Revue de presse t...
Follow
128.9K views | +41 today
 
Scooped by Le spectateur de Belleville
onto Revue de presse théâtre
Scoop.it!

"Dark Spring" continue au Paris-Villette !

"Dark Spring" continue au Paris-Villette ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Pour continuer, votre soutien est nécessaire, c'est votre présence chaque soir qui permet que les représentations se poursuivent.
VENEZ VOIR, N'ATTENDEZ PAS :
RÉSERVATION - 01 40 03 72 23 - resa@theatre-paris-villette.com

 

 

La presse en parle :

"La sublime performance de Claude Degliame se donnant corps et voix à la prose sensuelle d’Unica Zürn est une leçon d’élégance qui devrait suffire à faire plier les élus parisiens et faire sortir de leur réserve les grands stratèges du ministère. Mais en attendant ces lendemains qui chantent, votre soutien est nécessaire pour acter
de la présence sans faille du public aux côtés de ces artistes qui n’abandonnent pas, ne lâchent rien et continuent si brillamment de lutter avec pour seule arme leur immense talent."

Patrick Sourd

more...
No comment yet.
Revue de presse théâtre
L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Ancienne élève de l'ENA et diplômée de Sciences Po et de l'ESSEC, Fleur Pellerin, née le 29 août 1973, à Séoul (Corée du Sud), a été nommée ministre de la Culture et de la Communication le 26 août 2014

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE LA BIO DANS LE SITE DU MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION.

 

 

Autre article biographique sur Fleur Pellerin : : http://lentreprise.lexpress.fr/actualites/1/actualites/fleur-pellerin-specialiste-de-l-economie-numerique_1570650.html

 

Le Monde du 27 août : http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2014/08/27/fleur-pellerin-l-anti-filippetti_4477312_3246.html

 

 

 

Slate.fr : http://www.slate.fr/story/91439/remaniement-fleur-pellerin-culture-aurelie-filippetti

 

20 minutes : http://www.20minutes.fr/culture/1432783-20140826-fleur-pellerin-promue-ministre-culture-communication

 Libération du 27 août : Pellerin prend sa revanche sur FilippettiMalgré un profil très «techno», elle lui succède à la Culture. 

Ce 17 mai au soir, au Festival de Cannes, Fleur Pellerin avait dû passer par l’entrée de service pour assister à la projection du film Yves Saint Laurent de Bertrand Bonello. Aurélie Filippetti était allée jusqu’à appeler Matignon pour empêcher la secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur de lui voler la lumière sur les marches du Palais.

Filippetti partie avec Montebourg et Hamon, Fleur Pellerin doit donc d’autant plus apprécier de la remplacer au ministère de la Culture qu’elle marque un joli coup dans la guerre ouverte qui oppose les deux femmes depuis des années. En 2012 déjà, lors de la campagne présidentielle, elles avaient eu bien du mal à jouer les équipières modèles guidant le futur président de la République sur les dossiers du numérique (Pellerin) et de la culture (Filippetti). Cette dernière avait emporté le ministère de justesse, parce que son expérience de députée et son profil d’écrivain collait davantage avec la fonction que celui de la technicienne Fleur Pellerin, qui n’a jamais été élue.

Reine dragon. Née le 29 août 1973 en Corée du Sud, Fleur Pellerin a été adoptée en France à l’âge de 6 mois. Elle grandit dans une HLM à Montreuil (Seine-Saint-Denis), passe son bac au lycée franco-allemand de Buc (Yvelines), enchaîne avec l’Essec (dont elle est diplômée à 21 ans), puis Sciences-Po et l’ENA (promotion Averroès), avant de parfaire son profil de «techno» à la Cour des comptes. Son engagement en politique date de la campagne de Lionel Jospin, en 2002, dont elle rejoint l’équipe des plumes avant de rallier l’équipe de Ségolène Royal en 2007, puis celle de Hollande en 2012. Ancienne présidente du Club XXIe siècle, qui réunit l’élite des minorités françaises, mariée à Laurent Olléon, directeur de cabinet de Marylise Lebranchu, et mère d’une fille née en 2004, Fleur Pellerin pratiquerait la peinture, la cuisine et le karaoké. Fan de la série Homeland, elle a aussi récemment confié se rêver en Daenerys Targaryen, la reine dragon de Game of Thrones.

Fidélité. François Hollande apprécie beaucoup cette femme de synthèse, qui s’est montrée d’une fidélité à toute épreuve, même sous la direction d’Arnaud Montebourg à Bercy, alors qu’elle partage peu d’atomes avec la gauche du PS.

Avec Fleur Pellerin, le profil de la rue de Valois change du tout au tout. Si Aurélie Filippetti a su manœuvrer dans le monde des artistes mais s’est vite perdue sur le numérique, celle qui prend sa suite connaît surtout celui des chefs d’entreprise, qu’elle a fréquentés comme ministre déléguée aux PME et à l’Economie numérique (de 2012 à avril 2014), avant le Commerce extérieur, où elle a défendu jusqu’en Californie les entreprises de la «French Tech». Elle devra donc corriger ce profil de «grosse tête de Bercy» pour apprendre à parler musées et intermittence. Mais on l’a aussi vue un jour se déchaîner lors d’un concert du groupe de rock pour adolescents Shaka Ponk dans un Bercy bondé, tout reste donc possible.

 

 

Sophian FANEN et Elisabeth FRANCK-DUMAS pour Libération

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Garcia Lorca, poésie pure avec Yerma

Garcia Lorca, poésie pure avec Yerma | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Daniel San Pedro met en scène la pièce du dramaturge espagnol. Dans le rôle-titre, l'exceptionnelle Audrey Bonnet.

