Revue de presse théâtre
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David Lescot, nonchalences adolescentes

David Lescot, nonchalences adolescentes | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Comme s'il était un peu saisi par ce que la jeunesse souffre d'indolence, parfois, l'écrivain-metteur en scène-musicien, a renoncé à toute progression dans son spectacle Les Jeunes qu'il donne en alternance aux Abbesses avec Quarante-cinq tours que l'on avait vu avec plaisir à Avignon dans le cadre du "Sujet à vif" de la SACD. Et ces jeunes, pourtant, ils en ont de l'énergie !

 

Les Abbesses, jusqu'au 25 novembre (01 42 74 72 77).

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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

 Les auteurs des articles et les publications sont systématiquement indiqués. 

 

Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

Pour suivre régulièrement l’activité de la Revue de presse : vous pouvez vous abonner (bouton vert FOLLOW) et, en inscrivant votre adresse e-mail ou votre profil Facebook,  recevoir des nouvelles par mail des publications les plus récentes de la Revue de presse

 

 

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et  « liker » cette page pour être tenu à jour des nouvelles publications.

 

Vous pouvez faire une recherche par mot sur trois ans de publications de presse et de blogs théâtre, soit en utilisant la liste affichée ci-dessus des mots-clés les plus récurrents , soit en cliquant sur le signe en forme d’entonnoir - à droite de la barre d’outils - qui est le moteur de recherche de ce blog ("Search in topic") . Cliquer sur l'entonnoir et ensuite taper un mot lié à votre recherche. Exemples : « intermittents » (plus d’une centaine d’articles de presse comportant ce mot) « Olivier Py» ( près de quarante articles ), Jean-Pierre Thibaudat (plus de quatre-vingt articles),  Comédie-Française (plus de cinquante articles), Nicolas Bouchaud (seize articles), etc.

 

Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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En soutien à Kirill Serebrennikov, «génial trublion» de la scène russe

En soutien à Kirill Serebrennikov, «génial trublion» de la scène russe | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Des personnalités du monde de la culture dénoncent l’énième tentative d’intimidation contre le metteur en scène et cinéaste russe, arrêté et assigné à résidence.

En soutien à Kirill Serebrennikov, «génial trublion» de la scène russe



PREMIERS SIGNATAIRES : Benoît André secrétaire général et conseiller à la programmation du Théâtre national de Chaillot David Bobée directeur du Centre dramatique national de Normandie-Rouen Philippe Chamaux directeur adjoint du Centre dramatique national de Normandie-Rouen Béatrice Dalle actrice Didier Deschamps directeur du Théâtre national de Chaillot Marcial Di Fonzo Bo directeur du Centre dramatique national de Normandie-Caen Louis Garrel acteur Thomas Jolly  metteur en scène et acteur, directeur artistique de la Piccola Familia Denis Lavant acteur Françoise Letellier directrice de la Scène nationale des Gémeaux André Markowicz traducteur Françoise Morvan écrivaine Arthur Nauzyciel directeur du Théâtre national de Bretagne Olivier Py directeur du Festival d’Avignon Agnès Troly directrice de la programmation du Festival d’Avignon.

Nous, confrères, consœurs, collaborateurs(trices) et ami(e)s de Kirill Serebrennikov, du Gogol Center, du projet Platform et du Studio 7, dont la réputation vient d’être malmenée, souhaitons leur apporter notre soutien indéfectible.

Nous manifestons notre profonde inquiétude concernant le traitement inadéquat qui a été réservé à ce grand artiste international. Comment ne pas y voir une énième tentative d’intimidation ?

Nous sommes les témoins et, parfois, les proches collaborateurs de la mise en place du passionnant projet Plateform, de la création du Gogol Center et du Studio 7.

Nous affirmons connaître Kirill Serebrennikov, connaître son engagement, son honnêteté, sa probité et son courage à affirmer un art politique dans un contexte difficile, souvent violent, celui de la Russie contemporaine.

Harcelé depuis de nombreuses années, ce trublion génial de la scène théâtrale et du cinéma russe paye douloureusement sa liberté de création. Il nous semble évident que c’est cette liberté qui est visée et que c’est l’un des lieux les plus contestataires de Moscou qui est aujourd’hui attaqué.

Les forces armées et masquées qui ont pénétré dans le Gogol Center et le Centre d’art de Vinzavod, les perquisitions au domicile de Kirill Serebrennikov, les menaces et les pressions, les arrestations de ses équipes et de lui-même ne sauront faire taire sa liberté ni son courage, et encore moins ses nombreux soutiens internationaux, dont nous sommes.

Programmé sur les plus grandes scènes internationales et, en France, au Festival d’Avignon, au Festival de Cannes, au Théâtre national de Chaillot et sur nos nombreuses scènes nationales, celui qui a si souvent invité des artistes français(e)s à créer des spectacles en Russie - avec les acteurs du Studio 7, au Gogol Center ou pour le projet Platform -, celui qui est l’un des plus fervents artisans de l’amitié franco-russe, celui que nous avons vu porter à bout de bras le théâtre russe le plus contemporain, le plus politique, le plus brave, celui qui a reçu des menaces de mort - souvent -, celui qui, depuis tant d’années, essuie les calomnies d’une certaine presse liée au pouvoir, les pressions politiques ou religieuses, est aujourd’hui combattu de cette façon-là.

Qu’il sache qu’il n’est pas seul, qu’en France et en Europe, des voix s’élèveront, à commencer par les nôtres, que la communauté artistique et culturelle du monde entier regarde la Russie et saura se faire entendre. Nous serons ses porte-voix par delà les frontières.

Tout notre soutien à Kirill Serebrennikov et à ses équipes, nous vous affirmons notre confiance et notre amitié en nous joignant à la communauté artistique russe qui manifeste, depuis quelques jours, sa profonde indignation. Nous sommes à vos côtés.

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Jean Robert-Charrier, le théâtre sans frontières

Jean Robert-Charrier, le théâtre sans frontières | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard dans M le magazine du Monde


Le jeune directeur du théâtre privé de la Porte-Saint-Martin n’hésite pas à faire bouger les lignes de la scène parisienne. Avec « Cendrillon », il ouvre ses planches à Joël Pommerat, grand nom du théâtre subventionné.


Une immense affiche du comédien Laurent Terzieff dans Florilège décore le bureau de Jean Robert-Charrier. Ce spectacle, où l’acteur mêlait Desnos, Cendrars, Poe ou Aragon, il l’a vu dix-sept fois. « Une révélation, une évidence, Terzieff a scellé mon destin, m’a marqué au fer rouge. Aujourd’hui encore je cherche à retrouver cette pureté, cette émotion-là », confie Jean Robert-Charrier, 33 ans, directeur depuis huit ans du théâtre aux mille places de la porte Saint-Martin, à Paris.

« Je l’ai vu pleurer quand Terzieff est mort [en 2010] », se souvient Jean-Claude Camus, l’ancien producteur de Johnny Hallyday, propriétaire de la Porte-Saint-Martin jusqu’en 2015, à qui Jean Robert-Charrier doit presque tout.

« Pas une affaire commerciale »

En ce printemps, son jeune protégé fait entrer sur la scène d’un des plus grands théâtres privés parisiens l’un des musts du théâtre public, le magnifique Cendrillon du metteur en scène Joël Pommerat.

« Lorsque j’ai découvert ce spectacle à l’Odéon en 2013, j’ai été submergé par sa précision et sa portée », insiste Jean Robert-Charrier. Sa démarche est rare, son pari ambitieux et audacieux dans un environnement où les relations entre théâtre privé et théâtre public sont quasi inexistantes.

« J’ai été très étonné qu’il me contacte, je n’imaginais pas que ce projet aboutirait », raconte Joël Pommerat, qui salue « l’ouverture d’esprit » du jeune directeur. La négociation a pris du temps mais rien n’est apparu insurmontable. Chaque particularité du théâtre subventionné a fait l’objet d’un accord : cinq représentations par semaine (au lieu de sept habituellement), 400 places « condamnées » pour que tous les spectateurs aient un champ de vision optimal, des tarifs abordables.

« J’ai compris que ce n’était pas une affaire commerciale », insiste Joël Pommerat. « Faire du chiffre d’affaires sur le subventionné, ce serait déplacé. Notre budget sera à l’équilibre uniquement si nous faisons le plein », précise Jean Robert-Charrier.

Un pont entre deux frères ennemis

Ce n’est pas la première fois que cet homme pressé tente de jeter des ponts entre les deux frères ennemis du paysage théâtral français. Il y a un an, la Porte-Saint-Martin accueillait Cyrano de Bergerac, mis en scène par Dominique Pitoiset avec Philippe Torreton dans le rôle-titre, un spectacle créé en 2013 au Théâtre national de Bretagne, à Rennes, puis joué à l’Odéon à Paris. Attiré, entre autres, par le nom de Torreton, le public a répondu largement présent.


« Il y a une chose dont je ne me satisfais pas en tant que directeur de théâtre et citoyen, c’est qu’un spectacle payé par le contribuable ne se joue pas davantage alors qu’il coûte très cher aux scènes nationales », explique Jean-Robert Charrier. « Le Cyrano avec Torreton lui a donné ses lettres de noblesse », constate Jean-Claude Camus.

Aussi bien vis-à-vis du théâtre public (depuis qu’il a « décroché » Cendrillon, il reçoit des sollicitations d’autres scènes nationales) que de ses homologues du théâtre privé, qui pourraient bien s’inspirer de la démarche de leur cadet.

Lorsqu’il quitte Tours pour la capitale avant ses 20 ans, et troque ses études de droit pour le monde du spectacle, Jean Robert-Charrier s’imagine un temps devenir comédien. Adolescent, il a découvert le théâtre grâce à sa mère qui l’emmenait régulièrement à Paris assister aux pièces de Claude Brasseur, Michel Bouquet, Jacques Weber… Mais son passage au Cours Florent tourne court. « J’étais dans une classe de plus de trente élèves, au milieu de jeunes gens qui n’avaient pas vraiment de démarche artistique. Ils souhaitaient avant tout être connus. »

Avec la naïveté de ses 20 ans, il écrit à la direction de la Porte-Saint-Martin, puis devient ouvreur. « Sa lettre de motivation m’avait convaincu, explique Jean-Claude Camus. Je lui ai fait faire tous les postes et, à chaque fois, il apportait des innovations. »

« Je n’ai pas de volonté de rupture »

Au départ à la retraite de l’administratrice, Camus le bombarde directeur, à 25 ans, malgré des « ricanements » dans le milieu théâtral. « Ma jeunesse a été un handicap, reconnaît Jean Robert-Charrier. Je me retrouvais à gérer une équipe qui était là depuis vingt-cinq ans. » Mais Jean-Claude Camus le rassure : lui aussi, au départ, était « mal vu », non pas à cause de son âge mais parce qu’il venait de la variété, du show-biz, et pas des planches.


« L’inspiration » de sa programmation, il la puise en passant ses soirées dans les salles de spectacle, pour « tout voir » – le boulevard, les stand-up, les créations du subventionné – et ensuite « faire le tri ». Le Petit Saint-Martin (la salle adossée au « grand » Saint-Martin) lui sert de « laboratoire », comme avec le spectacle Des souris et des hommes fin 2010, ou cette saison le seul en scène de Camille Chamoux.

« IL FAUT FAIRE PREUVE D’HONNÊTETÉ INTELLECTUELLE ET NE PAS S’ÉTONNER QU’IL Y AIT DU DÉSAMOUR POUR LE SECTEUR PRIVÉ. » JEAN ROBERT-CHARRIER



Quand on lui dit qu’il fait bouger les lignes du paysage théâtral parisien, il répond : « C’est malgré moi. Je n’ai pas de volonté de rupture, simplement celle de programmer des spectacles qui me rendent fier et qui sortent des habitudes du privé. »

Comprendre : toujours les quatre ou cinq metteurs en scène habituels, du boulevard avec un texte faible, des têtes d’affiche et des places à 70 euros. « Il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle et ne pas s’étonner qu’il y ait du désamour pour le secteur privé », lâche-t-il avec franchise.

Pourtant, lui aussi incarne le privé dans toute sa splendeur. N’a-t-il pas programmé La Cage aux folles, Divina avec Amanda Lear et Nelson avec l’humoriste Chantal Ladesou, deux comédies à succès qu’il a lui-même écrites ? « C’est bizarre de faire Nelson et Pommerat, mais pas incompatible », assume-t-il.

« Voir sans ennui de grandes œuvres »

L’éclectisme est aussi son credo. Il jure que le nouveau propriétaire du théâtre, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière (dont le nom est associé à l’affaire Fillon en tant que propriétaire de la Revue des deux mondes), le laisse « totalement libre » de ses choix.

Depuis que Pommerat lui a fait confiance, Jean Robert-Charrier souhaiterait programmer une production du secteur public chaque fin de saison. « Mon ambition est aussi de redonner au grand public la possibilité de voir sans ennui de grandes œuvres du répertoire qui bénéficient d’une production riche et ambitieuse. » C’est ce qui sera fait, dit-il, dès septembre avec Le Tartuffe, de Molière, qui réunira Michel Bouquet et Michel Fau.

« Je commence à me sentir mûr et à savoir vraiment ce que je veux », admet celui qui mène à son rythme une petite révolution. Sa rencontre avec Catherine Hiegel (qui a mis en scène, cet hiver, dans son théâtre, Les Femmes savantes avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui) a été déterminante dans sa volonté d’être plus exigeant dans ses choix artistiques.

A sa manière, Jean Robert-Charrier suit ce que défendait son idole Laurent Terzieff face à la séparation très française entre théâtre public et théâtre privé : « Le théâtre, ce n’est pas ceci OU cela mais ceci ET cela. »

« Cendrillon », une création théâtrale de Joël Pommerat. Théâtre de la Porte-Saint-Martin, 18, bd Saint-Martin, Paris 10e. Jusqu’au 6 août. www.portestmartin.com

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Médéa-Matériau : les sortilèges de la vengeance

Médéa-Matériau : les sortilèges de la vengeance | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sonia Bos-Jucquin dans Théâtoile


C’est une femme meurtrie, insaisissable et percutante qui est l’héroïne du Médée-Matériau d’Heiner Müller interprétée par Valérie Dréville dans la mise en scène d’Anatoli Vassiliev. Recréé au Théâtre national de Strasbourg puis actuellement présenté au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, les deux artistes poursuivent leur collaboration artistique cristallisée par un travail de laboratoire débuté en 2002 sur ce même texte. Le résultat est étonnant, troublant mais viscéralement bouleversant.


