Tant qu'il y aura des paradis fiscaux
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Tant qu'il y aura des paradis fiscaux
as long as there are tax havens ! there will be no justice. revue de presse economique politique technologie http://flip.it/KHD7l
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Le renouveau des idées reçues. The renewal of ideas.: Tant qu'il y aura des paradis fiscaux ! (as long as there are tax havens !)

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Comment contrer les paradis fiscaux: un échange entre A. Deneault et Jean-François Lisée

Jeudi 15 septembre 2016 Mandat d'initiative - Le phénomène du recours aux paradis fiscaux La commission des finances publiques entend M. Alain Deneault.
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Faire passer dès 2016 une loi pour contrer l’évasion fiscale

Faire passer dès 2016 une loi pour contrer l’évasion fiscale | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Je suis enseignant-chercheur à Grenoble , spécialisé en finance et éthique, et je suis choqué par la dérive de nos institutions et la corruption d'un système qui explose.
Fin 2015, l' amendement 340 qui aurait permis une lutte efficace contre l’évasion fiscale des entreprises a ét
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Trois banques canadiennes dans les Bahamas Leaks

Trois banques canadiennes dans les Bahamas Leaks | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Les banques RBC, CIBC et Scotia apparaissent dans les dossiers de près de 2000 sociétés recensées dans le registre des entreprises des Bahamas de 1990 à 2016.
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« Bahamas Leaks » : une nouvelle brèche dans l’opacité des paradis fiscaux

« Bahamas Leaks » : une nouvelle brèche dans l’opacité des paradis fiscaux | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Une série de documents confidentiels montrent comment l’archipel continue de jouer un rôle de plaque tournante de la finance offshore.
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Bahamas papers : l'argent de l'aide au développement passe toujours par les paradis fiscaux

Bahamas papers : l'argent de l'aide au développement passe toujours par les paradis fiscaux | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Quelque 116 sociétés offshore basées aux Bahamas et liées à la Belgique ont été identifiées par les membres du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a publié des données concernant plus de 175.000 sociétés-écrans bahaméennes. L'ex-groupe belgo-français Dexia apparaît encore dans cette nouvelle affaire ainsi que la Société belge d'investissement pour les pays en développement et l'ancienne commissaire européenne à la concurrence Neelie Kroes.
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Tout prouve que nous devrions donner gratuitement de l’argent à tout le monde

Tout prouve que nous devrions donner gratuitement de l’argent à tout le monde | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it

Des années 1960 à nos jours, partout dans le monde, enquête sur les expériences de revenu de base, qui ont toutes brillamment réussi. (Partie 1)

Extraits :

Les sans-abris de Londres

Londres, mai 2009. C’est le début d’une petite expérience réalisée avec treize hommes sans-abris. Des vétérans de la rue. Certains d’entre eux dorment sur le pavé froid de la City, le centre financier de l’Europe, depuis plus de 40 ans. Leur présence est loin de ne rien coûter. Entre la police, l’assistance juridique et les soins de santé, les treize hommes coûtent des milliers de livres aux contribuables. Chaque année.

En ce printemps, une association locale prend une décision radicale. Les vétérans de la rue vont devenir les sujets d’une expérience sociale innovante. Finis les timbres alimentaires, la soupe populaire ou les hébergements temporaires pour eux. Ils vont bénéficier d’un renflouement massif, financé par les contribuables. Ils recevront chacun 3 000 livres, en liquide et sans conditions. Il leur appartient de décider comment ils vont le dépenser, les services de conseil sont totalement optionnels. Pas de prérequis, pas d’interrogatoire sévère. La seule question à laquelle ils doivent répondre est la suivante : Qu’est-ce qui est bon pour vous, à votre avis ?Argent gratuit

Nous avons tendance à présumer du fait que les pauvres sont incapables de gérer leur argent. S’ils en avaient, se disent bon nombre de gens, ils le dépenseraient probablement en fast-food et en bière bon marché, pas pour acheter des fruits ou se payer des études. Ce genre de raisonnements président à la myriade de programmes sociaux, de jungles administratives, d’armées de coordinateurs de programmes d’aide sociale, ainsi qu’aux légions d’équipes qui veillent à la marche de l’État-providence contemporain. Depuis le début de la crise, le nombre d’initiatives qui combattent la fraude aux allocations et aux subventions est en nette augmentation.

Les gens doivent « travailler pour leur argent », incline-t-on à penser. Au cours des récentes décennies, l’aide sociale a été réorientée vers un marché du travail qui ne crée pas assez d’emplois. Le passage du welfare au workfare – soit d’un système d’aide sociale redistributive en faveur des populations défavorisées à l’octroiement d’allocations à la condition d’une recherche d’un travail – est international. Il faut obligatoirement rechercher un emploi au plus vite, songer à des trajectoires de réinsertion, voire obligatoirement s’investir dans des activités bénévoles. Le message sous-jacent ? L’argent distribué gratuitement rend les gens paresseux.

Sauf que ce n’est pas le cas.


Via Christophe CESETTI
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Monnaie et innovations monétaires : enjeux et perspectives (with images, tweets) · _Cafes_

Plusieurs crises monétaires et financières se sont succédé à l'échelle européenne et internationale.
Via Michel Briand
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L'engagement citoyen stimulé

L'engagement citoyen stimulé | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
“ Les démocraties sont de fragiles édifices de discussions et de dialogue qui négocient en permanence le contrat social liant ses citoyens; tant que la communication est bonne, elle se porte bien. Comment se porte t'elle ? Plutôt bien.”
Via Denis Cristol
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Eveil Politique: "On a tué le coeur du réacteur de l'évasion fiscale des multinationales"

Eveil Politique: "On a tué le coeur du réacteur de l'évasion fiscale des multinationales" | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
"On a tué le coeur du réacteur de l'évasion fiscale des multinationales" https://t.co/5lo0y15VsJ https://t.co/eqR0YM1NxC
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Infographie : la gestion de crise sur les réseaux sociaux

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“ Dans la gestion de crise, il est important de rester calme et de s'adresser à chaque internaute . Découvrez nos autres conseils en infographie!”
Via GEORGES PEILLON, Didier Chauvin
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GEORGES PEILLON's curator insight, June 11, 4:08 PM
Je ne sais pas si c'est "l'ultime" guide de gestion de crise sur les réseaux sociaux, mais c'est en tout cas clair et pédagogique. N'oublions pas qu'une crise, ici ou ailleurs, commence toujours par une page blanche !
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#France / #ArabieSaoudite : les dessous des contrats / France Inter - 32 mn

#France / #ArabieSaoudite : les dessous des contrats / France Inter - 32 mn | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it

#France / #ArabieSaoudite : les dessous des contrats / France Inter - 32 mn

« C’est une tradition diplomatique » disait le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayraut, à Patrick Cohen le 7 mars 2016 sur France Inter, en évoquant la Légion d’honneur remise par François Hollande au ministre de l’Intérieur et prince héritier saoudien, Mohamed Ben Nayef. Cette décoration a fait polémique. Fallait-il honorer un haut responsable d’un pays qui décapite sur les places publiques et refuse aux femmes d’avoir les mêmes droits que les hommes ? Au-delà du débat moral, on peut se demander si cette realpolitik, assumée aujourd’hui par la France avec l’Arabie saoudite, sert réellement ses intérêts.

