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[COMMUNIQUE DE PRESSE du 28 décembre 2016] Six écrivains et journalistes français solidaires d'Asli Erdogan et Necmiye Alpay en Turquie

[COMMUNIQUE DE PRESSE du 28 décembre 2016] Six écrivains et journalistes français solidaires d'Asli Erdogan et Necmiye Alpay en Turquie | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

COMMUNIQUE DE PRESSE du 28 décembre 2016

 

Six écrivains et journalistes français solidaires d'Asli Erdogan
et Necmiye Alpay en Turquie

Istanbul, 11:56, le 28.12.2016

 

Les procès politiques ont redoublé en Turquie. Sinistre mascarade d'un chef d'Etat qui n'utilise plus l'appareil judiciaire et policier que comme une machinerie de répression absolue. En solidarité avec Asli Erdogan et Necmiye Alpay, qui seront jugées demain jeudi 29 décembre (Asli Erdogan risquant la prison à vie), nous sommes six, six écrivains et journalistes à avoir embarqué pour Istanbul, porteurs de phrases solidaires écrites par une cinquantaine d'écrivains de trois continents. Nous serons présents demain au procès, à 10 h au Palais de justice de Çağlayan, pour distribuer les phrases et les messages traduits en turc. Bülent Gündüz , un cinéaste kurde réfugié en France, nous y rejoindra avec son équipe.
Une conférence de presse, organisée par les avocats d'Asli et Necmiye, aura lieu à 9h30, devant la porte C du Palais de justice. Nous y serons présents.

Laurence-Loutre Barbier, Valérie Manteau, Ricardo Montserrat, Yann Perreau, Laura-Maï Gaveriaux et Tieri Briet

 

• Primo : Asli Erdoğan est avant tout écrivaine. Une des grandes voix de la littérature turque, traduite en français chez Actes Sud, et qui écrivait une fois par semaine dans un journal indépendant aujourd'hui interdit, pour soutenir la cause des minorités, des réfugiés et des populations kurdes massacrées. Elle a été arrêtée le 16 août 2016, chez elle, et est incarcérée depuis 133 jours, 17 heures et 5 minutes, pour être aussi précis que possible.

 

• Secundo : Pas d'ONG ou d'association, juste une bande d'écrivains plus ou moins fauchés, viscéralement enragés à l'idée qu'on puisse condamner une femme à la prison à vie pour ce qu'elle a écrit. Nous avons lancé une cagnotte sur Leetchi pour financer les frais de notre action et payer les avocats jusque-là à peu près bénévoles. https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-asli-erdogan

 

• Tertio : Pas question d'occident ou d'ingérence au Moyen Orient. Nous portons les messages d'écrivains basés sur trois continents, et comme pour Salman Rushdie, Joseph Brodsky ou Ana Politkovskaïa nous n'acceptons pas qu'un écrivain soit menacé de mort ou de prison pour ses écrits.

La vérité en littérature est peut-être un devoir, mais c'est aussi un droit fondamental qu'on ne veut pas négocier avec les califes, les présidents à vie et les pachas auto-proclamés un peu partout ces derniers temps. On veut être libres d'écrire vrai et qui menace cette liberté est d'emblée notre ennemi.

Et comme disent nos amis russes de la poésie la plus vive :

A la vie, à la mort et à la littérature !

 

Pour des prises de contact passez par la page FB :
Free Asli Erdogan
https://www.facebook.com/freeaslierdogan/
ou freeaslierdogan@kedistan.net
Dossier Asli Erdogan sur Kedistan : http://www.kedistan.net/…/ecl…/dossier-special-asli-erdogan/

 

____________________________________

Trois phrases solidaires pour Asli (tirées au hasard)

Je désobéirai
À vos âmes perdues
À vos misères retrouvées
À vos prophètes qui châtient
À vos dieux qui emprisonnent
Je désobéirai à tout... sauf à la liberté

Karim Akouche, Kabylie
____________________________________
le cri de midi déchire notre présence
tel est le volume de l'énoncé
sang amour chaos
Hector Ruiz, Montréal

öğlenin çığlığı varlığımızı yırtıyor
işte budur söyleyişin sesi
kan aşk kaos
Hector Ruiz, Montreal
____________________________________
A = amour
S = survie
L = libre
I = Istanbul

Nolwenn Euzen, Vincennes
____________________________________

Index des auteurs de phrases solidaires pour Asli :

