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Autre chose ? Oui, à peine. Il s’agit de cet homme, logé à vie rue du Gros-Horloge, y passant ses journées en compagnie d’un chien et d’un lapin. Il est mort (dit-on). Le chien aussi. Si le lapin subsiste, ce sera avec difficulté. L’étrange est de voir l’opinion publique s’emparer de l’objet. En peu d’heures, un deuil rouennais s’est mis en place. Pourquoi ? On n’en sait rien. Parce que c’est triste. Et que ça suffit pour l’être.
Hommes, chiens et lapins meurent chaque jour. Seulement voilà, ce sinistre clochard inspirait. On ne sait quoi, mais c’était assez. Il rassemblait aussi. Il ne faisait pas de mal ai-je entendu. Ça aussi, ça semble suffisant. Comme disait mon marchand de journaux, l’autre matin : Y leur faut pas grand-chose, aux gens. Comment ne pas acquiescer ? Professionnel de la presse, son avis est d’autorité. J’ajoute que cela ne concernait pas ce qui précède.
L’homme se nommait Claude. Dit-on. Sa seule fonction était d’être connu. De dormir et de ne rien faire. Avec chien et lapin. Bref, d’être au monde et d’y rayonner (façon de dire). Comme les saints du paradis. Peut-être priait-il ? Dame, on a ceux qu’on mérite. A dix pas de la cathédrale, entre trois croissanteries et deux soldeurs, avec chien et lapin, ce moderne François d’Assise se chargeait de nos péchés. D’où cette fausse affliction en vue d’une vraie rédemption. Les prêtres se croisent les bras et les clodos font recette. Y voir une des raisons de la démission du pape n’a rien d’excessif.



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