Il faut une lumière particulière pour que la poésie de Federico Garcia Lorca parvienne aujourd'hui dans toute sa puissance. Il faut une traduction fidèle à ce qu'il y a de fleuri dans sa langue, de tendre, de sentimental. Il faut conserver ses couleurs, mais il ne faut pas que ces couleurs composent un chromo. Les blés mûrs et les roses séchées, la laine jaune de suint des moutons que l'on vient de tondre, les caillasses rouges, la poussière, les crucifix et les cérémonies païennes sont à fleur de plateau dans cette belle mise en scène de Yerma. Le poème dramatique qui forme avec Noces de sang et La Maison de Bernarda Alba une trilogie puissante, composée entre 1933 et 1936, nous est offert selon une esthétique extrêmement intelligente: scénographie, vidéo, lumières, costumes, tout ici participe d'une vision presque naïve - sinon «sulpicienne» - de ce monde agreste, catholique, rigide, silencieux, vision continûment et subtilement subvertie: la sauvagerie de ce monde, sa violence, son paganisme explosent. C'est magnifique.

Daniel San Pedro qui interprète Jean, le mari de l'héroïne, signe un texte beau et éloquent sur lequel il appuie sa mise en scène délicate et très bien menée. Il s'est entouré de fortes personnalités, telles Hélène Alexandridis, Claire Wauthion, Yaël Elhadad, réuni des jeunes doués, Aymeline Alix, Juliette Léger. Victor, celui dont on ne sait pas tout, c'est Stéphane Facco, intense et fuyant en même temps. Face à lui, Daniel San Pedro, en époux taciturne à qui la société délègue le devoir de représenter toute virilité, tout pouvoir, est un personnage qui ne veut pas comprendre.

Lande désertique

L'argument de la tragédie est simple: la jeune femme qu'a épousée Jean passe pour stérile. Un malheur dans ce ­monde. Lorca la nomme Yerma, prénom de son invention calqué sur yermo, lande désertique.

Désert de l'amour, solitude. Souvent, Yerma est seule. Elle n'a personne à qui parler, personne à qui se confier vraiment. Elle est rejetée. Elle est tellement prisonnière de la société qu'elle ne peut pas admettre que Jean soit en cause. Elle tente de survivre. Qu'elle échange quelques mots avec un autre homme, et des sentiments violents se déchaînent comme vent mauvais sur terre aride.

S'il parle de la société andalouse des années 1930, Lorca est un si grand artiste qu'il touche à l'universel. Il est un écrivain audacieux, qui juxtapose les dialogues et les fragments de poésie pure, comme on dit «flamenco puro». Difficile à représenter, difficile à jouer car il y a, en plus, toujours chez Lorca le souvenir du théâtre de marionnettes.

Le metteur en scène n'en fait pas un secret: il n'aurait jamais monté Yerma sans Audrey Bonnet. Cette artiste unique, à la grave beauté et à l'intelligence lumineuse, irradie à la fois le mystère, la souffrance et la lumière de cette héroïne en laquelle Federico Garcia Lorca se reconnaissait. Vulnérabilité d'enfant et douceur vénéneuse, soupirs de la sainte et cris de la fée s'unissent en elle. La voix dit l'être insaisissable. Une fascinante incarnation de la poésie même.

 

Armelle Héliot pour Le Figaro, novembre 2013

 
more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Le cheval-dragon Long Ma, dernier-né des Machines de l’île à Nantes

Le cheval-dragon Long Ma, dernier-né des Machines de l’île à Nantes | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Il s'appelle Long-Ma. C'est un grand cheval-dragon métallique né de l'imagination de François Delarozière et de son équipe des Machines de l'ïle à Nantes. Cadeau de la France à la Chine il partira fêter les 50 ans de l'amitié franco-chinoise à Pékin en octobre. En attendant il a fait ses premiers pas dans les rues nantaises. Un spectacle dont on ne se lasse pas.
more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Faits (Fragments de l'Iliade) / Daniel Jeanneteau - YouTube

Du 8 au 11 septembre aux Subsistances, dans le cadre de la Biennale de la Danse 


Dans un univers ocre, minéral et apocalyptique, Daniel Janneteau a imaginé un dispositif exceptionnel. Le danseur et les comédiens se déplacent dans une immense plaine embrumée, au milieu de blocs de béton et de tas de gravats. Le public et l’action évoluent au cœur de cette zone de combat.

 

Le metteur en scène a choisi ce passage de l’Iliade, lorsque Homère fait se rencontrer Priam et Achille : un vieillard et un jeune homme, deux opposés, deux ennemis maximums. Pour faire ressortir l’intimité et la poésie de cette rencontre, il utilise en contrepoids la violence du texte pour décrire l’action des armes sur le corps. Dans cet échange complexe de gestes et de mots émerge une forme de danse.

 


Avec Laurent Poitrenaux, Gilbert Caillat, comédiens

Thibaut Lac, danseur

Mise en scène Daniel Jeanneteau

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Dans les rues d'Aurillac, scènes de lutte contre la convention Unedic

Dans les rues d'Aurillac, scènes de lutte contre la convention Unedic | Revue de presse théâtre | Scoop.it

A Aurillac, l'appel à la manifestation contre l'accord sur l'assurance-chômage du 22 mars dans le cadre de la 29e édition du Festival international de théâtre de rue a rassemblé près de 2 000 personnes, selon la préfecture, entre 3 000 et 5 000 selon la CGT, vendredi après-midi dans les rues de la ville.

La manifestation, programmée par la CGT Cantal en amont du festival, avait été annoncée par 12 000 tracts distribués au public, demandant l'abrogation de l'ensemble de la nouvelle convention Unedic, sans se limiter aux annexes 8 et 10 des intermittents du spectacle. Thierry Bonhoure, secrétaire général de l'Union départementale CGT du Cantal, insistait vendredi : « Ce n'est pas une manifestation des intermittents, mais un appel à tous les salariés pour lutter contre la précarité des chômeurs. »

Le cortège de manifestants, réunissant « des intermittents du spectacle, mais aussi des salariés d'Aurillac et des gens du public », est parti vers 13 heures du sud de la ville, avant de terminer devant la préfecture, selon le représentant syndical. « On était tous solidaires contre l'attaque des droits sociaux que constitue la nouvelle convention de l'assurance-chômage et sur la nécessité d'une riposte commune », a précisé de son côté Loïc Canitrot, membre de la coordination des intermittents et précaires et de la CGT-Spectacle.

