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"Dark Spring" continue au Paris-Villette !

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Pour continuer, votre soutien est nécessaire, c'est votre présence chaque soir qui permet que les représentations se poursuivent.
VENEZ VOIR, N'ATTENDEZ PAS :
RÉSERVATION - 01 40 03 72 23 - resa@theatre-paris-villette.com

 

 

La presse en parle :

"La sublime performance de Claude Degliame se donnant corps et voix à la prose sensuelle d’Unica Zürn est une leçon d’élégance qui devrait suffire à faire plier les élus parisiens et faire sortir de leur réserve les grands stratèges du ministère. Mais en attendant ces lendemains qui chantent, votre soutien est nécessaire pour acter
de la présence sans faille du public aux côtés de ces artistes qui n’abandonnent pas, ne lâchent rien et continuent si brillamment de lutter avec pour seule arme leur immense talent."

Patrick Sourd

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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL SON AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

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Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

 Les auteurs des articles et les publications sont systématiquement indiqués en fin d’article. 

 

Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

Pour suivre régulièrement l’activité de la Revue de presse : vous pouvez vous abonner (bouton vert FOLLOW) et, en inscrivant votre adresse e-mail ou votre profil Facebook,  recevoir des nouvelles par mail des publications les plus récentes de la Revue de presse

 

 

Vous pouvez aussi, si vous êtes inscrits sur Facebook, aller sur la page de la revue de presse théâtre à cette adresse : https://www.facebook.com/revuedepressetheatre

et  « liker » cette page pour être tenu à jour des nouvelles publications.

 

Vous pouvez faire une recherche par mot sur trois ans de publications de presse et de blogs théâtre, soit en utilisant la liste affichée ci-dessus des mots-clés les plus récurrents , soit en cliquant sur le signe en forme d’entonnoir - à droite de la barre d’outils - qui est le moteur de recherche de ce blog ("Search in topic") . Cliquer sur l'entonnoir et ensuite taper un mot lié à votre recherche. Exemples : « intermittents » (plus d’une centaines d’articles de presse comportant ce mot) « Olivier Py» ( près de quarante articles ), Jean-Pierre Thibaudat (plus de quatre-vingt articles),  Comédie-Française (plus de cinquante articles), Nicolas Bouchaud (seize articles), etc.

 

Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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Reprise : « Répète » au Théâtre de la Cité internationale

Reprise : « Répète » au Théâtre de la Cité internationale | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Le Monde :  

Fanny de Chaillé et Pierre Alferi reprennent, du 2 au 14 février à Paris, leur comédie conjugale malicieuse.

 

a chorégraphe Fanny de Chaillé et l'auteur Pierre Alferi proposent de nouvelles représentations de leur spectacle Répète au Théâtre de la Cité internationale, du 2 au 14 février, dans le cadre du festival Faits d'hiver.

Nous republions ci-dessous la critique parue lors de la création de ce spectacle au festival Concordan(s)e en mars 2014.

 

La chorégraphe et l'auteur présentent « Répète », une comédie conjugale malicieuse.

Les troubles merveilleux du langage lorsque rien ne va de soi, ni l'alphabet, ni le vocabulaire, encore moins la syntaxe, font bouillir les neurones de la chorégraphe et metteuse en scène Fanny de Chaillé. De plus en plus tournée vers le théâtre et la performance, elle a pris pour complices de mots croisés le dictionnaire Le Robert ou des écrivains comme Georges Perec (1936-1982) et aujourd'hui Pierre Alferi. Après une première collaboration avec Alferi pour le spectacle Coloc, petite forme en grande forme présentée au Théâtre de la Cité internationale, à Paris, du 6 au 18 février, elle vient de créer une nouvelle pièce avec lui intitulée Répète, à l'affiche du festival Concordan(s)e, qui programme quatre duos chorégraphe-auteur dans une vingtaine de lieux en France.

Assis face à face de chaque côté d'une table, Fanny de Chaillé et Pierre Alferi remettent donc le couvert en jouant le vieux couple dont la routine du quotidien est aussi celle du langage, les deux ensemble faisant le lit des scènes de ménage. Se connaître par cœur jusqu'à anticiper ce que l'autre va dire ou finir ses phrases donne lieu à une comédie conjugale réglée à la croche près qui souffle un méchant coup de froid sur la gonflette sentimentale.

Sur ce terrain, Fanny de Chaillé et Pierre Alferi se révèlent de parfaits duettistes, tirant un air plutôt drôle et acidulé. Ils renvoient aussi leur pas de deux à une partition de base commune à tous les couples que chacun s'approprie en l'ornementant à sa façon. Et c'est drôle de se voir et s'entendre (ou presque) dans les différentes situations égrenées par les deux protagonistes.

OBSESSION CLINIQUE ET LUDIQUE DU MOT

Louvoyer entre fiction et réalité, jouer pour de vrai et y croire pour de faux (ou le contraire), épaissir les lignes de vie et de répliques de mille et une associations d'idées qui se précipitent dans la tête au moment où l'on parle et agit est l'un des sports préférés de Fanny de Chaillé et Pierre Alferi dans Répète. Avec toujours cette obsession clinique et ludique du mot, de son sens et de sa matière sonore, de sa galaxie sémantique, qui fait parfois presque passer le français pour une langue étrangère.

Dans le précédent spectacle, Coloc (comme colloque ou colocation), pièce pour deux hommes, bientôt en tournée en France, Fanny de Chaillé jouait avec l'aspect visuel et plastique d'un texte d'Alferi. Sur de grands cartons, chaque phrase était déconstruite, hachée menu en phonèmes de façon à réinventer d'autres termes parfois sans queue ni tête. Style SMS tronqué, traduction phonétique ou « googlisée » jusqu'à produire une nouvelle langue alambiquée à lire à haute voix.

Coloc comme Répète sont deux performances malicieuses, faussement désinvoltes, elliptiques parce que c'est aussi entre les mots que se faufile le sens. Elles obligent le spectateur à une gymnastique mentale réjouissante, entre vérification de ses circuits linguistiques et jonglage avec son vocabulaire, sens et non-sens accolés sur les deux faces de la même médaille. Au risque de ne plus savoir ce que l'on est censé comprendre. Entre lire, dire et écouter, le langage est toujours codé.

Répète, de et avec Fanny de Chaillé et Pierre Alferi. Dans le cadre du festival Faits d'hiver. Théâtre de la Cité internationale, 17, boulevard Jourdan, Paris 14e. Tél. : 01-43-13-50-50. Du 2 au 14 février. Tarifs : de 7 à 22 euros. www.theatredelacite.com

 

 

Rosita Boisseau 
Journaliste au Monde


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/03/21/fannyde-chaille-et-pierre-alferi-jonglent-avec-les-maux-du-couple_4387112_3246.html#SqLLkqUg0mTjGe22.99

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Le théâtre est sauvage à Vidy

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La pièce de Guillaume Béguin enflamme Vidy autant que l'équipe de SNP !

 

La parole qui divise, la parole qui grandit

 

Le Théâtre sauvage est, dit Guillaume Béguin, le miroir inversé de son précédent spectacle Le Baiser et la Morsure, qui avait séduit public et critique lors de sa création à l'Arsenic, à Lausanne, en 2013. Le metteur en scène vaudois y montrait comment, dès qu'ils développaient le langage, les hommes s'isolaient. Comment l'apparition de la parole divisait la première humanité. Ce spectacle qui débutait sur la vie en société des grands singes relatée avec beaucoup de délicatesse est repris au Théâtre Vidy-Lausanne en janvier prochain. Il dialoguera avec la nouvelle création, Le Théâtre sauvage, qui défend la position inverse, explique Guillaume Béguin: «Là, au contraire, il s'agit de montrer comment la parole a été un agent de civilisation. Comment les hommes sont sortis de la bestialité avec l'élaboration du langage.» Pierre Maillet, Matteo Zimmermann et Joël Maillard figurent au générique de ces deux pièces en contrepoint, sur fond de sauvagerie et de domesticité

 

et aussi  :http://www3.unil.ch/wpmu/ateliercritique/2015/01/sauvagerie-et-conscience-de-soi/

 

Le Théâtre sauvage / conception et mise en scène Guillaume Béguin / du 8 janvier au 1er février 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos / en tournée jusqu’au 7 février 2015.

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Quatre images de l’amour (Lukas Bärfuss / collectif Drao)

Quatre images de l’amour (Lukas Bärfuss / collectif Drao) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Paru dans le blog Au poulailler :

 

Collectif de sept acteurs fondé en 2003, bien avant l’émergence récente de ce type de groupements, Drao affectionne les dramaturgies fragmentées, les atmosphères noires empreintes d’un état de rêverie, les huis clos à suspens policier. Leur jeu, physique et direct, travaille le creux qui souvent distend l’identité et la parole des personnages. L’écriture de la pièce de jeunesse de Lukas Bärfuss, Quatre images de l’amour, choisie par le collectif pour sa cinquième création, est justement centrée sur ce décalage, ces incohérences des personnages. « Ce qui m’intéresse, c’est de montrer qu’un même personnage peut prononcer deux affirmations totalement contradictoires. », dit l’auteur suisse-allemand.


