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A peine plus de huit jours aux affaires et le président François Hollande est déjà interpellé sur la politique migratoire de la France. L’avertissement vient d’Amnesty International qui, à l’occasion de la publication de son rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde jeudi 24 mai 2012, critique les dysfonctionnements de la France notamment sur sa politique à l’égard des migrants, des demandeurs d’asile et des Roms. Pas d’état de grâce, pas de répit, Amnesty International n’a pas l’intention de laisser filer la corde au chapitre des droits de l’homme en France. Dans le viseur de l’organisation non gouvernementale, le sort réservé dans l’Hexagone aux migrants, aux demandeurs d’asile et aux Roms. « Aujourd’hui, nous attendons que François Hollande respecte ses engagements », a rappelé la présidente de l’ONG basée à Londres. « Nous sommes plutôt optimistes mais si les blocages continuent, nous serons là pour les dénoncer », a averti Geneviève Garrigos.
Violation du droit de circuler (...)
A un mois du sommet sur le développement durable Rio+20, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a mis vendredi un veto partiel à une loi controversée réclamée par le puissant secteur agricole mais qui, selon les écologistes, risquait de provoquer une vague de déforestation en Amazonie.
Diaporama - Dis, c'est quoi cette bouteille de lait ? Depuis le 15 mai, le musée des Arts et Métiers de Paris présente sa collection printemps-été dédiée à l'emballage alimentaire, du design au recyclage en passant par les innovations techniques.
Comme chaque 22 mai, les Nations unies dédient une journée à la conservation des écosystèmes. Les protecteurs de la nature se mobilisent.
Diaporama
La grève étudiante que connait le Québec est l’une des plus longues et des plus rassembleuses de l’histoire de la région. Les étudiants sortent dans la rue pour lutter contre la hausse des frais de scolarité universitaires. Et forcément, cela met Twitter en émoi.
Pour lutter contre une forte hausse de leurs frais de scolarité, les étudiants québécois ont recours à une méthode qui semble décidément très francophone : la manifestation de rue et la grève universitaire.
"Crions plus fort pour que personne ne nous ignore" Le gouvernement Charest est à l’origine d’une nouvelle hausse des frais de scolarité puisque qu’au Canada, l'éducation est une compétence exclusivement provinciale depuis une loi constitutionnelle de 1867. Mais la hausse prévue est importante car elle prévoit une évolution des frais de 2 168 dollars canadiens (1600 euros) en 2012 à 3793 dollars canadiens (environ 2900 euros) en 2017. Cela représente une augmentation de presque 75% en seulement cinq ans. Pour la comparaison, les frais de scolarité en université en France oscillent généralement entre 150 et 250 euros selon l’année d’enseignement.
Les étudiants québécois ont donc décidé d’entamer une grève universitaires et des manifestations de rues. Le mouvement a officiellement débuté le 13 février 2012 et continue encore aujourd’hui. Chaque soir, des marches nocturnes sont organisées dans les rues de Montréal et les grévistes peuvent également prendre part à des évènements de plus grande ampleur. Le 22 mars 2012, ce sont donc près de 200 000 étudiants qui ont défilé en scandant "Crions plus fort pour que personne ne nous ignore.
"Tout nu chaque soir jusqu’à la victoire" (...)
L'avenir de la raffinerie Petroplus en Normandie est l'un des dossiers dont hérite le nouveau président français, François Hollande. Dans un contexte où le raffinage en Europe et aux Etats-Unis se porte un peu mieux, mais peut-être pas pour très longtemps...
L'Agence internationale de l'énergie a tiré la sonnette d'alarme tout récemment. Les capacités de raffinage de part et d'autre de l'Atlantique risquent de redevenir trop importantes dans les mois qui viennent, et donc de précipiter à nouveau cette industrie dans la tourmente.
Depuis 2010, où le marché de l'essence en Europe s'est retrouvé fortement excédentaire, les fermetures de sites se sont multipliées. Total a condamné sa raffinerie de Dunkerque ; Petroplus, en faillite, a fermé ou mis à l'arrêt ses quatre usines européennes, en attendant de trouver repreneur... Aux Etats-Unis, ConocoPhilips a aussi arrêté ses unités de la côte est. En janvier dernier, les capacités de raffinage des Etats-Unis et de l'Europe étaient réduites au minimum, elles avaient fondu d'un million et demi de barils par jour. C'est ce qui a permis aux marges de raffinage, cotées aux Etats-Unis, de rebondir, puisqu'elles ont doublé depuis l'an dernier.
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Sur 1,6 million de barils de supprimés, 1,3 million pourraient être recréés... Un quasi-retour à la situation antérieure du raffinage dans la zone atlantique, zone morose en termes de consommation. Parallèlement, des capacités supplémentaires sont créées à tour de bras en Asie et au Moyen-Orient, là où les besoins en produits pétroliers sont les plus forts et où les contraintes environnementales sont beaucoup moins strictes qu'en Europe. Les industries pétrolières viennent d'ailleurs de plaider pour un infléchissement de Bruxelles dans ce domaine.
Que l'on parle de vidéosurveillance, de fichage biométrique dans les passeports, d'échanges de données personnelles entre les pays, de filtres mis en place sur Internet, de scanneurs corporels qui vous mettent à nu dans les aéroports, ou de sociétés de renseignements économique qui fichent l’ensemble de la population suisse et bien d'autres réalités de notre époque, nous entendons très souvent l’argument suivant : « mais pourquoi vous plaignez vous, si vous n’avez rien a cacher, vous n’avez rien a craindre ! » Il faut bien attraper tous ces criminels !