 

Laure Andrillon pour le Monde du 24 août


CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

"Savoir enfin qui nous buvons"de et par Sébastien Barrier

"Savoir enfin qui nous buvons"de et par Sébastien Barrier | Revue de presse théâtre | Scoop.it

19 heures : Sébastien Barrier

Ne demandez pas la durée du spectacle. Il est «  possiblement sans fin  » dit le programme officiel. Ce n’est pas tout à fait une blague  : le spectacle dure au minimum quatre heures et, selon les soirs, l’humeur, la forme, peut se prolonger encore deux heures de plus. Ce qui n’est pas sans risque pour Sébastien Barrier, seul en scène, qui n’a que son bagout pour raccrocher les wagons. Le sujet, le bien boire (ce qui n’exclut pas le trop picoler), a de quoi faire saliver bien des gosiers et le titre du spectacle s’avère bien choisi  : « Savoir enfin qui nous buvons ».

Un verre estampillé du titre du spectacle nous accueille à l’entrée, on dégustera au cours de la soirée les vins de vignerons ligériens de Nantes à Cheverny, des vins bien «  jolis  », bien bios et bien «  dynamiques  », des vins d’amoureux de la terre. L’un d’entre eux a commencé dans un productiviste Muscadet avant de foutre tout par terre, d’autres sont arrivés là presque par hasard. Ils ont pour noms Pascal Potaire et Moses Gadouche, Marc Pesnot, Noëlla Morantin, Thierry et Jean-Marie Puzelat, Agnès et Jacques Carroget, Jérôme Lenoir, Agnès et René Mosse. Tous vont désormais dans le même sens, celui des vins propres.

Des amitiés voire des amours et des rivalités se sont nouées entre eux, entre eux et Sébastien Barrier et c’est d’abord cela que raconte l’acteur quand il ne raconte pas sa vie au rythme de ses cuites ou ne prend pas sa guitare (le musicien en lui n’atteint pas le mollet de l’infini diseur qu’il est avant tout). Les vraies partenaires de l’acteur, buveur et cracheur de mots, ce sont d’abord les bouteilles dressées sur un piédestal en forme d’autel au bois chatoyant construit tout spécialement par un menuisier ami. Des photos de vignerons soutiennent le propos autant que les breuvages qui nous sont versés au fil de la soirée.

Sébastien Barrier aime le vin, aime boire, et aime plus encore la convivialité et la complicité que l’alchimie du bon vin et du plaisir à boire apporte à l’être humain. Mais, ne vous détrompez pas  : même à jeun, cet homme est intarissable. Dès qu’il ouvre la bouche, il faut compter au bas mot une heure trente chrono avant qu’il ne la referme. Un moulineur de paroles hors pair où la digression, le coq à l’âne et même à l’âme ont tous les droits. Cela vous enveloppe. Cela peut aussi vous bercer, voire vous endormir comme un moteur qui ronronne. A la fin, en guise de bon souvenir, le verre vous est offert.

 

Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" sur Rue 89

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Pont-à-Mousson (54) : même pas peur de La Mousson d'été

Pont-à-Mousson (54) : même pas peur de La Mousson d'été | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La peur engendre des réactions théâtrales, qui vont de la paralysie à l’hystérie.

Avec un peu de recul, cela devient comique ou consternant, nous dit le fondateur et directeur artistique de La mousson d'été, Michel Didym, La peur est en train de prendre une place de plus en plus importante dans notre vie. Elle envahit la politique, la vie quotidienne et la vie culturelle, ajoute-t-il. De façon insidieuse elle s’installe dans les pensées et les comportements et provoque l’irrationnel, la crainte de l’autre et le rejet de la différence avec son cortège de brutalité et de désespoir.

A La mousson d'été, le théâtre vivant se nourrit de ces sentiments et les révèle.


La mousson d'été

Dirigée depuis 20 ans par le comédien et metteur en scène de théâtre Michel Didym, La mousson d'été s'attache aux liens entre écriture et théâtre contemporain autour de lectures et divers spectacles, mais aussi d'ateliers ouverts à tous.


L'université d'été

Fondée par Michel Didym, l’Université d’été est un dispositif pédagogique spécifiquement greffé sur la manifestation de La mousson d’été. Sous forme
d’ateliers matinaux, cette formation offre à 70 personnes venues de toute l’Europe la possibilité d’une formation in situ de se trouver dans ce carrefour
de l’écriture théâtrale et d’en devenir acteur.

Plus d'informations sur le site de la Mousson d'été 


Paru sur le site de France3 Lorraine

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

La culture, ce n’est pas que de l’art

Tribune, par Fabrice Raffin, maître de conférences à l'Unibersité Jules-Verne d'Amiens, parue le 13 août 2014 dans Libération

 

Dans le rejet actuel du politique, lisible dans le vote extrémiste ou l’abstention, il y a, parmi les classes «populaires», un sentiment de domination et d’impuissance qui concerne aussi les politiques culturelles. Ceux que l’on appelle les «professionnels de la culture» ont l’impression de représenter l’intérêt culturel des populations, ce qui n’est pas tout à fait le cas. Par ailleurs, les pratiques soutenues par les politiques culturelles sont principalement celles portées par ceux capables de se faire entendre, le plus souvent les classes moyennes supérieures. Elles ont bien sûr raison de le faire, comme il faut affirmer ici l’intérêt d’un soutien à l’art et reconnaître la qualité du travail des professionnels de la culture. Cependant, bien souvent, sous couvert «d’universalisme», ces acteurs définissent eux-mêmes une «bonne culture» qui est en fait la leur. Se battant contre un élitisme culturel, ils en reconstruisent un autre sans toujours en avoir conscience. Ce qui frappe également est leur faculté à ne pas reconnaître digne d’intérêt véritable des pratiques culturelles majoritaires ancrées dans les populations : fanfares, clubbing, musiques amplifiées, cirque, théâtre mais dans leurs versions populaires, chant, slam, jeux vidéos, cosplay, comics, mangas, bref, les cultures banales mais essentielles de millions de personnes.

