Revue de presse théâtre
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"La Putain de L'Ohio", de Hanokh Levin, mise en scène Laurent Gutmann

"La Putain de L'Ohio", de Hanokh Levin, mise en scène Laurent Gutmann | Revue de presse théâtre | Scoop.it
de Hanokh Levin, traduction de Laurence Sendrowicz - Ed. Théâtrales
création française

mise en scène et scénographie Laurent Gutmann avec Guillaume Geoffroy, Éric Petitjean et Catherine Vinatier

Le vieil Hoyamer, son fils et une putain... Du sexe et de l’argent, de l’espoir et du rêve... Une pièce métaphysique qui n’en a pas l’air. Drôle, cru et décapant. Du Levin pur jus !

" C’est le fruit d’une folle pensée dialectique, au fil d’un dialogue à la verdeur, pour le coup, littéralement jouissif. Gutmann joue le jeu franchement, à fond la caisse dans l’économie d’une scénographie drastique… Le luxe réside dans l’interprétation, d’une audace constamment maîtrisée, d’une élégance exemplaire dans les postures les plus osées. Ça vous donne un trio tragicomique sorti de derrière les fagots. C’est sacrément gonflé sans un poil de vulgarité. Simplement de l’Humanité palpitante, du bel et bon excès de la chute des corps et l’envol des rêves, au sein d’une histoire à coucher dehors, dans laquelle l’argent tient le haut du pavé et assure hardiment son rôle d’équivalent général du sexe et de la mort."

 

Jean-Pierre Léonardini - L’Humanité

 

 Et aussi : Stéphane Capron pour sceneweb : http://www.sceneweb.fr/2012/11/laurent-gutmann-met-en-scene-la-putain-de-l%E2%80%99ohio-de-hanokh-levin/

 

 

Plus d'informations sur le spectacle sur le Site du Théâtre de l'Aquarium : http://www.theatredelaquarium.net/La-putain-de-l-Ohio

 

 

8 > 30 novembre 2012 / du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h au Théâtre de l'Aquarium, Cartoucherie

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"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

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Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

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Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

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Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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Nouvelle Comédie à Genève, le bal des prétendants

Nouvelle Comédie à Genève, le bal des prétendants | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Alexandre Demidoff et Marie-Pierre Genecand pour Letemps.ch


Avec ses deux salles ultra-modernes, ses quelque 12 millions de subventions espérées, le futur théâtre genevois attise les ambitions en Suisse et à l’étranger. «Le Temps» révèle les noms des principaux candidats romands


Lire l'article entier sur le site du Temps :

https://www.letemps.ch/culture/2016/07/22/nouvelle-comedie-geneve-bal-pretendants?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

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Un Avignon 2016 plus que jamais à l'écoute de son temps

Un Avignon 2016 plus que jamais à l'écoute de son temps | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Culturebox le 26 juillet 2016


Le plus grand festival de théâtre du monde aurait pu nous faire rêver, nous faire oublier les drames contemporains. Il a creusé au contraire les déviances, les plaies, le mal, interpellant, alertant de manière saisissante. "C'est le devoir de l'artiste de protester, de partager ses intuitions", résume le metteur en scène polonais Krystian Lupa. Et le public était au rendez-vous.


 "Les Damnés" dans une mise en scène puissante et dérangeante du belge Ivo van Hove, avec la Comédie-Française, a donné le coup d'envoi et le ton du festival. Le basculement d'une famille de riches industriels dans le nazisme qui se conclut sur l'image du seul survivant, Martin, mitraillant la salle, a glacé d'effroi tout en remportant un succès public et critique. Cette référence au Bataclan, qui résonnera quelques jours plus tard avec une autre forme de barbarie, à Nice. Alors que démarrait à Avignon, la pièce "20 Novembre" de Lars Noren, mis en scène par Sofia Jupiter, sur un jeune tueur de masse qui pourrait être celui de Munich. Terrible balancement de la fiction à la réalité, de la réalité à la fiction, qui a ponctué cet Avignon 2016. 


 Autre spectacle marquant sur la notion du bien et du mal : "2666". Une adaptation du roman chilien de Roberto Bolano par Julien Gosselin. Un marathon de 12 heures, exaltant, douloureux parfois, prenant jusqu'au bout, avec en point d'orgue, un autre cimetière. Celui de Ciudad Juarez, petite ville à la frontière nord du Mexique, où des jeunes femmes ont été assassinées par dizaines, dans l'indifférence générale, il y a 20 ans.
Le mal, la naissance des utopies...

La léthargie, l'incompréhension entre la classe politique et les citoyens, mais aussi de manière dérisoire la naissance des utopies, sont les autres thèmes creusés par Maëlle Poésy dans une fable grinçante et burlesque : "Ceux qui errent ne se trompent pas". Ou quand une démocratie, incapable de se remettre en question, sombre dans l'autoritarisme et la répression. 


Le pouvoir de conviction d'un seul sur tous 


 Cette intoxication des esprits est au coeur de "Place des Héros", mis en scène avec une sobriété et une force remarquable par Kristian Lupa. A travers la dernière pièce de Thomas Bernhard sur le retour des idées nationalistes à Vienne, Lupa fustige la classe politique autrichienne et anticipe les victoires électorales de l'extrême droite, à quelques semaines d'un nouveau vote pour la présidentielle...


 L'embrigadement, le pouvoir de conviction d'un seul sur tous, sont décortiqués également de manière implacable par Thomas Jolly dans "Le radeau de la méduse". 13 enfants, rescapés des bombardements allemands, passent d'une utopie collective à la barbarie, de la solidarité à la cruauté. 


Impossible d'échapper, même dans les spectacles qui ne font pas référence directement à la politique, au questionnement sur l'ambiguité de l'homme, comme dans le "Karamazov" d'après le livre légendaire de Dostoïevski. Jean Bellorini explore de manière obsessionnelle, l'innocence et l'injustice, l'enfance bafouée et la culpabilité de l'homme. Cela à ciel ouvert, dans le cadre magnifique de la Carrière de Boulbon. 


 Et c'est au carrefour de la responsabilité intime et de la responsabilité publique que s'inscrit les quatre pièces d'Eschyle, par le directeur du festival, Olivier Py. Eschyle, le tout premier dramaturge qui déjà, il y a 2500 ans, interpellait le peuple grec sur la démocratie à Athènes. 


L'humour du côté des Belges et du Off 


 Deux spectacles, tous deux belges, auront redonné le sourire aux festivaliers : le musée délirant du collectif FC Bergman ("Het Land Nod") où les hommes s'ébattent dans un monde trop grand pour eux sans jamais renoncer… Et la recréation par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet de leur "Babel 7.16", dans lequel la singularité n'est plus synonyme de rejet.



Une réconciliation qui pointe aussi dans une pépite du Off, "We love Arabs", dans lequel le chorégraphe israélien Hillel Kogan pulvérise les préjugés et les créateurs qui se la jouent. Ce duo mordant et réjouissant, qui mêle danse et théâtre, est appelé à tourner dans tout le pays. Bien plus efficace qu'un long discours…



UNE FRÉQUENTATION EN HAUSSE DE 6,5% 


Le Festival d'Avignon a fait le plein cette année, en dépit de l'attentat du 14 juillet à Nice, avec 95% de fréquentation contre 93% en 2015, ont annoncé dimanche les organisateurs.
"C'est un public engagé qui est devenu un public résistant", a estimé le directeur du festival, Olivier Py, notant une augmentation de la fréquentation de cette 70e édition malgré "l'attentat épouvantable" commis à Nice.
Les 63 spectacles ont attiré 120.000 spectateurs sur 126.000 billets mis en vente, soit 5000 de plus qu'en 2015, a précisé le metteur en scène, au côté de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay.
La fréquentation totale du festival, qui comptait pourtant trois jours de moins que l'an dernier, a augmenté de 6,5%.