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Mardi 15 mai 2012, François Hollande s'installe à l'Elysée. En guise de bienvenue, l'Association des paralysés de France (APF) lui a rédigé un petit message d'accueil, histoire de ne pas se faire oublier... Elle tient à y souligner ses attentes et priorités. Alors qu'elle considère que le handicap a été absent des débats de la campagne électorale, elle rappelle qu'il est urgent d'engager, dès le début de ce quinquennat, des mesures répondant aux situations dramatiques vécues par des personnes en situation de handicap et leur famille. L'APF demande donc au président de la République d'impulser et de préciser la feuille de route qu'il entend donner au gouvernement en matière de politique du handicap, et cela en s'inscrivant dans les orientations de justice sociale et d'égalité prônées par le candidat. Mais pour mâcher le travail au nouvel élu, aux nouveaux nommés, l'APF ne se contente pas de revendiquer, elle sait aussi proposer. Voici donc quelques chantiers urgents qui, selon elle, sont à mener...
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Fâchés avec l'école, mais passionnés d'informatique, ces jeunes trouvent un métier grâce à la webacadémie ! Cette filière, pionnière en France, est basée à Ivry en région parisienne. La promotion - près de 50 élèves - travaille dans les locaux d'une grande école d'ingénieurs, Epitech. Ces férus d'informatiques ont des cours adaptés, souvent d'anciens élèves qui ne donnent aucune leçon théorique. Tout est basé sur la pratique.
L'urbanisation du monde se fait aujourd'hui sous le signe du numérique et la connectivité est désormais une fonction urbaine fondamentale. Mais à quoi ressemblera la ville 2.0 ? Essayons d'en explorer les contours réels… et virtuels, dans tous les sens du terme.
Voyage à New Songdo City Ici, même les canettes jetées à la poubelle sont tracées. Système généralisé de visioconférence, caméras sur les routes et devant les édifices, lecteurs de plaques d’immatriculation pour contrôler les entrées et les sorties des véhicules, capteurs visant à réguler le trafic automobile… Toute information peut y être collectée, traitée et utilisée par un ordinateur central, pour proposer des services à la population qui interagit sur son territoire. Par exemple, les habitants peuvent user d’une même carte à puce pour ouvrir leur appartement, verrouiller leur voiture ou payer au supermarché. Ils peuvent aussi utiliser leur ordinateur pour consulter un médecin, suivre un cours de yoga ou régler des démarches administratives à distance. Ces services en ligne, en permettant de réduire les déplacements, s’inscrivent dans une démarche de durabilité, tout comme l’énorme système de récupération des eaux de pluie. (...) Via Audrey Bardon
VENDREDI SOIR À AUSTIN, capitale du Texas. Des dizaines de bars musicaux du centre-ville se préparent à faire la fête toute la nuit. Sur les trottoirs, les rabatteurs crient et gesticulent pour attirer les clients, qui se laissent convaincre, un peu au hasard. A 3 kilomètres de là, dans un restaurant chinois, une bande de jeunes hommes, des touristes venus de la Côte est, ont recours à une méthode plus scientifique pour décider où ils passeront la soirée. Avec leurs smartphones, ils se connectent sur l'application SceneTap, qui leur fournit des informations en temps réel sur vingt-cinq bars de la ville. Ainsi, pour The Library : "Remplissage : 20 %. Ambiance : calme. Age moyen des clients : 29 ans. Hommes : 40 %, femmes : 60 %." Pas trop de monde, s'ils se dépêchent, ils trouveront une table libre. Pour le bar voisin, le 512, SceneTap affiche un message différent : "Remplissage : 50 %. Ambiance : animée. Age moyen : 27 ans. Hommes : 67 %, femmes : 33 %. Ce soir, la bière est à 1 dollar." Le choix est délicat. The Library a un avantage évident : il y a plus de femmes que d'hommes, pour le moment. Au 512, ce n'est pas le cas, mais la fête a déjà commencé. Au sein du groupe de touristes, c'est la scission, chacun choisit son bar en fonction de ses priorités du moment.
Malgré son nom, The Library ("la bibliothèque") est un lieu bruyant, où il n'y a rien à lire, sauf la liste des cocktails. L'équipe de SceneTap vient de terminer l'installation de son système : à première vue, rien de spectaculaire, deux caméras de surveillance reliées à un ordinateur posé dans un coin. La première, accrochée au-dessus de la porte, compte les entrées et les sorties, pour calculer le taux de remplissage de la salle. La seconde filme les clients, puis transmet la vidéo à l'ordinateur, qui se charge de repérer chaque visage humain, et de "l'extraire". Ces images sont aussitôt envoyées vers un serveur couplé à une base de données contenant près de 500 000 visages - des volontaires anonymes, hommes et femmes de tous âges et de toutes races. Ce catalogue a été créé par la société Intel, numéro un mondial du microprocesseur, qui la revend à présent aux start-up comme SceneTap. Le serveur informatique compare les visages provenant du bar à ceux de la base de données et détermine leur sexe et leur âge. Puis il calcule les pourcentages et affiche les résultats sur l'application.
