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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL SON AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Festival d’Avignon: au menu, des «locomotives» et beaucoup de découvertes

Festival d’Avignon: au menu, des «locomotives» et beaucoup de découvertes | Revue de presse théâtre | Scoop.it

AFP, publié dans Libération

 

Avignon attend de pied ferme la foule des festivaliers: la crise des intermittents qui avait perturbé l’édition 2014 s’est apaisée et la programmation est copieuse, avec des vedettes comme Thomas Ostermeier et Angelin Preljocaj et beaucoup de nouveaux venus.
Quelques jalons parmi les 40 propositions de l’édition 2015 qui ouvre le 4 juillet:

Locomotives

A tout seigneur tout honneur: Olivier Py, directeur depuis l’an dernier, ouvre les festivités dans la Cour d’honneur avec «Le Roi Lear» de Shakespeare (4 au 13 juillet). Cela fait 30 ans qu’il rêve de monter «la pièce absolue». Il l’a retraduite en vers libres pour avoir «un texte au galop». Il s’appuie sur son acteur fétiche, Philippe Girard.

Le chorégraphe Angelin Preljocaj prend sa suite, du 17 au 25 juillet, avec «Retour à Berratham», à partir d’un texte glaçant de l’écrivain Laurent Mauvignier sur le retour au pays d’un jeune homme après la guerre. Sur scène, 3 comédiens et 11 danseurs chercheront à traduire «l’onde vibratoire de la guerre qui perdure dans les corps», explique le chorégraphe.

L’Allemand Thomas Ostermeier installe à l’Opéra théâtre son décor inspiré du «Globe» de Shakespeare pour «Richard III». Le directeur de la Schaubühne de Berlin tient l’affiche pour un record de 11 représentations (6-18 juillet) avec un très grand acteur dans le rôle titre, Lars Eidinger.

Citoyen

Tous les midis, des citoyens d’Avignon, jeunes et vieux, joueront «La République de Platon», feuilleton philosophique d’Alain Badiou dans le jardin Ceccano, sous la houlette des acteurs et metteurs en scène Valérie Dréville, Didier Galas et Grégoire Ingold.

Marathon

Le grand metteur en scène polonais Krystian Lupa, qui n’était jamais venu à Avignon, propose une plongée de 4H20 dans l’univers de l’écrivain autrichien Thomas Bernhardt, avec «Des arbres à abattre», charge rageuse contre les milieux culturels autrichiens (4-8 juillet).

Découvertes

40 des 47 artistes invités cette année au festival n’y sont jamais venus. Parmi eux, de tout jeunes metteurs en scène, Jonathan Châtel («Andreas», d’après «Le chemin de Damas» d’August Strindberg), Samuel Achache («La Fugue», pièce musicale) et Benjamin Porée («La Trilogie du Revoir3», de Botho Strauss) qui pourraient créer l’événement.

La première pièce estonienne au festival d’Avignon, «Ma femme m’a fait une scène et a effacé toutes nos photos de vacances», titille la curiosité. Ene-Liis Semper (34 ans) et Tiit Ojasoo (26 ans), du collectif N°99, ne manquent pas d’humour: ils numérotent leurs pièces de 99 à zéro et prévoient de s’autodissoudre en 2025.

L’Egyptien Ahmed el Attar aime jouer avec les titres: «The last supper» peut être traduit en français par «La Cène». De l’oeuvre de Léonard de Vinci, reste le décor: une grande table et 13 convives: les membres d’une famille bourgeoise cairote réunie peu après le Printemps arabe.

Buenos Aires

Trois Argentins tiennent l’affiche: Sergio Boris, avec «El syndrome» (des élèves en théâtre sont pris d’un mal inconnu à leur arrivée à Buenos Aires), Claudio Tocalchir, avec «Dinamo» (trois personnages en panne cherchent à rebondir), et Mariano Pensotti, avec «Cuando vuelvo a casa, voy a ser otro» (quatre personnages remontent le cours de leur passé à travers des objets ressurgis).

Pépites

Le formidable acteur Olivier Martin-Salvan met son talent burlesque au service d'«Ubu», d’après la pièce de Jarry, un spectacle itinérant à attraper sur la route, dans les quartiers et villages autour d’Avignon, du 7 au 23 juillet.

Le texte brûlant de Kamel Daoud sur la figure de «l’Arabe» tué par Meursault, dans l’Etranger de Camus, est adapté à la scène par Philippe Berling, du 21 au 25 juillet.

Ceinture

Le Festival, qu’Olivier Py souhaitait allonger pour couvrir quatre week-ends de juillet, a rétréci de deux jours et n’ouvrira pas la Carrière de Boulbon, un de ses lieux emblématiques. La raison? Un budget «tendu», après la perte de 240.000 euros due aux 12 représentations annulées du fait de la grève des intermittents l’an dernier.

AFP

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La flamme Thomas Bernhard de Serge Merlin à Krystian Lupa

La flamme Thomas Bernhard de Serge Merlin à Krystian Lupa | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Jean-Pierre Thibaudat pour son blog de Mediapart

 

« Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard, version scénique de Krystian Lupa, Festival d’Avignon à la Fabrica, 15h, du 4 au 8 juillet    

 

Parfois, une photographie d’un acteur au travail porte en elle toute la force du spectacle. Qu’ont l’ai vu, revu, pas vu. C’est le cas de cette photo signée Dunnara Meas où l’on reconnait l’acteurSerge Merlin. La photo a été prise au Théâtre de l’œuvre où l’acteur affrontait la bête de texte qu’est « Extinction » de Thomas Bernhard.  

Des bras armés

Un texte éruptif, vociférant, ruminant, un texte « bernhardien » dit Merlin, et, en cela, prolongeant la plupart de ses autres textes. Mais, dans ce récit de la fin, presque ultime, Merlin voit aussi un « Thomas Bernhard possiblement réconcilié », « les bras ballants, il se laisse aller à la vie » dit-il. Le spectacle mis en scène par Alain Françon et Blandine Masson avait été créé à Paris au théâtre de la Colline en mars 2010, il a été repris au Théâtre d’œuvre pour une série de représentations qui se sont achevées le 24 juin. Que fait là ce micro ? Etait-ce un soir d’enregistrement pour France Culture ?

Regardons la photo. Serge Merlin n’a pas « les bras ballants », il ne peut pas entre être ainsi, sinon le théâtre serait un art pléonastique, un bidouilleur du copié-collé, il ne peut pas laisser ses bras « aller à la vie » en soulignant d’un geste une inflexion de phrase comme on le fait justement dans la vie et comme le font sur scène des acteurs peu exigeants. Regardez ces bras. Ce ne sont pas seulement des bras aimants, des doigts noueux d’amour, ce sont des bras armés, oui, armés d’une force de frappe. Deux machines de guerre à fendre l’air. Chacun son combat. Le bras gauche  prolongé par sa main ouverte veille sur le feu sacré du texte posé sur la table, il s’y chauffe, s’en nourrit, il est au repos avant l’assaut. Le bras droit, lui, est au cœur du combat, poing fermé, il ne frappe pas le front mais, tout en tension, y inocule la rage de dire.

D’un bras l’autre, un double mouvement qui est celui même d’« Extinction ». Difficile de parler calmement des yeux de l’acteur tant ils sont là, ouverts, déterminés à faire peur. Ils ne nous regardent pas. Ils scrutent au loin un chemin invisible où marche Thomas Bernhard. On entre parfois dans un spectacle, par effraction. Et c’est par effraction que la voix inqualifiable de l’acteur nous revient quand on regarde intensément cette photographie.

Une société des amis

Merlin n’en a pas fini avec Thomas Bernhard, il n’en finira jamais. Tout comme le polonais Krystian Lupa. L’un et l’autre font partie du cercle restreint de la société des amis de Thomas Bernhard mise sur pied par le frère de l’auteur. Il me plait de penser que peu de jours après avec quitté la scène avec Serge Merlin, Thomas Bernhard va la retrouver avec Krystian Lupa.

Lupa, lui aussi, est passé par « Extinction », mais dans une tout autre approche. Lui aussi revient éternellement à Thomas Bernhard, cette fois avec « Des arbres à abattre », récit sous-titré « une irritation »  dont il a fait une version scénique, créée la saison dernière en Pologne. A partir du 4  juillet à 15h à la Fabrica, le spectacle sera présenté, pour trop peu de jours, au festival d’Avignon où Lupa vient pour la première fois. Un festival où Merlin, dans le off, avait naguère créé un sidérant « Dépeupleur » de Beckett. Il y reviendra peut-être un jour. Avec Thomas Bernhard ?

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Rideau de fin pour le Théâtre de la Cité internationale à Paris ?

Rideau de fin pour le Théâtre de la Cité internationale à Paris ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it
« Un théâtre sans projet artistique, c’est un théâtre qui meurt ». Telle est la sonnette d’alarme tirée par Pascale Henrot, ancienne directrice du Théâtre de la Cité internationale de Paris (TCI). Depuis septembre 2014, date de son départ à la tête de l’Organisation nationale de direction artistique, les salariés du Théâtre de la Cité sont dans l’expectative la plus totale quant à leur devenir. « En près d’un an, aucune procédure normale d’appel à candidatures n’a été lancée, c’est une stratégie du pourissement », s’indigne Pascale Henrot. Plus inquiétant encore, le conseil d’administration de la Cité internationale a mis sur la table un projet de restructuration du théâtre qui amputerait le TCI de plus de la moitié de sa subvention annuelle – qui s’élève pour l’heure à 880 000 euros.

Impossible donc de savoir si les trois salles du théâtre pourront de nouveau ouvrir leurs portes et afficher, comme en 2014, un taux de fréquention de 79 % – dont 30 % de jeunes spectateurs. L’avenir de ce théâtre atypique, implanté au cœur de la « Cité U » dont il est sous la tutelle, est donc entre les mains de la fondation de la Cité internationale. Face à la pétition lancée par l’équipe du TCI, ainsi qu’aux nombreux soutiens apportés notamment par Jack Lang, Denis Podalydès ou Christophe Rauck, la direction de la Cité reste muette. La déléguée générale Carine Camby tout comme le président Marchel Pochard se refusent à tout commentaire.