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Kirill Serebrennikov redonne vie aux «Ames mortes»

Kirill Serebrennikov redonne vie aux «Ames mortes» | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Avec cette mascarade grimaçante sur la soif de spéculation dont l'actualité frénétique ne se dément pas, le metteur en scène russe a clôturé en beauté le Festival.
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A Avignon, un parfum d’apocalypse joyeuse

A Avignon, un parfum d’apocalypse joyeuse | Revue de presse théâtre | Scoop.it

par Fabienne Darge dans Le Monde :


Marqué par une fréquentation en hausse et une programmation de haute tenue, explorant avec puissance et cohérence toutes les figures du Mal, porté par les locomotives " 2666 " et " Les Damnés ", le Festival " in " s'est achevé dimanche 24 juillet


Avignon 2016, clap de fin. 


Dimanche 24  juillet, les équipes du festival "  in  " remballent, à la fin des derniers spectacles programmés  : Place des héros, le chef-d'oeuvre de Thomas Bernhard et de Krystian Lupa, Interview, le spectacle de notre confrère Nicolas Truong, et le vertigineux Hearing de l'Iranien Amir Reza Koohestani. Le "  in  " plie bagage, mais le "  off  ", lui, continue jusqu'au 30  juillet dans de nombreuses salles. 


Quelle image retenir en premier lieu, à l'issue de ce festival qui, justement, en a proposé beaucoup, des images, en mettant en avant les formes théâtrales qui se mélangent avec la vidéo  ? 


Difficile de choisir, car c'est une édition de haut niveau qu'ont signée, pour la troisième année de leur mandat, Olivier Py et son équipe.

Les deux premières années avaient été difficiles, en partie pour des raisons dont la direction d'Avignon n'est pas responsable - conflit des intermittents du spectacle en  2014, difficultés financières conséquentes et baisses de subvention en  2015. Mais aussi en raison d'erreurs de programmation. Olivier Py a nettement redressé la barre, pour cette édition 2016 qui est aussi la 70e du festival fondé par Jean Vilar en  1947. En -termes de fréquentation, déjà, ce festival est un succès, puisqu'il affiche un excellent "  taux de remplissage  " de 95  %. Sur nombre de créations, les billets se sont arrachés, et l'on n'a cessé d'entendre des spectateurs se plaindre de n'avoir pas pu acheter de places pour tel ou tel spectacle. 


 Virtuosité impressionnante


 Cette édition 2016 a été tirée par des locomotives puissantes, à commencer par Les Damnés, le spectacle d'ouverture dans la Cour d'honneur du Palais des papes. En adaptant le film de Luchino Visconti sur la montée du nazisme, et en dirigeant la troupe de la Comédie-Française à son meilleur, le metteur en scène flamand Ivo van Hove a fait sensation. Et donné le ton de ce festival, qui s'est fixé comme fil rouge d'explorer toutes les figures du Mal, notamment dans ses déclinaisons politiques, avec la nouvelle montée des nationalismes, mais aussi sur un niveau plus profond et plus intime.

Cette atmosphère de "  cauchemar en suspens  " que chacun peut ressentir, au regard de l'actualité, a aussi baigné le spectacle monstre de ce festival  : 2666, l'adaptation par Julien Gosselin du chef-d'oeuvre de l'écrivain chilien Roberto Bolaño, premier grand livre abordant de front la question du féminicide. 2666, qui était le marathon de cette année, avec douze heures de spectacle, confirme le talent fou de Julien Gosselin, qui n'a que 29 ans, et fait montre d'une virtuosité impressionnante pour mener jusqu'à ses ultimes développements cette histoire où se lient de manière indissoluble la question de la violence et l'amour absolu de la littérature. 


 Si Julien Gosselin n'est pas vraiment une découverte, puisqu'il avait présenté à Avignon, en  2013, Les Particules élémentaires d'après Michel Houellebecq, d'autres artistes sont venus pour la première fois au festival, voire sur les scènes françaises, et ont fait forte impression.

A commencer par l'auteure-actrice--metteuse en scène belge Anne-Cécile Vandalem, qui a été la belle surprise du début du festival, avec Tristesses, spectacle profondément original, et reposant sur un propos parfaitement tenu. Même constat pour le collectif anversois FC  Bergman, avec leur pièce Het Land Nod, qui n'a pas besoin de mots pour déployer les multiples déclinaisons de la catastrophe. 


 Au rayon des découvertes, on peut aussi placer la Suédoise Sofia Jupither, avec sa mise en scène au cordeau de 20 November, monologue percutant dans lequel l'auteur Lars Noren tente d'entrer dans la tête d'un jeune terroriste. Egalement, le chorégraphe libanais Ali  Chahrour, avec Fatmeh et Leïla se meurt, deux très belles pièces inspirées par les rituels de deuil chiites. 


 Ali Chahrour n'était pas le seul à venir du Moyen-Orient, dans ce festival dont c'était un des axes forts  : l'ont accompagné dans ce voyage les Syriens Mohammad Al-Attar et Omar Abusaada, avec Alors que j'attendais, vaste métaphore de la situation dans leur pays, l'Israélien Amos Gitaï, avec Yitzhak Rabin  : chronique d'un assassinat, le Franco-Libanais Marc  Nammour, avec 99, et l'Iranien Amir Reza Koohestani, avec Hearing. 


 Mais, comme celle des femmes, la question moyen-orientale a traversé l'ensemble du festival, avec des spectacles comme Caen Amour, la pièce du chorégraphe new-yorkais Trajal Harrell. Plus généralement, ce sont des interrogations sur la religion, la langue, la frontière, l'identité qui ont été brassées dans cet Avignon 2016, à l'image de la deuxième création dans la Cour d'honneur, Babel 7.16, par Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet. 


 Politique, ce festival 2016 l'a donc été autant que les deux précédents, mais avec des formes plus convaincantes sur le plan -artistique. Le maître polonais Krystian Lupa a ainsi offert un nouveau spectacle admirable avec Place des héros, qui plonge au plus profond des racines du Mal, de la haine de l'autre et de la défaite de la pensée et de la culture.

Echos de notre monde tel qu'il va
Olivier Py lui-même a redressé la barre pour son propre compte, cette année, après le chemin de croix qu'avait été son Roi Lear dans la Cour d'honneur du Palais des papes, en  2015. En montant, de manière modeste mais percutante, quatre courtes "  pièces de guerre  " d'Eschyle, il a apporté la pierre de soubassement à toute cette réflexion collective sur la barbarie et les moyens de la combattre. 


Dans les belles réussites, il faut aussi compter la double présence du jeune metteur en scène Thomas Jolly qui, avec sa Piccola Familia,s'est taillé un joli succès en proposant, tous les jours à midi, au jardin Ceccano, un feuilleton sur l'histoire du festival aussi joyeux que dénué de lourdeur commémorative. 


Tout aussi emblématique de sa -capacité à investir des formes classiques - le théâtre de tréteaux, l'expressionnisme... - en leur donnant un nouveau souffle, sa mise en scène du Radeau de la méduse, avec les élèves sortants de l'école du Théâtre national de Strasbourg. 


 Evidemment, il y a eu des déceptions, aussi, dans ce festival, à commencer par la nouvelle création d'Angélica Liddell, qui a semblé à bout de souffle avec ce ¿  Qué Haré yo con esta espada  ? Déception également avec Lenz, ce si beau texte de Büchner, pourtant, mis en scène de manière tellement pesante et vieillotte par Cornelia Rainer que l'on se demande comment ce spectacle, créé en  2012 en Autriche, a pu trouver sa place dans la programmation d'Avignon.


 Cela n'empêche pas que ce festival laisse une impression de haute tenue, et de réelle cohérence dans la composition du puzzle proposé. On l'aura compris, ce sont les échos de notre monde tel qu'il va - mal - qui ont résonné de toutes parts, quitte à ce que flotte dans l'air comme un parfum d'apocalypse - mais une apocalypse joyeuse, évidemment, pour reprendre le titre d'une pièce... d'Olivier Py. "  Avignon n'est pas un festival de divertissement, on y va pour y mettre plus exacte l'horloge de la conscience  ", a souligné le directeur du festival lors de la conférence de presse de clôture, dimanche 24  juillet. 


 Malgré l'attentat du 14 juillet à Nice, "  le public a montré qu'il n'avait pas peur et les artistes ont présenté leur espérance, même si les spectacles ont été durs  ", a ajouté Olivier Py. La ministre de la culture, Audrey Azoulay, qui, c'est une première, était présente à cette conférence de presse, a déclaré que "  la République - est - fière du Festival d'Avignon  ". 


