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"Dark Spring" continue au Paris-Villette !

"Dark Spring" continue au Paris-Villette ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Pour continuer, votre soutien est nécessaire, c'est votre présence chaque soir qui permet que les représentations se poursuivent.
VENEZ VOIR, N'ATTENDEZ PAS :
RÉSERVATION - 01 40 03 72 23 - resa@theatre-paris-villette.com

 

 

La presse en parle :

"La sublime performance de Claude Degliame se donnant corps et voix à la prose sensuelle d’Unica Zürn est une leçon d’élégance qui devrait suffire à faire plier les élus parisiens et faire sortir de leur réserve les grands stratèges du ministère. Mais en attendant ces lendemains qui chantent, votre soutien est nécessaire pour acter
de la présence sans faille du public aux côtés de ces artistes qui n’abandonnent pas, ne lâchent rien et continuent si brillamment de lutter avec pour seule arme leur immense talent."

Patrick Sourd

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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

 Les auteurs des articles et les publications sont systématiquement indiqués. 

 

Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

Pour suivre régulièrement l’activité de la Revue de presse : vous pouvez vous abonner (bouton vert FOLLOW) et, en inscrivant votre adresse e-mail ou votre profil Facebook,  recevoir des nouvelles par mail des publications les plus récentes de la Revue de presse

 

 

Vous pouvez aussi, si vous êtes inscrits sur Facebook, aller sur la page de la revue de presse théâtre à cette adresse : https://www.facebook.com/revuedepressetheatre

et  « liker » cette page pour être tenu à jour des nouvelles publications.

 

Vous pouvez faire une recherche par mot sur trois ans de publications de presse et de blogs théâtre, soit en utilisant la liste affichée ci-dessus des mots-clés les plus récurrents , soit en cliquant sur le signe en forme d’entonnoir - à droite de la barre d’outils - qui est le moteur de recherche de ce blog ("Search in topic") . Cliquer sur l'entonnoir et ensuite taper un mot lié à votre recherche. Exemples : « intermittents » (plus d’une centaine d’articles de presse comportant ce mot) « Olivier Py» ( près de quarante articles ), Jean-Pierre Thibaudat (plus de quatre-vingt articles),  Comédie-Française (plus de cinquante articles), Nicolas Bouchaud (seize articles), etc.

 

Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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Marie-Thérèse Allier, un portrait vidéo par Raimund Hoghe

Marie-Thérèse Allier, un portrait vidéo par Raimund Hoghe | Revue de presse théâtre | Scoop.it
"La jeunesse est dans la tête", affirme Marie-Thérèse Allier, l'une des figures les plus marquantes de la danse contemporaine. C'est cette éternelle jeunesse d'esprit qu'a voulu saisir le danseur, chorégraphe et metteur en scène allemand Raimund Hoghe dans ce portrait intimiste d'une femme qui a accompagné toutes les grandes évolutions de la scène contemporaine.

 

En ligne jusqu'au 14 février

Voir la vidéo (26 mn) :

http://www.arte.tv/guide/fr/062478-000-A/square-artiste

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Le Cube à Hérisson : « Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien ? » | La Semaine de l'Allier

Le Cube à Hérisson : « Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien ? » | La Semaine de l'Allier | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Aymar de Chaunac pour La Semaine de l'Allier :

 

Claudine Bocher, du Cube à Hérisson et sa compagnie La Belle Meunière, revient sur les suppressions de subventions du Conseil départemental.

Un mot d’ordre général sur les coupes budgétaires du département envers les compagnies professionnelles de théâtre. Que pensez-vous de ces économies faites par le Conseil départemental ?
Je constate que ces économies se font essentiellement au détriment des artistes. Suppression des subventions de fonctionnement des compagnies de théâtre et de danse, suppression des aides à la résidence. Il est illusoire de penser que la programmation d’un spectacle dans quelques festivals va compenser une aide au fonctionnement. Or, la création artistique est le cœur du développement culturel. Ces économies me semblent par ailleurs contre-productives car nos compagnies génèrent des salaires, et une grosse part de notre économie est redistribuée sur le plan local. Par ailleurs nous contribuons  à l’attractivité du territoire, car  l’histoire du théâtre dans l’Allier est ancienne et s’est fait connaître au plan national .

Pour vous, qu’est ce que cela signifie concrètement (en chiffres) pour le Cube et surtout votre compagnie La Belle Meunière ?
Pour la Compagnie, c’est 20% de moins d’aide financière, pour produire nos spectacles et faire fonctionner la compagnie.

Cela met-il votre survie en danger ?
Non, pour le moment . Mais le contexte général se dégrade fortement. La plupart des collectivités locales sont confrontées à des problèmes budgétaires. Cela a des répercussions  sur les théâtres qui nous accueillent. Moins de spectacles, plus de frilosité pour défendre un théâtre contemporain. Donc moins de recettes pour nous.

Quel était votre budget annuel de fonctionnement ? Et après ces coupes budgétaires, il sera de combien ?
Notre budget annuel est à géométrie variable selon que nous produisons ou non un spectacle, selon que nous réussissons à le tourner ou non. C’est exactement pour cette raison que les subventions sont importantes. Elle nous permettent d’assurer un minimum de fonctionnement, de salaires qui nous sont indispensables à la pérennisation de notre travail.

Concrètement, que représentez-vous dans l’économie locale, sur le territoire d’Hérisson ? Quel argent investissez-vous pour faire vivre ce territoire ? Combien de personnes sont employées chez vous ?
En 2015, nous avons embauché 20 salariés intermittents : acteurs, musiciens, scénographe, costumière, régisseurs son, lumière, plateau…, ce qui équivaut à 6 équivalents temps plein. Nous reversons en moyenne 60% de notre budget, salaires compris, dans l’économie locale.

Plus globalement, quel est votre poids sur la vie sociale du territoire ?
La première chose, c’est que nous avons choisi de travailler, d’habiter ici. Nous participons donc déjà en temps que citoyen à la vie locale. Nous avons comme tout le monde des enfants, des amis, des voisins… Par ailleurs, l’activité que notre compagnie développe au Cube, en créant des spectacles, en accueillant en résidences d’autres compagnies,
en ouvrant des représentations ouvertes au public participe au développement de la vie culturelle locale. C’est un lieu de rencontres, de découverte, où on prend du plaisir et où on développe sa sensibilité, son imaginaire et son esprit critique. C’ est un lieu qui donne de la force aux compagnies qui y travaillent mais aussi au public. Car ces rencontres crée une dynamique, des synergies, de la joie et l’envie de faire des projets. Les enfants de l’école d’Hérisson viennent aussi assister à des répétitions, découvrent ce qu’est un spectacle, un acteur, un décor. Et cela se passe chez eux, à 500 m de leur école. Et je crois que cela est très important dans nos villages qui se désertifient et où la jeunesse fuit. Je pense profondément que ces territoires sont porteurs d’avenir à condition qu’on se donne la peine d’encourager ce qui s’y passe, d’être à l’écoute de ce qui a changé et des nouvelles possibilités qui existent. Par ailleurs nous exportons nos spectacles qui sont reconnus nationalement et donnons une image vivante du département. Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien?

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Festival de Figeac - Juillet-août 2016

Festival de Figeac - Juillet-août 2016 | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Festival de Figeac du 22 juillet au 4 août
L’ouverture de la billetterie est prévue le 15 mars 2016.

Déjà quelques pistes

Un nouveau récital théâtre de Michel Fau,

L’Opéra de Quat’Sous – Kurt Weill / Bertolt Brecht ms Olivier Desbordes et Éric Perez avec Nicole Croisille, Patrick Zimmerman, Éric Perez, Anandha Seethanen, Samuel Theis…

Caligula d’Albert Camus, par une jeune compagnie toulousaine les LabOrateurs, ms Clémence Labatut

une comédie-ballet de Molière et Lully : Monsieur de Pourceaugneac, le théâtre de l’éventail et l’Ensemble la Rêveuse

Le Frigo de Copi, mis en scène par Sébastien Rajon

 

Le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro par la compagnie belge Marius,

 

Kvetch de Steven Berkoff (actuellement au Théâtre du Rond-Point)

 

Le Cinéma en chansons par Éric Perez accompagné de Manuel Peskine

 

Pour Louis de Funès avec Frédéric le Sacripan

 

Et plein d’autres surprises !

Programmation complète paraîtra début mars.

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THÉÂTRE – « Roberto Zucco » de Bernard-Marie Koltès

THÉÂTRE – « Roberto Zucco » de Bernard-Marie Koltès | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Julia-Myrto KUNZE pour nonfiction.fr :

 

En écrivant la pièce « Roberto Zucco » en 1988, Koltès s’est librement inspiré d’un personnage réel, le tueur en série Roberto Succo. Au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, le metteur en scène Richard Brunel raconte l’histoire d’un homme qui a déraillé et le spectateur se  retrouve engouffré dans un monde étrange fait de violence et de poésie.
 
Roberto Zucco, inculpé pour le meurtre de son père, s’échappe de prison sous le regard sidéré de deux gardiens. Le  jeune fugitif retourne chez sa mère pour prendre quelques vêtements et la tue dans une étreinte se transformant en étouffement. Tel un fantôme disparaissant dans la nuit il poursuit son chemin fait de rencontres et de meurtres sans que l’on sache précisément ce qui déclenche cette pulsion meurtrière. Lui-même le sait-il seulement ? La route  de Zucco croise  celle de  la gamine, jeune fille paumée venant d’une famille dysfonctionnelle, dont il sera le premier homme et qui fera tout pour retrouver la trace de Zucco par la suite …
 
Dans la scénographie d’Anouk Dell’Aiera, une multitude de panneaux délimite le plateau, les uns transparents, les autres tachés d’encre (ou de sang ?). Ils dessinent un décor labyrinthique et troublant.
Un mouvement incessant s’installe dès le début du spectacle, les panneaux roulent, sont soulevés, poussés, abaissés, enlevés, créant de nouveaux espaces de jeu en permanence : on passe ainsi de la prison à la maison de Zucco, puis à l’appartement de la gamine. Appartement se transformant en salle d’interrogatoire, en maison close et en jardin public. Tourbillon rythmé qui fait perdre les repères par moments, ces repères dont manquent aussi bien Zucco que la gamine. Chaos semblable à celui dans la tête de Zucco dont on sent la nervosité et l’imprévisibilité à tout moment. 
 
La façon dont est  utilisée la lumière contribue à créer une ambiance particulière : le plateau quasiment noir du début, éclairé uniquement par les rayons lumineux des lampes de poches des gardiens, fait place à des séquences plus ou moins lumineuses, jusqu’à ce que la lumière éblouissante  de la dernière scène force les spectateurs à fermer les yeux : « Le soleil monte, devient aveuglant comme l’éclat d’une bombe atomique »
À la fin on aperçoit Zucco sur le toit de la prison dans une nouvelle tentative d’évasion. L’auteur Koltès imaginait Zucco seul sur scène à ce moment-là, entouré de voix de personnes invisibles comme si on ne devait pas vraiment savoir  lesquelles de ces voix étaient réelles et lesquelles uniquement le fruit de son imagination. Richard Brunel va résolument à l’encontre de cette indication et ancre la dernière partie dans notre présent : le personnage principal est soudainement entouré d’une équipe de télévision qui l'interviewe et filme sa fuite en direct comme le font les chaînes d’information en continu. Cette critique du sensationnalisme de notre époque est un choix de mise en scène qui fonctionne bien.
 
Zucco est joué par Pio Marmaï (qui ressemble étonnement au vrai Succo) avec une sorte de vitalité animale, très physique et oscillant sans cesse entre violence et poésie. On suit ce personnage et on se retrouve comme lui étonné de ses actes, ces assassinats à répétition. Individu perdu qui semble chercher la mort. Noémie Develay-Ressiguier,  actrice formée  à l’école supérieure d’art dramatique de Strasbourg, interprète le rôle de la gamine. Vibrante, forte et fragile en même temps,  elle rend le personnage de la jeune fille qui se débat avec ce monde brutal très attachant.
 