Valérie Dréville est Médée © Jean-Louis Fernandez
Des bancs en pin clair sont alignés en fond de scène. De manière perpendiculaire à ces derniers, une estrade est disposée. Dessu, trône un siège majestueusement modeste, placé devant un grand écran lumineux. A ses pieds, une petite marche du même bois montre le chemin d’accès qui mène à cet autel du sacrifice aux allures d’échafaud. D’ailleurs, une grande vasque de fer blanc, corbeille vide d’offrandes, attend le début du rituel. De l’autre côté, une chaise haute, sombre, avec un M sculpté servant de dossier, permet de recevoir plusieurs petits pots, entre contenant de cosmétiques et poudres magiques. De l’assise s’échappent deux fils blancs reliés à quelques mètres à un petit tabouret sur lequel deux silhouettes sont assises, de dos, les mains posées en arrière, faisant penser à des condamnés à mort par exécution électrique ou à des poupées vaudou pour exorciser le mal qui ronge Médée. Pour le moment, ils patientent, spectateurs de la fureur qui couve dans les ruines de son corps meurtri.

En attendant que cela explose, c’est le texte intégral qui défile sur l’écran en guise de prologue plongé dans un silence religieux laissant la place à toute la fulgurance de la poésie d’Heiner Müller dans les yeux du public. Pour Jason, Médée a tué et enfanté. Abandonnée, elle veut « transformer la fiancée en torche nuptiale » et « déchirer l’humanité en deux parties ». C’est alors qu’elle entre en scène et vient s’asseoir sur le siège de l’estrade, face à nous, dans la pénombre. Le texte s’achève et elle va le reprendre, intégralement, en détachant chaque syllabe comme si elles lui brûlaient les lèvres dans un cri insoutenable. Sa voix grave et étirée est celle des jeteuses de sorts, des adeptes de magie blanche et de magie noire. Elle fait rouler les r et appuie sur toutes les consonnes dans une incantation ravageuse où tout entre en vibration, en résonnance. Chaque association de sons se fait un cri arraché du fond d’un être qui se consume. Cela rend parfois le texte pénible à suivre, inaudible comme dans une langue étrangère mais rendant la scène universelle. Le cérémonial d’un rituel sombre a débuté. Comme une sorcière qui matérialise sa propre folie, elle voit son univers chavirer, pris dans la houle d’une malédiction qui la dépasse. Les images de pleine mer tanguent sur l’écran tandis qu’elle se recouvre le visage de crème et de bandelettes, à la manière des momies égyptiennes, comme une multitude de blessures à panser.

L’attention soutenue des spectateurs est mise à rude épreuve. En apnée d’une émotion contenue, emprisonnée, nous attendons le sacrifice ultime qui mettra fin à une trahison aveugle. Laissant apparaître son corps de femme, de mère, Valérie Dréville devient un être nu, asexué, un phallus dressé entre ses jambes ouvertes, offertes. Entrecoupé de silence, le cérémonial s’emballe. Le liquide séminal enflamme la robe chargée de son sortilège, brisant ainsi dans les flammes la virilité de Jason et toute forme de progéniture rendue stérile par le brasier. Sa folie transcendée la mène ensuite au sacrifice d’immolation des deux enfants, deux innocents. Elle fait ramper les deux poupées jusqu’à elle, les serre sur son cœur puis les éventre dans un geste possédé avant qu’ils ne disparaissent en myriade de petites billes blanches et en cendres au cœur du feu de sa vengeance.

Elle reste là, dévastée, névrosée, trahie et traumatisée, inconsciente de son geste irréparable. Elle a lavé l’affront dans les flammes de l’enfer. Valérie Dréville maîtrise une tension permanente aussi bien langagière que corporelle. Les images et les significations fortes s’immiscent en nous grâce à une partition sans faille. Sa dernière phrase tourne en boucle, mettant fin à la représentation mais pas à son acte qui la hantera à jamais, comme une plaie impossible à cicatriser, auquel elle s’abandonne totalement sans pouvoir atteindre l’expiation de son crime. Nous avions l’image d’une Médée humaine dans une version d’un jeune metteur en scène prometteur, nous avons maintenant en mémoire celle d’une impressionnante sorcière qui nous ballote dans les plis des vagues torrentielles de sa douleur.

Médée-Matériau s’adresse à un public averti et fait entrevoir une nouvelle dimension du spectacle, sous le feu sacré qui anime le maître du théâtre russe. Jugée scandaleuse au Festival d’Avignon 2002, la performance est semblable à un cérémonial ardent qui replace Médée dans sa dimension de sorcière, au-delà de toute humanité, rongée par la douleur d’un mari ingrat à qui elle a tout sacrifié, jusqu’à s’oublier en tant que femme. L’interprétation du texte par Valérie Dréville nous retourne profondément, jusqu’au fin fond de nos entrailles, et nous précipite au bord du malaise. Troublés et déstabilisés par ce cri déchirant qui s’enflamme dans les sortilèges de la vengeance et de la trahison humaine, nous sommes aspirés dans une transe incandescente qui marque durablement notre esprit et nous rappelle à quel point nous venons d’assister à un grand moment de théâtre comme on en voit peu sur nos scènes françaises.

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Médée-Matériau

Texte : Heiner Müller

Mise en scène : Anatoli Vassiliev

Avec : Valérie Dréville

Durée : 1h20

Du 24 mai au 3 juin 2017
               Du mardi au samedi à 20h30

               Le dimanche à 17h

Lieu : Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris

Réservations : 01 46 07 34 50 ou www.bouffesdunord.com

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Rencontres 2017 | Nouvelles Rencontres de Brangues

Rencontres 2017 | Nouvelles Rencontres de Brangues | Revue de presse théâtre | Scoop.it


RENCONTRES 2017
 

♦ RENCONTRES THÉÂTRALES DU 25 JUIN AU 2 JUILLET DANS LE CADRE DU SOLSTICE DE BRANGUES 


►DOMAINE PAUL CLAUDEL 38510 BRANGUES : 5 SPECTACLES 


Voir sur le site http://rencontres-brangues.fr/rencontres-2017


       ♦  PASSIONS D’APRÈS PARTAGE DE MIDI DE PAUL CLAUDEL, POÈMES DE HAE‐IN LEE
JEUDI 29 JUIN 21h00 
Billetterie 
Tout public à partir de 12 ans
Une relecture coréenne de Partage de midi, à la fois libre et fidèle 

 

        ♦  LE MENTEUR DE PIERRE CORNEILLE
VENDREDI 30 JUILLET 21h00 
Billeterie
Tout public à partir de 12 ans
Mentir impunément, mais avec crédibilité !  

 

        ♦  TRISTAN ET YSEULT D’APRÈS BÉROUL ET AUTRES CONTEURS DU XIIÈME SIÈCLE
SAMEDI 1er JUILLET 10h30 
Billeterie
Tout public à partir de 12 ans 
(re)partir à la découverte d’une inoubliable histoire d’amour  
 

        ♦  L'ENFANCE À L'OEUVRE RECUEIL DE TEXTES DE MARCEL PROUST, ROMAIN GARY, PAUL VALÉRY ET ARTHUR RIMBAUD
SAMEDI 1er JUILLET 21h00 
DIMANCHE 2 JUILLET 11h00 
Billetterie
Tout public à partir de 12 ans 
Entrer en poésie par la porte de l’enfance  

 

        ♦  LE JET DE PIERRE DE PAUL CLAUDEL 
DIMANCHE 2 JUILLET 17h00 : DOMAINE PAUL CLAUDEL - BRANGUES 38510
Billeterie
Tout public à partir de 12 ans  
Objet mystérieux…à découvrir  

 

►DOMAINE PAUL CLAUDEL : 2 TABLES RONDES 
        ♦ CARTE BLANCHE À L'ÉCRIVAIN PHILIPPE FOREST 
SAMEDI 1er JUILLET 15h00 
Échanges et Lectures 
        ♦ LA TRADITION DU POÈME PLASTIQUE 
DIMANCHE 2 JUILLET 15h00
Dialogue entre Jeanne Brouaye et Anne Pellois
Avec la participation de Christian Schiaretti 
 

► CRÉMIEU / SAINT CHEF / MORESTEL :
3 LECTURES - 1 ATELIER THÉÂTRAL
 

        ♦ DE LA VOCATION - LECTURE THÉÂTRALISÉE
DIMANCHE 25 JUIN 17h00 : LE CLOÎTRE - CRÉMIEU 38460
MERCREDI 28 JUIN 18h00 : ÉCOLE DU BOURG - SAINT CHEF 38890
Par la troupe des Trétaux de France 
        ♦ LECTURE - ARTHUR RIMBAUD ET PAUL CLAUDEL
MARDI 27 JUIN 18h00 : MAISON RAVIER - MORESTEL 38510 
        ♦ ATELIER THÉÂTRAL - PRO ET CONTRA
MERCREDI 28 JUIN 14h00 - 16h00 - MÉDIATHÈQUE - VEZERONCE-CURTIN 38510
       

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Ismaël Saïdi, scènes de crimes

Ismaël Saïdi, scènes de crimes | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Kim Hullot-Guiot  /  Photo Frédéric Stucin pour Libération

Ce dramaturge et ancien policier belge monte des pièces de théâtre sur le terrorisme.

Lorsqu’il entre dans une église, Ismaël Saïdi ne pense pas à l’Ave Maria de Mozart. Il se remémore un air de Nana Mouskouri qu’il y chanta enfant. Il ne se rappelle pas le titre, ce n’est pas faute de l’avoir fredonné. En Belgique, les écoles n’étant pas laïques mais «neutres», le gamin musulman de Schaerbeek, le quartier de Bruxelles où il a grandi à l’ère pré-bobos, a suivi des cours de caté. Version yé-yé, donc. Il rit : «C’est ça qui a rendu les gens athées !»

Ces jours-ci à Paris, Ismaël Saïdi joue sa pièce Géhenne, le deuxième volet de Djihad, sorti en 2015. Le premier mettait en scène le voyage d’aspirants jihadistes, Reda, Ismaël et Ben (d’après les prénoms de leurs interprètes), et leurs interrogations autour de la religion, des interdits, de l’autre. Des conversations qui semblent anodines voire naïves. Un ressort emprunté à Molière. «Sous un air simple, ses personnages se balancent des trucs énormes !» s’enthousiasme Saïdi, attablé à la Bonne Bière, bistrot devenu malheureusement célèbre un 13 novembre et situé en face du Palais des glaces où il se produit. Le deuxième volet reprend le personnage d’Ismaël, qui, après avoir commis un attentat, rencontre une femme juive laïque apparemment timbrée et un prêtre catho porté sur le bédo. Que le public soit prévenu : Géhenne comporte beaucoup de bruits de fusillade. Pénible.

Son auteur assume : « J’utilise les coups de feu pour rappeler que le personnage n’est pas sympathique.» Pourrait-on l’oublier ? Dans Géhenne, c’est à un questionnement qu’on assiste, plus qu’à des actes dont le souvenir flotte dans l’air. C’est le (dé)raisonnement d’Ismaël (le terroriste) que Saïdi (l’auteur) explore.

 «L'oeil de Moscou»
Les fausses évidences, la confrontation avec les autres protagonistes donnent lieu à des saillies souvent assez drôles. Peut-on tourner les attentats en comédie ? Le producteur du spectacle, Hicham Fassi-Fihri, renverse la question : «Peut-on en parler autrement ?» Avant d’écrire des pièces comiques sur des sujets qui ne le sont pas, Ismaël Saïdi a été policier, près de quinze ans. Ce n’était pas par vocation : l’étudiant en sciences sociales avait «vu une annonce». Mais il assure avoir passé «un très bon moment».

Il regrette que l’on sous-estime l’importance des policiers de proximité, dits «agents de quartier» outre-Quiévrain. Entre contact avec la population et enquêtes de quartier, «t’es l’œil de Moscou, tu sais avant tout le monde si un mec se radicalise». S’il a trouvé «horrible» l’affaire Théo, il estime que chez les policiers, il y a «une majorité de gens biens». Comme il remarque que parmi les «jeunes de banlieue», c’est toujours «une minorité qui fait du bruit».

S’il répète souvent qu’il n’est «ni sociologue ni islamologue, mais artiste» (et conseille de se référer aux écrits de Tareq Oubrou et de Rachid Benzine), il réfute l’explication «sociale» du basculement de Belges et de Français dans les sphères jihadistes. Et de citer en contre-exemple «les Italiens, les Roumains, les Sénégalais» arrivés dans la pauvreté en France et en Belgique sans pour autant y commettre d’attentat.

Convergence des luttes


«Le problème, ce n’est pas l’islam, c’est la manière dont on l’apprend aux gens, estime-t-il. Quand on dit : "Tu vas aller en enfer car tu n’es pas musulman ou parce que tu manges du porc", on crée un fossé.» Un souvenir d’enfance : son père s’était vu offrir une bouteille de champagne. Il avait remercié et n’y avait pas touché. C’est tout. Maintenant, «t’as des mecs, ils se sentent insultés qu’on leur offre une bouteille ! Avant, tu ne buvais pas d’alcool, maintenant tu refuses de t’asseoir à la même table !»

Dans Géhenne, son personnage terroriste fait mine d’être dégoûté quand le prêtre boit du vin à son côté, «alors qu’il a tué des enfants !» Dans Djihad, les deux autres se rendent compte que ce sont les leurs qui les ont empêchés, pour l’un d’être amoureux d’une non-musulmane, pour l’autre de dessiner, un prétendu pêché. Des choses dont Saïdi, «fan absolu de Cabu à cause de Dorothée», a été témoin : «La discrimination, c’est une autoroute à deux voies.»