La Légion d’honneur : une tradition diplomatique

Il existe en fait deux sortes de Légions d’honneur. Celle remise aux Français pour service rendu ou mérite particulier. Elle fait l’objet d’une publication au Journal Officiel. Puis celle, plus occulte, qu’on remet au coup par coup et en toute discrétion aux dignitaires étrangers, au nom des intérêts de la France.

On décore donc ainsi toutes sortes de personnalités, même les plus contestables comme Hafez El Assad et son fils Bachar. Mais aussi la plupart des dictateurs africains, comme le relève Antoine Glaser, journaliste et spécialiste de l’Afrique :

Tous les chefs d’Etat africains sont décorés Grand Croix de la Légion d’Honneur : Paul Biya [Cameroun], Alassane Ouatara [Côte d’Ivoire] ont été décorés par Nicolas Sarkozy. Denis Sassou N’Guesso [Congo Brazzaville], etc… Souvent le chef des services secrets est décoré par la France pour services rendus. Et aussi des intermédiaires aux noms sulfureux décorés uniquement pour avoir apporté des contrats d’armements extrêmement importants. C’est donc très souvent de la realpolitik qui prime.

Une tradition valable aussi pour l’Arabie saoudite

Le roi Abdallah a aussi été décoré par la France, ainsi que son ministre des Affaires étrangères et les principaux militaires du pays. En remerciement, on a même décoré un homme d’affaire saoudien après qu’il ait acheté à la France son deuxième Airbus. Quant à Mohamed Ben Nayef, le prince héritier, il a été décoré pour une raison simple : en tant que successeur désigné du nouveau roi Salman, monté sur le trône en janvier 2015 mais déjà âgé de 80 ans. L’Etat français considère qu’il a tout intérêt à courtiser quelqu’un qui tiendra peut-être demain les rênes du pays. C’est un investissement et peu importe le mérite de la personne. Et dans le cas présent, parler de mérite est d’ailleurs déplacé, comme le rappelle François Heisbourg, le conseiller spécial de la Fondation pour la Recherche Stratégique. Il se souvient d’une conversation assez stupéfiante qu’il avait eue avec le futur souverain, en 2005, alors que celui-ci était gouverneur de la province de Riyad :

Il parle de l’état du Moyen-Orient. Puis, aborde la façon dont nous sommes supposés traiter Israël et celle totalement injuste dont nous traiterions les pays arabes et les Palestiniens. Et subitement, il ajoute : « Et d’ailleurs Adolf Hitler avait très bien compris quel était le danger auquel il fallait faire face. On aurait dû davantage l'écouter. Mais bon au final il a échoué ». Je ne suis pas sûr qu’il ait beaucoup changé.

Les raisons objectives pour décorer le prince héritier

Un discours glaçant qui en dit long sur celui qui gouverne aujourd’hui l’Arabie saoudite. On peut aussi s’interroger sur sa politique. Il existe à ce sujet une note très éclairante, rédigée juste après les attentats de Charlie Hebdo à la demande du Quai d’Orsay. Elle a été révélée par le journaliste Vincent Jauvert dans son livre « La face cachée du quai d’Orsay » :

Une note rédigée par le Centre d’Analyses et de prévision du Quai d’Orsay. Ce sont des spécialistes prévisionnistes qui sont allés en Arabie saoudite juste après les attentats de janvier 2015 pour étudier ce pays et voir vers où il allait juste après la mort de l’ancien roi et l’arrivée du nouveau. Ils décrivent un pays de plus en plus dur et de plus en plus lié au religieux. Le roi précédent avait éliminé les ministres wahhabites, le nouveau en a repris certains. La police religieuse est de plus en plus efficace et dure vis-à-vis des femmes, des droits de l’homme, de la presse. Selon les rédacteurs de cette note, notre allié est un tyran.

L’Elysée est donc parfaitement au courant. Ce qui ne l’empêchera pas d’attribuer la Légion d’honneur au numéro deux du régime. L’ambassadeur de France à Riyad, Bertrand Besancenot a insisté pour plaider sa cause. La preuve : ce mail - publié par le magazine féministe Causette - envoyé par l’ambassadeur, juste avant la venue à Paris du prince héritier, au conseiller de François Hollande pour le Moyen-Orient :

L’accueil à Paris du prince Mohamed Ben Nayef est important à plusieurs titres : reconnaissance du rôle personnel éminent du prince, dans la lutte contre le terrorisme qui est une priorité nationale partagée, nécessité de partager la dynamique de renforcement de notre coopération bilatérale pour conforter nos prospects civils et militaires

S’appuyer sur Riyad pour lutter contre le terrorisme

C’est le premier argument avancé par l’ambassadeur pour justifier cette décoration. Personne ne se fait vraiment d’illusion sur la coalition de trente-neuf pays formée par l'Arabie saoudite pour lutter contre le terrorisme. Cette coalition n’a d’ailleurs jamais désigné clairement l’Organisation Etat Islamique comme son ennemi principal. La France compte en fait surtout sur une coopération avec les services de renseignements saoudiens pour identifier des djihadistes. Mohamed Ben Nayef est le ministre de l’Intérieur. C’est donc un homme clé dans ce dispositif. C’est ce que pense Olivier Da Lage, journaliste à RFI :

Les services saoudiens ont été très efficaces bien que tardivement contre Al Qaïda, à partir de 2003 - date du gros attentat au cœur de Riyad. Ils ont des informations que les services français n’ont pas. Ce faux pas de la Légion d’honneur, donnée pour des raisons de haute stratégie, suggère que les services saoudiens ont des informations sur ces réseaux djihadistes. Les Français ne les auraient pas s’il n’y avait pas une coopération étroite. Pour cela, il fallait en passer par une Légion d’honneur. C’est ainsi qu’il faut comprendre cette opération

Des contrats juteux en perspective et pourtant…

Jusqu’ici, la plupart des gros contrats sont passés sous le nez des Français. Le métro de la Mecque a été confié à un groupe chinois. Celui de Riyad et du TGV Djeddah-Médine à des consortiums américains et espagnols. Et même si les entreprises françaises Thalès et Alstom ont récupéré une partie de la sous-traitance de ces marchés, la France a raté les plus importants d’entre eux. Ces marchés, pour beaucoup, dataient d’avant 2012. François Hollande fait depuis les yeux doux à l’Arabie Saoudite. Mais les résultats ne sont pas franchement probants. Ainsi en octobre 2015.