Ce  « Roberto Zucco » est un spectacle qui passe de la violence à la poésie en un clin d’œil, sombre et beau, à l’image de cette pluie de sacs plastiques recouvrant le corps d’une des victimes de Zucco telle une couche  de neige, créant ainsi une image dérangeante et fascinante
 
Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès
Mise en scène de Richard Brunel
Au Théâtre Gérard Philipe, du 29 janvier au 20 février 
Durée approximative : 1h40
 
Julia-Myrto KUNZE

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Réparer les vivants, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez et Joachim Latarjet

Réparer les vivants, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez et Joachim Latarjet | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Publié dans le blog Théâtre Côté coeur
SIMON
"Ce qu'est le coeur de Simon Limbres..." Ainsi commencent le livre de Maylis de KERANGAL et l'adaptation théâtrale mise en scène par Sylvain MAURICE pour cette création au théâtre de Sartrouville. C'est la première phrase lancée par Vincent DISSEZ quelques secondes après avoir pris place dans la très belle scénographied'Eric SOYER. Belle et solennelle : sur le fond noir de la salle et des pendrillons une structure en arc, noire elle aussi, surplombant un tapis roulant, noir, tandis que la plateforme accueille une Joachim LATARJET et ses instruments de musique. Au fond une rangée de lumière blanche jette sa lumière froide et fait jaillir des éclairs d'acier.

 

Vincent DISSEZ se lance alors dans le récit de cette journée tragique.24h de drame et d'espoir. Simon Limbres a 19 ans. Il aime la vie et Juliette, il aime la musique et la mer. Ce dimanche matin il croisera son destin au retour d'une virée de surf. L'accident de voiture a l'issue duquel il est déclaré en mort cérébrale. Le choc. L'hôpital. Les parents. Lapossibilité d'un don d'organe. Pour Pierre Revol et Thomas Remiges la possibilité de sauver des vies, pour que la mort de Simon ne soit pas vaine.

CLINIQUE
La scénographie, le jeu, la musique, la mise en lumière, le rythme et le phrasé du texte, tout concourt  à créer une atmosphère tendue. Si au départ on a un peu de mal à rentrer dans l'histoire de Simon, la voix, la musique captent l'attention. Le récit se déroule dans un premier temps entièrement tendu vers le constat de l'état de Simon et l'attente de la décision des parents. La batterie fait entendre ce cœur qui bat encore. La musique et les lumières rythment ces moments de doute, d'angoisse, d'espoir, ces accélérations et ce tempo qui parfois ralenti, accorde au spectateur des pauses. Vincent DISSEZ semble en équilibre sur ce tapis roulant qui avance, inexorablement vers la fin de cette journée compte à rebours. Colère, Déni. Incompréhension. Stupeur. La tension monte. Le public est figé, silencieux, tendu dans l'attente d'un mot.

 

Un mot qui vient comme une libération pour tous. Alors le spectacle entre dans une seconde phase, plus clinique. Dans sa présentation de sa création Sylvain MAURICE écrit "Réparer les Vivants est un grand livre grâce à son style : une langue magnifique, une narration haletante, des personnages hauts en couleur". S'il a su garder la précision, la beauté de l'écriture de Maylis de KERANGAL et le rythme de ce récit, il manque l'épaisseur des personnages. Ceux qui n'ont pas lu le livre seront happés par l'histoire mise en scène d'une manière très clinique, reprenant la précision technique de l'auteur. Ceux qui ont lu le livre regretteront de ne pas y trouver tous les petits détails qui font de chacun des acteurs de cette journée des êtres humains de chair et de sang, animés par leurs passions et leurs émotions.
 
En bref : une adaptation d'une grande qualité mais des choix mettant l'accent sur l'aspect médical qui font perdre au roman sa force d'évocation de l'humain. Néanmoins une scénographie, une mise en scène et une interprétation procurant d'intenses émotions.  
Pour en savoir plus :
Un certain nombre d'intervention sont mises en place par le Théâtre de Sartrouville autour de ce spectacle : rencontre avec des associations œuvrant pour le don d'organe, discussion avec l'auteur. Le détail sur le site du théâtre en cliquant ici.

 


C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Théâtre de Sartrouville et desYvelines CDN
Place Jacques Brel 78500 Sartrouville
Du lundi au samedi - Du  4 au 19 février 2016 - 20h30
Navettes depuis Paris

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Pourquoi Millepied a fait faux pas

Pourquoi Millepied a fait faux pas | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Philippe Verrièle pour Slate :

 

La démission de Benjamin Millepied de ses fonctions de directeur de la danse répond officiellement à une envie de se consacrer à la création «à 100%». La réalité est un peu plus nuancée.

 

L’affaire commence le 3 février quand un article du site de Paris-match annonce queBenjamin Millepied quitte le poste de directeur de la danse à l’opéra de Paris qu’il occupait depuis le 15 octobre 2014. L’emballement médiatique est immédiat. Le 4 février, les danseurs sont convoqués pour une rencontre à 14 heure; à 15heure ce sont les journalistes. Quand ces derniers gravissent les marches de marbre du fameux escalier, les commentaires vont bon train et annoncent déjà la nomination d’Aurélie Dupont. 

 

Celle-ci n’aurait appris sa bonne fortune que le matin même et son nom vient d’être annoncé aux danseurs de la compagnie. Au milieu d’une nuée de photographes et de caméras à faire passer les marches de Cannes pour un rituel zen, les trois protagonistes de cette folle journée viennent donc en public rejouer «embrassons-nous Folleville» et tenter d’accréditer l’idée romantique à souhait du bon directeur attentif au désir d’un artiste de retourner à la création tandis que sa muse qui assure la succession dans la continuité de son action. C’est vrai que l’opéra est le lieu du faux-semblant, mais la ficelle est grosse.

 

On n’est jamais artiste à temps plein

 

Reprenons un moment les dires de chacun. Dans le communiqué de presse où il explique sa décision, Benjamin Millepied affirme qu’il souhaite se «consacrer à 100%» à la création, ce que ses fonctions à l'Opéra ne me permettaient pas. 

Il y a beaucoup de naïveté à croire que le jeune danseur pressé s’est jamais livré à 100% à la création, lui qui s’est toujours fortement impliqué dans la recherche de mécènes pour sa propre compagnie L.A. Dance project, laquelle il n’a jamais totalement négligée même au cœur de ses plus intenses activités parisiennes. Il faudrait bien méconnaître l’exigence du monde du spectacle aux Etats-Unis pour imaginer que Benjamin Millepied, directeur de compagnie, a pu oublier un seul instant que l’on n’est jamais artiste à temps plein. 

Jean Vilar qui n’était pas plus un parangon de mercantilisme qu’un obsédé de l’administration affirmait déjà en son temps être artiste six mois par an et épicier le reste du temps. C’est prendre Benjamin Millepied pour le candide qu’il n’est pas, mais voudrait bien nous jouer, que d’imaginer qu’il ignorât ces réalités. Sans compter que si l’on se pressait à cette conférence de presse, c’est bien à cause d’un certain film (Black Swan de Darren Aronofsky, 2010) et des aventures qui en découlèrent (sa relation avec Natalie Portman), ce qui n’est pas à proprement parler ce que l’on pourrait appeler «se livrer à 100%» à la création.

«Tout se passe bien avec la compagnie»

L’autre petit accommodement avec la réalité du très élégant Monsieur Portman (pour reprendre le mot courant les studios de danse depuis quelques mois) tient à la fable du«tout se passe bien avec la compagnie»… Les débuts furent proches de l’idylle. Certes, le jeune directeur s’était un peu emballé, déclarant à l’AFP, au moment de sa nomination,«aujourd'hui l'Opéra de Paris renoue avec cette tradition d'avoir un directeur de ballet chorégraphe qui crée pour le répertoire». L’allusion à Serge Lifar ou Rudolf Noureev était un peu audacieuse pour un artiste qui n’a pas encore démontré grand chose. Mais personne ne lui en voulu. L’image du jeune et beau frenchy apportant du sang neuf plaisait. Et puis, pour ne pas être du sérail, Benjamin Millepied jouissait –et jouit toujours- du respect de ses pairs malgré un cursus atypique. Il a été formé à au conservatoire national de Lyon avant de rejoindre la School of American Ballet. Mais il est Prix de Lausanne 1994, ce qui est un gage de virtuosité précoce, et entre, l’année suivante, au New York City Ballet ce qui n’est pas rien. Il fait d’ailleurs une carrière brillante au sein de la grande compagnie balanchinienne puisqu’il y est nommé principal dancer en 2002 (l’équivalent d’étoile). Ce sont des états de services mieux qu’honorables. 

 

Ses succès de chorégraphe sont plus légers. Ils remontent à 2001, quand il crée Passages pour les élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon. Il va ensuite enregistrer quelques réussites prometteuses, en particulier avec le Ballet du Grand Théâtre de Genève (Casse-Noisette en 2005,Petrouchka en 2007), l’Opéra de Paris (Amoveo en 2006, et Triade en 2008) ou le New York City Ballet (Quasi una fantasia en 2009). En quittant le New York City Ballet, en 2011, il crée le L.A. Dance project, collectif de 9 danseurs brillants mais pour lesquels les créations du jeune chorégraphe apparaissent bien faites autant qu’un peu fades, en tout cas loin d’être marquantes pour l’histoire de la danse. Le directeur de ballet créateur est un peu vert. Mais il est beau, sympa, glamour. Tout se passe bien et il se répand largement dans la presse sur ce qu’il va faire et tout ce qu’il va changer. C’est assez imprudent.

Echec

La maison opéra est une vieille et terrible boutique à laquelle tous se sont un jour attaqué, en espérant la changer pour s’y casser les dents. Michel Descombey, Rosella Hightower, Patrick Dupond et même Brigitte Lefèvre –celle-là même qui dirigea le ballet de 1994 à 2014 et dont le fringuant Millepied devait faire oublier le long règne (c’est le mot même de Stéphane Lissner)- voulurent en leurs temps révolutionner l’opéra. Et c’est toujours l’opéra qui a gagné. Avant de vouloir la changer, il faut comprendre la maison, puis procéder discrètement aux modification et ensuite, seulement, en parler. 

Millepied a oublié que le ballet de l’opéra de Paris a 355 ans et que les changements y prennent la forme de traditions éternelles

Millepied, en bon américain, a voulu faire l’inverse. Il a oublié que le ballet de l’opéra de Paris a 355 ans et que les changements y prennent la forme de traditions éternelles. Les Etoiles, par exemple, n’ont été inventées que dans les années 30 quand Suzanne Lorcia reçu, la première, ce titre. Le fameux concours qui décide des carrières a été institué en 1856, c’est plus ancien, mais pas tant que cela. Et toutes ces traditions ont beaucoup évolué au cours du temps, mais jamais sous les coups de boutoir et même le tsar Noureev dut apprendre à composer avec cette donnée singulière de l’opéra: le temps.

Benjamin Millepied est un homme pressé qui n’a guère le temps. Alors les tensions se font jour et un brin d’amertume. Il faut entendre ainsi la remarque sur les danseurs «motifs de papier peint» qui a choqué dans le contexte d'un documentaire, La Relève, diffusé sur Canal+ le 23 décembre. Remise dans le contexte, la remarque n’est pas fine, mais pas méchante du tout. Seulement, le courant ne passe plus. La maison n’aime plus son jeune homme pressé, lui se fatigue de vouloir soulever des montagnes pas spécialement empressées à se laisser soulever.


 

Le départ de Benjamin Millepied est donc bien ce qu’il faut appeler un échec, comme l’opéra en a connu beaucoup, et qui relève, en l’espèce d’un choc des cultures. Fin de l’histoire?

Aurélie Dupont, l'anti-Millepied

Pas tout à fait. Il nous reste à nous demander ce qu’entend Aurélie Dupont quand elle affirme connaître tous les danseurs de la compagnie et en être aimée. Jeune retraitée de la maison –elle a fait ces adieux l’année dernière dans une débauche d’hommage–, la nouvelle directrice est un pur produit opéra. 

 
 

Née en 1973, entrée à l’Ecole de l’Opéra de Paris en 1983, dans le corps de ballet en 1989, Prix Carpeau en 1993 et Prix de l’AROP l’année suivrant, elle est  promue première danseuse en 1996 et étoile en 1998. Parcours impeccable. Mais elle qui me confiait, il y a vingt ans,«n’être pas du genre à rester en place» n’a jamais connu d’autres réalités que celles de l’opéra. Il faut donc bien entendre: lorsqu’elle affirme, reprenant loyalement les propos de Stephane Lissner, se situer dans la ligne de Benjamin Millepied et vouloir continuer son action: elle est là exactement pour faire l’inverse.