Pour vivre ensemble, il prône la convergence des luttes, estime que la reconnaissance des transgenres, de la liberté des femmes ou de celle de pratiquer ou non une religion revient au même (combat). Le dramaturge rigole des «seuls moment où les extrémistes sont d’accord» : quand ils tapent sur les femmes ou les homos. Il regrette «le marché des luttes» : «Si une femme noire lesbienne et voilée se fait cracher dessus, qui on appelle?»

«On a tous ensemble foiré la création d’une identité commune, insiste le comédien. Ce qui me fait enrager, c’est le manque d’empathie.» Dans le livre où il se raconte, Moi, Ismaël, un musulman d’ici, réédité en France le 31 mai, il la force d’ailleurs un peu. A coups de plaisanteries potaches, il n’hésite pas à s’autovanner, comme s’il craignait que le lecteur manque d’affection à son égard. Peut-être est-ce aussi un reste de sa jeunesse, où le rêveur qui écrivait des poèmes et ne se trouvait pas attirant s’identifiait au Cyrano de Bergerac de Rostand, «pas beau mais avec du talent». Il lui donnait l’impression que «même pour [lui], c’était jouable». Toujours ce «pouvoir des mots», qu’il convoque sans cesse.

Au Panthéon de ses idoles littéraires, Alexandre Dumas décroche la première place. Côté grand écran, son père affectionnait le cinéma égyptien, lui s’est nourri des comédies de Louis de Funès et de Pierre Richard, «les seules qu’on pouvait regarder en famille, sans scène de flirt». En 2004, son premier court métrage sera une histoire d’amour. Comme il préfère partir du réel, il met en scène l’histoire d’une femme noire et d’un homme arabe rejetés tous deux par les leurs lorsqu’ils tombent amoureux. En 2012, après des années passées à concilier travail et passion, il quitte le service public : «Je commençais à avoir épuisé mes congés…»

La police lui aura permis de rencontrer sa femme, qui est toujours en fonction. Ils ont trois fils, âgés de 9 à 17 ans. Saïdi se voit comme le «trait d’union» entre son père et ses fils : «Je suis fils d’immigré, eux ne le sont pas.» Il comprend que ses parents lui aient causé arabe, lui ne le parle pas à la maison. Musulman pratiquant, il ne mange pas hallal («un business») mais remplace la gélatine de porc des bavarois aux fraises qu’il confectionne par de l’agar-agar. Il s’efforce de consommer local (par «protectionnisme», dit-il, lui qui ne croit pas au clivage gauche-droite) et de réduire sa consommation de viande («pour le cholestérol, pour l’environnement»). «Cette peur de diluer l’identité» l’interroge. Lui la définirait «comme les lasagnes» : «C’est plein de couches et, quand c’est bien fait, vous ne pouvez plus les séparer.»

 En cinq dates
2 septembre 1976 Naissance à Bruxelles.
Février 1996-2012 Devient policier.
2014 Première de Djihad.
15 janvier 2017 Première de Géhenne.
31 mai 2017 Sortie française de la nouvelle édition de Moi, Ismaël, un musulman d’ici.

Kim Hullot-Guiot 

Photo Frédéric Stucin pour Libération

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La vie du Centre Gogol, principal théâtre d’avant-garde de Russie

La vie du Centre Gogol, principal théâtre d’avant-garde de Russie | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Oleg Krasnov, Polina Kortina pour le site Russia beyond the Headlines


La vie du Centre Gogol, principal théâtre d’avant-garde de Russie
En 2017, le théâtre Centre Gogol de Moscou célébrera ses cinq ans. Son directeur artistique est le célèbre metteur en scène Kirill Serebrennikov, qui parvient à trouver l’énergie de lancer une douzaine de premières chaque année, d’organiser des spectacles sur d’autres scènes de Russie (y compris celle du Bolchoï) et à l’étranger (la dernière représentation en date est le Barbier de Séville au Komische Oper de Berlin), de participer à des festivals (parmi lesquels le Festival d’Avignon en 2015-2016) et de tourner des films (Le Disciple a été présenté à Cannes l’année dernière).


Voir le portfolio en suivant le lien : https://fr.rbth.com/art/culture/2017/05/03/la-vie-du-centre-gogol-principal-theatre-davant-garde-de-russie_755286

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Il Bugiardo, une farce italienne façon Alfredo Arias

Il Bugiardo, une farce italienne façon Alfredo Arias | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Olivier Fregaville-Gratian d'Amore dans son blog l'oeil d'Olivier



 Au théâtre de l’Epée de bois, Alfredo Arias nous invite à Venise pour rencontre Il Bugiardo .

Dans la pure tradition de la Commedia dell’arte, Alfredo Arias ressuscite avec virtuosité le théâtre de Goldoni. Dépoussiéré de sa rigidité classique, l’ensemble retrouve sa puissance comique, son souffle burlesque. Emporté dans un tourbillon où pantalonnades et pantomimes se succèdent à un rythme effréné, le public conquis, hilare se régale et déguste avec un malin plaisir cette farce ubuesque.

Afin de retrouver le goût d’antan de cette bouffonnerie goldonienne, Alfredo Arias s’est débarrassé du superflu. Alors qu’en fon de scène, un immense panneau, rappelant quelques canaux vénitiens peints par Canaletto, nous plonge au cœur de la Sérénissime, quelques bois de palissade servent d’unique décor. Dans cet espace dénudé de tout objet, hommes et femmes se croisent, s’observent, se cherchent et se séduisent sous le regard vigilant de leur parentèle.

Le timide Florindo (introverti Lucchino Giordana) qui rêve de conquérir la belle Rosaura (flamboyante Marianella Bargilli), se fait damer le pion par Lélio (épatant Geppy Glejeses). Jeune patricien revenant d’exil, il est prêt à tous les mensonges, à toutes les contradictions, quitte à s’emparer des mérites d’un autre pour arriver à ses fins. Véritable affabulateur atteint d’une mythomanie démesurée, il s’invente une vie dorée de marquis. Se noyant dans ses propres mensonges, il finira dindon de sa propre farce.





Respectant morale et bonnes mœurs, cette tragi-comédie, qui relève surtout du divertissement, vaut surtout pour le jeu pantomimique des comédiens et ses répliques ciselées. Joué en italien respectant ainsi le texte satirique de Goldoni, le spectacle nous entraîne dans une Italie baroque où les sixties, âge d’or de la Cinecittà, côtoie et embrasse le flamboyant XVIIIe siècle du dramaturge. Mariant les époques et les styles, n’hésitant pas à brocarder les errances d’un monde contemporain à la dérive dans un intermède railleur, l’espiègle Alfredo Arias ménage les effets et séduit un public hilare.

Porté par une troupe maniant à ravir la volubilité, l‘exubérance de la langue italienne, ce Il Bugiardo est une savoureuse gourmandise, une sfogliatelle des plus onctueuses à ne pas rater.


Rosaura et son père ( Luciano d’Amico) © Tommaso LePera

Il Bugiardo de Carlo Goldoni
Théâtre de l’Epée de bois
La Cartourcherie
Jusqu’au 21 mai 2017
Du mercredi au samedi à 20h30 et le samedi et dimanche à 16h00
Durée 1h45

Mise en scène d’Alfredo Arias
Adaptation d’Alfredo Arias et Geppy Gleijeses
Avec Geppy Gleijeses, Marianella Bargilli, Andrea Giordana Lorenzo Gleijeses, Antonio Interlandi, Luciano d’Amico, Luchino Giordana, Valentina Valsania
Scénographie et costumes de Chloé Obolensky
Lumières de Luigi Ascione
Musique originale de Mauro Gioia
Production Teatro Quirino – 

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Sous les projecteurs. Entre cinéma et théâtre, Vincent Macaigne choisit de ne pas choisir

Sous les projecteurs. Entre cinéma et théâtre, Vincent Macaigne choisit de ne pas choisir | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Yann Bertrand pour France Info


C'est désormais un visage connu du cinéma français. Après avoir fait ses armes au théâtre, Vincent Macaigne est à Cannes pour présenter son tout premier film, "Pour le réconfort", dans la sélection des cinéastes indépendants.


Après avoir été acteur et metteur en scène, Vincent Macaigne propose son premier long-métrage cette année au festival de Cannes. (LOIC VENANCE / AFP)



Il a franchi le pas. Vincent Macaigne est passé derrière la caméra pour un premier long-métrage, après avoir prêté sa vraie gueule d’acteur à de nombreuses reprises. Après avoir aussi suscité la controverse en tant que metteur en scène au théâtre, notamment avec son adaptation d'Hamlet, la pièce Au moins j'aurai laissé un beau cadavre, présentée en 2011 au festival d'Avignon. Pour le réconfort est né de l’envie féroce de filmer ses acteurs de théâtre, qu'il met en scène depuis bientôt 13 ans. 

Défendre son acte

Mais débarquer sur la Croisette en tant que réalisateur, même dans le cadre de la sélection beaucoup moins exposée de l’ACID, celle des cinéastes indépendants, est une nouvelle expérience : "C’est une énorme différence car c’est mon acte, je ne défends pas celui de quelqu’un d’autre."


La dernière fois qu’il était venu à Cannes, c’était avec le premier film de son ami Louis Garrel, Les Deux Amis, il y a deux ans. Mais son nom est encore beaucoup associé aux planches, en tant qu’acteur ou metteur en scène. Entre les deux arts, Vincent Macaigne a décidé de ne pas choisir.


 
Réalisé en famille, toujours, avec sa troupe de comédiens, Pour le réconfort est une opposition théâtrale entre deux mondes : les riches « bobos » et les provinciaux. Les premiers, revenant sur les terres de leur enfance dans le château familial qu’ils avaient abandonné pour courir le monde. Fidèle à sa ligne, Vincent Macaigne veut avant tout susciter une réaction : "J'ai monté le film en me disant que j'aimerais que les gens se demandent ce que leur voisin pense."

Images en quatre tiers, plans serrés, jeux de lumière et musique à fond, Vincent Macaigne signe un premier film qui lui ressemble : technique, inclassable, dramatique et drôle à la fois. Du vrai spectacle vivant.


Voir la vidéo associée à cet article  :  http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/sous-les-projecteurs/sous-les-projecteurs-entre-cinema-et-theatre-vincent-macaigne-choisit-de-ne-pas-choisir_2203782.html

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Des hommes en devenir, mise en scène Emmanuel Meirieu

Des hommes en devenir, mise en scène Emmanuel Meirieu | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Emmanuel Meirieu adapte et met en scène le roman de Bruce Machart et offre, avec l’équipe artistique et les comédiens de cet exceptionnel spectacle, une époustouflante analyse de la condition humaine.

Xavier Gallais dans Des hommes en devenir. Crédit photo : Emmanuel Meirieu
Pour que les hommes ne soient pas tentés par la gloire héroïque, le théâtre a inventé la tragédie, qui les console de leur misérable condition. Aux pitoyables humains, reste le drame d’une existence ordinaire promise à la mort, mais exempte des affres réservées aux êtres supérieurs, seuls capables de les affronter. Le fait divers est notre lot. Perte d’un enfant, d’un amour, d’une jambe ou d’un bras : autant de malheurs sordides à force d’être communs… Emmanuel Meirieu relève la gageure d’affronter cette banalité quotidienne, qui remplit les couloirs d’hôpital, les allées des cimetières et les soirs de débine alcoolique de plaintes tristement communes. Mais sa brillante mise en scène sait éviter les pièges du pathos attendu et de l’empathie forcée. Derrière un tulle sur lequel sont projetés des images illustratives et les visages en gros plan des comédiens, se tiennent Stéphane Balmino, Jérôme Derre, Xavier Gallais, Jérôme Kircher et Loïc Varraut. A distance du public, fichés derrière un micro sur un vaste plateau en pente au sol plissé, ils disent les mots sans fard et pourtant pleins de pudeur d’hommes qui ont tout perdu, sauf la vie…

Passe, impair et manque…

Apparaît alors ce qu’est le bonheur : avoir quelqu’un à perdre. Et le malheur gît dans cette capacité à survivre à la perte. Faire avec, autrement dit, faire sans… Sans le cri de l’enfant mort-né, sans la peau à l’odeur de jasmin de l’amoureuse enfuie, sans le babil incessant de la compagne que la mort a fait taire, sans l’insouciance joyeuse du temps où l’on ignorait qu’on avait tout. Les personnages de Bruce Machart ne se plaignent ni ne geignent. Ils racontent. Emmanuel Meirieu les fait murmurer quand ils pourraient hurler, et on entend pourtant leurs cris à l’intérieur de soi, échos des sanglots enfouis au fond de son âme. Le théâtre se fait le lieu d’une parole incandescente, éblouissante d’authenticité, jamais obscène, jamais pompeuse, évitant avec un talent sidérant la prise d’otage de la sensiblerie. Les cinq comédiens sont les instruments parfaitement accordés et exceptionnellement justes d’un blues métaphysique aux accents déchirants. La rage et la tendresse mêlées de ces êtres terriblement humains les haussent alors à la hauteur de héros tragiques, qui transcendent leur condition en ayant le courage d’en faire le récit. Si notre besoin de consolation est insatiable, ce spectacle en est l’impeccable et hypnotique rappel.

 

Catherine Robert
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Les Inrocks - “Médée-Matériau” de Heiner Müller : Anatoli Vassiliev et Valérie Dréville entretiennent le feu sacré

Les Inrocks - “Médée-Matériau” de Heiner Müller : Anatoli Vassiliev et Valérie Dréville entretiennent le feu sacré | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Patrick Sourd dans Les Inrocks


Dans Médée-Matériau, Valérie Dréville ose l’expérience de la transe pour témoigner sous la direction d’Anatoli Vassiliev d’un destin légendaire porté à l’incandescence par la poésie d’Heiner Müller.


A l’arrière-plan, la toile blanche d’un écran tendu entre les membrures d’un cadre métallique. Juste devant, un petit trône en bois clair placé sur une estrade. A côté et au sol, une bassine en fer blanc. Occupant le vaste volume de la cage de scène, cet autel encore désert est celui du cérémonial à venir.