Karim Akouche, Kabylie - Marie Bardet, Narbonne - Zoé Balthus, Paris - Germaine Beaulieu, Montréal - Jean Christophe Belleveaux, Nevers - Barbara Bouley, Paris - Sandrine Bourguignon - Sauliac-sur-Célé - Tieri Briet, Arles - Yves Charnet, Toulouse - Raymond Cloutier, Québec - Severine Danflous, entre Angoulême et Paris - Jean-Paul Daoust, Montréal - Marc Dugardin, Namur - Nolwenn Euzen Vincennes - Gaëlle Fernandez Bravo, Paris - Frédéric Fiolof, Paris - Claudine Galea, Paris - Michaël Glück, Montpellier - Cécile Guivarch, Nantes - Yvo Jacquier, Prague - Nathalie Jendly, Vevey -
Cathy Jobin, Montreux - Jocasta Huppen, Bruxelles - Xavier Lainé, Manosque - Roxane Lebrun, Paris - Lire pour qu'elle soit libre, à travers toute la Suisse - Christiane Lo Cicéro, Avignon - Virginie Lou-Nony, Montpellier - Laurent Maindon, Nantes - Danièle Mendak, - Dominique Ottavi, Ajaccio - Denise Pelletier, Québec
Walter Rosselli, Montreux, Suisse - Valérie Rouzeau, Nevers
André Roy, Montréal - Hector Ruiz, Montréal - Anne Savelli, Paris
Moira Scherrer, Cannes - Lor Zevan...

 

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tiers livre | le journal : 2016.12.24 | les Corti ferment leur librairie (un pincement)

tiers livre | le journal : 2016.12.24 | les Corti ferment leur librairie (un pincement) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

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Syrie. Mort du libre-penseur Sadik Jalal Al-Azm : une lumière s’est éteinte

Syrie. Mort du libre-penseur Sadik Jalal Al-Azm : une lumière s’est éteinte | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Le grand philosophe Sadik Jalal Al-Azm est décédé le 11 décembre à Berlin. Né à Damas en 1934, ce libre-penseur, démocrate et laïc, n’a cessé de défendre les droits de l’homme et de dénoncer le despotisme dans son pays et les dérives de la communauté internationale dans ses politiques concernant le Moyen-Orient.

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Asli Erdogan vous a écrit depuis sa prison de Bakırköy, Turquie

Asli Erdogan vous a écrit depuis sa prison de Bakırköy, Turquie | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Asli Erdogan n'a eu de cesse, avant son arrestation, de soutenir celles et ceux, qui dans l’océan de répression, subissaient les pires des oppressions, discriminations, voir meurtres programmés. L’année qui vient de s’écouler en Turquie en regorge. Derrière ce nom connu, d'autres, beaucoup d'autres, inconnus, anonymes. A travers elle, c'est aussi eux que nous défendons. Dans le cadre de la campagne pour sa libération, nous sommes convenus, avec quatre autres magazines internet : Kedistan, Diacritik, ActuaLitté, La Maison Éclose, de publier conjointement sa lettre depuis la prison le 12 décembre à 19h30, au même moment où de nombreuses lectures publiques auront lieu, comme ce soir à la Maison de la poésie, Paris. Rappelons que l'écrivaine turque risque, ainsi que ses consoeurs et confrères qui avaient accepté, comme elle, d'être conseillers de la rédaction du journal Özgür Gündem, fermé à la mi-août sur ordre des autorités, la prison à vie pour "participation à un groupe terroriste". Et que plus de 140 professionnels des média turcs, dont le rédacteur en chef et des membres de la rédaction du grand quotidien laïc turc Cumhuriyet, sont encore en ce moment en prison ou encourant des peines très graves pour s'être opposés au régime de Recep Tayyip Erdogan. Nous n'imaginons pas une seconde qu'ils puissent être des "terroristes". Mais ne doutons pas du fait que le président turc cherche à terroriser l'opposition et la museler. Il faut faire pression sur le régime pour obtenir leur libération. Il en va aussi de notre liberté, comme l'explique très bien dans sa lettre aux Européens Asli Erdogan : "De nombreux signes indiquent que les démocraties libérales européennes ne peuvent plus se sentir en sécurité alors que l’incendie se propage en sa proximité. La “crise démocratique” turque, qui a été pendant longtemps sous-estimée ou ignorée, pour des raisons pragmatiques, ce risque grandissant de dictature islamiste et militaire, aura de sérieuses conséquences. Personne ne peut se donner le luxe d’ignorer la situation, et surtout pas nous, journalistes, écrivains, académiciens, nous qui devons notre existence même à la liberté de pensée et d’expression."

L'Autre Quotidien, le 12 décembre 2016

Chers amis, collègues,

Cette lettre est écrite depuis la prison pour femmes de Bakırköy, quelque part entre un asile de fous et une vieille léproserie. En ce moment, un nombre de “journalistes”, estimé entre 150 et 200, a été emprisonné en Turquie, et je suis l’un d’entre eux.

Je suis une écrivaine, seulement une écrivaine, auteure de huit livres traduits dans de nombreuses langues, incluant le français. Depuis 1998, je travaille comme chroniqueuse en essayant de combiner littérature et journalisme dans mes chroniques. Les derniers Prix Nobel sont un signe que les “limites rigides” de la littérature sont remises en question avec justesse.

J’ai été arrêtée pour la raison, ou plutôt le prétexte, que je suis un des “conseillers” de Özgür Gündem, le soit-disant “journal kurde”. Même si les lois régissant le journalisme ne donnent aucune responsabilité aux conseillers d’un journal, et qu’aucun parmi les centaines de procès intentés aux journaux n’ait inclus ces symboliques “conseillers”, six de ces conseillers ont été accusés de “terrorisme” : Necmiye Alpay, linguiste et activiste pour la paix, Bilge Cantepe, fondateur du Parti Vert, Ragıp Zarakolu, éditeur et candidat pour un Prix Nobel de la Paix, Ayhan Bilgen,
parlementaire, Filiz Koçali, journaliste féministe.