Lui avait été choisi dans un désir d’ouverture, elle de rassurement, voire de clôture. Lui dit que les danseurs sont sans doute les meilleurs danseurs contemporains du monde (cela ne veut rien dire), elle vante les danseurs classiques (ce qui est tout autant dépourvu de signification).

Aurélie Dupont vient entériner l’échec de Benjamin Millepied. Ce n’est la faute ni de l’un ni de l’autre, c’est leur nature respective d’incarner ce mouvement d’ouverture/fermeture coutumier de la maison. Qu’ils s’entendent bien et soient l’un et l’autre fort beaux ne changent rien, la photo est mensongère et la belle Aurélie vient bien conclure l’échec du beau Benjamin.

Le sorcier Lissner

Alors, comme dans le Lac des Cygnes, il faut un sorcier, ou comme dans La Sylphide, une sorcière. Pas de chance pour lui, c’est Lissner qui s’y colle. Dans aucun de ses postes, le directeur de l’opéra de Paris n’a témoigné d’une appétence forte pour la chose chorégraphique. Il n’est donc guère fondé lorsqu’il affirme, un rien condescendant, au cours de la conférence de presse, que le travail d’un directeur du ballet diffère absolument de celui d’un chorégraphe. Outre que l’on peut s’interroger sur la soudaine illumination chorégraphique qui lui donne cette clairvoyance (à tout le moins, elle ne lui a pas permis de voir que Benjamin Millepied ne répondrait pas aux attentes), surtout, elle néglige que nombre de directeur du ballet furent aussi des chorégraphes et pas des moindres, ainsiSerge Lifar. Et l’argument que les choses ont largement changé depuis l’époque (Lifar fut maître de ballet de l'Opéra de Paris, de 1930 à 1944 et de 1947 à 1958), ne peut être invoqué par ceux-la même qui négligent tout ce qu’il peut y avoir de changement dans la danse, ailleurs. 

L’argument est d’autant plus irrecevable qu’une autre compagnie, celle de la Scala de Milan– opéra que Stéphane Lissner a dirigé de 2006 à 2012– vient, cette semaine de faire un choix radicalement différent. Avec Mauro Bigonzetti, c’est un chorégraphe très expérimenté, ouvert sur les autres compagnies et les créateurs de son temps qu’ont choisi les Italiens. Peut-être que la Scala se trompe, mais affirmer avec un aplomb supérieur que les deux fonctions (directeur et chorégraphe) sont incompatibles relève au mieux de la pétition de principe d’un monsieur mal informé (ou de mauvaise foi).

Les départ de Benjamin Millepied et arrivée d’Aurélie Dupont symbolisent l’expression du pouvoir d’un intendant lyrique sur la chose chorégraphique… Le ballet doit rentrer dans le rang lyrique. Pedro Gailhard, directeur de l’opéra de Paris de 1884 à 1907 (avec une petite éclipse) et qui fut l’une des pires catastrophes de l’histoire du ballet de l’opéra, possédait ce genre de tropisme. Mais c’était un grand chanteur: il avait une excuse pour ne pas trop connaître la danse. 

Philippe Verriele

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Polyeucte, de Pierre Corneille, mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman

Polyeucte, de Pierre Corneille, mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Au XVIIème, « siècle des saints », se produisent des manifestations véhémentes de piété, signes de la « folie de la croix » : conversions, replis d’époux dans les ordres, d’épouses au Carmel. Traducteur de l’Imitation de Jésus-Christ des Pères de l’Église, Corneille « rencontre des injonctions à rompre avec ce qu’on aime, des renoncements aux faux-biens du monde, des luttes contre la chair, des bris d’idoles, les joies de l’âme aux approches des béatitudes éternelles. » (G. Couton)

Avec Polyeucte – Martyr (1643), Corneille compose un art dramatique rénové, combinant une ancienne tradition chrétienne populaire et littéraire, la ferveur d’une époque pieuse et la vie spirituelle du dramaturge chrétien.

Soumise à l’autoritarisme paternel de Félix, sénateur romain et gouverneur d’Arménie, Pauline, au lieu de s’abandonner à son inclination amoureuse pour Sévère, chevalier romain et favori de l’Empereur, est conduite par devoir à épouser Polyeucte, seigneur arménien. Le pathétique des mariages imposés par les familles est ainsi dénoncé. Or, le drame bourgeois – intrigue sentimentale et familiale – est allié à l’épopée héroïque ; Sévère d’extraction plus modeste est un vaillant et glorieux combattant, il a échappé par miracle aux hasards de la guerre.

La pièce est aussi un drame politique, situé en 250 après J-C, sous l’Empereur Décie, une époque difficile et peu tolérante aux chrétiens. Polyeucte, le gendre du nationaliste Félix, s’est non seulement converti au christianisme – un crime d’état – mais a encore commis un sacrilège en brisant les idoles. Sévère tentera loyalement de sauver son rival contre le velléitaire Félix indéterminé sur la sanction à opposer.

À ce drame bourgeois et politique, se mêle encore le pouvoir de la grâce à travers contagions et conversions. Conduit par son ami Néarque qui sera supplicié plus tard, Polyeucte baptisé met à distance ses liens d’amour, s’empresse de briser les faux-dieux, et choisit le martyre, habité par l’inspiration divine.

Les effets de la grâce, fortifiés par l’obstination de ces chrétiens d’un côté, et l’efficacité spectaculaire d’un sang arbitrairement versé de l’autre, font que Pauline, d’abord – victime de la perte passionnelle de ses deux amants successifs -, et son père ensuite, se convertissent d’emblée, recevant tous deux le don de la grâce.

La mise en scène à la fois épurée et somptueuse de la cornélienne Brigitte-Jaques Wajeman extrait de l’œuvre tragique l’ampleur et le souffle vertigineux d’une résonance contemporaine, visant à dénoncer les fanatismes et les manipulations, quels qu’ils soient, romain, chrétien en leur temps et musulman aujourd’hui.

Voltaire offre au pape Benoît XIV, sa pièce Mahomet ou le Fanatisme (1741), il y fait dire à l’imposteur : « Quiconque ose penser n’est pas né pour me croire. »

Contre les débordements imaginaires et les visions, ne s’opposent que l’esprit philosophique et la raison des âmes tranquilles. En nos temps troubles, le fanatisme est la réserve des sectes et des extrémismes, pratiques du terrorisme, violences, meurtres et attentats-suicides inspirés par une foi que manipulent des fripons, à travers les exclusions sociales. Rien de plus dangereux, au delà de la fascination pour les bourreaux et les tyrans encore humains, que la séduction des martyrs qui élisent la mort sanguinaire comme domicile ultime « in-existentiel », soit l’attrait fascinant d’une traînée de poudre incendiaire.

La scénographie d’Emmanuel Peduzzi offre une fresque au lointain d’une trouée lumineuse dans un ciel nuageux, avec à cour comme à jardin, deux gros blocs dressés sur le plateau, deux paravents, ouverts ou bien refermés que les héros virils, Sévère ou bien Polyeucte, écartent magistralement – force physique et puissante conviction. Les personnages cornéliens sont tous investis par des comédiens admirablement vivants et sensuels. Le magnifique Sévère incarné par Bertrand Suarez-Pazos, le tout autant persuasif Polyeucte par Clément Bresson, mais aussi Félix par Marc Siemiatycki, et les proches que jouent Pascal Bekkar, Pauline Bolcatto et Thimotée Lepeltier. Aurore Paris, quant à elle, porte l’élégance de la femme vertueuse, constante et généreuse, l’ennemie éternelle des fanatiques : « La femme étant donneuse de vie et la vie étant perte de temps, la femme devient la perte de l’âme. » (Kamel Daoud)

Un spectacle de notre temps.

Véronique Hotte

Théâtre des Abbesses – Théâtre de la Ville à Paris, du 4 au 20 février. Tél : 01 42 74 22 77

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Sébastien Barrier, prédicateur païen

Sébastien Barrier, prédicateur païen | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Stéphane Capron pour Sceneweb

 

Sébastien Barrier vient de publier chez Actes Sud "Savoir enfin qui nous buvons" d’après son spectacle autour du vin naturel (plus de 5 heures) qui fait un tabac partout où il passe. Dans "Chunky Charcoal", forme plus concentrée (1h30) il laisse sa pensée divaguer au rythme des guitares électriques de Nicolas Lafourest. Ses mots sont traduits au fusain par le dessinateur Benoît Bonnemaison-Fitte. Découverte d’un poète du 21ème siècle.

« C’est dimanche, il est 11h14, vous êtes à Calais et vous êtes tous des CAP en carrosserie ! » Le ton est donné. Laissez-vous emporter par l’imaginaire du bavard Sébastien Barrier. Entrez dans sa grotte poétique et son flot incessant de mots traduits par le fusain de Benoît Bonnemaison-Fitte qui suit la mélopée de Sébastien Barrier, la dessine, la souligne, la surligne, la noircit. La beauté du geste pictural est centrale dans cette œuvre hybride, poétique et musicale. C’est de l’art pariétal contemporain.

Ce spectacle est un labyrinthe pop et déjanté. C’est de la poésie parlée, chantée et dessinée. Les idées en cascade se bousculent. On oublie parfois le tableau pour se laisser bercer par le flot des mots, ou à l’inverse on oublie la mélopée pour laisser le regard s’évader au rythme du fusain, un chunky charcoal ( qui est ce gros fusain compressé de forme ronde utilisé par Benoît Bonnemaison-Fitte).

Sébastien Barrier nous emmène dans sa voie lactée, divaguer sur ses planètes addictives. La Lune sera celle de l’alcool, Mercure celle du tabac, Venus celle du cannabis, Jupiter celle de la cocaïne. Il étire son chat roux « oui oui ». C’est dense, on se perd, on revient, on décroche, on raccroche. Une fois la fresque achevée, Sébastien Barrier choisit des mots, les entoure de rouge et les relie entre eux; une autre forme de lecture pour ce prêcheur païen, créateur d’une messe d’un genre nouveau, laïque et subversive. Un vrai moment de liberté.

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

Chunky Charcoal
Parole Sébastien BARRIER
Dessins Benoît BONNEMAISON-FITTE
Musique Nicolas LAFOUREST
Conception lumières Jérémie CUSENIER
Régie Générale Chloé GAZAVE
Régie Son Loïc LASSALE

Le Monfort du 18 au 20 février 2016
le 27 février 2016, Grand Foyer, Capendu (11)
> du 3 au 5 mars 2016, Théâtre de Cavaillon, Scène nationale, Cavaillon (84)
> les 12 et 13 mars 2016, La Halle aux
grains, Scène nationale de Blois (41)
> le 18 mars 2016, Le Boulon, Centre National des arts de la rue, Vieux-Condé (59)
> le 19 mars 2016, Cruzy (34)
> le 25 mars 2016, ATP d’Uzès (30)
> le 26 mars 2016, Montblanc (34)
> le 27 mars 2016, Portiragnes (34)
> le 2 avril 2016, Théâtre du Cloître, Bellac
(87)
> les 8 et 9 avril 2016, Théâtre Le Liburnia,
Libourne (33)
> le 15 avril 2016, Salle Pierre Amoyal de
Morangis (91)
> les 26 et 27 avril 2016, Espace Malraux,
Chambéry (73)
> les 13 et 14 mai 2016, Salle des fêtes de
Montargis (45)

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Courcouronnes : l’école de théâtre ne compte pas baisser le rideau

Courcouronnes : l’école de théâtre ne compte pas baisser le rideau | Revue de presse théâtre | Scoop.it


« Non, ce n’est pas la dernière séance », martèle Xavier Brière, directeur de l’école départementale de théâtre de l’Essonne (EDT 91), en faisant référence à la représentation de ce samedi au théâtre de l’Agora à Evry (lire ci-dessous). Si l’homme à la barbe poivre et sel est si affirmatif, c’est qu’il ne se résout pas à voir l’activité de l’école qu’il dirige depuis quinze mois s’arrêter.