Manuel Valls se rend à Riyad avec une délégation de chefs d’entreprises français. Il annonce la signature imminente de 10 milliards de $ de contrats. La délégation est tout sourire, mais va vite déchanter. Christian Chesnot, spécialiste du monde arabe à France Inter, faisait partie de cette délégation. Il se souvient très bien de l’arrivée de Manuel Valls :

Il a été reçu par un sous-ministre. Ni le roi, ni le prince héritier ne se sont déplacés. Malgré les bonnes relations officielles entre la France et l’Arabie saoudite, il n’y a pas eu d’accueil grandiose. Manuel Valls a quand même patienté durant une heure dans le grand hôtel où il résidait. Au final, au-delà des apparences et des communiqués, les Saoudiens ne l’ont pas reçu avec tout le décorum qu’on pourrait attendre pour un Premier ministre français.

Des promesses de contrats en panne

Malgré la froideur de l’accueil, on espère tout de même signer des contrats. Et là encore, c’est un peu la douche froide toujours selon Christian Chesnot :

L’Arabie saoudite devait acheter des Airbus A380. Le contrat est prêt à 22 heures. Mais à 3 heures du matin, les Saoudiens annulent cette grosse commande. Il y en avait quand même pour plusieurs milliards ! Un gros flop pour Airbus. Il y en a eu d’autres : celui de Veolia qui devait signer pour 3 milliards de $ un contrat sur la gestion des eaux de Riyad. Matignon annonce que la signature a eu lieu, mais au final on apprend que c’est toujours en négociation. Un nouvel échec.

Le laboratoire français LFB espérait lui aussi voir avancer son projet de créer une usine de production de médicaments dérivés du plasma. Un contrat potentiel de 900 millions €. Mais là non plus, rien n’avance. Idem pour EDF. Le géant français de l’électricité espérait vendre deux EPR à l’Arabie saoudite qui a annoncé le lancement d’un vaste programme nucléaire. Mais là encore, on risque d’être déçu. François Touazi, ex-fonctionnaire du Quai d’Orsay, est convaincu que le géant du pétrole saoudien Aramco, en charge de ce dossier, est en train de faire machine arrière :

Il n’est pas exclu que le projet soit revu à la baisse. Aramco hésite beaucoup à privilégier le solaire, domaine dans lequel l’Arabie saoudite veut être un géant du secteur. Par ailleurs, l’Arabie saoudite regorgerait de gaz naturel en Mer Rouge ce qui l’amènera à repenser sa stratégie nucléaire puisque le royaume veut s’engager massivement dans l’exploitation de ces nouvelles ressources.

Un nouveau revers en perspective pour la France… Mais comment expliquer un tel bilan ? Pourquoi y a-t-il un tel décalage entre les annonces faites par Manuel Valls et le résultat final ?

Un excès de confiance du côté français

On aurait crié victoire trop tôt, pense le spécialiste du Golfe, Olivier Da Lage :

Un grand classique chez les dirigeants français voyageant en Arabie saoudite. Dans l’avion, ils racontent aux journalistes qu’on va signer plein de contrats pour un montant total de tant de milliards. Edouard Balladur l’avait fait en son temps, et maintenant c’est au tour de Manuel Valls. A l’arrivée quand les journalistes publient ces informations, les Saoudiens ont le sentiment qu’on les met devant le fait accompli alors que rien n’est encore signé. Ils donnent ainsi une leçon à leurs visiteurs. Le plus souvent il ne s’agit que de simples reports, mais pour ceux qui croyaient déjà que les carnets de commande français étaient garnis, ils découvrent au final que ça sera pour plus tard, voire jamais !

Cette remarque d’un dignitaire saoudien, rapportée par un ancien diplomate, est très éclairante sur la façon dont les Français sont perçus :

Vous les Français, vous ne vous intéressez qu’à notre argent. Vous vous comportez comme des prostituées. Alors ne venez pas vous étonner qu’on vous traite comme tel.

La fierté saoudienne expliquerait donc en partie cette difficulté que nous avons à décrocher des contrats.

Le Royaume mal en point économiquement

Mais il existe une autre raison, beaucoup plus profonde à ces revers : elle tient à la crise économique traversée par le pays. Pour la deuxième année consécutive, les comptes de l’Arabie Saoudite sont dans le rouge. Avec la baisse du prix du pétrole, le déficit public a atteint 21 % du PIB. Le chômage des jeunes est de 30%. Pour la première fois de son histoire, le pays a commencé à emprunter. Et les effets de cette crise commencent à se faire sentir. Slimane Zeghidour, chroniqueur à TV5 Monde, était il y a peu en Arabie saoudite et a bien senti le changement de climat :

Certes, personne ne dort sous les ponts. C'est encore un Etat providence. Les prix du carburant sont ridicules avec un plein d’essence à moins de 5€. Mais le gros de la population est en train de manger ses dernières baguettes de pain blanc. Il est question d’augmenter les prix, de réduire les subventions, (sur l’eau, l’électricité et le téléphone fixe). Beaucoup de projets ont été arrêtés. De nombreux expatriés repartent, des entreprises extérieures travaillant sur place sont payées avec de plus en plus de retard. Pas de panique, encore, mais un début de marasme.

L’Etat a donc été contraint de prendre des mesures d’austérité avec aussi la création d’une TVA. Certes le pays a encore de très grosses réserves : 700 milliards $. Mais il puise désormais dans son bas de laine. Pour François Heisbourg, le royaume saoudien pourrait bien à terme devenir une poudrière :

Au rythme actuel, l’Arabie saoudite n’aura plus de réserves de changes dans quatre ou cinq ans. La guerre du Yémen coûte très cher, le soutien à l’Egypte aussi, idem pour le maintien de l’Etat providence dans une population de jeunes qui arrivent sur un marché du travail inexistant. Il y a donc de vrais risques de violence sociale, indépendamment de toute considération religieuse. Cela risque d’être très compliqué à gérer.