En fait, parmi ces 150 “journalistes”, il y a plusieurs écrivains, des
académiciens, des critiques littéraires, mais ils sont tous en prison pour leur travail journalistique.

La situation de la presse est alarmante. Environ 200 journaux, agences de presse, radios et chaînes de télévision ont été fermées sur ordre du gouvernement en à peine 4 mois. Une “punition collective” a aussi été administrée au journal Cumhuriyet, le plus vieux journal de Turquie, bastion de la social démocratie. Comme pour Özgür Gündem, tous les noms listés comme conseillers et éditeurs ont été arrêtés pour avoir approché des organisations terroristes, y compris l’éditorialiste culturel et un caricaturiste !

Le journal Cumhuriyet a il y a peu courageusement publié des rapports sur les relations entre la Turquie et ISIS (Daesh) et a fermement protesté contre les attaques d’enragés contre Charlie Hebdo. De nombreux journalistes, y compris moi, ont été poursuivis pour leur solidarité avec Charlie Hebdo, certains ayant même été condamnés à des peines de prison.

Nous avons besoin de votre soutien, de votre sensibilité et de votre solidarité. PEN, qui est à la base une organisation pour la défense des écrivains, se bat activement pour la liberté des journalistes. Quand la liberté de pensée et d’expression est en danger, il n’y a plus de discrimination.

“Liberté, Egalité, Fraternité”: ce sont des concepts que nous devons à la Révolution française ! Plus de deux siècles ont passé qui ont donné du sens, et une réalité, à ces concepts, façonnés par des siècles de raisonnement, de pensées et de développement littéraire, découlant de siècles de labeur, de combats, de guerre et de sang… Ces concepts se doivent d’être universels, aussi bien en théorie qu’en pratique, pour tous, sans exception.

Mon sentiment est que la crise récente en Europe, déclenchée par les réfugiés et les attaques terroristes, n’est pas seulement politique et économique. C’est une crise existentielle que l’Europe ne pourra résoudre qu’en ressaisissant les nations qui la composent.

De nombreux signes indiquent que les démocraties libérales européennes ne peuvent plus se sentir en sécurité alors que l’incendie se propage en sa proximité. La “crise démocratique” turque, qui a été pendant longtemps sous-estimée ou ignorée, pour des raisons pragmatiques, ce risque grandissant de dictature islamiste et militaire, aura de sérieuses conséquences. Personne ne peut se donner le luxe d’ignorer la situation, et surtout pas nous, journalistes, écrivains, académiciens, nous qui devons
notre existence même à la liberté de pensée et d’expression.

Merci beaucoup.
Sincères salutations

Aslı Erdoğan
Prison de Bakırköy C-9

 

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En 2018, Marseille-Provence de nouveau "capitale" culturelle

En 2018, Marseille-Provence de nouveau "capitale" culturelle | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

La Culture, dans ce qu'elle a de plus collectif, festif, créatif et rassembleur, reviendra au premier plan dans le département des Bouches-du-Rhône en 2018. Après, à Marseille, l'année Capitale du sport qui démarre en 2017 et avant Manifesta qui mettra l'art contemporain au coeur de la cité en 2020, qui pourrait avoir pour thèmes la Nature et les migrations, la grande ville portuaire et le territoire qui ont construit et vécu MP2013 sont en train de fabriquer MP2018 : une réplique, cinq ans plus tard, de l'Année Capitale européenne de la Culture.


Via Aurelien Guillois
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Ouverture de la nouvelle bibliothèque de Caen en janvier 2017  

Ouverture de la nouvelle bibliothèque de Caen en janvier 2017   | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Les visiteurs pourront découvrir le bâtiment flambant neuf de la bibliothèque Alexis de Tocqueville de Caen, le week-end des 14 et 15 janvier 2017. Le point sur les nouveautés.


Via mayalc, Bibliothèques-Médiathèques de Metz
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De quoi Asli Erdoğan est-elle le symbole ?, par Valérie Marin La Meslée [Le Point, 10.12.2016]

De quoi Asli Erdoğan est-elle le symbole ?, par Valérie Marin La Meslée [Le Point, 10.12.2016] | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Dans son intégralité, voici le texte de l’article écrit par Valérie Marin La Meslée, envoyée spéciale à Istanbul pour le journal Le Point, dans son édition du 10 décembre 2016. Un article important, faisant une analyse précise de la situation kafkaïenne à laquelle sont confrontés écrivains et artistes turcs dans un pays qui bascule désormais dans la terreur.