Pourtant, dans le cadre d’un plan d’économies drastiques, le conseil départemental a entériné, le 25 janvier, son désengagement progressif du fonctionnement de l’école. Un coup dur pour ce centre de formation reconnu qui fonctionnait jusqu’alors avec une subvention de 227 000 € du département, une autre de 80 000 € de la région et de ses propres recettes sur les cotisations. Côté logistique, la communauté d’agglomération met à sa disposition de spacieux locaux au cœur de la ferme du Bois Briard à Courcouronnes.

« Malgré la diminution des subventions, le département s’est engagé à accompagner les élèves actuellement en formation jusqu’à la fin de leur cursus en 2017 », précise le comédien-directeur qui multiplie les rendez-vous pour trouver un nouveau mode de financement.

Son idée ? Réunir l’ensemble des partenaires (le ministère de la Culture, la direction régionale des affaires culturelles, la région, le département et les agglomérations) pour qu’ils assument chacun une part de subventions. « L’école n’a plus vocation à être exclusivement départementale, note-t-il. Elle doit désormais s’affirmer comme un acteur référent de la pédagogie théâtrale du sud francilien. »

Car chaque année, l’établissement permet à près de 400 personnes de pratiquer le théâtre, du plus simple amateur au comédien confirmé désirant intégrer les formations les plus prestigieuses. Parmi les pistes envisagées, une réflexion soufflée par le ministère de la Culture préconise le passage de l’EDT 91 en classe préparatoire aux écoles supérieures et nationales de théâtre.

Une hypothèse étudiée par le directeur : « Ce souci d’ouverture et de diversité est ce qui anime l’école depuis sa création. Les trajectoires professionnelles de nos élèves sont la preuve que nous avons les ressources pour donner aux jeunes qui le souhaitent la chance d’un parcours d’excellence. »

Les élèves sur scène à Evry
Ils seront placés sous les feux de la rampe. Samedi, les élèves de dernière année de l’école départementale de théâtre présenteront la pièce « Le soulier de satin » sur la scène du théâtre de l’Agora à Evry. Sous la direction d’Antoine Caubet, ces onze comédiennes et comédiens de 18 à 30 ans interpréteront des extraits de cette œuvre de Paul Claudel. « Cette représentation est l’un point fort de l’année, témoigne Xavier Brière, directeur de l’Ecole départementale de théâtre de l’Essonne. C’est également le fruit de cinq semaines de répétition. »

Ce samedi soir à 20 heures, au théâtre de l’Agora, place de l’Agora à Evry. Entrée libre, réservation indispensable au 01.60.78.49.33.

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La Dispute de Marivaux au Théâtre Olympia

Jacques Vincey monte “ La Dispute ” de Marivaux avec le Jeune Théâtre en région Centre. Plus qu’une création, il signe une vraie expérience de théâtre.

Miroir, mon beau miroir…

 

 

Pour sa dernière création, Jacques Vincey, le directeur du Théâtre Olympia, a choisi « La Dispute », de Marivaux. « Cette pièce fait partie des quelques textes classiques que j'ai envie de monter depuis toujours », nous expliquait en début de semaine le metteur en scène.

Dans son bureau du Théâtre Olympia, Jacques Vincey revient sur la génèse de ce projet qu'il porte avec les six comédiens du Jeune Théâtre en région Centre (JTRC) et le dramaturge Vanasay Khamphommala. « De la même manière que j'avais monté " Amphytrion " de Molière, je voulais créer " La Dispute " qui s'inscrit dans un débat philosophique. » Ici, effectivement, la question est posée de savoir qui de l'homme ou de la femme a le premier compromis l'amour noble. L'inconstance en amour vient-il de l'homme ou de la femme ?
Cette question essentielle et les situations qu'elle engendre ont donné envie à Jacques Vincey d'aller plus loin. « Avec les comédiens du JTRC, nous nous sommes demandés comment faire résonner ces questions posées par Marivaux au XVIIIe siècle, ici et maintenant. » Les rapports entre les hommes et les femmes, entre les femmes et les femmes, entre les hommes et les hommes bougent, évoluent. « J'ai demandé à ces jeunes artistes qui sont dans un dispositif professionnel qui leur permet de s'engager pleinement dans l'apprentissage de leur métier, de réfléchir, de revenir dix ans en arrière. De retrouver leurs premiers émois d'adolescents, leurs premières velléités de jouer et de proposer des intentions de jeu. »


Et des propositions, ils ont dû en fournir beaucoup, ces six jeunes comédiens puisque le metteur en scène leur a demandé, comme protocole de travail, de tout jouer. Ils ont fait tous les rôles, « y compris les femmes des rôles d'homme, et inversement ». C'est en fonction des propositions de chacun que les rôles ont été distribués. Ce qui laisse beaucoup de place à la surprise.


Une surprise que vivra le spectateur en se retrouvant au cœur de la pièce. Car ici, le dispositif scénique place le spectateur dans une position de voyeur. « Puisque " La Dispute " parle d'une expérience à laquelle assistent deux protagonistes cachés, je voulais élargir ce processus de voyeurisme à la théâtralité même de la pièce. » Jacques Vincey et le scénographe Mathieu Lorry-Dupuy ont imaginé une arène dotée de miroirs sans tain : les spectateurs sont placés à l'extérieur de l'arène et se retrouvent complices d'un stratagème. Les acteurs eux ne voient que leurs reflets.


Ce dispositif ne permet que 56 spectateurs par séance. Des privilégiés ! « Nous jouerons deux représentations par jour. » Quand la frustration attise l'envie. A méditer.

 

Du 2 au 12 février, au Théâtre Olympia, rue de Lucé, à Tours. Reprise du 24 mai au 3 juin. Tarifs : de 8 € à 22 €. Tél. 02.47.64.50.50.


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4.48 PSYCHOSE de Sarah Kane mise en scène de Sara Llorca et Charles Vitez

4.48 PSYCHOSE de Sarah Kane mise en scène de Sara Llorca et Charles Vitez | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Stéphane Capron pour Sceneweb.fr :

 

Sara Llorca est Sarah Kane : en route vers la joie

 

 

En mettant en scène « 4.48 Psychose », Sara Llorca et Charles Vitez prennent le parti de montrer que ce texte – sordide – est un cri d’espoir, plus encore : une volonté d’aller vers la joie. Un choix artistique conduisant à une mise en scène qui ne laisse pas indifférent.

C’est forcément surprenant de voir l’héroïne solitaire – Sara Llorca – arriver enlacée par le danseur DeLaVallet Bidiefono, chantant tel Youssou N’Dour, accompagné d’une guitare électrique et d’un sampler. La proximité entre l’Afrique et la chambre d’hôpital psychiatrique ne se fait pas naturellement. Mais finalement, pourquoi pas ? L’action mentale se joue de l’alternance entre le tact glacial de Sara Llorca et les mouvements saccadés de Bidiefono, prolongement corporel de l’âme.

On appréciera davantage les moments où les metteurs en scène laissent parler sobrement le texte par lui-même. Ces temps où Llorca est assise sur l’une des nombreuses chaises qui composent le décor (paysage cérébral de l’héroïne ?) et se contente de dire la poésie. Les mots de Kane sont tellement puissants qu’il faut se contenter de les laisser dire. Mais, parfois, des idées surgissent et l’excitation du corps se propage à la diction de l’esprit. Si Llorca semble, dans un premier temps, avoir muri dans son jeu, durant la deuxième partie du spectacle elle retombe dans les travers auxquels elle a pu (malheureusement !) nous habituer – un jeu très scolaire où elle utilise beaucoup ses mains, sans que cela soit justifié.

Sarah Kane érige le témoignage au rang d’art poétique. On se surprend à être gêné, à plusieurs reprises, par les partis pris de mise en scène, pas toujours clairs. Mais la lecture de Llorca et Vitez, centrée sur l’espoir et la vie, permet aussi d’entendre ce presque-monologue avec moins de gravité que de coutume et donne ainsi la possibilité d’y accorder plus d’attention.

Hadrien VOLLE – www.sceneweb.fr

4.48 PSYCHOSE
de Sarah Kane
traduction : Evelyne Pieiller (L’Arche Editeur)
Mise en scène et scénographie : Sara Llorca et Charles Vitez
Chorégraphie : DeLaVallet Bidiefono,
Musique : Benoît Lugué et Mathieu Blardone,
Costumes : Emmanuelle Thomas,
Lumière : Léo Thévenon
Avec DeLaVallet Bidiefono, Mathieu Blardone, Sara Llorca, Benoît Lugué, Antonin Meyer Esquerré
production > Compagnie Du Hasard Objectif. Avec le soutien du Théâtre Arlequin de Morsangsur-
Orge, du Théâtre de La Loge, du Théâtre 71 – Scène nationale de Malakoff, d’ARCADI – Île-de-France et de la SPEDIDAM (société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées) et les Subsistances à Lyon.
Durée : 1h20

Théâtre de l’Aquarium
Du 2 au 21 février 2016
du mardi au samedi à 19h / dimanche à 17h

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André Marcon : « La langue de Novarina vous renverse »

André Marcon : « La langue de Novarina vous renverse » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Brigitte Salino pour Le Monde :



André Marcon est l’acteur par excellence de Valère Novarina, dont il a joué de nombreuses œuvres, en particulier Le Discours aux animaux, qui l’accompagne depuis trente ans. C’est son texte, il fait corps avec lui, et il est magnifique dans ce monologue fameux, drôle et furieux, qu’il donne jusqu’au 20 février aux Bouffes du Nord, là même où il fut créé.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez eu entre les mains un texte de Valère Novarina ?

Je n’ai pas la mémoire des dates, mais je me souviens très bien de celle-là : c’était en 1984. Lucien et Micheline Attoun, les directeurs de Théâtre ouvert, avaient proposé à un groupe de comédiens de lire des manuscrits, pendant deux mois, et d’en présenter un au public chaque samedi. C’était un gros boulot. Un jour, je suis tombé sur Le Prologue du drame de la vie, de Valère Novarina, qui était un peu connu, mais pas trop. Et j’ai été complètement conquis.

Par quoi ?

J’ai éprouvé un sentiment de délivrance, comme si je soulevais une pierre tombale. Il y avait alors quelque chose de pesant dans le théâtre français : c’était l’époque du non-jeu, ou du jeu distancié, et les dogmes s’empilaient les uns sur les autres. Novarina faisait tout exploser, et c’était une formidable libération : enfin quelqu’un qui ne demandait pas de se poser des questions inutiles ni d’avoir une approche théorique compliquée ! J’ai lu son texte, il est venu l’écouter, puis il m’a fait parvenir d’autres textes, dont Le Monologue d’Adramélech, que j’ai joué au Théâtre de la Bastille. Michel Guy, le directeur du Festival d’automne, a vu le spectacle, et nous a proposé, à Valère et à moi, de faire quelque chose aux Bouffes du Nord pour l’édition 1986. Valère a établi une version scénique du Discours aux animaux qu’il avait écrit, il m’a donné le paquet, j’ai commencé à travailler et, là, j’ai été pris de frayeur.

Pourquoi ?

Je n’arrivais pas à l’apprendre. Je suis allé au zoo de Vincennes, de désespoir, pour voir des animaux, puisqu’il en était question dans le texte. Je suis arrivé devant un espace où il y avait des kangourous, à qui une femme seule, âgée, lançait des morceaux de pain en disant : « Oh, oh, oh », en étirant ce « oh ». J’ai pensé « animaux » sur le même ton, et ç’a été un déclencheur. Puis j’ai vu Valère, je voulais qu’il m’explique son texte. On est allés tous les deux à la campagne, dans sa maison, pour travailler. Quand je lui ai demandé ce que voulait dire la première phrase, je l’ai vu sombrer dans une telle dépression que je lui ai dit : « Laissons tomber. » On a joué au ping-pong. J’ai compris qu’il avait raison : il ne pouvait pas faire le travail à ma place. Je l’ai fait, j’ai franchi l’obstacle, et ça a été.

Ça a été si bien, d’ailleurs, que, depuis, « Le Discours aux animaux » ne vous a pas quitté.

Oui. En trente ans, je l’ai joué dans de nombreux pays, et dans tous les lieux possibles et imaginables, d’une salle de 3 000 places à une carrière en montagne, ou dans des appartements, chez des gens. Moi qui suis timide, j’ai toutes les hardiesses avec ce texte. Comme il m’a coûté beaucoup, je le chéris particulièrement et ne m’en lasse jamais. Il y a eu plusieurs années pendant lesquelles je ne l’ai pas joué.