Mensonges et trahisons sont au cœur de la vie, pleine d’ennui, de deux couples pour qui le meurtre devient une issue menant à la liberté, même derrière les barreaux. Tiraillés entre un idéal d’accomplissement de soi égocentré, et la vérité qu’ils s’acharnent à occulter, Evelyne (Sandy Ouvrier) et Daniel (Benoît Mochot), Suzanne (Fatima Soualhia Manet) et Sébastien (Stéphane Facco) se prennent dans les fils qu’eux-mêmes ont tissés. À la manière des films noirs de Chabrol et comme dans la ronde de Schnitzler, les quatre tableaux de ce « drame bourgeois » se superposent et s’entre-chassent, laissant percevoir les différentes facettes, troublantes de perfidie et de vérité, des personnages. La relation à l’autre annulerait-elle toute possibilité d’émancipation ? Comment être artisan de son bonheur dans une société qui expulse d’elle ce qui lui est incompatible ? Quel sens donner aujourd’hui au mot liberté ?

Le collectif place cette intrigue policière aux questionnements politiques dans un espace confiné et étouffant, délimité par de grands panneaux amovibles, dont la musique et les projections vidéo avivent l’aspect inquiétant. Comme dans un rêve, les personnages semblent être à la fois lourds et irréels, fous et graves, tendus entre le besoin de contrôler leur monde et la réalité qui leur file entre les doigts. Dans cet exercice de duos successifs, à chaque fois ponctués par la présence insolite d’un troisième personnage (Gilles Nicolas), sorte de catalyseur venu d’un au-delà, le collectif déploie toute sa maturité de jeu dans une approche dramaturgique claire et élaborée. Les différents niveaux de lecture de la pièce de Lukas Bärfuss sont palpables, dans un travail de groupe généreux et précis.

 

Myrto Reiss pour  le blog Au poulailler

 

Quatre images de l’amourTexte de Lukas Bärfuss, mise en scène du collectif DraoDu 16 janvier au 15 février 2015Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Paris 12eRenseignements : 01 43 28 36 36 & www.la-tempete.fr 


 

 

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Roses de Nathalie Béasse

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Publié dans Webtheatre :

 

Roses, une variation expérimentale, "performative", chorégraphique, sur Richard III. Roses fait écho au magnifique spectacle de Georges Lavaudant, La Rose et la Hache (1979, 1984), variation crépusculaire autour de la figure de Richard III dans laquelle trônait une immense table, le vin évoquait, comme ici, le sang et les corps avaient leur langage chorégraphique. Pour Nathalie Béasse, Roses "serait une fresque de Carpaccio ou de Piero della Francesca... une expérience organique autour de Shakespeare". Le metteur en scène entend s’intéresser plus à l’entourage qu’au personnage central, interprété par quatre comédiens pour montrer qu’on a tous quelque chose de Richard III. Cela tient du travail de plateau qui devrait nourrir le spectacle futur. Une table immense occupe l’espace sur laquelle les verres sont remplis d’un vin rouge sang d’une manière très sophistiquée. Les scènes, prises dans le désordre, se juxtaposent à vive allure, comme des entités isolées, usant d’un vocabulaire scénique varié (scène comique de manipulations, mise en scène d’un portrait du roi en vue de la photo officielle, nature morte avec trophées de chasse, etc.) et le texte est proféré en anglais et en français. On a d’autant plus de mal à suivre l’intention du metteur en scène que le spectacle, décousu, exige du spectateur une parfaite connaissance préalable de l’oeuvre. Un théâtre très expérimental qui nous laisse un peu sur le bas-côté du chemin malgré quelques moments intéressants.

Roses, conception, mise en scène et scénographie de Nathalie Béasse. Fragments de Richard III de Shakespeare. Traduction Jean-Michel Déprats. Lumières Natalie Gallard. Musique Nicolas Chavet. Avec Sabrina Delarue, Etienne Fague, Karim Fatihi, Erik Gerken, Béatrice Godicheau, Clément Goupille, Anne Reymann. Au théâtre de la Bastille jusqu’au 31 janvier 2015, du lundi au samedi à 20h. Durée : 1h30. Rés. 01 43 57 42 14.

Corinne Denailles vendredi 23 janvier pour Webtheatre

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Danse : le rappel à la vie de Dorothée Munyaneza

Danse : le rappel à la vie de Dorothée Munyaneza | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Dorothée Munyaneza avait 12 ans lorsqu'elle s'est enfuie sur les routes du Rwanda pour échapper au génocide. Elle en a 31 aujourd'hui, est devenue chanteuse, danseuse, actrice et mère. Fascinante interprète des spectacles du chorégraphe François Verret depuis 2006, elle a commencé à écrire un texte pour donner forme et voix à des souvenirs sanglants, « faire face à une perte immense ».


Elle en extrait aujourd'hui le canevas de son premier spectacle, Samedi détente, du nom de l'émission de radio qu'elle écoutait, gamine, avant 1994. « C'est un titre paradoxalement lumineux, qui me semblait plus juste pour évoquer l'indicible et essayer de me souvenir d'abord de la vie, de mes amis lorsqu'ils étaient vivants. »


Vingt ans après le génocide, Dorothée Munyaneza se risque sur ses propres traces. Elle n'est pas toute seule : le musicien Alain Mahé et la danseuse ivoirienne Nadia Beugré sont là pour lui prêter main-forte.

 

Rosita Boisseau pour Le Monde

 

Samedi détente, de Dorothée Munyaneza. Jusqu'au 31 janvier, à 19 h 30, au Monfort, parc Georges-Brassens, 106, rue Brancion, Paris 15e. Tél. : 01-56-08-33-88. www.lemonfort.fr

Du 11 au 14 février, au Théâtre Garonne, Toulouse, à 20 h 30. Tél. : 05-62-48-56-56. www.theatregaronne.com

Le 26 février, Le Parvis, Tarbes, à 20 h 30. Tél. : 05-62-90-08-55. www.parvis.net


Voir les photographies et en savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/23/danse-le-rappel-a-la-vie-de-dorothee-munyaneza_4561307_3246.html#25KeZVPJhZMucCIE.99

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« Nos serments » : vaudeville sentimental au théâtre de la Colline

« Nos serments » : vaudeville sentimental au théâtre de la Colline | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Philippe Chevilley pour Les Echos :

 

Le théâtre s’empare de plus en plus du cinéma, pour le meilleur comme pour le pire... Avec « Nos serments », présenté dans la Petite Salle du théâtre de la Colline, Julie Duclos et sa jeune compagnie L’In-quarto osent s’attaquer à « La Maman et la Putain » (1973) de Jean Eustache. Un film mythique, qui, trois heures quarante durant, met en scène un jeune intello (Jean-Pierre Léaud) ballotté entre deux femmes – sorte de réécriture de la carte du Tendre à la mode Mai 1968.
Pas facile de faire abstraction des souvenirs ou des fantasmes que suscite le chef-d’œuvre du cinéma nouvelle vague. Même si le spectacle créé à partir des dialogues du film, mais aussi d’improvisations sur le plateau, est finement écrit, le propos sur l’amour libre apparaît forcément un peu daté. Transposé aujourd’hui sur les planches, « La Maman et la Putain » a un côté comédie de mœurs bobo, voire boulevard moderne, avec son héros au chômage, François, qui « squatte » chez sa compagne Esther, vendeuse dans une boutique de mode, et s’entiche d’Olivia, une sémillante infirmière polonaise. L’arrière- plan social est réduit au minimum. Les personnages n’ont pas de problème d’argent – jusqu’au meilleur ami de François, Gilles, qui se dit « riche » et trouverait obscène de travailler...
Pourtant, la petite musique de Julie Duclos (et de Guy-Patrick Sainderichin, coauteur) enfle et nous envoûte peu à peu. Drôlerie des répliques (celles tirées du film ont un petit côté post-Guitry branché) et des situations ; usage simple et efficace de la vidéo ; justesse et humanité des personnages – qui explosent carrément dans la deuxième partie, après l’entracte.
Virtuosité du jeu
Car, des jeunes compagnies adeptes du « théâtre de plateau », L’In-quarto s’avère une des plus virtuoses. La façon dont David Houri (François) fait évoluer son personnage, du macho égoïste au naïf amoureux, est littéralement renversante. Alix Riemer est d’un naturel confondant dans le rôle d’Esther, tour à tour compagne généreuse et amante blessée. La folle énergie de Magadalena Malina (Olivia), l’hystérie douloureuse de Maëlia Gentil (la petite amie larguée par François dans le « prologue ») et la mâle retenue de Yohan Lopez (Gilles, le faux snob au cœur meurtri) font courir un frisson de rare mélancolie sur scène.
Le spectacle devient vaudeville sentimental habité par la grâce. Affranchi du cinéma, « Nos serments » distille la micro-magie du « vécu » propre au théâtre.
Philippe Chevilley

 

 

Nos serments (de G.-P. de Sainderichin et J. Duclos (mise en scène), Paris, théâtre de la Colline (01 44 62 52 52), jusqu’au 14 février. 2 h 40.)