 Quant à l'édition 2017 - qui sera celle des 70 ans du festival -, Olivier Py n'a pas donné d'informations précises. Il a juste annoncé une forte présence de l'Afrique, notamment subsaharienne. On sait par ailleurs que des spectacles de Vincent Macaigne, Caroline Guiela Nguyen ou Richard Brunel sont prévus, ainsi qu'une création d'Olivier Py, pour la quatrième et dernière année de son premier mandat avignonnais, dont on ne sait pas pour l'heure s'il sera renouvelé. 


 Fabienne Darge

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À l'occasion des 20 ans de la disparition de Didier-Georges Gabily

À l'occasion des 20 ans de la disparition de Didier-Georges Gabily | Revue de presse théâtre | Scoop.it
A l’attention de tous ceux de la « galaxie » Gabily

 Cher tous,
A l’occasion des 20 ans de la disparition de Didier-Georges Gabily, nous avons eu le désir de créer cette année un « petit événement ». 

Ni une messe, ni une commémoration mais un événement festif, une fête qui ne soit pas seulement un rassemblement des « anciens combattants » mais qui soit, nous pensons que c’est important, une invitation ouverte au public et particulièrement à la jeune génération d’artistes, celle qui connaît mal ou pas du tout le travail de Didier, et qui aurait ici l’occasion de découvrir, ne serait-ce que quelques heures et de manière empirique, un petit bout de son travail et de son œuvre. 

Cet « événement » aura lieu sur trois jours les 12,13,14 novembre 2016
A Paris, au théâtre Monfort 106 rue Brancion dans le 15ème.
Il s'agira sur ces trois jours d'investir le lieu pour des projections de films, une exposition de photos, de dessins, de textes, pour des lectures, des ateliers, des mises en espace ou lectures de pièces, des rencontres publiques, de la musique et pour boire des coups...Voilà où on en est pour l’instant…que dire d’autre ?

L'idée de cette rencontre est excitante et joyeuse. Une œuvre existe. L'exposition, le partage, la transmission de cette œuvre nous semblent à tous urgente et nécessaire. 

 à bientôt,on espère

 Catherine Baugué, Nadia Vonderheyden, Nicolas Bouchaud, Jean-François Sivadier...
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Hommage de Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, à René Gachet - Ministère de la Culture et de la Communication

René Gachet faisait partie de ces pionniers du développement culturel. En 1978/1979 il a pris la tête de la mission de déconcentration qui accompagnait la naissance des premières Directions régionales des affaires culturelles (DRAC).
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Avignon: un 70e Festival à l'écoute d'un monde déboussolé

Avignon: un 70e Festival à l'écoute d'un monde déboussolé | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Par AFP, publié dans Le Point :
Le théâtre aura rarement été autant en résonance avec l'actualité: alors que l'attentat de Nice endeuillait la France, le 70e Festival d'Avignon a poursuivi sans relâche jusqu'à dimanche son exploration des plaies du monde contemporain. La fréquentation (95% contre 93% en 2015) n'a pas pâti de l'attentat du 14 juillet. Le Festival a comptabilisé 167.000 entrées au total, en comptant les débats et expositions (120.000 pour les seuls spectacles), contre 161.457 entrées l'année précédente.
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Encore une heure si courte : trois clowns acrobates extraordinaires !

Encore une heure si courte : trois clowns acrobates extraordinaires ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Encore une heure si courte : trois clowns acrobates extraordinaires ! Claire Heggen a créé ce spectacle avec des artistes français en 1989, elle le remonte avec trois clowns espagnols extraordinaires. Il est présenté dans le Off à Avignon dans le cadre de Avignon à la Catalane. Et c’est tout simplement époustouflant ! Le théâtre du Mouvement de Claire Heggen et Yves Marc existe depuis 40 ans. Ce spectacle visuel pour trois clowns acrobates est prodigieux d’inventivité. Claire Heggen a travaillé avec le compositeur Georges Aperghis pour créer une partition sonore constituée de syllabes et de sons, uniquement avec la voix des trois interprètes. C’est une symphonie de mots, une langue inventée, dont on parvient par moment à capter quelques expressions. Pau Bachero, Albert Mèlich, Alejandro Navarro sont trois grands circassiens. Des acrobates capables de se contorsionner dans des cubes de petites tailles. Ils sont impressionnants, à la fois clowns, mines, musiciens et acrobates. Ils ne ménagent pas leur corps – toujours en mouvement. Ils sont sur le fil, en lévitation, en instabilité. On tangue avec eux, on frémit de leurs chutes vertigineuses. Ils sont happés par les éléments scéniques comme par magie. Il n’y a aucun temps mort. Ce spectacle est d’une grande richesse technique, sa dramaturgie est en constante évolution. Les trois artistes jouent avec les objets, ils leur donnent vie, comme ces feuilles de papier qu’ils froissent avec frénésie. On croit percevoir le son des mots griffonnés sur ces pages qui constituent à la fin du spectacle une mer de papier. On a envie de plonger avec eux ! Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr Encore une heure si courte Mise en scène Claire Heggen Textes musicaux de Georges Aperghis Avec Pau Bachero, Albert Mèlich, Alejandro Navarro Musique intermédiaire et conseil musical : Richard Dubelski Lumières : Etienne Dousselin Costumes : Jean-Jacques Delmotte Jusqu’au 30 juillet 2016 – 10h20 dans le Off au Théâtre du Girasole • Lundi 22 août 2016 – Festival Au Bonheur des Mômes – Théâtre de la Toupine (74450 En savoir plus sur http://www.sceneweb.fr/encore-une-heure-si-courte-trois-clowns-acrobates-extraordinaires/#RXW1rThObLoQ1KLO.99
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AVIGNON : « LA DICTADURA DO LO COOL », EXPLOSIF ET REJOUISSANT

AVIGNON : « LA DICTADURA DO LO COOL », EXPLOSIF ET REJOUISSANT | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Moment assurément explosif au Festival d’Avignon avec la troupe chilienne « Teatro La Re-Sentida » dirigée par le metteur en scène Marco Layera ! 

Explosif mais sans mitraillettes et autres seaux de sang. 

Marco Layera et sa troupe se sont penchés dans ce travail sur cette catégorie sociale appelée « les bobos » (bobo pour bourgeois-bohême) au sein de la sphère culturelle et dynamisent le mythe avec violence. Constatant, au sein même de la troupe, cet antagonisme qui veut que ces bobos dit « progressistes » se revendiquent d’un mouvement éthique à tout point de vue : valeurs de gauche, commerce équitable, ouverture à toutes les cultures et milieux sociaux mais qu’en même temps ils jouissent et profitent d’un système capitaliste, refermés sur eux-mêmes et fermant la porte à quiconque est extérieur à leur cercle social. Marco Layera et sa troupe recréent cet univers particulier au travers d’une réception donnée en l’honneur d’un ministre de la culture fraîchement nommé. 

L’Intelligentsia chilienne est de la fête mais, en dépit de toutes les attentes, le tout jeune ministre met un coup de pied dans la fourmilière culturelle pour en montrer au grand jour toutes les perversions et refuse violemment à ses « amis » les postes tant convoités. Marco Layera n’y va pas par quatre chemins et met en scène des monstruosités d’orgueils, obscènes en tout. Ces bobos sont hideux et suffisants, ils se vautrent littéralement dans ce décor de fête improvisée en l’honneur du nouveau copain-ministre. 