Quand je l’ai repris, j’ai eu peur de l’avoir oublié. Mais je l’ai retrouvé aussitôt, comme si j’ouvrais un tiroir et que je l’y trouvais, intact. Ça m’a beaucoup surpris. Le mystère de la mémoire est infini, mais sans doute je devais savoir, dès le début, que je voulais le garder, qu’il m’appartenait, d’une certaine manière, et que j’avais envie de le promener. D’autant plus que c’est commode : il n’y a besoin de rien, sinon d’un manteau et de lumières, pour jouer LeDiscours aux animaux.

Que nous raconte-t-il ?

C’est une sorte de Saison en enfer comique. Un bonhomme arrive et nous parle de sa vie, de la très petite enfance, et même plus tôt, à l’âge adulte, en une série de flashs. Il le fait avec une énergie violente, semblable au surgissement de fureur violacée que représente le fait de sortir du ventre de sa mère. Dans tout Le Discours aux animaux, que nous sommes, cette fureur originelle est toujours au travail, souterrainement, comme un volcan qui gronde. Parfois, il y a des éruptions ; parfois, c’est un peu plus calme. Les adultes retrouvent leur propre enfance quand ils entendent Le Discours auxanimaux. J’en ai fait l’expérience en le jouant devant des publics très divers. Il y a peut-être des gens qui n’entrent pas dans ce texte, mais la plupart sont saisis, sans savoir nécessairement par quoi.

Qu’a de particulier la langue de Valère Novarina ?

Une énergie extraordinaire. Elle vous renverse tout de suite, comme celle des poètes. Chacun redécouvre le bonheur quasi érotique qu’il a eu, tout petit, à dire les premiers mots, et à percevoir l’immensité qu’il y a derrière.

Jouer Novarina a-t-il changé quelque chose dans votre vie de comédien ?

Ça a été une rencontre majeure, et ça a sans doute changé quelque chose, mais je ne saurais pas dire quoi. D’une manière générale, j’apprends beaucoup en regardant les musiciens. J’ai assisté à un des derniers concerts de la pianiste Brigitte Engerer [1952-2012], et la façon dont elle a attaqué son concert m’a fait changer quelque chose dans Le Discours aux animaux. Souvent, les pianistes arrivent sur scène, ils se concentrent, puis ils commencent à jouer.

Brigitte Engerer a complètement cassé cette solennité en se mettant à jouer sans attendre ni laisser s’installer le silence, alors qu’elle n’était pas encore assise. J’ai trouvé ça d’une clarté extraordinaire. C’était comme si elle nous disait : la musique est partout, elle est sur scène, elle sera là après moi. J’ai décidé que je ferai la même entrée, et que j’attaquerai tout de suite, parce que, comme la musique, le théâtre doit être partout.

Le Discours aux animaux, de Valère Novarina. Par André Marcon. Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e.Jusqu’au 20 février.

Novarina en grand format à Annecy
Valère Novarina est à l’honneur, du 1er au 7 mars, à Bonlieu, la scène nationale d’Annecy qui fut conçue par son père, l’architecte Maurice Novarina (1907-2002). Au programme : Le Vivier des noms, mis en scène par l’auteur ; Pour Louis de Funès, lu par Jean-Quentin Châtelain ; Le Monologue d’Adramélech, joué par Leopold von Verschuer ; Le Discours aux animaux, par André Marcon. A cela s’ajoutent « Manger, c’est la vie », un repas autour de la langue de Valère Novarina, et une exposition de peintures de l’auteur.

1, rue Jean-Jaurès, Annecy. Tél. : 04-50-33-44-11. www.bonlieu-annecy.com

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Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman

Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Corinne Denailles pour Webthetatre.fr

 

Pulsion de vie, pulsion de mort

 

Nous sommes en l’an 250 en Arménie, à l’époque de l’Empire romain représenté ici par le gouverneur Félix. Félix a une fille Pauline qui, soumise à la volonté de son père, a renoncé à l’amour de Sévère qui n’était pas d’un rang convenable. En bonne fille, elle épouse Polyeucte qu’elle finit par aimer d’un amour sincère même si elle n’oublie pas Sévère qu’on croit mort. Tout va bien donc jusqu’à ce qu’on apprenne que Polyeucte s’est laissé convaincre par son ami Néarque de rallier la cause des nouveaux chrétiens, considérés alors par les Romains comme une secte. En secret, Polyeucte et Néarque projettent de détruire les idoles de pierre des païens au nom du seul dieu chrétien. Sur ces entre-faits, voilà Sévère qui revient, auréolé de ses exploits et de son ascension auprès de l’empereur. Félix, individu médiocre et sans scrupules, ordonne à Pauline de rencontrer Sévère dont il craint la vengeance. La tragédie se noue, opposant les raisons du cœur et les raisons de l’âme. Pauline, qui aime encore Sévère, est déchirée tandis que Polyeucte, définitivement fanatisé, choisit de renoncer à l’amour terrestre pour l’Amour de Dieu, réclame de mourir en martyre et veut entraîner sa femme. Félix, gouverneur romain, est ulcéré et signe l’arrêt de mort de ce gendre inflexible. Sévère, qui se révèle le seul personnage mesuré de l’histoire, tente d’apaiser les passions et prône la tolérance envers ces chrétiens qu’on persécute parce qu’on ne les comprend pas et qu’ils font peur. Pauline est peut-être le plus beau personnage féminin imaginé par Corneille ; passionnée, intègre, intelligente, elle fait honte à ce père vil qui veut disposer d’elle pour servir sa position. Le combat entre la grâce et la passion amoureuse, entre les pulsions de vie et de mort, se résoudra un peu rapidement dans la conversion généralisée des uns et des autres, probablement parce que Corneille se doutait que le sujet (inspiré de la vie d’un saint) serait mal accueilli tel qu’il l’a traité et il a éprouvé le besoin d’anticiper d’éventuelles attaques qui ne manquèrent pas, tel l’abbé d’Aubignac qui jugea que les passions humaines « portent les hommes à des pensées vicieuses » et que les associer à la religion tient de l’offense. Cette pièce atypique de Corneille quitte le registre de l’honneur pour celui de la morale, usant de la passion amoureuse comme d’un moteur dramatique.

Brigitte Jaques-Wajeman est devenue au fil du temps une véritable spécialiste de Corneille avec lequel elle entretient des rapports d’intelligence et d’intimité des plus subtils. Parmi ses nombreuses mises en scène, le cycle consacré à cinq pièces du dramaturge qu’elle a considéré sous l’angle de la colonisation était exceptionnel et a montré comment on peut comprendre une pièce du XVIIe siècle de notre point de vue moderne. Depuis, elle a poursuivi son exploration de l’œuvre de Corneille en gardant la même approche esthétique d’une grande sobriété qui fait la part belle aux acteurs, souvent très jeunes. Elle les conduit à échapper à la scansion obsédante de l’alexandrin et ainsi à nous révéler tout l’or du texte. Un travail de direction et d’acteurs de grande qualité. Dès la première scène le point de vue est clair et le ton est donné : un grand lit au centre du plateau, surmonté d’une fresque qui évoluera au fil du spectacle sous les lumières de Nicolas Faucheux, deux blocs imposants verticaux mobiles s’ouvrent et se ferment à chaque acte. Dans le lit, une jeune femme semble dormir, le corps discrètement dénudé ; auprès d’elle un homme, Polyeucte, écoute le récit du cauchemar qu’elle vient de faire, rêve prémonitoire de la mort de son jeune époux Polyeucte. A la fin, à la place du lit, le cadavre de Polyeucte recouvert d’un drap blanc. Cette tragédie du désir d’absolu est aussi une tragédie des sens. Grâce au talent sensible d’Aurore Paris, on souffre et on vibre avec Pauline tourmentée et amoureuse comme on le ferait chez Racine. Clément Bresson campe un Polyeucte — costume immaculé, barbe discrètement christique — passionné d’absolu qui se voit héros en s’offrant en martyre à son Dieu. Le sombre et tolérant Sévère est interprété avec intensité par Bertrand Suarez-Pazos. Tous les comédiens méritent la même admiration, ainsi que la scénographie et les costumes d’Emmanuel Peduzzi. On reste frappé par la modernité du propos qui illustre les dangers de l’intolérance, quelle qu’en soit l’origine et la cible.

Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman ; scénographie et costumes, Emmanuel Peduzzi ; lumières, Nicolas Faucheux ; son, Stéphanie Gibert ; avec Clément Bresson, Pascal Bekkar, Aurore Paris, Pauline Bolcatto, Marc Siemiatycki, Timothée Lepeltier, Bertrand Suarez-Pazos. Au théâtre de la ville, Les Abbesses, du mardi au samedi à 20h30. Durée : 2h.

© Mirco Magliocca
Tournée
1er mars à Brive Théâtre des 13 arches)
14 mars à Alençon (Scène nationale)
18 mars à Fontainebleau (Théâtre municipal)
2 et 3 mai à Amiens (MCA)

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Rencontre avec Julien Gosselin pour "2666"

Rencontre avec Julien Gosselin pour "2666" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Sur le site de theatre-video.net

 

Après le spectacle "Les Particules élémentaires" créé lors de la 67e édition du Festival, Julien Gosselin et Si vous pouviez lécher mon coeur se lancent un nouveau défi littéraire : adapter un roman réunissant plusieurs époques et plusieurs temps. Leur choix s'est porté sur un ouvrage massif : 2666 de Roberto Bolaño, qui rassemble une galerie de personnages hétéroclites.

 

Universitaires à la recherche d'un mystérieux écrivain allemand, professeur qui se prend pour Marcel Duchamp, policiers mexicains englués dans des meurtres innombrables... De ces histoires à priori cloisonnées, Julien Gosselin crée une expérience totale, une traversée commune entre acteurs et public. Une épopée à venir...

 

Spectacle(s) : 2666Auteur(s) : Julien GosselinMetteur(s) en scène : Julien GosselinActeur(s) : Guillaume Bachelé, Marine De Missolz, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc, Frédéric Leidgens, Annie Mercier,Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier

 

Voir la vidéo de la rencontre à Avignon avec Julien Gosselin :  http://www.theatre-video.net/video/Rencontre-avec-Julien-Gosselin-pour-2666-70e-Festival-d-Avignon

 

 

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“Les Chatouilles” : entre hip-hop et krump, Andréa Bescond affûte sa “danse de la colère”

“Les Chatouilles” : entre hip-hop et krump, Andréa Bescond affûte sa “danse de la colère” | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Emmanuelle Bouchez pour Télérama :

 

Elle parle, danse, boxe, endosse plusieurs personnages... La comédienne met en scène l'enfance blessée, et la résilience, avec aplomb et délicatesse.


On ne l'avait jamais repérée avant, malgré la tournée des Chatouilles deux étés de suite au Off d'Avignon. On découvre aujourd'hui Andréa Bescond à Paris, sur la scène-cocon du Petit Montparnasse. Elle y est seule, en jean et en baskets rebondissantes, cheveux blonds en queue-de-cheval. Elle raconte et elle danse, interprétant avec aplomb une foule de personnages aux accents variés, progressant à coups de solos muets, presque boxés, quand les mots pourraient devenir trop crus. Car Andréa Bescond, auteur-interprète sous le regard d'Eric Métayer, aborde un sujet indicible... L'enfance massacrée d'une petite fille, qui, de 8 à 12 ans, a subi les assauts d'« un ami de la famille ».


La meilleure des garanties contre le voyeurisme

Elle assume toutes les voix, celle du criminel invitant la fillette aux « chatouilles » comme celle des copains, des profs ou des autres adultes n'ayant jamais rien décelé. Ainsi l'improbable couple parental : père muselé et mère dans l'absolu déni. A 30 ans, l'ex-petite fille traîne celle-ci chez la psy. Ces scènes sont le fil rouge caustique du spectacle. Odette, son personnage, baptisé comme l'héroïne sacrifiée du Lac des cygnes, emprunte à Andréa beaucoup de ses qualités : enfant prodige de la danse classique, élève assidue d'une école connue puis du Conservatoire de Paris. La comédienne et danseuse en est elle-même sortie en 1999 avant de plonger dix ans durant, des Etats-Unis à la Scandinavie, dans des langages plus radicaux, plus bruts, plus violents. Entre hip-hop et krump, elle a affûté sa « danse de colère ». Saisissante quand elle se tait et s'arc-boute d'un coup, se cambre ou se creuse sous l'on ne sait quel fardeau. Emouvante quand elle happe l'air de ses bras rapides puis reprend son récit, prête à en découdre avec le monde.


