effacement des choses. L’enjeu pour les acteurs est de savoir ce qu’il faut laisser au dernier acte. On renonce alors que pendant trois actes les personnages donnent l’impression qu’ils sont insouciants. Lioubov Andréïevna Ranevskaïa fait tout pour ne pas parler de son enfant mort, les autres sont aux aguets pour ne pas qu’elle ne pleure pas. Ce ne sont pas des gens indolents qui s’en foutent, c’est juste une question de classe. Il est impossible pour eux de penser que le Cerisaie devienne un lotissement. Ermolaï Alexéïevitch Lopakhine, fils de cerf projette d’acheter la Cerisaie malgré lui. C’est un paradoxe. Plus personne ne le regarde. Il est seul avec son champagne. Il y a deux mondes qui se font face et qui émergent. A la fois la Révoltution à travers les idées de l’étudiant Piotr Serguéïevitch Trofimov et le monde de l’argent représenté par Liopakine. Et c’est lui qui va gagner.

Et Liopakine, c’est aussi un peu le nouveau riche d’aujourd’hui, le parvenu.

Oui il est marchant, il fait des affaires. Il achète et il revend. Il a tout racheté sauf son enfance. Il a achète des arbres, mais lui n’a pas de racines. Un arbre sans racines c’est un arbre mort. Et l’on comprend pourquoi il veut faire abattre les arbres parce que ses ancêtres étaient des cerfs. C’est une pièce abstraite de Tchekhov. On passe d’un théâtre à l’autre. La pièce est abstraite comme une symphonie de Tchaïkovski. Et c’est pour cela qu’elle est drôle.

Et toujours avec vous dans un rythme effréné, une version avec le texte intégral en 1h30…

Je ne chronomètre jamais. Cela n’a jamais été une volonté. Cela s’impose à nous. Les gens en rient et trouvent que c’est rapide mais on n’a pas cette sensation sur le plateau. On évolue et il y a même des moments où l’on trouve que c’est un peu lent ! C’est aussi le temps qu’il faut pour voir ce monde qui disparaît. Car au fond est-ce qu’elle a vraiment réellement existé cette Cerisaie ? C’est peut-être un rêve ? C’est peut-être le cauchemar de la Russie d’aujourd’hui !

Propos recueillis par Stéphane CAPRON


Via Le spectateur de Belleville
more...
No comment yet.
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Rescooped by vinhphu68 from robert glasper
Scoop.it!

Obama authorized airstrike in Pakistan

Taliban leader Mullah Mansour was likely killed in an airstrike in Pakistan on Saturday, a U.S. official told CNN.


Via kristopher h
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from robert glasper
Scoop.it!

Afghan Intelligence Says U.S. Drone Killed Taliban Leader in Pakistan

The statement, which has not been confirmed by the Pentagon, rejects Taliban claims that their leader, Mullah Akhtar Muhammad Mansour, was not in the area.
Via kristopher h
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from Revue de presse théâtre
Scoop.it!

Bénin : José Pliya nommé pour conduire les réformes du secteur touristique.

Bénin : José Pliya nommé pour conduire les réformes du secteur touristique. | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it

Le conseil des ministres en sa séance du 18 mai 2016 s’est penché sur le secteur touristique et culturel de notre pays et sa contribution à la création de richesse ainsi qu’a l’emploi. Selon le rapport présenté par Irenée Pascal Koupaki, la contribution de ce secteur au produit intérieur brut n’est que de 2,7% chez nous contre 6% dans un autre pays de l’Uémoa et contre une moyenne de 9% au plan africain. C’est donc pour corriger cet état de choses que plusieurs décisions ont été prises par le gouvernement.


Selon le conseil des ministres, parmi les raisons de cette performance modeste il faut en remarquer au moins trois: l’absence d’une stratégie pertinence de développement du secteur comme filière économique, une faible valorisation des sites touristiques et l’inexistence d’action de promotion des sites touristiques au plan national et international. « Vous savez que notre pays dispose d’un riche patrimoine culturel artistique, architectural, naturel archéologique favorable au développement d’une industrie touristique et culturelle. Il faut donc valoriser ce patrimoine et en faire un outil majeur de rayonnement international de notre pays » a fait remarquer Pascal Koupaki lors de la présentation du rapport du conseil à la presse. C’est donc pour une bonne prise en charge de ce volet structurant du projet de société du chef de l’état que le conseil des ministres a décidé « de créer une agence de promotion des patrimoines et du développement du tourisme« . Pour y arriver, le conseil des ministres a mis en place un comité de pilotage. « La composition de ce comité a été définie et le comité de pilotage est présidé par Mr José Pliya » a laissé entendre Pascal Koupaki.