En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0204097274331-vaudeville-sentimental-au-theatre-de-la-colline-1085673.php?lsvus09rJRLmvapb.99

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La Dame aux jambes d'azur de Labiche et Michel, mise en scène de Jean-Pierre Vincent, par la Comédie-Française

La Dame aux jambes d'azur de Labiche et Michel, mise en scène de Jean-Pierre Vincent, par la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Véronique Hotte pour son blog Hottellotheatre

 

La Dame aux jambes d’azur, d’Eugène Labiche et Marc Michel, mise en scène de Jean-Pierre Vincent

Une pochade, un croquis en couleur exécuté en quelques coups de pinceau, un dessin, une caricature, une œuvre écrite rapidement, souvent sur un ton burlesque, telle est la pièce, La Dame aux jambes d’azur, d’Eugène Labiche et Marc Michel que met en scène avec grâce et sourire Jean-Pierre Vincent.
La pochade en un acte fut créée en 1857 au Théâtre du Palais-Royal, au cours d’une représentation au bénéfice de Mademoiselle Lucile Durand, artiste de ce théâtre.
Soit une ouverture musicale, un lever de rideau pour un programme complet de pièces variées, dont L’Affaire de la rue de Lourcine de Labiche, Monnier et Martin.
La représentation visait concrètement à lever des fonds pour l’actrice retraitée.
La pochade brosse avec gourmandise un portrait quelque peu dépréciatif du milieu théâtral, de connivence avec le public, sur fonds de parodie du drame romantique.
Les acteurs vivent, au-delà de la scène, un quotidien des plus triviaux. L’un, Grassot qui joue le doge de Venise (Gérard Giroudon), cherche en urgence un appartement à louer à Paris et, en quête de proposition immobilière, et interpelle la salle d’emblée.
Une propriétaire bourgeoise, Madame Chatchignard (Claude Mathieu), installée au milieu des spectateurs, répond à la demande à la volée – déplaçant la scène dans la salle -, montant arbitrairement son prix pour finalement consentir à en rabattre, les comédiens y allant, depuis le plateau, de leurs commentaires et ironie mordante.
L’auteur et metteur en scène Arnal (Gilles David, éberlué à souhait) a décidément maille à partir avec son équipe de branquignols et de pieds-nickelés – un collectif avant l’heure, ancré dans un dix-neuvième siècle désuet -, tant et si bien que c’est à une répétition que va assister le public. Le souffleur est remplacé au pied levé par un machiniste analphabète et ahuri (Noam Morgensztern) auquel le metteur en scène, agacé mais confus et incertain, demande d’installer une cheminée devant une fresque peinte évoquant un décor extérieur de forêt. Cherchez l’erreur !
Les imprévus, les empêchements et les obstacles ne vont pas cesser de se lever sur le chemin difficile et ingrat de la création artistique. La princesse, l’actrice Aline Duval (Julie Sicard facétieuse et désinvolte) qu’on croyait évanescente se révèle terre-à-terre et vulgaire, saucisse aux doigts et chope de bière, éloignée de toute poésie.
Quant aux jeunes premiers, avec d’un côté, Hyacinthe (Benjamin Lavernhe), dandy aux coups de peigne compulsifs, et de l’autre, Amant (Jérôme Pouly), vaillant séducteur au sang vif, ils surgissent sur le plateau de répétition, en compagnie de leur chien respectif, un clin d’œil aux marottes et mascottes des acteurs à la ville.
Reste pourtant un comédien qui sauve la mise de ce capharnaüm théâtral, Ravel (Pierre-Louis Calixte à la dégaine libre et farceuse) : regard extérieur, il assiste à la répétition en ajoutant son grain de sel burlesque, entre esprit potache, moquerie, étonnement sincère et esprit satirique virulent. Il introduit une vraie tension.
L’amusement est si bien lancé que le spectateur frustré qui aimerait goûter plus qu’à une simple mise en bouche, en redemande davantage mais la messa è finita.

Véronique Hotte

Studio Théâtre de la Comédie-Française, du 22 janvier au 8 mars

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Nuria Espert, reine mère du théâtre espagnol, se fait roi

Nuria Espert, reine mère du théâtre espagnol, se fait roi | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Le Monde :

 

La première comédienne espagnole à jouer le Roi Lear, c’est elle : Nuria Espert. A 79 ans, elle endosse le rôle-titre de la pièce de Shakespeare, et elle est magnifique, avec ses cheveux longs blancs et son corps qui ne cherche pas à ressembler à celui d’un homme. Son Roi Lear pourrait être une femme, et cela importe peu, au fond. Ce qui compte, ce sont les états et les sentiments qui traversent le chemin de la fin de sa vie : le mensonge, la peur, la douleur, la honte, l’amour, le désespoir, la folie… Nuria Espert les interprète comme si elle parcourait un monde, à chaque fois. Sa noblesse sauvage et sa puissance dramatique en font une grande parmi les grandes, en Europe.

Dans sa ville, elle est adulée. Les spectateurs se lèvent quand elle vient saluer, à la fin de ce Roi Lear joué en catalan, mis en scène d’une manière classique par Lluis Pasqual, le directeur du Teatro Lliure de Barcelone, qui fut le directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, de 1990 et 1996. Nuria Espert et Lluis Pasqual se connaissent depuis longtemps, ils ont souvent travaillé ensemble. Quand, en 2014, il lui a demandé ce qu’elle aimerait jouer, elle a répondu : « Le Roi Lear, parce que c’est la plus grande pièce de Shakespeare », dit-elle. Il est minuit, nous sommes au restaurant du théâtre, Nuria Espert a quitté les vêtements difformes de Lear mourant. Elle apparaît dans sa pleine beauté, avec son teint blanc et son extraordinaire regard bleu. Solaire jusqu’à l’obscurité de la vie et de ses morts. Grande actrice, grande dame.

Enfant, elle jouait dans les rues du quartier populaire de Barcelone où elle a grandi. Son père était menuisier, sa mère, ouvrière d’usine. Ils se sont rencontrés dans une troupe de théâtre amateur, et ont donné à leur fille le prénom d’un personnage d’une pièce catalane. Laïcs et républicains, ils lui ont aussi appris à se battre, à gauche, un front sur lequel elle n’a jamais lâché. « J’ai eu une enfance heureuse », dit Nuria Espert, que ses parents ont vue avec bonheur commencer à faire du théâtre dès l’âge de 12 ans. « Je disais dans la rue des poèmes qu’ils me donnaient. Puis j’ai intégré une petite compagnie, où je suis restée jusqu’à 16 ans. »

« Admirable »
Tout change quand Nuria Espert en a 17. Elle joue alors dans une compagnie professionnelle. Un soir, la comédienne qui tient le rôle de Médée déclare forfait. Nuria Espert la remplace au pied levé. Le succès est immédiat, tant du côté public que critique. Alors commence une carrière qui ne s’est jamais interrompue. Avec son mari, l’acteur Armando Moreno, Nuria Espert fonde, en 1959, une compagnie, privée, pour ne pas dépendre de l’argent de l’Etat franquiste. Ils jouent partout, devant tous les publics. Un soir, Nuria Espert peut être Gigi, le lendemain Médée, le surlendemain, Hamlet – son premier rôle d’homme shakespearien, le deuxième sera Prospero, dans La Tempête.