La sinistre histoire est supportable parce qu'elle est aussi celle d'une résilience. Quelques longueurs affectent le spectacle, mais peu importe. Car la performeuse dénonce une réalité sordide et ses corollaires prosaïques (la déposition au commissariat de quartier) grâce à un art scénique tous azimuts. La meilleure des garanties contre le voyeurisme. 

 

A voir Les Chatouilles ou la danse de la colère14/01/2016 à 26/03/2016 au Petit Montparnasse
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Adieux déchirants au Théâtre de Gennevilliers

Adieux déchirants au Théâtre de Gennevilliers | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La pièce s’appelle Argument, et c’est la dernière création de Pascal Rambert au T2G de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Le 31 décembre, l’auteur-metteur en scène quittera ce théâtre, qu’il codirige avec Nicole Martin. Il n’aura pas à rougir de son bilan. Quand il a pris ses fonctions, le 1er janvier 2007, il savait qu’il n’aurait pas la tâche facile : le Théâtre de Gennevilliers était indissociable de Bernard Sobel, qui l’avait créé et dirigé pendant quarante-quatre ans d’une manière exemplaire. Pascal Rambert a su lui imprimer sa marque. Il a demandé à Patrick Bouchain et Nicole Concordet de remodeler le bâtiment, désormais doté d’un vaste accueil, avec la billetterie, un bar et de chaleureuses tables en bois. Daniel Buren, lui, s’est chargé de dessiner les flèches rouges et blanches guidant les spectateurs du métro au théâtre.

La Commune en toile de fond

La programmation, elle aussi, a changé de ligne, en privilégiant les formes d’écriture contemporaines et internationales. Et un public jeune est venu. Quant à Pascal Rambert, qui est candidat à la direction du Théâtre national de la Colline, il a connu un succès flamboyant avec sa pièce Clôture de l’amour, créée par et pour Audrey Bonnet et Stanislas Nordey au Festival d’Avignon, en 2011, traduite depuis et jouée un peu partout dans le monde. Argument, sa nouvelle pièce, s’inscrit dans la même lignée. Elle a été écrite sur le corps de deux acteurs, si l’on peut dire : Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux l’ont inspirée. Mais elle se distingue clairement de Clôture de l’amour, en raison de sa dimension historique.

C’est en effet la première fois que Pascal Rambert prend pour toile de fond un moment de l’Histoire. Les deux protagonistes, Annabelle et Louis, vivent pendant la Commune. Ils ont quitté Paris à feu et à sang, et sont en Normandie où se joue une autre guerre : celle de leur amour écorché par le temps, dont la fureur éclate, une nuit d’orage sur la lande. Avec eux, il y a Ignace, leur fils, un enfant dont le père voudrait faire un soldat et l’arracher ainsi à sa mère. Il ne dit rien, Ignace. C’est une petite silhouette sur le plateau, une figurine, un enjeu dans la querelle de ses parents, qui éclate parce que Louis a découvert un médaillon chéri par Annabelle.

DEUX ANGES AUX AILES COUPÉES PAR LE MALHEUR. DEUX COMÉDIENS QUI S’OFFRENT CORPS ET ÂME AU COMBAT ULTIME

 


La jalousie se nourrit de tout prétexte, et rien ne retient sa violence dans cet Argument dont le titre aurait pu être écrit au pluriel. Violence des souvenirs, d’avoir été jeune, d’avoir aimé et été aimé, de n’avoir pas suivi le même chemin : Annabelle est du côté de la révolution, Louis de celui de la réaction. Les tissus de la manufacture qu’il dirige ont vêtu d’apparat le corps désiré de sa femme. Argument les déchire un par un. Déchire jusqu’à la peau d’Annabelle qui meurt. Déchire jusqu’à la convention du théâtre, qui la fait sortir de sa tombe, comme elle fait s’envoler Ignace dans les airs. Déchire le plateau du théâtre, troué de pluie, de nuages et de nuées noires.



Il y a des fulgurances dans cette pièce de Pascal Rambert, dont le dessin, moins net que celui de Clôture de l’amour, demande de s’abandonner aux ressacs éperdus de la vie ouvrant sur ce « ciel vide » qu’évoque Annabelle, avant de disparaître à jamais. Tout au long, ce ciel est habité par Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux. Deux anges aux ailes coupées par le malheur. Deux comédiens qui s’offrent, corps et âme, au combat ultime. Ils sont beaux.

 

Brigitte Salino 
Journaliste au Monde

 


Argument, de et mise en scène Pascal Rambert. Avec Marie-Sophie Ferdane, Laurent Poitrenaux. Théâtre de Gennevilliers, 41, avenue des Grésillons, Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Mo : Gabriel-Péri. Tél. : 01-41-32-26-26. Mardi et jeudi, à 19 h 30 ; mercredi, vendredi et samedi, à 20 h 30 ; dimanche à 15 heures. De 7 € à 24 €. Jusqu’au 13 février. Le texte de la pièce est édité par Les Solitaires intempestifs (70 p., 14 €)


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La Mer de Edward Bond mise en scène par Alain Françon

La Mer de Edward Bond mise en scène par Alain Françon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

 

A la Comédie-Française, salle Richelieu du DU 5 MARS AU 15 JUIN  2016 (en alternance)

 

Figure majeure du théâtre contemporain, Edward Bond a toujours revendiqué le caractère salutaire de ses mises en scène violentes, explorant sans relâche les pouvoirs du théâtre à examiner des situations extrêmes, à revisiter les moments, les lieux où l’humanité a été niée. « La vie perd son sens lorsque vous cessez d’agir sur la chose qui vous importe le plus : votre engagement moral dans la société. L’indifférence et le cynisme, une pseudo-philosophie (nous sommes tous des animaux), une pseudo-psychologie (nous sommes tous fondamentalement égoïstes) et une pseudoscience (nous avons tous en nous un peu d’agressivité), cela donne en fin de compte cette pseudo-profondeur : la vie est absurde. S’il me fallait donner un nom à mon théâtre je l’appellerais le Théâtre Rationnel. » Créée en 1973, La Mer, inscrite au répertoire de la Comédie-Française depuis 2011 sans y avoir jamais été donnée, est une clef d’entrée pour aborder l’oeuvre de l’auteur dans laquelle elle occupe une place à part, relevant d'un registre plus romanesque. Défricheur d’Edward Bond, Alain Françon a parcouru ses textes avec constance, du Théâtre national de la Colline pour Café, Le Crime du xxie siècle ou Naître, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis pour Les Gens, en passant par le Festival d’Avignon pour Chaise. Il poursuit avec La Mer son chemin avec la Troupe qu’il retrouve ici pour la septième fois.

Nouvelle traduction de Jérôme Hankins 

L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.
www.arche-editeur.com

DistributionCécile Brune : Louise RafiÉric Génovèse : Le PasteurCoraly Zahonero : Mafanwy PriceCéline Samie : RachelLaurent Stocker : EvensElsa Lepoivre : Jessica TilehouseSerge Bagdassarian : CarterHervé Pierre : HatchPierre Louis-Calixte : ThompsonStéphane Varupenne : HollarcutJérémy Lopez : Willy CarsonAdeline d'Hermy : Rose JonesJennifer Decker : Jilly

Élèves-comédiens :

Une femme : Pénélope Avril 
Davis et une femme : Vanessa Bile-Audouard 
Homme du village : Hugues Duchêne 
Homme du village : Laurent Robert 

 

Dossier de presse du spectacle : http://www.comedie-francaise.fr/images/telechargements/presse_lamer1516.pdf

 

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Les Inrocks - Dans "Antigone of Shatila", Omar Abusaada donne la parole à des femmes réfugiées

Les Inrocks - Dans "Antigone of Shatila", Omar Abusaada donne la parole à des femmes réfugiées | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Fabienne Arvers pour Les Inrocks :

 

Quand la fiction vient soutenir le réel : en se projetant dans la figure d’Antigone, des femmes du camp de Chatila au Liban témoignent de leur vécu de réfugiées et de leur fuite de Syrie ou de Palestine.

 

Bouleversant.

Sortir des images d’actualité, du nombre toujours grossissant des réfugiés syriens qui fuient leur pays en guerre, masse anonyme sans autre histoire que celle, partagée, collective, de l’exil, de la perte et de l’espoir de recommencer à vivre ailleurs. Et entrer dans l’intimité d’histoires particulières, racontées face au public par des femmes syriennes et palestiniennes, réfugiées dans le camp de Chatila à Beyrouth. Des récits tissés et noués ensemble à travers un motif qui, à la fois les réunit et leur donne un statut irréductiblement singulier : celui d’Antigone, la rebelle, qui résiste et s’oppose au roi Créon qui interdit l’inhumation de son frère Polynice.


Le spectacle du metteur en scène syrien Omar Abusaada, créé au festival de Beyrouth en 2015 avec le dramaturge Mohammad Al Attar, prend doublement la forme d’un journal intime où s’entrecroisent leur histoire et le récit du processus de création d’Antigone of Shatila par ces femmes qui se projettent tour à tour dans la figure d’Antigone, et dans celles de sa sœur Ismène, de son amant Hémon, de son frère Polynice, du messager Tirésias ou du tyran, le roi Créon.


La possibilité d’un “je” qui témoigne de la perte de ses proches et raccorde sa douleur à celle d’Antigone, moins pour lui donner un sens que pour affirmer celui de sa résistance à la tyrannie, de son désir de faire exister ses disparus dans l’agora du théâtre. Pour Omar Abusaada, ce projet s’inscrit dans un parcours qui, depuis toujours, fait frayer le théâtre avec des non-professionnels en situation d’enfermement ou d’exil. Avec sa compagnie Studio créée à Damas, il a animé nombre d’ateliers dans des villages syriens ainsi que dans des prisons et des camps de réfugiés, de l’Egypte au Yémen, de l’Irak à la Jordanie.
Des récits portés par l’espoir
Il raconte la genèse d’Antigone of Shatila : “Notre première rencontre avec les femmes a eu lieu dans le camp de Chatila à Beyrouth. Ce camp a été établi en 1949 pour abriter les réfugiés palestiniens après la perte de la Palestine en 1948 et la proclamation de l’Etat d’Israël. Soixante-cinq ans après sa création, le camp avec ses ruelles étroites et insalubres, ses maisons entassées, est aussi devenu le refuge de milliers de Syriens ayant fui la guerre pour rejoindre les 15 000 réfugiés palestiniens entassés sur une superficie d’environ 1 km2.


”Pendant les répétitions, les femmes nous ont apporté leurs histoires : des histoires de pertes, celles de leurs enfants, de leurs frères, de leurs maisons. Mais aussi des photos charmantes des petites villes dispersées dans toute la Syrie. Elles ont apporté des larmes abondantes, beaucoup de rires aussi, et n’ont eu de cesse de nous rappeler que nos Antigone s’accrochaient à la vie et résistaient au désespoir. Contrairement à l’histoire d’Antigone dont on connaît la fin, leurs histoires se poursuivent et les derniers chapitres ne sont pas encore écrits. Elles sont toujours portées par leurs espoirs.”

La transplantation de tous ces deuils dans une figure tragique qui acquiert une dimension mythique a eu d’abord un sens social. C’est la question qu’elles posent d’emblée, se rappelant du jour où elles ont appris qu’un metteur en scène cherchait des femmes pour monter un spectacle, se demandant en quoi pouvait consister cette “aide par le théâtre”.


Très vite, pourtant, l’aventure leur procure un espace et un temps essentiels, infiniment précieux, où leur histoire existe d’autant plus qu’elles ont la charge de la transmettre et que celle des autres leur fait écho. Mise en perspective et résonance. Effet miroir et reconnaissance de soi dans l’autre. Ecoute et prise de parole. Echange et responsabilité partagée.