Né le 17 avril 1966 à Cotonou, José Pliya est le dernier des enfants garçons de Jean Pliya. Écrivain, dramaturge français d’origine béninoise, il est l’auteur d’une douzaine de pièces publiées aux éditions L’Avant-scène théâtre et l’Académie française qui lui a décerné en 2003 le Prix du jeune théâtre André Roussin pour Le Complexe de Thénardier. 


Pour en savoir plus sur qui est José Pliya, merci de suivre le lien suivant. http://beninwebtv.com/2016/05/benin-jose-pliya-celui-devra-conduire-grandes-reformes-secteur-tourisme/


Via Le spectateur de Belleville
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from robert glasper
Scoop.it!

Bernie Sanders Wins Oregon; Kentucky Is Too Close to Call

Mr. Sanders prevailed over Hillary Clinton in the Oregon primary, but late Tuesday night in Kentucky, with votes still being counted, she led Mr. Sanders by 1,900 votes.
Via kristopher h
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from Name News
Scoop.it!

Instagram photo by Alexia Mae | Names Daily • Elm

Instagram photo by Alexia Mae | Names Daily • Elm | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it
I think Elm is such a cool name. It's short and sweet, full of nature, feels summery and green, and has such a lovely sound. I like it for both genders. #wdyt?

Via Clare
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from thanh lap cong ty co phan
Scoop.it!

Golshifteh Farahani, fleur nomade

Golshifteh Farahani, fleur nomade | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it

Golshifteh Farahani, actrice nomade franco-iranienne, est à l'affiche de "Paterson", le film de Jim Jarmush présenté lundi en compétition à Cannes, et sur scène jusqu'au 12 juin au Théâtre de la Tempête, où elle joue "Anna Karénine" dans la mise en scène de Gaëtan Vassart.


"Dans le monde arabo-musulman, elle est encore plus célèbre que Brigitte Bardot", dit d'elle l'écrivain et cinéaste Atiq Rahimi, qui lui a donné le rôle principal dans l'adaptation à l'écran de son livre, "Syngué Sabour, pierre de patience". Célèbre, Golshifteh Farahani le fut d'abord en Iran, et dès son plus jeune âge.

Issue d'un milieu d'artistes en délicatesse aussi bien avec le régime du Shah que celui des mollahs, elle fait ses premiers pas à 14 ans dans "Le Poirier", de Dariush Mehrjui, en adolescente qui se prend pour Jeanne d'Arc et rêve de vivre à Paris. C'est le premier d'une vingtaine de films qui vont faire d'elle, en dix ans, la plus grande star iranienne. La première aussi, depuis 1979, à tourner pour Hollywood : en 2008, elle donne la réplique à Leonardo Di Caprio dans "Mensonges d'Etat", de Tony Scott. Elle y joue sans voile, et à son retour à Téhéran, on lui confisque son passeport et l'interroge sans relâche pendant six mois.

Pendant cette période, elle tourne malgré tout le très beau "A propos d'Elly", d'Asghar Farhadi, l'auteur d'"Une séparation". Contre une caution de deux millions de dollars, elle obtient d'aller à New York pour l'avant-première de "Mensonges d'Etat". Les photos de sa fière apparition au bras de Di Caprio, tête dévoilée et robe de soirée, signent le début de son exil. C'est à Paris qu'elle trouvera l'asile cinématographique. Sans rien connaître de sa langue, elle apparaît d'abord dans les films d'exilés comme elle, sa compatriote Marjane Satrapi, le Kurde Hiner Saleem ou l'Afghan Atiq Rahimi, puis le français apprivoisé, chez Louis Garrel (elle joue Mona dans "Les deux amis") et récemment Christophe Honoré, pour qui elle est Mme de Réan, la mère de la malheureuse Sophie.

