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L'entrée de la prison de Jackson, en Géorgie, le 21 septembre 2011

 

WASHINGTON (AFP)

Sept mois après un sursis de dernière minute, Warren Hill, un condamné à mort américain souffrant de troubles mentaux, doit être exécuté mardi soir en Géorgie (sud-est), alors que les ultimes recours devant la justice sont rejetés les uns après les autres.

Warren Hill, un Noir américain de 52 ans dont 21 passés dans le couloir de la mort pour le meurtre d'un co-détenu, a été déclaré attardé mental par tous les experts l'ayant examiné.

A quelques heures de son exécution, prévue à 19H00 (00H00 GMT) à Jackson, Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis, son sort ne repose plus que sur le bureau des grâces de l'Etat et sur la Cour suprême des Etats-Unis.

A trois heures et demie de l'exécution, la Cour suprême de Géorgie a rejeté l'appel du condamné, selon un bref document dont l'AFP a obtenu une copie. La veille au soir, c'est un tribunal local qui avait refusé cette demande de sursis.

Pourtant, l'affaire a subi un "rebondissement extraordinaire", selon l'avocat Brian Kammer, quand trois médecins qui avaient plaidé pour la Géorgie se sont rangés du côté de tous les experts médicaux en concluant que Warren Hill souffrait de troubles mentaux. La défense espère désormais que le handicap du condamné sera alors suffisamment établi au regard de la loi, particulièrement sévère, de Géorgie.

© Département de la Justice de Géorgie/AFP

Le condamné à mort américain Warren Hill, sur une photo non datée fournie par la justice américaine

En 2002, la Cour suprême américaine a interdit l'exécution d'attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais elle a laissé chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap.

Or la Géorgie est le seul Etat américain qui requiert que le retard mental soit prouvé "au-delà d'un doute raisonnable". Les autres Etats se contentent d'"éléments prépondérants" pour conclure qu'un condamné souffre de troubles mentaux et doit se voir épargner la peine capitale, conformément à la loi.

"Nous sommes profondément déçus", a dit l'avocat Brian Kammer dans un communiqué, car Warren Hill est "une personne avec un retard mental que nous pensons correspondre aux critères de la Cour suprême des Etats-Unis sur la protection des attardés mentaux".

"La Cour suprême des Etats-Unis doit intervenir dans ce cas et empêcher qu'un homme retardé mental soit mis à mort ce soir", a ajouté l'avocat, dont le recours est toujours en cours d'examen par la plus haute juridiction du pays.

Un appel a également été déposé devant le bureau des grâces de Géorgie, afin que la condamnation à mort de Warren Hill soit commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

"L'exécution de M. Hill est prévue aujourd'hui en dépit de preuves claires et incontestées de son retard mental", a déclaré le président Laurel Bellows de l'Association du barreau américain (ABA).

"ABA ne prend pas de position sur la peine de mort en soi, mais s'oppose depuis plus de deux décennies à l'exécution de condamnés souffrant de retards mentaux", poursuit son président, en exhortant la Cour suprême d'arrêter l'exécution et le bureau des grâces d'accorder sa clémence.

Plusieurs organisations et personnalités, dont l'ex-président américain Jimmy Carter et le rapporteur de l'ONU Christof Heyns, mais aussi la famille de la victime elle-même, ont appelé à commuer la condamnation à mort de M. Hill en réclusion à perpétuité.

Si l'exécution est menée à terme, ce sera la deuxième de l'année aux Etats-Unis et la première dans la chambre de la mort de Géorgie depuis le Noir Troy Davis, exécuté il y a un an et demi, malgré de nombreux doutes sur sa culpabilité.

Ce sera aussi la 30e exécution par injection létale en Géorgie, selon les autorités pénitentiaires de l'Etat. C'est d'ailleurs un changement dans le protocole d'exécution qui lui avait valu un sursis en juillet 2012, car Warren Hill doit être le premier condamné à mort de cet Etat exécuté avec l'injection d'un seul produit, le pentobarbital, au lieu de trois produits auparavant.

 

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