Inquiétude pour le marché français

Une situation qui se complique aussi pour les Français qui comptaient faire des affaires avec l’Arabie saoudite car le marché va se rétrécir, et cela aura forcément des répercussions, estime Olivier Da Lage :

Ces difficultés budgétaires font que des contrats, dont le principe a été acquis, ne peuvent être honorés. Les économies budgétaires auxquels ils se sont résolus, vont atteindre directement ou indirectement tous les fournisseurs de l’Arabie saoudite, or il se trouve que la France est l’un des principaux fournisseurs. Il n’est donc pas ahurissant que la France subisse les conséquences économiques de cette austérité budgétaire à la saoudienne.

L’Arabie saoudite a compris qu’en restant dépendant à 90%, du pétrole, elle va dans le mur. L'Etat a donc décidé de réagir en annonçant toute une série de privatisations, et la création d’un fond souverain de 2000 milliards $ destiné à investir dans des projets industriels. En fait, l’Arabie saoudite s’aligne sur le Qatar, les Emirats arabes unis ou même le Koweït qui ont depuis longtemps, diversifié leur économie. Pour Riyad, c’est le grand enjeu des années à venir.

L’espoir : les contrats militaires

Dans ce contexte, un secteur devrait rester dynamique : celui des contrats militaires, l’autre gros volet de la relation commerciale franco-saoudienne sur lequel la France veut continuer à miser. Car l’Arabie saoudite est le premier acheteur d’armes au monde. Riyad dépense 100 milliards $ par an pour sa défense. Plus que la Russie ! Il existe deux types de contrats militaires avec les Saoudiens : les contrats directs, et ceux passés avec d’autres pays, mais qu’il serait impossible de mener à terme sans le soutien financier saoudien.

Les cas égyptien et libanais : le sauvetage de l’industrie française d’armement

La meilleure illustration de ce type de contrat indirect est le cas de l’Egypte : l’Arabie saoudite a poussé son allié, l’Egypte du Maréchal Sissi, à acheter les vingt-quatre premiers Rafales français, et les deux portes hélicoptères Mistral que l’Etat français ne voulait plus vendre à la Russie à cause de la crise ukrainienne. Vincent Jauvert confirme que les Saoudiens ont joué un rôle majeur dans cette transaction :

Ils n’ont pas payé directement mais ont ouvert une ligne de crédit très importante au régime de Sissi, qu’ils ont aidé à hisser au pouvoir contre le président Morsi, le chef des islamistes. Puis à l’aide de cette ligne de crédit, les Egyptiens ont acheté les deux Mistral et les premiers Rafales dont la France était si fière. Ils ont à la fois pris ces deux Mistral dont on ne savait pas quoi faire – on était la risée du monde – et ils ont réussi à débloquer le premier contrat de vente de Rafale à l’étranger. Ils ont donc sauvé une partie de l’industrie d’armement française.

La France a aussi décroché un contrat d’armement, appelé DONAS. Il porte sur trois milliards $, payés par l’Arabie Saoudite pour équiper l’armée libanaise. Ce contrat a failli être annulé, officiellement parce que l’Arabie saoudite reproche maintenant à l’armée libanaise d’être passée sous la coupe des chiites du Hezbollah. Mais un accord a finalement été trouvé : les armes seront livrées directement aux Saoudiens, et non plus aux Libanais

Aucun gros contrat direct depuis vingt ans

Mais les choses se compliquent lorsqu’il s’agit de traiter directement avec l’Arabie saoudite. Le marché de l’armement à Riyad est un peu comme un gâteau dont la France ne pourrait manger qu’une petite part. Selon Jean Guisnel, spécialiste des questions de défense au Point, quoi qu’on fasse, il y aura toujours des chasses gardées en Arabie saoudite :

Les ventes de Rafale en Arabie saoudite sont inenvisageables. Côté français, on nie cette évidence, mais selon moi, les ventes d’avions de combat en Arabie saoudite – et ce, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale – sont réservés aux Etats-Unis, avec subsidiairement le Royaume-Uni. La France n’est pas dans ce jeu-là. Elle a des espaces dans l’armement terrestre, des petits espaces dans l’armement naval et maintenant elle cherche à faire son trou dans le système d’espionnage spatial.

Cependant, y compris dans les créneaux restés ouverts, la France n’a signé aucun très gros contrat d’armement avec l’Arabie saoudite depuis quasiment vingt ans. A l’exception de celui portant sur la sécurisation des frontières de l’Arabie saoudite avec des systèmes de caméras et de cellules photo-électriques. Mais il a été signé en 2009 avec EADS, un groupe franco-allemand, tandis que le franco-français Thalès, qui était aussi sur les rangs, a été écarté. Mais pourquoi la France a-t-elle autant de mal à vendre aux Saoudiens ?

Qui dit contrat d’armement, dit corruption

L’affaire médiatique, qui empoisonna pendant très longtemps les relations franco-saoudiennes, remonte à 1995. L’Etat français avait alors vendu aux Saoudiens trois frégates pour près de 4 milliards €. C’est le fameux contrat Sawari II, dont François Heisbourg nous rappelle les contours :

En 1995, on vend les frégates Sawari II à l’Arabie saoudite. Des contrats assortis de commissions encore plus importantes que les commissions habituelles. Les mauvaises langues disent que ce pourcentage était lié à l’importance des rétro-commissions qu’espéraient obtenir un certain nombre d’acteurs de la vie politique française à l’époque. Lorsque le président Chirac arrive aux affaires, avec Juppé comme Premier ministre, ils sont terrifiés par ce qu’ils découvrent. Mais dès lors que les intermédiaires avaient été changés, les réseaux sont rompus durant un certain temps. Après ça, les responsables saoudiens nous ont tourné le dos

Pour mémoire, ce contrat Sawari II est au cœur de l’enquête sur l’attentat de Karachi. La justice française s’interroge sur l’arrêt des commissions négociées dans le cadre de ce contrat, qui aurait provoqué l’attentat par mesure de rétorsion.