Un pôle de création unique au sud de Paris

Le Théâtre de la Cité est pourtant un lieu mythique de la scène contemporaine française. Rénové à grands frais (près de 8 millions d’euros) en 2004, il abrite treize studios de musique et cinq ateliers d’artistes. Pensé par les pères fondateurs comme faisant partie intégrante du projet humaniste de la « Cité U », il est inauguré en 1936. Sous l’impulsion d’André Malraux, André-Louis Périnetti en prend la direction en 1968 et y accueillera des figures d’avant-garde comme Victor Garcia ou le Grand Magic Circus.

A partir de 1991, la nouvelle maîtresse des lieux, Nicole Gautier, pense aussi le Théâtre de la Cité comme un point de propulsion pour de jeunes artistes. Pascale Henrot ajoute en 2008 sa pierre à l’édifice en axant sa programmation sur la transdisciplinarité : arts du cirque, nouvelles écritures et arts plastiques attirent le public dans un sud francilien pauvre en salles de tailles intermédiaires.

« Un déficit permanent »

Mais la direction reproche au théâtre de s’être trop éloigné de la vie universitaire. Selon des sources proches du dossier, la Cité internationale souhaiterait aussi investir dans des domaines jugés plus rentables et valorisants que la sphère artistique, comme la construction de nouvelles Maisons (Chine, Ile-de-France et Corée). Les membres du conseil d’administration n’envisagent plus de doter aussi largement un théâtre que certains désignent même comme un « déficit permanent » – même si le budget du TCI ne représente que 2,3 % des dépenses globales de la « Cité U ».

Suite au départ de Pascale Henrot, la fondation a fait part de son désir de voir se restructurer économiquement le théâtre. A cet effet, Philippe Bachman – directeur de la Comète de Châlons-en-Champagne – a été désigné début 2015 pour mener une mission de préfiguration de trois mois. Il s’agissait de définir un nouveau projet artistique pour le TCI et surtout de proposer un budget moins gourmand en dotations. Mais le rapport rendu par Philippe Bachman – qui propose d’ouvrir davantage les activités du théâtre à l’international et à la vie étudiante – n’a, semble t-il, pas suffi à combler les attentes de la fondation. Pas plus que la baisse de 150 000 euros de budget concédée à la Cité. A l’heure actuelle, les vingt-huit employés du théâtre sont condamnés à attendre la rentrée 2015 pour connaître la décision finale du conseil d’administration.

La fin d’une époque ?

Si la baisse des subventions annoncée par la fondation est confirmée, ni le ministère de la culture ni la Ville de Paris n’ont indiqué vouloir augmenter leurs subventions respectives de 1,3 million et 230 000 euros. Ce qui entraînerait le licenciement d’au moins dix personnes et rendrait impossible la poursuite des activités artistiques.

Tandis que l’équipe du TCI continue tant bien que mal de travailler, Jeanne Candel, artiste en résidence aux côtés de son collectif « La Vie Brève », a été reconduite pour un an au sein du TCI. « Je suis carrément en colère et attristée de la situation, assène Jeanne Candel, la résidence au Théâtre de la Cité a été un tremplin incroyable. Durant près de trois ans, nous avons eu une maison, un abri, un toit. A l’heure actuelle, c’est un luxe inestimable ». Un « luxe » que la fondation estime apparemment désormais de l’ordre du superflu.

Agathe Charnet
Journaliste au Monde
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Fermer un théâtre est inadmissible... Fermer l'Aquarium serait une faute inexcusable !

Fermer un théâtre est inadmissible... Fermer l'Aquarium serait une faute inexcusable ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Anne-Charlotte Lesquibe et Sheila Louinet pour La revue du Spectacle 

 

 

A l'annonce de la décision du gouvernement de révoquer l'actuel directeur François Rancillac d'ici l'été prochain, le monde de la culture se révolte. La décision est injuste, d'autant que le bilan affiché est positif. François Rancillac avait quitté la direction de La Comédie de Saint-Étienne qu'il co-dirigait au côté de Jean-Claude Berutti pour celle de l'Aquarium.



En quelques années, ce metteur en scène et directeur a su faire de cet espace un haut lieu de la création et de l'écriture contemporaine. Cette décision est arbitraire et injuste. Anne-Charlotte Lesquibe, chargée de production du spectacle vivant, prend la parole. Le message est clair ! 

Comment un ministère qui défend la culture peut-il vouloir mettre fin brutalement à l'activité exemplaire de toute une équipe et de son directeur François Rancillac ? 
On reste sans voix, stupéfaits et incrédules. Non....Pas L'Aquarium quand même !!!! 
Il faut vraiment ne rien connaître Ni au Théâtre Ni aux hommes et femmes qui continuent à le défendre pour commettre une telle injustice. 
Les signatures affluent, pourquoi ? 

Parce que François Rancillac est un grand serviteur du théâtre, un arpenteur des textes, un homme intègre et respecté, un artiste à l'écoute des autres artistes (non, ce n'est pas si courant dans le "milieu") qui a fait avec sa petite équipe ultra motivée, ce lieu vivant où l'on va avec curiosité et plaisir. On s'y sent bien, on aime le tapis brosse violet, on y vient avec ses amis, on mange une tartine sur les grandes tables en buvant un ballon de rouge. On se sent libre au Théâtre de l'Aquarium, on y respire. 

Et il y a même des jeunes gens dans la salle ! Des jeunes accompagnés intelligemment, parfaitement attentifs, certainement bien préparés à entendre du Beckett, du Sophocle, du Corneille, du Anja Hilling, du Gilles Granouillet et tant d'autres auteurs classiques, contemporains, contemporains /classiques. 

Quand on parle des quelques lieux à PARIS où le Théâtre résiste dans sa grandeur et sa puissance, l'Aquarium s'impose. Il est l'un des derniers lieux de la capitale où se créent des expériences théâtrales (mais aussi musicales) rares, intrigantes, fortes, courageuses toujours, voire un peu folles. Et que devrait-il devenir ? Une Fâââbrique ? Qu'y fabriquerait-on de plus ou de mieux ? 
Arrêtons le langage à la mode; on se croirait chez Molière, le rire en moins. 

Non sérieusement... Toucher à L'Aquarium, c'est prendre le risque de l'assassinat de l'Archiduc François-Joseph qui mit le feu aux poudres en 1914....

Prise de parole du monde artistique pour le soutien de François Rancillac et de son équipe : 
>> www.theatredelaquarium.fr

 

 

Photo © Théâtre de l'Aquarium.

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A l’Aquarium, François Rancillac organise un festival des écoles du théâtre public. Viré !?

A l’Aquarium, François Rancillac organise un festival des écoles du théâtre public. Viré !? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Jean-Pierre Thibaudat sur son blog :

 

Il y a toujours quelque chose de troublant à voir les jeunes acteurs des écoles jouer leur (s) spectacles(s) de sortie. Ils viennent de passer trois ans dans le cocon d’une école, les voilà éjectés, les voici dans le monde du travail. Cela fait chaud et froid au cœur à la fois, c’est tonique, angoissant, vertigineux.

Merci monsieur Rancillac, vous êtes remercié

On a ressenti cela encore plus fortement à la Cartoucherie de Vincennes, la semaine dernière. Un jour où l’on assistait à la présentation de deux spectacles du « Festival des écoles du théâtre public » au Théâtre de l’aquarium (qui vient de s'achever), on apprenait que François Rancillac, l’initiateur de cette manifestation qu’il a mis en place en arrivant il y a six ans, venait d’être sèchement remercié par le ministère de la Culture. Au bout de six ans d’exercice, soit deux mandat de trois ans, alors qu’il pensait, légitimement, pouvoir en assumer un troisième et dernier (comme c’est l’usage), developper son projet et passer tranquillement le relais.

Une fois encore les services du ministère de la culture (que le gouvernement aille de droite à gauche ou inversement) ne brillent ni par leur élégance, ni par leur savoir vivre, ni par leur sens de l’écoute et de la concertation. Les jeunes acteurs ont pu mesurer la fragilité des choses théâtrales, les rapports souvent semés d’incompréhension avec les décideurs. L’équipe de l’Aquarium a réagi avec force et humour (lire ici), une pétition circule. Au-delà du cas de la situation de François Rancillac, c’est le théâtre de l’Aquarium  qui est en danger (les projets du ministère pour le lieu sont, pour le moins, flous). Ce n’est, hélas, pas le seul établissement attentif au travail des jeunes compagnies à être en danger. Le théâtre de la Cité internationale (trois salles)  en est un autre, d'une tout au manière non moins inquiétante. A suivre.

Six écoles nationales étaient présentes au festival de l’Aquarium : l’école du Nord (liée au théâtre du Nord à Lille), l’Académie du Limousin (liée au théâtre de l’Union à Limoges), le CNSAD (conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris), l’ESAD (école supérieure d’art dramatique de Paris), et la Manufacture (haute école du théâtre de Suisse romande, à Lausanne). Chaque école avait pris en charge ses élèves. L’accompagnement professionnel des ex élèves se poursuivra quelques années, via les dispositifs du  JTN  (Jeune théâtre national, réservé à certaines écoles) ou d’autres dispositifs particuliers mis en place par tel ou tel établissement.

 


Lire l'article entier

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-thibaudat/300615/l-aquarium-francois-rancillac-organise-un-festival-des-ecoles-du-theatre-public-vire

 

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«Mon personnage ? Peter Pan, hélas !»

«Mon personnage ? Peter Pan, hélas !» | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Souvenirs, regrets et rituels d'Olivier Py, directeur du Festival.

 

Votre premier souvenir de théâtre (en tant que spectateur) ?

L’Illusion comique de Giorgio Strehler à l’Odéon en 1984.

Les festivals de vos jeunes années (musique, théâtre, cinéma…) ?

J’ai vu Sauve qui peut la vie de Godard au Festival de Cannes. J’avais 13 ans. J’étais choqué, mais bouleversé.

L’œuvre que vos parents vous ont empêché de voir ou lire ?

Les Désarrois de l’élève Törless de Robert Musil… Lu en cachette avec une lampe de poche sous les couvertures. La littérature qui enfin parlait de l’adolescent que j’étais.