Des films qui racontent l'émancipation d'une femme, y compris par une maîtrise de son corps qui passe par le dénuement (la fameuse photo d'elle nue dans la revue Egoïste l'an dernier peut-être vue comme un ultime pied de nez aux ayatollahs). Depuis, c'est juste une excellente actrice internationale, en compétition cette année à Cannes dans le "Paterson" de Jim Jarmush, et l'année prochaine dans "Pirate des Caraïbes" aux côtés de Johnny Depp. J'ai oublié de dire qu'elle est très belle, a une voix grave et sensuelle, et que son prénom signifie "éprise de la fleur". Ça lui va bien...


Antoine Guillot : critique à France Culture


Photo : Golshifteh Farahani à Cannes lundi • Crédits : Eric Gaillard - Reuters


Via Le spectateur de Belleville, vinhphu68
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from robert glasper
Scoop.it!

Key G.O.P. Donors Still Deeply Resist Donald Trump's Candidacy

A survey of more than 50 of the most generous donors to Republican candidates and advocacy groups revealed contempt and distrust toward their own party's nominee.
Via kristopher h
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from Revue de presse théâtre
Scoop.it!

Alexandre Astier : « J’ai toujours entendu ma mère dire merde aux institutions »

Alexandre Astier : « J’ai toujours entendu ma mère dire merde aux institutions » | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it
Je ne serais pas arrivé là si…

… Si je n’avais pas eu une mère qui m’avait appris la valeur du non-conformisme. Si je n’avais pas eu l’exemple, de sa part, que l’on peut faire les choses comme on veut, et pas comme on est censé les faire.

Comment vous a-t-elle appris cela ?

Il ne s’agit pas d’une leçon, cela passe simplement par ce qu’elle est : une idéaliste. Elle ne s’est jamais intéressée à l’argent. C’est comme si cela n’existait pas pour elle. Ce qui compte avant tout, c’est que les choses aient du sens. Prof d’art dramatique depuis très longtemps, elle est investie dans ce qu’elle fait, elle s’inquiète pour tout le monde, et ses élèves sont extrêmement attachés à elle. Et puis, je l’ai toujours entendue dire “merde”. On avait les huissiers qui cognaient à la porte toutes les deux semaines. Je l’entendais gueuler. Elle gueule encore, d’ailleurs ! C’est une Latine. Pour elle, il n’y a pas d’institution qui puisse représenter un quelconque exemple, ou une quelconque forme d’obligation de quoi que ce soit.

C’était facile à vivre ?

Elle m’a élevé seul. A 13 ans, j’en avais plein le dos. J’ai gueulé à mon tour et je me suis barré à 16 ans. Elle m’agaçait ! Encore maintenant, elle m’agace ! Mais aujourd’hui, à 41 ans – même si je n’ai pas du tout la même vie qu’elle (on n’avait pas un rond, et j’ai maintenant de l’argent) – je me rends compte que je lui ressemble beaucoup. Tout ce que je ne supporte pas dans le métier, l’hypocrisie, la notion de « milieu », cela vient d’elle.

Pourquoi être parti à 16 ans ?

J’ai quitté Lyon pour Paris et le conservatoire de musique. Un adolescent tout seul avec sa mère italienne, il faut qu’il dégage, ou alors il vit avec pour toujours. C’est ce que dit Freud : “Soit vous dégagez et vous êtes un héros, soit vous êtes dedans et vous êtes mort”. Et puis, comme le dit Guy Bedos : “Ce n’est pas parce qu’on est prêt à mourir pour le peuple qu’on est prêt à vivre avec”. Avec ma mère, c’est pareil. Au bout d’un moment, il me faut une distance, sinon je deviens dingue. Mais sans une mère comme elle, je ne serais pas là où je suis. Je dis beaucoup “merde”, “ça ne m’intéresse pas votre truc”, et cela ne s’améliore pas en vieillissant ! Dès que j’ai fini ce que j’ai à faire au boulot, je rentre chez moi retrouver mes cinq gamins. Je ne fais aucune mondanité. A une époque, je craignais que cela finisse par se voir. Maintenant ça se voit. Et cela m’est égal.