Lorsque l’on observe le décalage entre ces pratiques culturelles variées et l’offre publique une question est rarement posée : la culture pour quoi faire ? Le politique répond aujourd’hui de deux manières. Depuis 1959, prédomine la logique de démocratisation culturelle avec le «supplément d’âme» (1) comme leitmotiv. La culture renvoie ici à des valeurs sacrées, à l’intemporel, à l’universel. Cette logique, portée par le ministère de la Culture, valorise tantôt les œuvres majeures de l’histoire de l’art, tantôt des formes contemporaines reconnues par les professionnels, formes qui, à terme, ont vocation à intégrer l’histoire de l’art. Au tournant des années 80, Jack Lang a dédoublé cette politique par la notion de démocratie culturelle, pour tenter un rapprochement avec les pratiques de terrain. Trente-trois ans plus tard, cette politique censée reconnaître la diversité des formes culturelles se présente plutôt comme leur appropriation par les professionnels et leurs publics et l’entrée de ces pratiques dans les mondes de l’art. Un processus «d’artistisation» comme en témoigne l’usage récurrent du terme «art» à leur endroit : arts du cirque, arts de la rue, 9e art pour la BD, la danse hip-hop étant passée à la danse contemporaine, le graph à l’art urbain.

Si ce renforcement artistique de pratiques «indigènes» me ravit et ravit les classes dominantes, les sens initiaux des pratiques populaires n’ont pas disparu mais les politiques publiques l’ignorent avec force. Sauf pour les «élus» de la «professionnalisation», ce processus est vécu par les publics de ces formes culturelles comme une dépossession. Pour être financés, les projets culturels doivent respecter une qualité artistique parfois en contradiction profonde avec leur sens initial, forme de nouvel académisme, selon une qualité esthétique toujours liée à la logique du supplément d’âme, lui-même indexé sur l’histoire de l’art.

D’un autre côté, le politique répond à la question de l’utilité de la culture d’une manière plus instrumentale, selon une triple injonction soulignée par Philippe Chaudoir : développer les territoires, communiquer pour se positionner par rapport à d’autres territoires, construire de la «cohésion sociale». Ces orientations, soutenues par les collectivités territoriales, sont simultanées aux processus de décentralisation et d’affaiblissement de l’Etat depuis les années 80. Ces politiques ont conduit au soutien de formes artistiques moins «établies». Néanmoins, portées par des professionnels qui y ont trouvé une manne financière, les formes diffusées, à de rares exceptions, relèvent de la même logique «d’imposition extérieure» aux habitants.

Depuis plus de vingt ans, mes recherches sur les pratiques culturelles montrent cependant que, pour des millions de personnes, la culture est quelque chose à la fois de plus essentiel et de plus simple. D’une part, la culture ne se réduit pas à l’art. D’autre part, elle existe en dehors de toute institution. Enfin, il n’existe pas de groupe social qui ne développe ses propres pratiques. La culture emprunte des sens et des chemins plus prosaïques. Ils se construisent dans la proximité et la quotidienneté, par rapport aux parcours des individus : mon groupe social ou générationnel, ma région, ma ville, un problème qui me préoccupe. Un morceau de musique, un film, un spectacle jouissent d’un statut particulier pour leurs publics, rarement le même : esthétique toujours, mais également, alternativement ou simultanément, festif, ludique, économique, politique, éducatif, religieux, urbain, etc. Une dimension esthétique qui transforme un moment selon des sens plus ou moins nobles ou frivoles.

 

Nous sommes loin de la culture prescrite par l’offre publique (principalement l’art), voire imposée (à l’école notamment) et finalement subie. Alors que Malraux affirmait que «si la culture existe, ce n’est pas du tout pour que les gens s’amusent», il semble bien que parmi nos contemporains son sens ludique soit très répandu. Il ne s’agit pas de dire ici que tout se vaut en matière culturelle. Il s’agit au contraire d’affirmer que rien ne peut se valoir à partir du moment où est reconnue la diversité des sens des pratiques culturelles. Et d’affirmer que le modèle artistique des professionnels de la culture impose un usage social dominant de la culture mais qu’il en existe une infinité d’autres, chaque jour réinventés par chaque groupe social. S’il convient de continuer à soutenir les formes de la grandeur artistique de demain, reconnaître et laisser vivre les cultures du quotidien de la majorité des populations est une urgence démocratique.

 

(1) «Les deux sources de la morale et de la religion», Henri Bergson, Flammarion, 2012.

Par Fabrice Raffin Maître de conférences, université de Picardie-Jules-Verne

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

A Nexon, le spectacle jongle avec la réflexion

A Nexon, le spectacle jongle avec la réflexion | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Arts. Le festival limousin la Route du sirque valorise des compagnies engagées et avant-gardistes.

 

Des balles volantes et de la poésie du mouvement. La commune de Nexon (Haute-Vienne) accueille le festival la Route du sirque, organisé par le Pôle national des arts du cirque en Limousin. Pas de faute d’orthographe ici : un cirque avec un «s», parce que surprises et approche plurielle des arts du spectacle. Au programme, beaucoup de jonglerie, avec notamment le papa du renouveau de cet art en Europe, Jérôme Thomas. Et du jazz manouche, des expos…

«Ecriture». Bordé par le parc naturel régional Périgord-Limousin, ce rendez-vous n’est pas un simple rassemblement de troubadours aux idées libertaires sous un chapiteau éclairé par des lampions. Il est un laboratoire d’idées, labellisé par le ministère de la Culture depuis la création du festival en 2001.

L’histoire du Pôle national des arts du cirque remonte plus loin : il est créé en 1986 sur l’impulsion d’Annie Fratellini qui, cherchant un lieu pour entraîner sa troupe l’été, a été séduite par le domaine du château de Nexon. Dans les années 90, Marc Délhiat et Guiloui Karl prennent le relais. En plus d’un centre artistique permanent, ils créent des rencontres cinématographiques qui vont se transformer au fur et à mesure en un festival populaire avec des performances bien réelles.

