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Prix Amazon, le mot des jurés

Prix Amazon, le mot des jurés | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Début octobre, aura lieu la remise du premier grand prix Amazon, qui récompensera un auteur auto-publié sur sa plateforme. Depuis juillet, les jurés présidés par Lorant Deustch sont déjà au travail...

Via Chris Simon
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Chris Simon's curator insight, September 3, 5:02 PM

Découvrez, si vous ne les connaissez pas, les auteurs Indés du jury Amazon !

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Les photographies d'Edgar Degas

Les photographies d'Edgar Degas | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Edgar Degas ( 1834 – 1917 ) est surtout connu pour ses peintures et sculptures ayant souvent fait scandale et réalisées lors du mouvement impressionniste auquel il participe tout en aillant un style bien distinct. Vers les années 1880 il se prend de passion pour la photographie jusqu’à presque délaisser la peinture et réalise de …

Via Carmillonette
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TAFTA : la destruction de la culture française

TAFTA : la destruction de la culture française | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
FIGAROVOX/TRIBUNE - Fabrizio Tribuzio-Bugatti analyse les répercussions qu'aura le Traité de libre-échange transatlantique entre les Etats-Unis et l'UE sur l'exception culturelle française, en matière de propriété intellectuelle et industrielle.
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[Bastia, 25 septembre 2015] Concert exceptionnel pour l'ouverture du centre culturel de Lupinu

[Bastia, 25 septembre 2015]  Concert exceptionnel pour l'ouverture du centre culturel de Lupinu | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Alb'Oru. La municipalité de Bastia a révélé mercredi matin sur le site du centre culturel de Lupinu le nom que portera la structure dès le 25 Septembre, jour officiel de son ouverture. Cette soirée appelée à faire date - Eri, oghje è dumane" se caractérisera par un concert dédié au patrimoin...
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99 dessins pour ne plus massacrer l'orthographe des mots

99 dessins pour ne plus massacrer l'orthographe des mots | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Cette année, c’est juré, la chasse aux fautes infâmes est lancée. Et pour les traquer, les...
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30 septembre-14 octobre 2015 :: Gaëtan Picon, un contemporain capital [cycle de 4 manifestations, sous la direction scientifique d'Agnès Callu]

30 septembre-14 octobre 2015 ::  Gaëtan Picon, un contemporain capital  [cycle de 4 manifestations, sous la direction scientifique d'Agnès Callu] | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

À l'occasion du centenaire de la naissance de Gaëtan Picon, le Comité d'histoire du ministère de la Culture et de la Communication, le Musée national Picasso-Paris, la Maison des écrivains et de la littérature (MEL) et l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC) proposent quatre manifestations  (du 30 septembre au 14 octobre 2015) pour rappeler le parcours et l'influence de celui qui fut directeur général des Arts et Lettres du ministère des Affaires culturelles, directeur de revues, théoricien, essayiste, historien de l'art, écrivain.
Ce cycle est placé sous la direction scientifique d'Agnès Callu (IHTP/CNRS).

La première rencontre aura lieu le 30 septembre 2015 au ministère de la Culture et de la Communication de 17h à 19h.

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Les écrits de Marx et Engels librement accessibles

Les écrits de Marx et Engels librement accessibles | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
En juin 2013, l'UNESCO faisait entrer dans le Registre de la mémoire du monde une page manuscrite du Manifeste du Parti communiste et la première édition du volume 1 du Capital, ce qui a incité l'International Institute of Social History à poursuivre et accélérer sa numérisation des archives de Marx et Engels.
 
Lettres, documents privés comme des extraits de naissance, essais et autres brouillons sont désormais librement accessibles dans la collection Karl Marx/Friedrich Engels Papers, sur la plateforme de l'institut, mais aussi dans Europeana et d'autres bibliothèques en ligne. Les scans peuvent être consultés dans le lecteur intégré, mais aussi téléchargés au format PDF.
 
D'autres archives, dont celles de Mikhaïl Bakounine, Léon Trotski ou Louise Michel sont disponibles dans la base de documents de l'institut.

Via Uston News
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Ken Loach offre tous ses films en visionnage libre sur YouTube

Ken Loach offre tous ses films en visionnage libre sur YouTube | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Ken Loach offre tous ses films en visionnage libre sur YouTube
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Roumanie : pour ceux qui lisent, les transports publics sont gratuits

Roumanie : pour ceux qui lisent, les transports publics sont gratuits | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Lire, et faire lire, dans les transports en commun, devient un enjeu crucial. Les éditeurs...