Votre premier souvenir de théâtre (en tant qu’acteur ou metteur en scène) ?

L’Ecume des jours de Boris Vian dans le off d’Avignon en 1985, je jouais Nicolas.

Votre plus beau triomphe ?

La Servante, sous-titré «Une histoire sans fin», Avignon 1995. Une pièce de 24 heures jouée sans interruption pendant une semaine, nuit et jour, avec 30 acteurs sur scène…

 

Lire l'article entier sur le site de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2015/07/01/mon-personnage-peter-pan-helas_1340392

 

 

 

Photo (c) Christophe RAYNAUD DE LAGE)

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Boules et belles à Montpellier-Danse

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Publié par Eve Beauvallet pour Libération

 

Le festival assène une programmation forte faite d’association de stars et de spectacles insolents. Tour des salles surchauffées.
Chaleur accablante à Montpellier. Dans les salles de la ville, certains cherchent la fraîcheur, d’autres l’excitation esthétique promise par les 16 spectacles (dont 12 créations) du festival Montpellier Danse. Aficionados et professionnels internationaux en conviendront sûrement : à mi-temps d’une édition placée sous le signe du grand écart esthétique (du voguing wannabe conceptuel au néoclassique flamboyant), quelques coups d’éclat ont émergé dans un paysage que le directeur du festival, Jean-Paul Montanari, décrivait pourtant, non sans romantisme (ou provocation), en ces termes: «il y a une perte de force du discours de la danse sur le monde». Réfutation en trois étapes.
DUOS DE GRANDS CHEFS
L’entertainment a ses Beyoncé feat. Shakira, ses Superman vs Batman. La danse d’auteur a elle aussi ses crossover (type Akram Khan et Sylvie Guillem, ou Akram Khan et Juliette Binoche…), souvent orchestrés par les grosses maisons internationales. Des coups marketing un peu moins buzzy mais qui suscitent parfois des rencontres artistiques au sommet. A l’instar du duo formé aujourd’hui par les deux super-danseurs contemporains Akram Khan (toujours lui et sa virtuose danse indienne kathak) et Israël Galvan (génial déconstructeur du flamenco) : programmé à mi-course du festival, leur Torobaka vient d’hystériser le Corum, Palais des Congrès.

En cette 35e édition de la manifestation Jean-Paul Montanari, a su répondre à l’exigence de grand show - tonitruant même, à l’image de ces deux bêtes de scène - sans rien lâcher de l’exigence de qualité (une composition subtile autour des racines communes à ces deux danses séculaires). Debout dans la salle, comme les 2 000 spectateurs venus applaudir dans une standing-ovation unanime ces taureaux-vaches sacrés du rythme, le célèbre baron de la danse a dû savourer le succès. Certes, les spectateurs étaient déjà acquis à la cause (les deux artistes sont bien connus des Montpelliérains et la pièce, créée en 2014, déjà été éprouvée), mais ils sont venus en masse et sortis sous le charme. Cela doit faire du bien à voir, après le fiasco essuyé quelques jours avant par le chorégraphe américain Trajal Harrell, encore inconnu du grand public, venu avec une nouvelle création ambitieuse mais encore fragile. C’était un risque à prendre. Passons sur celui-là, Jean-Paul Montanari a su en prendre d’autres.

BLANCHE-NEIGE(S) REBELLES
Notamment en programmant Belle d’hier, pièce pour cinq femmes et une dizaine de robes congelées en forme humaine, signée Phia Ménard. Après son excellent solo P.P.P, dans lequel elle digérait sa métamorphose d’homme à femme en jouant sur la transformation de la matière (elle jonglait avec de la glace), elle annonçait Belle d’hier comme un brûlot contre la société «hétéro-patriarcale». On avait redouté un excès de discours et un traitement trop littéral… Mais c’était méconnaître la capacité de cette grande plasticienne du plateau à créer des métaphores complexes (excepté sur un tableau final à l’ironie inutilement agressive et un peu convenue). Pour tuer le mythe du «mâle dominant», elle superpose au discours sur la condition des femmes une iconographie puisée dans d’autres formes d’oppression - celles liées au travail notamment. Entre figures de Blanche-Neige(s) ouvrières et images de groupes d’intervention type GIGN, entre clin d’yeux aux Temps modernes de Chapin et atmosphère façon Roméo Castellucci (pour le cadre clinique, le traitement temporel et plastique), entre lents processus de décomposition des matières et tâches effectuées au métronome, Phia Ménard brille par ses ruptures rythmiques et parvient à construire un ballet mécanique captivant, fait de robes qu’on arrose, qu’on étend et qu’on lessive jusqu’à épuisement, comme on saccagerait un mythe.

Article complet réservé aux abonnés. Pour y accéder :http://www.liberation.fr/culture/2015/06/30/boules-et-belles-a-montpellier_1340361

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Ottof de Bouchra Ouizguen

Ottof de Bouchra Ouizguen | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Eve Beauvallet pour Libération 

 

Cinq Marocaines âgées subliment l’énergie sexuelle et l’élan amoureux dans «Ottof», création minimaliste de Bouchra Ouizguen, encensée au festival Montpellier Danse.

 

(extrait de l'article)

 

Il faut accepter de décélérer. De plisser les yeux jusqu’aux gouffres du plateau, de ralentir son rythme cardiaque. Le temps de Ottof («les fourmis», en berbère), nouvelle création de Bouchra Ouizguen, c’est «le temps des anciens». Celui pesant, dense, des gens âgés au Maroc. Une temporalité que la jeune chorégraphe (35 ans) a eu l’art d’étirer et d’étirer encore, dans des ralentis fantasmatiques et des pénombres irréelles… Avant que tout n’explose au bout d’une demi-heure.



Mais quand l’élastique lâche, il lâche : on avait vu des grands-mères hiératiques (cinq interprètes marocaines âgées de 52 à 65 ans) enfouies sous des monceaux de tissus, convoquer lentement des figures de tragédiennes, de sorcières, de reines égyptiennes sur une musique aux accents hitchcockiens ; on les retrouve, quelques dizaines de minutes plus tard, s’empoignant les nichons, hurlant trivialement leur amour, déchargeant leur libido dans des scènes de air-sex burlesques. De l’abstraction minimaliste à l’hyper-quotidienneté, du sublime au rire gras… Bouchra Ouizguen a l’art de jouer avec les durées, avec les contrastes et avec nos nerfs. Son geste, précis, est somptueux : construire une forme plastique radicale, aride, et y lâcher la puissance de feu de ces corps féminins populaires, âgés, sexués, désirants, bruyamment subversifs.

Au lendemain de la «première» française donnée au festival Montpellier Danse, la chorégraphe s’anime lorsqu’on reparle de cette scène sexuelle inattendue : «Et encore, hier soir, c’était rien ! Quand on l’a joué au ministère de la Culture à Rabat, j’avais dit à Fatna : "Là, tu mets le paquet !" Le public marocain était plié, surtout qu’il est beaucoup plus participatif qu’ici.» A ses côtés, Fatna Ibn El Khatyb, 65 ans, ventre proéminent et regard espiègle, hoquette de rire sous son voile en repensant à la performance. Comme les quatre autres interprètes d’Ottof, Fatna est unechikhate, une danseuse et chanteuse du peuple, gardienne de cette tradition de l’Aïta qui se perpétue, pour les connaisseurs, des mariages aux cabarets. Une vocation qui, au Maroc, est encore synonyme de mise au ban, de la part de la famille en tout cas - le sentiment général alternant entre admiration et mépris. Un aperçu de l’ambiance ? «Quand j’ai dit à mon père que je voulais être chikhate, il m’a dit "si je te retrouve je t’égorge"», se souvient Fatna Ibn El Khatyb.

 

Dans un pays où les femmes sont quasi absentes des plateaux, Bouchra Ouizguen a donc choisi de placer ces danseuses populaires à l’endroit le plus expérimental de la scène marocaine. En allant chercher des «championnes en fin de course», selon les mots de Fatna. «En tout cas, j’ai privilégié celles dont on ne voulait plus, rebondit Bouchra Ouizguen, celles qui étaient cassées par la vie, en me disant que ce serait une belle revanche.» Quand on l’interroge sur son lien avec ces femmes, elle demande : «Vous avez du temps ?» En résumé : pour elle qui a grandi à Marrakech, les chikhates ont toujours été un moteur créatif : «Elles ont été ma première porte d’entrée dans le monde artistique. Petite déjà, elles me fascinaient avec leurs parfums, leurs rouges à lèvres, leurs bijoux, leur liberté. J’ai toujours su que, lorsque je me sentirais enfin prête à porter des projets, ce serait avec elles que je travaillerais.»

«DES FEMMES QUI ONT PRIS LE POUVOIR»

 

La clé qu’elle a dû trouver pour atteindre la qualité, ça a été la patience. «Des années de rencontres, de discussion, d’échange, de maturation» avant d’imaginer ensemble Madame Plaza (2009), Ha ! (2012) ou Corbeaux(2015), une chorégraphie pour dix-sept femmes au bord de la transe - pièces aujourd’hui applaudies dans les plus grands festivals internationaux. «Jean-Paul Montanari [le directeur de Montpellier Danse, ndlr] m’avait sollicitée il y a quelques années, explique la jeune artiste. Je n’étais pas prête. J’ai pris le risque d’attendre. J’avais peur de dénaturer ce qu’elles sont, de me servir d’elles, même inconsciemment.» Aujourd’hui, toutes sont associées aux problématiques de production et de diffusion de la compagnie O. Ensemble, elles rêvent d’un centre d’art à Marrakech, un lieu de formation, de production et de diffusion de cinéma, de théâtre et de danse. Une autre façon de prendre le pouvoir.

Ève BEAUVALLET Envoyée spéciale à Montpellier

Ottof

Bouchra Ouizguen

a été présentée les 25 et 26 juin au festival Montpellier Danse. Du 16 au 20 septembre au Festival d’automne à Paris, Centre Pompidou, les 11 et 12 septembre au festival La Bâtie à Genève, en mai 2016 au KunstenFestivalDesArts à Bruxelles.