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Une école supérieure de bande dessinée va ouvrir à Genève en 2017

Une école supérieure de bande dessinée va ouvrir à Genève en 2017 | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Le projet a été présenté ce jeudi devant la presse en présence de Tom Tirabosco et Zep. Cette nouvelle formation pr
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Vendredi 9 décembre 2016 :: Les Interculturelles, journée dédiée aux langues et à l’interculturalité (université Paris-Saclay)

Vendredi 9 décembre 2016 :: Les Interculturelles, journée dédiée aux langues et à l’interculturalité (université Paris-Saclay) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

#Yvelines Les Interculturelles, journée dédiée aux langues et à l’interculturalité https://t.co/UzSjjbVUHg


Via Mazaury Laurent
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Jeudi 8 décembre 2016 :: Soirée de soutien au théâtre du Chêne Noir (Avignon)

Jeudi 8 décembre 2016 :: Soirée de soutien au théâtre du Chêne Noir (Avignon) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
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Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (21) |  Diacritik

Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (21) |  Diacritik | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer. Un texte par jour, jusqu’à la libération d’Aslı Erdoğan. Mobilisons-nous, relayons la liberté. "Les faits sont patents, discordants, grossiers... Ils entendent parler fort. A ceux qui s'intéressent aux choses importantes, je laisse les faits, entassés comme des…

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Décoloniser les Arts soutient la metteure en scène française Eva Doumbia dans son procès contre un directeur de théâtre à Marseille

Décoloniser les Arts soutient la metteure en scène française Eva Doumbia dans son procès contre un directeur de théâtre à Marseille | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Décoloniser les Arts soutient Eva Doumbia dans son procès contre un directeur de théâtre à Marseille.

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“Le procès d'Asli Erdogan est une farce” |  ActuaLitté

“Le procès d'Asli Erdogan est une farce” |  ActuaLitté | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Les procès des auteures Asli Erdogan et Necmiye Alpay se dérouleront ce 29 décembre. 

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La Scala (Paris), saga d’une salle aux mille visages

La Scala (Paris), saga d’une salle aux mille visages | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Par Brigitte Salino dans Le Monde :

 

Ouvert en 1873, maintes fois fermé et transformé, le théâtre parisien s’apprête à renaître de ses cendres.

A Paris, quand on remonte le boulevard de Strasbourg sur le trottoir de gauche, en direction de la gare de l’Est, on passe devant une façade métallique qui se fond dans le paysage urbain, très animé dans cette partie du 10e arrondissement. Sise au numéro 13, elle cache une de ces salles de théâtre dont la capitale a le secret : extraordinaire et oubliée, comme le furent les Bouffes du Nord avant leur reprise par Peter Brook. Cette salle, c’est la Scala et elle est en train de renaître, grâce à un couple, Mélanie et Frédéric Biessy, qui l’ont rachetée et vont lui refaire une beauté, avec en particulier le concours du scénographe Richard Peduzzi.

Pour l’heure, la Scala ressemble à une grotte, dans laquelle on n’entre pas sans émotion : des murs bruts, une charpente en bois et des dimensions qui autorisent tous les rêves d’architecte : 15 mètres sur 25, soit un peu moins que les Ateliers Berthier de l’Odéon. Longtemps, les pigeons ont élu domicile dans la salle, vidée par son dernier propriétaire, L’Eglise universelle du royaume de Dieu, qui voulait en faire son lieu de culte mais n’en a pas eu l’autorisation, nous verrons pourquoi. Avant, il faut revenir sur la longue histoire de la Scala, qui, à sa manière, raconte Paris, ses folies théâtrales et ses mutations spectaculaires.


Comme il se doit, tout commence par « il était une fois » une dame, Marie-Reine Voisin, veuve d’un riche industriel du nord de la France, qui avait beaucoup voyagé et était tombée en amour pour la Scala de Milan. Elle décida d’avoir « sa » Scala et, en 1873, en fit construire une réplique, en plus petit (1 400 places, contre 3 000 en Italie), juste en face de l’Eldorado, dans un quartier en pleine expansion. Pas pour y présenter de l’opéra. La Scala est un café-concert, dans le goût de l’époque, mais avec un lustre inégalé : une coupole vitrée ouvrant sur le ciel, un parterre et trois balcons bleu et or, des treuils mécaniques qui montent à tous les étages des tonneaux d’absinthe, de vin et de bière.


Les artistes en sont fous. « C’est beaucoup plus chic que l’Eldorado », dit Mistinguett, qui passe à la Scala, comme tant d’autres vedettes, Polin, Paulus, Mayol (que Marcel Proust aimait aller voir), Yvette Guibert, Polaire… La salle ouvre en début d’après-midi et ferme après minuit. Les bourgeois viennent à l’occasion s’y encanailler, mais ce sont les ouvriers et les employés qui la fréquentent. Ils sont nombreux à travailler dans les ateliers de confection (gants, éventails, soieries, chapeaux…) installés aux alentours de la gare de l’Est, où arrivent les matières premières. Tout va bien pour la Scala, qui accueille aussi des revues, du vaudeville et des tours de chant (Damia, Fréhel…), jusqu’à la crise de 1929.