Enfant, vous aimiez l’astronomie et la musique, est-ce votre mère qui vous a aiguillé dans vos goûts ?

Astronome, quand j’étais petit, cela me faisait rêver. Musicien, en revanche, ne relevait pas de la passion. Mais j’étais dans une classe à horaires aménagés musique, donc mes journées étaient pleines de musique.

Cette classe particulière, c’était votre choix ?

Non, je ne voulais pas. J’ai été forcé par ma mère.

Avec quels arguments ?

Aucun. Des coups de pied au cul. Je lui disais : “Je n’en ai rien à faire de la musique”. Elle me répondait : “Tu verras plus tard, en tout cas, tu y vas”. Mais qu’on ne s’y trompe pas, môme, j’étais très heureux. Je ne sais pas pourquoi elle voulait absolument que je fasse de la musique. Elle vient d’un milieu ouvrier – mon père aussi –, il n’y a aucun musicien dans sa famille. J’ai fait un parcours très classique en formation musicale. J’apprenais à composer et je faisais de la contrebasse. Quand vous débutez assez tôt, à un âge où on peut vous mettre des coups de pied aux fesses, vous ne partez pas. Si j’avais fait ce cursus dix ans plus tard, j’en serais parti.

Des années et des années de musique, mais vous n’en avez pas fait votre métier…

De manière instinctive, j’avais peur qu’il me manque quelque chose. J’avais l’impression qu’il n’y avait pas de plaisir supérieur, en scène, que Coluche ; qu’on était un vrai héros lorsque les gens vous aiment pour ce que vous dites, parce que c’est le risque ultime. Il y avait là quelque chose qui me chatouillait. A 20 ans, je bouffais de la musique tous les jours, du matin au soir. Du classique, de l’American school, des profs d’arrangement, etc. A un moment, j’ai postulé pour une classe de jazz au conservatoire supérieur. J’avais tellement fait d’école, puis obtenu un prix, alors j’étais persuadé d’être accepté. Mais je n’ai pas été pris. J’ai trouvé cela très injuste. J’ai appelé ma mère. Elle m’a dit : “si tu n’y rentres pas, c’est que tu ne dois pas y être. Donc profites-en”.

C’était donc « profites-en pour faire autre chose » ?

Je n’ai vécu qu’avec des comédiens, pendant toute mon enfance, et je ne vois pas comment je n’aurais pas nourri une frustration. Même si j’ai vu ma mère beaucoup galérer.

Quels souvenirs gardez-vous d’avoir vu, enfant, vos parents sur scène ?

D’abord le privilège de passer derrière ; aller dans les loges, c’était dingue. Ensuite, avoir le trac pour quelqu’un qu’on aime, sans pouvoir rien faire. Et puis, par-dessus tout, la sensation d’avoir des parents qui n’étaient pas comme les autres, surtout quand on est élève dans un conservatoire, lieu qui reste très bourgeois.

Donc, vous n’êtes pas pris dans cette classe de jazz, et vous vous tournez vers le théâtre…

Oui. Ma mère a commencé à me caster dans des petits rôles, notamment dans des pièces de Labiche. Et puis j’ai proposé d’écrire et j’ai commencé à faire des courts-métrages. Sur chaque projet, je faisais aussi la musique.

Comment est née l’idée de la série « Kaamelott » ?

J’écrivais des comédies, mais toujours avec un petit fond hollywoodien : les maisons hantées ; Jekyll et Hyde… Mon deuxième court-métrage se déroule autour de la Table ronde, avec des mecs qui n’arrivent pas à se comprendre. J’aimais donner une version plus humaine et plus raté à quelque chose censé être grandiloquent, épique. Raconter la version quotidienne, j’ai toujours aimé ça.

Pourquoi ?

Les Américains ont tout pris : le roi Arthur, Alexandre Le Grand, Spartacus, etc. Ces films ont tous une chose en commun : les personnages ne dialoguent pas, ne parlent jamais normalement, ils prononcent des sentences. Et ils n’ont jamais de problèmes. Je ne crois pas à ça. Dans les plus beaux films qui existent, que ce soient les comédies italiennes des années 50 ou 60, ou même notre Grande vadrouille, il y a des gens très normaux. Une grande épopée où les personnages parlent comme dans les livres, c’est plus facile à faire. Et inattaquable. Mais imaginer des vrais humains fragiles au milieu d’une situation épique, c’est toujours ce qui m’a plu. Oui, dans « Kaamelott », il y a le Graal, la Table ronde, les chevaliers, mais derrière, il y a des hommes qui ont du mal à appréhender les situations.