Via Françoise Chatelain
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Un excès de vitesse dévoile un voleur de livres

Un excès de vitesse dévoile un voleur de livres | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Un simple excès de vitesse, un butin dévoilé. Pris en chasse pour sa vive allure, un homme de...
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Nos bibliothèques ont-elles franchi le cap du numérique ? (Contrepoints)

Nos bibliothèques ont-elles franchi le cap du numérique ? (Contrepoints) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Le numérique va-t-il tuer les bibliothèques ?


Via Izabel Di, David Gunn, Bibliothèques-Médiathèques de Metz
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Vitti et Antonioni, une passion italienne

Vitti et Antonioni, une passion italienne | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
L’actrice et le réalisateur s’étaient imaginés un cocon en forme de soucoupe volante, perché sur une falaise de Sardaigne. Elle fut achevée après leur séparation.
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Muriel Mayette, nomination polémique à la tête de la Villa Médicis

Muriel Mayette, nomination polémique à la tête de la Villa Médicis | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

La désignation de l'ancienne administratrice de la Comédie-Française, sur fond de jeu de chaises musicales à la tête des institutions culturelles, provoque la consternation dans le milieu.


L’atterrissage de Muriel Mayette, ex-patronne de la Comédie-Française, se précise. Selon nos informations, l’ex-administratrice, 51 ans, prendra bien la tête de la Villa Médicis à Rome, malgré la bronca que cette nomination ne va pas manquer de susciter. Ce n’est pas une surprise : dès le mois de mars, son nom avait été subrepticement associé au palais de la colline du Pincio, établissement convoité entre tous. Il a également été un temps accolé à l’Institut de France ou à La Grande halle de la Villette. Les deux établissements ont été pourvus dès la mi-juin, le premier par Denis Pietton, ex-ambassadeur de France à Brasilia ; le second par Didier Fusillier, ex-directeur du Manège de Maubeuge.


Via Aurelien Guillois
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Pour le Théâtre de la Cité internationale

Pour le Théâtre de la Cité internationale | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Alors que l’avenir du Théâtre de la Cité internationale est menacé, un collectif d’artistes prend la défense d’une institution nécessaire à l’émergence de nouvelles esthétiques.


Les signataires du  collectif sont Thierry Balasse, David Bobée, Camille Boitel, Aurélien Bory, Jeanne Candel, Fanny de Chaillé, Pierre Henry, Maguy Marin, Denis Marleau, Phia Ménard, Mathilde Monnier et Jean-Pierre Vincent.


Ils sont nombreux les théâtres en difficulté, soumis à des restrictions budgétaires. Elles seront nombreuses les prises de positions des acteurs de la vie culturelle française dans les mois qui viennent, tant le réseau de création et de diffusion est mis à rude épreuve. Le spectacle vivant porte bien son nom : il refuse de mourir. Tout espace de représentation doit être défendu face au renoncement qui gagne insidieusement les esprits. Mais certains d’entre eux résonnent plus fort et plus loin : c’est le cas du Théâtre de la Cité internationale.

Via Aurelien Guillois
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De Pure Fiction - Maison d'écrivains

De Pure Fiction - Maison d'écrivains | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
La maison d’écrivains De Pure Fiction offre à l’écrivain la possibilité d’une bulle de silence et de solitude choisie pour mieux travailler et respirer avec son texte. Pour nombre d’auteurs, de tels lieux sont rares et cependant souvent nécessaires à leur créativité.

Une maison dans la nature, sur le Causse du Lot, à cinq kilomètres de Cajarc, dix de Saint Cirq Lapopie vingt de Figeac, trente de Cahors.

Le critère pour y être invité à écrire : l’exigence. Exigence d’un talent, exigence d’une oeuvre, exigence de labeur. L’écriture portée haut.