La France découvre Nuria Espert en 1970. Cette année-là, sa compagnie est invitée à présenter Les Bonnes, de Jean Genet, sous la direction de Victor Garcia, génial metteur en scène argentin. C’est un choc, même pour Genet, qui juge « admirable » cette version ritualisée et paroxystique de sa pièce. Les cothurnes à clochettes de Nuria Espert et de Julietta Serrano, leur jeu forcené de bestioles folles combattant leur maîtresse, entrent dans la légende. Normalement, la pièce n’aurait pas dû passer la barrière de la censure, en Espagne. « Mais la censure est toujours paradoxale, explique Nuria Espert. Nous voulions présenter dans la même soirée Les Deux bourreaux, d’Arrabal, et les Bonnes. Les censeurs n’ont vu que la pièce d’Arrabal, qu’ils ont interdite. Ils ne sont pas restés pour la pièce de Genet, qu’on a pu jouer. »

Combat
Cette même année 1970, en décembre, Nuria Espert s’enferme dans le monastère de Montserrat, à Barcelone, avec trois cents artistes, architectes, peintres, éditeurs, chanteurs… Ils rédigent un texte pour soutenir les indépendantistes basques jugés au procès de Burgos, réclamer l’abolition de la peine de mort, et appeler le respect de libertés démocratiques. C’est un combat, parmi tous ceux que la comédienne a menés contre le franquisme. Elle ne les récuse pas, au contraire, mais elle tient à préciser un point : « Ne croyez pas que j’ai été une héroïne. Il aurait été confortable, pendant la dictature, de faire un gentil théâtre. Nous avons choisi une autre voie, en présentant Brecht, Lorca, Genet. Ce n’était pas facile, on se mettait en danger, mais on luttait, à notre façon, pour soulever un peu le couvercle de la dictature. »

« ON SE METTAIT EN DANGER, ON LUTTAIT POUR SOULEVER UN PEU LE COUVERCLE DE LA DICTATURE »


Après la mort de Franco, en 1975, Nuria Espert ouvre le champ de ses activités. Elle continue avec sa troupe. Elle signe aussi des mises en scène à l’opéra, elle dirige Glenda Jackson à Londres, Tamasaburo Bando à Tokyo, ou Irène Papas à Barcelone. En France, elle vient jouer à l’Odéon, en 1981, dans Dona Rosita la Soltera, de Federico Garcia, mis en scène par Jorge Lavelli. Nuria Espert aurait pu devenir une star internationale, si elle avait tourné plus au cinéma. On peut la voir dans Viva la muerte, le film-poème largement autobiographique de son ami Fernando Arrabal (1971). Elle tient le rôle de la mère du jeune garçon, une pieuse catholique qui dénonce son mari antifasciste. Dans ce rôle terrible, Nuria Espert est impériale. Elle a aimé faire ce film, parce qu’il était à part. Mais elle n’aime pas le cinéma, ni la télévision. Jouer, pour elle, c’est retrouver, soir après soir, le plateau du théâtre. « Quand j’avais 12 ans, je me suis engagée sur cette route magnifique, et je ne l’ai jamais regretté. C’est elle qui m’a menée au Roi Lear. »

 



El rei Lear (Le Roi Lear), de Shakespeare. Mise en scène : Lluis Pasqual. Tetrao Lliure, Passeig de santa Madrona, 40-46, Montjuic, Barcelone. Tél. : 00-34-932-89-27-70. Jusqu’au 22 février

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Loué soit le senior

Loué soit le senior | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Eve Beauvallet pour Libération :

Comme dans la pub et au cinéma, les corps âgés s’invitent désormais en masse et en amateurs sur le devant des scènes de spectacles.

 


Des icônes de mode octo, voire nonagénaires, dans les publicités Lanvin, Louis Vuitton ou M.A.C, une déferlante, en quelques années, de films traitant de la vieillesse… Effet collatéral du vieillissement de la population (selon l’Insee, en 2050, un Français sur trois aura 60 ans ou plus), les personnes âgées s’invitent en masse dans le marketing et le cinéma. Plus curieux, sans doute, cette inflation des représentations du «corps vieux» s’observe également dans un champ de la création - la danse - qui les avait historiquement délaissés, voire complètement niés, au profit des valeurs de performance et de virtuosité véhiculées par la jeunesse. Le dernier exemple en date nous vient d’un jeune collectif qui œuvre aux confins de l’art contemporain et de la danse, et dont la nouvelle création compte exclusivement des amateurs, âgés de 54 à 80 ans.
Pour Void Island, une pièce commandée par la Maison des pratiques artistiques amateurs et présentée dans le cadre du festival Faits d’hiver (lire ci-contre), les quatre artistes de (LA)HORDE ont voulu interroger cette «catégorie floue, énigmatique» que représentent les «seniors».«Au moment de l’audition, nous avons utilisé le terme senior à dessein, sans précision d’âge, expliquent-ils. Se sont donc présentées des personnes qui se considèrent comme tel.» Le projet est conçu non pas «pour» mais «par» des amateurs âgés, à partir de ce que leurs différentes gestuelles, postures et rythmiques apportent de spécifique à l’écriture : «Que l’on travaille avec des amateurs seniors ou des jeunes danseurs ultraperformants, les problématiques artistiques sont les mêmes. On n’est pas dans l’action culturelle.»

contre-pieds.

 

Aussi insolite qu’il soit, le projet de (LA)HORDE n’est pas vraiment marginal. Depuis une quinzaine d’années, de plus en plus de chorégraphes se sont passionnés pour la mise en scène des corps âgés, non préparés, non normés, qui semblent élargir la palette créative de la danse : 25 interprètes de 60 à 90 ans pour le Sacre du printemps chorégraphié par Thierry Thieû Niang en 2011, des personnes âgées parmi les amateurs de City Maquette, de Mathilde Monnier, en 2009, ou deux ans plus tard, de Qu’est-ce qui nous arrive ?!? Des vieux encore dans Trois Générations, de Jean-Claude Gallotta (2004) qui déclinait une même chorégraphie pour trois groupes d’âge différents, des vieilles femmes dans Dancing Grandmothers (2014), de la Coréenne Eun-Me Ahn, qui dansent sur les tubes de leur jeunesse.

Pas de quoi conclure, non plus, à une lame de fond, mais l’accumulation est notable, d’autant qu’elle offre des angles de vue rares sur le sujet. En contrepoint des représentations esthétiquement correctes du corps âgé validées par la pub (lieu de célébration du jeunisme des vieux), certains spectacles ont provoqué un véritable appel d’air. Montrer le passage du temps sur le corps, assumer la lenteur, le poids, la mobilité entravée… C’était un des moteurs poétiques de After/Before, de Pascal Rambert (tant décrié lors de l’édition 2005 du Festival d’Avignon), qui entendait «présenter le temps de la mort en direct sur le plateau. Et ressentir ce que ça a de fascinant et de scandaleux».

A cette recherche sur les vanités, d’autres ont préféré la sublimation, la parodie des archétypes, les contre-pieds vivifiants, sans autre revendication que celle d’ouvrir le plateau à des physicalités plurielles. La majorité cite une même pièce, élevée au rang d’exemple canonique : la recréation, pour personnes âgées, en 2000, de Kontakthof, spectacle culte de l’Allemande Pina Bausch initialement créé avec ses danseurs en 1978. «C’est clairement à partir de ce spectacle que les autres ont pullulé, au point de provoquer quasiment une mode aujourd’hui, avance Jean-Claude Gallotta. Mode dont je me réjouis, parce qu’elle est pour la danse une grande victoire sociale et esthétique.»

Le combat, cependant, fut long. Dans les années 80 encore, la vieillesse était principalement figurée sur scène par des danseurs jeunes et vaillants grimés en vieillards. Un des premiers en France à contrevenir à la règle fut justement Gallotta, chorégraphe élevé loin du sérail, sous les bons auspices des arts plastiques et du cinéma néoréaliste italien qu’il aimait «pour sa façon de mêler amateurs et professionnels». Ses spectacles, rappelle-t-il, ont toujours compté des enfants ou des vieux qui circulaient sur le plateau. Moins par souci humaniste que par intérêt esthétique pour la différence d’interprétation du mouvement en fonction des âges. Une approche aujourd’hui plus largement partagée.

Et il était temps : «La danse a longtemps été confinée à une esthétique limitée, observe-t-il. Tous les autres arts se servaient du réel social, de la vie. Nous, non, on se contentait de la mimer.» C’est le tournant social opéré par l’art contemporain dans les années 90 qui contribuera à réveiller la danse. Notamment ces performances déléguées pour lesquelles les plasticiens (Maurizio Cattelan, plus tard Tino Sehgal) engagent des personnes extérieures à l’art, non pas pour leur faire jouer un rôle, mais pour donner à voir leurs catégories socio-professionnelles (appartenance sexuelle ou sociale, profession, âge). Un principe rapidement transposé de la white cube des galeries à la boîte noire des théâtres.

Peu à peu s’est ainsi répandue l’option de travail suivante : ce n’est plus forcément à l’interprète de se conformer à l’esthétique du chorégraphe, mais au chorégraphe de s’emparer de celle de l’interprète. L’idée n’est pas récente (on la trouve dans les avant-gardes américaines des années 60), mais elle n’avait sans doute jamais inspiré autant de créations à grande visibilité.

Ce qui ne surprend pas l’anthropologue spécialiste du corps David Le Breton (1). Il la relie à «l’individualisation croissante du rapport au corps. On revendique aujourd’hui un corps qui nous soit propre, on se reconnaît de moins en moins dans une catégorie d’âge. Logiquement, la danse, devenue un haut lieu du débat anthropologique, a fini par revendiquer cette hétérogénéité des modèles corporels».