Rallier le réel à la fiction


A cette composante fondamentale, rallier le réel à la fiction, les conjuguer l’un à l’autre, s’ajoute une mise en scène aussi juste que forte. La rangée de chaises qui les attend et où elles prennent place ne reste jamais statique. En fonction de leurs prises de paroles, elles se déplacent et les chaises marquent dans l’espace les trajectoires de leur exil. Projetés en fond de scène, les dessins des costumes qu’elles ont imaginé pour chaque personnage, et les films tournés dans les décombres d’immeubles du camp de Chatila, sont là pour rappeler qu’ici, le processus de création contient déjà tout entier la représentation qui se déroule sous nos yeux. Au point qu’envisager la fin de l’aventure leur est douloureux et nous pose de manière tangible notre responsabilité d’Européens face à leur sort.

Organisées dans le cadre des Rencontres à l’échelle de Marseille par les Bancs Publics, la venue d’Antigone of Shatila s’est heurtée à des difficultés : “Malheureusement, la moitié des femmes qui ont participé au spectacle à Beyrouth n’ont pas pu être des nôtres aujourd’hui, indique Omar Abusaada à Marseille. Et ce, pour des raisons de force majeure, d’ordre familial ou d’ordre administratif. Nous pensons aux Syriens coincés dans les pays voisins et dont la plupart – notamment pour ces mêmes raisons – se précipitent aujourd’hui à la mer dans l’espoir de sortir de l’enfer des camps et des conditions misérables du déplacement ; après avoir tout perdu en Syrie.”


Si le spectacle bouleverse tant, c’est qu’il opère ce que le réel leur refuse : faire entendre leur histoire et réaliser ce que Tchekhov résume si bien dans Platonov : “Enterrer les morts et réparer les vivants.”

 


Antigone of Shatila, mise en scène Omar Abusaada, dramaturgie Mohammad Al Attar. Les 1er et 2 février, festival de Lessingtage. Thalia in der Gausstrasse, Hambourg.

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Milo Rau : « Dark Ages », une tragédie de l’Europe en cinq actes

Milo Rau : « Dark Ages », une tragédie de l’Europe en cinq actes | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Jean-Pierre Thibaudat pour son blog de Mediapart :

 

C’est un martial monument aux morts ou bien un hiératique tombeau dressé au centre de la scène qui accueille les spectateurs. Une éternité de marbre devant laquelle les hommes politiques, parvenus au sommet de leur Etat ou de leur ville, aiment prononcer des discours définitifs et possiblement vibrants avant, d’un air pénétré, de déposer une gerbe de fleurs puis, droits dans leur manteau boutonné,écouter les hymnes. Le théâtre de la commémoration.

Devant et derrière la caméra

C’est l’envers de ce théâtre auquel nous invite Milo Rau : le  monument pivote et, de l’autre côté, nous voici dans un bureau, celui du Bosniaque Sudbin Music qui nous détaille le mobilier. Bien sûr c’est un décor  mais il reprend effectivement la disposition du bureauque celui qui nous parle d’une voix douce, occupe à Sarajevo au sein d’une ONG  s’occupant des victimes, de l’identification des corps retrouvés dans les charniers ou au fond d’un puits, comme ce fut lecas, récemment, pour le corps de son père ainsi qu’il le racontera un peu plus tard.

Ce bureau est comme un parapet qui regarde l’Europe et  un abri de destins éclopés par l’Histoire. Ils sont cinq. Ils cohabitent, s'épaulent, s’écoutent. Tout à tour, l’un va derrière la caméra et filme, en gros plan le plus souvent, un à un, ses compagnons de route lesquels,par pans fragmentés, racontent leur histoire personnelle et, partant, celle de leur famille, de leur pays. Les images de leur visage parlant sont projetées au-dessus d’eux dans le dos du dit monument aux mots.

Tous ont connu la guerre. Celle de 39-45 pour l’acteur allemand Manfred Zapatka, alors enfant (bombardement, peur, famille déplacée sujette au mépris, au rejet). Celle des Balkans dans les déchirements de l’ex Yougoslavie pour les autres. Tous ont connus l’exil.  Sudbin Music est retourné vivre dans son pays, mais non dans son village bosniaque qui comptait  2417 habitants, aujourd’hui 200, et 80 enfants scolarisés, aujourd’hui un seul. Tous racontent des histoires de familles chavirées, des divorces souvent, comme si l’Europe avait divorcée d’elle-même.

Shakespeare les attendait au tournant

La Russe Valéry Tscheplonowa est née à Kazan,à cinq ans, au moment de la pérestroïka,sa mère interprète de métier, l’emmène en Allemagne et ne lui parle plus dans sa langue natale. Le père resté à Kazan,se remariera, sa fille ne le reverra quetardivement et brièvement. La Serbe Sanja Mitrovic qui se souvient avoir dansé et fait la fête pendant que l’OTAN bombardait  Belgrade vit aujourd’hui entre Amsterdam et Bruxelles. La Bosniaque Vedrana Seksan présentait le journal télévisé de la télévision Bosniaque pendant le siège et se souvient de l’activité culturelle intense qui régnait dans la ville assiégée.  Elle se souvient aussi du concert donné par Laibach au théâtre National de Sarajevo en 1995 et c’est en sortant du concert qu’elle apprendra que les accords de Dayton venaient de mettre fin à la guerre.

Sanja  Mitrovic, elle, se souvient d’un concert du même groupe slovène donné deux ans plus tard au palais des sports de Belgrade et elle a toujours gardé un poster du groupe au gré de ses déménagements. Il est actuellement punaisé dans son salon bruxellois. A la demande de Milo Rau, le groupe slovèneLaibach, fleuron de la Neue Slowenische Künste et provocateurs parfois border line qui se fit connaître au début des années 80, a composé une musique pour « Dark Ages » qui rythme les passages entre les cinq actes aux titres macabrement ironiques: « Les Suppliantes », « Les Années noires » », « Le meilleur des mondes », « Essai sur le mal », « Les Vivants et les morts ».

Vous avez perdu quelque chose?

Tous sont acteurs(sauf Sudbin Music)et ont été choisis pour cela. Ils ne se connaissaient pas,ils vivent dans différents pays d’Europe, Milo Rau  les a réuni. Ensemble ils ont parcouru l’ex Yougoslavie, se sont apprivoisés, ont parlé. Le metteur en scène et initiateur du projet a écrit une première version, puis, après discussions, une seconde. Etc. Shakespearetraverse leur vie et « Dark Ages ».Y compris la vie de Sudbin qui, se retrouvant un jour récent avec le crâne de son père  entre ses mains, convoque implicitement le crane de la scène des fossoyeurs dans « Hamlet ».Valéry Tscheplonowaavait joué "Hamlet machine" de Heiner Muller avec Dimiter Gotscheff. Le spectacle avait été filmé, en gros plans. Juste après la mort de Gotscheff, elle est allée jouer le spectacle à Cuba, avec comme partenaire un mort, vivant par la grâce de la vidéo.  

Tous ont perdu quelque chose. Une langue, un pays, un père,des proches, des amis, des voisins, des certitudes, la croyance en un monde sinon radieux du moins meilleur. Plusieurs racontent un rêve récurrent aux allures de cauchemar. « Je chie sur la nouvelle Europe » dit, pour finir, Sudbin Music.

La première partie de la trilogie, « The Civil Wars », se déroulait dans un salon avec Tchekhov comme conseiller technique, la troisième « Empire » empruntera aux anciens Grecs. Toutes les productions de Milo Rau sont le fait d’une petite équipe qu’il dirige avec une énergie peu commune.Pour chacun de ses projets, les acteurs sollicités y sont pleinement acteurs d’eux-mêmes. Les dispositifs scéniques sont particulièrement élaborés et réfléchis. Le théâtre est là une radiographie du réel via des faits et des vies, une mise à la question et une mise en questions.

 Comment ceci a été possible ? Comment en sommes-nous arrivés là ? C’était au cœur de  « Hate Radio » (à partir de Radio Mille collines au Rwanda),  de « Déclaration de Breivik » (l’acte de défense de celui qui fit un carnage en Norvège), de  « Les procès de Moscou (à partir du procès  des Pussy Riot), etc… Suisse allemand (né à Berne en 1977),  ayant étudié les langues et littératures allemande et française ainsi que la sociologie (élève de Bourdieu), Milo Rau est un pion essentiel dans l’échiquier du théâtre européen.

« The Dark Ages » aujourd’hui au théâtre de Nanterre -Amandiers, grande salle, 15h30. Puis les 16 et 17 mai en Finlande,  les 17 et 18 juin à Amsterdam  

 "The Civil Wars" du 30 mai au 5 juin à Lausanne, puis les 23 et 25 octobre  à Dresde (Allemagne)

"Empire" création au Zürcher Theater Spektakel (Zurich) du 28 août au 4 septembre, puis à la Schaubühne de  Berlin (dates à déterminer), du 8 au 10  octobre au théâtre de de Vidy-Lausanne, du 13 au 15 octobre au Graz Steirischer Herbst  (Autriche)

 

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Allier : Rassemblement à Cusset pour le maintien des aides aux troupes de théâtre sur le département - Regard-Actu

Allier : Rassemblement à Cusset pour le maintien des aides aux troupes de théâtre sur le département - Regard-Actu | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Ce samedi matin 6 février 2016 s'est tenu un rassemblement suivi d'une déambulation du marché de Cusset pour protester contre la "suppression totale des aides aux compagnies et aux équipes artistiques sans aucune concertation ni aucune évaluation de leur activité et de leur économie".

Ce n'est pas complètement un hasard si le rassemblement à l'initiative de l'ACT le collectif Allier Culture Territoire s'est tenu à Cusset : le maire de la commune n'est autre que Jean Sébastien Laloy en charge de la culture en tant que vice président au conseil départemental comme à
Vichy Val d'Allier la communauté de communes. Enfin c'est aussi à Cusset que l'on a un théâtre où sont encore proposés des spectacles vivants aux abonnés fidèles comme aux élèves des classes de la maternelle au lycée...

Frédéric Panne pour Regard-Actu
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Gilbert Désveaux prend la direction du Théâtre du Blanc-Mesnil

Gilbert Désveaux prend la direction du Théâtre du Blanc-Mesnil | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Stéphane Capron pour Sceneweb :

 

Le metteur en scène Gilbert Désveaux prend la direction du Théâtre de Blanc-Mesnil. Son nom a souvent été associé à Jean-Marie Besset dont il a été directeur-adjoint du Théâtre des 13 vents à Montpellier de 2010 à 2014. On lui doit pendant cette période les mises en scène de R.E.R. , de Tokyo Bar de Tennessee Williams, de L’Importance d’être sérieux d’Oscar Wilde Théâtre des 13 vents et de La Maison & Le Zoo d’Edward Albee. Il aura en charge la programmation de la saison 2016/2017.

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André Marcon : l'acteur qui parle aux animaux

André Marcon : l'acteur qui parle aux animaux | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joelle Gayot pour France Culture :

 

André Marcon incarne un pan de l’histoire du théâtre français : la décentralisation. Sa carrière démarre à Saint-Etienne, elle passe par Villeurbanne, remonte jusqu’à Paris et essaime jusqu’à Avignon.

 

Lien pour écouter l'émission : http://www.franceculture.fr/emissions/une-saison-au-theatre/andre-marcon-lacteur-qui-parle-aux-animaux

 

 

 Comme beaucoup d’acteurs de sa génération (il est né en 1948), André Marcon a fréquenté le cinéma d’auteur, souvent dans des seconds rôles. Ce sont aussi les plus marquants. Il a beaucoup joué, surtout du contemporain. Jean-Pierre Vincent, Roger Planchon, Klaus Michaël Grüber, Bernard Sobel, Alain Françon, Luc Bondy, Yasmina Reza et beaucoup d’autres encore l’ont dirigé. Mais celui avec qui il est lié, irrémédiablement, pour le meilleur et non le pire, c’est Valère Novarina dont il connait les dédales langagiers dans leur moindre détail. C’est pour cela qu’il est avec nous ce soir, parce que tous deux reprennent aux Bouffes du Nord ce qu’il faut bien appeler un tube :  Le Discours aux animaux.