Via MHB Numerik
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Le nombre de librairies indépendantes augmente aux Etats-Unis, et les jeunes lisent davantage

Le nombre de librairies indépendantes augmente aux Etats-Unis, et les jeunes lisent davantage | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Il est temps de ranger les a priori sur l'état du marché culturel contemporain: aux Etats-Unis, Amazon et la vente d'e-book n'ont pas empêché les librairies indépendantes d'ouvrir.
Via Uston News
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La maison de vacances d'André Breton est toujours à vendre

La maison de vacances d'André Breton est toujours à vendre | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Le village de Saint-Cirq-Lapopie au cœur du Lot détient un petit bijou du patrimoine qui a bien failli disparaître des écrans radars français. Depuis un an, la maison de vacances d'André Breton est en vente au prix de 700 000 €. Alors que les propriétaires actuels envisageaient de la vendre à un collectionneur américain, la collectivité pourrait finalement se porter acquéreur.

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[Édition] Création d'une marque éditoriale : « Melo éditrice »

[Édition] Création d'une marque éditoriale : « Melo éditrice » | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Cristina Isabel de Melo se lance définitivement dans l'édition. Bien connue jusqu'à présent pour ses actions en tant que bénévole au sein de...
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10-27 septembre 2015 :: Installation photographique Axelle Rioult (Caen)

10-27 septembre 2015  :: Installation photographique Axelle Rioult (Caen) | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

Exposition de photographies d'Axelle Rioult et rencontre poétique le 15 septembre avec Ettore Labbate, Jean-Christophe Bailly, Romain Bonnet et Serge Ritman.

http://www.region-basse-normandie.fr/exposition-photographique-2-genius-loci-vallees-de-lorne-et-de-lodon

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Une cité engloutie du IIIe millénaire av. J.-C. découverte par des Genevois en Grèce

Une cité engloutie du IIIe millénaire av. J.-C. découverte par des Genevois en Grèce | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
Une équipe internationale dirigée par Julien Beck, professeur à l’Université de Genève, a découvert dans un golfe du Péloponnèse une forteresse engloutie datant du troisième millénaire avant l’ère chrétienne. Selon lui, cette trouvaille hors du commun impose de revisiter l’histoire de la région entre –3000 et –2000, période où s’est développée l’idée d’urbanisation
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La leçon de bonheur d’Alain Badiou

La leçon de bonheur d’Alain Badiou | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it

 

Entretien publié par Nicolas Truong dans Le Monde :

 

Alain Badiou est philosophe et professeur à l’Ecole normale supérieure. Son dernier ouvrage en date est « Le Second Procès de Socrate » (Actes Sud, 2015).

 

Quelles ont été les rencontres déterminantes pour l’orientation de votre vie ?

 

Alain Badiou : Avant le théâtre et la philosophie, il y a eu une phrase de mon père. Pendant la seconde guerre mondiale, en effet, s’est constitué un souvenir écran, déterminant pour la suite de mon existence. A l’époque, j’avais 6 ans. Mon père, qui était dans la Résistance – il a été nommé à ce titre maire de Toulouse à la Libération –, affichait sur le mur une grande carte des opérations militaires et notamment de l’évolution du front russe. La ligne de ce front était marquée sur la carte par une fine ficelle tenue par des punaises. J’avais plusieurs fois observé le déplacement des punaises et de la ficelle, sans trop poser de questions : homme de la clandestinité, mon père restait évasif, devant les enfants, quant à tout ce qui concernait la situation politique et la guerre.

Nous étions au printemps 1944. Un jour, c’était au moment de l’offensive soviétique en Crimée, je vois mon père déplacer la ficelle vers la gauche, dans un sens qui indiquait nettement que les Allemands refluaient vers l’Ouest. Non seulement leur avance conquérante était stoppée, mais c’est eux qui désormais perdaient de larges portions de territoire. Dans un éclair de compréhension, je lui dis : « Mais alors, nous allons peut-être gagner la guerre ? », et, pour une fois, sa réponse est d’une grande netteté : « Mais bien sûr, Alain ! Il suffit de le vouloir. »

 

 

Cette phrase est-elle devenue votre maxime ?

 

Cette réponse est une véritable inscription paternelle. J’en ai hérité la conviction que quelles que soient les circonstances, ce que l’on a voulu et décidé a une importance capitale. Depuis, j’ai presque toujours été rebelle aux opinions dominantes, parce qu’elles sont presque toujours conservatrices, et je n’ai jamais renoncé à une conviction uniquement parce qu’elle n’était plus à la mode.

 

 

Vous faites grand cas de la volonté. Or une grande tradition philosophique, le stoïcisme, conseille aux hommes de vouloir ce qui arrive pour être heureux. N’y a-t-il pas plus de sagesse à accepter le monde tel qu’il est plutôt que vouloir le changer ?