Le fondateur de SceneTap, Marc Doering, affirme que ses logiciels sont quasi infaillibles : "Nous étudions la texture de la peau ainsi que la forme et la taille de chaque partie de la tête. Par exemple, le nez et les oreilles continuent à grandir tout au long de la vie, pour nous c'est très utile. Pour l'âge, la marge d'erreur est de moins de trois ans dans 80 % des cas. Pour le sexe, nous sommes fiables à 95 % quand la lumière est bonne, et 85 % dans la pénombre. Cela nous suffit, d'autant que nos algorithmes s'améliorent eux-mêmes sans cesse..." (...)
Dimanche 6 mai 2012, Claude Guéant a fait publier un décret de la loi LOPPSI 2 fusionnant le STIC policier (système de traitement des infractions constatées) avec le JUDEX de la gendarmerie (système judiciaire de documentation et d'exploitation). Cet énorme fichier désignera les personnes soupçonnées, mais également leurs victimes, le tout sur plusieurs décennies. Il sera en outre couplé à un dispositif de reconnaissance faciale permettant d’exploiter les visages captés par vidéosurveillance. Comme l’a mentionné la CNIL, on peut y trouver aussi les « origines raciales ou ethniques », ainsi que les opinions politiques, syndicales, philosophiques et religieuses, de même que des données relatives à la santé et à la vie sexuelle. Mardi 8 mai, c’était au tour du fichier d’analyse sérielle d'être créé par décret (voir le texte). Il permet aux enquêteurs d’aspirer, comparer et exploiter dans un seul fichier tout l’environnement d’une infraction, pour peu qu’elle soit punie d’au moins 5 ans d’emprisonnement. Le mécanisme est très large puisque ce fichier peut être alimenté par les appels téléphoniques, mais aussi les logs ou toutes les activités sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter dans le périmètre de l’infraction. Des sources ouvertes, donc, ou fermées comme les IP, numéros de téléphone, données détenues par les FAI. (...)
Le parti néo-nazi grec menace une journaliste de mort | Institutions | L'Europe avec EurActiv FranceLe parti néo-nazi Chryssi Avgi (Aube dorée) a remporté 6,97 % des votes et 21 sièges au parlement grec lors des élections législatives de ce dimanche.
Cette formation politique a proféré des menaces de mort à l'encontre de Xenia Kounalaki, rédactrice du département d'actualité étrangère du journal grec Kathimerini, un des plus importants du pays. Ces menaces ont déclenché une série de réactions quant à la résurgence de l'extrême droite.
"Kommt Rat"
Le 12 avril dernier, Mme Kounalaki a rédigé un article d'opinion, dans lequel elle a affirmé que les médias grecs devraient ignorer Chryssi Avgi, dont elle a qualifié les membres de brutes nazies. Selon elle, le parti n'aurait pas dû être autorisé à participer au scrutin. La réponse de Chryssi Avgi ne s'est pas fait attendre : un article de 2500 mots révélant de nombreux détails de la vie personnelle et professionnelle de Mme Kounalaki et mentionnant sa fille sans raison apparente a été publié sur le site Internet du parti. « Kommt Zeit, kommt Rat, kommt Attentat! », a écrit l'auteur anonyme de cet article. Toute personne comprenant l'allemand, comme Mme Kounalaki (née à Hambourg), sait qu'il s'agit d'une menace de mort à peine dissimulée. « Je ne pense pas qu'ils se montreront violents avec moi physiquement et je n'ai pas peur d'eux. Mais le fait que bon nombre de mes amis et collègues, et même la police grecque, m'aient conseillé d'arrêter d'écrire des articles contre eux pour l'instant est une première victoire pour les membres de Chryssi Avgi. C'est l'objectif de leur campagne de peur. Pousser les journalistes à les laisser tranquilles et à écrire sur d'autres sujets », a expliqué Mme Kounalaki à EurActiv.
L'UE tarde à réagir (...)
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Les agriculteurs américains ont l'impression d'avoir été floués par les semenciers qui leur avaient dit qu'avec les OGM résistants aux herbicides ils n'auraient plus jamais de problèmes avec les mauvaises herbes
Aux États-Unis, des millions d'hectares sont infestés par des plantes sauvages résistantes au Roundup, l'herbicide produit par Monsanto.
L'Académie américaine des sciences organisait le 10 mai un sommet sur les plantes génétiquement modifiées résistantes aux herbicides. Une réunion de crise. Les agriculteurs américains ont l'impression d'avoir été floués par les semenciers qui leur avaient dit qu'avec les OGM résistants aux herbicides ils n'auraient plus jamais de problèmes avec les mauvaises herbes. Il leur suffisait de pulvériser du glyphosate - une molécule créée par Monsanto aujourd'hui dans le domaine public - pour être tranquilles. Un seul passage était nécessaire pour tout détruire sauf les cultures dotées d'un gène de résistance. Les agriculteurs ont bénéficié de ce système au début: les rendements étaient meilleurs, le temps de travail et les coûts réduits. Aujourd'hui, ils déchantent. Les mauvaises herbes deviennent résistantes elles aussi au Roundup, elles se multiplient très vite et envahissent les champs de soja, de maïs, de coton et de colza. Près de 8 millions d'hectares sont d'ores et déjà infestés. «Avec les herbicides, il se passe la même chose qu'avec les antibiotiques. À les utiliser trop souvent et systématiquement, ils perdent leur efficacité car les plantes développent des résistances», explique Xavier Reboud, de l'Inra de Dijon. La crise actuelle ne le surprend pas ; il l'attendait même plus tôt. Les OGM ont fait exploser la consommation de glyphosate: elle est passée dans les champs de maïs de 1,8 million de tonnes en 2000 à 30 millions de tonnes l'an dernier. Chaque année, de nouvelles plantes sauvages développent des résistances. Leurs mécanismes de défense sont efficaces et, une fois sélectionnés, ils sont transmis à leur nombreuse descendance. L'organisation internationale chargée de leur contrôle (ISHRW) a déjà recensé 23 espèces sauvages résistantes. «Mais ce chiffre sous-estime le problème car il ne prend en compte que les plantes résistantes à une dose quatre fois supérieure à celle couramment appliquée, explique Bill Freese, du Centre américain de sécurité alimentaire, dans une interview à la revue The Scientist. Quantité d'autres mauvaises herbes tolèrent des doses plus basses de glyphosate et ce sont elles qui ont un gros impact dans les cultures.» Il y en aurait en fait plus de 380, selon Harold Coble, du ministère américain de l'Agriculture. En Alabama, l'amarante de Palmer, une grande plante buissonnante qui pousse très vite et produit des millions de graines minuscules, infeste 80 % des champs de coton OGM et 61 % des champs de soja OGM. Le préjudice pour les agriculteurs est estimé en tout à 82 millions de dollars.
