Les îles ou le choc de Robinson | TAHITI Le Mag | Scoop.it

Dans une étude consacrée aux voyages pathologiques à Tahiti, co-écrite en 1993 par des psychiatres du Centre hospitalier de Polynésie française, trois mythes «qui sous-tendent les velléités des voyageurs en partance pour la Polynésie» ont été dégagés. Le mythe du Robinson, tout d'abord, concerne les «exilés volontaires à la recherche de l'île déserte, où ils pourront se retrouver et mesurer l'essentiel de leur être dans un grand face-à-face avec une nature vierge et rebelle».

Le mythe du bout du monde fait lui appel aux «lieux mystérieux et lointains, en général difficiles d'accès, qui apparaissent en communication par des canaux, plus ou moins mystérieux, avec les forces vives du cosmos, où se situent les restes de civilisations disparues, civilisations "mères" détentrices du grand secret». Les auteurs citent l'île de Pâques ou celle de Rapa en exemple.

Enfin, le mythe de la Nouvelle Cythère, «le plus connu et le plus galvaudé», notent les auteurs, s'inscrit lui dans la pensée rousseauiste: «C'est le mythe de "l'île de Félicité, où règne la volupté", chère à la pensée du XVIIIème siècle; celui du bon sauvage sans vice parce qu'innocent, et encore à l'"état de nature": l'enfance de l'hum...