 

 

Notre destin, dans les années 1940, était d’avoir perdu la guerre. Un stoïcien allait-il alors dire qu’il était raisonnable d’être tous pétainistes ? Pétain faisait un triomphe lors de ses visites en province, on pouvait penser qu’il avait épargné au pays le plus dur de la guerre. Fallait-il accepter ? Je me méfie du stoïcisme, de Sénèque qui, richissime et du fond de sa baignoire en or, prônait l’acceptation du destin.

Il y a aussi des matérialistes rigoureux, les épicuriens, qui considéraient comme absurde de se lever contre les lois du monde et de risquer ainsi inutilement sa vie. Mais à quoi aboutit cette doctrine ? A jouir du jour qui passe, au fameux Carpe diem d’Horace ? Ce n’est pas sensationnel. Il y a dans ces sagesses antiques un élément d’égoïsme foncier : le sujet doit trouver une place tranquille dans le monde tel qu’il est, sans se soucier que ce monde puisse ravager la vie des autres.

 

Quelle est l’origine de ces éthiques égoïstes ?

 

Ces sagesses ont prospéré dans l’Empire romain, dont la situation historique ressemble beaucoup à la nôtre : une hégémonie mondiale offrant peu de chance de définir et de pratiquer une orientation absolument contraire à celle qu’exige le système économique et politique. Ce genre de situation favorise partout l’idée que ce qu’il faut, c’est s’adapter à ce système pour y trouver la meilleure place possible.

Alors, le philosophe « réaliste » devrait dire : « Renonçons à toute perspective de changement du monde. Installons-nous » ? Ou, dans la version que donne Pascal Bruckner de ce conservatisme buté : « Le mode de vie occidental est non négociable » ? Je ne m’y résous pas. Je veux autre chose. C’est ma fidélité à la maxime paternelle.

 

 

Après la guerre, il y a eu un professeur qui vous a fait rencontrer le théâtre. Pourquoi cette rencontre a-t-elle été déterminante ? Comment le théâtre est-il devenu un guide de vie ?

 

 

Lorsque j’ai fait mes études, quiconque arrivait au collège commençait immédiatement par Racine, Corneille et Molière. Que ça nous plaise ou non, nous devions les étudier minutieusement, jusqu’en première, à raison d’une pièce de chacun d’eux par an : c’était le programme. Mais on rencontre plus facilement une personne qu’un programme. Et c’est ce qui m’est arrivé : en 4e, j’ai rencontré un professeur de français qui a traité le théâtre comme une merveille à laquelle nous pouvions prendre part, parce que l’essentiel n’était pas de l’étudier, mais de le jouer.

Il a créé une troupe dans laquelle chaque volontaire pouvait trouver sa place. Et c’est ainsi que, progressivement, moi et d’autres sommes devenus acteurs. Quelle rencontre ! C’était une sorte d’interruption dans nos vies ordinaires de potaches. Nous montions sur scène, face à un public, seuls responsables de ce qui alors arrivait. Cela aussi, comme le disait mon père, il fallait le vouloir ! J’ai joué le rôle-titre des Fourberies de Scapin, ce qui m’a dressé à la ruse et à la répartie. Je me souviens de l’émotion tremblante au moment où je me jetais dans la lumière de la scène, de ma première réplique, « Qu’est-ce, Seigneur Octave, qu’avez-vous, qu’y a-t-il, quel désordre est-ce là ? » que, bondissant sur scène, je devais projeter vers un parterre d’inconnus. Oui, pour faire du théâtre, il faut le vouloir et passer outre l’extrême difficulté d’être là, seul en pleine lumière devant tous, avec le trac, qui est en vous ce quelque chose qui se révolte contre le risque.

 

 

Y a-t-il un conservatisme subjectif, une disposition humaine à la conservation de soi et du monde tel qu’il va ?

 

Oui, il y a quelque chose dans l’esprit humain de profondément conservateur et qui vient de la vie elle-même. Avant toute chose, il faut continuer à vivre. Il faut se protéger, afin, comme l’écrit Spinoza, de « persévérer dans son être ». Lorsque mon père m’expliquait que la volonté peut suffire, il sous-entendait qu’il faut parfois mater en soi cette disposition conservatrice.