Au-delà de son volet judiciaire, l’affaire Karachi révèle un système de corruption très répandu dans les contrats d’armements avec intermédiaires, commissions voire rétro-commissions. Or l’Arabie saoudite a une longue tradition en la matière. Une autre affaire concernant la Grande-Bretagne, avait défrayé la chronique. Dans les années 80, l’entreprise BAE Systems avait vendu aux Saoudiens plus de cent cinquante avions. Un contrat monumental qui s’est étalé sur une vingtaine d’années et portant sur plus de 80 milliards $. Là aussi il y a eu des commissions faramineuses raconte encore Jean Guisnel [voir bibliographie ci-dessous] :

Une énorme vente d’armes avec des dizaines voire des centaines d’avions et les à-côtés (les munitions, les formations). Le tout assorti d’une commission absolument colossale avoisinant les 30%. C’est le record du monde : encore plus que les frégates de Taïwan. Inouï, inimaginable ! Le trésor saoudien a payé ses avions 30% de plus que le prix déjà salé facturé par les Anglais. L’argent de la corruption a été redistribué entre les princes de la famille royale. L’un d’entre eux – ambassadeur à Washington - récupérera pour son usage personnel un Airbus A340

Les contrats d’armement seraient donc une source de revenus pour la famille royale.

Création de la Sofresa pour plaire aux Saoudiens

Pour acheter ses armes, l’Arabie saoudite a imposé à la France une procédure très particulière. Jusqu’à il y a peu, le royaume ne voulait pas traiter avec les entreprises en direct, mais uniquement d’Etat à Etat. Pour vendre aux Saoudiens, la France a donc créé en 1974 un organisme, la Sofresa (Société française d'exportation de systèmes avancés), qui rassemble tous les fabricants d’armes de l’Hexagone, Thalès, Dassault, etc. Elle parle au nom de l’Etat français, et sa fonction est de servir d’interlocuteur unique avec les Saoudiens. C’est la Sofresa qui a négocié les fameux contrats Sawari II, avec les suites judiciaires que l’on connait. Quand Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, Karachi était passé par là, il a jugé que la Sofresa sentait un peu trop le souffre, et l’a donc rebaptisé ODAS.

ODAS dans le collimateur du pouvoir saoudien

Jusqu’en 2015, les commissions versées dans le cadre des contrats d’armement passés avec ODAS transitaient par des intermédiaires libanais travaillant pour le compte du roi Abdallah… décédé depuis. Or le nouveau roi, comme son fils, Mohamed Ben Salman, est convaincu que les contrats passés avec la France, donc avec ODAS, continuent d’alimenter les réseaux du roi défunt. C’est insupportable pour les nouveaux dirigeants, comme le raconte Pierre Gastineau, rédacteur en chef d’ «Intelligence Online » :

Dans l’entourage du clan Salman, il se dit que le système bénéficie au fils de feu le roi Abdallah, Mouteb Bin Abdallah. Ecarté du pouvoir, Il fut l'un des autres prétendants au trône saoudien. Et le clan Salman redoute un financement en sous-main du clan Abdallah, donc celui du fils, par ailleurs patron de la garde nationale. Un contexte paranoïaque. Salman pense qu’il n’a pas la main libre sur ODAS. Il ne comprend pas qui gère quoi dans ODAS et quels en sont les réseaux soutterrains. Le 13 novembre, Mohammed Ben Salman a donc écrit aux Français affirmant qu’il ne voulait absolument plus traiter avec ODAS. Et de facto, ça stoppe des contrats d’Etat à Etat.

Les Français ont perdu le mode d’emploi

La France doit donc maintenant trouver un nouveau circuit pour vendre ses armes. On est dans une période de refonte des réseaux. Les entrées ont changé. Les nouveaux dirigeants du pays cherchent à récupérer les commissions qui leur échappaient. C’est aussi l’analyse de Christian Chesnot de France Inter :

On reconfigure les réseaux de commissions. La période est floue et changeante. Les anciens canaux, les anciens intermédiaires sont remis à plat, d’où des annulations de contrat, y compris ceux négociés de longue date, certains pouvant être repris après. Mais en tous cas on est dans une phase de mutation.

Des rivalités au cœur du pouvoir…

La France repart donc à zéro avec le nouveau clan au pouvoir à Riyad. Mais elle se heurte à un autre problème. A l’intérieur même du nouveau clan, les rivalités sont fortes avec une gouvernance à deux têtes. Sous le roi Salman, se trouve d’abord le prince héritier, Mohamed Ben Nayef, 56 ans, ministre de l’Intérieur - décoré de la Légion d’honneur le 4 mars 2016 - et premier dans la succession au trône. Mais il y a aussi le fils du roi, Mohamed Ben Salman, 31 ans seulement, propulsé par son père « vice-prince héritier ». Il est en train de devenir le véritable homme fort du pays. C’est le constat d’Olivier Da Lage de RFI :

Le préféré du roi est son fils, actuellement n°3 dans la succession. Il occupe tout l’espace médiatique. Ministre de la défense, il a lancé la campagne contre le Yémen. Il a été aussi été propulsé à la tête d’un comité économique chapeautant toutes les grandes institutions du pays notamment les institutions pétrolières et financières. Et, le prince héritier, généralement assez discret, sans beaucoup d’alliés dans ce pouvoir, est surtout l’homme de la sécurité et du ministère de l’Intérieur. On parle donc d’une rivalité entre les deux Mohammed. Il n’est pas sûr que le jeune prince bouillant soit le prochain roi, mais il fait tout pour.

… et des répercussions sur les relations commerciales franco-saoudiennes

En effet, chacun des deux rivaux possèdent des réseaux différents. Il faut donc savoir à quelle porte frapper, et surtout ne pas se tromper. Le mode d’emploi devient donc d’une complexité déroutante, remarque le chercheur François Heisbourg :

L’Arabie saoudite est opaque par définition. Mais là, elle l’est davantage car cette rivalité est installée au cœur même du régime, avec deux princes héritiers, deux successeurs et donc inévitablement des conflits liés aux réseaux. Il y a une vraie tension. Difficile dans ces conditions de négocier de vrais contrats.

La France n’est pas la seule à subir cette situation inconfortable. En fait personne ne sait vraiment comment tisser des liens avec ce nouvel attelage à deux têtes, estime Pierre Gastineau :

Pour la France ça ne va pas trop mais pour les autres non plus. Les Britanniques n’arrivent pas à vendre : ils ont peu d’entrées sur le clan Salman, et galèrent toujours pour trouver à qui parler. Les Américains sont un peu dans le même cas. L’année 2015 a marqué aussi un tel changement que beaucoup de gens ont perdu pied et quasiment tous les partenaires de l’Arabie saoudite sont déstabilisés et se demandent comment retrouver des canaux fiables de discussion, discrets et directs.