Graves conséquences (...)
Selon un nouveau rapport publié conjointement par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de nombreux Roms continuent à faire l'objet de discriminations et d'exclusion sociale dans l'ensemble de l'UE. La situation des Roms est généralement moins bonne que celle des non-Roms vivant à proximité. Le rapport est basé sur deux enquêtes sur la situation socioéconomique des Roms et des non-Roms vivant dans des environnements proches dans 11 États membres de l'UE et dans des pays européens voisins. « Les résultats de ces enquêtes dressent un tableau sombre de la situation actuelle des Roms dans l'ensemble des 11 États membres de l'UE étudiés », déclare Morten Kjaerum, directeur de la FRA. « Les discriminations et l'anti-tsiganisme persistent. Les résultats montrent qu'une action rapide et efficace est nécessaire, notamment pour améliorer l'éducation des Roms. Cet élément est essentiel pour libérer leur potentiel futur et donner aux jeunes Roms les compétences dont ils ont besoin pour échapper au cercle vicieux de la discrimination, de l'exclusion et de la pauvreté. » Le rapport révèle que dans les 11 États membres de l'UE étudiés, où vit l'écrasante majorité des citoyens roms de l'UE, la situation des Roms dans les domaines de l'emploi, de l'éducation, du logement et de la santé est en moyenne moins bonne que celle des non-Roms vivant à proximité. Les Roms continuent de subir des discriminations et ne sont pas suffisamment conscients des droits qui leur sont garantis par la législation de l'UE. Voici quelques-uns des principaux constats: seulement 15 % des jeunes Roms adultes interrogés ont achevé un enseignement secondaire supérieur, général ou professionnel, contre plus de 70 % de la population majoritaire vivant dans un environnement proche ; en moyenne, moins de 30 % des Roms interrogés ont un emploi salarié ; environ 45 % des Roms interrogés vivent dans des logements dépourvus d'au moins une des commodités suivantes : cuisine, toilettes, salle de douche ou de bain privatives, électricité ; en moyenne, environ 40 % des Roms interrogés vivent dans un ménage dont un membre s'est privé de manger au moins une journée au cours du mois écoulé par manque de moyens pour se procurer de la nourriture.« Le partenariat constitué par quatre organisations internationales [la FRA, le PNUD, la Banque mondiale et la Commission européenne] dans le cadre de cette étude émet un message fort : les difficultés rencontrées par la population rom sont d'une telle gravité qu'elles nécessitent une réaction concertée. Cette publication montre qu'une telle approche commune et concertée est possible et qu'elle donne des résultats », affirme Andrey Ivanov, haut conseiller politique du PNUD chargé du développement humain et de l'inclusion des Roms. Les enquêtes ont permis de documenter la situation sur le terrain. Les résultats fournissent aux responsables politiques les éléments nécessaires à l'élaboration de mesures politiques efficaces pour remédier à la situation. Les résultats des enquêtes ont été intégrés à la communication de la Commission européenne sur les Roms, qui sera également présentée à Bruxelles le 23 mai 2012. Veuillez trouver ici le rapport: 'The situation of Roma in 11 EU Member States - Survey results at a glance' (La situation des Roms dans 11 États membres de l'UE) Interview vidéo avec FRA expert sur des questions concernant les Roms, Michail Beis: (...)
Au lendemain d’arrestations massives à Montréal et à Québec, des milliers de mécontents bravent une nouvelle fois l’interdit ce soir en prenant la rue — serrant fermement casseroles et cuillers de bois — sans avoir fait connaître leur itinéraire aux forces de l’ordre à l’avance. Dès le début de la soirée, l’action se divisait dans plusieurs quartiers de Montréal, notamment dans Villeray, Rosemont, Notre-Dame-de-Grâce et à Outremont, où des jeunes filles scandaient : « Les citoyens sont en colère, hourra, hourra ! » Autour de 21 heures, deux regroupements de plusieurs milliers de manifestants se sont rejoints au coin des rues Saint-Denis et Saint-Zotique. Une seule voiture de police était visible. Comme hier, la manifestation nocturne quotidienne qui s’ébranle chaque soir à partir du parc Émilie-Gamelin à Montréal a été déclarée illégale avant même de commencer, vers 20 h 30, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’ayant pas reçu de trajet préétabli. Les policiers ont indiqué aux manifestants qu’ils ne toléreraient aucun méfait et que si une sirène retentissait, ils devraient partir sur-le-champ, sans quoi ils seraient arrêtés. Le journaliste du Devoir présent sur place ne l’a toutefois pas entendue, comme plusieurs protestataires et autres casseroleux. (...)