L’édition 2014 marque l’arrivée d’un nouveau directeur : Martin Palisse, nommé en janvier à la tête du pôle national. L’homme arbore une multitude de chapeaux de clown. Artiste jongleur, il est également metteur en piste (ne pas confondre avec metteur en scène) et fondateur de la compagnie du Cirque Bang-Bang en 2000 avec sa compagne Elsa Guérin. La compagnie bénéficie d’une renommée internationale grâce à des spectacles comme Post.

Martin Palisse, 33 ans, fait partie de ces gens qui voient la discipline au-delà de son aspect purement récréatif : «Le cirque doit être au service des œuvres dramatiques. Il faut une véritable écriture derrière un spectacle.» Le nouveau directeur ne renie pas pour autant les origines :«Bien sûr, le cirque est un art de la sensation. Mais je souhaite que le public puise de la réflexion dans ce que nous faisons.»

Volonté. Précédemment, la programmation était plus éclectique afin d’attirer du public et dresser un panorama multidisciplinaire du monde du cirque. Martin Palisse souhaite pour sa part insuffler de la nouveauté à Nexon en misant sur l’avant-gardisme : «Ma direction artistique, c’est un cirque public, engagé et accessible à tous. Mais il ne faut pas non plus tout casser d’un coup ! On travaille avec un public essentiellement rural, et le changement doit certes se voir, mais surtout être apprécié et accepté par les spectateurs. C’est une révolution à pas de velours.» Pas de précipitation donc, mais une volonté politique bien présente dans les propos du jongleur sur le cirque actuel. «Aujourd’hui, on a une division flagrante entre les artistes qui sont dans une logique de performance, et ceux dans une recherche de création. C’est facile de faire trois saltos pour épater la galerie, mais moins aisé d’être dans la réflexion», explique-t-il.

 

Lise MÉNALQUE pour Libération du 13 août


La Route du Sirque Nexon (87). Du 15 au 23 août. Rens. : 05 55 00 98 36 ou www.cirquenexon.com

more...
No comment yet.
Rescooped by Le spectateur de Belleville from politiques culturelles
Scoop.it!

La notion de service public culturel ?

La notion de service public culturel ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Pompougnac Obs42

Via Jean-Claude Pompougnac
more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon

Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon avec Olivier Py.
more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Henry VI : Cri Silencieux - Un intermède militant

Intermède militant pendant l'intégrale d'Henry VI. Pour une fois, ni avant le début, ni après les saluts, mais au bout de six heures de représentation...

 

Henry VI de William Shakespeare, mise en scène et scénographie Thomas Jolly - Assistanat à la mise en scène Alexandre Dain Collaboration à la dramaturgie Julie Lerat-Gersant

 

Comédienne des intermèdes, rhapsode : Manon Thorel.

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Festival d'Avignon. Du côté du Off

Festival d'Avignon. Du côté du Off | Revue de presse théâtre | Scoop.it

"Selma" au Grenier à Sel, "Oblomov" à la Caserne des pompiers et "Ay Carmela," à la Bourse du travail... Les trois derniers coups de cœur de notre envoyé spécial au Off du Festival d'Avignon. -


See more at: http://www.humanite.fr/festival-davignon-du-cote-du-548175#sthash.eii3psF8.dpuf

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Judith Magre, souveraine de la scène

Judith Magre, souveraine de la scène | Revue de presse théâtre | Scoop.it
RENTRÉE THÉÂTRALE 3/8 - La comédienne est à l'affiche des Combats d'une reine, d'après les écrits de Grisélidis Réal à la Manufacture des Abbesses.

 

Chez elle, au coeur du VIème arrondissement, entre Odéon et Luxembourg, il y a toujours une pile de manuscrits sur le piano. Judith Magre est une comédienne très demandée et jeunes réalisateurs comme metteurs en scène expérimentés, la sollicitent souvent. Judith Magre adore les aventures nouvelles. Elle s'enflamme, elle s'embarque. Elle n'aime pas l'inactivité. Elle aime jouer, partager. Le public ne s'y trompe pas, qui lui fait des triomphes et l'aime.

En ce début de saison 2014-2015, Judith Magre est à l'affiche d'une pièce qui s'intitule Les Combats d'une reine. Il s'agit d'un montage de textes choisis par Françoise Courvoisier, qui signe également la mise en scène du spectacle, textes extraits d'écrits d'une femme pas comme les autres, Grisélidis Réal.

 

Armelle Héliot pour Le Figaro

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

« Bettencourt Boulevard ou Une histoire de France », de Michel Vinaver, va paraître chez L’Arche éditeur le 3 septembre 2014 (annonce)

« Bettencourt Boulevard ou Une histoire de France » de Michel Vinaver 

En librairie, le 3 septembre 2014

Collection « Scène ouverte »

136 pages

13 euros

I.S.B.N. 978-2-85181-848-5

Diffusion Actes Sud


Cette pièce dont le sujet est tiré de l’actualité la plus brûlante rassemble, chemin faisant, les éternels composants des légendes et des mythes. Les auteurs de la Grèce ancienne faisaient parfois intervenir, pour clore leurs pièces, un dieu ou une déesse. Dans le cas de l’affaire dite Bettencourt, l’issue, incertaine, est dans les mains de l’appareil de justice auquel s’adjoignent les ressources de l’expertise médicale.

Ce qui intéresse Michel Vinaver est son présent mais aussi son passé, ses racines dans l’histoire de France des cent dernières années et ses prolongements où l’intime, le politique et l’économique se mêlent indissolublement. Le comique sans cesse affleure, mais tout autant le tragique, dans la chaîne d’épisodes de cette saga passionnante : ceux et celles qui ont fait la une des journaux, que nous avons entendus à la radio ou vus à la télévision, défilent sur scène –un peu comme à l’époque de Shakespeare, quand celui-ci constatait que le monde est une scène dont nous sommes les acteurs et les spectateurs.

De quel côté nous trouvons-nous ?