Cette pluralité de corps, travaillée de façon brute sur le plateau, hante la plupart des spectacles du chorégraphe et metteur en scène Pascal Rambert, qui observe également ce besoin de réel dans tous les secteurs de la création : «Je crois qu’il y a une tendance plus souterraine et que cette manière de présenter des corps âgés, plus généralement des corps amateurs, répond à une nécessité générale de s’approprier autrement le beau. Sans doute a-t-on moins besoin aujourd’hui de l’intermédiaire d’un savoir-faire.» Les jeunes réalisateurs qui filment sur iPhone, les plasticiens qui privilégient des pièces pauvres, peu coûteuses… Tous participeraient de cette même remise en question. «Ça tient, je crois, à une augmentation de démocratie dans la création», poursuit Pascal Rambert.

Cercle vertueux.

 

Sans surprise, les programmateurs sont de plus en plus réceptifs à l’égard de ces pièces développées avec des amateurs. Moyen pour eux, nous confirme-t-on à l’Office national de diffusion artistique, de renouveler la forme des actions culturelles sur la base d’un storytelling séduisant. En attendant de savoir si l’engouement persistera, certains amateurs retraités s’engouffrent joyeusement dans la brèche. Ainsi quelques-uns valsent de projet en projet : «Certains seniors présents dans Void Island ont aussi dansé chez Mathilde Monnier et Jean-Claude Gallotta, sourit-on chez (LA)HORDE. Du coup, entre nous, on les appelle les "amateurs professionnels".»

Reste à espérer que le phénomène contribue à reconsidérer la valeur des danseurs professionnels âgés qui, pour leur part, sont encore largement ostracisés des plateaux (hormis les chorégraphes stars Carolyn Carlson ou Françoise et Dominique Dupuy). C’est le cercle vertueux qu’espère Gallotta, qui raconte que certains de ses danseurs âgés ont été contactés ces dernières années par un nombre croissant de chorégraphes. «Ils sont, je crois, une dizaine à être de nouveau sollicités alors qu’ils pensaient leur carrière d’interprète terminée.» Un nombre minime, mais notable, dans un secteur où l’âge moyen de la retraite, pour les danseurs, excède rarement 40 ans.

(1) A paraître chez Métailié : «Disparaître de soi, une tentation contemporaine».

Ève BEAUVALLET pour Libération du 24 janvier

 

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"Void Island" du collectif (LA)HORDE les 27 et 28 janvier à la MPAA, 4, rue Félibien, 75006, dans le cadre du festival Faits d’hiver. Rens. : www.faitsdhiver.com

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Micha Lescot, le grand échalas du théâtre français

Micha Lescot, le grand échalas du théâtre français | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Si certains acteurs ont d'abord une voix, Micha Lescot a indubitablement un corps: 1m92 et des jambes interminables avec lesquelles il "pourrait faire des noeuds". Après Tartuffe l'an dernier, il incarne Ivanov à partir du 29 janvier, toujours sous la direction de Luc Bondy à l'Odéon.

Presque un contre-emploi pour ce tempérament "plutôt hyperactif", dit-il. Ivanov, archétype du héros tchékhovien, est un dépressif, quelqu'un "qui va très mal, qui ne s'aime pas. Aujourd'hui, on dirait qu'il est +dark+, il a un côté dandy aussi, nonchalant".

"Il faut trouver une lourdeur, quelque chose dans les épaules, une fatigue, quelque chose qui est peut-être moins spectaculaire que dans Tartuffe, dont j'avais fait une sorte de serpent, une anguille", explique-t-il.

"Je ne peux pas dissocier le travail sur le corps du travail sur le texte", convient-il. Ce corps, tout en "segments très longs", s'est imposé à lui dès le Conservatoire d'art dramatique. Il a seulement 19 ans. "Je ne savais pas maîtriser ça, c'était maladroit, ça partait un peu dans tous les sens", se souvient-il.

Les acteurs qui le font rêver s'appellent alors "Cary Grant, Jerry Lewis, Jim Carrey, des gens qui savent magnifiquement bouger, et aussi Gene Kelly, Fred Astaire..."

Le jeune cancre réfractaire aux études est vite repéré au conservatoire, notamment par Marcel Bozonnet, aujourd'hui son partenaire dans "Ivanov". "Marcel, qui était mon directeur à l'époque, insistait pour qu'on prenne des cours de danse. Il nous apprenait à bouger, à apprivoiser ce corps".


Roger Planchon, premier metteur en scène avec lequel travaille le jeune Micha à sa sortie du conservatoire en 1996, le surnomme "grand machin".

Un physique qui n'a pas que des avantages: "ça peut empêcher certains metteurs en scène de m'imaginer dans un rôle parce qu'il pensent que je vais bouger de la même manière, mais mon but, c'est justement de bouger à chaque fois de manière différente".

- Premier Tchekhov -

Luc Bondy, qu'il rencontre en 2008 et qui le dirige pour la cinquième fois, sait comme personne bousculer les acteurs dans leurs habitudes: "Il vous déplace, vous décale et vous dépouille des tics qu'on aurait. Parfois, il me dit qu'il voudrait me couper les jambes!", dit Micha Lescot en riant.

Leur collaboration débute avec Marivaux ("La seconde poursuite de l'amour"), se prolonge avec "Les chaises" de Ionesco, pièce pour laquelle il obtient le prix du Syndicat de la critique, "Le Retour" de Pinter en 2013 et "Tartuffe", grand succès l'an dernier. La petite troupe d'acteurs constituée pour Tartuffe se retrouve dans Ivanov: Fred Ulysse, Yannick Landrein, Laurent Grévill, Victoire Du Bois, rejoints notamment par Marina Hands et Christiane Cohendy.

Micha Lescot conserve à 40 ans une allure juvénile mais sa tignasse noire se teinte de poivre et sel et un collier de barbe lui confère pour la pièce une allure très russe.

C'est la première fois qu'il joue Tchekhov: "ça m'intimidait tellement que j'en avais refusé plusieurs avant, mais avec Luc Bondy, j'ai un rapport tel que quoi qu'il me propose j'ai envie d'y aller".

Luc Bondy "m'a vu grandir, je suis devenu père ... on change!", sourit-il. Le talent naturel de ses deux filles, 2 ans et 5 ans, lorsqu'elles "jouent à la marchande" l'enchante. "Quand je jouais le vieillard dans +Les Chaises+, ma fille qui était toute petite à l'époque m'inspirait énormément pour jouer le vieil homme, qui est très proche de l'état d'un bébé, très dépendant".

Le cinéma, où il jouait récemment dans "Saint Laurent" de Bertrand Bonello et "Maestro" de Léa Fazer, ne lui a pas encore donné de grand rôle, contrairement au théâtre. "C'est vrai qu'au théâtre, on me propose des rôles plus conséquents et plus fous".

 

Marie-Pierre FEREY  AFP - Paru dans lepoint.fr

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Toulouse : malaise autour d'un festival de quartier déprogrammé.

Toulouse : malaise autour d'un festival de quartier déprogrammé. | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par France Bleu :

 

Dans le quartier Bagatelle, un collectif d'artistes se mobilise depuis cette semaine contre l' "annulation" du festival organisé par le centre culturel Desbals "Les Petites formes". A l'origine un cafouillage de communication et peut-être aussi les premières conséquences de la rigueur budgétaire voulue par Jean-Luc Moudenc

Le Festival des Petites formes est né l'an dernier au centre culturel Desbals de Bagatelle.

Sa particularité : un festival de danse, de musique, de théâtre, de slam en vingt petits spectacles qui se déroulent parfois dans des lieux insolites comme des commerces ou des appartements.
La première édition aurait touché un millier de personnes si on en croit le "collectif des petites formes".

La deuxième édition devait avoir lieu du 20 au 31 janvier 2015, elle est annoncée sur beaucoup supports de communication du service culture de la ville (cf photo). Jusque dans l'édito de l'agenda culturel de janvier-mars 2015 de Toulouse où le maire Jean-Luc Moudenc cite les Petites Formes comme l'exemple de l'engagement de la ville pour la culture dans les quartiers. 

"Nous n'allons pas annuler le festival (...) nous avons l'ambition de reprogrammer ce festival avec tous les habitants du quartier et les artistes du quartier (...) pour que l'on puisse annoncer un nouveau festival dès le printemps" - Djillali Lahiani adjoint au maire en charge de la jeunesse loisirs et animations socio-culturelles

 
Un choix budgétaire et un profond malaise

 

"Aujourd'hui le peu que l'on va dépenser il faut que ça profite au plus large des populations" - Djillali Lahiani, adjoint au maire de Toulouse

Dans le courrier envoyé finalement mardi dernier aux artistes, l'adjoint au maire ne parle pas de reporter le festival mais de le "réduire" pour cause d' "exigences économiques". Le festival les Petites formes devait coûter 16 000 € environ. La nouvelle majorité coupe dans tous les budgets et l'arbitrage pour ce festival serait tombé très tard laissant un profond malaise chez les cinquante artistes embarqués dans le projet depuis cet automne et plutôt discrets de peur de perdre d'autres contrats avec la ville. Malaise aussi au centre culturel Desbals où l'on confesse un manque de communication, la directrice du centre culturel qui portait le projet avec force est mutée et invitée semble-t-il à garder le silence.