Champagne, sexe et coke à gogo… 
Ils sont l’essence même de ce qu’ils sont censés combattre, dans une culture sclérosée par le capitalisme et le commerce de l’Art. Marco Layera nous jette en pâture tous ces soupirants du milieu culturel qu’il sait exister partout dans le monde, ces gens très loin de l’honnête-homme dont ils mettent en avant les valeurs tout en ne les respectant jamais, si ce n’est dans un respect de façade et de convenance réciproques. Pour Marco Layera, impossible de changer l’Art et la Culture par ces personnes qui les dévorent de l’intérieur comme des loups drapés dans de faux habits d’anticonformistes. Bien sûr il y a de l’outrance en tout dans ce spectacle où tous sont boursouflés, assoiffés de pouvoir et peuvent lécher les pieds et le cul du ministre pour arriver à leurs fins. Sa mise en scène nous offre ce troublant et magnifique moment dans lequel une performeuse prête à tout, tente, par tous les moyens, de faire plier le ministre dans un moment salace de soumission au pouvoir, dégoulinante de fausse compassion pour sa défunte mère. La Re-Sentida se rit de tout, de nous, mais aussi d’elle-même, avec violence et sans aucune retenue, insufflant un air frais, puissant et bienfaiteur dans un milieu culturel gangréné par l’autosatisfaction perpétuelle, le copinage et les contreparties. On est ici très loin des grandes phrases d’un tel ou d’un autre autour d’une flûte de champagne sur la place de l’Art et de la Culture dans ce monde chaotique. Ici, Marco Layera jette à la figure des spectateurs du monde que nous sommes nos propres incohérences et celles de ces grands projets culturels qui doivent changer le monde et notre vivre-ensemble. Un grand moment de ce Festival d’Avignon 2016 qui détone par sa liberté de ton. 

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[Festival d'Avignon] La leçon de spectacle de Clara Le Picard - Toutelaculture

[Festival d'Avignon] La leçon de spectacle de Clara Le Picard - Toutelaculture | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Il était une fois une metteuse en scène, comédienne et chanteuse qui s’appelait Clara Le Picard. Un jour, alors qu’elle est chez elle, elle reçoit une immense enveloppe accompagnée d’une lettre anonyme : elle ne pourra ouvrir cette lettre que si trois conditions sont réunies : rassembler sur scène un piano, un pianiste, une danseuse, une comédienne et devant eux un public.Tout le monde est là ? Ok. Note de la rédaction : ★★★★★ De l’imagination s’adresse aux enfants déjà grands, au moins 9 ans. La comédienne est sur scène pendant l’entrée du public. Elle tient ferme dans ses bras sa grosse enveloppe et accroche l’attention des mômes en une seconde. Elle ouvre ! Enfin ! L’histoire est géniale : il s’agit de raconter en danse ( avec l’aide de Daniel Larrieu en « conseil gestuel »), en musique et en paroles le quart d’heure pendant lequel Madame Barbe Bleue va chercher à échapper à son sort. Elle rassemble Emmanuel Borghi au piano, Maud Pizon à la danse et Guilhem JeanJean à la régie. S’en suit une idée géniale que la metteuse en scène déroule avec brio : il s’agit de créer le spectacle en live. L’occasion rêvée d’offrir aux mômes une leçon de création mais aussi une plongée fine dans l’histoire de la danse : on apprendra qu’Isadora Ducan dansait pieds nus. Que l’invention de la danse théâtre est signée Pina Bausch… Le fil de l’histoire compte peu, l’essentiel se niche dans la façon dont le chant permet de transmettre un récit, dont la lumière crée une ambiance et comment avec quelques notes de piano, nous entrons dans la pièce interdite de Barbe Bleue. Mais alors … Qui a écrit cette pièce ? Qui a envoyé cette enveloppe ?
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Passionné et généreux, le clown Dimitri est parti rejoindre les étoiles

Passionné et généreux, le clown Dimitri est parti rejoindre les étoiles | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Le clown et mime tessinois Dimitri s'est éteint dans la nuit de mardi à mercredi. Il allait avoir 81 ans en septembre prochain. La nouvelle, apparue sur les réseaux sociaux, a été confirmée par sa famille à RSI.

Encore sur les planches du Teatro Monteverita à Ascona dimanche, Dimitri est décédé après avoir fait un malaise mardi soir. De nombreux hommages lui ont été rendus après l'annonc

Né au Tessin, à Ascona, en 1935, Dimitri Jakob Müller, de son nom de naissance, avait décidé très jeune de devenir clown. Après un apprentissage de potier, il avait entrepris une carrière artistique à Paris, devenant rapidement membre de la compagnie Marcel Marceau. Il avait aussi travaillé avec le clown blanc Maiss.

Après avoir participé à plusieurs tournée du cirque Knie, il fonde avec sa femme Gunda, le "Teatro Dimitri" à Verscio (TI), puis la "Scuola Teatro Dimitri" en 1975 (voir l'interview d'archives ci-dessous).

Avec sa compagnie, il a créé et mis en scène de nombreux spectacles. L'an dernier, pour fêter ses 80 ans, il avait encore réuni sur scène trois générations pour un spectacle poétique et qui donnait le sourire.


Voir l'article avec les vidéos sur le site de la rts : http://www.rts.ch/info/culture/spectacles/7889604-passionne-et-genereux-le-clown-dimitri-est-parti-rejoindre-les-etoiles.html


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Avignon : Thomas Jolly embarque de jeunes acteurs sur « Le radeau de la méduse »

Avignon : Thomas Jolly embarque de jeunes acteurs sur « Le radeau de la méduse » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Fabienne Darge dans Le Monde

A Avignon comme ailleurs, Thomas Jolly est une star, notamment auprès des jeunes. En 2014, à 32 ans, il est ­entré dans la légende du Festival, en mettant en scène Henry VI, de Shakespeare, en un feuilleton théâtral de dix-huit heures plein d’allégresse.

Cette année, il est doublement présent, avec deux belles propositions. Sa compagnie, la Piccola Familia, se taille un joli succès en proposant, tous les jours (ou presque), à midi, son feuilleton sur l’histoire du Festival. Sous les grands platanes du Jardin Ceccano, ce sont des acteurs joyeusement déchaînés qui, à chaque épisode, éclairent cette histoire née en 1947 sous un angle ou l’autre, qu’il s’agisse de souligner l’absence criante d’« autrices » dans la programmation ou d’examiner – diplomatiquement of course – le rôle de la critique.


Georg Kaiser, un auteur trop méconnu en France

Thomas Jolly signe par ailleurs la mise en scène du Radeau de la méduse, de Georg Kaiser, un spectacle qu’il a monté avec la ­promotion sortante de l’Ecole ­supérieure d’art dramatique du Théâtre national de Strasbourg.

Il s’agit bien d’un véritable spectacle, fort réussi, et pas d’un travail d’élèves, comme on peut souvent en voir. La première bonne idée, c’est d’avoir exhumé cette pièce rarement jouée de l’Allemand Georg Kaiser, auteur trop méconnu en France. Né en 1878, ­précurseur de Bertolt Brecht, le dramaturge a connu toutes les blessures et les folies de son pays, mais aussi traversé ses formes ­esthétiques, du naturalisme au néo-impressionnisme, de l’expressionnisme, dont il a été le ­représentant le plus marquant, à une forme de néohumanisme.
L’auteur s’est inspiré d’une histoire réelle : le torpillage par un sous-marin allemand, en septembre 1940, d’un paquebot britannique

Kaiser a écrit Le Radeau de la ­méduse en 1942, alors qu’il était en exil en Suisse, où il mourra en 1945. Il s’est inspiré d’une histoire réelle : le torpillage par un sous-marin allemand, en septembre 1940, d’un paquebot britannique qui transportait des enfants orphelins vers le Canada.

L’histoire donne à Kaiser ­matière à une fable tragique, aux rouages bien agencés. Suite au naufrage, treize enfants ont été sauvés, et se retrouvent sur un canot de sauvetage, perdus au milieu de la mer, avec deux caisses de provisions et un bidon d’eau douce.

En sept jours, le temps qu’il fallut à Dieu pour créer le monde, ils vont passer d’une utopie collective et égalitaire à la barbarie.

Des enfants fuyant la guerre, une embarcation de fortune soumise aux dangers de l’océan… L’histoire résonne fortement avec l’actualité, d’autant plus que c’est le fanatisme religieux qui va être le ­déclencheur de la tragédie.
Une belle scénographie

Très vite, deux leaders se détachent dans le groupe : Ann et ­Allan. Ils s’aiment, ils vont même se marier sur le bateau, mais ils n’ont pas les mêmes idées. Allan s’accrochera jusqu’au bout à son idéal humaniste, tandis qu’Ann suit son obsession : ils ne seront jamais sauvés tant qu’ils seront treize sur le bateau. C’est elle qui gagnera, et ­amènera le groupe à se débarrasser de l’un d’entre eux pour ­pouvoir survivre.