A l’avant-scène, deux minuscules poupées assises sur un tabouret semblent observer l’étrange installation en se conformant à l’attitude des spectateurs qui ont pris place dans la salle. Le prologue est silencieux.


Les mots se cognent les uns contre les autres


Le texte intégral de Médée-Matériau défile sur l’écran. Avec ses allures de poème fulgurant, la courte pièce d’Heiner Müller nous est simplement donnée à lire. Sept pages où les mots se cognent les uns contre les autres pour dire la violence de la légende de Médée la barbare.


Rappeler son histoire, c’est dire qu’elle a trahi les siens et fut responsable de la mort de son frère. Une indignité choisie par amour, pour faire la fortune de Jason et lui permettre de s’emparer de la Toison d’or. Devenue sa femme, elle lui donne deux fils.
Au fil d’une écriture hallucinée, Heiner Müller nous raconte Médée au moment où celle qui est la petite-fille du Soleil connaît l’outrage de se voir répudiée par un époux ingrat qui a décidé d’en marier une plus jeune.


L’histoire de cette performance tient, elle aussi, de la légende
Si l’on se réfère aux spectacles qui font date, l’histoire de cette performance dirigée par Anatoli Vassiliev et dont Valérie Dréville est l’unique interprète tient, elle aussi, de la légende. La rencontre entre les deux artistes remonte à l’année 1992, quand le maître du théâtre russe met en scène Bal masqué de Mikhaïl Lermontov à la Comédie-Française. L’actrice y est fascinante, le couple qu’elle forme aux côtés du regretté Jean-Luc Boutté demeure inoubliable.
S’ensuivent de nombreux voyages à Moscou, où Valérie Dréville s’initie aux pratiques théâtrales d’Anatoli Vassiliev jusqu’à obtenir une bourse de la Villa Médicis hors les murs pour y travailler un an durant. C’est en 2002, après ce dernier séjour, qu’ils créent Médée-Matériau au festival L’Olympiade théâtrale de Moscou.


Au Festival d’Avignon, la performance fait scandale


Présentée au Festival d’Avignon la même année, la performance fait scandale, avant d’être reprise et de triompher en tournée durant cinq ans. Aujourd’hui, Valérie Dréville est artiste associée du Théâtre national de Strasbourg. Elle était libre d’envisager une création de son choix. Elle a choisi de retrouver la complicité artistique d’Anatoli Vassiliev pour remettre, quinze ans après, Médée-Matériau sur le métier.


La fin de notre lecture est le signal du début du plus étrange des rituels. Portée par une divine colère, Valérie Dréville est cette Médée qui, après avoir tenté de vivre en femme, redevient la sorcière aux infinis pouvoirs pour accomplir sa vengeance.
Seule la transe peut rendre compte de la folie qui se matérialise
Des mouettes annoncent la tempête que l’on présageait, elles tourbillonnent dans le sillage d’un navire. Projetées sur les murs de la cage de scène, ces images filmées en pleine mer font tanguer le théâtre dans un puissant mouvement de roulis.


La voici sur son trône alors que le monde chavire. Mains agrippées sur les genoux, ses jambes sont largement écartées. Elle porte la fine robe de lin qu’elle avait pour ses noces et qu’elle revendique comme une seconde peau. Elle a convaincu Jason que ce serait son présent pour honorer la nouvelle épousée. Seule la transe peut maintenant rendre compte de la folie qui se matérialise.


Pour Vassiliev, le son peut devenir un objet capable de trancher l’espace jusqu’à la ligne d’horizon. Naissant du plus profond du corps de la comédienne, voici donc les mots d’Heiner Müller qui trouvent la puissance de cette incroyable autonomie. “Puisque le mot est un contenant, on fait comme avec un verre rempli d’eau, on le vide, précise l’actrice. On vide le contenu narratif, et le verre vidé peut se remplir d’un autre contenu.”


Médée jubile de l’accomplissement de sa malédiction


Retirant sa robe qu’elle jette dans la bassine, la voici totalement nue, mais c’est un être hybride qui est face à nous. Verticalité triomphante plantée entre ses cuisses offertes, elle arbore la représentation translucide d’un sexe d’homme en érection. Brisant ce phallus magique de ses mains, c’est avec le liquide séminal qu’il contient qu’elle va mettre le feu à la robe. Fin de la virilité de Jason, fin de sa nouvelle épouse transformée en torche.


Sous les yeux des pantins auxquels elle s’adresse comme à ses enfants, voilà Médée qui jubile de l’accomplissement de sa malédiction. Mais tout est loin d’être dit tandis qu’elle tire sur les ficelles qui la relient aux effigies représentant sa progéniture. Ses comptes ne sauraient se régler sans le sacrifice des deux innocents. Chair de sa chair, les poupées éventrées rejoignent le brasero.


En osant le plus scandaleux des théâtres, Valérie Dréville et Anatoli Vassiliev s’affranchissent des tabous pour dire quel était l’ancestral pouvoir de Médée. La violence métaphorique de la performance rejoint l’insoutenable qui avait été reproché en son temps au sacrifice filmé par Jean Rouch dans Les Maîtres fous (1955)… Sa grandeur est de faire le lien avec ce sacré des sorciers d’où le théâtre est né.


 Patrick Sourd


Médée-Matériau de Heiner Müller, mise en scène Anatoli Vassiliev, avec Valérie Dréville, du 24 mai au 3 juin au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris Xe

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Isabelle Nanty ou le vaudeville dans le sang

Isabelle Nanty ou le vaudeville dans le sang | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Thomas Ngo-Hong Roche pour son blog Hier au théâtre :


Après Un Fil à la patte et Un Chapeau de paille d’Italie, la Comédie-Française termine sa saison sur un feu d’artifice vaudevillesque. La pétillante Isabelle Nanty s’empare de L’Hôtel du Libre-Échange de Georges Feydeau en explorant les variations de la fidélité conjugale avec la gouaille qu’on lui connaît. Malgré des longueurs, cette réunion alambiquée des désirs se suit avec un plaisir certain au rythme des imprévus en tout genre.

Un vaudeville sans lieu pour s’ébattre, cela n’existe pas. Pour éviter de se faire prendre la main dans le sac, il s’agit de trouver un lieu interlope, à l’abri des regards indiscrets. L’Hôtel du Libre-Échange, au nom tout indiqué, conviendrai très bien à Pinglet. L’architecte, castré par sa mégère de femme, souhaite batifoler avec la femme de son associé Paillardin, qui elle, n’en peut plus de passer pour la plante verte de service. Ces deux âmes esseulées décident de s’acoquiner… C’était sans compter la présence de Maxime, neveu de Paillardin venu se détendre avec Victoire, la bonne des Pinglet et Mathieu, un ami des Pinglet qui débarquer avec ses quatre insupportabls filles.

Rencontres en pagaille
Ces rencontres importunes sont évidemment à l’origine de tout le sel de cette comédie. Le crampon Christian Hecq qui arrive toujours comme un cheveu sur la soupe conquiert un public ravi. Ses bégaiements et ses airs ahuris sont tordants. Michel Vuillermoz joue de malchance avec une piquante contrariété tandis qu’Anne Kessler épate en dragonne-tragédienne sans concession. Florence Viala apporte une touchante humanité dans le rôle de la femme délaissée. Laurent Lafitte, lui, effraie en tenancier pervers aux gros chicots et aux talents certains de cabaretier. La fraîcheur ravissante de Julien Frison en philosophe coincé s’ouvrant aux plaisirs de la chair est à relever : son allure de grande liane montée sur ressorts lui promet une rapide ascension dans les rôles comiques.

L’élégant décor de Christian Lacroix joue sur nos perceptions : ses airs de maison hantée chic et insalubres à la fois renvoient à la réconforte étiquette bourgeoise sapée par des pensées immorales bien moins glorieuses…. L’idée d’une juxtaposition d’étages reliés par un escalier en colimaçon est bienvenue : elle permet une simultanéité et un agrandissement de l’espace qui accentue la démesure des situations.

Point noir cependant : Feydeau, gourmand, tire trop ses effets. L’ajout d’un troisième acte, qui laisse les personnages mal en point après leur nuit de folie, n’a pas d’intérêt dramatique et offre des rebondissements à rallonge qui sont autant de pétards mouillés. Le spectacle dure tout de même deux heures trente sans entracte. Beaucoup trop long pour une comédie : Nanty aurait du expédier l’affaire avec moins de ménagement et procéder à des coupes.

L’HÔTEL DU LIBRE-ÉCHANGE de Georges Feydeau.  M.E.S d’Isabelle Nanty. Comédie-Française. 01 44 58 15 15. 2h30.

© Brigitte Enguérand

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CASTING Enfant pour jouer dans un spectacle au CDN de Besançon



Le CDN de Besançon recherche deux enfants : deux filles entre 9 et 11 ans  pour jouer dans le spectacle

La Passion de Félicité Barette
D'après Trois contes de Gustave Flaubert,
mise en scène Guillaume Delaveau 


Les enfants joueront à Besançon et en tournée à Thionville et Châtillon.

Le casting aura lieu le 31 mai après-midi


voir le détail de l'annonce http://mailchi.mp/cdn-besancon/casting-enfant-pour-jouer-dans-un-spectacle-au-cdn?e=a784ded6cd

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Manifeste : "Ode à l'ennemi" de Wajdi Mouawad

Manifeste : "Ode à l'ennemi" de Wajdi Mouawad | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié en éditorial de la saison 17/18 du Théâtre national de la Colline


Tolstoï, alors officier dans l’armée, raconte comment lors d’une marche, un de ses collègues frappa un homme qui s’écartait du rang.Il lui dit: « N’êtes-vous pas honteux de traiter ainsiu nde vos semblables? Vous n’avez donc pas lu l’Évangile ? » À quoi l’autre répond: « Vous n’avez donc pas lu les règlements militaires ? » Cette réponse est celle que s’attirera toujours le spirituel qui veut régir le temporel. Voilà pourquoi aujourd’hui, ceux qui conduisent les hommes n’ont que faire de la justice et de la charité et la plupart des moralistes écoutés en Europe depuis cinquante ans, singulièrement les gens de lettres en France, invitent les hommes à se moquer de l’Évangile et àlire les règlements militaires.



Julien Benda, La Trahison des clercs, 1927



Plus que la brutalité et la lâcheté d’hommes de pouvoir, plus que leur vulgarité,  plus que leur trahison, plus que leur obscénité devant l’argent, plus que l’écart  de plus en plus abyssal entre leurs discours et leurs gestes, plus que leur incapacité  à incarner leur parole dans des lois justes, plus que leur entêtement à dire, 



(lire la suite sur le site de la Colline : http://www.colline.fr/fr/page/manifeste )

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Théâtre de la Colline : radiographie d’un choc  "Betroffenheit"

Théâtre de la Colline : radiographie d’un choc  "Betroffenheit" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Marie Soyeux dans La Croix



Au Théâtre de la Colline, à Paris, théâtre et danse s’allient avec audace dans Betroffenheit, pour raconter le traumatisme d’un homme et son voyage halluciné. Virtuose.


Betroffenheit

Au Théâtre de la Colline (programmation du Théâtre de la Ville)

Inquiétant, lancinant, fascinant Betroffenheit. À la Maison de la danse de Lyon, où s’est déroulée sa première en France, une seconde de silence a précédé les applaudissements émus. Cette ponctuation révélait, avec plus de sûreté encore que les acclamations, le saisissement de spectateurs revenant à la réalité d’une salle de spectacle, après un bouleversant voyage. De fait, Betroffenheit les a entraînés loin, très loin, dans les ténèbres et les beautés de son alliage entre danse et théâtre.

Emmuré dans la stupeur et l’effroi

Un homme a vécu un traumatisme. Il vit depuis emmuré dans la stupeur et l’effroi, dans cet état de choc que les Allemands désignent sous le terme intraduisible de « Betroffenheit ». Son esprit tourmenté prend la forme d’une arrière-cour recroquevillée dans un coin de la scène. Là, tout lui parle encore de l’horreur qu’il a vécue.

Il entend une voix : la sienne, préenregistrée. Mais elle sort des objets qui s’animent autour de lui (fil électrique aux allures de serpent, ampoule clignotante…) et de la bouche d’un danseur dont les déplacements expressifs empruntent au mime et au pantin mécanique. Parfois, la voix lui enjoint de réagir. Parfois, de s’étourdir.

Décor hallucinatoire

Par les portes battantes de ce décor hallucinatoire surgit alors un grotesque cabaret. Un animateur à l’enthousiasme forcené. Un clown rampant et bondissant. Des danseurs charriant leur carnaval de musiques et de costumes : éclats de salsa, paillettes et claquettes, ils sont drôles, ils ont une prestance folle. Ils sont sinistres aussi, et même de plus en plus, à mesure que les corps se disloquent et s’étirent.

L’ambiguïté des cinq danseurs de la compagnie Kidd Pivot est remarquable, entre l’éblouissant Jermaine Spivey et la glaçante Tiffany Tregarthen qui, avec son visage de clown blafard, son petit chapeau et ses sourires mutins, rappelle parfois le Joker de Tim Burton… La chorégraphe canadienne Cristal Pite et son compatriote le dramaturge Jonathon Young (qui incarne lui-même le traumatisé) ont tiré d’eux le meilleur de la danse et du théâtre réunis : l’intensité des corps et de l’interprétation.

Performance mémorable

Dans la seconde partie du spectacle, le manège obsessionnel des mots de Jonathon Young, qui a lui-même traversé un drame familial et livre ici une performance mémorable, s’arrête enfin. La danse cesse de jaillir comme un diable de sa boîte. Elle prend le temps de s’installer. Le spectateur, préparé par la narration, est prêt à la recevoir, à la comprendre seule. Dans l’au-delà des mots, beaucoup de choses se disent.