Dans « Kaamelott », vous avez fait jouer votre mère, votre père, votre belle-mère, votre demi-frère. Pourquoi ce choix de travailler en famille ?

La dernière chose à faire aurait été de bouleverser toutes les raisons pour lesquelles les gens de M6 avaient ri et accepté la série. Dans ce que je fabrique, j’écris pour faire plaisir à des acteurs. Pas pour des personnages. Le plaisir est la condition sine qua non du jeu, l’aliment donné à l’acteur pour qu’il joue avec du sentiment. Ma mère m’a toujours beaucoup parlé de Molière, de l’œuvre et du bonhomme. Les personnages qu’on connaît de lui ont été écrits d’abord pour les acteurs.

Associer des proches permet de s’assurer de la connivence entre la personne et les textes, parce que vous la connaissez suffisamment pour écrire pour elle. Prendre ma famille, c’est faire plaisir à ma mère, à mon père, etc. Antoine de Caunes a été l’une des premières personnes qui m’a vraiment encouragé, et aimé ce que je faisais. J’étais impressionné, touché. En le connaissant, j’ai voulu l’associer. J’ai toujours voulu faire plaisir aux comédiens.

Vous avez écrit seul et vous revendiquez ce besoin de solitude. Pourquoi ?

Effectivement, j’ai écrit seul les 40 heures de « Kaamelott ». J’associe beaucoup ce que je fais à du jeu. Or, j’ai toujours joué seul au Lego quand j’étais enfant, j’ai toujours composé seul de la musique dans ma chambre quand j’étais adolescent. Je crois à la signature. Ecrire seul, cela aboutit à un truc certainement bourré de défauts, mais très signé.

Mais vous avez aussi réalisé, composé la musique, interprété le rôle principal… On entend dire que vous êtes un stakhanoviste du travail ?

Ah non, sûrement pas. Ce besoin de tout faire vient d’un paternalisme maladif sur le résultat. Je ne me dis pas “je vais tout faire”, je me retrouve à tout faire pour qu’on ne m’emmerde pas.

Comment avez-vous vécu le succès de cette série ?

Quand le succès est arrivé, dans les premiers mois de 2005, j’étais en plein tournage de la saison 2 et 3 et de l’écriture. J’ai été noyé de boulot pendant plusieurs années, sans pouvoir respirer. Le succès est arrivé pendant ce temps-là. Je l’ai vécu en bossant trop. Après, c’est devenu plus confortable en tournant à Lyon, près de chez moi. Je ne suis pas très sensible à la notoriété. Je n’ai jamais l’impression que c’est à moi qu’on s’adresse quand on vient me voir. Et puis bizarrement, le succès a nécessité que l’on préserve les choses. J’ai refusé les remakes européens, les sponsors, etc.

Est-ce facile de diriger ses parents ?

Oui. Vraiment. Personne ne veut être là par privilège, donc il faut mériter sa place. Mais comme c’est écrit complètement pour eux, cela va tout seul. J’ai remis mes parents ensemble dans la série, alors qu’ils se sont séparés quand j’avais un an. Mais ils se sont toujours marrés ensemble, ils étaient à leur place sur « Kaamelott ». C’est sûr.

Quels sont les artistes ou les œuvres qui ont pu influencer vos choix ?

Gérard Oury est certainement un modèle. Parce qu’il ne brade pas ses sujets. La comédie, pour lui, n’est pas un sous-genre, il veut des grands films de comédie. Quand il fait La folie des grandeurs, il y a les grands d’Espagne, des décors de qualité.