Les temps changent

En moins d’un an, les salles se vident. Il faut trouver autre chose. Ce sera le cinéma parlant. En 1935, la Scala est rachetée par un exploitant, qui la fait réaménager par un architecte très doué, Maurice Gridaine, à qui l’on doit l’ancien Palais des festivals, à Cannes, et La Nouvelle Eve, à Paris. Exit la salle à l’italienne : elle est cassée. Le toit est descendu à neuf mètres, un grand balcon et une salle de plain-pied sont aménagés. Tout est si beau et Art déco, depuis le hall d’entrée tapissé de miroirs, que la Scala devient un cinéma de première exclusivité, dans Paris qui en compte une vingtaine. Le premier film présenté (le 10 décembre 1936) est Un mauvais garçon, de Jean Boyer, avec Danielle Darrieux (bientôt centenaire : le 1er mai 2017 !).

Sur le carton d’invitation, on peut lire : « Dans ce hall, Mesdames, l’éclairage fut étudié pour faire resplendir votre beauté. Vos sourires viendront nous dire si l’aspect de la Scala et le réalisateur du Mauvais Garçon ont su vous plaire en travaillant pour vous. » Ce qui est sûr, c’est que le cinéma tient très bien son rang jusqu’au tournant des années 1960. Pierre Etaix, Luis Buñuel, Jacques Tati ou Jean-Luc Godard (avec A bout de souffle) y présentent leurs films. Georges Perec inscrit la salle dans ses Je me souviens. Mais les temps changent, une nouvelle fois : les ateliers ferment dans le quartier, les immeubles de rapport du boulevard de Strasbourg se vident des industriels qui venaient y passer plusieurs mois par an. Avec l’amélioration de la qualité et la baisse des prix des copies de film, les cinémas de première exclusivité disparaissent, au profit des nombreuses salles qui ouvrent dans Paris.


Une église après un cinéma porno ?

Les riches heures du boulevard de Strasbourg sont passées. Pour attirer la nouvelle population, dont les ouvriers qui squattent les appartements délaissés, le propriétaire de la Scala programme du kung-fu (prisé par Bernard-Marie Koltès) ou des films improbables. En 1977, il abandonne et revend sa salle à un homme qui joue la carte du porno. Il divise la grande salle en trois salles, et en installe deux autres dans les sous-sols. Michel Guy, secrétaire d’Etat à la culture, ayant autorisé le porno en supprimant la censure, la Scala marche très bien jusqu’au milieu des années 1980, quand les cassettes vidéo et la programmation de Canal+ font entrer le genre chez les particuliers. Les salles qui en programmaient ferment alors une à une. Sauf la Scala, qui tient jusqu’en 1999.

Comment ? Parce que, de fait, c’est devenu un bordel, dans un périmètre de trafic de drogue en tous genres et de prostitution active, autour de Strasbourg-Saint-Denis. Le propriétaire, pas regardant, encaisse sa dîme, et des scènes dures se jouent dans les salles du bas, qui en portent toujours les stigmates. Aujourd’hui encore, on se sent mal quand on les traverse, et le technicien qui réparait les projecteurs – car il y avait toujours des films – devait baisser la tête, sur le trajet menant aux salles de régie.

Ce commerce sinistre dure jusqu’en 1999. Sentant que le quartier allait changer, un jeune promoteur immobilier, pas regardant lui non plus, rachète l’immeuble et les salles. Quelques mois plus tard, il remet en vente, en passant une annonce dans une revue de cinéma, Le Film français. Maurice Tinchant, le grand producteur de Jacques Rivette, Chantal Akerman ou Leos Carax, est intéressé. Il fait une offre, mais, comme par hasard, quelqu’un renchérit aussitôt. C’est l’Eglise universelle du royaume de Dieu, qui veut installer son lieu de culte dans la salle.

Déloger les pigeons

L’apprenant, Maurice Tinchant alerte le maire du 10e arrondissement, Tony Dreyfus, et les maires de Paris, Jean Tiberi puis Bertrand Delanoë, qui s’activent pour que la Scala ne puisse pas être autre chose qu’un lieu culturel. Ainsi, chaque fois que L’Eglise universelle du royaume de Dieu dépose un projet de construction, elle se voit opposer un refus. De guerre lasse, elle décide de vendre, en 2006. Et la Scala s’enfonce dans l’oubli. Ils sont nombreux à venir la visiter et à vouloir l’acheter, mais tous butent sur un os : il n’y a pas de sortie de secours, donc aucun espoir de se voir délivrer une autorisation d’ouverture de la salle par les services de sécurité. C’est alors que Frédéric Biessy entre dans l’histoire. Et que tout change.

Frédéric Biessy est un producteur privé de spectacles, dont la société, Les Petites Heures, affiche à son palmarès Luc Bondy, Krystian Lupa, Yasmina Reza, Bartabas, Lev Dodine et bien d’autres encore, en collaboration avec de nombreux théâtres subventionnés. Son épouse, Mélanie Biessy, dirige un fonds d’investissement. Fort de son soutien financier et de son appui indéfectible dans son désir d’avoir un théâtre, Frédéric Biessy visite la Scala, en tombe fou et trouve la solution des sorties de secours. En sillonnant le pâté de maisons, il découvre des passages entre les immeubles qui permettent d’accéder à la rue du Faubourg-Saint-Denis. Et il convainc la copropriété de lui en accorder l’usage, en cas de besoin. C’est gagné.