Marie Soyeux
Du 29 mai au 2 juin. Rens. 01.44.62.52.52


Bande-annonce de Betroffenheit : https://www.youtube.com/watch?v=Xfs-SEx1nCU&feature=youtu.be



Photo : L’ambiguïté des cinq danseurs de la compagnie Kidd Pivot est remarquable. / Michael Slobodian

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«On constate une événementialisation de la vie culturelle et sociale»

«On constate une événementialisation de la vie culturelle et sociale» | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Ève Beauvallet dans Libération



Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, analyse la généralisation de manifestations de grande ampleur qui, au-delà d’attirer ressources et touristes, révèle de réels enjeux politiques pour les villes.

Observateur de l’écosystème des festivals, Emmanuel Négrier, directeur de recherche CNRS en science politique au Centre d’études politiques de l’Europe latine (Cepel) à l’université de Montpellier-I, revient sur l’événementialisation du rapport à la culture dont la manifestation Un été au Havre [lire ci-contre] est le dernier signe.

Comment nommer ces manifestations XXL axées sur le tourisme culturel qui fleurissent ces dernières années ?


Il faudrait sans doute parler de «saisons», ou d’événement d’événements, voire de minicapitales culturelles puisqu’ils appartiennent au même régime que les «Capitales européennes de la culture». Ce ne sont plus des festivals au sens où leur identité artistique est multiforme, leur durée est dilatée, que la part d’espace public et de mobilité sur le territoire est plus importante, qu’ils fédèrent un nombre conséquent d’acteurs publics et privés. Ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces événements opèrent en fait une inversion du schéma festivalier classique. Pour résumer, on dirait qu’un festival, c’est une identité artistique singulière qui se pose sur un territoire, lequel en hérite symboliquement. Or, ici, la singularité ne naît plus de l’identité artistique en tant que telle (tel genre de musique, par exemple) mais des spécificités d’un territoire qu’il s’agit de dynamiser. Il sert alors de pépinière, de laboratoire, de réceptacle, de lieu de fabrique original d’une offre artistique qui, elle, n’a pas besoin de se singulariser, ni en termes de discipline ni en termes de thématique. L’art est le moyen au service du territoire tandis que, dans le cas des festivals, le territoire reste un moyen au service de l’art.

Depuis quand observe-t-on leur multiplication ?


Le premier événement du genre est sans doute Lille 3000, piloté par Didier Fusillier, directement né de Lille 2004, capitale européenne de la culture, qui a évidemment joué un rôle prépondérant dans la requalification urbaine de la ville. C’est ce que recherchait aussi Marseille. Et puis il y eut le cas d’école, Nantes. Il est parfaitement limpide qu’après la crise de l’identité portuaire, la manifestation Estuaire, devenue le Voyage à Nantes, a largement contribué au réveil de la ville.

De quoi ces grands raouts sont-ils le signe ?


De l’événementialisation de la vie culturelle, et de l’événementialisation de la vie sociale tout court ! Il y a aujourd’hui une injonction pour les villes et les métropoles à «faire événement», à se distinguer en même temps dans une compétition pour attirer des ressources rares (humaines, économiques) qui ne proviendraient plus seulement des richesses type nœud routier, proximité de matières premières, etc. Certains territoires sont en situation de concurrence pour attirer les touristes les plus dotés en ressources et soignent leur capacité de distinction : chaleur humaine et centralité européenne pour Lille, culture canaille et gouvernance subtile pour Marseille, racines portuaires et nouveaux territoires de l’art pour Nantes. On y mêle toujours un peu l’histoire, la légende et la modernité. On y balance toujours entre singularité et standardisation. Pas étonnant (côté standardisation) que Le Havre ait eu recours à Jean Blaise pour faire au Havre ce qu’il a si bien réussi à Nantes.

Quels autres enjeux hormis le tourisme ?


Outre le rayonnement extérieur, et l’enjeu sociétal (ces super-événements investissant plus volontiers l’espace public, ils permettent de toucher des spectateurs moins captifs le reste de l’année), c’est la valorisation politique qui frappe. L’enjeu est de souder une communauté d’acteurs - ce qui n’est pas négligeable au vu des temps qui courent, où les solidarités politiques et les continuités sont attaquées (on n’est plus en présence de bastions électoraux où de tout temps on a voté à gauche ou à droite, mais plutôt en présence de fiefs avec un suzerain au centre et des acteurs urbains plus ou moins vassalisés). Ça explique pourquoi les élus sont si fascinés par ce genre d’opérations.

En termes de requalification urbaine, le bilan de ces opérations est-il jusqu’alors positif ?


La question qui se pose est celle des bénéficiaires de cette revalorisation du territoire, de la redistribution de la rente. Sur le plan foncier, ces opérations ont un impact clair, encore faut-il qu’il profite à l’ensemble des populations. Selon la stratégie économique, on peut flirter avec des tactiques néolibérales comme avec une redistribution, disons, plus sociale.

Vous parlez de Marseille dans le premier cas, et de Nantes dans le second ?


Les opérations créées lors de Marseille-Provence 2013 ont été assez emblématiques sur le plan du rayonnement artistique, mais si l’on considère les infrastructures, par exemple, il est clair que la requalification urbaine s’est arrêtée à certains espaces, et que les quartiers nord, populaires, en ont largement moins bénéficié. Dans le cas de Nantes, c’est en effet différent : les requalifications urbaines ont pris un caractère, disons, plus social-démocrate. Tout comme Lille, engagée dans un développement culturel durable.

Et sur le plan de la production artistique ?


Il y a de quoi avoir exactement les mêmes craintes ! Tous les types de productions sont-ils servis de la même façon ? Quelles propositions artistiques sont valorisées dans cette néoterritorialisation événementielle ? Le risque est d’accorder le privilège aux propositions les plus chic et choc. Ce qui participe pleinement de cette événementialisation du rapport à la culture…

C’est-à-dire ?


La relation à une œuvre artistique est beaucoup moins fonction des logiques établies d’antan. L’apprentissage préalable, l’investissement dans la connaissance, la régularité et la fidélité sur une ou plusieurs saisons à un lieu fixe. Tous ces critères, chers à l’individu culte d’un Alain Finkielkraut, sont aujourd’hui déstabilisés. Les abonnements baissent, l’art ne cesse de vouloir se produire en dehors des lieux consacrés. Les pairs (plus que les pères) jouent un rôle croissant sur le déclenchement de pratiques culturelles, pratiques souvent décidées au dernier moment, à la fois soucieuses de l’offre artistique mais tout autant de leur environnement convivial, culinaire et surtout festif. Cette osmose de nouvel esprit communautaire, de pratiques culturelles festives, de valorisation économique des territoires - des territoires de dégradation économique, souvent, pas forcément bien servis par le «nouvel esprit du capitalisme», tout cela incarne l’événementialisation. Et ça marche très bien !

Ève Beauvallet

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Joël Pommerat : "La mélancolie est quelque chose d'assez doux, enveloppant, positif"

Joël Pommerat : "La mélancolie est quelque chose d'assez doux, enveloppant, positif" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Eva Bester sur le site de son émission sur France Culture :


Ecouter l'émission : 

Le philosophe François Flahault, la pêche à la ligne et "La dolce vita"...Voici quelques-uns des remèdes de notre invité, à écouter sans plus attendre !


Hier Le Petit Chaperon rouge aux Bouffes du nord, demain Cendrillon à la Porte Saint Martin : le metteur en scène Joël Pommerat reprend les contes au théâtre © AFP / Pierre Verdy
Joël Pommerat est l'invité d'Eva Bester. L'auteur-metteur en scène, fondateur de la Compagnie Louis Brouillard, nous livre ses remèdes contre le spleen ! Nourri par l'univers des contes, cet artiste atypique. Son spectacle Cendrillon

Les remèdes de Joël Pommerat

La dolce vita, Federico Fellini
"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas", Fernando Pessoa
Pêcher à la ligne le matin, en bateau sur un lac
Le sentiment d'exister, de François Flahault
La chanson de Maxence, de Stéphane Kerecki Quartet
Mashrou' Leila, de Shim El Yasmine et Erik Truffaz Quartet
Albert Dupontel
Jérôme Bosch
La gourmandise d'Eva Bester

La programmation musicale

Panique, Juniore
Smoke of dreams, Thurston Moore
Pass this on, The knife



Les invités
Joël Pommerat
Dramaturge et metteur en scène



L'équipe
Eva Bester  Productrice
Eliane Girard  Réalisatrice
Camille Blanès  Attachée de production
Djubaka  Programmateur musical

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Protestations en Russie après les perquisitions visant le metteur en scène Kirill Serebrennikov

Protestations en Russie après les perquisitions visant le metteur en scène Kirill Serebrennikov | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) dans Le Monde


Une enquête pour « détournement de fonds » vise le directeur du Centre Gogol.

Toutes affaires cessantes, le cinéaste Fiodor Bondartchouk, réalisateur de la superproduction Stalingrad (2013) a accouru, en tongs, devant le Centre Gogol, un théâtre bien connu à Moscou, visé, mardi 23 mai, par une perquisition. « Je ne comprends rien…, déclarait-il, au milieu d’une foule d’artistes et d’anonymes. Kirill Serebrennikov (…) est une fierté pour la Russie dans le monde entier ». Metteur en scène et réalisateur, ce dernier fait l’objet d’une enquête pour « détournement de fonds », 200 millions de roubles (environ 3 millions d’euros) de subventions publiques allouées entre 2011 et 2014 à sa troupe de théâtre, 7e studio.

En même temps que le Centre Gogol, qu’il dirige depuis 2012 sur le plan artistique, Kirill Serebrennikov a subi une perquisition à son domicile avant d’être emmené par des policiers en civil, le visage dissimulé par des bandanas, pour interrogatoire. Relâché, il a repris ses répétitions mais est astreint au silence. Pas ses soutiens, qui dénoncent une opération menée contre l’un des acteurs les plus talentueux de la scène russe contemporaine. Dans une lettre rendue publique jeudi 25 mai, les critiques de théâtre lui ont à leur tour apporté leur soutien en faisant part, ouvertement, de leurs « soupçons » sur une « affaire politiquement motivée ».

Kirill Serebrennikov s’est exprimé vendredi 26 mai sur son compte Facebook. « Chers amis, je lis vos paroles d’amour et de soutien (...) les larmes m’étouffent, les émotions m’étreignent, écrit-il. Je veux embrasser et remercier chacun d’entre vous ! Parfois, dans la vie, des événements arrivent pour lesquels tu n’es pas prêt. Les circonstances (...) sont le résultat d’une injustice monstrueuse. Mais nous sommes calmes. Nous sommes prêts à répondre à toutes les questions et nous n’avons rien à cacher. »

« Des imbéciles »

Homosexuel revendiqué, provocateur, Kirill Serebrennikov, 47 ans, auteur notamment du film Le Disciple, présenté au festival de Cannes en 2016, dans lequel un ado devenait un fanatique orthodoxe, a profondément révolutionné le théâtre russe en adaptant, de façon parfois décapante, des classiques du répertoire national. Sous son impulsion, le Centre Gogol, rejoint par la troupe de 7e studio, est devenu un haut lieu de la scène. Indigné, Vladimir Ourine, directeur du célèbre Bolchoï, dont le prochain spectacle programmé en juillet, Noureev, a été monté par Kirill Serebrennikov, a écrit à Vladimir Poutine : « Ce qui s’est produit contre ce metteur en scène n’est pas bien. C’est un artiste, il n’est pas responsable de la partie financière ».

Mercredi 23 mai, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Kremlin, Evgueni Mironov, acteur et directeur artistique de théâtre, a lui aussi remis une lettre au chef de l’état. « Êtes-vous au courant ? », lui a-t-il demandé. « Oui », a dit M. Poutine. « Mais pourquoi ? Vous partez lundi en France, à quoi bon ? », a poursuivi l’homme de théâtre. « Des imbéciles », aurait alors répondu le président russe sans préciser à qui il pensait, selon le dialogue rapporté par un journaliste du quotidien Kommersant, témoin de la scène. « Il n’y a rien de politique », avait assuré de son côté Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

L’AFFAIRE PÉNALE A ÉTÉ OUVERTE À LA SUITE D’UNE ENQUÊTE DU PARQUET LANCÉE DÉBUT 2015, À LA DEMANDE D’UNE ASSOCIATION CONSERVATRICE, CONTRE PLUSIEURS SCÈNES DE MOSCOU



Sans convaincre. « L’artiste en Russie qui devrait être fier est insulté et humilié. Et comme c’est une personne connue pour son indépendance et sa liberté, qui a plusieurs fois fait des déclarations audacieuses, ces répressions soudaines ont un air particulièrement mauvais », s’insurge le danseur Mikhaïl Barychnikov. « Nos institutions sont dans un environnement anormal, perverti (…) où tout est extrêmement bureaucratisé. C’est une pathologie, vous comprenez ?, soupire le cinéaste Vladimir Merzoïev. Et c’est très compliqué, dans cette situation, de fonctionner parfaitement. Les autorités font tout pour que chacun se sente sur la sellette… »

L’affaire pénale a été ouverte à la suite d’une enquête du parquet elle-même lancée début 2015, à la demande d’une association conservatrice, baptisée Art sans frontière, contre plusieurs scènes de Moscou soupçonnées, selon une source anonyme du ministère de la culture citée par le site russophone Meduza, « d’utilisation de langage grossier, de propagande de comportements immoraux et de pornographie ». Ladite association avait organisé quelques mois plus tôt une exposition, « Au fond », qui épinglait, sur de grandes photos des pièces de théâtre avec, accrochées dessus et bien mises en évidence, des montants de subvention publique.

Exaltation du patriotisme

Représentée notamment par un ancien membre du SVR (les services de renseignements extérieurs), elle aurait bénéficié, selon Meduza, d’un « don » de 4 millions de roubles alloués par la présidence en 2016, en vue de développer des contenus « créatifs et patriotiques pour les citoyens ».

À plusieurs reprises, ces dernières années, des artistes ou des lieux culturels ont été la cible de mouvements conservateurs ou ultra-orthodoxes, dans un climat d’exaltation du patriotisme entretenu par le ministère de la culture. « Au théâtre, je peux faire ce que je veux. Ou plutôt, comme disait Maxime Gorki, je me suis donné le droit d’être libre dans une Russie qui est restée au stade de l’Europe des années 1950-1960 : le temps où Fellini était interdit par le Vatican, où Pasolini allait de procès en procès pour atteinte aux bonnes mœurs », déclarait Kirill Serebrennikov dans un entretien à Télérama en novembre 2016.