 

André Marcon, acteur dans le Discours aux animaux, de Valère Novarina au Théâtre des Bouffes du Nord

 

André Marcon • Crédits : Pascal Victor/ArtcomArt - Maxppp

 

Le 19 septembre 1986, dans ce même Théâtre des Bouffes du Nord, André Marcon a créé Le Discours aux animaux, qui depuis ne l’a jamais quitté... André Marcon l’a joué presque chaque année, parfois une seule fois et sans répétition (comme font, dit-on, les acteurs de nô)... A Evreux, à Bogota, à Bordeaux, Moscou,  Berlin,  Rio, Janeiro, à Kiev, Lausanne,  Vienne,  Buenos Aires  ce texte fait maintenant partie de son corps et l’idée est naturellement venue de le présenter à nouveau sur son lieu de naissance, car ce n’est jamais la même chose qui s’offre... Un peu comme l’on revient, une fois par an, dans une forêt que l’on connaît par coeur mais qui n’est jamais la même, et qui varie sous la lumière comme une promenade où tout nous apparait chaque fois autrement.

 

André Marcon, acteur dans le Discours aux animaux, de Novarina (Bouffes du Nord) • Crédits : Pascal Victor/ArtcomArt - Maxppp

 

Le Discours aux animaux vient de ressortir aux éditions POL. Deux monologues se sont construits à partir de ce texte, le premier est L’Animal du temps, le second L’Inquiétude  ils ont été publiés chez le même éditeur.

Intervenants :André Marcon : acteur, metteur en scéne
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« Polyeucte » au théâtre des Abbesses – Corneille, un génie visionnaire !

« Polyeucte » au théâtre des Abbesses – Corneille, un génie visionnaire ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Laurent Schteiner pour le blog theatres.com

 

 

Brigitte Jaques-Wajeman nous revient avec une nouvelle création au Théâtre des Abbesses, Polyeucte de Pierre Corneille. Comme à son accoutumée, Brigitte Jaques-Wajeman redonne vie à ses classiques en démontrant une fois de plus qu’ils sont intemporels. Consacrant ce spectacle autour du fanatisme et des martyres, elle nous laisse entrevoir un Corneille visionnaire. Cette pièce qui rebat les cartes de l’instrumentalisation de la religion à des fins de pouvoir apporte une touche actuelle forte et offre un spectacle d’une grande qualité artistique et esthétique.


Pauline, amoureuse éperdue de Sévère un général romain, a obéi à son père Félix en prenant pour époux Polyeucte, un seigneur arménien. Sévère s’en revient de la guerre et retrouve Pauline qu’il a tant aimée. Mais Pauline a donné son cœur à Polyeucte et ne peut se dédire de son engagement. Ce dernier aidé de Néarque, découvre la religion chrétienne et souhaite ardemment se convertir à cette nouvelle religion qui apparait sectaire. Emprisonné pour ses convictions religieuses qui dépassent son amour pour Pauline, Polyeucte n’aspire plus qu’à mourir en martyre.

Au nom du sang, l’homme est capable de tout. Ce point final permet d’apprécier le génie visionnaire de Corneille qui à travers la religion et ses martyres y voit la machine infernale du fanatisme. L’impact de cette pièce est d’autant plus fort que l’humanité n’a pas évolué d’un iota sur cette question. L’instrumentalisation de la religion par  quelques exaltés à des fins de conquête du pouvoir est toujours présente.

L’interprétation charnelle de cette pièce rend compte des tensions des personnages entre eux et de l’enjeu qui s’en dessine. La scénographie épurée composée de blocs qui se séparent et d’un lit renforcent la mise en scène. Les comédiens sont excellents et concourent à nous délivrer un spectacle magistral !

 

Laurent Schteiner

 

Polyeucte de Pierre Corneille
mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman

Avec Pascal Bekkar, Pauline Bolcatto, Clément Bresson, Timothée Lepeltier, Aurore Paris, Marc Siemiatycki et Bertrand Suarez-Pazos

scénographie & costumes : Emmanuel Pedduzi
musique et sons : Stéphanie Gibert
lumière : Nicolas Faucheux
conseillers artistiques : François Regnault, Clément Camar-Mercier
maquillages : Catherine Saint-Sever
Mention Mirco Magliocca

Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses
75018 Paris
Résa : 01 42 74 22 77
www.theatredelaville-paris.com

du 4 au 20 février 2016 à 20h30, le dimanche à 15h

 

 

      

 
 

 

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Le cabaret potache de l'Histoire de David Lescot

Le cabaret potache de l'Histoire de David Lescot | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Avec Les Derniers Jours de l’humanité, David Lescot nous convie à un cabaret hybride bien étrange. Fidèle à son habitude du patchwork, le metteur en scène transforme la somme théâtrale de Karl Kraus en bouffonnerie sérieuse où la Grande Guerre fricote avec la farce. La Comédie-Française propose une nouvelle production atypique à la croisée de genres parfois délicats à combiner sur scène malgré le talent incontestable de nos quatre caméléons.

Des pianos en ruine jonchent le parquet du Vieux-Colombier. Le désastre de la Guerre de 14-18 est passé par là. Tabula rasa sur la culture. Pourtant, avec son ampleur gigantesque de sept cent pages, l’oeuvre-monstre du caricaturiste rédigée pendant les atrocités des combats entend rendre scrupuleusement compte de l’état d’esprit de la société viennoise.

Afin de capter les réactions à chaud de son entourage, Kraus s’emploie à déployer un matériau ultra dense : journaux, brèves de comptoir, textes officiels… Précisément attiré par cet éventail polymorphe, David Lescot imagine un spectacle total empruntant aussi bien au cabaret avec ses lumières chatoyantes, qu’à la lecture incarnée en passant par les scènes de foules, les chansons lyrico-tragiques, les interviews déformées, ou les jeux de mimes. Cette profusion (trop) généreuse vire parfois à l’indigestion malgré le dynamisme de ces multiples transformations. Menées à toutes vitesse, les saynètes ont à peine le temps de s’installer qu’on change immédiatement de référents et de situations. D’où une certaine frustration. Au contraire, la fin déçoit par sa répétitivité un brin ampoulée : le drame pur et dur a du mal à s’extirper de l’enrobage potache de l’ensemble.

En orientant son travail vers une parodie grinçante, Lescot fait bien souvent mouche. Sidérant d’écouter cette bourgeoise inciter ses enfants à jouer à la guerre ; piquant de contempler cette journaliste en train de réécrire l’Histoire à sa sauce pour combler ses lecteurs. Navrant d’assister impuissant à l’ordre d’un général sacrifiant ses troupes… On rit jaune.

L’art de la métamorphose
Pour incarner cette fresque historique, quatre comédiens seulement ont été réquisitionnés. Et quelles bluffantes compositions ! Tels de véritables caméléons, ils se métamorphosent sous nos yeux l’air de rien. Avec sa grande prestance, Denis Podalydès se fait aussi bien lecteur truculent que vieux caporal ridicule ; Sylvia Bergé est poignante d’émotion en chanteuse mélancolique et rigolote en mère indigne ; l’imposant Bruno Raffaelli s’amuse comme un gosse en petite fille à couettes guerrière ou en épicier opportuniste. Enfin, la venue de la nouvelle pensionnaire Pauline Clément apporte un vent de jeunesse et de fraîcheur : dotée d’un timbre de voix limpide et très agréable, elle s’intègre à la troupe sans problème, jouant avec plaisir et naturel une journaliste-fouineuse ou une épouse adultère à l’esprit bien inconséquent.

David Lescot parvient ainsi à aborder la folie destructrice de la Grande Guerre sous un angle espiègle et cinglant, respectant l’esprit de Kraus. Sur le plateau, le florilège des genres s’avère plus compliqué à gérer. Cette diversité s’avère donc à double tranchant. Malgré tout, la gourmandise comique de la mise en scène vaut le détour et l’abattage du quatuor est impressionnant de maîtrise. ♥ ♥ ♥

LES DERNIERS JOURS DE L’HUMANITÉ de Karl Kraus. M.E.S de David Lescot. Comédie-Française. 01 44 58 15 15. 1h50

© Christophe Raynaud de Lage
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Les Époux de David Lescot, mise en scène d’Anne-Laure Liégeois

Les Époux de David Lescot, mise en scène d’Anne-Laure Liégeois | Revue de presse théâtre | Scoop.it
 Lui et elle se tiennent debout derrière leur micro sur pied, se préparent à une fête populaire de jeunesse, vêtus selon la mode folklorique roumaine, alternance de rouge et de blanc, couronne de fleurs pour la femme, et chapeau à la valaque pour l’homme.

Tous deux, sur la ligne de départ, piétinent, se retiennent et brident leur énergie, comme s’ils se préparaient à une épreuve d’athlétisme – des personnages de théâtre sur la scène certes, clownesques et bouffons, mais aussi deux beaux comédiens ironiques, persuasifs et facétieux qui interprètent de drôles d’individus. Ils incarnent Elena et Nicolae Ceaucescu – le texte de David Lescot, Les Époux, est précis, percutant et plein de prouesse -, des partenaires dont on reconnaît les caractéristiques et dont on verra plus tard les images sur les documents vidéo d’époque.

Le sourire du spectateur amusé se dessine : Olivier Dutilloy est plus grand que ne l’était le Conducator, et la malicieuse Agnès Ponthier plus petite que l’épouse diabolique ; la force du théâtre est de suggérer et va du particulier à l’universel. Le couple allègre au départ – jeunes, ils ont adhéré au parti communiste -, se révèle vite infernal : les jeunes gens sont originaires de la Valachie rurale, région méridionale de Roumanie. L’un et l’autre sont issus de milieux modestes – fratrie nombreuse, alcoolisme et pauvreté. Ils prendront leur revanche sur cette non-reconnaissance sociale, avant de finir tragiquement lors d’un procès tronqué que les télévisions du monde entier se feront un plaisir de faire circuler sur le petit écran.

Les acteurs sont d’abord narrateurs, puis abandonnent le micro sur pied pour jouer librement Les Époux – façon pieds-nickelés-, se déshabillant et se rhabillant, selon les situations : cérémonies officielles, discours, réception du Général de Gaulle et de son épouse, celle du couple Nixon. Un avion passe dans le ciel, sur les murs blancs de la boîte scénographique, la chambre claire créée par la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois. Les trois murs unis de l’espace figurent en même temps le dénuement de la salle de classe finale où la tragédie sera accomplie. On voit sur l’écran – réalisation vidéo de Grégory Hiétin – les parades communistes coréennes, une mer de ballets colorés avec ses vagues vivantes animées par les foules synchro.

Passent également l’enterrement de Gheorghe-Gheorghiu-Dej, le couronnement du Conducator, le discours pour la non-intervention en Tchécoslovaquie, la chambre conjugale dans le palais et la fin imminente du tyran hué en décembre 1989.

On aura assisté à la naissance des trois enfants qui sont balancés contre les murs, des bébés baigneurs en plastique : la mère – un rappel scénique de Lady Macbeth dans Macbeth – fracasserait la tête de ses enfants plutôt que d’abandonner son projet, c’est-à-dire aider son mari à parvenir au faîte du pouvoir.

Les spectateurs assistent à la montée de ces deux tyrans, s’installant politiquement en écartant leurs rivaux – lui, un peu sot, bégaie, puis ne bégaie plus, et elle, calculatrice, manipule à la fois l’homme de pouvoir et son bonhomme à elle.

Défile à l’esprit du spectateur la mythologie des carrières fulgurantes de Mussolini, Franco, Hitler en Europe, Staline en Union Soviétique, Mao Zedong en Chine, Péron et Vargas en Amérique latine, Sékou Touré ou Idi Amin Dada en Afrique, et de nombreux autres, sans oublier les dictateurs de nos temps de violences.

Ces dictateurs – anciens et nouveaux – sont l’incarnation vivante d’une volonté de puissance sacralisée : des faux dieux asservissant les masses dans la prétention de les guider et dominer le chaos. Fascismes, communismes, totalitarismes –selon historiens et sociologues- correspondraient dans l’ordre du politique, à une explosion de religions matérielles nouvelles, « modernes », « profanes » et « séculières ».

« Tout le monde est capable de n’importe quoi… » (Aldous Huxley Temps futurs)

La fascination pour ces tyrans ne s’épuise pas et cette comédie noire, tragédie d’opérette au goût âcre, dénonce la violence comme loi du monde en des temps de ténèbres. Un spectacle vif qui souffle un vent d’humour, de doute et d’inquiétude.

Véronique Hotte

Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff, du 2 au 6 février. Tél : 01 55 48 91 00

L’Apostrophe, Scène nationale de Cergy-Pontoise, les 25 et 26 mai. Tél : 01 34 20 14 14
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