LA MINUTE "BEAUTE SAUVAGE" - WILD GINGER | TAHITI Le Mag | Scoop.it

par Anik Buhlmann - 

J’avais déjà vu cette fleur ici à Tahiti des centaines de fois, et je ne connaissais pas ses secrets...

“Re'a moeruru” en tahitien, “Awapuhi” en hawaiien, "Wild Ginger" en anglais, ou "gingembre d’Océanie" en français, (Zingiber zerumbet) avait été transporté sur les pirogues par les premiers polynésiens qui ont colonisé Hawaii. Elle fleurit en ce moment en Polynésie, pendant les mois les plus chauds de l’été. Le jus qui s’accumule entre ses pétales rouges sert à étancher la soif. Et si on presse la fleur entre ses doigts, un liquide à la consistance d’un gel, délicatement parfumé comme une eau de toilette masculine, sert de shampooing. Les cheveux deviennent propres, doux et plus brillants. Sur les conseils d’un ami, j’ai gardé les fleurs avec les tiges dans un plastique au frigo, pour conserver la sève dans les tiges jusqu’à utilisation. Du coup, se doucher avec ce gel froid est revigorant! Et faire sortir son shampooing d’une fleur au lieu de le faire sortir d’une simple bouteille est absolument ludique...
 

Les feuilles et les tiges peuvent s’utiliser en cuisine pour aromatiser les plats à base de porc et de poisson. En médecine traditionnelle, les racines du re'a moeruru, une fois écrasées avec un pilon en pierre, peuvent être mélangées au jus de noni et utilisées en cataplasme sur les inflammations des articulations. Les racines cuites et ramollies peuvent être appliquées sur une carie. Une infusion, bue à petites doses, améliore la circulation du sang, donnant une sensation de bien-être. Elle est aussi utilisée en cas d’indigestion. Un extrait des racines de cette plante, le zerumbone, est utilisé en médecine occidentale pour tuer des cellules cancéreuses dans le foie. Dans la tradition hawaïenne, on transformait les racines en une poudre qu’on éparpillait parmi les habits pliés pour les parfumer.
 

Ca me donne envie de voyager dans le temps et aller à l’endroit où mes fleurs ont été cueillies. En cueillir encore quelques unes et avancer, dévêtue dans la forêt, vers la rivière, en déposant mes fleurs sur une pierre au bord de l’eau. Et quand je ressortirai de l’eau, et que je presserai ces fleurs dans ma main, ce liquide magique au parfum enivrant me fera à nouveau sentir comme si j’étais Ayla du Clan de l’Ours des Cavernes...

Anik Buhlmann
March 7, 2012
07h03
(photo: Forest and Kim Starr)