 

Lire l'article entier sur le site de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2015/06/29/choc-the-casbah_1339540


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Le théâtre chinois sous un autre jour

Le théâtre chinois sous un autre jour | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Au Théâtre du Soleil avec deux spectacles, la troupe du Liyuan déjoue merveilleusement les clichés.

 

Il ne faut pas avoir peur du théâtre chinois. On a encore trop souvent l’image, en Occident, d’un art muséal confit dans sa tradition, folklorique, déroulant pendant des heures des situations guerrières incompréhensibles sur une musique de boyaux de chats qu’on égorge. La Chine est grande, son théâtre aussi, et le merveilleux théâtre Liyuan de Quanzhou, en Chine du Sud, qui a su brillamment renouveler une tradition remontant au XIVe siècle, n’a rien à voir avec ces clichés.

Si on a raté, en 2014, à la MC93 de Bobigny, les délices de ce « jardin aux poiriers » – « Liyuan » en hokkien, la langue parlée dans cette région qui fait face à Taïwan –, on peut s’offrir une session de rattrapage au Théâtre du Soleil. Le Liyuan ne saurait être mieux accueilli qu’ici, quand on sait l’importance que le théâtre asiatique a pour Ariane Mnouchkine. La MC93 de Bobigny étant en travaux, le festival Le Standard idéal a eu lieu cette année « hors les murs », et se termine en beauté, donc, avec deux spectacles présentés par la troupe de Quanzhou, que dirige une femme aussi exceptionnelle qu’Ariane Mnouchkine, Zeng Jing­ping, par ailleurs prima donna de la troupe.

 

Emotion subtile et délicate

Comme tous les grands théâtres d’Asie, le Liyuan est une forme parlée-chantée-dansée, mais qui comporte beaucoup moins de gestes codifiés que dans l’opéra de Pékin, et offre donc une plus grande liberté aux acteurs. C’est un art plus doux que celui du nord, moins guerrier, une discipline fine, profonde, littéraire. Pour autant, ce n’en est pas moins un théâtre asiatique, c’est-à-dire une forme où l’on ne fait pas semblant de représenter la réalité. Le Liyuan utilise l’artifice pour atteindre une émotion profonde, en une véritable infusion émotionnelle, subtile et délicate.

Une femme chaste et La Grande Mélancolie, les deux spectacles présentés au Soleil, offrent deux exemples superbes du travail effectué par la troupe de Quanzhou sur la tradition et le répertoire. Le premier est le pendant tragique de La Veuve et le Lettré, la pièce que l’on a pu voir en 2014 à Bobigny. Une jeune et belle veuve vit dans une vaste demeure avec son fils, âgé d’une dizaine d’années, et le précepteur de celui-ci.

Advient ce qui devait advenir : la jolie veuve, enfermée dans sa prison de chasteté depuis des années, tombe follement amoureuse de l’étudiant. Elle décide d’aller le rejoindre, de nuit, dans son pavillon, mais le jeune homme, qui doit partir pour la capitale pour devenir un lettré, la repousse. Folle de douleur et d’humiliation, la dame se coupe trois doigts de la main, afin que sa faute reste à jamais inscrite dans son corps…

Comme La Veuve et le Lettré, qui, elle, se terminait sur un « happy end », Une femme chaste est une pièce contemporaine, écrite par le dramaturge de la troupe, Wang Renjie. Cet homme on ne peut plus fin, réchappé de la Révolution culturelle, où il avait, comme tous les intellectuels, été envoyé en « rééducation » à la campagne, n’a pas son pareil pour écrire des pièces « à l’ancienne », qui renvoient de nombreux échos à notre époque – en l’occurrence, ici, sur le sort des femmes et la répression du désir. Le spectacle procure un plaisir irrésistible, dans la manière dont la prosodie, le chant, la musique et le travail du corps se lient pour exprimer les sentiments les plus secrets et les plus profonds.

Une pièce qui avait complètement disparu

A ce jeu si raffiné, tous les acteurs de la troupe de Quanzhou excellent. Zeng Jingping, elle, maîtrise cet art sur le bout des doigts, pourrait-on dire sans faire de mauvais jeu de mots : cette actrice de toute première grandeur est connue dans toute l’Asie pour la finesse de son jeu de mains et de pieds. Au-delà des gestes codifiés, qu’elle maîtrise évidemment au millimètre près, ce qui est époustouflant chez elle, c’est la vie qu’elle arrive à exprimer avec cet instrument ultra-sophistiqué qu’est son corps.

On retrouve cet art, porté à son comble, dans La Grande Mélancolie, un solo parlé-chanté-dansé d’à peine une heure, extrait de Chen San et Wuniang, une épopée datant du XIVe ou du XVe siècle, qui durait à l’origine… sept nuits, et dont on dit souvent qu’il est le Roméo et Juliette chinois. La Grande Mélancolie, c’est le « tube » de Mme Zeng, son morceau de bravoure, un véritable petit chef-d’œuvre qui l’a rendue célèbre sur tout le continent asiatique. La pièce avait complètement disparu en Chine quand Zeng Jingping a décidé de l’apprendre auprès d’une artiste très âgée qui, avant 1949, avait joué le rôle dans une troupe d’enfants comme en comptait le Liyuan à l’époque.

L’argument en est simple : une femme se languit de son bien-aimé. « Tu hantes mes pensées et ma peine grandit… » Les mains de Zeng Jingping sont comme des oiseaux légers, qui font voler dans l’air toute l’âme de la femme séparée de son jeune amant. « L’être humain n’a pas tellement changé depuis l’Antiquité, faisait observer, amusé, Wang Renjie, quand on l’avait rencontré à Quanzhou, en avril 2014. Les âmes et les cœurs restent les mêmes… » Si l’on veut mesurer à quel degré d’expression peut atteindre ce théâtre-là, alors il faut aller voir et écouter ce lamento d’amour digne de ceux de Puccini ou de Bellini.

 

Une femme chaste, le 30 juin et le 1er juillet à 19 h 30, et le 5 juillet à 15 heures. Durée : 2 heures.


La Grande Mélancolie, les 3 et 4 juillet à 19 h 30. Durée : 1 heure, suivie d’un concert de Nanyin et d’une cérémonie du thé. Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ-de-Manœuvre, à Paris. De 12 à 29 €. En chinois surtitré.

 

 

Fabienne Darge 
Journaliste au Monde


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/06/29/le-theatre-chinois-sous-un-autre-jour_4663638_1654999.html#UJdoCErwpHVKgeor.9

 

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Didier Bezace envoie le diable aux trousses de Feydeau - Fêtes noctures de Grignan (Drôme)

Didier Bezace envoie le diable aux trousses de Feydeau - Fêtes noctures de Grignan (Drôme) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Martine Horovitz Silber sur son blog marsupilamima


Comme chaque été, place au théâtre pendant deux mois au château de Madame de Grignan, la fille bien aimée de Madame de Sévigné. Un seul spectacle du 26 juin au 22 août, Quand le diable s'en mêle d'après trois pièces de Georges Feydeau, adaptées et mises en scènes par Didier Bezace, Léonie est en avance, Feu la mère de Madame et On purge bébé.

Place à la Comédie donc et le public s'amuse de bon coeur.

 C'est d'ailleurs une des réussites des Nuits nocturnes (30 000 spectateurs, chaque année) que son public. On vient en famille, entre amis, en amoureux. Et on participe avec enthousiasme.


Didier Bezace, l'ancien directeur du Théâtre de la Commune (Aubervilliers) et lui-même fin comédien, réussit à faire de ces textes, forcément grivois, voire un peu vulgaires, un vrai théâtre populaire au sens le plus simple.
Oui, on rit. Oui, parfois c'est bête, mais on rit quand même. Oui mais...


http://marsupilamima.blogspot.fr/2015/06/didier-bezace-envoie-le-diable-aux.html

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Thomas Ostermeier - Arts & Spectacles - France Culture

Thomas Ostermeier - Arts & Spectacles - France Culture | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Entretien réalisé par Joëlle Gayot pour France-Culture

 

Ecouter l'émission, 29 mn (bouton rouge sur le site de Changement de décor) http://www.franceculture.fr/emission-changement-de-decor-thomas-ostermeier-2015-06-28

 

 

Né en 1968, il a séduit les spectateurs du festival d’Avignon avec des spectacles fracassants, violents et trash. C’était l’époque de la Baracke. Le temps de la jeunesse et d’un théâtre en forme de coup de poing.
Depuis, il a changé de style et de stratégie. Il a rencontré les pièces d’Ibsen et avec elles, il a prouvé qu’on pouvait emprunter à ses ennemis sociaux, économiques ou politiques, leurs codes et leurs comportements, pour mieux comprendre leurs mécanismes et puis les dénoncer. Le néolibéralisme et tous ses avatars : voilà ce qui est dans son collimateur. Adolescent, il était aux extrêmes de la gauche. Adulte, il a toujours de la rage en lui.
C’est au théâtre qu’il exprime le fond de ses pensées.  A Paris, au Théâtre de la Ville où il présente actuellement le Mariage de Maria Braun, de Fassbinder, et puis à Avignon, dans quelques jours, où il mettra en scène Richard III de Shakespeare. Et enfin dans un livre d’entretiens passionnant qu’il a accordé au journaliste Gerhard Jorder et qu’on traduit pour les éditions de l’Arche Laurent Mulheisen et Frank Weigand. Ce livre s’intitule Ostermeier Bacsktage.

Changement de décor avec ce soir le metteur en scène Thomas Ostermeïer "

Joëlle Gayot

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A Montpellier, la danse trace sa route

A Montpellier, la danse trace sa route | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Short à fleurs, débardeur, baskets, le danseur flamenco Israel Galvan irait-il à la plage ? Pas encore. Sur une estrade dressée en plein air devant la fastueuse nouvelle mairie conçue par Jean Nouvel, la star sévillane a ouvert, jeudi 25 juin, la série des « Grandes leçons » proposées chaque jour par le festival Montpellier Danse jusqu’au 9 juillet. Rien que des têtes d’affiche, comme l’Allemand Raimund Hoghe ou la Flamande Anne Teresa De Keersmaeker, dans différents lieux de la ville, pour une heure d’apprentissage tout sourire. Galvan, pourtant peu habitué à cet exercice grand public, a tracé sa route avec une fougue qui a emporté à la seconde les cent cinquante personnes venues participer au cours. Claquements de doigts, bruitages vocaux pour saucer l’affaire, le flamenco coule de source.