Thomas Jolly n’a pas tiré de ­manière facile sur la corde qui ­relierait ce Radeau à l’actualité. Il met en scène la pièce pour elle-même, dans une magnifique ambiance nocturne, avec le canot de bois tournant sur lui-même au centre de la scène – le travail scénographique, effectué avec les élèves, est très beau. Il joue avec les formes expressionnistes, aussi, qui évitent à son spectacle d’être bêtement naturaliste.

Le jeu travaillé avec les douze élèves, six filles et six garçons – plus un enfant acteur – est un peu formel, mais très choral, et tout cela finit par donner toute sa force à la pièce de Kaiser, à l’heure ou la Méduse pourrait bien nous dévorer à nouveau, nous aussi.

Le Radeau de la méduse, de Georg Kaiser. Mise en scène : Thomas Jolly. Gymnase du lycée Saint-Joseph, 15 heures, jusqu’au 20 juillet. Tél. : 04-90-14-14-14. Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, Jardin Ceccano, jusqu’au 23 juillet à 12 heures. Entrée libre. www.festival-avignon.com/fr/spectacles/2016/le-radeau-de-la-meduse
Par Fabienne Darge (Avignon, envoyée spéciale)


Photo : Le Radeau de la méduse, de Georg Kaiser mis en scène par Thomas Jolly. | Christophe Raynaud de Lage

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Théâtre: la MC93 de Bobigny, un "lieu public" pour "avoir moins peur les uns des autres"

Théâtre: la MC93 de Bobigny, un "lieu public" pour "avoir moins peur les uns des autres" | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Par AFP, publié dans Le Point :

Faire du théâtre un "lieu public", où l'on peut "se rencontrer et avoir moins peur les uns des autres": c'est le projet d'Hortense Archambault pour la MC 93, qui rouvrira en mai 2017 après 3 ans de travaux.
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AVIGNON : OLIVIER PY FAIT ENTRER ESCHYLE EN RESONANCE AVEC NOS TEMPS PERTURBES

AVIGNON : OLIVIER PY FAIT ENTRER  ESCHYLE EN RESONANCE AVEC NOS TEMPS PERTURBES | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Pierre Salles pour Inferno-magazine :


« Prométhée enchainé - Eschyle, pièces de guerre » d’Eschyle, texte fradnçais et mise en scène : Olivier Py – Festival d’Avignon 2016. 


C’est au cœur de l’église Sainte-Marie de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon qu’Olivier Py met en scène cette année une compilation des pièces d’Eschyle, soit « Prométhée enchaîné et la Trilogie de la guerre». Sur un long plateau d’une quinzaine de mètre allant de la nef à l’abside effondrée, Olivier Py place le public dans un espace bi-frontal, légèrement plus bas que la scène. Sans rien enlever à la visibilité du spectacle, une habile scénographie place directement les spectateurs comme des mortels sous l’autorité toute puissante des dieux grecs avec « Prométhée enchaîné » ou, parfois, dans la position du chœur entourant la scène.
Sur un rocher, les deux serviteurs de Zeus : Kratos et Bia enchaînent Prométhée, puni par le Roi des dieux pour avoir donné le feu aux hommes. Ici pas de mortels mais seulement des dieux qui vont se succéder aux pieds de Prométhée enchaîné, tantôt afin qu’il revienne sur les griefs qu’il a envers Zeus et ainsi en adoucir son courroux, tantôt, comme Io, afin de connaître l’avenir. 


Olivier Py ne s’est pas trompé dans sa scénographie. La scène légèrement surélevée place les comédiens au cœur du panthéon et nous ramène là à notre rang de modestes mortels, spectateurs de cette tragédie des dieux. Le comédien Frédéric le Sacripan, dans le rôle de Prométhée, inonde le plateau d’une aura toute divine, tout est tragédie dans son jeu et l’abside, ouverte vers un somptueux paysage, nous fait pénétrer un peu plus encore au cœur du théâtre grec.
Les autres pièces de guerre nous ramènent chez les mortels mais Eschyle, même s’il place la guerre au centre de ses pièces, n’en oublie pas l’omniprésence et l’autorité des dieux sur les hommes. 


La deuxième pièce présentée est « Les Suppliantes ». Ici, malgré les risques de guerre, le roi Pélasgos d’Argos accueille les Danaïdes et fait voter le peuple afin de les protéger. Une fois encore les trois tragédiens interprètent tour à tour les principaux protagonistes : Pélasgos, Danaïdes en exil ou Égyptiades qui, sûrs de leur bon droit, sont prompts à déclencher la guerre. Sur un plateau nu, en costumes sombres et intemporels, ils nous transportent par leurs cris déchirants au cœur d’une tragédie universelle et éternelle dans un propos forcément actuel sur la place des femmes, de la démocratie et sur le sort réservé aux migrants. Olivier Py, en montant ce chef d’œuvre de près de 26 siècles, reste dans le droit fil de ce Festival qui se veut politique. 


Les deux autres pièces : «Les Sept contre Thèbes » et « Les Perses » recentrent encore le sujet sur la guerre avec son lot de tueries et de mensonges. Avec la première, Olivier Py se réfère à notre époque d’images grâce à l’oracle décrivant les images des boucliers des 7 chefs qui attaquent Les portes de Thèbes en scrutant avec un regard visionnaire un écran de télévision. Même si la ficelle est un peu tirée par les cheveux, elle fait sourire tant la béquille fonctionne bien sur le plateau. L’information actuelle est vue comme un nouvel oracle ou un suppôt du pouvoir. 


Cette pièce termine la malédiction d’Œdipe puisque les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice, s’entretuent pour le pouvoir.
La dernière des quatre pièces présentées, « Les Perses », termine en beauté cette soirée dans un bain de sang et d’orgueil. Elle nous ramène paradoxalement aux seuls faits historiques de la soirée puisqu’il s’agit de retracer la bataille de Salamine perdue par les Perses. Le texte s’inscrit bien dans une tragédie dans la mesure où Eschyle place le discours dans la bouche des guerriers perses. Nous assistons ici à la mort de l’immense empire construit par Darius. Son fils Xerxès, enivré par la puissance et le pouvoir, sourd aux espérances de paix de son peuple, entraîne ses armées vers une guerre dont la victoire ne fait aucun doute. Aveuglé par son orgueil, Xerxès perd la guerre et son armée est décimée. Ici encore, Eschyle colle à l’actualité de notre monde contemporain où l’espérance de paix n’a jamais été aussi présente chez les peuples. 


Le propos donne le tournis tant il semble se répéter au fil des siècles. Faisons-nous donc toujours les mêmes erreurs ? Les tragédies écrites il y 26 siècles ne nous ont-elles donc rien appris ?
Olivier Py a brillamment joué la sobriété dans sa mise en scène, gommant le superflu et s’attachant au caractère contemporain du propos. Il est fortement aidé en cela par les trois fantastiques comédiens que sont Philippe Girard, Frédéric Le Sacripan et Mireille Herbstmeyer. Leurs cris déchirants des passions et des douleurs humaines, comme hurlés au ciel, résonnent dans cette église transformée par la magie du spectacle en théâtre de Dionysos. Les oiseaux virevoltant au-dessus de nos têtes semblent des messagers des dieux.



 La nuit tombante teinte le ciel de violet et les remparts du Fort Saint-André deviennent les remparts d’Argos. La voix de Mireille Herbstmeyer frappe les murs comme le ferait celle d’une prêtresse dans un temple grec. Face à la nef, elle semble parler aux dieux. Olivier Py nous permet de ressentir toute la force et l’universalité de ces tragédies grecques qui, 26 siècles plus tard, nous paraissent toujours actuelles, aussi bien dans leur propos que dans leur forme, rudes, poétiques et incroyablement politiques. 