 

Michel Vinaver :

Né en 1927 à Paris. Il est d’abord romancier avec Lataume etl’Objecteur publié en 1950 et 1951 chez Gallimard. Entre 1953 et 1980, il est cadre supérieur, puis directeur général de Gillette. Il mènera son activité de cadre et celle d’écrivain de front. Sa première pièce,les Coréens, est créée en 1956 par Roger Planchon. D’autres pièces  Par-dessus bord, la Demande d’emploi, les Travaux et les Jours, 11 septembre 2001 – et d’autres grands metteurs en scène (Antoine Vitez, Jacques Lassalle, Alain Françon…) suivront.

Il a également adapté de nombreux auteurs classiques ou contemporains : Sophocle, Euripide, Shakespeare, Dekker, Gorki, Erdman ou encore Botho Strauss.

De 1982 à 1991, il est professeur dans les départements d’études théâtrales de Paris‑III puis Paris‑VIII. En 2012, il publie sa correspondance avec Albert Camus, des lettres échangées entre 1946 et 1957 sur, notamment, le thème de l’engagement.

Le dramaturge-écrivain a reçu en 1950 le prix Fénéon, en 2004 le prix S.A.C.D. et en 2006 le grand prix du Théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

 

 

Recueilli par  Les Trois Coups


CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE DANS SON SITE D'ORIGINE "LES TROIS COUPS"

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Intérieur - Journal La Terrasse

Intérieur - Journal La Terrasse | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Un peu moins de 30 ans après avoir créé Intérieur au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, Claude Régy revient à la pièce de Maurice Maeterlinck. Il dirige les comédiens japonais du Shizuoka Performing Arts Center dans une nouvelle exploration des frontières entre la vie et la mort.


Entretien paru dans La Terrasse de septembre


Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat



CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Lettre ouverte d'Aurélie Filippetti à François Hollande et Manuel Valls (lundi 25 août 2014)

Lettre ouverte d'Aurélie Filippetti à François Hollande et Manuel Valls (lundi 25 août 2014) | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Quelques heures à peine après la démission du gouvernement, et l'annonce de la formation d'une nouvelle équipe mardi, la ministre de la culture détaille dans une lettre ouverte publiée par « Le Monde » , les raisons de son départ.
more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Livres, revues et DVD, actualité des publications théâtrales

Livres, revues et DVD, actualité des publications théâtrales | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Livres, revues et DVD... La chronique d'août de Théâtre du blog

 

 

 

Anna Halprin Danser sa vie

 

Carnets d’artiste  1956-2010 de Philippe Avron


Le Tartuffe,  revue, n°3


Montaigne, Shakespeare et moi de et Par Philippe Avron, image et réalisation de Jean-Michel Carasso.



Ce DVD-ROM a été réalisé par Peter Hulton qui, à l'occasion de la sortie du livre d'Anna Halprin, la grande chorégraphe et théoricienne de la danse américaine née en 1920,  Mouvements de la vie,  a filmé un atelier de deux jours qu'elle a réalisé en janvier 2010 à Paris et que publient aujourd'hui les éditions Contredanse. Avec des questions pour elle, fondamentales, à sxavoir le sens de la danse. " J'ai un point de vue sur la danse, avait-elle précisé, En cinq minutes, elle a résumé comment elle concevait la danse: une science, une philosophie et un art". Ce DVD interactif comprend un certain nombre de mots-clés qui comprennent l'enregistrement de  l'atelier donné à Paris, les étapes de sa vie et ses feuilles de route. mieux vaut déjà connaître l'itinéraire  d'Anna Halprin qui abandonna la modern dance telle que la concevait Martha Graham ou Doris Humphrey ou Charles Weidman [...]

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Théâtre de rue : 24 heures non-stop au festival d’Aurillac - Rue89

Théâtre de rue : 24 heures non-stop au festival d’Aurillac - Rue89 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L’avenir du théâtre de rue est-il aux compagnies qui se lèvent tôt  ? C’est ce que tend à prouver cette 29e édition du Festival d’Aurillac au commencement et au terme d’une folle journée de ce festival qui en compte quatre et qui comme à chaque fois, concentre en quatre jours des centaines de propositions. Celles choisies et limitées (une grosse vingtaine) du festival officiel et celles (innombrables) et non choisies (premier demandeur, premier servi) des compagnies de passage dont l’accueil et l’emplacement (gratuit) sont gérés par l’équipe du festival (un anti « off » avignonnais en quelque sorte). C’est parti.

 

8h50 : Opéra Pagaï

 

 

Le rendez-vous est devant le théâtre d’Aurillac, mais on n’y entrera pas. Opéra Pagaï, l’une des meilleures compagnies de théâtre de rue, comme elle ne va pas tarder à le prouver encore une fois, n’apprécie guère les lieux confinés, ce qui ne l’empêche pas de travailler au corps l’intimité. Le secret des êtres derrière des rideaux, des vitres d’un quartier pavillonnaire ( « Safari intime »), ou au cœur de la cité, sur la place d’une ville comme c’est le cas pour leur nouvelle création «  Cinérama  ». Non loin du théâtre, c’est à une terrasse d’un café que l’on est invité à s’assoir, place de l’hôtel de ville. Un café, des oreillettes pour chacun et le spectacle commence.

Spectacle  ? Les passants de la place n’y voient que du feu. Sans doute certains habitués s’étonnent-ils de voir une terrasse de café si pleine à 9 heures du matin alors qu’il fait un rien frisquet, mais aucun ne remarque à la terrasse d’en face, celle du café L’Epilogue (c’est bien le nom du café) un homme et une femme dans les 35 ans qui discutent. Or cela, nous, nous l’entendons dans nos oreillettes.

L’homme et la femme sont attablés autour d’un projet de scénario qui n’avance pas, alors ils ont une idée lumineuse  : et si tout se passait ici, sur cette place ? Tiens, cet homme qui passe là et qui ressemble à Al Pacino (et hop ! On envoie en sus dans les oreillettes la musique du «  Parrain  »), appelons-le Mario, il est au chômage mais il a un projet de petite entreprise, il doit aller chercher son fils à l’école… propose le scénariste qui lui-même a un fils du même âge, semble-t-il. La scénariste, qui vit des amours compliquées avec un certain Fred (qui se révélera être un flic trempé dans la scoumoune) et qui n’a pas encore d’enfant, n’est pas toujours d’accord avec son acolyte scénariste, ce qui nous vaut à vue de savoureux retours en arrière.