Ces « Grandes leçons », qui irriguent la 35e édition de Montpellier Danse, remplissent les agendas des fans. « Je crois que j’irai à tous les rendez-vous, commente une spectatrice. C’est une occasion de voir les artistes dans leur simplicité, et c’est très agréable. » Dans la foule, Jean-Paul Montanari, directeur de la manifestation, et Philippe Saurel, maire de Montpellier (divers gauche) depuis mars 2014, discutent. Météo au beau fixe entre les deux hommes après le coup de froid de l’an dernier où le maire, fraîchement élu, avait évoqué d’emblée la succession de Montanari, 68 ans. En pleine crise des intermittents, une goutte d’eau qui avait pesé lourd.

Priorité de la politique culturelle

Depuis, tout roule. La soirée d’ouverture du festival, au Corum, avec Extremalism, production pour trente danseurs d’Emio Greco et Pieter C. Scholten, nouveaux directeurs du Ballet national de Marseille (BNM), a séduit les spectateurs. Le classique-contemporain d’Emio Greco, très spécifique, avec ses fentes profondes, ses torsions nerveuses et sa façon d’hystériser la mécanique du mouvement, s’offre ici une ample mise au point.

Un an après les grèves, la danse sort victorieuse d’une passe périlleuse. Nettement moins touché que le Printemps des comédiens, Montpellier Danse, avec seulement dix représentations annulées, a comblé son déficit de 40 000 euros grâce, en partie, à la programmation saisonnière de spectacles. Autre excellente nouvelle : depuis octobre 2014, elle fait partie des quatre priorités, avec l’art contemporain, le cinéma et le patrimoine, de la nouvelle politique culturelle du maire. « Elle est un élément fondateur depuis les années 1980 de l’identité de Montpellier, s’enthousiasme Philippe Saurel. Elle convient à cette ville méditerranéenne dont les espaces publics peuvent l’accueillir. La danse est une expérience universelle, physique, proche de tous. Sa place est aussi dans la rue. »

Lire aussi : Un festival « off » en mouvement

Cette revendication explique l’ouverture affirmée du festival à tout Montpellier, mais aussi aux villes en périphérie. Des performances du Ballet national de Montpellier se dérouleront pendant trois jours, du 27 au 29 juin, à Castelnau-le-Lez, Juvignac et Saint-Drézéry. Fan de « toutes les danses », Philippe Saurel, alors adjoint à l’urbanisme de 2005 à 2008, a participé à l’élaboration du futur quartier Port Marianne-République. « J’ai voulu que l’espace public soit véritablement pensé en fonction de possibles déambulations des danseurs », revendique-t-il. Une idée d’urbanisation épatante, ambitieuse et utopique, qui dégage la rue comme une aire de jeu primordiale dans l’histoire de la danse et de Montpellier. A vérifier sur pièces dans dix ans.

En attendant, cinq théâtres tout gabarit accueillent les seize productions sélectionnées par Jean-Paul Montanari, qui sait souffler le chaud et le froid. « Aujourd’hui, on ne peut plus relier les artistes par des thèmes communs qui nous donnaient, à nous programmateurs, une possibilité de sens, explique-t-il. Chacun avance dans sa ligne, comme dans nos vies quotidiennes finalement. Chacun court dans son couloir, indifférent à celui des autres. » Dont acte.

Parallèlement à l’opération uppercut et unisson d’Extremalism du BNM, parfait pour happer les deux mille spectateurs du Corum, trois autres pièces, plus inconfortables, plus incertaines aussi, ont ouvert la manifestation. Signées par la Marocaine Bouchra Ouizguen, l’Américain Trajal Harrell et la Française Phia Ménard, elles attestent de l’élan de la création chorégraphique actuelle et de la franche singularité d’auteurs très différents.

Un point commun rassemble les trois : la passion des vêtements, de l’habillage et du déshabillage, de l’apparat et du nu, du plein et du vide, avec toujours l’idée du costume comme membrane, habitat, signe identitaire. Garde-robe dépareillée où tout fait corps dans le désordre chez Bouchra Ouizguen pour Ottof (la fourmilière), qui met aux prises quatre femmes avec leurs multiples peaux. Combi polaire pour survivre par – 25 oC pour Phia Ménard dans Belle d’hier, pour cinq danseuses, qui navigue entre protection, coquille et camouflage. Tendance mode et déco chez Trajal Harrell, qui use et abuse des changements de tenue pour Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï, comédie cocasse pour sept interprètes.

Apreté au combat

Le mythe de l’amour en prend plein les dents avec Bouchra Ouizguen et Phia Ménard. La première met en scène, dans Ottof, quatre aïtas, ces chanteuses et danseuses de cabaret, méprisées et rejetées, avec lesquelles elle travaille depuis huit ans. Véritable hurlement de rage et d’impuissance, leur besoin d’amour est aussi vaste que leur colère et leur solitude. Le sens des textes, dits en arabe, passe par la gestuelle, très crue, qui sait ce que tripoter les seins, le ventre, le reste, veut dire. Si Bouchra Ouizguen compte un peu trop sur la fascination opérée par ces interprètes, elle fait bien entendre la voix d’une marginalité féminine.

Même âpreté au combat chez Phia Ménard, jongleuse, artiste de cirque. Pour sa première grosse production depuis la création de sa compagnie en 1998, elle règle un impressionnant ballet de formes sur le fil d’un conte cruel. Elle en rêvait depuis cinq ans, et voilà Belle d’hier, titre inspiré par les collectionneurs de voitures anciennes. Dans une forêt de silhouettes masculines qui s’effondrent, cinq (fausses) princesses jouent de la massue et collectionnent leurs prises de guerre dans une chambre froide aux allures de chaumière. Congélation et décongélation – superbe idée de Phia Ménard dont la glace est la « matière » de prédilection – entraînent une lessive éclaboussante, un peu répétitive néanmoins. Le mystère de la transformation liquide des statues dans cette usine de filles qui n’ont pas envie de rigoler ouvre un monde souterrain de règlements de comptes jamais soldés.

Bulle de légèreté nimbée d’ironie, Le Fantôme de Montpellier rencontre le Samouraï s’amuse à surfer entre show télé, fiction chorégraphique patrimoniale, défilé de mode… Chic et hype, référencé et moqueur, curieusement jouissif sous son apparente futilité, ce show résiste peu ou prou à ses longueurs grâce au sens des courts-circuits et du suspense de Trajal Harrell. Ajoutez à cela une excellente bande-son R’n’B et le temps file.

Montpellier Danse. Jusqu’au 9 juillet. www.montpellierdanse.com
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Le Bourgeois Gentilhomme, de Molière, mise en scène de Denis Podalydès, direction musicale Christophe Coin

Le Bourgeois Gentilhomme, de Molière, mise en scène de Denis Podalydès, direction musicale Christophe Coin | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

Publié par Véronique Hotte pour son blog hottello


Le Bourgeois Gentilhomme, Comédie-ballet de Molière, avec la musique de Lully, mise en scène de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, direction musicale Christophe Coin

 

Dans sa mise en scène du Bourgeois Gentilhomme (1670) de Molière, Denis Podalydès propose un zoom facétieux sur un Orient de fantaisie à travers la scène du Mamamouchi, le fameux cérémonial turc inventé par le prétendant de Lucile pour investir Monsieur Jourdain d’un titre de noblesse oriental, un stratagème habile pour que ce même Cléonte puisse épouser, malgré ses origines roturières, la fille de Monsieur Jourdain, faux gentilhomme qui ne rêve que de quartiers de noblesse.
La turquerie finale, son travestissement cérémonieux de Grand Siècle, joue avec l’outrance bouffonne ; des traits de mœurs orientales, des attitudes grotesques de derviches, des turbans démesurés, un « jargon sabir parlé à Tunis », le tour est joué.
La comédie-ballet avec ses airs de menuet est une mascarade, un tableau de scènes burlesques sur lesquelles s’amusaient, sans nuance, ni finesse ni distinction, les courtisans vaniteux du Roi de France, dits « gens de qualité » ou gens d’esprit.
C’est en cela même une comédie de mœurs et une comédie de caractère car manifestement éloignée de tout réalisme, l’œuvre n’en touche pas moins le vrai.
Non seulement Molière ridiculise les prétentions du bourgeois, mais celles des danseurs, des musiciens, des tireurs d’armes, des pédants philosophes :
« il peint le vice profond d’une noblesse qui s’arroge le droit d’avoir une morale de caste, morale où l’escroquerie et l’abus de confiance paraissent naturels envers autrui, dès qu’autrui est roturier ».
Monsieur Jourdain ne redescend plus de son rêve magnifique, déguisé de plumes et de chapeaux étranges, de vêtures aux belles étoffes, de soieries colorées – les somptueux costumes de Christian Lacroix -, il goûte à l’enchantement de la musique et au rythme de la danse, prenant plaisir à la magie de la langue française, de ses tournures poétiques – mots d’amour, consonnes et voyelles. Séduit par la grâce d’une marquise, amante d’un courtisan et faux ami, il aimerait lui écrire de la prose.
La pièce commence dans un décor d’assemblage – instruments de musique, Maître à danser, danseuses, chanteurs et musiciens – tandis qu’un élève du Maître de musique compose sur une table un air que le Bourgeois a demandé pour une sérénade. Pas de danse et airs de musique se succèdent agréablement sur la scène jusqu’au ballet final, une convention théâtrale loin de toute vraisemblance, une folie.
Pascal Rénéric incarne le personnage ridicule à merveille, entreprenant et sympathique, souriant, ouvert aux arts et à la culture, sans jamais y accéder.
Moqué et raillé par la servante Nicole, ridiculisé par les assauts des remontrances de Madame Jourdain, l’interprète ne quitte jamais sa fantaisie et son extravagance.
Quoique un rien grotesque parfois et tendant à la caricature appuyée, la comédie-ballet – avec la musique de Lully -, sous la direction musicale de Christophe Coin, est un bonheur de scène qui ne ménage pas ses effets en se moquant des vaniteux.