 Pierre Salles 


Photo C. Raynaud de Lage – Festival d’Avignon 

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Décès de René Gachet, pionnier du développement culturel en France

Décès de René Gachet, pionnier du développement culturel en France | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Par Cécile Mazin,
le lundi 25 juillet 2016 

Décès de René Gachet, pionnier du développement culturel en France
 

Ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture, René Gachet est décédé, et Audrey Azoulay a rendu hommage à cet homme et son travail pour la rue de Valois. Il comptait, à titre personnel, parmi les membres fondateurs de l’association des amis de l’artiste-peintre Jean Couty. Il s’était beaucoup investi dans le monde du théâtre, notamment avec le journaliste Jean-Jacques Lerrant, décédé en 2011.

René Gachet faisait partie de ces pionniers du développement culturel. En 1978/1979 il a pris la tête de la mission de déconcentration qui accompagnait la naissance des premières Directions régionales des affaires culturelles (DRAC). 

Il a ensuite dirigé avec enthousiasme plusieurs de ces DRAC, mettant à profit sa curiosité pour découvrir les nouveaux territoires qui lui étaient confiés.

Il avait terminé sa carrière en 1998, à la tête de la DRAC d’Ile-de-France, après avoir été membre du cabinet de Jacques Toubon. 

Une fois à la retraite, l’amour de l’art dramatique ne l’a pas quitté : il était président d’honneur des Journées de Lyon des auteurs de théâtre.

Homme de convictions, René Gachet savait encourager les artistes et les acteurs culturels par son regard bienveillant.
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Olivier Py : “Cette année, le très nombreux public du festival d'Avignon s’est fait militant”

Olivier Py : “Cette année, le très nombreux public du festival d'Avignon s’est fait militant” | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Fabienne Pascaud dans Télérama Avec un taux de fréquentation en hausse de 6,55% par rapport à l'an dernier, la 70e édition du Festival se termine sur des bonnes notes. C'est avec sérénité que le directeur du festival dresse le bilan. Entretien.


Lire en suivant ce lien : http://www.telerama.fr/scenes/olivier-py-cet-annee-le-tres-nombreux-public-du-festival-d-avignon-s-est-fait-militant,145591.php

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Une politique contre le terrorisme

Une politique contre le terrorisme | Revue de presse théâtre | Scoop.it
De part et d’autre de la Méditerranée, une vague d’attentats s’abat sur nombre de villes. Après celui de Nice le 14 juillet dernier, l’état d’urgence a été prolongé de trois mois. Sans doute cette mesure était nécessaire.
Le spectateur de Belleville's insight:
Tribune par Cyril Dion, co-réalisateur avec Mélanie Laurent du film «Demain». Extrait :
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Avignon, le chemin des drames : Les âmes mortes d'après Gogol, mise en scène Kirill Serebrennikov

Avignon, le chemin des drames : Les âmes mortes d'après Gogol, mise en scène Kirill Serebrennikov | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Véritable caisse de résonance de l’actualité tragique de ces derniers jours, la 70e édition, axée autour de pièces aux textes sombres et pessimistes, s’est achevée ce week-end.
Le spectateur de Belleville's insight:
Lire l'article entier sur le site de Libération : http://next.liberation.fr/theatre/2016/07/24/avignon-le-chemin-des-drames_1468224
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L'Afrique subsaharienne sera l'invitée du Festival d'Avignon en 2017 !

L'Afrique subsaharienne sera l'invitée du Festival d'Avignon en 2017 ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it
L'Afrique subsaharienne sera l'invitée du Festival d'Avignon en 2017 ! Après le Moyen-Orient cette année, Olivier Py, le directeur du Festival d’Avignon a annoncé que l’Afrique subsaharienne fera l’objet d’un focus lors de la 71ème édition du Festival d’Avignon en 2017 ! Fort du succès de la présence de metteurs venus de Syrie, du Liban ou d’Iran, le festival d’Avignon continue son ouverture vers d’autres esthétiques. On pourrait ainsi peut-être croiser en 2017 Dieudonné Niangouna ou Julien Mabiala Bissila ? Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr En savoir plus sur http://www.sceneweb.fr/lafrique-subsaharienne-sera-linvitee-du-festival-davignon-en-2017/#w0AdKoCb0Lx7yDlI.99
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Avignon 2016, les dix spectacles à retrouver dans l’année…

Avignon 2016, les dix spectacles à retrouver dans l’année… | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Alors que le festival d’Avignon s’achève ce week-end, La Croix vous propose dix spectacles à retrouver cette année en France
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Neva : le texte coup de poing de Guillermo Calderón

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Neva : le texte coup de poing de Guillermo Calderón Paul Golub, directeur pédagogique de l’Académie de l’Union à Limoges livre une mise en scène puissante d’un texte du chilien Guillermo Calderón sur les premières heures de la Révolution Russe en 1905. Une pièce haletante. Le texte de Guillermo Calderón est un brûlot sans concession sur le monde du théâtre et sur son rapport aux évènements extérieurs. Il débute sagement pour s’achever dans une violence verbale assumée. Nous sommes le 20 janvier 1905, une troupe répète à Saint-Pétersbourg. Il y a la jeune veuve de Tchekhov Olga Knipper (Anne Girouard), Aleko (Marc Lamigeon) et Macha (Pauline Belle). Les autres comédiens ne viendront pas. C’est le Dimanche Rouge, le dimanche sanglant marquant le début de la Révolution. Ils ont été tués. Les premières minutes de la pièce sont exaltantes et on ne va lâcher l’action une seconde. Le texte est vif et enflammé, on oublie très vite la scénographie très ancrée dans la Russie du début du 20ème avec son tapis, ses meubles en bois et ses bouteilles de Vodka, puur se laisser emporter par le jeu des trois comédiens, tous excellents. Et puis il y a ce texte brillant tout en fondus enchaînés qui nous tient en haleine. Guillermo Calderón brouille les pistes, on est à la fois dans la réalité de l’Histoire qui se déroule hors des murs et dans la répétition d’une pièce. Son texte est brillant. La réalité vient heurter la fiction. Les personnages par moment ne savent plus où ils sont. Où s’arrête la comédie ? Où débute la réalité ? On passe d’extraits de la Cerisaie, à des scènes de la mort de Tchekhov, à la dure réalité sociale qui se joue dehors tandis que le père Gapone organise une marche pour destituer le Tsar. « Nous devons jouer une pièce pour soigner notre esprit » dit Aleko. Si Olga Knipper est encore bouleversée par la mort de Tchkehov, les deux autres comédiens Aleko et Macha sont tournés vers la Révolution en marche. Macha dans un dernier monologue déchirant (Pauline Belle nous arrache des larmes) fustige le théâtre bourgeois. « Je hais le public ! Comédiens de merde ! Pourvu que le théâtre meure avec vous !» avant dans une dernière phrase de conjurer le poète, Anton, de rester en vie. Tout est dit. Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr Neva Auteur : Guillermo Calderón Traduction : Christilla Vasserot Metteur en scène : Paul Golub Interprètes : Pauline Belle, Anne Girouard, Marc Lamigeon Scénographie : Alain Pinochet Costumes : Sylvie Martin-Hyszka Création lumière : Arnaud Jung Administrateur de Production : Laurent Letrillard Diffusion : Triptyque Production Presse : Cécile À Son Bureau Le Théâtre du Volcan Bleu (compagnie conventionnée par la DRAC du Limousin, Ministère de la Culture et de la Communication). Coproduction : Le Théâtre de l’Union – Centre Dramatique National du Limousin Projet soutenu par la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes Durée : 1h30 Le Nouveau Ring du 6 au 30 juillet 2016 à 11h50 En savoir plus sur http://www.sceneweb.fr/neva-le-texte-coup-de-poing-de-guillermo-calderon/#xbvhYpJf7Rpccpcv.99
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Grenoble : une tribune d’artistes interpelle la Ville

Grenoble : une tribune d’artistes interpelle la Ville | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Après la prise de parole remarquée du metteur en scène français Joël Pommerat contre la politique culturelle de la Ville de Grenoble en juin dans "Libé", c’est au tour d’acteurs culturels grenoblois de prendre la plume, cette fois-ci dans "L’Humanité". Et ils dressent eux aussi un constat sévère, même s’ils assurent être prêts à se mettre autour d’une table avec le maire et son équipe.