La mobilisation des étudiants à Montréal au Québec ne faiblit pas. De nouvelles manifestations sont prévues ce mardi 22 mai. Le vote d’une loi spéciale qui restreint le droit de manifester a même renforcé la mobilisation. Aujourd’hui, le mouvement célèbre son 100e jour de mobilisation. Rendez-vous est pris sur la place des festivals dans le centre de Montréal à 14h, mais cette fois les étudiants seront rejoints par les syndicats et les associations de défense des droits civiques.
Loin de l’affaiblir, la loi 78 renforce le mécontentement
Tous protestent contre la loi 78, cette loi spéciale votée vendredi par le gouvernement qui contraint à déclarer le parcours des manifestations huit heures à l’avance et interdit les rassemblements bloquant l’accès aux établissements scolaires. Les organisateurs s’exposent désormais à une amende de 25 000 à 125 000 dollars. Les manifestants risquent eux entre 1 000 et 5 000 dollars. Les associations étudiantes dénoncent donc « une criminalisation du droit de manifester » et appellent à la désobéissance civique. Le syndicat la Classe (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante) a pris la tête de la fronde. Un recours contre le texte doit être déposé prochainement devant les tribunaux. « Si obéir à cette loi (spéciale) injuste équivaut à renoncer à nos droits, nous ne le ferons pas », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, l'un des porte-parole du syndicat. « Si ces pratiques nous valent des poursuites pénales, nous ferons face à ces poursuites ». Le syndicat a également lancé un site internet en forme de pétition où il invite les internautes à publier leur photo avec la mention « je désobéis à la loi 78 ».
Les syndicats étudiants engagent le bras de fer politique
Les représentants étudiants déclarent avoir refusé de transmettre aux forces de l'ordre l'itinéraire de la manifestation qui se tiendra cet après-midi, même si elle est prévue de longue date. Si c’est le cas, la marche sera donc illégale, comme toutes celles qui se sont tenues depuis vendredi dernier. Dimanche soir, de violents affrontements entre étudiants et policiers ont fait une dizaine de blessés dont un grave. Trois cents personnes ont été interpellées. La photo d’un manifestant blessé au visage et des vidéos montrant des policiers arrosant les manifestants de gaz lacrymogènes ont fait le tour des réseaux sociaux, élément indispensable des mobilisations. Sur Twitter, les manifestants battent le rappel grâce au hashtag.
Vers un fléchissement des autorités ? (...)
Etudiants étrangers: le retrait de la "circulaire Guéant", première mesure de Fioraso
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a annoncé lundi que sa première mesure serait de demander le retrait de la "circulaire Guéant" sur les étudiants étrangers. "C'est une urgence. C'est une urgence en termes humains, mais aussi en termes de rayonnement et de partage de la connaissance", a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse au siège du CNRS à Paris. Le Collectif du 31 mai, regroupant des étudiants étrangers victimes de la "circulaire Guéant", avait adressé la semaine dernière un courrier de "félicitations" au président François Hollande qui avait promis d'abroger rapidement cette circulaire. La circulaire du 31 mai 2011 de l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, restreignant la possibilité pour des diplômés étrangers d'obtenir un statut de salarié après leurs études, avait provoqué une levée de bouclier notamment dans les universités, mais aussi des réserves au sein du patronat. Le texte contesté demandait aux préfets d'instruire "avec rigueur" les demandes d'autorisation de travail des étudiants et d'exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Une nouvelle circulaire adoptée le 12 janvier a assoupli théoriquement les conditions pour les diplômés étrangers voulant travailler en France.
Olivier Galland, sociologue, est directeur de recherche au CNRS, président du comité scientifique de l'Observatoire de la vie étudiante. Il dresse le portrait de ces jeunes, libres mais adultes sur le tard, dont le nouveau chef de l'Etat fait sa priorité.
La jeunesse est une priorité de François Hollande. Est-il si urgent de s'occuper d'elle ? Les jeunes croient en leur propre avenir, pas en celui de la société. C'est le défi auquel sont confrontés les responsables politiques. Leurs réponses ne devront pas être trop générales car elles laisseraient de côté une partie de la jeunesse qui, défavorisée, en échec scolaire et sans porte-parole, est déjà laissée à l'abandon. Il faut se garder, en effet, de l'idée qu'il existerait en France une jeunesse partageant un destin commun et homogène.