Selon nos informations, l'adjoint au maire en charge du dossier aurait convié chaque artiste ou compagnie à un entretien individuel. La majorité aurait refusé. Comme elle a refusé de réduire le festival aux seuls spectacles pour enfants. Les artistes ont créé le "collectif des Petites formes" et font circuler une pétition dans Bagatelle. Vendredi 30 janvier, ils comptent manifester devant le centre culturel Desbals. 

L'opposition municipale a commenté l'affaire : "une décision petite" pour le groupe Toulouse Vert Demain. Le conseiller municipal socialiste François Briançon dénonce dans un tweet : "avec la droite toulousaine - de culture".
 

France Bleu Toulouse

 

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Agrément de Fleur Pellerin à la nomination d’Anne Le Goff à la direction de l’Atelier 231,Centre National des Arts de la Rue - Ministère de la Culture et de la Communication

Agrément de Fleur Pellerin à la nomination d’Anne Le Goff à la direction de l’Atelier 231,Centre National des Arts de la Rue - Ministère de la Culture et de la Communication | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, en accord avec Luce Pane, député-maire de la Ville de Sotteville-lès-Rouen, Nicolas Rouly, président du Conseil Général de Seine-Maritime, Nicolas Mayer-Rossignol, président du Conseil Régional de Haute-Normandie et Pierre Pane, président de l’association Atelier 231, a donné son agrément à la décision du jury, réuni le 8 janvier 2015, de nommer Anne Le Goff à la direction de l’Atelier 231, Centre National des Arts de la Rue.

 

Anne Le Goff a accompagné le développement de l’Atelier 231 pendant ces douze dernières années, en sa qualité d’administratrice et de chargée des projets européens. Fondé sur une connaissance fine de l’établissement, du territoire normand et des partenaires réunis autour des réseaux ZEPA et IN SITU, le projet d’Anne Le Goff met en exergue la richesse du patrimoine naturel et bâti qu’elle souhaite investir par des œuvres fortes tant pour la singularité de leur écriture, que par l’implication des publics ou l’utilisation des nouvelles technologies.

La diffusion occupe une place importante dans le schéma de développement imaginé par Anne Le Goff, avec la réaffirmation du lien entre l’Atelier 231 et le festival Vivacité, ainsi que le déploiement de nouveaux rendez-vous en saison sur le territoire.

 

L’ensemble des autres activités de l’Atelier 231, de la formation à l’action culturelle en passant par le centre de ressource, va également contribuer également à la réussite de ce projet, qui s’inscrit dans la continuité de celui tracé par Daniel Andrieu, fondateur de l’Atelier 231 et du Festival Vivacité, acteur majeur des arts de la rue de ces dernières décennies à qui je souhaite rendre hommage.

 

Paris, le 23 janvier 2015

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Théâtre(s) Magazine : souscription pour lancer un nouveau magazine

Théâtre(s) Magazine : souscription pour lancer un nouveau magazine | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Le projet éditorial


Théâtre(s) Magazine innovera en plaçant la création et l’art dramatique au cœur de son concept éditorial.

Nous parlerons du théâtre sous toutes ses formes et dans toute la France, avec une conception ouverte et généreuse de l’art dramatique.

Nous voulons apporter dans la vie culturelle, intellectuelle et médiatique un regard neuf, vivant et engagé sur l’actualité du théâtre et de ceux qui le font : artistes, comédiens, metteurs en scène, auteurs, concepteurs de décors, responsables de théâtres, de festivals et de compagnies…

Conjuguant plaisir de lecture, points de vue critiques, apport de connaissances et richesse de contenu, Théâtre(s) Magazine s’adressera au grand public comme aux professionnels.

Théâtre(s) Magazine veut démontrer à la manière d’un manifeste que le dynamisme de la création artistique, la force des artistes, la très grande diversité des formes, des esthétiques et des propos peuvent se croiser dans un magazine.

Soucieux d’accompagner les talents confirmés comme l’émergence artistique et de parlerautant de Paris que des régions, Théâtre(s) Magazine contribuera utilement à la valorisation de la vie théâtrale en France. Il veut aussi défendre une autre culture face aux industries culturelles.
 

 

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Pierre Rigal, au plus près des étoiles

Pierre Rigal, au plus près des étoiles | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans maculture.fr

 

Le parcours chorégraphique de Pierre Rigal, (ancien athlète de haut niveau) est jalonné par des rencontres. Que se soit avec l’artiste et metteur en scène Aurélien Bory, avec qui il a créé Erection et Arrêts de Jeu, un groupe de rock, dans MICRO, des danseurs coréens dans Théâtre des opérations, ou des danseurs hip-hop dans Standards, Pierre Rigal est toujours là où on ne l’attend pas. Ses créations sont toujours à l’image de ses rencontres éclectiques : fortes et surprenantes. Il est aujourd’hui invité à l’Opéra de Paris à créer une pièce pour seize interprètes. Sa pièce intitulée Salut sera présentée du 3 au 20 février au Palais Garnier dans un programme qui réunit également les chorégraphes Édouard Lock, Benjamin Millepied et Nicolas Paul. Actuellement en répétition avec les danseurs de l’Opéra de Paris, il a accepté de répondre à nos questions.

POUVEZ VOUS NOUS PARLER DE VOTRE PIÈCE POUR L’OPÉRA DE PARIS : SALUT ?

Salut fait référence au geste que les danseurs effectuent à la suite d’un ballet. Mais dans l’analyse de ce mouvement et dans sa déstructuration j’espère aussi évoquer les définitions plus larges du mot salut. L’idée du danger évité, du chaos surmonté, de la prospérité, de la vie éternelle, de la cohésion retrouvée. Les évènements de ces derniers jours vont certainement de manière indirecte imprégner la pièce.

BRIGITTE LEFÈVRE VOUS A DÉFINIT COMME « UN SPORTIF CURIEUX, VIRTUOSE DU CIRQUE ET DU HIP-HOP ». VOUS N’AVEZ PAS DE FORMATION DITE « CLASSIQUE ». VOUS INVITER À CHORÉGRAPHIER UNE PIÈCE À L’OPÉRA DE PARIS N’EST DONC PAS ANODIN…

Non ce n’est pas anodin. Brigitte Lefèvre a eu la curiosité et l’audace d’inviter des artistes qui ne viennent pas du tout du sérail dont je fais partie et je l’en remercie. Elle a fait confiance à ce qu’elle a vu de mon travail, en effet non classique. Mais elle a cru voir dans mes pièces une capacité à investir le vocabulaire, le corps, la virtuosité des danseurs classiques pour les emmener vers mon expression corporelle et ma mise en espace. J’ai de la chance aujourd’hui d’être soutenu pas Benjamin Millepied qui connaissait également mon travail.

LA DISTRIBUTION EST CONSTITUÉE DE 16 DANSEURS, C’EST LA PREMIÈRE FOIS QUE VOUS TRAVAILLEZ AVEC AUTANT D’INTERPRÈTES.

Oui c’est la première fois. D’ailleurs travailler avec autant de danseurs crée des combinaisons d’espaces multiples qu’il est difficile d’appréhender dans un seul studio de danse. Je suis impatient de vérifier mes hypothèses lorsque je serai dans la salle de spectacle, là où j’aurai plus de recul au sens propre comme au sens régulier.

COMMENT S’EST EFFECTUÉ LE CHOIX DES DANSEURS ?

Une partie a été choisie lors d’une audition, l’autre m’a été conseillé. J’ai privilégié une certaine polyvalence et un attrait pour la curiosité de la part du danseur. Le choix n’était pas facile.



QUELS SONT LES ENJEUX DE TRAVAILLER AVEC LES DANSEURS DE L’OPÉRA DE PARIS ?

Les enjeux sont très grands. C’est un honneur de venir travailler pour cette compagnie. Il faut donc que je réussisse à bien travailler avec ces danseurs. Mais malgré l’enjeu, il faut essayer de rester sincère avec son propre travail, il faut savourer le plaisir de pouvoir expérimenter de nouvelles choses, de nouvelles sensations.