Mardi, il est apparu quelque peu choqué, après six heures de perquisition menée par des policiers arrivés dès le matin, armes au poing, accompagnés d’OMON (forces anti-émeutes). « Tout va bien, je ne fais aucun reproche aux enquêteurs… », avait-il marmonné, casquette vissée sur la tête, au moment de s’engouffrer dans la voiture qui devait l’emmener au Comité d’enquête, créé par décret présidentiel pour gérer les dossiers sensibles. L’ancien directeur de 7e Studio, Youri Itine et la comptable Nina Masliaïeva ont été placés en garde à vue.

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L’Opéra national de Paris met en vente une imposante collection de costumes

L’Opéra national de Paris met en vente une imposante collection de costumes | Revue de presse théâtre | Scoop.it


par Naomi Clément pour Kobini

L’Opéra national de Paris met en vente une imposante collection de costumes

Cette vente exceptionnelle de costumes aura lieu le 4 juin prochain, dans le ventre des ateliers Berthier.



Le succès d’un spectacle de l’Opéra de Paris dépend d’innombrables facteurs. Parmi eux, les artistes lyriques et les danseurs bien sûr, placés sous le feu des projecteurs, l’orchestre, véritable pilier de la représentation, mais aussi les nombreux costumes conçus sur-mesure. Ces derniers, confectionnés par la direction des costumes de l’Opéra ou par les plus grands noms de la mode française (à l’instar de Karl Lagerfeld ou de Christian Lacroix), contribuent à planter le décor, et à transporter les spectateurs dans un monde lointain, onirique.

L’Opéra national de Paris a décidé d'offrir la possibilité de nous imprégner davantage de son univers féerique en organisant, le 4 juin prochain aux ateliers Berthier (dans le 17e arrondissement de la capitale), une imposante vente privée de costumes et d’accessoires issus de ses productions. Au programme ? Une large sélection de manteaux, robes, chemises, gilets et autres chapeaux, proposée dans une gamme de prix allant de 25 euros à 820 euros. Les billets d’entrée, vendus 10 euros, sont d’ores et déjà disponibles sur le site de l’institution. http://konbini.digidip.net/visit?url=https%3A%2F%2Fwww.operadeparis.fr%2Factualites%2Fvente-exceptionnelle-costumes


© Christophe Pelé/OnP

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Kirill Serebrennikov, remis en liberté, sera entendu comme témoin

Kirill Serebrennikov, remis en liberté, sera entendu comme témoin | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par  EKATERINA SINELCHTCHIKOVA 


Le directeur artistique du théâtre moscovite Centre Gogol, Kirill Serebrennikov, a pu repartir après avoir répondu aux questions des enquêteurs, mais il figure toujours comme témoin dans une affaire de détournement de fonds. Entre-temps, les personnalités de la culture se sont adressées au président Vladimir Poutine qui a commenté la situation.


Pourquoi la police a-t-elle débarqué dans un célèbre théâtre russe?
La vie du Centre Gogol, principal théâtre d’avant-garde de Russie
Kirill Serebrennikov prendra part au projet One Life/Live Them

Kirill Serebrennikov, réalisateur, directeur artistique du théâtre Centre Gogol et lauréat du prix François Chalais décerné lors du festival de Cannes, est reparti après avoir répondu aux questions du Comité d’enquête de Russie dans le cadre d’une affaire pénale ouverte pour détournement de fonds. Le Comité d’enquête a précisé que le réalisateur était toujours cité en qualité de témoin, et qu’il avait obligation de comparaître devant le juge d’instruction.

Dans la matinée du 23 mai, des perquisitions ont été réalisées au domicile de Kirill Serebrennikov. Le Comité d’enquête a précisé le même jour qu’elles avaient été menées dans le cadre d’une affaire pénale ouverte en 2014 suite au détournement de 200 millions de roubles (plus de 3 millions d’euros) débloqués par l’État pour la promotion de l’art. Des hommes en cagoules ont également débarqué au Centre Gogol, où se trouve le bureau de Serebrennikov, et à une dizaine d’autres adresses.

Pourquoi la police a-t-elle débarqué dans un célèbre théâtre russe?
Dans l’après-midi, les personnalités de la culture ont pris la défense du réalisateur et ont signé une lettre ouverte au président Vladimir Poutine en exprimant l’espoir que « l’instruction serait objective et honnête, qu’elle ne ferait pas preuve de cruauté envers les personnes concernées et qu’elle n’entraverait pas les activités créatrices du théâtre, de la troupe ou de Kirill Serebrennikov ».

La lettre a été lue devant le théâtre par Tchoulpan Khamatova, co-fondatrice de la fondation caritative Podari Jizn (Offre la vie). En 2012, l’actrice avait tourné un clip pour la campagne présidentielle officielle de Vladimir Poutine intitulé Pourquoi je vote Poutine ?.

Dès le lendemain, le 24 mai, à l’issue de la cérémonie d’attribution de décorations au Kremlin, la lettre a été remise au président par Evgueni Mironov, directeur du Théâtre des Nations. Le directeur du Bolchoï, Vladimir Ourine, et l’Association des critiques du théâtre ont également apporté leur soutien à Kirill Serebrennikov.


L’envoyé spécial du journal Kommersant, Andreï Kolesnikov, a décrit dans un article le dialogue « vif, voire ardent » entre Vladimir Poutine et Evgueni Mironov. « Vous le saviez ? Vous étiez au courant ?! », a demandé Evgueni Mironov, ce à quoi Vladimir Poutine a dit qu’il avait « appris la nouvelle hier » (le jour des perquisitions). Selon le journaliste, il se peut que le président ait appris les faits par les médias. « Pourquoi ? Mais pourquoi avoir fait ça ? Vous partez lundi pour la France (pour une rencontre avec le nouveau président Emmanuel Macron, RBTH). Pourquoi vous aviez besoin de ça ? », a encore demandé Evgueni Mironov. « Ce sont des idiots », a soudain répondu Vladimir Poutine.


Photo  Le célèbre metteur en scène devra témoigner dans une affaire de détournement de fonds. Crédit : Valery Melnikov / RIA Novosti

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Intense saison 17-18 à Nanterre-Amandiers

Intense saison 17-18 à Nanterre-Amandiers | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sonia Bos-Jucquin dans Theatoile


Intense saison 17-18 à Nanterre-Amandiers

A seulement quatre stations de RER du centre de Paris, Nanterre s’impose au fil des ans comme le lieu incontournable des découvertes culturelles. Le directeur de Nanterre-Amandiers, Philippe Quesne, a concocté une programmation de rêve qui laisse présager d’une intense saison 17-18 avec des noms d’habitués mais aussi d’artistes à découvrir, que beaucoup de spectateurs ne connaissent pas encore mais qu’il faudra suivre de près, dès le lancement le 22 septembre prochain.


Il y a les directeurs de théâtre qui sont actuellement la tête dans le guidon pour préparer la présentation de la prochaine saison au public et puis il y a les autres. Parmi eux, Philippe Quesne fait figure de précurseur. Exit les soirées où professionnels et amateurs se retrouvent des heures durant pour voir se succéder sur la scène les artistes qui viendront faire découvrir leur travail dans les semaines qui suivent. Cette année, le directeur de Nanterre-Amandiers a décidé de célébrer la fin de la saison qui vient de s’écouler en faisant une grande fête le 17 juin prochain dans le Théâtre de Verdure, faisant du même coup l’impasse sur une présentation officielle. Cela pourrait donner des idées à ses camarades qui constatent au fil du temps un désintéressement du public pour ce type d’évènement qui a tendance à s’éterniser et à ennuyer les habitués. En attendant de se réunir pour fêter tous ensemble une saison fabuleuse, nous nous sommes penchés sur ce qui nous attend dès le 22 septembre 2017.

Ce qui est certain à la première lecture de la programmation de Philippe Quesne, c’est que la saison 2017-2018 sera intense et riche en belles découvertes. Mixant les artistes habitués des lieux et les nouveaux noms de la création contemporaine, le centre dramatique national coproduira la moitié de des spectacles annoncés. Avec pas moins de quarante artistes, français et internationaux, Nanterre-Amandiers s’ouvre sur le monde et la culture au-delà des frontières. Tout commencera le 22 septembre avec trois spectacles de grande qualité. Une hache pour briser la mer gelée en nous par Grégoire Strecker est une adaptation de la comédie Occupe-toi d’Amélie de Georges Feydeau tandis qu’Endgame par Tania Bruguera puisera dans les mots de Samuel Beckett. Le Théâtre du Radeau concevra Soubresaut, mis en scène par François Tanguy. En novembre, Milo Rau nous connectera avec la Schaubühne de Berlin pour approfondir sa réflexion sur le réalisme au théâtre grâce à Assemblée Générale. Pour le centenaire de la Révolution d’Octobre, le spectacle s’annonce comme un coup de poing politique et culturel de grande envergure. Théo Mercier viendra présenter sa dernière création La fille du collectionneur pendant que Clédat et Petitpierre plongeront les spectateurs dans un rêve plastique avec Ermitologie et son adaptation pour enfants, Les songes d’Antoine. Jonathan Capdevielle reviendra cette saison pour A nous deux maintenant d’après le roman Un crime de Georges Bernanos alors que Jacques Osinski se confrontera au Lenz de Georg Büchner. Très attendu après sa dernière création En manque, Vincent Macaigne, en partenariat avec le Festival d’Automne à Paris, sera présent avec deux nouveaux spectacles. Je suis un pays trouvera sa source dans un drame écrit par le trublion du théâtre, au sortir de l’adolescence, entre monde onirique et cauchemar mythique. En parallèle, Voila ce que jamais je ne te dirai se penchera sur le berceau d’une question fondamentale : l’art peut-il sauver le monde ? C’est alors que Gisèle Vienne fera également son retour au Festival d’Automne à Paris avec Crowd qui s’interrogera sur les fantasmes humains en réinventant la réalité du spectacle vivant. Pour terminer l’année civile, Lond Malmborg fera venir à Nanterre-Amandiers le centenaire de l’Estonie. 99 words for void sera là pour défendre nos valeurs fondamentales en remettant la parole au cœur de toute chose.

Markus Öhrn fera l’ouverture du mois de janvier avec Sonata Widm [La sonate des spectres], texte controversé d’August Strindberg. Nul doute que ce sera un nouveau choc scénique à ne pas rater. Pour la première fois en France, Susanne Kennedy s’associera avec la Münchner Kammerspiele pour monter le scénario de Rainer Werner Fassbinder et Michael Fengler avec Warum Läuft Herr R. Amok ? dénonçant notre monde ordonné à l’excès. Né en mai 68, le plasticien Martin Le Chevallier, en écho aux dix ans de l’Effet de Serge et de la Mélancolie des Dragons, projettera deux moyens métrages (Le jardin d’Attila et Münster), un court métrage (L’an 2008) et diffusera une installation sonore en continu dans le Théâtre de Verdure (La terre sans mal). Tandis que Babarman vient d’enchanter petits et grands, le jeune public ne sera pas laissé pour compte la saison prochaine avec quatre spectacles qui lui sera destinés : Les Songes d’Antoine de Clédat et Petitpierre sera une version d’Ermitology présenté en parallèle ; Milieu de Renaud Herbin ; Le voyager record de Daniela Labbé Cabrera et Anne-Elodie Sorlin et enfin Ça dada d’Alice Laloy.

La programmation s’achèvera par deux temps forts. Le premier aura lieu en mars et réunira des artistes autour de la question de l’envol, de son échec et de son désir. Sous la dénomination Quitter la gravité, titre emprunté à un ouvrage de l’Association des astronautes autonomes, les spectacles se succèderont, aussi bien à destination des jeunes que des adultes. L’occasion d’y voir notamment Le bout de la langue de Pieter de Buysser et Robin, créé le 6 mai 2017 dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts de Bruxelles, Ballroom, chorégraphié par Begüm Erciyas ou encore La démangeaison des ailes, première création de Philippe Quesne en 2003 avec la compagnie Vivarium Studio qui fêtera comme il se doit en février 2018 les dix ans de deux de ses créations phares : L’effet de Serge et La mélancolie des dragons. Le second temps fort sera celui qui couvrira les mois d’avril et de mai au rythme d’une temporalité digne d’un festival. Sous la bannière Mondes possibles, Nanterre-Amandiers affranchira les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, investira tous les lieux du théâtre et s’interrogera sur comment faire monde ensemble grâce à deux diptyques qui se répondront comme un écho nécessaire : Extra Ball sera une carte blanche du Centre Culturel Suisse et Mai 18 autour des événements de mai 68. Durant cette période, nous retrouverons les Frères Chapuisat (Installation), Gwenaël Morin (Re-Paradise), Sanja Mitrović que nous avons découvert au dernier festival Reims Scènes d’Europe (My revolution is better than yours), Kom. Post (La fabrique du commun), Pascale Murtin (Eparpiller), Sarah Vandee et Campo (What Darkness is made of), Léa Drouet (Boundary Games), Massimo Furlan qui revient après son excellent travail de restitution dans Hospitalités (Les héros de la pensée), Bruno Latou, Frédérique Aït-Touati et Philippe Quesne (Occupy Earth) ou encore Théo Mercier et Steven Michel (Affordable solution for better living).