Dans votre loge, il y a toujours des mots d’encouragement de votre mère, affichés…

Mon régisseur se balade avec les mots de ma mère, ceux qui arrivent avec les bouquets Interflora. Il les garde, les étale sur la table. Chacun ses combines ! Certains picolent une bouteille de whisky avant de monter sur scène, moi mon rituel est plus sain. Ma mère est quelqu’un qui m’inspire, c’est vrai. Elle est protégée, et exempte de beaucoup de conneries et de facilités que mon milieu trimballe. Donc, évidemment c’est toujours très inspirant de lui parler.

Lorsque vous parlez des « conneries et facilités de votre milieu » : vous avez quoi en tête ?

Je n’ai pas envie de savoir tout ce qui se fait en ce moment, sinon je suis noyé. Je fabrique mes propres trucs et je n’ai pas envie d’en parler. J’adore mon métier, mais surtout le faire. Je n’aime aucun groupe. Je n’ai jamais pu. Comme disait Desproges : “Si on faisait une manif pour sauver mes gosses, je crois que je n’irais pas” !

Finalement, tous vos projets ramènent sans cesse à votre enfance ou à votre famille ?

C’est vrai. Complètement. Par exemple, je prépare un projet sur la bête du Gévaudan, parce que les Astier sont du Gévaudan depuis cinq siècles, et j’avais une grand-mère bergère en Lozère qui me parlait des loups quand j’étais môme, d’ailleurs cela me faisait peur. J’ai besoin d’aborder des sujets sur lesquels j’ai une conviction, c’est un moteur trop précieux, je ne peux pas m’en passer. Je suis nul à la commande. Avec ce qui a été précieux lors de mon enfance, comme l’astronomie pour « l’Exoconférence », j’ai déjà largement de quoi faire. Je ne prendrai pas le risque d’écrire quelque chose qui ne m’est pas intime.

Vous dites être obsédé par la mort, y penser tous les jours…

C’est vrai. Parce que tout passe vite. Il s’agit de raconter des choses un peu vraies aux gens ; il ne faut pas glander, il faut les faire. J’honore le privilège d’être payé pour ce que j’ai envie de faire.

Vous avez le projet d’une trilogie « Kaamelott » au cinéma, vous ne vous lassez jamais de ce sujet ?

Non, parce que c’est neutre, « Kameloot », on peut tout y dire. Ce n’est pas une histoire, mais un environnement, avec des règles. Une matière où il peut tout se passer, comme dans un jeu de rôle. Il y aura trois films, mais je prendrai le temps entre chacun d’entre eux pour faire d’autres choses. Mais je ferai du « Kameloot » un peu jusqu’au bout.

Finalement, quel est votre métier principal ?

Je galère toujours à le définir. J’aimerais que ce soit simple, car je crois au slogan. Je raconte des histoires, alors je dirais auteur. Mais ce que je fais de mieux, c’est écrire de la musique, c’est mon langage préféré. Donc, ce qui m’est intime, c’est compositeur.

Propos recueillis par Sandrine Blanchard

« L’Exoconférence », de et avec Alexandre Astier, mise en scène Jean-Christophe Hembert, samedi 11 juin à 20 heures à Bercy, AccorHotels Arena.

Via Le spectateur de Belleville
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from Name News
Scoop.it!

Months as Names

Months as Names | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it
Have you ever noticed how some people are named according to the the calendar? Many people are named after months.  A certain preceding generation adored the name April; it's still a popular name, but peak usage was in the 1980s. Then there's meteorically-rising August (ranks #195 for boys), which usage suggests may either be a…

Via Clare
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from Revue de presse théâtre
Scoop.it!

Nécessaire et urgent, d’Annie Zadek, mise en scène de Hubert Colas au Théâtre de la Colline

Nécessaire et urgent, d’Annie Zadek, mise en scène de Hubert Colas au Théâtre de la Colline | thanh lap cong ty co phan | Scoop.it

article d’Anna Grahm pour le blog "Un fauteuil pour l'orchestre"



Photo © Hervé Bellamy

C’est une écriture pudique et obsessionnelle que nous offre Annie Zadek. Elle nous conduit sur un chemin pavé d’interrogations, parle aux morts et à nous les vivants. C’est une recherche philosophique. Sa démarche explore les limites de la pensée, suit les traces des souvenirs oubliés, soulève les immobilismes. Son fil conducteur traque l’incertitude, les rapports ambigus que l’on entretient avec la mémoire.