Un acte de vente est signé (au prix de 4,5 millions d’euros) avec L’Eglise universelle du royaume de Dieu, qui a facilité le travail à Frédéric Biessy, en entretenant le bâtiment et en cassant les murs intérieurs de la salle. Mais il faudra déloger les squatters de la Scala : les pigeons. Un prédateur va s’en charger. Un faucon, guidé par son maître fauconnier, sera lâché dans les lieux, où il laissera un peu de son urine. Cette seule odeur suffit à effrayer les volatiles parisiens qui, à en croire l’épais tapis d’excréments qu’ils avaient déposé, aimaient bien le 13, boulevard de Sébastopol.

 


Toutes disciplines confondues

Les travaux commenceront en janvier 2017 (montant prévu : 7,5 millions d’euros). Ils offriront une esthétique d’aujourd’hui à la Scala. La salle, qui aura un parterre et deux balcons, sera totalement transformable. Il y aura aussi un restaurant (80 places). Le tout (1 800 mètres carrés de surface) sera aménagé par l’agence Changement à vue, spécialisée dans la conception et la réalisation de théâtres, et l’agence d’architecture Archidev. Richard Peduzzi, lui, mettra son talent au service de la décoration.

Depuis que le projet est en cours, on ne compte plus ceux qui sont venus visiter la Scala : Simon McBurney, Peter Stein, Jan Fabre, Guy Cassiers, Romeo Castellucci, Alain Platel, Julien Gosselin ou Isabelle Huppert, qui a fait une séance photo dans la salle en l’état. « Ce sera une boîte à jouer idéale », se réjouit Frédéric Biessy, qui rêve d’une programmation dictée par ce que la Scala inspire aux artistes, toutes disciplines confondues. L’ouverture est prévue pour avril 2018, avec une création de Yoann Bourgeois. Elle s’appellera La Scala.

Brigitte Salino
Journaliste au Monde


Via Le spectateur de Belleville
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Vaclav Havel : mort d'un président-philosophe

Vaclav Havel : mort d'un président-philosophe | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

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Panorama de l'édition en Italie : bibliothèques, ebook, droits étrangers

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Chaque année, la campagne italienne Più libri più liberi offre à l’édition u
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Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (30) |  Diacritik

Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (30) |  Diacritik | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer. Mobilisons-nous, relayons la liberté. Aslı Erdoğan, Le Bâtiment de pierre, traduit du turc par Jean Descat, Actes Sud, 2013 (publication en Turquie en 2009)

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Lundi 12 décembre 2016 :: sept lectures de solidarité avec Aslı Erdoğan aujourd'hui

Lundi 12 décembre 2016 :: sept lectures de solidarité avec Aslı Erdoğan aujourd'hui | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

1-  Le lundi 12 décembre 2016 à 19h, au café-librairie Marée-Pages, à Séné
2 - Le 12 décembre 2016 à 18h, à l'espace LCause à Brest
3 - Le 12 décembre 2016 à 17h, à La Machine à Musique à Bordeaux
4 -  Le 12 décembre 2016 à 19h, à La Manufacture des tabacs à Nantes
5 -  Le 12 décembre 2016 à 20h, à La Maison de la Poésie à Paris
6 -  Le 12 décembre 2016 à 20h, à La Chapelle (atelier idéal, pendant la relâche) à Toulouse.
7 -  Le 12 décembre à Ajaccio, à la librairie La Marge, à 17h.

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Lundi 12 décembre 2016 :: Soirée de solidarité avec l’écrivaine turque Aslı Erdoğan (Maison de la Poésie, Paris)

Lundi 12 décembre 2016 :: Soirée de solidarité avec l’écrivaine turque Aslı Erdoğan (Maison de la Poésie, Paris) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Avec Mine Aydostlu, mère d’Aslı Erdoğan ; Yigit Bener, écrivain turc ; Timour Muhidine, son éditeur chez Actes Sud ; Pierre Astier, son agent littéraire ; Emmanuelle Collas, directrice des éditions Galaade ; Françoise Nyssen, présidente des éditions Actes Sud ; Selin Altiparmak, comédienne & autres invités

 

Soirée présentée avec le Centre national du livre, grâce au soutien du Ministère de la culture et de la communication.

