Paris : la baisse de l'immobilier ne fait que commencer! - Chronique PrimeView | Rosaelle | Scoop.it

Si partout dans le monde les baisses des prix de l’immobilier ont atteint entre -20% et -60% après une hausse d’une ampleur similaire à ce que la France a connu depuis 15 ans,Paris fait figure d’exception : l’immobilier continue d’y défier la gravité, avec une hausse des prix de +291% en 15 ans et surtout de +33% par rapport au niveau d’avant la crise de 2008. Comment expliquer un tel paradoxe, dans un contexte de stagnation de l’économie et de désolvabilisation avancée des ménages ?

 

Cette anomalie s’explique d’abord par un effet statistique, lié à la nature de l’indice global des prix de l’immobilier pour Paris : en ne prenant pas en considération l’effet volume de transactions, il ignore les pressions baissières déjà à l’œuvre sur certains segments du marché parisien.

Dans le détail, on constate depuis septembre 2011 un ralentissement sensible du nombre de transactions enregistrées dans la capitale, confirmé par les chiffres publiés par la Chambre des Notaires de Paris en novembre, qui font état d’un recul de -19% en glissement annuel au troisième trimestre 2012. Quel phénomène se cache derrière cette inversion de tendance ? La baisse des volumes traduit surtout le fait que les ménages les moins solvables se sont progressivement retirés du marché, rendant les fondations de la hausse des prix de l’immobilier depuis 4 ans très fragiles (le prix actuel n’est plus qu’un prix marginal). En d’autres termes, si l’attractivité actuelle des prix poussait les ménages propriétaires à mettre en vente leurs biens, cela entraînerait immédiatement une correction massive de l’indice de par l’incapacité de la demande à répondre à ce surplus d’offre.

Dans ces conditions, seuls les ménages aux revenus les plus élevés ont pu rester acheteurs d’immobilier à Paris au cours des dernières années, profitant de la baisse massive des taux d’emprunt sur la période. C’est ce qu’illustre bien la distribution des ventes à Paris selon le prix des biens : les transactions supérieures à 500k€ n’ont jamais été aussi importantes qu’aujourd’hui, avec plus de 30% du total en 2011 et 2012. Le maintien d’un marché haut de gamme dynamique a donc influencé le prix moyen de l’immobilier parisien, en masquant les baisses déjà en cours sur les segments de moindre qualité.


Via Alpha Omega 24