S’il fallait sélectionner quelques spectacles qui seraient réunis autour de l’étiquette des immanquables de la saison, voici des conseils très personnels mais qui pourraient en éclairer certains et les pousser à franchir le périphérique pour venir voir ce qui se passe du côté de Nanterre-Amandiers. C’est toujours difficile de trancher car la programmation est très l’une des plus belles de celles déjà dévoilées mais nous allons tenter de nous risquer à cet exercice. Nous vous recommandons toute la saison mais en particulier General Assembly de Milo Rau qui nous a bouleversés cette année avec Empire et Five Easy Pieces. Je suis un pays et Voilà ce que jamais je ne te dirai de Vincent Macaigne devraient également marquer les esprits avec la création En manque, véritable coup de cœur de la rédaction. Vue le travail impressionnant de Markus Öhrn, il est fort à parier que Sonata Widm suivra le même chemin. Du côté des découvertes, nous irons vers le Endgame de Tania Bruguera et vers Warum Läuft Herr R. Amok ? pour la première venue en France de Susanne Kennedy. Concernant le temps fort d’avril-mai 2018, restons sur des valeurs sûres avec Gwenaël Morin qui avait ouvert la saison 16-17 à l’aube avec ses trois tragédies de Sophocle et qui revient avec Re-Paradise. My revolution is better than yours de Sanja Mitrović et Les héros de la pensée de Massimo Furlan (après son sublime Hospitalités) attirent également notre attention. Et s’il vous reste du temps, n’hésitez pas à suivre votre propre instinct.

La programmation 17-18 en un coup d’œil :

Feydeau / Une hache pour briser la mer gelée en nous
mis en scène de Grégoire Stecker
du 22 septembre au 1er octobre 2017
Grande salle

Endgame [fin de partie]
mis en scène de Tania Bruguera
du 22 septembre au 1er octobre 2017
Atelier décor

Soubresaut
conception du Théâtre du radeau
du 22 septembre au 8 octobre 2017
Salle transformable

General assembly / Generalversammlung / Assemblée générale
conception de Milo Rau / IIPM
du 3 au 5 novembre 2017
Grande salle

La fille du collectionneur
conception et mise en scène de Théo Mercier
du 14 au 19 novembre 2017
Salle transformable

Ermitologie
conception, mise en scène et sculptures de Clédat et Petitpierre
du 15 au 19 novembre 2017
Plateau de la grande salle

Les songes d’Antoine
conception, mise en scène et sculptures de Clédat et Petitpierre
le 14, 15 et 19 novembre 2017
Plateau de la grande salle

A nous deux maintenant
conception, adaptation et mise en scène de Jonathan Capdevielle
du 23 novembre au 3 décembre 2017
Salle transformable

Lenz
mise en scène de Jacques Osinski
du 23 novembre au 3 décembre 2017
Planétarium

Je suis un pays comédie burlesque et tragique de notre jeunesse passée
écriture, mise en scène, conception visuelle et scénographie de Vincent Macaigne

du 25 novembre au 8 décembre 2017
Grande Salle

Voilà ce que jamais je ne te dirai
écriture, mise en scène, conception visuelle et scénographie de Vincent Macaigne

du 25 novembre au 8 décembre 2017
Plateau de la grande Salle

Crowd
conception, chorégraphie et scénographie de Gisèle Vienne
du 7 au 16 décembre
Salle transformable

99 words for void
conception et mise en scène de Lond Malmborg

du 15 au 16 décembre 2017
Plateau de la grande salle

Sonata Widm [La sonate des spectres]
mise en scène, scénographie et son de Markus öhrn et Nowy Teatr
du 19 au 22 janvier 2018
Plateau de la grande salle

Warum Läuft Herr R. Amok ? [Pourquoi M. R est-il attaint de folie meurtrière ?]
mise en scène de Susanne Kennedy avec la Münchner Kammerspiele
du 25 au 28 janvier 2018
Salle transformable

L’effet de Serge
conception, mise en scène et scénographie de Philippe Quesne et du Vivarium Studio
du 6 au 11 février 2018
Salle transformable

La mélancolie des dragons
conception, mise en scène et scénographie de Philippe Quesne et du Vivarium Studio
du 6 au 11 février 2018
Grande salle

La terre sans mal
Martin Le Chevallier
du 6 au 11 février 2018
Théâtre de verdure (en continu)

L’an 2008
Martin Le Chevallier
du 6 au 11 février 2018
SAS blanc (en continu)

Le jardin d’Attila
Martin Le Chevallier
du 6 au 11 février 2018
Grande salle

Münster
Martin Le Chevallier
du 6 au 11 février 2018
Grande salle

Mars 2018 (Quitter la gravité) :

Milieu
conception et jeu de Renaud Herbin
du 6 au 11 mars 2018
Plateau de la grande salle

Le bout de la langue [pièce pour planétarium]
conception et jeu de Pieter de Buysser et Robin
du 7 au 18 mars 2018
Planétarium

En attendant Mars
film de Bertrand Dezoteux
du 7 au 18 mars 2018
Grande salle

Ballroom
chorégraphie de Begüm Erciyas
du 9 au 11 mars 2018
Salle transformable

La démangeaison des ailes
conception et scénographie de Philippe Quesne
du 15 au 18 mars 2018
Salle transformable

Le voyager record
spectacle de Daniela Labbé Cabrera et Anne-Elodie Sorlin
du 17 au 18 mars 2018
Grande salle

Ça dada
écriture et mise en scène d’Alice Laloy
du 28 au 31 mars 2018
Salle transformable

Avril – Mai 2018 (Mondes Possibles) :

Installation des Frères Chapuisat

Re-Paradise de Gwenaël Morin

My revolution is better than yours de Sanja Mitrović

La fabrique du commun de Kom. Post

Eparpiller (concert dispersé) de Pascale Murtin

What darkness is made of de Sarah Vanhee et Campo

Boundary games de Léa Drouet

Les héros de la pensée de Massimo Furlan

Occupy Earth de Bruno Latour, Frédérique Aït-Touati et Philippe Quesne

Affordable solution for better living de Théo Mercier et Steven Michel

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La Volksbühne, scène mythique de Berlin, change d’ère et d’air

La Volksbühne, scène mythique de Berlin, change d’ère et d’air | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Thomas Wieder (Berlin, correspondant) pour Le Monde



Chris Dercon, dont la nomination avait été contestée, a annoncé un programme qui met l’accent sur les arts vidéo et le multimédia.


Une page de l’histoire culturelle de Berlin est en train de se tourner. Qui aurait pu imaginer que le programme de la Volksbühne, scène mythique de la capitale allemande, édifiée par l’architecte Oskar Kaufmann en 1914 et située à l’est du Mur pendant la guerre froide, serait un jour dévoilé dans l’ancien aéroport de Tempelhof, devenu l’un des lieux de mémoire de Berlin-Ouest depuis le fameux pont aérien de 1948-1949, mais d’où plus aucun avion ne décolle depuis 2008 ?

Lire le reportage :   La force d’un pacte à la Volksbühne de Berlin http://www.lemonde.fr/scenes/article/2017/03/29/la-force-d-un-pacte-a-la-volksbuhne-de-berlin_5102399_1654999.html

C’est à cette petite révolution qu’une centaine de journalistes ont assisté, mardi 16 mai, dans le restaurant désaffecté de cet aéroport qui n’en est plus un. Face à eux, la nouvelle équipe de la Volksbühne, à commencer par son nouveau directeur, Chris Dercon, qui était depuis 2011 le patron de la Tate Modern, à Londres, et dont la première production en tant que nouvel intendant se jouera à quelques mètres de là, le 10 septembre, sur l’ancien tarmac : Fous de danse – Ganz Berlin tanzt auf Tempelhof (Tout Berlin danse à Tempelhof), un spectacle de dix heures réalisé par le chorégraphe français Boris Charmatz et auquel le public sera appelé lui-même à participer.

Lire le compte-rendu :   Violente controverse autour de l’avenir des théâtres berlinois  http://www.lemonde.fr/scenes/article/2015/04/06/violente-controverse-autour-de-l-avenir-des-theatres-berlinois_4610472_1654999.html

LE CHOIX DE NOMMER POUR LA PREMIÈRE FOIS UN CURATEUR ET NON UN METTEUR EN SCÈNE POUR DIRIGER LA VOLKSBÜHNE AVAIT PROVOQUÉ UNE ÂPRE CONTROVERSE



C’est peu dire que cette première rencontre avec la presse était attendue. Au printemps 2015, le choix du gouvernement de Berlin de nommer pour la première fois un curateur et non un metteur en scène pour diriger la Volksbühne avait provoqué une âpre controverse. Beaucoup y ont vu la fin d’une époque, pas seulement parce que cette nomination mettait un terme au mandat de Frank Castorf, nommé en 1992 à la tête de l’institution, mais aussi parce que le parcours de son successeur, sa volonté d’internationaliser la programmation et son credo en faveur de l’interdisciplinarité ont été vus par ses détracteurs comme l’entrée dans une nouvelle ère moins exigeante d’un point de vue artistique, plus préoccupée par la rentabilité financière.



Lire l’entretien :   Pour Frank Castorf, « l’artiste doit se sentir étranger »  http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/09/10/theatre-pour-frank-castorf-l-artiste-doit-se-sentir-etranger_4995520_3246.html


Pour ce premier contact avec la presse, Chris Dercon avait soigné ses effets, commençant par une forme d’autocritique : « J’ai sous-estimé la situation politique et l’état de l’opinion dans la ville, et cela m’a amené à avoir des mots malheureux ». Il a poursuivi par une ode enflammée à la Volksbühne, « laboratoire de l’avant-garde » : « quand on m’a appelé pour la diriger, je ne pouvais pas dire non ». Pour finalement se mettre assez judicieusement en retrait en comprenant, en fin politique, qu’il avait tout intérêt à laisser ses nouveaux collaborateurs présenter eux-mêmes le programme de la nouvelle saison afin d’alimenter le moins possible le débat sur sa propre personne. A commencer par Marietta Piekenbrock, sa directrice de la programmation, venue de la direction de la Ruhrtriennale.

Lire le portrait :   De Londres à Berlin, l’envol de Chris Dercon  http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/04/27/de-londres-a-berlin-l-envol-de-chris-dercon_4623166_3246.html

Exercice de charme

Dans cet exercice de charme, la nouvelle équipe de la Volksbühne s’est surtout efforcée de trouver un équilibre entre la nouveauté et la continuité. La nouveauté, avec notamment l’investissement du Hangar n°5 de l’aéroport de Tempelhof, où la danse aura la première place. La nouveauté, encore, avec l’accent mis sur les arts vidéo et multimédia, auquel un nouvel espace sera dédié. Mais aussi une forme de continuité, marquée par le fait que 206 employés sur 227 resteront à leur poste, que la direction musicale sera toujours assurée par Christian Morin et que la programmation du « Salon Rouge », consacrée aux événéments littéraires, restera pilotée par Sabine Zielke.

Lire le reportage :   Le nouveau paysage du théâtre allemand : http://www.lemonde.fr/scenes/article/2016/02/29/le-nouveau-paysage-du-theatre-allemand_4873528_1654999.html

Pour cette première rencontre, la presse s’est montrée assez partagée. « Dercon voit grand », a titré la Süddeutsche Zeitung, mettant l’accent sur la « nervosité » palpable de la nouvelle équipe. « Sur le plan artistique, Dercon a annoncé peu de surprises », a constaté le Tagesspiegel. Assez emblématique de cette ambivalence est le commentaire très personnel publié par Katrin Bettina Müller dans le Tageszeitung. Dans cet article, la critique théâtrale salue d’un côté les artistes mis en avant dans la nouvelle Volksbühne, parmi lesquels Boris Charmatz, Susanne Kennedy, Mette Ingvartsen, Romuald Karmakar, Jérôme Bel et Tino Sehgal, qui ouvrira la saison avec des pièces en un acte de Samuel Beckett, dans la salle historique de la place Rosa-Luxemburg. Katrin Bettina Müller n’en déplore pas moins le départ des metteurs en scène qui ont marqué l’institution ces dernières années (René Pollesch, Herbert Fritsch, Christoph Marthaler, Frank Castorf). Surtout, elle dit son malaise à l’égard des « grands mots » employés par Chris Dercon et Marietta Piekenbrock pour « habiller leurs projets », un « vocabulaire aux accents missionnaires qui donnent l’impression que le public berlinois va devoir venir accompagné d’un ABC du théâtre »...

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Pour une nouvelle génération à l’opéra

Pour une nouvelle génération à l’opéra | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Tribune du compositeur Roland Auzet dans Libération :


Moins de 1 % de compositeurs vivants français travaillent au sein des maisons de musique et d’opéra. Pourquoi l’Etat reste-t-il sourd au renouvellement des générations et des œuvres jouées ?

Pour une nouvelle génération à l’opéra


Ces dernières années, le ministère de la Culture a rajeuni et féminisé les directions des centres dramatiques et chorégraphiques nationaux. Dans le même temps, le renouvellement de quelques directions de maisons de musique et d’opéras s’est organisé malheureusement sans nouveauté, hormis à l’Opéra-Comique. Alors que metteurs en scène et chorégraphes ont su convaincre que leurs centres puissent se réformer et se développer, des compositeurs - porteurs de projets - constatent aujourd’hui leur impossibilité à s’insérer dans ces maisons qui sont aussi les leurs. Pourquoi maintient-on les compositeurs - porteurs de projet -, hors de la relation avec ces établissements ?

Quel avenir pour les maisons qui souhaitent se développer si les compositeurs vivants et créateurs de leur art en sont absents ? Au niveau national, moins de 1 % de compositeurs vivants français travaillent au sein des maisons de musique et d’opéras. Il y a aujourd’hui plusieurs dizaines de compositeurs sortant chaque année des conservatoires et établissements spécialisés. Pourquoi l’Etat reste-t-il sourd au renouvellement des générations, à la question du vieillissement et de la mutation des publics ? Aux évolutions démographiques ? A la transformation des pratiques culturelles ? N’est-il pas temps d’installer des équipes renouvelées, des binômes articulant la présence artistique et le développement culturel ? Les metteurs en scènes l’ont fait à partir des années 60, les chorégraphes, dans les années 80.

Aujourd’hui, à travers de nombreux rassemblements (notamment le Collectif 4 102), les compositeurs s’engagent. Débats, échanges, réflexions et expériences diverses nourrissent des programmes concrets porteurs d’avenir. Sur la base de missions de service public, respectant le travail engagé par les générations antérieures, ils souhaitent la mise en place de projets d’établissements à la croisée des spécificités territoriales, des répertoires les plus anciens jusqu’aux créations les plus représentatives de notre monde en relation avec la totalité des publics.