Le tableau est sombre, mais les jeunes n'ont-ils pas, par bien des aspects, une vie meilleure que celle de leurs parents ? Ces dernières années, un mythe s'est développé autour de l'idée de déclassement générationnel. Or les jeunes font des études toujours plus longues ; ils occupent plus souvent qu'auparavant des postes de cadres ; leurs salaires augmentent... La structure sociale du pays s'élève : il y a davantage de cadres et moins d'ouvriers. Cette tendance durable est favorable aux jeunes, à l'exception notable des crises économiques qui les affectent toujours plus durement. Ils sont aussi plus libres que ne l'étaient leurs aînés. On est loin du modèle éducatif tutélaire de l'après-guerre et de la tension qui existait entre les générations autour des valeurs. Dans les années 1980, les enquêtes sociologiques révélaient encore un clivage de valeurs entre les personnes âgées de moins de 40 ans et celles âgées de plus de 40 ans. Il s'est aujourd'hui déplacé à 60 ans. Une grande classe d'âge allant de 18 à 60 ans partage donc les mêmes valeurs, notamment en ce qui concerne la liberté dans ses choix. Il est par exemple fascinant de constater l'accroissement de la tolérance vis-à-vis de l'homosexualité dans la société française depuis trente ans. Les jeunes ont également gagné, grâce aux nouvelles technologies notamment, une grande autonomie dans la gestion de leurs relations amicales, et ce, de plus en plus précocement. Les collégiens ne sont plus des enfants. Les parents n'ont plus de prise. Il en résulte une inflexion du modèle de socialisation des jeunes. Il était vertical (soumis à l'autorité de parents, prescripteurs de valeurs), il devient horizontal : les jeunes construisent leurs valeurs à l'intérieur du groupe des pairs, sans contrôle parental. Bref, les valeurs s'homogénéisent, mais un clivage culturel se développe. Ce qui est d'ailleurs inquiétant dans la mesure où cette culture jeune, fondée sur la communication, l'oral, l'horizontalité, s'éloigne de plus en plus de celle qui prévaut toujours à l'école. Mais, du point de vue de la famille, les jeunes acquièrent ce que le sociologue François de Singly appelle une "identité clivée" : les parents leur demandent de réussir à l'école, mais les laissent libres pour le reste. C'est le compromis. Et le modèle français d'entrée dans la vie adulte a permis à cette conception d'autonomie de prospérer.
Ce modèle n'en reste pas moins marqué par la dépendance financière et le chômage. (...)
Quelle est la nature de la “mouvance” citée par la police, à laquelle appartiendraient les prévenus qui comparaissent depuis lundi à Paris? Le tribunal s’est concentré ce mercredi sur des tentatives de définition hasardeuses.^
Tout tourne autour d’une absente au procès des six personnes accusées d’association de malfaiteurs “en vue de la préparation d’actes de terrorisme”. Sans cesse évoquée, jamais définie, objet de prises de bec à l’audience, “la mouvance anarcho-autonome francilienne” (parfois abrégée en MAAF) constituerait pour l’accusation le cadre dans lequel évoluent les prévenus, leur point de rendez-vous commun et leur matrice idéologique.
S’ils acceptent tant bien que mal l’étiquette “contestataire”, “anticapitaliste” voire “anarchiste” ou “communiste”, sans appartenir à aucune organisation, aucun d’eux ne se réclame de cette “mouvance anarcho-autonome” apparue pour la première fois dans un rapport des renseignements généraux au début des années 2000 et popularisée par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, qui y voyait une sorte de résurgence-croupion d’Action directe. L’expression a été largement reprise depuis, avec ou sans guillemets, par des PV de police et des articles de presse. Elle a aussi été appliquée aux mis en examen de Tarnac.
Incompréhension
Les débats de mercredi, tout en abordant de manière un peu plus précise l’idée des policiers sur ceux qu’elle implique, n’ont fait que creuser l’incompréhension entre le tribunal et les prévenus. La présidente, qui avait préalablement regretté cette absence de définition, donne lecture d’un procès-verbal de police répertoriant les actes attribués par la police à cette “mouvance” en 2007 et 2008. Dégradation de permanences de partis politiques, “appel à l’émeute et à l’insurrection” le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle place de la Bastille, incendie de 27 véhicules la veille, contestation de la construction d’un établissement pour mineurs à Porcheville, contestation des lois LRU (sur la réforme des universités), lutte anticarcérale, dépôt d’un engin incendiaire à HEC où devait se tenir un congrès du Medef, “dégradations par graffitis”, etc.
“Des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et du capitalisme” (...)
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Here’s what happens when corporations begin to control education. “When I approached professors to discuss research projects addressing organic agriculture in farmer’s markets, the first one told me that ‘no one cares about people selling food in parking lots on the other side of the train tracks,’” said a PhD student at a large land-grant university who did not wish to be identified. “My academic adviser told me my best bet was to write a grant for Monsanto or the Department of Homeland Security to fund my research on why farmer’s markets were stocked with ‘black market vegetables’ that ‘are a bioterrorism threat waiting to happen.’ It was communicated to me on more than one occasion throughout my education that I should just study something Monsanto would fund rather than ideas to which I was deeply committed. I ended up studying what I wanted, but received no financial support, and paid for my education out of pocket.” Unfortunately, she’s not alone. Conducting research requires funding, and today’s research follows the golden rule: The one with the gold makes the rules. A report just released by Food and Water Watch examines the role of corporate funding of agricultural research at land grant universities, of which there are more than 100. “You hear again and again Congress and regulators clamoring for science-based rules, policies, regulations,” says Food and Water Watch researcher Tim Schwab, explaining why he began investigating corporate influence in agricultural research. “So if the rules and regulations and policies are based on science that is industry-biased, then the fallout goes beyond academic articles. It really trickles down to farmer livelihoods and consumer choice.” The report found that nearly one quarter of research funding at land grant universities now comes from corporations, compared to less than 15 percent from the USDA. Although corporate funding of research surpassed USDA funding at these universities in the mid-1990s, the gap is now larger than ever. What’s more, a broader look at all corporate agricultural research, $7.4 billion in 2006, dwarfs the mere $5.7 billion in all public funding of agricultural research spent the same year.
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SURMÉDIATISATION Alors que l’activité policière est omniprésente dans les médias, ceux-ci jouent mollement le rôle du quatrième pouvoir, préférant souvent se contenter des clichés.