Le scénario que l’on voit s’inventer à vue s’offre, en effet des repentirs, propose plusieurs pistes avant d’en choisir une. Apparaîtront différents passants qui le resteront pour la foule de la place de l’hôtel de ville mais se révèleront être pour nous, qui les entendons ou entendons les scénaristes parler d’eux, des personnages.

 

 

Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" sur Rue 89

 

 

 CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

L’Arche : Le théâtre, c’est (dans ta) classe ! | Théatres.com

L’Arche : Le théâtre, c’est (dans ta) classe ! | Théatres.com | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Chronique d'un recueil de trois pièces sur l'adolescence. Auteurs : Arnaud Cathrine, Fabrice Melquiot et Valérie Poirier.

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Au théâtre Maxim Gorki de Berlin, l'immigration comme terreau artistique

Au théâtre Maxim Gorki de Berlin, l'immigration comme terreau artistique | Revue de presse théâtre | Scoop.it
ière Spree Johannes Eisele  /  AFP/Archives

Avec la première directrice d'origine turque en Allemagne, le théâtre berlinois Maxim Gorki s'est reconverti en tribune privilégiée pour les Allemands issus de l’immigration, avec un répertoire largement consacré aux problèmes de l’intégration.

Shermin Langhoff, qui a grandi en Turquie jusqu'à l'âge de 9 ans avant de rejoindre sa mère à Nuremberg (sud), dirige depuis septembre le Maxim Gorki, situé au coeur de la capitale allemande, sur la grande avenue Unter den Linden.

Cette ancienne collaboratrice du réalisateur germano-turc Fatih Akin (connu notamment pour ses films "Head On" ou "Soul Kitchen") a donné un nouveau souffle à cette scène traditionnelle berlinoise, qui fut l'un des grands théâtres de la RDA communiste aux côtés du Berliner Ensemble de Bertolt Brecht et de la Volksbühne.

"Le théâtre allemand change et doit changer car l'Allemagne change. Et je trouve que cela va de soi que les immigrés, peu importe s'ils vivent depuis 60 ans en Allemagne ou s'ils sont arrivés il y a 6 minutes, contribuent à ce changement", explique Mme Langhoff dans un entretien à l'AFP.

"C'est grâce à Langhoff que le théâtre 'post-migrant' a acquis une certaine notoriété en Allemagne. Il était jusqu'ici à la traîne par rapport à d'autres pays européens, comme la Grande-Bretagne, dont la population d'origine étrangère est bien plus importante", constate Matthias Warstat, spécialiste du théâtre de l'Université Libre de Berlin.

Avant le Gorki, Mme Langhoff dirigeait un théâtre à Kreuzberg, quartier berlinois surnommé "la petite Istanbul", en raison de sa forte population turque.

- Acteurs immigrés de première génération -

Comme beaucoup de scènes allemandes, le Gorki dispose d'acteurs et de metteurs en scène permanents. Mais avec sa particularité: sur les 17 acteurs de la troupe, 12 sont des immigrés de première ou deuxième génération.

"Nous sélectionnons des acteurs qui savent non seulement jouer des scènes classiques, mais qui peuvent aussi apporter dans les projets leur propre histoire et expériences", explique Shermin Langhoff.

Parmi les pièces jouées, "Verrücktes Blut" --sang fou-- inspiré du film "La journée de la jupe" du Français Jean-Paul Lilienfeld, racontant l'histoire d'un professeur de collège en zone difficile --joué à l'écran par Isabelle Adjani-- qui prend en otage une partie de sa classe après avoir découvert un pistolet dans le sac d'un élève.

"J'y joue un rôle qui n'est pas différent de ce que j'ai vécu à l'école", raconte Tamer Arslan, jeune acteur du Gorki, né en 1986 dans une famille turque à Berlin. "L'arme mise à part, j'ai vécu toutes les scènes que nous montrons. Nous étions tout aussi insolents avec les profs", se rappelle-t-il.

 

 

 

AFP, article parue dans La Dépêche

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Bussang, l'esprit de la forêt des Vosges

Bussang, l'esprit de la forêt des Vosges | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Créé par Maurice Pottecher il y a cent dix-neuf ans, dirigé par Vincent Goethals, le Théâtre du Peuple propose des spectacles exigeants et fédérateurs, avec amateurs et professionnels. Une scène unique au monde.

 

 

Dehors, la nuit est tombée. Dans l'est de la France, au cœur de la forêt vosgienne, le soleil disparaît assez tôt derrière les vallons boisés que la lune éclaire. Au Théâtre du Peuple, la représentation du spectacle du soir se termine. La jeune héroïne de Catalina in fine de Fabrice Melquiot, interprétée par la formidable Valérie Dablemont, parle de ce kaléidoscope qui la fait rêver et, tournant le dos au public, remonte vers le haut du large plateau, tout illuminé de couleurs et d'images géométriques… Et soudain, on comprend! Le mur du fond est ouvert, et ce kaléidoscope, c'est la forêt, transfigurée par l'art de Pierre Lemoine et Philippe Catalano.

Sous son parapluie transparent, l'adolescente grimpe à flanc de colline, se recroqueville sous un arbre magique, tandis qu'en bas son vieux maître de l'usine, Honorin, que compose avec grâce Marc Schapira, soupire auprès des machines dignes d'un roman de Jules Verne et que le Prince pas charmant de Clément Goethals sèche ses larmes.

Les applaudissements crépitent, les bravos fusent. Le public est ravi. C'est la fin d'une belle journée dans l'un des lieux les plus originaux du monde, un lieu où le public, depuis près de cent vingt ans, vient chaque été à la découverte de spectacles joués, selon la tradition, par des comédiens professionnels et des amateurs.