La mise en scène est une expérience magnétique. Le style épuré de Hubert Colas accompagne cette marche hypnotique, porte sa quête, sublime sa poésie, épouse ses fêlures et découvre ses lignes de force. Mais pour entrer dans le spectacle, il faut accepter de se perdre, il faut s’égarer au bord des précipices, appréhender la profondeur des abîmes, se laisser porter vers des points de fuite. Il faut se contenter d’être escorté par une foule de silences, il faut se laisser bousculer par les découvertes, se laisser guider vers des lieux de séparations et de deuils impossibles. Et comme toujours, revenir sur les terres de l’incompréhension, et creuser les exils et déterrer les germes de régressions.

Le dispositif scénique capture les acteurs dans un espace temps irréel, et captive immédiatement l’attention des spectateurs. Au milieu du plateau, trône un énorme cube de verre que des rayons lumineux balaient de part en part. La lumière aveuglante blesse le regard du public, et découpe comme un laser, le corps des acteurs.

Ils viennent de la transparence, se distinguent à peine, se télescopent et se perdent. Ils ont des silhouettes fragiles en perpétuel mouvement, difficilement identifiables. Prisonniers des volumes du carré, ils traversent une forêt de miroirs, apparaissent dans un filet lumineux, disparaissent dans un dédale d’ombres. Leurs reflets se multiplient, changent sans arrêt d’aspect, s’appréhendent et s’amenuisent.

Et soudain il est là, en chair et en os, bien en vue à l’avant scène, premier sorti du labyrinthe, campé solidement sur ses deux jambes et pose des questions. En apparence toutes simples qui ressemblent à celles que chacun pourrait poser lors d’une toute nouvelle rencontre avec un inconnu. Mais l’homme se fait plus précis, plus curieux, fouille, examine comme pourrait le faire un officier de police lors d’un interrogatoire. Et le personnage féminin encore enfermé derrière les parois de verre, paraît démuni, semble incapable de fournir des réponses suffisamment valables pour rendre compte de qui elle est.

Ils sont là désormais, côte à côte tous les deux, cherchant à remplir le questionnaire de leur terre d’accueil, à gratter les contours dont ils sont faits, à passer au tamis tous les sujets qu’ils n’ont jamais pu aborder. Elle, comme lui, n’en n’ont jamais terminé avec ce qu’ils ont tu, qui les hante, qu’ils redoutent encore d’aborder. Ils parlent à tâtons, d’un monde englouti, d’un effroi invisible, évoquent des évènements d’une cruauté inouïe, qu’ils hésitent à nommer tout à fait. Ils écartent avec une infinie délicatesse, des regrets éternels, tandis que derrière eux, des fumées montent du sol, s’élèvent et s’épaississent, prennent corps, lèchent les parois du cube jusqu’à le remplir tout à fait.

L’image saisissante s’empare du Zyklon b des chambres à gaz, du champignon atomique, image sublime et atroce que cette main happée par la fumée qui fait resurgir l’ampleur criminelle du génie humain. Sentiment tragique d’avoir à côtoyer et la beauté et l’horreur.

De l’inimaginable traumatisme de la Shoah, restent des douleurs fantômes que les nuits morales d’aujourd’hui rendent plus réelles que jamais. Sur ces ponts entre passé et présent repose ce dilemme lancinant. Partir ou rester. Suspendus à la répétition des sidérations récentes, confrontés à la haine insupportable, le besoin de transmission est plus qu’urgent.



Nécessaire et urgent  Texte Annie Zadek
Mise en scène et scénographie Hubert Colas
avec Bénédicte Le Lamer et Thierry Raynaud
Du 12 mai au 4 juin 2016

Au théâtre de la Colline
15, rue Malte Brun paris 20
Réservation 01 44 62 52 52
www.colline.fr


Via Le spectateur de Belleville
more...
No comment yet.
Rescooped by vinhphu68 from robert glasper
Scoop.it!

Dying Infants and No Medicine: Inside Venezuela's Failing Hospitals

Supplies are lacking, electricity goes out, equipment is broken and patients lie in pools of blood as the country's economic crisis has exploded into a public health emergency.
Via kristopher h
more...
No comment yet.