Sur tous les supports médiatiques, le policier est un héros aimé ou honni dont on s’imagine la vie faite de répression permanente du crime. Dans les journaux, à la télévision, on parle de la délinquance juvénile, de voleurs maghrébins, de dealers ghanéens, du bonneteau... Entre décalage et réalité, la police, et les autorités politiques derrière elle, sait tirer profit de l’intérêt croissant des médias pour en faire ses tribunes de problèmes publics. En contrepartie, les gendarmes doivent rendre les comptes d’une image tronquée. Un mythe qui questionne jusqu’à la perception qu’ils ont de leur propre travail. Ces constats sont ceux du sociologue Michaël Meyer et de son équipe à la base de l’ouvrage collectif Médiatiser la police, Policer les médias1. Ce chercheur de l’université de Lausanne entend lancer la sociologie policière en Suisse avec ce premier recueil d’articles autour de la médiatisation du travail policier. Histoire de faire réfléchir deux univers sur les écueils et les gains de leur interpénétration quotidienne.
Comment expliquez-vous l’emballement médiatique autour du travail policier?
Michaël Meyer: Il est devenu incontournable de raconter les faits sociaux. Comment décrire un fait divers sans faire appel à la police, alors que l’institution charrie toutes les règles de la société? L’intérêt du public a été accru avec l’appropriation de ce domaine par la fiction et les grands reportages. La tendance à l’immersion – comme le journalisme embarqué – a commencé aux Etats-Unis à la fin des années 1980 avec l’émergence d’émissions comme Cops. Les records d’audience du sujet ne sont pas passés inaperçus des producteurs de contenus médiatiques.
Quel est l’intérêt pour la police de s’ouvrir aux médias?
La mise en spectacle du travail policier est vue par l’institution comme un levier efficace de recrutement et de faire-valoir. Mais elle agit également dans une stratégie de transparence. J’appelle ça la «redevabilité» de la police, en termes d’usage de la force, de répartition du budget et de résultats. Dans ce contexte, il ne suffit plus simplement d’exécuter le travail pour le légitimer.
Raison pour laquelle la police a professionnalisé sa communication...
Pas seulement. Au milieu des années 2000, les services de presse subissent une surcharge de demandes médiatiques, surtout factuelles, due à la vague des journaux gratuits et l’explosion du web en Suisse romande. Les premiers communicants nés dans les années 1980, des cadres de la police, sont dépassés. Du coup, la logique passe de réactive à proactive. L’institution fait appel à des professionnels, dont d’anciens journalistes.
Peut-on espérer un contrôle démocratique accru sur le fonctionnement de la police grâce à sa très forte médiatisation? (...)
Construire le consensus et apaiser les relations, entreprendre de se connaître, privilégier le dialogue, maîtriser ses émotions : autant de vertus aujourd’hui recommandées dans l’entreprise comme dans la vie privée. Est-ce parce qu’elles incarnent un comportement idéalement adulte, ou parce qu’elles favorisent une meilleure rentabilité de l’individu ?
« Un réveil sonne. Dans son appartement de New York, Michael Galpert, 28 ans, entrepreneur du Net, saute de son lit. Il retire le bandeau qui enregistre, pendant la nuit, ses ondes cérébrales et étudie la courbe des phases de son sommeil. Il gagne la salle de bains, mesure son poids et sa masse musculaire avec un instrument numérique qui met les données en ligne. » Plus tard, M. Galpert s’installe à son bureau. « Un Britannique déroule un graphique de douze pieds [3,65 mètres] identifiant les fluctuations de son humeur au cours de l’année précédente. (…) Déplacement, sueur, caféine, souvenirs, stress, sexe et rencontres : tout peut être rapporté à une statistique. Et si l’instrument nécessaire n’est pas encore inventé, il le sera très certainement dans les prochaines années » (1). Y compris pour l’âme. Décrit par le Financial Times, cet archétype de l’homme moderne considère que son propre « moi » ne relève pas de l’inconnaissable ou de l’infini, mais d’un ensemble de forces matérielles, chimiques, susceptibles d’être mesurées et contrôlées, à l’aune d’un modèle abstrait de « normalité ». La pensée prémoderne avait une autre conception de l’humain : elle postulait souvent l’existence de l’âme, « supérieure » au corps, insondable, éternelle, liée au divin ; ce qui sera exprimé avec une grande force par le christianisme. Celle-ci est alors conçue comme infinie, mais susceptible d’être perturbée par ce qu’on nomme les passions, c’est-à-dire les sentiments, les humeurs, les affections ; en bref, tout ce qui échappe à la raison et à la volonté. Le christianisme les identifie parfois aux sept péchés capitaux, dont on pouvait se purifier par des actes de pénitence. Les passions prenaient place dans une conception morale de l’individu, et l’apprentissage du contrôle des émotions relevait de la formation générale des membres de la communauté des humains, qui édictait ou combattait une vision du bien et du mal, du salut et de la damnation. Ce glissement des passions de l’âme aux émotions définies comme une série d’éléments manipulables participe de ce que le sociologue Max Weber appelle le « désenchantement du monde », la perte de la foi, la vacance du sens, qui pourraient bien être l’une des caractéristiques de notre temps : la rationalisation de la vie par les institutions de la science et de la technologie, qui abrogent le « mystère » en réduisant le monde à une série d’objets de connaissance, et par la logique propre à l’économie de marché, qui requiert de mettre sa vie intérieure en accord avec son intérêt personnel. Tout ce qui n’est pas censé concourir au profit immédiat est alors déconsidéré et jugé inutile. Mais la richesse émotionnelle pourrait faire contrepoids à ce désenchantement, en offrant la possibilité de donner un sens au vécu dans sa totalité, et de s’y engager avec passion. C’est là ce que pensait Weber. Il n’avait pas prévu la puissance des mouvements qui, après la première guerre mondiale, et plus nettement encore après la seconde, entendraient rationaliser jusqu’aux émotions (2). (...)