Le théâtre, c’est aussi ce moment où le corps vivant sert une fiction. Quelque chose entre alors en contradiction avec le pur et simple instinct de survie. Dans l’acte du comédien, il y a la décision miraculeuse d’assumer le risque d’une exposition intégrale de soi. Grâce à mon professeur de 4e, j’ai rencontré tout cela. Le théâtre a été ma vocation première. Et j’y reviens toujours.

 

 

Au théâtre, vous avez donc rencontré la rencontre tout comme la décision…

 

 

J’ai en effet, avant tout, rencontré quelqu’un : mon professeur de français. Il a été la médiation vivante de la rencontre du théâtre. C’est exactement ce qu’explique Platon dans Le Banquet, où il expose que la philosophie elle-même dépend toujours de la rencontre de quelqu’un. Tel est le sens du merveilleux récit que fait Alcibiade de sa rencontre avec Socrate. A travers cette rencontre de quelqu’un sont posées les questions du vouloir, de la décision, de l’exposition et du rapport à l’autre. Tout cela vous met dans une situation vitale magnifique et périlleuse.

 

 

Votre autre rencontre a été la philosophie et la lecture de Jean-Paul Sartre. Pourquoi avoir choisi la philosophie comme orientation de la vie 

La philosophie, telle que je l’ai rencontrée dans la médiation de Sartre, prolonge elle aussi la maxime paternelle. Je reste fidèle à Sartre sur un point essentiel : on ne peut pas arguer de la situation pour ne rien faire. C’est un point central de sa philosophie. La situation n’est jamais telle qu’il soit juste de cesser de vouloir, de décider, d’agir. Pour Sartre, c’est la conscience libre et elle seule qui donne sens à une situation, et dès lors on ne peut pas se débarrasser de sa responsabilité propre, quelles que soient les circonstances. Si même la situation semble rendre impossible ce que notre volonté veut, eh bien il faudra vouloir le changement radical de cette situation. Voilà la leçon sartrienne.

 

 

En quoi la philosophie pourrait-elle nous aider à être heureux ?


Le bonheur, c’est lorsque l’on découvre que l’on est capable de quelque chose dont on ne se savait pas capable. Par exemple, dans la rencontre amoureuse, vous découvrez quelque chose qui va mettre à mal votre égoïsme conservateur fondamental : vous allez accepter que votre existence dépende intégralement d’une autre personne. Avant de l’expérimenter, vous n’en avez pas la moindre idée.

Vous acceptez soudainement que votre propre existence soit dans la dépendance de l’autre. Et les précautions que vous prenez habituellement pour vous protéger sont mises à mal par cet autre qui s’est installé dans votre existence. Ensuite, il faudra chercher à tirer les conséquences de ce bonheur, essayer de le maintenir à son apogée, ou tenter de le retrouver, de le reconstituer, pour vivre sous le signe de cette nouveauté primordiale. Il faut alors accepter que ce bonheur travaille parfois contre la satisfaction.

Pourquoi opposer bonheur et satisfaction ?

Tout d’abord, le bonheur est fondamentalement égalitaire, il intègre la question de l’autre, alors que la satisfaction, liée à l’égoïsme de la survie, ignore l’égalité. Ensuite, la satisfaction n’est pas dépendante de la rencontre ou de la décision. Elle survient quand on a trouvé dans le monde une bonne place, un bon travail, une jolie voiture et de belles vacances à l’étranger. La satisfaction, c’est la consommation des choses pour l’obtention desquelles on a lutté. Après tout, c’est pour jouir de ses bienfaits que nous avons essayé d’occuper une place convenable dans le monde tel qu’il est. Donc la satisfaction c’est, par rapport au bonheur, une figure restreinte de la subjectivité, la figure de la réussite selon les normes du monde.

Le stoïcien peut dire : « Soyez satisfait d’être satisfait. » C’est une position ordinaire que tout le monde, y compris moi, partage plus ou moins. Pourtant, en tant que philosophe, je suis sommé de dire qu’il y a quelque chose de différent que j’appelle le bonheur. Et la philosophie a toujours cherché à orienter l’humanité du côté de ce bonheur réel, y compris lorsque celui-ci ne s’obtient qu’au détriment de la satisfaction.

Si le bonheur consiste à jouir de l’existence puissante et créatrice d’une chose qui semblait impossible, faut-il changer le monde pour être heureux ?