 

Wilson Le Personnic pour le site Ma Culture

 

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DU 3 AU 20 FÉVRIER À L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS. UN BALLET DE PIERRE RIGAL POUR LE BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS – SOIRÉE NICOLAS PAUL / PIERRE RIGAL / ÉDOUARD LOCK / BENJAMIN MILLEPIED –

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Alexis Forestier ressuscite «le Dieu Bonheur» de Brecht

Alexis Forestier ressuscite «le Dieu Bonheur» de Brecht | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Conçue par Bertolt Brecht pendant son exil californien, la pièce les Voyages du Dieu Bonheur se résume à une série de notes jetées sur le papier. En 1958, à la demande du compositeur Paul Dessau, Heiner Müller tente d’en tirer un livret d’opéra. Les temps ont changé, Müller se casse les dents sur la figure, trop ronde à son goût, du Dieu Bonheur. Seuls subsistent un globe éclaté, des «fragments en lutte les uns contre les autres, unis dans le meilleur des cas par des corps à corps». Cette unité démembrée, cette terre dévastée par les soubresauts de l’histoire où tout récit est devenu impossible, Alexis Forestier la met en scène dans le Dieu Bonheur, spectacle-tourbillon mené à vive allure dont la scénographie mouvante, animée par des comédiens affairés, invente une forme de «théâtre industriel» faisant feu de tout bois. Cette plongée poétique et musicale façonne un univers chamboulé où corps et objets fusionnent au gré d’une danse effrénée à la beauté chavirante. Alexis Forestier s’y surpasse, signant là l’une de ses créations les plus accomplies. 

 

Hugues Le Tanneur pour Libération

 


«Le Dieu Bonheur (+ Greffes)», d’après Bertolt Brecht et Heiner Müller, ms et musique Alexis Forestier. L’Echangeur, 59, avenue du Général-de-Gaulle, Bagnolet (93). Jusqu’au 1er février. Rens. : www.lechangeur.org


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Micha Lescot, l’ivresse «Ivanov»

Micha Lescot, l’ivresse «Ivanov» | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Libération :

 

A partir de jeudi à l’Odéon, l’acteur faussement lunaire s’empare du rôle-titre de la pièce de Tchekhov, mise en scène par Luc Bondy. Rencontre in situ, à l’heure des derniers réglages.
Epaisse tignasse coiffée en arrière et barbe taillée à la russe : plus qu’à l’un des héros de Tchekhov, c’est presque à l’écrivain lui-même que Micha Lescot ressemble, assis devant un miroir, dans sa loge au dernier étage du Théâtre de l’Odéon, à Paris. Dans quelques jours, il sera Ivanov dans la mise en scène que donne Luc Bondy de la pièce de Tchekhov. C’est la première fois que Micha Lescot aborde cet auteur. On peut dire qu’il commence bien. Entre Luc Bondy et le dramaturge, l’empathie est évidente. Sa mise en scène de la Mouette, jouée en allemand, présentée en 2003 à l’Odéon, reste dans les mémoires. En attendant, Micha Lescot se prépare.
Comment construit-on un personnage ? Selon Michel Bouquet, acteur chevronné, depuis de longues années au cinéma et sur les planches, «il faut se forger une conviction sur son rôle. Après quoi, on doit s’y tenir». C’est bien dit. Seulement la conviction ne surgit pas d’un coup. Il y a un temps de recherche où l’on tâtonne autour du personnage sans savoir vraiment comment l’interpréter. Ivanov n’est pas constitué d’un bloc. C’est un tissu de contradictions. «Il est toujours tourmenté par la question : que faire de soi-même ? écrit Tchekhov dans une lettre à son ami l’éditeur Alexeï Souvorine. Ivanov est sans force devant la vie. Des hommes comme Ivanov ne résolvent pas les problèmes, mais succombent sous leur poids.» Si l’on ajoute à cela que dans la pièce, Ivanov est parfois présenté comme un «salaud» ou un «profiteur», la barque commence à sérieusement s’alourdir. Sachant qu’il n’y a jamais de dernier mot sur un personnage de cette envergure, qui se présente au contraire comme une mine inépuisable de possibilités toujours à explorer.

«Il ne faut surtout pas le juger, ne pas le caricaturer. Sinon on passe à côté, analyse Micha Lescot. Ivanov est quelqu’un de dépressif, en plein burn-out, comme on dit aujourd’hui. Mais ce qui est très important, c’est qu’il ne ment pas. Même s’il se conduit mal, il est foncièrement honnête dans le dégoût qu’il a de lui-même. Il faut se demander qui il était avant sa dépression. Quand Luc Bondy m’a proposé le rôle, je suis moi-même tombé dans une forme de tristesse, sans doute par empathie. Au début, mon jeu était trop plaintif. Depuis, j’ai dépassé ce stade. Il faut s’amuser, être en forme et joyeux à l’intérieur. Tout ce qui est de l’ordre du ratage, de la maladresse, je me dis que c’est bon pour le personnage. Luc est particulièrement fort pour m’accompagner là-dedans. Il est fin, imaginatif. Il sait prendre le temps.»

Grand dadais.

Le doute est indissociable de la recherche de l’acteur. Jouer, c’est inventer. C’est aussi se perdre pour se trouver ailleurs, plus loin, à des endroits qu’on ne connaissait pas. «Micha est toujours en quête de choses qu’il n’a jamais faites avant. Sans que ça soit une composition, ce qui est toujours détestable, remarque Luc Bondy. Dès qu’il sent que son jeu est fabriqué, il se remet en question. Il est impitoyable avec lui-même.» Ce souci de ne pas s’enfermer dans un style correspond à un besoin d’autant plus profond que pendant longtemps, le talent peu commun de Micha Lescot lui a joué des tours. Un malentendu persistant l’a cantonné au rôle de grand dadais nonchalant et lunaire. Il faut dire qu’il excelle dans ce personnage lymphatique, dont la démarche étrange donne l’impression qu’il flotte presque au-dessus du sol. Il y a depuis toujours chez Micha Lescot une singularité associée à un sens inné du burlesque. En 1998, dans Arkadia, de Tom Stoppard, mis en scène par Philippe Adrien au Théâtre du Vieux-Colombier, il fait une entrée inoubliable dans le rôle d’un autiste se déplaçant vers le centre de la scène, la tête tournée en arrière, donnant l’impression d’un corps complètement dissocié. Son personnage est d’autant plus remarquable qu’il est muet. «J’étais encore au Conservatoire. Ce rôle m’amusait beaucoup. Philippe Adrien voulait que, pendant le premier mois de répétition, j’observe les acteurs depuis la salle pour repérer comment ils jouaient. Une actrice de la pièce était persuadée que j’étais vraiment autiste. Le jour de la première, elle a enfin compris et m’a traité de salaud.»

Grâce à ce personnage silencieux, Micha Lescot découvre avec délice que la présence d’un acteur ne passe pas forcément par la parole. La même année, dans la pièce Victor ou les enfants au pouvoir, de Roger Vitrac, mise en scène par Philippe Adrien, il joue Victor, un enfant de 9 ans. Sa dégaine longiligne de gamin monté en graine un peu trop vite sied parfaitement au rôle. Pas une seconde on ne doute de son âge. Le ton détaché avec lequel il laisse ses phrases s’évaporer dans l’air semble sorti d’un rêve. Micha Lescot s’est forgé un style tellement original que beaucoup de metteurs en scène le demandent. Sa seule présence dans un spectacle crée aussitôt un climat particulier. Roger Planchon, notamment, le repère très tôt, avant sa sortie du Conservatoire. Curieusement, cette façon de jouer n’est guère appréciée par ses premiers professeurs. «Quand j’ai commencé à suivre des cours de théâtre, cette façon d’être sur scène était très mal vue. C’est seulement au Conservatoire qu’on m’a encouragé à développer ce style. Je me souviens, par exemple, que Philippe Adrien nous avait demandé de mettre en scène nos rêves. Cela m’a semblé quelque chose de très naturel de travailler là-dessus. Il y a toujours un rêveur dans un rêve, c’est là que se trouve la cohérence.»

C’est d’autant plus juste que le jeu de Micha Lescot est loin de se cantonner à un registre purement mental. A cet égard, celui qui en parle le mieux est peut-être son frère, le dramaturge et metteur en scène David Lescot. «On évoque toujours sa nonchalance, mais Micha est avant tout quelqu’un d’hyper précis. C’est un acteur né. En même temps il est très technique, il aime faire des choses difficiles. Il a une imagination incroyable et un sens de l’observation très développé. Il a le sens du rythme. Enfant, il reproduisait à la perfection les chorégraphies de Michael Jackson. Il a aussi cette agilité des acrobates et des jongleurs. Micha adore les grands burlesques, c’est de là qu’il vient. Cary Grant, Peter Sellers, Buster Keaton, Jerry Lewis, il se passe leurs films en boucle.» C’est précisément pour son aisance et sa virtuosité d’acteur que Micha Lescot s’est retrouvé catalogué malgré lui dans les rôles de Pierrot tombés de la Lune. Comme si, d’un spectacle à un autre, on lui demandait à chaque fois de faire… du Micha Lescot.