La création à l’opéra ne peut être constituée que du renouvellement de mises en scène d’ouvrages du répertoire. Le phénomène culturel le plus significatif des dernières années a consisté en l’introduction de l’art vivant et contemporain dans toutes les institutions publiques, quelle que soit leur spécialité. Ce mélange des genres et surtout des époques, d’abord apparu comme une mode, s’est avéré bénéfique. La musique s’organise encore en «musiques de patrimoine et musiques de création». Cette division ne nourrit aucune perspective. Les deux sont indissociables.

Le métier de compositeur et de musicien n’est plus le même qu’aux siècles précédents et s’est développé avec le créateur scénique et médiateur au service des œuvres et des publics. La pratique est devenue multiple. Nous devons nous en réjouir. L’opéra occupe aujourd’hui une place privilégiée dans l’expression culturelle de notre époque mais avec des manques qui peuvent lui être fatals. Il se doit d’être un lieu vivant de la création artistique, l’émetteur par excellence d’une production de sens actualisée et également, de par sa fonction patrimoniale, être projeté vers l’avenir, à la fois lieu d’émergence et de consécration de la création de son temps. Espace d’interprétation, il peut être l’agent actif d’une relecture d’un passé proche, qui reste partie prenante du présent. L’opéra doit contenir la mémoire du passé, mais aussi être le témoin de son temps et le lieu de son questionnement.

Aujourd’hui, un nouveau projet politique s’ouvre pour notre pays. L’élan de réforme du théâtre et de la danse constaté depuis plusieurs années doit pouvoir se penser pour nos opéras et maisons de musique : c’est une question de responsabilité posée à notre génération.

Par Roland Auzet Compositeur, membre du Collectif 4 102 (Compositeurs, musiciens et créateurs scéniques)

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Quand art, théâtre et politique font bon ménage avec les élèves-comédiens du Français

Quand art, théâtre et politique font bon ménage avec les élèves-comédiens du Français | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Thomas Ngo-Hong Roche pour son blog "Hier au théâtre"

En 2011, un scandale secoue le microcosme théâtral : Olivier Py est remercié de ses fonctions de directeur de l’Odéon après un premier mandat. Cinq ans plus tard, le jeune Hugues Duchêne met en scène Le Roi sur sa couleur, une comédie du pouvoir à partir de ce canevas ultra médiatisé. Avec ses camarades, élèves-comédiens du Français, il mêle la fiction au théâtre-documentaire avec un sens très fin de la caricature politique. Ce jeu d’échecs impitoyable prend forme sous les yeux épatés du public qui assiste médusé à un combat de coq d’egos démesurés. Hilarant et salutaire à la fois.

Un tourbillon solaire dans la langue de Dante illumine l’ouverture de la pièce : deux femmes, en grande conversation, échangent avec entrain. Les non-italophones sont un peu laissés sur le bas-côté mais rien de bien méchant. Des accents si riants ravissent les oreilles. Un certain Luc est rapidement mis sur le tapis : c’est un metteur en scène suisse reconnu par la profession. Il faut qu’il parvienne à séduire Nicolas. Qui sait s’il n’aurait pas un poste sympathique à lui offrir ? Après, Catherine annonce à Olivier qu’il ne sera pas reconduit à l’Odéon : coup dur. Frédéric entre en scène : le ministre de la Culture, sur les conseils de Catherine, appuie sa décision d’éjecter le pauvre Olivier. S’ensuit alors un lutte de longue haleine pour le pouvoir. Il va y avoir de la casse…

Crise d’egos
Habitué à écrire sur la politique, Hugues Duchêne a perçu dans cette affaire la contamination du pouvoir sur l’art ou comment la politique consume les appétences culturelles. En choississant sciemment de gommer les noms de famille de ses personnages, le dramaturge s’inscrit dans une veine de l’intime et transforme le fait divers en saga haletante à la Dallas. Les arcanes des puissants se retrouvent donc ainsi démontées sous l’angle de l’exagération comique : on sait bien que sous la caricature se dissimule toujours une part plus ou moins criante de vérité. Comment ne pas rire face à l’ignorance crasse de Sarkozy, joué à la perfection par le metteur en scène himself (avec tous ses tics, sa gestuelle et même sa voix) ; on éprouve presque de la compassion pour Mittérand, toujours plongé dans des situations délicates, incarné par Théo Comby-Lemaître. On découvre une Catherine Pégard absolument effrayante de machiavélisme et brillamment interprétée par Pénélope Avril. Ses airs hypocrites et pourtant très cassants de manipulatrice font mouche. Laurent Robert se moule avec aise dans le costume fantasque et maniéré d’Olivier Py (et de Michel Fau en Carla Bruni !). La volcanique Marianna Granci apporte de la fougue à Carla Bruni tandis que les mimiques mielleuses de Vanessa Bile-Audouard en Valéria Bruni-Tedeschi enchantent.

Aucun artifice ici, les comédiens changent de rôle à vue et attendent de prononcer leurs répliques, assis sur leurs chaises. Le dispositif scénique est très simple, artisanal. Tant mieux. Pas besoin d’une grosse machinerie, tout repose sur le savoir-faire de la jeune troupe et leur capacité à se fondre dans leurs personnages. C’est incontestablement réussi ! On passe une excellente soirée en s’instruisant tout en s’amusant. La pièce se dévore comme un épisode de sitcom avec son lot de trahisons et de personnages hauts en couleur. S’y ajoutent en outre des extraits de journaux (avec toute la crème des critiques dramatiques !), de comptes-rendus épiques à l’Assemblée-Nationale, des extraits de mémoires de Frédéric Mitterrand et une interview corsée de celui-ci par une Laure Adler déchaînée. On peut donc concilier art, politique et théâtre sur scène sans pousser un roupillon. Quoi de mieux ?

LE ROI SUR SA COULEUR de Hugues Duchêne. M.E.S de l’auteur. 1h10. ♥  ♥  ♥  ♥

© Simon Gosselin

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Amphitryon de Molière, mise en scène de Christophe Rauck avec les comédiens de L’Atelier -Théâtre Piotr Fomenko de Moscou.

Amphitryon de Molière, mise en scène de Christophe Rauck avec les comédiens de L’Atelier -Théâtre Piotr Fomenko de Moscou. | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Véronique Hotte pour son blog Hottello


Crédit Photo : Larissa Guerassimtchouk



Amphitryon de Molière, mise en scène de Christophe Rauck avec les comédiens de L’Atelier -Théâtre Piotr Fomenko de Moscou – spectacle en russe surtitré en français.

Le dieu Jupiter, amoureux de la belle Alcmène, profite de l’absence de son jeune mari Amphitryon, général des Thébains parti à la guerre, pour prendre sa place.

Ainsi devenu Amphitryon trait pour trait, le dieu descend sur terre, accompagné du fidèle Mercure qui, de son côté, prend l’apparence de Sosie, le valet d’Amphitryon.

L’épouse vertueuse, surprise du retour inattendu de son mari, « s’offre une longue nuit d’amour avec l’imposteur », selon les termes mêmes de Christophe Rauck.

Le directeur du Théâtre du Nord à Lille crée à Moscou avec la troupe emblématique du grand metteur en scène Piotr Fomenko, disparu en 2012, Amphitryon de Molière, en russe, avant sa tournée à Lille puis au Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis.

Pour Christophe Rauck, la pièce du grand classique et comique français est plutôt inventive et poétique à travers sa forme stylistique et dramaturgique aérienne, dont l’alternance ludique entre un alexandrin souverain et un octosyllabe plus léger.

La forme est libre pour un sujet plus viril qu’il n’y paraît puisque la pièce met à nu, non pas la question de l’amour et des sentiments que l’imaginaire russe est enclin à privilégier, mais la question mâle du pouvoir avec ses fracas qui brisent les êtres.

Le désir jupitérien – et non l’amour à proprement parler – prend le pouvoir à la fois sur la vertueuse Alcmène et sur son époux conquérant, le militaire Amphitryon, qui par la force des choses, la trahison divine bien orchestrée, perd la main sur sa belle.

Pour effets, la jalousie qui pique celui qui a été « dérobé », mais surtout l’humiliation.

Et dans toute comédie respectable, le jeu des maîtres est un miroir où se regardent les valets – reflet, réverbération, écho et glissement symbolique des existences comparables. Sosie, valet d’Amphitryon, vit une aventure similaire à celle de son maître puisque Mercure, au service de Jupiter, revêt la mine de ce valet ordinaire. Or, Mercure, affairé, rejette désobligeamment Cléanthis, la femme de Sosie, vexée.

Via la scénographie d’Aurélie Thomas, Christophe Rauck propose un voyage onirique dans les rêves et les peintures des dieux antiques célestes. Bleu firmament que des nuages blancs – des éléments vaporeux de fumigènes viennent troubler les paysages et obscurcir encore les consciences égarées et confuses.

Passerelle maritime, à moins que d’être coursive de navire céleste, l’appareillage descend des cintres, tel un canot au pied d’un paquebot, avec à son bord le panache blanc des officiers de marine vainqueurs, accompagnés de leur dame radieuse.

Jupiter quitte les hauteurs divines pour appareiller sur la terre des hommes.

Un immense miroir – galerie de glaces installée pour le songe ébloui du spectateur – accomplit le dédoublement attendu du monde qui est à l’œuvre dans la pièce.

D’abord, les portraits vivants et en pied de Mercure et de la Nuit sont reflétés grandeur nature par le miroir – magie des apparences. La vie est si ineffable qu’on ne distingue plus le vrai du faux. Et quant à soi-même, n’est-on pas double encore ?

Le reflet de soi – tangible ou irréel – se fait l’objet d’une mise en abyme savante : soi face à un autre qui n’est pas soi, ou bien soi en face de soi qui ne se reconnaît pas.

De même, Sosie – valet subtil – est surpris par cet autre lui-même qui ne peut le désigner. Et Alcmène ne fait pas de différence entre l’époux et l’amant d’un soir.

Mercure, quelque peu suffisant, se laisse aller à ses humeurs et maltraite son double terrestre – on ne saurait mêler les catégories sociales des dieux et des hommes.

La délicatesse, la profondeur et la musicalité du jeu des acteurs russes – la marque de fabrique caractéristique de l’atelier-théâtre Piotr Fomenko – emporte la mise.

Les comédiens vont et viennent depuis le ciel jusqu’à fouler la scène, et du plateau aux gradins de la salle, s’invectivant et interpellant le public, des figures terriennes et oniriques, graves et moqueuses, cyniques et amusées, pleinement vivantes enfin.

Véronique Hotte

TGP –Théâtre Gérard Philipe – CDN Saint-Denis, du 20 au 24 mai.

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L’Hôtel du libre échange : Nanty met du Tchekhov dans son Feydeau

L’Hôtel du libre échange : Nanty met du Tchekhov dans son Feydeau | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Hadrien Volle dans Sceneweb
Photo © Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française.

L’ultime nouvelle production de la saison 16-17 à la Comédie-Française est L’Hôtel du Libre-Échange de Georges Feydeau. Isabelle Nanty, qui signe la mise en scène de cette entrée au répertoire, en souligne les aspects sombres et néanmoins burlesques. Une réussite. 




L’histoire commence comme ce qu’elle est, un Feydeau : le mari se plaint de sa femme ; la voisine de son époux. Les deux mécontents sont bien décidés à punir leurs indignes conjoints en commettant l’adultère le jour même. Pour cela, ils se rendront à « L’Hôtel du Libre-Échange » où, bien évidemment, ils croiseront une flopée de connaissances qu’ils voulaient à tout prix éviter !

Cette pièce laisse une place immense aux situations et aux personnages. Chaque scène est propice au burlesque et à l’explosion. Isabelle Nanty ne se prive pas d’orchestrer de main de maître chaque porte qui s’ouvre, chaque geste inattendu, chaque bégaiement. La précision est souvent si juste qu’il arrive que certains comédiens jouent ensemble sans se voir : il y a beaucoup de chambres dans l’Hôtel du Libre-Échange et le spectateur-voyeur est le seul à toutes les apercevoir simultanément.

Chaque caractère est individuel, porteur d’un bagage. Les personnages ne sont pas de simples caricatures de ce qu’ils sont, ici chacun a une histoire et elle est bouleversée en une seule nuit où tout est possible, surtout ce qu’on pense ne pas l’être. Christian Hecq est au sommet de son art dans le rôle de Mathieu, Laurent Lafitte est un Bastien aux airs patibulaires ayant l’âme d’un clown blanc. Anne Kessler et Florence Viala sont des épouses incroyables de névroses et d’ironie.

Derrière ce verni de rire et de tendresse se cache une évidente gravité portée par des êtres qui savent leur monde en chute. Isabelle Nanty n’hésite pas à comparer Feydeau à Tchekhov et, bien que cela puisse être surprenant, sous sa baguette, on comprend pourquoi.

L’Hôtel du Libre-Échange
de Georges Feydeau
Mise en scène Isabelle Nanty
Scénographie et costumes : Christian Lacroix
Lumières : Laurent Béal
Arrangements musicaux : Vincent Leterme
Travail chorégraphique : Xavier Legrand
Assistanat à la mise en scène : Stéphanie Leclercq
Assistanat à la scénographie : Philippine Ordinaire
Anne Kessler : Angélique, femme de Pinglet
Bruno Raffaelli : Chervet et le Commissaire
Alain Lenglet : Ernest
Florence Viala : Marcelle, femme de Paillardin
Jérôme Pouly : Paillardin
Michel Vuillermoz : Pinglet
Bakary Sangaré : Boulot
Christian Hecq : Mathieu
Laurent Lafitte : Bastien
Rebecca Marder : Violette, fille de Mathieu
Pauline Clément : Victoire, femme de chambre de Pinglet
Julien Frison : Maxime, neveu de Paillardin
Comédiens de l’Académie :
Fille de Mathieu : Marina Cappe
Commissionnaire : Tristan Cottin
Fille de Mathieu : Ji Su Jeong
Fille de Mathieu : Amaranta Kun
Commissionnaire : Pierre Ostoya Magnin
Commissionnaire : Axel Mandron
Durée : 2h30

Nouvelle production
Comédie Française
Salle Richelieu
Du 20 mai 2017 au 25 juillet 2017

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