Le rapport normal au monde est régi par la dialectique entre satisfaction et insatisfaction. Au fond, c’est une dialectique de la revendication, on pourrait l’appeler « la vision syndicale du monde ». Mais le bonheur réel n’est pas une catégorie normale de la vie sociale. Lorsque vous faites une demande de bonheur à laquelle on vous répond non, vous avez deux possibilités. La première consiste à vous changer vous-même et à cesser de demander cette chose impossible. On vous interdit le bonheur et on vous enjoint de vous contenter de la satisfaction. Vous obéissez. Telle est la racine subjective du conservatisme.

La deuxième possibilité est, comme le dit Lacan, de ne pas céder sur votre désir, ou, comme le disait mon père, de ne pas cesser de vouloir ce que vous voulez. Alors, il y a un moment où il faut désirer changer le monde, pour sauver la figure d’humanité qu’il y a en vous, plutôt que de céder à l’injonction de l’impossible.

C’est donc en étant heureux que l’on peut changer le monde ?

Oui ! En étant fidèle à l’idée d’être heureux, et en défendant le fait que le bonheur n’est pas semblable à la satisfaction. Les maîtres du monde n’aiment pas le changement, donc si vous choisissez de maintenir contre vents et marées que quelque chose d’autre est possible, on va vous faire savoir par tous les moyens que c’est faux. C’est exactement le problème de la Grèce aujourd’hui : le peuple grec a dit : « Nous ne voulons pas de votre tyrannie financière. Nous voulons vivre autrement. » Les institutions européennes leur ont répondu : « Il faut vouloir ce que nous voulons, même contre votre propre vouloir, et si vous continuez à ne pas vouloir ce que vous ne voulez pas, vous allez voir ce qui va vous arriver ! »

Quand les gens sont dans le refus de la servitude volontaire, on les menace. Donc, les Grecs ne sont pas en train de demander que l’on reste dans la dialectique satisfaction/insatisfaction. Ils expliquent qu’ils aimeraient pouvoir décider que quelque chose d’autre est possible que ce qui leur est imposé. D’autant que nous ne sommes pas dans le registre de l’utopie : quantité d’économistes parfaitement conservateurs expliquent que l’on peut restructurer la dette grecque, ce qui revient à la supprimer sans le dire. En réalité, ce que les dirigeants européens considèrent comme impossible, c’est de laisser un peuple décider sur ce point. Ce n’est donc pas une sanction économique rationnelle, mais une punition politique. C’est un châtiment du désir de bonheur, au nom de la satisfaction insatisfaite.

« Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais », écrit Pascal. Un véritable bonheur doit-il être désespéré ?

C’est une phrase sinistre ! Mais si Pascal l’a écrite, c’est précisément parce qu’il pense qu’un salut dans l’autre monde l’attend. Tous ceux qui arguent de l’impossibilité du bonheur en philosophie en promettent un autre, ils savent que l’on ne peut pas enthousiasmer le lecteur en lui exposant l’impossibilité au bonheur. Ils sortent ensuite de leur chapeau un bonheur transcendant.

Je suis absolument contre cette thèse du bonheur toujours rêvé auquel on n’accède jamais. C’est faux, le bonheur est absolument possible, mais pas dans la forme d’une satisfaction conservatrice. Il est possible sous la condition des risques pris dans des rencontres et des décisions, lesquelles sont proposées, en définitive, à un moment ou à un autre, à toute vie humaine.

Mais que faites-vous des malheurs : la maladie, les accidents de la vie, les drames, les ruptures et les séparations conflictuelles ?

Le fait qu’il y ait une différence entre bonheur et satisfaction entraîne une division du mot malheur. Il y a des malheurs qui se contentent d’être de profondes insatisfactions. Mais, même dans les situations les plus abîmées, la piste du bonheur est rarement entièrement fermée, parce que la zone et l’importance du possible se déplacent. Pour quelqu’un qui a deux jambes en bon état, faire trois pas, ce n’est rien ; pour un paralysé en rééducation, c’est un bonheur immense.

Il ne faut donc jamais déclarer que le bonheur est supprimé : il existe en modifiant, dans une situation déterminée, la limite entre le possible et l’impossible. Il consiste à ne pas se laisser imposer des impossibilités abstraites et générales.

Qu’est-ce que le malheur, alors ?