Via Aurelien Guillois
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"Babel 7.16", une "célébration de la coexistence" face à la barbarie des attentats par Sidi Larbi Cherkaoui

"Babel 7.16", une "célébration de la coexistence" face à la barbarie des attentats par Sidi Larbi Cherkaoui | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Publié dans Culturebox

Les deux chorégraphes belges Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet recréent spécialement pour la Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon leur pièce "Babel", comme une "célébration de la coexistence" face à la barbarie des attentats.


Damien Jalet a vécu les attentats du 13 novembre 2015 à Paris "de très, très près", puisqu'il était rue de Charonne, en face du restaurant La Belle Equipe et qu'il a croisé le regard d'un terroriste avant de fuir. "La proposition de Larbi de remonter Babel pour la Cour d'honneur est venue deux semaines après et dans un premier temps, j'ai dit non, là je n'ai plus de jus" dit-il.


"Il y a 17 langues sur scène dans "Babel 7.16"


Mais le chorégraphe s'est vite repris : "la réponse, elle est peut-être dans la création d'un projet commun comme celui là". "Il y a 17 langues sur scène dans "Babel 7.16", les artistes viennent du monde entier, c'est magnifique de voir des gens qui viennent de si loin vivre et créer ensemble, c'est une pièce sur la célébration de la coexistence".

"Babel", créé en 2010 par le duo, a voyagé depuis dans le monde entier. Pour la Cour, ils ont doublé le nombre d'interprètes (plus d'une vingtaine), s'adaptant à la gigantesque scène, près de trois fois plus grande que les plateaux habituels. "On a réuni tous les interprètes qui ont joué Babel depuis 2010". Le spectacle est bien sûr inspiré par l'épisode biblique de la fameuse tour de Babel lancée par les hommes vers le ciel, ce dont Dieu les punira en brouillant leur langue pour qu'ils ne se comprennent plus.

"On voulait travailler sur l'héritage, sur le lien tribal en même temps sur la dissipation des frontières et la nouvelle culture mondiale globalisée", explique Damien Jalet. "Damien et moi, on est tous les deux bi-nationaux, lui franco-belge et moi belgo-marocain, en plus il est de culture francophone et moi flamande, cette question de l'identité est très présente en Belgique", rappelle Sidi Larbi Cherkaoui.
Musique métissée
La musique, extrêmement métissée, est une sorte de "route de la soie", avec deux musiciens de musique médiévale italienne, espagnole et française, deux musiciens du Rajasthan et deux percussionnistes japonais. De gigantesques tambours sont posés sur les côtés du plateau de part et d'autre.

Un groupe de musiciens se dissimule derrière les vitraux de la Cour d'honneur, et un chanteur lance parfois sa mélopée du haut de l'immense mur de pierre qui ferme le fond du plateau. "On a aussi demandé aux musiciens de travailler sur des musiques électroniques avec leurs instruments anciens", ajoute Sidi Larbi Cherkaoui.

Sur scène, ce métissage de l'ancien et du nouveau, des danseurs de toutes origines et de toutes langues éclate avec une énergie fabuleuse. Un homme préhistorique rencontre une femme bionique.
Généreux et bavard
Du chaos des langues émerge le langage commun du corps. Le spectacle déploie aussi beaucoup d'humour. Comme ce cocasse contrôle au portique d'un aéroport où un agent de sécurité pose des questions aux passagers à la tête du client ("chicken tikka?" pour l'Indien, "Molotov, Kalachnikov?" pour la Russe) et exige de la femme voilée qu'elle laisse derrière elle "son voile et ses traditions".



La danse est ponctuée de conférences incongrues, sur les neurones ou "l'avenir de la danse contemporaine belge". Le spectacle généreux et bavard (mais c'est Babel, n'est-ce pas?) requinque singulièrement dans le climat des attentats, plus propice à l'exaltation des différences qu'à la coexistence pacifique. "On vit tous aujourd'hui avec la conscience de ces horreurs, mais la vie est là aussi", souligne Sidi Larbi Cherkaoui. "Beaucoup de gens arrivent à vivre ensemble et à dépasser leurs différences, et on en parle pas assez".

"Babel 7.16"
Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet
Jusqu'au 23 juillet 2016 à 22H00
Cour d'honneur Palais des Papes - Avignon
Durée : 1h40


Photo : "Babel 7.16", Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Avignon 2016 © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

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Le maire de Chalon-sur-Saône refuse de rencontrer la ministre de la Culture

Le maire de Chalon-sur-Saône refuse de rencontrer la ministre de la Culture | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Audrey Azoulay, la ministre de la Culture visite Chalon ce jeudi 21 juillet. Une visite ministérielle placée sous le signe de la sécurité après l'attentat du 14 juillet à Nice, alors que le festival "Chalon dans la Rue" qui attend 200.000 visiteurs bat son plein depuis hier.

La ministre a prévu un point sur la sécurité du festival en présence des élus en sous-préfecture. Un rendez-vous auquel ne participera pas Gilles Platret, maire Les Républicains de Chalon-sur-Saône qui déclare "Je ne participerai en aucune façon à une telle opération de communication."
"Je n'ai pas vocation à participer à un mensonge d’État"

Gilles Platret dénonce une visite "préparée 24h à l'avance dans la précipitation la plus totale" pour faire "croire à l'opinion publique que le gouvernement est irréprochable pour assurer toute la sécurité nécessaire sur les grands rassemblements de l'été". Il demande d'ailleurs à la ministre de renoncer "à ce déplacement techniquement dangereux et politiquement inopportun".

L'entourage de la Ministre assure de son côté que le déplacement était organisé de longue date. Un déplacement qui doit conforter "les engagements de l’État sur le dossier des arts de la rue".


le communiqué de presse du maire de Chalon-sur-Saône : http://www.creusot-infos.com/news/vie-locale/le-creusot/chalon-sur-saone-le-maire-gilles-platret-denonce-un-mensonge-d-etat-dans-un-communique.html



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Réaction du député Christophe Sirugue, ancien maire de Chalon-sur-Saône :


" Le communiqué du Maire de Chalon d'il y a quelques instants adjoignant la Ministre de la Culture de ne pas venir dans notre ville, alors même qu'elle est déjà dans le train en notre direction, est hallucinant.

Hallucinant de grossièreté alors même que la visite a été programmée conjointement par les services de l'Etat en Saône et Loire, les élus nationaux et la municipalité.

Hallucinant d'amalgame puisque le prétexte est celui des reproches faits par certains de ses amis de la droite dure contre l'Etat dans la gestion du drame de Nice.

Hallucinant de mépris pour les compagnies du In comme du Off et les directeurs de CNAR pour lesquels des temps d'échanges ont été prévus avec la Ministre.

Hallucinant d'indécence républicaine puisque pour la deuxième fois, il refuse de recevoir dans sa ville un ministre en fonction, oubliant qu'il est Maire de tous les Chalonnais et pas que d'un camp.

Hallucinant pour les risques qu'il fait prendre au CNAR comme au festival alors même qu'une discussion est en cours sur les financements et notamment ceux de l'Etat qu'il veut voir plus importants en même temps qu'il claque la porte au nez de sa représentante.

Hallucinant enfin pour l'image qu'il donne, une nouvelle fois, de notre ville à la France entière présente dans nos murs pendant ces 5 jours de festival.

La ministre sera là ne lui en déplaise. Elle assumera le programme annoncé malgré l'absence du premier magistrat de la ville mais accompagnée des élus républicains dont je suis et qui à cet instant constate avec tristesse la mise à mal de ce qui a fait Chalon depuis des année et des années.


Triste 30ème anniversaire."

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"Espæce" : Aurélien Bory réinvente en langage théâtral les "Espèces d'espaces" de Perec

"Espæce" : Aurélien Bory réinvente en langage théâtral les "Espèces d'espaces" de Perec | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Laurence Houot dans culturebox 


Comment donner forme sur scène à un texte de Georges Perec "Espèces d'espaces", sans qu'aucun mot ne soit prononcé ? C'est ce que tente (et réussit) Aurélien Bory à Avignon. "Espæce" est une recomposition poétique de l'œuvre de Perec en langage scénique. 