 

 

Véronique Hotte

 

Théâtre des Bouffes du Nord, du 26 juin au 26 juillet. Tél : 01 46 07 34 50

 

 

 

Le Bourgeois Gentilhomme, Comédie-ballet de Molière, avec la musique de Lully, mise en scène de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, direction musicale Christophe Coin

 

Crédit Photo : Pascal Victor
 
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Sans objet - Compagnie 111 - Aurélien Bory

Sans objet - Compagnie 111 - Aurélien Bory | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L’art ne progresse pas, n’est pas performant, ne se mesure pas, ne prouve rien. Nous vivons une nouvelle ère, où la relation entre l’être humain et la technologie se déploie considérablement. Là où il existait une frontière indiscutable, claire, connue de tous, à savoir celle entre l’inerte et le vivant, on voit apparaître une zone de latence, dominée par deux questions qui s’opposent.

Le vivant va-t-il étendre son territoire dans la machine, ou est-ce la technologie elle-même qui gagnera le terrain du vivant ? Le dialogue entre l’homme et la machine est de plus en plus profond, complexe. La compétition est inévitable. La défaite de Kasparov et après elle toutes les percées dans l’informatique, la robotique, nous indique que la machine devient meilleure en tout. L’apparition des prothèses performantes ou de combinaisons technologiques bouscule le monde du sport. L’homme, – et ses deux réalités le corps et la pensée – n’est plus seul.

 

 

Après s’être mesuré et avoir dominé puis réduit l’animal, il est amené à comparer ses performances à celle d’un autre type, le robot. Il est probable que sur ce terrain l’homme soit contraint à se technologiser, tandis que déjà la machine s’humanise. Et il est permis de penser que dans un futur proche l’homme et le robot aillent s’hybrider.

Sans Objet propose cette rencontre impossible, celle d’un homme et d’un robot industriel. Au-delà de toute recherche de performance, leur relation entre l’homme et la machine devient-elle sans objet ? Qu’ont-ils à se dire, l’homme et le robot industriel, en dehors des tâches qui les occupent habituellement?

En dehors de tout but, de toute fonction, la danse entre le corps de l’homme et celui de la machine donne lieu à un théâtre mécanique sur le terrain du sensible, entre la fragilité de l’humain et la puissance du bras métallique articulé. Placé au centre, au milieu d’un vide, complètement sorti de son contexte industriel, le robot devient inutile. Et dans sa fonction perdue ne nous rappellerait-il pas la nature de l’art :  être absolument sans objet ?

 

Repris du 4 juillet au 18 août au Théâtre de la Cité internationale dans le cadre de Paris Quartier d'été

 

http://www.quartierdete.com/programme/spectacles/?id=937

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«Fugue» de Samuel Achache : Pour  qui sonne la  glace

«Fugue» de Samuel Achache : Pour  qui sonne la  glace | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Clémentine Gallot dans Libération :

 

Réfrigérant interlude en pleine canicule avignonnaise, Fugue, de Samuel Achache, prend le large direction un îlot d’explorateurs égarés au pôle Sud. Sur le plateau enneigé recouvert de gravier blanc, une base de chercheurs en forme de mezzanine Ikea ­accueille des équipes congelées, visitées par des fantômes sur la banquise. Prisonnier de ce no man’s land, l’un des convives qui n’a pas froid aux yeux se confectionne un slip en ruban adhésif avant de s’ébrouer dans une baignoire. On y devise et l’on y drague, entre deux clins d’œil scientifiques, errances alcoolisées et récits d’infortune, chacun avance en titubant vers un ailleurs désespérément blanc.

 


MÉLOPÉE SURVOLTÉE
Un espace démesuré suggéré au grand air dans la cour du Cloître des Célestins : «Je voulais créer un endroit qui ne soit pas d’accord avec lui-même, prévient Samuel Achache, comme un intérieur dans un désert.» Cette matière décousue et bancale qui s’agrège autour d’une partition musicale porte bien son titre puisque ce petit groupe dérive harmonieusement, entraînant les comédiens-musiciens-chanteurs en anorak et leurs instruments dans une mélopée survoltée, plutôt que de noyer leur chagrin dans un entre-soi cotonneux. Cinq garçons, Vladislav Galard, Florent Hubert, Léo Antonin Lutinier, Thibault Perriard et Achache lui-même ainsi qu’une fille, Anne-Lise Heimburger, s’accordent à l’unisson pour déployer une même vitalité affranchie et jubilatoire. Les comédies culottées de cet acabit se font rares au Festival, ces derniers temps. Pour autant, «est-on sûr qu’Avignon soit peine-à-jouir ?» s’interroge Samuel Achache qui précise n’avoir visité la cité des papes que pour y jouer.

La pièce, qui négocie un grand écart ambitieux entre culture classique et pratique burlesque, puise ses origines dans un gag exotique de Werner Herzog, le documentaire Rencontres au bout du monde (2007). Le cinéaste germain encapuchonné y suivait une virée en Antarctique et filmait, notamment, la longue marche solitaire d’un pingouin suicidaire. Un moment d’anthologie «assez fondateur pour nous», se remémore Achache. «On s’est dit qu’il fallait qu’on joue cette anecdote, mais c’est injouable. Finalement, on la raconte et cela fonctionne bien…»

Lire l'article entier de Clémentine GALLOT sur le site de Libé : http://www.liberation.fr/culture/2015/07/01/samuel-achache-pour-qui-sonne-la-glace_1340390



Fugue de Samuel Achache, du 15 au 22 juillet, au Cloître des Célestins.

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Fleur Pellerin veut créer des foyers de jeunes créateurs

Fleur Pellerin veut créer des foyers de jeunes créateurs | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Fleur Pellerin les appelle « les foyers Médicis ». Ce sont des centres de jeunes créateurs, sur le modèle des foyers de jeunes travailleurs, que la ministre veut créer, pour répondre au besoin d’insertion des artistes à leurs débuts. Ces lieux seraient mis en réseau avec le projet Médicis, qui prévoit des résidences artistiques entre Clichy et Montfermeil. C’est l’une des mesures les plus inattendues qui est sortie des Assises de la jeune création, lundi 30 juin.

Lancées le 17 avril, ces Assises ont permis à 150 jeunes créateurs de toutes disciplines, réunis dans des groupes de travail d’échanger en vue de proposer des idées neuves. « Nous sommes partis des besoins concrets des créateurs. Cette démarche d’écoute, transdisciplinaire, avec des artistes de tous horizons, n’avait jamais été menée auparavant », a déclaré au Monde Fleur Pellerin. Entre la création d’un diplôme national de hip-hop et un projet de réforme des résidences artistiques, voici un inventaire à la Prévert.

Il y a d’abord les mesures immédiates, dont certaines peuvent paraître basiques. Exemple : pour qu’un jeune puisse envisager une carrière artistique, encore faut-il qu’il soit informé. Ainsi, « l’offre de formation des écoles supérieures dans la culture sera mise en ligne sur le site Admission post-bac. Il est utilisé par tous les élèves des classes de terminale pour déterminer leur orientation supérieure, mais toutes les écoles supérieures n’y sont pas représentées », lit-on dans le dossier ministériel des Assises. Dans le même esprit, la mise en réseau des écoles d’art est une autre piste pour rendre l’offre plus lisible.

La piste du « compagnonnage »

Plus originale est l’idée du « compagnonnage », qui permettrait à un jeune porteur de projets de bénéficier des moyens de production d’une équipe plus confirmée. Fleur Pellerin souhaite aussi créer des « contrats de génération culturels », dont le but serait de préparer la succession d’un artiste en fin de carrière en accueillant de jeunes équipes dans un établissement culturel.

Pour stimuler l’innovation, un appel à projet doté de 440 000 euros a été lancé en juin, pour inciter les écoles supérieures de la culture à créer ou à s’associer à des incubateurs, des pépinières artistiques, que la ministre appelle des « fablab ». Une dizaine de projets seront financés dès la rentrée 2015.

La ministre de la culture était attendue au tournant sur le thème de la diversité, et sur les mesures facilitant l’accès des jeunes de tous horizons à un cursus supérieur. Fleur Pellerin a validé l’idée d’adosser des classes préparatoires publiques à des écoles supérieures d’art.

Le projet de loi sur la liberté de création, qui sera présenté au conseil des ministres le 8 juillet, prévoit l’agrément de ces classes prépas ainsi que l’octroi du statut d’étudiant à ces jeunes – afin qu’ils bénéficient des prestations sociales. « Nos écoles d’excellence ne doivent pas être réservées à des élèves qui ont les moyens de se payer des prépas privées », a précisé la ministre au Monde.

Clarisse Fabre
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Assises de la jeune création - Ministère de la Culture et de la Communication

Assises de la jeune création - Ministère de la Culture et de la Communication | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Les préconisations qui sont retenues ne seront rendues possibles que par la mobilisation des acteurs culturels eux-mêmes, des collectivités territoriales, des établissements publics du ministère de la Culture et de la Communication. Les prochains mois seront consacrés à l'instruction opérationnelle de ces mesures et à la préparation de leur mise en œuvre avec tous les acteurs concernés.

 

Mesures en faveur de la formation, de l’insertion, des conditions de vie et de la diversité des jeunes créateurs.

Lien de téléchargement sur cette page :  http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ministere/Evenements-du-ministere/Assises-de-la-jeune-creation

 

Journée de restitution des Assises de la Jeune création

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«Ma femme m’a fait une scène…» Estonant, non ?