Miser sur le marché iranien plutôt que sur le saoudien ?

a France a-t-elle vraiment fait le bon choix en courtisant l’Arabie saoudite ? On peut se poser la question car un autre marché est en train de s’ouvrir sur l’Occident : le marché iranien. Or pendant que les Etats-Unis misaient sur Téhéran, capitale d’un pays chiite, la France, elle, a misé sur Riyad, la capitale d’un pays sunnite. Pierre Conesa, ex-fonctionnaire du ministère de la Défense, pense que nos dirigeants ont manqué de clairvoyance :

Chacun se demande si l’avenir est vraiment l’Iran ou l’Arabie saoudite. Lors du dernier anniversaire à la résidence de l’ambassadeur d’Iran, c’était l’endroit où il fallait être. Une balance va se faire naturellement. D’ailleurs, Je ne comprends pas que la diplomatie française ait été aussi intransigeante à l’égard de l’Iran alors qu’on était véritablement dans un deal qu’Obama avait parfaitement compris : toute la géopolitique du Moyen-Orient est en train de changer.

Mais peut-on courir deux lièvres à la fois ? Viser le marché iranien après avoir autant courtisé son grand rival, l’Arabie saoudite ? Difficile selon Olivier Da Lage :

Toute la région sait bien que la France penchait du côté des pays sunnites et des monarchies du Golfe. Mais des questions se posent : à plus long terme les difficultés financières des monarchies du Golfe – dues à la chute du pétrole – ne vont-elles pas se répercuter sur les contrats en attente (et on commence à le percevoir) ? L’Iran ne représente-elle pas un potentiel à la fois économique et politique qu’on ne peut plus négliger ? La fin de la longue parenthèse qu’a pu représenter l’isolement de l’Iran vis-à-vis de l’Occident, pourrait se faire au détriment de la France.

Certes, l’Arabie saoudite bouge. Le fils du roi réforme, il s’entoure d’experts, consulte des cabinets de conseil, engage les meilleurs communicants et surfe sur une énorme popularité… L’emballage médiatique est donc séduisant, mais dans le même temps, la crise est là et le pouvoir religieux se durcit. Poudre aux yeux, où prémices d’un réel changement ? En misant sur Riyad, la France a fait un pari… mais un pari risqué.

►►► Une enquête de Jacques Monin


Via Juan Carlos Hernandez
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Le Conseil Constitutionnel couvre-t-il l'évasion fiscale?

Le Conseil Constitutionnel couvre-t-il l'évasion fiscale? | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
La loi Sapin II est un tournant historique: soit le Conseil Constitutionnel, notre gouvernement et nos représentants couvrent l'évasion fiscale et bafouent la constitution et la démocratie, soit nous aurons fait ensemble quelque chose de bien pour le plus grand nombre.
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Des commerçants d'un petit village copient l'évasion fiscale des multinationales | Education

Des commerçants d'un petit village copient l'évasion fiscale des multinationales | Education | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Des commerçants d'un petit village du Pays de Galle ont décidé de se révolter contre les multinationales qui profitent des lois fiscales britanniques pour éluder l'impôt. A leur petite échelle, ils ont décidé, eux aussi, de profiter légalement d'astuces offshore. | Education
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Top 10 des entreprises à boycotter pour évasion ou fraude fiscale!

Top 10 des entreprises à boycotter pour évasion ou fraude fiscale! | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
40 à 60 milliards d'euros c'est le chiffre hallucinant que les entreprises soustraient chaque année au fisc Français. Ces entreprises sans grande morale arrivent à contourner la lois pour déclarer leur revenus dans des pays étrangers où le taux d'imposition est bien moins important. Voici donc un top 10 des entreprises à boycotter pour évasion ou fraude fiscale.

1) HSBC
Montant dû au fisc: 2 milliards d'euros.
Bienvenue dans l'affaire SwissLeaks où de 2006 à 2007 HSBC Holdings a aidé ses clients à cacher de l'argent en Suisse. Au total c'est plus de 100000 particuliers et 20000 sociétés qui ont échappé aux fiscs de leur pays respectifs. La somme qui a transité sur ces comptes s'élève à 180 milliards d'euros. Ainsi, la justice française a logiquement mis en examen la banque anglaise pour suspicion de fraude fiscale assortie d'une caution de 1 milliard d'euros, c'est grâce aux agissements d'un de leur ancien employé informaticien Hervé Falciani qui a copié les bases de données avant de les remettre aux médias que cette affaire a pu éclater. D'après les juges Français en charge de l'affaire, le montant total blanchi concernant la France pourrait atteindre 2 milliards d'euros.

2) UBS France
Evasion fiscale estimée: 12 milliards d'euros sortis de France.
Après HSBC c'est UBS est poursuivit pour avoir démarché des milliers d'individus sur le sol français dans le but de leur faire créer un compte secret en Suisse. Le système avait été mis en place dès 2000 et a rencontré un franc succès puisqu'en 2008 plus de 38000 comptes de français y avaient été créés accumulant une somme totale de 12 milliards d'euros. Le seul problème est que UBS ne disposait pas de la licence bancaire française l'autorisant à agir ainsi. Le processus d'action consistait à envoyer des agents aux grands événements chargés de chercher et convaincre des clients souhaitant placer de l'argent à l'étranger pour fuir le fisc français. La banque est allée jusqu'à créer son propre tournoi de golf l'UBS Golf Trophy proche de la frontière Suisse pour favoriser les affaires.

3) Google
Montant dû au fisc: 1,6 milliard d'euros.
Avec une ardoise de 1,6 millions d'euros réclamé par Bercy, la firme américaine est poursuivit pour fraude fiscale aggravée et blanchiment en bande organisée. Après une longue enquête silencieuse où les enquêteurs ont travaillé sur des ordinateurs non connectés à internet pour éviter toute fuite, ils en sont arrivés à la conclusion que Google avait une réelle activité commerciale en France. Jusqu'ici Google trompait la lois via un jeu de comptabilité interne ainsi qu'en facturant tous ces clients depuis l'Irlande. Google est maintenant obligé de s'acquitter de l'impôt liée à toutes les facturations faites en France.

4) Apple
Montant dû au fisc: 600 millions.
En 2015 Apple a déclaré avoir un chiffre d'affaires en France de 618 millions d'euros pour un bénéfice total 39,8 millions d'euros. Ainsi Apple a payé 12,9 millions soit une somme proche du seuil de 33% réglementaire. Cela pourrait paraître acceptable si ce montant n'était pas comparé à l'ensemble de l'Europe. Car en effet le total des recettes pour la zone Europe est de 44,5 milliards ce qui fait que les revenus supposément générés en France ne représentent que 1,4% de ce total. Impossible.
L'entreprise a donc entrepris un système d'optimisation fiscale où une grande partie de ses revenus était transférée en Irlande. D'après les estimations du journal Greenwich Consulting, le chiffre d'affaires réel en France serait de 5,76 milliards d'euros avec 600 millions d'euros d'impôts à payer chaque année. Bien loin des 39,8 officiellement déclarés. Une procédure lancée par l'administration française est actuellement en cours pour la période 2011 - 2013.