On pourrait donner comme première définition du malheur un état d’insatisfaction grave et d’extension extrême de l’impossible. Mais le malheur peut également être un échec du bonheur. La norme de fidélité que j’introduis, et qui est toujours liée à une rencontre, et donc au bonheur, propose comme impératif la permanence de cette recherche du bonheur. La fidélité est le seul impératif éthique, mais cet impératif n’est pas une assurance tous risques.

Il faut reconnaître qu’il existe des catastrophes du bonheur. Ces dernières sont de différents ordres : certaines surviennent par lassitude, par abandon, d’autres par infidélité ou par trahison. Dans ma philosophie, le mal, c’est le fait d’être subjectivement responsable d’une catastrophe du bonheur. J’appelle cela un désastre. C’est une expérience aussi terrible que celle du bonheur est intense. Les conservateurs aiment beaucoup les désastres, parce qu’ils y puisent leur argument principal pour appeler à se contenter de la satisfaction.

Pourtant, vous dites qu’« il vaut mieux un désastre qu’un “désêtre” »…

Ah oui ! Mieux vaut courir le risque d’un désastre, mais donc aussi du bonheur réel, que de se l’interdire d’emblée. J’appelle “désêtre” cette disposition conservatrice du sujet humain qui le ramène à sa survie animale, à sa seule satisfaction et à sa place sociale. Le “désêtre” est ce qui interdit à un sujet d’expérimenter ce dont il est véritablement capable.

Les liens d’amour et d’amitié sont-ils altérés par ce règne de la satisfaction des besoins immédiats ?

Le monde d’aujourd’hui a un modèle fondamental de l’altérité et de l’échange, qui est le paradigme commercial. Nous sommes tentés de ramener tous les rapports à l’autre à une dimension contractuelle d’intérêts réciproques bien compris. C’est la raison pour laquelle la séparation est aujourd’hui bien plus menaçante qu’elle ne l’était auparavant. Nous avons très rapidement le sentiment prématuré de l’obsolescence de quelque chose, sur le modèle de l’obsolescence des produits. Le conservatisme d’aujourd’hui est rongé par la question de la marchandise, qui exige que vous achetiez toujours le nouveau modèle et suppose donc cette obsolescence rapide des produits.

Le consommateur est la figure objective dominante, celle qui fait tourner le monde. Nos maîtres suivent avec angoisse le niveau d’achat de marchandises par les gens. Si, tout à coup, plus personne n’achetait, le système s’effondrerait comme un jeu de quilles. Donc nous sommes enchaînés à la nécessité d’acheter les choses dans leur surgissement, leur nouveauté, leur inutilité foncière ou leur laideur criminelle. Or je pense que ce n’est pas sans contaminer la figure générique des rapports entre les hommes, rapports qui valorisent désormais officiellement la concurrence.

Faites-vous un éloge de la fidélité ?

En quelque sorte, car cette obsession de la nouveauté marchande, souvent déguisée en mode, est un phénomène qui porte atteinte au bonheur : la fidélité sous toutes ses formes est désormais une valeur menacée. On n’a pas le droit d’être indéfiniment fidèle à sa vieille voiture, il faut en acheter une autre, sinon le système économique est menacé !

Cet impératif pénètre l’univers collectif ou personnel et crée beaucoup de séparations. A cette logique, il faut opposer la maxime héritée de mon père : « Tu peux vouloir continuer ce que tu as désiré, ce que tu as voulu, et ce dont tu te sais capable. Tu peux, donc tu dois. »

Propos recueillis par Nicolas Truong


Via Le spectateur de Belleville
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La Maison Columbia se place sous la protection de la loi sur la faillite

La Maison Columbia se place sous la protection de la loi sur la faillite | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
L'entreprise qui offrait autrefois de vous vendre huit disques compacts pour un sou s'est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur la faillite américaine après près de 20 ans de ventes en déclin.
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Décès de la réalisatrice Solveig Anspach qui révèla Karin Viard

Décès de la réalisatrice Solveig Anspach qui révèla Karin Viard | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
La réalisatrice franco-islandaise Solveig Anspach est décédée dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 54 ans des suites d'un cancer dans...
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Construction d’une bibliothèque dont les murs sont composés de 50 000 livres

Construction d’une bibliothèque dont les murs sont composés de 50 000 livres | TdF  |   Culture & Société | Scoop.it
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