«Ma femme m’a fait une scène…» Estonant, non ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Anne Diatkine pour Libération :

 

A Tallinn, en Estonie, la compagnie du Teater NO 99 crée des pièces mouvantes, à l’écriture en partie improvisée, décryptant toutes les facettes de la société. Rencontre du couple fondateur.
Mais d’où surgissent tous ces touristes ? D’où viennent ces groupes ? Comment se fait-il que la vieille ville de Tallinn, dix-sept églises, ses innombrables musées, ses dix théâtres, son ciel clair et venteux, sa lumière éblouissante du Nord, ses remparts… apparaissent comme un décor de carte postale d’où l’on peine à distinguer le vrai du faux ? Est-ce parce que les façades des immeubles aux couleurs pastels sont impeccables ?
Les valises à roulettes se traînent sur les pavés ronds dans un brouhaha oppressant, les chevilles se tordent, tandis que des Estoniens en costume ou en armures de cotte de mailles proposent des balades en chariots et de l’ambre de la Baltique, garanti non estonienne. A chaque coin de rue, en toutes langues, des guides guident, dans une joyeuse cacophonie. On hésite à s’infiltrer. Partout, des magasins d’antiquités. Ils contiennent des assiettes, des costumes militaires russes et quelques armes vraiment ou faussement rouillées. Partout, des tableaux naïfs, représentant des girafes qui se font la courte échelle, des lions qui sourient. Partout, des trattorias italo-estoniennes ou greco-estonniennes. On est à une poignée d’heures de la Finlande, à dix doigts de Moscou, à deux nuits en bateau de Saint-Pétersbourg et rarement on a eu le sentiment d’être enserrée dans un espace imaginaire recréé, à l’identité au flou absolu. Si ce n’est le vent et les cris d’oiseaux, la mer semble aussi lointaine qu’elle ne l’est de Paris, alors que Tallinn est au bord de la Baltique et le port en activité.

Les appareils numériques sont de sortie. Qu’attrape-t-on avec ? Quels souvenirs ramasser ? Quelles mémoires susciteront les photos par la suite ? Tiens, un bonnet islandais. Prend-on tous les mêmes photos de vacances, et des moments dits heureux ? Que se passe-t-il quand l’appareil devient obsolète, inutilisable, et les clichés qu’il contient invisibles ? La suppression des images libère-t-elle ou efface-t-elle la mémoire ? Que se passe-t-il si, pris de désobéissance, on projette l’appareil contre les pavés ?

Ce sont précisément les questions du prochain spectacle de Teater NO 99, la compagnie créée par Tiit Ojasoo et Ene-Liis Semper il y a onze ans, et dont le spectacle NO 51, sous-titré Ma femme a fait une scène et a effacé toutes nos photos de vacances sera montré début juillet en estonien surtitré en français au gymnase du lycée Aubanel d’Avignon. Ils sont la première troupe estonienne invitée au Festival. Ne pas être effrayé par le nom du théâtre que le couple dirige et qui se confond avec celui de leur compagnie : NO 99. Il désigne en fait un compte à rebours. Quand la troupe créera la pièce NO 00, elle se dissoudra et aucun des membres ne sait ce qu’il deviendra. Rien ne restera des spectacles, hormis la mémoire.

 

Lire l'article entier sur le site de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2015/07/01/ma-femme-m-a-fait-une-scene-estonant-non_1340409

 

 

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Avignon : Lars Eidinger, l’homme qui joue

Avignon : Lars Eidinger, l’homme qui joue | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Brigitte Salino dans Le Monde :

 

 

Imaginez la scène. Un soir, Lars Eidinger joue le rôle-titre d’Hamlet, à la Schaubühne de Berlin, dans la mise en scène de Thomas Ostermeier. Au cours de la représentation, trois jeunes filles se lèvent. Lars Eidinger les voit, il s’arrête de jouer et leur demande pourquoi elles s’en vont. « Weil’s scheisse ist ! » (« Parce que c’est de la merde ! »), répond l’une d’elles en partant. Lars Eidinger quitte le plateau en courant, et il suit les jeunes filles dans le foyer. Il veut leur parler, comprendre ce qui ne leur plaît pas. Pendant ce temps, les spectateurs attendent. Privés d’Hamlet. Quand il revient, Lars Eidinger leur raconte ce qui s’est passé. Et il reprend son rôle.

Si vous ne connaissez pas cet acteur, vous êtes en droit de vous demander ce qui lui passe par la tête. Si vous l’avez vu sur scène, vous n’êtes pas surpris, parce que vous le savez capable de tout : c’est l’Homo ludens par excellence, l’homme qui joue. Il en donne la preuve, de manière phénoménale, dans Richard III, une autre pièce de Shakespeare mise en scène par Thomas Ostermeier, qui vient à Avignon après sa création à Berlin, et risque bien de couronner Lars Eidinger roi des acteurs du Festival.

Le voilà tel qu’en lui-même, un soir de juin, à Berlin. 1,90 mètre, regard bleu, dialogue franc. Nous sommes dans son bel appartement du quartier de Charlottenburg, non loin de la Schaubühne. Il est tard. Lars Eidinger rentre d’une journée de tournage, la dernière avec Adèle Haenel, avec qui il vit une histoire d’amour dans le film de Chris Kraus, Die Blumen von Gestern (Les Fleurs d’antan). Tous les deux sont des chercheurs qui travaillent sur la Shoah. Le grand-père de l’un était nazi, la grand-mère de l’autre juive. Leurs biographies se croisent, entre hier et aujourd’hui. Cette année, Lars Eidinger tourne aussi avec le réalisateur russe Alexeï Outchitel. Il joue Nicolas II, le dernier des Romanov, pris dans une histoire d’amour avec la ballerine Mathilde Kschessinska. Dès qu’il aura fini d’être Richard III à Avignon, l’acteur partira pour Moscou et, de roi, deviendra tsar. (...)

 

 

 

Richard III, de Shakespeare. Mise en scène Thomas Ostermeier. Opéra Grand Avignon, du 6 au 18 (relâche les 10 et 15), à 18 heures. Durée : 2h20. En allemand surtitré.

 

 

Brigitte Salino (Berlin, envoyée spéciale) 
Journaliste au Monde


Lire l'article entier  sur http://www.lemonde.fr/festival-d-avignon/article/2015/06/30/lars-eidinger-l-homme-qui-joue_4664759_4406278.html#bQD7mLdcFFzXBmqW.99

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Fleur Pellerin annonce une série de mesures en faveur des jeunes créateurs

Fleur Pellerin annonce une série de mesures en faveur des jeunes créateurs | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Le Point (AFP)

 

De nouveaux lieux pouvant devenir des résidences d'artistes, création d'un diplôme national de danse hip hop ou des classes préparatoires publiques culturelles: la ministre de la Culture a annoncé mardi une vingtaine de mesures en faveur des jeunes créateurs.

Issues de la réflexion menée pendant trois mois dans le cadre des "Assises de la jeune création" - auxquelles ont participé 150 représentants de diverses disciplines - ces mesures visent à "aider les jeunes créateurs dans leur travail et leur vie quotidienne", explique-t-on au ministère de la Culture.

"La jeunesse crée les créateurs", a déclaré Fleur Pellerin venu clore ces Assises au Centre national de la Danse, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

La ministre a annoncé la mise en place de "partenariats entre générations" qui permettront à de grands noms du spectacle vivant d'accompagner de jeunes talents dans leur démarche artistique.

"Je souhaite que le compagnonnage soit développé pour permettre à un jeune porteur de projet de bénéficier de l'aide et de l'accompagnement d'une équipe artistique confirmée", a expliqué Fleur Pellerin.

"Nous sommes aussi conscients de la grande précarité à laquelle sont confrontés bien des jeunes artistes", a-t-elle ajouté.

C'est pourquoi une partie des logements vides du parc immobilier du ministère de la Culture sera rénovée et dédiée au travail des artistes.

Pour faciliter leur accès au logement, la ministre a dit vouloir engager "une étude pour créer des foyers de jeunes créateurs sur le modèle des foyers de jeunes travailleurs".

"Ces foyers seront à la fois des espaces de vie, de travail et de services mutualisés des artistes pendant leurs études et leurs premières années d'exercice", a dit Fleur Pellerin.

Elle a aussi annoncé la mise place, aux côtés des classes préparatoires privées, de classe préparatoires publiques destinées à accueillir les élèves en difficulté sociale. Ces classes ouvrent l'accès aux établissements d'enseignement supérieur artistique et culturel (écoles d'architecture, beaux-arts, conservatoires, etc.)

Le projet de loi sur la liberté de création, qui sera présenté en conseil des ministres début juillet, prévoit l'octroi du statut d'étudiant aux élèves de ces classes préparatoires, ce qui leur permettra de bénéficier de bourses sur critères sociaux, précise-t-on au ministère.

Plusieurs mesures concernent aussi le street art (graffiti, pochoir...), avec notamment un appel à projet sur dix murs, dans toute la France, dans le cadre de la commande publique.

La danse hip hop sera prochainement sanctionnée par un diplôme national supérieur et trouvera ainsi "toute sa place à côté du classique, du contemporain, du jazz", a dit Fleur Pellerin.

 

 

L'intégralité des mesures www.culturecommunication.gouv.fr

 
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Feydeau sur le gril à Grignan

Feydeau sur le gril à Grignan | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Philippe Chevilley dans Les Echos

 


Quand le diable s'en mêle (d'après Georges Feydeau.Mise en scène de Didier Bezace.Fêtes nocturnes de Grignan (04 75 91 83 65). Jusqu'au 22 août. 2 h 15.)
On décrit souvent le théâtre de Feydeau comme une mécanique diabolique. Didier Bezace a choisi de convoquer le diable en personne pour monter tout l'été devant le beau château de Grignan trois courtes pièces du maître du vaudeville. Revêtant les habits de la sage-femme Mme Virtuel dans « Léonie est en avance », du messager Joseph dans « Feu la mère de Madame » et de Toto dans « On purge bébé », Satan s'amuse comme un petit fou à souffler sur les braises de l'enfer conjugal.
Décor diabolique
On rit. On rit beaucoup dans cette trilogie burlesque rebaptisée « Quand le diable s'en mêle », tout en étant peu à peu gagné par la noire ironie et la folie méchante de ces caricatures de vies bourgeoises tournant à vide. Femme hystérique victime d'une grossesse nerveuse ; choc provoqué par l'annonce par erreur du décès d'un « proche » ; tentative de purge d'un jeune garçon récalcitrant… L'absurde, le surréalisme sont tapis dans les recoins de ces vies de rien, enfantés par un esprit malin - celui de Feydeau -, voire le Malin tout court.
Le décor lui-même est diabolique. Jean Haas a conçu une géniale boîte à malice en plan incliné qu'on remarque à peine lorsque l'on s'assoit sur les gradins. Le discret tremplin de bois va s'animer au cours de la représentation, révélant trappes et tiroirs, se transformant en lit ou en bureau. D'épais fumigènes aux allures de nuages de soufre marquent les apparitions du diable et les passages d'une pièce à l'autre. Le vaudeville, « délocalisé » dans un monument historique et sous les étoiles, a l'étoffe d'un rêve, délicieusement drôle et mauvais…
Philippe Bérodot est un diable parfait - en femme, homme, enfant -, jovial, carnassier et ambigu à souhait. Il communique sa joie perverse au reste de la troupe - Thierry Gibault, Ged Marlon, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster et Luc Tremblay -, comédiens aguerris capables de changer de personnage en un clin d'oeil et de porter le rire à incandescence, jusqu'à ce qu'il devienne noir et calciné.
Didier Bezace met en scène ce diable de Feydeau avec élégance et un soupçon de mélancolie, sans jamais pousser le bouchon trop loin. Ce triple vaudeville est d'abord conçu pour divertir. S'il nous égratigne l'âme au passage, tant mieux, tant pis. Le monde est laid, il vaut mieux en rire. « Quand le diable s'en mêle », sur les toits de la Drôme, on est au paradis.
Philippe Chevilley

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Cartoucherie: quel avenir pour le Théâtre de l'Aquarium?