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La voce di Asli Erdogan dal carcere turco «Il regime ci odia e l’Europa non vede» | article du Corriere della sera traduit en français


La voix d’Asli Erdogan depuis sa prison turque : « Le régime nous hait et l’Europe reste aveugle »
Par Alessandra Coppola, Corriere Della Serra du 8 décembre 2016
Un grand merci à Anne-Sophie Hoareau et à Pierre Crevoisier pour leurs talents de traducteurs. Voici donc l'entretien d'Asli Erdogan en français.
Comme dans une gare, « j’attends un train dont je ne connais pas l’horaire d’arrivée, dans la foule et le froid. Je manque de médicaments, j’ai peur… » Voilà ce que dit l’écrivaine turque Asli Erdogan qui, depuis la prison pour femmes de Barkiköy à Istanbul, par l’intermédiaire de son avocat Erdal Diogan, a réussi à répondre aux questions du Corriere. Elle a en commun avec le président Recep Tayyip Erdogan un patronyme, mais aussi un destin en miroir : c’est de lui, dit-elle, que dépend sa situation présente.
Asli Erdogan, vous êtes emprisonnée depuis le mois d’août : de quoi êtes-vous accusée ? Quelle est votre ligne de défense ?
J’ai été arrêtée le 16 août pour mon activité de consultante éditoriale auprès du quotidien Ozgur Gundem (que le gouvernement a déclaré organe du PKK, parti kurde illégal, ndlr), malgré la loi sur la presse qui stipule très clairement que les consultants ne peuvent pas être tenus juridiquement responsables de la ligne éditoriale et du contenu d’un journal. En Turquie, pour la première fois un quotidien a été déclaré « organe de presse d’une organisation terroriste ». C’est totalement illogique, illégitime, sans fondement. Il n’existe pas une seule preuve contre nous ; pour rédiger l’acte d’accusation, ils ont utilisé quelques phrases tirée de quatre de mes articles, qui jamais auparavant n’avaient fait l’objet d’une contestation. Pour neuf personnes, dont moi, le procureur a requis la perpétuité, c’est-à-dire la condamnation qui s’est substituée à la peine de mort ! En bref, je suis jugée parce que je suis la consultante, à titre symbolique, d’un journal légal, et j’encours la perpétuité pour cela. Pour autant que je le sache, c’est la première fois que ça arrive dans le monde : je fonderai ma défense sur ce non-sens.
Vous n’êtes pas la seule victime de la répression qui a suivi la tentative de coup d’État : qu’est-il en train d’arriver en Turquie ?
Ces quatre derniers mois, quarante mille personnes ont été arrêtées, accusées d’appartenir à une organisation terroriste. Environ 150 « journalistes » sont en prison, parmi eux des écrivains, des linguistes, des professeurs d’économie. Entre 150 et 200 organes de presse et maisons d’édition ont été fermés. Il y a quelques jours seulement, un juge a été arrêté en pleine audience (lors du procès consécutif au meurtre du journaliste arménien Hrant Dink, ndlr)
Pourquoi le président Erdogan craint-il les journalistes ?
Le régime est en train de devenir un régime totalitaire et il veut s’assurer que sa vérité reste absolument la seule. Erdogan est incapable de digérer la moindre critique et sa rancœur, son désir de vengeance se tourne contre les intellectuels. Par-dessus tout, il n’a aucun respect pour les « femmes intellectuelles ». Je n’arrive pas à savoir si c’est de la haine ou une grande peur.
Que devrait faire la communauté internationale, européenne en particulier ? Sachant que les accords avec Ankara pour bloquer le flux des réfugiés freinent les pressions.
L’Europe doit tout de suite cesser de fermer les yeux sur ce qui se passe en Turquie en raison de la crise des migrants. Elle a les moyens d’exercer des pressions, y compris commerciales. La Turquie utilise des personnes désespérées comme un moyen de chantage.
Quel est votre état de santé?
Que pourrait-il être? Une cellule glacée, des difficultés pour consulter un médecin, obtenir des médicaments, le manque d'air... Comment peut se porter, dans ces conditions, une personne qui a une prothèse, qui a subi quatre interventions, avec des problèmes circulatoire et intestinaux ? J'essaie de rester SAINE (en majuscule dans la retranscription de l'avocat, ndlr).
Comment se déroulent vos journées en prison ?
Chaque jour est la répétition d’un autre identique : l'appel, l'heure de silence, llentretien avec mon avocat, l'appel du soir… C’est comme attendre un train sans connaître son horaire d’arrivée, dans une gare froide, bondée, pleine d’agitation.
Quel danger courez-vous ?
La semaine dernière, un député de l’AKP (le parti du président, ndlr) a prévenu : « Il pourrait y avoir des agressions en prison, les terroristes pourraient être lynchés. » Après cette menace, nous avons eu vraiment peur. Des portes en fer ont été ajoutées, mais plus que nous protéger, elles rendent encore plus difficiles nos sorties ! Pendant cinq nuits, nous avons organisé des tours de veille. Dimanche, l’alarme a retenti, mais je m’y suis tellement habituée que j’ai continué à m’arracher les sourcils. Pour ne pas mourir brûlée vive, j’ai calculé comment je pouvais faciliter mon étouffement… Je suis totalement vulnérable, comme tous les opposants en Turquie.
Dans le monde entier, des intellectuels sont en train de se mobiliser pour réclamer votre libération : pensez-vous que ces appels peuvent vous aider ?
Mon arrestation et celle de nombreux autres écrivains et journalistes est définitivement politique, nous avons été mis là sur ordre venu d’en haut, sur la base d’accusations mensongères, sans raison. Seule la pression politique de l’Europe peut nous faire sortir. Bien sûr, la crise de la démocratie en Turquie n’est pas considérée comme un problème prioritaire par les responsables politiques. L’accord sur les migrants a réduit l’Europe au silence ! Voilà la grande responsabilité qui incombe aux intellectuels, aux écrivains, aux journalistes : nous devons rappeler à l’Europe les valeurs qui font d’elle l’Europe, et exiger qu’elles soient appliquées.