5) Booking.com
Montant dû au fisc: 356 millions d'euros.
Booking utilise un procédé classique. Le siège de la société a été placé aux Pays-Bas où le taux d'imposition est de 25% négociable. Ainsi lorsqu'un client français fait une réservation sur le site internet, la facture est émise depuis ce pays et non en France. Le chiffre d'affaires n'est donc pas réalisé en France ce qui prive le fisc de son dû. Bercy a mené une enquête portant sur la 2003 - 2012 et a infligé un redressement fiscale de 356 millions d'euros en 2015.

6) McDonalds
Montant dû au fisc: 300 million d'euros.
C'est un stratagème interne qui a permis de faire baisser le taux d'imposition de l'enseigne en France. Chaque restaurant devait payer une redevance à la maison mère pour l'utilisation du nom McDonald et de ses fournisseurs. Une méthode couramment utilisée or dans ce cas la redevance due était très élevée. Ainsi les comptes français présentaient des bénéfices bien en dessous de ceux réellement obtenus. Une suspicion confortée par le fait que les redevances sont envoyées vers le Luxembourg. Cela représente un montant estimé à 3,7 milliards d'euros sur la période 2009 - 2013 pour tous les restaurant européens alors que seul 16 millions d'euros d'impôts ont été payés. La France quant à elle estime son manque à gagner à 300 millions d'euros.

7) Amazon
Montant dû au fisc: 250 millions de dollars.
C'est en Avril 2013 que Amazon a déclaré devoir 250 millions de dollars au fisc français suite à un redressement fiscal. Lorsque vous commandez un objet sur Amazon France la facture est émise depuis le Luxembourg. Ensuite l'objectif pour eux est de tuer la rentabilité de la filiale luxembourgeoise. Ainsi elle doit payer à un prix exorbitant l'utilisation de la technologie fournit par d'autres entreprises du groupe basées à l'étranger. Cela peut se faire sous forme de prêt avec des intérêts très élevés. En 2014, la holding du Luxembourg qui possède toutes ces consoeures européennes a consentit un prêt de 2,2 milliards d'euros incluant 55 millions d'euros d'intérêts à une autre société du groupe. Le montant des intérêt est fixé à ce que la filiale ne fasse aucun bénéfice, voir même perte ce qui lui autorise le bénéfice du crédit impôt...
Amazon dit maintenant vouloir arrêter ses montages et payer ses impôts en France comme il se doit dans les pays ou il fait ses bénéfices. Mais comme le montre cet article de BMF Business, ce n'est que de la poudre aux yeux.

8) IKEA
Montant dû au fisc: 24 millions d'euros.
Juste pour l'année 2014, le géant suédois doit à l'état 24 millions d'euros et plus d'un milliard sur toute l'Europe en 5 ans. Ce sont les députés européens écologistes qui ont pointé du doigt le système bien rodé du groupe. Dans un premier temps 3% du chiffre d'affaires des magasins d'Ikea France était envoyé à une fondation aux Pays-Bas, avant d'être expédié au Luxembourg ou grâce à un accord avec le gouvernement le taux d'imposition n'était que de 0,06% mais comme cela ne suffisait pas, l'argent finissait son trajet au Liechtenstein ou cette fois-ci la taxe était de... 0%.

9) Palmolive Colgate
Montant dû au fisc: non déterminé.
Palmolive Colgate avait servit de triste exemple dans le très bon documentaire de Xavier Harel Evasion fiscale, le hold-up du siècle diffusé sur Arte en 2013. Pourtant avec Palmolive Colgate tout était clair jusqu'à 2005, date de lancement du plan Optima pour l'optimisation fiscale. Avant l'entreprise avait son siège social ainsi que les sites de productions en France, le tout ne formait qu'une seule entreprise. Or il a été décidé de déplacer la maison mère en Suisse, les usines françaises devenant alors des prestataires de service. Dans ce nouveau système, c'est le siège qui commande les éléments pour la fabrication des produits, ils sont ensuite envoyés en France pour la fabrication puis le produit finit est renvoyé en Suisse et vendu dans les points de ventes habituels. Mais ceci n'est que sur le papier, il n'y a jamais eu de transfert de matière première ou produits finis entre les deux pays. Ce n'est que dans les documents comptables que cela existe.
[embed width= height=]https://www.youtube.com/watch?v=y4-wD_RpOlc[/embed]

10) Mulliez (Auchan, Décathlon, Leroy-Merlin, Kiabi, Norauto)
Montant dû au fisc: non déterminé.
L'enquête est en cours depuis 1 an et surprend par son commencement. Ce n'est pas un employé qui a décidé jouer les lanceurs d'alerte mais bel et bien un membre de la famille Mulliez qui a porté plainte. Tout ressemble à un règlement de compte. La police et la DGI (Direction Générale des Impôts) ont déjà procédé à des perquisitions en France, Belgique et Luxembourg pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. Bertrand Gobin, l'auteur du livre La face cachée des Mulliez a déclaré au journal La Voix du Nord qu'il existait une cascade de holdings intermédiaires basées en Belgique, aux Pays-Bas ou au Luxembourg, qui permettent notamment d'échapper à la taxation des plus-values sur les cessions de valeurs mobilières au sein du groupe Mulliez. Affaire à suivre.


Le bilan est donc lourd, rien que pour la France entre 40 et 60 milliards d'euros manquent chaque année à l'état français. Beaucoup d'entreprises américaines sont cités comme exemple mais les entreprises françaises du CAC 40 n'en sont pas moins suspicieuses. Après exonérations et autres artifices elles ne payent qu'en moyenne 9% d'impôts contre 30% pour les PME. L'Europe quant a elle a mis du temps à se réveiller d'autant plus que l'évasion se passe en interne mais avance maintenant vers le progrès, l'échange d'informations fiscales entre pays a été facilité via un accord commun pour plus de transparence et les entreprises ayant utilisées le Tax Ruling (négociation du taux d'imposition avec l'état) sont forcées de rembourser les impôts non payés au pays signataire de l'accord, remettant en cause par la même occasion la légalité du système. Comme exemple Fiat-Chrysler a du rembourser entre 20 et 30 millions au Luxembourg et Pays-bas, mais les pays victimes de cette évasion eux ne sont pas encore indemnisés.
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Lutte contre l’évasion fiscale : L’Afritac de l’ouest mise sur des approches (...) - OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal

Lutte contre l’évasion fiscale : L’Afritac de l’ouest mise sur des approches (...) - OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
L’évasion fiscale n’épargne aucun secteur porteur de croissance et surtout les télécommunications. Pour lutter contre ce phénomène, le Centre régional d’assistance technique (Afritac) de l’ouest du Fonds monétaire international (Fmi), en collaboration avec (...)
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Gilead : les profits du Sovaldi dans les paradis fiscaux

Gilead : les profits du Sovaldi dans les paradis fiscaux | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Le laboratoire Gilead fait payer un prix exorbitant pour son médicament permettant de guérir de l'hépatite C. Et les profits partent dans les paradis fiscaux.
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Tweet from @JLMPiraux

Tweet from @JLMPiraux | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
Plus de la moitié des profits faits à l'étranger par les sociétés US sont planquées dans des paradis fiscaux, dont… https://t.co/mOyZm0PuEB
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Fraude : ils roulent pour Uber au black

Fraude : ils roulent pour Uber au black | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
“ Les huissiers défilent chez Antoine*. Télé, canapé, meubles... Depuis quelques semaines, petit à petit, au gré des saisies, sa vie social”
Via Thierry Curty, 694028
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Thierry Curty's curator insight, August 23, 9:02 AM
C'est beau l'économie partagée selon Uber... 

Heureusement, Uber s'apprête à se débarrasser des chauffeurs. xD
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Tous les actionnaires de la planète se sont partagé 372 milliards d’euros au 2ème trimestre

Tous les actionnaires de la planète se sont partagé 372 milliards d’euros au 2ème trimestre | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
“Les dividendes, en hausse particulièrement marquée en Europe, ont progressé de 2,3 % entre avril et juin.”
Via Christophe CESETTI
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Christophe CESETTI's curator insight, August 27, 4:37 AM

sachant que selon l'ONU il en faudrait 50 milliard $US par an pour effacer la faim dans le monde...

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Le Brexit pourrait être reporté à fin 2019

Le Brexit pourrait être reporté à fin 2019 | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
“La Grande-Bretagne pourrait sortir de l'Union européenne en 2019, rapporte le "Sunday Times", citant des sources informées par des ministres qui expliquent que les services chargés de négocier le Brexit ne sont pas prêts.”
Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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HumdeBut's curator insight, August 14, 2:31 PM
Quand on vous dit que l'U€ c'est libre service pour quelques uns ! et nous on devrait s'en faire pour quitter ce machin ?
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FACILECO - L'évasion fiscale en chiffres | Le portail des ministères économiques et financiers

FACILECO - L'évasion fiscale en chiffres | Le portail des ministères économiques et financiers | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
En 2012, un rapport du Sénat s’est intéressé à mesurer l’incidence de l’évasion fiscale sur les finances publiques. Selon ses estimations, elle représenterait un manque à gagner annuel de 30 à 36 milliards d’euros pour l’administration fiscale française.
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Tweet from @FFinance

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RT @FFinance: Evasion fiscale : Londres veut s’attaquer aux #avocats et conseillers #finance https://t.co/UUEytD1T7j
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Uber : vers un procès sur le statut des chauffeurs aux Etats-Unis ?

Uber : vers un procès sur le statut des chauffeurs aux Etats-Unis ? | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it
“ Un juge américain a rejeté un projet d'accord à l'amiable par lequel Ube”
Via Thierry Curty
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Thierry Curty's curator insight, August 21, 3:25 AM
C'est normal, comme je l'explique dans mon article, über, comme Airbnb ou Blablacar, ne sont pas des entreprises de l'économie du partage ou collaborative. Ce sont des entreprises normales, ultra capitalistes ultra néolibérales dans lesquelles les salariés sont des esclaves indépendants qui n'ont pas leur mot à dire sur la gouvernance de l'entreprise. http://thierrycurty.fr/economie-partagee-pas-encore-positive/

Dans l'économie du partage, l'entreprise est gérée par ceux qui l'exploitent, ceux qui y travaillent, bien sûr, mais aussi les clients. Tout le monde participe aux décisions. 

Là, il ne s'agit que d'opportunistes sans moralité financière qui profitent abusivement d'une situation transitionnelle qui engendre des vides juridiques. Plus exactement, les lois qui régissent ces situations existent, mais la société, confrontée à la transition de la nouvelle économie, hésite à les appliquer. 

Je suis pour qu'Über voie les contrats des chauffeurs indépendants exploités requalifiés en contrats salariaux. De même que je suis pour qu'un jour Über n'ait plus de chauffeurs du tout avec des voitures autonomes. 

A nous de créer des entreprises capitalistes libérales mais équitables de l'économie du partage pour concurrencer Über et répartir les bénéfices entre tous les utilisateurs. 
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effet de levier, solvabilité, liquidité, risque systémique

Quelques éléments pour comprendre la crise des "subprimes"
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"Panama Papers": un scandale mondial d'évasion fiscale révélé, Platini et Poutine concernés

"Panama Papers": un scandale mondial d'évasion fiscale révélé, Platini et Poutine concernés | Tant qu'il y aura des paradis fiscaux | Scoop.it

Le Monde et plusieurs médias internationaux révèlent ce dimanche un scandale mondial d'évasion fiscale. Chefs d'Etat, ministres et leurs associés, personnalités connues comme Michel Platini et Lionel Messi, le spectre des personnes impliquées est large.Après le Swissleaks, place au "Panama Papers". Un nouveau scandale d'évasion fiscale vient d'éclater ce dimanche, au terme d'une enquête mondiale menée par plusieurs médias étrangers et Le Monde, sous l'égide du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). Le quotidien Le Monde a eu ainsi accès à près de 11,5 millions de documents qui dévoilent les avoirs cachés dans des paradis fiscaux de dirigeants politiques mondiaux, de milliardaires et de vedettes du football. Plusieurs personnalités sont concernés, comme Michel Platini ou Lionel Messi.

Une ampleur de données inéditeL'enquête dévoile comment une société, Mossack Fonseca, a permis à de grandes fortunes de cacher leur argent dans des sociétés offshore. Cette structure s'est spécialisée dans la "domiciliation de sociétés écrans dans les juridictions offshores". Elles sont constituées pour masquer l'identité de leurs véritables propriétaires. Signe de l'ampleur de cette enquête, ce sont plus de "2,6 teraoctets (26 0000 milliards d'octets) de données secrètes qui ont été découvertes, étudiées et analysées par Le Monde et ses 106 médias partenaires, pendant près d'un an", annonce le quotidien du soir.


Via Damoclès
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