Cartoucherie: quel avenir pour le Théâtre de l'Aquarium? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Le mandat de François Rancillac, directeur de l'établissement, arrive à échéance dans un an. Une transformation en «simple lieu de fabrique ou de résidence de compagnie» est envisagée par le ministère de la Culture.

Le Théâtre de l'Aquarium qui fait partie de l'ensemble de la Cartoucherie de Vincennes, est inquiet pour son avenir, alors que le mandat de son directeur vient à échéance l'année prochaine. Transformation du lieu et diminution des subventions inquiètent le public et les occupants.

«François Rancillac (directeur du théâtre) est remercié par le ministère de la Culture et devrait quitter la direction du Théâtre de l'Aquarium en juin 2016», affirme un communiqué de l'Aquarium. Selon ce texte, une «diminution de subventionnement du lieu puis sa transformation en simple lieu de fabrique ou de résidence de compagnies» est envisagé par le ministère, compromettant son activité actuelle.

 

Une pétition lancée sur Internet sous le titre «Pour que le Théâtre de l'Aquarium demeure un théâtre de service public» a recueilli en trois jours 3300 signatures.

 

«L'État n'a jamais envisagé de se désengager du Théâtre de l'Aquarium», a-t-on indiqué lundi au ministère de la Culture. L'État verse à cette scène conventionnée 743.000 euros de subvention par an, que François Rancillac souhaitait voir augmenter. «Un renouvellement ne va jamais de soi», observe-t-on dans l'entourage de Fleur Pellerin. Mais la «discussion» ouverte avec le directeur de l'établissement n'a donné lieu à «aucune décision». Le projet pour 2016-2018 de François Rancillac, qui brigue un troisième mandat de trois ans, est en cours d'examen, pour une décision attendue à la rentrée.

François Rancillac, personnalité du théâtre qui a notamment dirigé le Théâtre du peuple de Bussang et la Comédie de Saint-Etienne, avait été choisi en 2009 par le ministère de la Culture sur la base d'un projet avec des artistes de théâtre et de musique, des auteurs, des amateurs et des comédiens en formation.

Le Théâtre accueille en juin le Festival des écoles du théâtre public.

 
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Directeur du Maillon, Bernard Fleury contre les "épiciers" de la culture - Rue89 Strasbourg

Directeur du Maillon, Bernard Fleury contre les "épiciers" de la culture - Rue89 Strasbourg | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Publié par Marie Bohner pour Rue89 Strasbourg Bernard Fleury a dirigé le Théâtre du Maillon pendant treize ans, et laisse à la nouvelle direction une place confortable : un nouveau théâtre en perspective et des salles qui ne désemplissent pas. Il a même pris le temps de concocter une dernière saison électrique, à l’image de toutes celles qui ont précédé. Rencontre avec un futur retraité du spectacle vivant, ou presque.

Bernard Fleury a une marotte lorsqu’il parle de spectacle vivant : l’économie de la création artistique. C’est amusant quand on sait que lui-même veut sortir de « cette mentalité d’épicier dans laquelle le milieu de la culture est tombé dans les dix dernières années ». C’est de façon aussi frontale qu’évidente qu’il aborde donc ce sujet avant même la première question, faisant part des difficultés entraînées par les coupes budgétaires :

« On construit une saison avec des partenaires qui apprennent au dernier moment qu’on leur a coupé les vivres, comme à Chambéry. Ce trou économique dans la tournée de la compagnie, il faut bien le compenser. On doit donc aller prendre en charge un trou qui n’est pas de notre responsabilité. C’est un vrai problème. Voilà la façon très désordonnée dans laquelle les financements de théâtre locaux sont gérés. Cela explique aussi pourquoi le Ministère de la Culture est opposé à ces retraits subits de subventions : c’est parce qu’ils ont des conséquences sur l’économie globale du spectacle vivant. »

« L »important, c’est que tout le monde partage les pertes »

Il est vrai aussi que la situation n’a pas toujours été de tout repos entre le Maillon et la Ville de Strasbourg en terme de négociations budgétaires, et que le ton a pu monter parfois. La construction du nouveau théâtre, qui doit ouvrir ses portes en 2018, et ses moyens futurs ont fait l’objet de nombreuses controverses. Il semble cependant qu’aujourd’hui Bernard Fleury se satisfasse des annonces de la municipalité en terme d’égalité de traitement et de clarté de positionnement :

« Disons que le fait que les subventions ne sont pas ré-actualisées (par la Ville de Strasbourg chaque année ndlr) est une perte réelle de moyens, puisqu’il y a l’inflation des produits, des salaires, etc. Mais à partir du moment où on dit clairement à tout le monde que l’engagement de la Ville, c’est de garder les subventions à l’égal de ce qu’elles étaient l’année dernière, tout le monde sait qu’il y a une perte, mais cette perte est partagée, ce qui est important. La collectivité demande certes à tout le monde de se serrer la ceinture, mais ce n’est pas rédhibitoire. Suite à cette position claire de la Ville, le ministère s’est engagé à faire de même. Pour les trois ans qui viennent, chacun sait comment il peut planifier son travail. »

Bernard Fleury (photo Alexandre Schlub)

« Il va falloir réduire la voilure »

« Il va falloir réduire la voilure, la question est de savoir si cette réduction va porter sur le fonctionnement, les accueils ou les coproductions. Il y a des économies qui peuvent être recherchées dans le fonctionnement. Mais il est vrai aussi qu’on cherche déjà depuis des années à réduire ces dépenses. Nous avons un problème certain à résoudre, mais c’est loin d’être aussi catastrophique qu’ailleurs. De nombreux théâtres en France ont vu, de but en blanc, leurs subventions réduites, les uns de 5%, d’autres de 30%. »

Le Maillon, dont le travail est déjà bien étendu au niveau transfrontalier et ouvert sur la création européenne et internationale semble aussi être à l’abri de grandes remises en question dans le cadre de la réforme de la grande région.

 

 

Lire l'article entier : http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2015/06/27/culture/bernard-fleury-maillon-saison-2015/

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Le CnT vous signale : Appel à projet 2016-2017 de la Fédération d’Associations de Théâtre Populaire

Le CnT vous signale : Appel à projet 2016-2017 de la Fédération d’Associations de Théâtre Populaire | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le CnT vous signale : Appel à projet 2016-2017 de la Fédération d’Associations de Théâtre Populaire 

Chaque année, la Fédération d’Associations de Théâtre Populaire (F.A.T.P.) soutient un projet de création en diffusant dans son réseau la première mise en scène en France d’un texte francophone d’un auteur vivant. Outre la tournée commune, ce soutien comporte également un apport en production. 

Compte tenu de la diversité des lieux et des contraintes techniques et financières de chaque association, le spectacle doit notamment tenir compte des conditions suivantes (liste non exhaustive) : 
- la date de création aura lieu durant la saison suivant le choix par la Fédération, et la création avoir lieu au plus tard en janvier afin de permettre une tournée entre les mois de janvier et avril. 
- Le spectacle doit pouvoir s’adapter aux lieux mis à la disposition de chaque association. (Ainsi, la hauteur minimum rencontrée est de 4,57 mètres, et l’ouverture maximum est de 17,80 mètres). La compagnie devra donc inclure les spécificités techniques de tous les lieux au moment de la conception du décor. 
- Il n’y a pas toujours de cintres, ni de grill technique. 
- Le montage, la représentation et le démontage doivent se faire dans la journée (3 services). 
- Les fiches techniques des différents lieux sont communiquées à la compagnie dès que le choix est arrêté. 
- Le montant moyen constaté ces dernières années du cachet par représentation, hors transport et défraiements est de l’ordre de 3900€. 
A l’issue de la production, la compagnie fournira à la FATP un compte d’exploitation. 

Les projets doivent parvenir - par courriel - au plus tard le 5 septembre de chaque année. 
Par projet, s’entend un dossier comprenant au moins : 
- Le texte définitif 
- La biographie de l’auteur 
- une attestation de l’auteur datée de moins de 3 mois et précisant que le texte n’a jamais été porté à la scène 
- La note d’intention de mise en scène (précisant le rapport à l’espace, la scénographie, le son, la vidéo, les costumes, le type de jeu…) 
- Le CV du metteur en scène 
- La distribution envisagée 
- Les éléments techniques connus ou envisagés 
- Le budget de production (hors exploitation) 
- Le prix de vente en tournée 
- Les périodes de création (date de la première) et de tournée
- la fiche synthétique dûment complétée. 

ENVOI DU DOSSIER 
Ce dossier précise les conditions de l’appel à projet. Merci de le lire ATTENTIVEMENT. 
L’envoi du projet (texte, dossier et fiche synthétique complétée) devra arriver par courriel au plus tard le 5 septembre à : FederationATP@gmail.com en précisant dans l’objet du courriel : FATP + « titre du projet ».


Téléchargez l'appel à candidature


http://wents-users.cccommunication.biz/99645/docs/appel_a_projet_2016-17.pdf
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