Plus tôt dans l'après-midi a eu lieu la représentation de Small Talk de la Québécoise Carole Fréchette, un texte écrit spécialement pour Bussang à la demande de son directeur et metteur en scène des deux productions, Vincent Goethals.

Pour ce spectacle aussi, la règle a été respectée: le mur du fond s'est ouvert, après que, clin d'œil malicieux du scénographe Jean-Pierre Demas, une forêt de théâtre est apparue, avant de laisser place à ce paysage éternel et magique de la «vraie» forêt.

 

Armelle Héliot pour Le Figaro

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Avignon/ Bilan du In: "300 000 € de pertes mettent l'édition 2015 en péril"

Avignon/ Bilan du In: "300 000 € de pertes mettent l'édition 2015 en péril" | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les intempéries et les grèves ont mis à mal les recettes de cette 68e édition avec une perte financière de 300 000 €. "Si l'Etat ne prend pas ses responsabilités, nous aurons une édition 2015 de 15 jours"

 

Compte-rendu de Noëlle Réal pour le site AVI

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

 

La vidéo intégrale de la conférence de presse du 26 est ici : http://www.theatre-video.net/video/Premier-bilan-de-la-68e-edition-du-Festival-d-Avignon

 

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Les Inrocks - "Un Mariage de Maria Braun" palpitant signé Thomas Ostermeier

Les Inrocks - "Un Mariage de Maria Braun" palpitant signé Thomas Ostermeier | Revue de presse théâtre | Scoop.it
À la fois dense et fluide, cette adaptation du chef d’œuvre de Rainer Werner Fassbinder est menée avec brio par des acteurs impeccables dont la merveilleuse Ursina Lardi dans le rôle de Maria

 


“Heil.” Répété en voix-off, le mot s’étire peu à peu en un soupir languissant. Cette tonalité sensuelle teintée d’érotisme clôt la lecture de lettres adressées par des femmes amoureuses à Adolphe Hitler. C’est avec ces témoignages troublants, révélateurs de la fascination exercée par le Führer jusque dans le cœur des Allemandes, que Thomas Ostermeier ouvre son adaptation du Mariage de Maria Braun, d’après le scénario de Fassbinder. Le soupir est bientôt couvert par le bruit des bombardiers apparus à l’écran en fond de scène. En quelques traits, un contexte est esquissé. La défaite proche. Les décombres. Un pays à reconstruire. Quand Maria épouse Hermann Braun, les bombes pleuvent encore sur l’Allemagne. Hermann parti au front est donné pour mort. À l’avant-scène, Ursina Lardi qui interprète Maria porte un écriteau en carton avec cette phrase : “Wer Kennt Hermann Braun“.

Elle est la seule actrice du spectacle. Les autres rôles aussi bien féminins que masculins sont assumés par quatre acteurs qui ne cessent de se transformer, changeant régulièrement de costume ou se mettant une perruque. Ces transformations intempestives permettent des transitions rapides, pour ne pas dire des raccourcis. Conscient de travailler à partir d’un scénario de film, Ostermeier ne rivalise pas avec la caméra, mais invente une écriture scénique entre montage et tuilage redoutablement efficace. L’effet est d’autant plus juste que Maria doit aller vite si elle veut s’en sortir. Dans une certaine mesure on peut dire qu’elle a toujours un temps d’avance. Et il est assez intéressant de voir comment un metteur en scène qui s’est déjà penché sur plusieurs héroïnes d’Ibsen, comme la Nora de Maison de poupée ou Hedda dans Hedda Gabbler, met en lumière la personnalité de Maria.

 

Hugues Le Tanneur pour les Inrocks

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

 

 

more...
No comment yet.
Scooped by Le spectateur de Belleville
Scoop.it!

Chalon dans la rue : sur la piste de Macbeth dans la forêt de Givry

Chalon dans la rue : sur la piste de Macbeth dans la forêt de Givry | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Ouverture du festival Chalon dans la rue, sous la forme d'un jeu de piste forestier et nocturne avec "Macbeth", revu et corrigé par le théâtre de l'Unité.

 

La foi du charbonnier. C’est elle et elle seule qui tint lieu de balise, le 22 juillet lors de la générale de Macbeth par le théâtre de l’Unité, dans la forêt de Givry, à quelques kilomètres de Chalon-sur-Saône où démarre le festival Chalon dans la rue.

Le grand Will lui-même a dû présider à cette ultime répétition d’une pièce écrite uniquement dans des lieux extérieurs où Ecossais et Norvégiens se livrent bataille, puisqu’à la pluie – totalement raccord avec le climat écossais – s’ajoutait une nuit sans lune qui plongea public et comédiens dans une marche à l’aveugle le long de sentiers bordés de champignons luminescents notoirement insuffisants pour éclairer les parcours menant d’une aire de jeu à la suivante. Restaient les ombres des ramures d’arbres, les odeurs de la nuit et le sol inégal où processionnait en silence la troupe des spectateurs, munis de leurs tabourets, guidés par l’actrice Hélène de Lafond, jouant à la fois l’accompagnatrice, la diseuse de phrases sibyllines introduisant chaque station et la commentatrice avisée des scènes ou des essais de mises en scène abandonnés au cours des répétitions, au motif, vérifiable ce soir-là, “qu’on ne voit rien, de toute façon”.

Si l’on était conceptuel, on dirait qu’à l’instar du Land Art, le théâtre de l’Unité affectionne le Land Théâtre – on se souvient d’ailleurs de leur truculent Oncle Vania de Tchekhov donné dans une ferme de Fontaine, lors du festival Chalon dans la rue 2006. Mais ce serait leur coller une étiquette qui ne leur sied guère, tant leur théâtre, justement, déjoue les codes en vigueur, du théâtre de rue comme du théâtre en salle, pour affirmer tout simplement leur volonté d’aller directement au cœur du théâtre : la réunion, mutuellement consentie, d’acteurs et de spectateurs autour d’une pièce, issue ou pas du répertoire.

 Fabienne Arvers pour les Inrocks du 23 juillet 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

more...
No comment yet.