Aux Etats-Unis, quoiqu’il soit impoli de parler politique en société, il est d’usage d’afficher ses préférences électorales dans son jardin. Dès janvier, les panonceaux avaient commencé à pousser sur les pelouses devant les maisons : « Votez contre (ou pour) l’amendement n°1. »Le texte, entériné en septembre 2011 par la législature républicaine de la Caroline du Nord, était en apparence d’une limpidité parfaite : « Le mariage entre un homme et une femme est la seule union domestique légale reconnue dans cet Etat. »
Fin des assurances médicales pour les partenaires en union libre Sans ambiguïté, vraiment ? Oui, en ce qui concerne les gays, ça ne pouvait pas être plus clair : pas de mariage, jamais. Mais qu’allait-il se passer pour les dizaines de milliers de concubins, hétéros ou gays, qui bénéficient aujourd’hui de l’assurance médicale de leur compagne ou compagnon ? A qui les hôpitaux accordent aujourd’hui des droits de visite familiaux ? Et quid des femmes battues par leur partenaire, qui, aujourd’hui, sont protégées par la loi sur les familles ? Et des seniors qui se sont remis en couple après un divorce ou un veuvage, qui s’épaulent pour les démarches administratives en étant reconnus partenaires ? Si le mariage est la seule union reconnue par la loi, alors toutes les autres situations d’usage – union libre sanctionnée ou non par un contrat – deviennent illégales. Et même si les initiateurs de cet amendement ne prônent pas la chasse ouverte au concubinage, il est évident que le texte aura des répercussions tragiques et immédiates. Aux côtés des associations LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), qui ont le triste privilège d’être bien rodées au combat contre ce type de référendum, tout un pan de la société civile de Caroline du Nord s’est mis en branle. A commencer par les associations de gauche habituelles, défendant entre autres les droits des minorités et des femmes.
La religion transcende les clivages politiques Sauf que des clivages inattendus ont surgi. A cause de la religion. De la Bible, de la « parole » de Dieu. (...)
Le niveau global d’éducation s’est amélioré en France mais en revanche nous sommes toujours dans le peloton de tête des pays de l’OCDE, voire les premiers, pour l’inégalité et l’élitisme que sécrète notre système scolaire. Le point de vue de Pierre Cahuc , Stéphane Carcillo , Olivier Galland et André Zylberberg. Extrait de "La machine à trier".« Le niveau monte mais les écarts se creusent » écrivaient Christian Baudelot et Roger Establet en 1989. Depuis lors, le niveau a encore monté mais les écarts se sont encore creusés. Le niveau global d’éducation s’est effectivement amélioré en France, mais guère plus que dans les pays de l’OCDE comparables. La plupart des comparaisons internationales nous situent dans une zone moyenne. En revanche, nous sommes toujours dans le peloton de tête, voire les premiers, pour l’inégalité et l’élitisme que sécrète notre système scolaire. (…) La cause profonde réside dans la façon dont est conçue dans notre pays la transmission du savoir. L’école française accueille tout le monde mais trie sans discontinuer l’élite du plus grand nombre qu’elle s’avère incapable de faire progresser. L’échec scolaire a des conséquences directes et délétères sur la relation des jeunes à la société française, sur leur confiance dans les institutions républicaines dont l’école est la première et la plus importante avec laquelle ils entrent en relation.
La fiction égalitaire
Les enquêtes menées tous les trois ans par l’OCDE dans le cadre du « Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves », plus connu par son acronyme PISA , illustrent bien à quel point notre école est devenue une machine à fabriquer une élite en accroissant les inégalités entre les élèves. La dernière livraison de cette enquête s’intéresse particulièrement à la compréhension de l’écrit. En 2009, dans ce domaine, la France se situe dans la moyenne, elle se trouve très proche de pays comme la Suède, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou le Danemark, mais assez loin des premiers du classement que sont la Corée du Sud, la Finlande et Shanghai-Chine. En revanche, la France se caractérise par un écart significatif entre les scores des meilleurs et des moins bons élèves. Notre proportion de bons élèves est plus forte que la moyenne des pays de l’OCDE, mais nos proportions de mauvais élèves et d’élèves en grande difficulté dépassent aussi la moyenne des pays de l’OCDE. En d’autres termes, la France est un pays moyen mais plus inégalitaire que les autres. Ce qui doit inquiéter le plus est le creusement des inégalités au cours de la dernière décennie. Entre 2000 et 2009, la proportion des élèves de 15 ans les moins performants en compréhension de l’écrit est passée de 15% à 20%. Sur la même période, le pourcentage d’élèves les plus performants a légèrement augmenté, passant de 8,5% à 9.6%. Par ailleurs, l’écart des performances entre les élèves les plus faibles et les élèves les plus forts s’est accru, du fait principalement d’une baisse des résultats des élèves les plus faibles : l’iniquité du système éducatif français a donc sensiblement augmenté. (…)
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