Une orfèvrerie.
Le spectacle est donné à L'opéra d'Avignon. On en serait presque dérouté tant ici la scène se décline sous d'autres formes. Puis la salle plonge dans le noir et d'emblée on est transporté ailleurs, dans un espace étrange, dont les contours semblent lointains, au-delà des surfaces qui délimitent la scène. Une colonne d'individus entre. Ils sont cinq, en rang, un livre à la main. Des hommes, des femmes, chacun son vêtement. Ils semblent minuscules, alignés devant la haute paroi noire qui les domine. A chaque extrémité, une porte de secours à deux battants.

Les individus font face au public. C'est la pénombre. Le mot "LIRE" s'inscrit en lettres majuscules derrière eux. Ils s'exécutent. Puis : "LIRE LA PHRASE LA PLUS IMPORTANTE". Les individus plongent le nez dans le livre. Consultent leur voisin. "ECRIRE LA PHRASE LA PLUS IMPORTANTE". Ils se regardent, interloqués. Les rires dans la salle. Puis ils forment avec leurs livres les lettres qui composent cette phrase : "Vivre c'est passer d'un espace à l'autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner". Ils quittent la scène.

Des barres parallèles descendent. Elles brillent, cliquetis. Les danseurs s'en emparent, les animent dans un mouvement de balancier avec leur corps. Sur des plans parallèles en superposition à travers la scène, tout doucement, ils opèrent des glissements, des frôlements, des dérapages. Rien ne cogne. Tout se déroule dans une mécanique horlogère sans heurts.
Danses, acrobaties, chants lyriques et contorsions

Puis les barres remontent, et c'est le mur noir qui se met à avancer vers nous, comme une vague. Les 5 individus sur la scène se précipitent pour l'arrêter, sont absorbés. Trop gros le barbu pour glisser dans le trou de souris. Le mur s'arrête. Les rires dans la salle. Dès lors la troupe va s'activer, pousser, plier, retourner, faire tourner le décor. Leurs interventions font bouger les perspectives. Une femme chante (la mère ?). Sur la scène on escalade, on grimpe, on chute. Apparitions / disparitions. Claquements, grincements, glissades, lectures acrobatiques, chaque mouvement produit son petit vacarme. Le décor se métamorphose sans fin, explorant avec les outils du théâtre et de la scène tous les champs possibles, toutes les options possibles, comme Perec avec les mots.

Une élaboration formelle parfaite, réglée comme du papier à musique, pour mettre en scène le possible, le hors-champ, les accidents, la mise en mouvement d'une "espèce", les humains, dans un espace. Avec en son centre cette scène tragique et comique à la fois : un homme qui chante et mime les préparatifs d'un départ. Parodie d'opéra déclamé en accéléré, il joue la mère. Il joue le fils. La langue allemande mâchonnée. On rit. Jusqu'au coup de sifflet, jusqu'à la séparation de la mère et du fils, jusqu'à la braise qui gronde, jusqu'au gaz qui s'échappe. Après on a envie de pleurer.


Traces

Puis le mur disparaît. Une page se déroule. Et une machine (comme une imprimante) trace des mots : " ERRE-CRI- ECRIRE- REECRIT- ". Sur la scène les individus impriment leur trace sur la page blanche. Alignement d'ombres, en miroir pour le public. "Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes au vide qui se creuse, laisser quelque part un sillon, une trace, une marque ou quelques signes". Dans son "Espæce", sous les yeux du public, Aurélien Bory imprime en de multiples dimensions ce monde instable de Perec, dans une forme épurée, pleine de poésie, qui conjugue absurdité, tragédie et drôlerie. On pense en vrac à Charlie Chaplin, à Jacques Tati, à Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, à Franz Kafka, à Luigi Nono, à Primo Levi…

"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés, des points de départ, des sources : mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l'arbre que j'aurais vu grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts… Et c'est parce que de tels lieux n'existent que l'espace devient question, cesse d'être évidence, cesse d'être approprié. L'espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n'est jamais à moi, il ne m'est jamais donné, il faut que j'en fasse la conquête", nous dit Perec dans "Espèces d'espaces".

Brouillons

Aurélien Bory est habité par les "Espèces d'espaces" de Perec depuis longtemps. "J'ai découvert le texte en 2005, et c'est avec ce livre que je suis entré dans l'espace de Perec", explique-t-il. Ce texte fait échos à son travail de metteur en scène. "C'est un livre programme, qui renvoie au théâtre. Et c'est comme ça que j'aborde mon travail. Pour moi le théâtre est une espèce d'espace", souligne Aurélien Bory. "Cela m'a inspiré et j'ai voulu inventer une méthode de création pour mettre en scène ce texte", explique-t-il. "Je veux trouver un processus différent pour chaque projet ", poursuit-il.

Aurélien Bory à Avignon, juillet 2016 © LH / Culturebox
Il a donc pris son temps pour élaborer son spectacle. D'abord il a lu toute l'œuvre de Perec. Il a aussi rencontré certains de ces proches : sa femme, sa nièce. Et aussi des auteurs, des biographes. Un véritable plongeon dans une œuvre, et dans une vie. "C'est à la fois un projet au long cours, mais même temps avec un besoin d'urgences", affirme le metteur en scène. "J'étais sur d'autres projets, et en même temps il était là, par bribes. Alors j'ai eu besoin de faire des brouillons", explique Aurélien Bory. "Comme je n'avais pas de temps, ça ne pouvait être que des brouillons, des sortes d'arrachements de formes", poursuit-il. "Et en plus je trouvais ça intéressant comme forme sachant que Perec est à la fois dans l'urgence, et dans le long cours. Il ne faut pas oublier qu'il est mort à 46 ans".

Il commence donc en 2008 par une "petite forme", avec les élèves de l'Atelier volant, le dispositif d'insertion professionnel pour jeunes comédiens du Théâtre National de Toulouse. Puis il s'y remet en sous forme d'un "laboratoire de recherche" dont le travail débouche sur les "Brouillons", présentés au TNT en 2015.
Disparition et Oulipo

Perec a perdu sa mère quand il avait 5 ans, le 22/02/1943. "A la manière d'un artisan ou d'un artiste qui dissimule des éléments dans leurs réalisations, Perec a crypté la disparition de sa mère dans toute son œuvre. Il y a une forme de folie là-dedans.", explique Aurélien Bory. "Dans "Espèces d'espaces', Perec raconte la disparition de l'espèce, et la disparition de l'espace". "Sa mère s'est volatilisée. Il y a cette notion de traces. Perec cherche à inscrire quelque chose dans l'espace", poursuit le metteur en scène. "Il cherche à laisser une trace par l'écriture".

"J'aime chez Perec qui a beaucoup fréquenté l'Oulipo, le goût mathématique des contraintes formelles qu'il se fixe qui sont des prétextes à décupler l'imaginaire", confie Aurélien Bory. Comment donner une forme théâtrale à cette construction littéraire ? Comment inscrire ces "traces" au théâtre ? C'est ce qu'Aurélien Bory a tenté de faire, ce à quoi il a travaillé, en s'émancipant du texte de Perec. "Je suis parti du vide de l'espace scénique". Aurélien Bory a exploré cet espace avec 5 artistes d'horizons divers, du cirque au chant lyrique. "Leurs entrées dans l'œuvre sont autant d'éclairages", précise le metteur en scène.  "Il s'agit de s'insérer dans l'espace, de chercher à habiter cet espace vide inhabitable", insiste-t-il.  "Je n'ai pas cherché à adapter ce texte, mais à trouver des points de jonction, des coïncidences avec l'œuvre de Perec", poursuit Aurélien Bory, qui confie avoir conçu ce spectacle "comme une pérégrination", nous invitant à cheminer avec Perec.

"Espæce", conception, scénographie et mise en scène d'Aurélien Bory, avec Avec Guilhem Benoit, Mathieu Desseigne Ravel, Katell Le Brenn, Claire Lefilliâtre, Olivier Martin-Salvan
A l'Opéra Grand Avignon tous les jours à 18H00 jusqu'au 23 juillet
Festival d'Avignon


Voir sur le site de culturebox avec la vidéo : http://culturebox.francetvinfo.fr/avignon/le-festival-d-avignon/espaece-aurelien-bory-reinvente-en-langage-theatral-les-especes-d-espaces-243307

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