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Mort de Bruno Bayen: le théâtre pour la vie

Mort de Bruno Bayen: le théâtre pour la vie | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Par Armelle Héliot dans Le Figaro 


DISPARITION - Écrivain, dramaturge, metteur en scène, il s'est éteint le 6 décembre à l'âge de 66 ans. Il était l'une des personnalités les plus cultivées et les plus romanesques du monde du théâtre.


Il avait tout d'un jeune intellectuel brillant et passionné qui avait eu vingt ans en 1970. Pas très grand, assez frêle, portant volontiers des feutres élégants l'hiver et des chapeaux d'été à la belle saison, Bruno Bayen était un artiste à part.


Vingt ans, c'est l'âge auquel il avait fondé sa première compagnie, La Fabrique. Cinq ans plus tard et quelques spectacles très remarqués en poche, il est nommé par Michel Guy, Secrétaire d'Etat à la Culture, au côté de Maurice Sarrazin au Grenier de Toulouse.


Bruno Bayen était d'une culture profonde. Il aimait le passé, l'Allemagne, Monica Vitti. Il avait même rêvé de faire travailler la merveilleuse comédienne, mais elle était tombée malade... Il était toujours surprenant, s'intéressant à des textes rares. Comédien, il avait beaucoup de délicatesse et de sensibilité. C'était un spirituel. Jamais méchant, mais très souvent drôle.


Quand on repense à son parcours, on ne revoit que des moments uniques: par exemple ces Fiancés de la banlieue ouest composés avec son ami Louis-Charles Sirjacq et monté à Bobigny en 1980. On revoit la formidable mise en scène d'Antoine Vitez de Schliemann, épisodes ignorés. Une pièce de Bruno Bayen sur l'inventeur de Troie. On revoit Stella de Goethe, en 2001 ou, beaucoup plus tôt, en 89 à l'Odéon Torquato Tasso du même Goethe.


On n'oublie rien. Il imprimait à chaque fois sa marque singulière. Il se battait toujours pour monter ses spectacles après des années très fertiles qui correspondent aux années 1970-2000. Il écrivait. Il traduisait: le domaine allemand, les tragiques grecs, il traduisait aussi l'italien. Il écrivait: des pièces donc, mais également des romans, de nombreux romans que son ami Peter Handke traduisait en allemand (Restent les voyages,Les Excédés). Lorsque l'on a vu, récemment, le film de Wim Wenders d'après la pièce de Peter Handke, Les Beaux jours d'Aranjuez, on a pensé à lui. C'était son univers.


À l'orée de l'été 2014, en juin, il avait organisé la lecture de sa dernière pièce. Elle était consacrée à Charles De Gaulle. Un parcours, un exercice d'admiration, fidèle à la vraie vie et avec sa matière poétique, imaginative. De grands metteurs en scène, des poètes, des comédiens flamboyants, des poètes comme lui, tel Jean-Marie Patte s'étaient pliés à la discipline de la lecture. On était à La Ruche. Ernest Pignon-Ernest avait composé le carton d'invitation. Tout était beau.
Sauf qu'aucun théâtre n'avait monté cette pièce qui s'intitule 9 novembre. Il faut lire les romans de Bayen, empreints d'un mystère et d'une grâce à la Des Forêts, à la Blanchot. Parmi ses derniers magnifiques travaux pour le théâtre, il y a une adaptation des Provinciales. Fait avec Sirjacq encore. On ira voir, revoir l'exposition Blaise Pascal de la BnF en pensant à lui qui le lisait tant...


Via Le spectateur de Belleville
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Asli Erdogan. Une plume pour briser la pierre

Asli Erdogan. Une plume pour briser la pierre | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

En cinq portraits, l’Humanité rend hommage cette semaine aux écrivains, politiques et journalistes embastillés par le régime turc. La romancière Asli Erdogan, dont l’œuvre est éditée dans le monde entier, a commis le crime d’écrire dans un journal d’opposition.

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Vendredi 9 décembre 2016 :: lecture d'un collectif d'écrivains arabes, français et belges autour d'Alain Gorius (Al Manar)[Saint-Denis]

Vendredi 9 décembre 2016 :: lecture d'un collectif d'écrivains arabes, français et belges autour d'Alain Gorius (Al Manar)[Saint-Denis] | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Vendredi 9 décembre 2016 :: un collectif d'écrivains arabes, français et belges autour d'Alain Gorius (Al Manar)[Saint-Denis]

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Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (19) | Diacritik

Aslı Erdoğan : on n’enfermera pas sa voix (19) | Diacritik | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer. Un texte par jour, jusqu’à la libération d’Aslı Erdoğan. Mobilisons-nous, relayons la liberté. « Je suis seule dans la forêt spectrale », écrit Aslı Erdoğan dans Même le silence n'est plus à toi, recueil de 27 chroniques…

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