Gourou décalé.

En 2007, sur les conseils de Louis Garrel, Luc Bondy lui propose de jouer dans la Seconde Surprise de l’amour, de Marivaux. Grand directeur d’acteurs, passionné et intuitif, il mesure très vite le potentiel encore inutilisé du comédien. Dès leur deuxième spectacle ensemble, il prend à rebours son éternelle image d’adolescent attardé en lui donnant le rôle du «vieux» dans les Chaises, de Ionesco, un personnage de 80 ans proche de la mort. Grimé au point d’en être méconnaissable, lesté par des chaussures de trois kilos chacune, l’acteur est radicalement transformé. «Luc m’a dépoussiéré. Il m’a amené ailleurs. Curieusement, je n’ai jamais eu autant le sentiment d’être moi-même que dans ce spectacle. A un moment, le personnage fait une déclaration d’amour à une femme qui n’est pas là. Je l’ai faite comme dans la vie. J’étais très proche de ma sensibilité, et Luc le savait. Il m’a appris à prendre des risques, à accepter de rater quelque chose. Et il m’a fait comprendre que la virtuosité ne doit jamais se voir.»

Toujours sous la direction de Luc Bondy, il joue Lenny dans le Retour, de Harold Pinter. Un dur à cuire à gueule d’ange aux antipodes de sa personnalité auquel il donne une nuance inquiétante de bête sauvage prête à bondir. Plus étonnante encore, son interprétation du rôle-titre dans Tartuffe, de Molière, en gourou décalé sorti tout droit des années 70, conjugue habilement l’aspect à la fois menaçant et dérisoire du personnage. A chaque fois, ses interprétations révèlent des capacités inouïes de transformation de soi-même en rupture avec ce que l’on s’attend à voir de la part d’un tel acteur.

Alchimie.

Il fallait tout l’art d’un Luc Bondy pour faire sortir au grand jour ces possibilités encore inemployées. «Micha a un immense talent de comique, explique le metteur en scène. Or, je pense que pour les rôles sérieux, il faut des comiques qui ont, comme lui, une profondeur car ça leur permet d’atteindre des niveaux de jeu très intéressants. Micha est un acteur agile, très rapide, avec un sens aigu de l’humour de situation. Avec Ivanov, je lui demande de jouer un rôle lent. C’est tout l’enjeu.»

Le théâtre est un artisanat, c’est également une alchimie. Tout est question de dosage. «L’humour est dans les détails», dit Micha Lescot. Luc Bondy travaille à opposer les contraires. Il sait peut-être que l’acteur préféré de Micha Lescot est en quelque sorte son opposé le plus radical, puisqu’il s’agit de Gérard Depardieu. «Il n’y a pas de comédien que je regarde avec plus de plaisir. J’ai joué avec lui dans une mise en scène de Háry János, l’opéra de Zoltán Kodály. Ce type est indéfinissable. C’est l’acteur le plus féminin que j’ai jamais vu. Il se lance sans filet devant une salle de 2 000 personnes et, à chaque fois, il sonne plus vrai que vrai. En l’observant, je me disais: "Il ne faut pas faire comme lui, sinon on va dans le mur." Il n’y a que lui qui peut faire ça.»

Par Hugues Le Tanneur  pour Libération

Photo Audoin Desforges

 


Ivanov d’Anton Tchekhov ms Luc Bondy. Odéon-Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon, 75006. A partir du 29 janvier. Rens. : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

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"L'odeur des planches", de Samira Sédira, mis en scène Richard Brunel

"L'odeur des planches",  de Samira Sédira, mis en scène Richard Brunel | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Interprété par Sandrine Bonnaire. Extraits en vidéo.

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« Une île flottante » : le meurtre discret de la bourgeoisie

« Une île flottante » : le meurtre discret de la bourgeoisie | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Les Echos :

 

Christoph Marthaler nous offre une version détonante de « La Poudre aux yeux » de Labiche. Le vaudeville ralenti, truffé de gags dadaïstes, devient une pantomime absurde et dévastatrice. Présentée à la Comédie de Reims pendant quelques jours, cette « île flottante » accostera à l’Odéon à Paris en mars.


Ne cherchez pas « Une île flottante » dans les oeuvres complètes de Labiche, la pièce n’existe pas. Christoph Marthaler s’est inspiré principalement de « La Poudre aux yeux » (1861) pour son dernier spectacle, produit par les théâtres Basel et Vidy Lausanne, actuellement à l’affiche pour quatre jours à Reims, avant Paris (Odéon) en mars. Le résultat –qui cite d’autres oeuvres de Labiche, Lewis Carroll, Gert Jonke ou Gustav Meyrink, quelques lieder et comptines– est savoureux, léger et déroutant comme le fameux dessert (bien) français. Est-ce des oeufs battus en neige qui suintent du transistor agonisant trônant au milieu de la scène _un des objets de choix qui peuple le décor bourgeois cauchemardesque imaginé par Anne Viebrock ? La scénographe, qui avait recouvert la cour d’honneur du Palais des papes d’Avignon de moquette bleue pour « Papperlapapp » en 2010, n’y est pas allée de main morte : croûtes au mur, meubles et bibelots de mauvais goût –sans oublier les animaux morts, empaillés, que trimbale l’air inquiétant le domestique maison (citation d’une autre comédie du grand Eugène : « Un Mouton à l’entresol »).


Christoph Marthaler fait imploser/exploser le théâtre de Labiche. Imploser, puisqu’il reprend les codes esthétiques, vestimentaires et comiques –troupiers ou grivois– du vaudeville pour mieux les détourner (tels ces embarras gastriques du docteur Malingear, qui viennent ponctuer le repas de famille chez les Ratinois). Exploser, parce qu’il met d’emblée des grains de sables (des cailloux) dans la mécanique bien huilée d’un vaudeville en apparence basique. Les Malingear ont une fille, Emmeline, qui prend des cours de piano quotidiens avec le fils Ratinois, Frédéric (un tout jeune avocat). On commence à jaser et un mariage s’impose. Pour s’impressionner mutuellement et faire monter la dote, les deux mères se jettent de la « poudre aux yeux », embellissant leur situation. L’oncle de Frédéric va découvrir leurs manigances. Il reviendra aux deux pères de faire éclater la vérité et de reconnaître la réalité de leur condition –moyenne sinon médiocre (Malingear est un médecin sans client et Ratinois un confiseur à la retraite).


Le metteur en scène suisse complique d’emblée l’affaire en introduisant le bilinguisme : les Malingear parlent français, les Ratinois, allemand, ce qui nous vaut un hilarant prologue incompréhensible, où les personnages en rang d’oignon devant le rideau rouge tentent de se situer (qui est qui...) dans les deux langues, sans jamais y parvenir. Marthaler se moque encore un peu plus de la convention en présentant une personnage ahuri et agité de tics, dame Friedelind, devenue prisonnière de son « a parte ».
Une fois le rideau ouvert sur le capharnaüm bourgeois, non seulement on se contente de survoler l’intrigue, mais on est pris totalement à rebours : exit le Labiche à deux-cents à l’heure qu’on voit d’habitude sur nos scènes, «Une île flottante » progresse à la vitesse d’un hérisson _celui que dépose bientôt le maître d’hôtel sur la table. La première scène s’étire à l’envi, peuplée de longs silences entre les répliques, comme si chaque mot relevait de la métaphysique. La vacuité-vanité, le ridicule des personnages sont mis ainsi cruellement en relief sur fond de volées de cloches ou de musiques décalées.


Succulentes caricatures
D’abord, le public ne sait pas sur quel pied danser, hésite à rire, puis il se laisse aspirer par le faux rythme du spectacle et succombe à l’humour des gag dadaïstes, qui s’enchaînent. Les personnages sont de succulentes caricatures. Ainsi du couple pitoyable formé par les deux fiancés qui ne cessent de s’apostropher d’une voix nasillarde : « Emmeline !... », « Frédéric !... ». Les gestes quotidiens les plus banals (brancher un transistor, accrocher un trophée au mur) tournent au ballet clownesque. Emmeline se met devant une harpe pour jouer du piano, arrache les pics du hérisson pour faire de la couture... Les chaises se cassent et les amants restent coincés... les Ratinois entrent à la queue-leu-leu et jettent une peau de banane, qu’ils enjambent... On passe sans crier gare de Pina Bausch à Charlie Chaplin. La troupe de Marthaler est virtuose dans la danse et dans le chant comme dans la comédie.


A petit feu, le vaudeville s’étiole. Les deux familles réunies pour conclure le mariage n’arrivent pas à communiquer. Les deux pères lisent leur discours écrits dans la langue de l’autre avec un accent épouvantable. Constat d’échec total. Finies les apparences, on déménage : on décroche les tableaux du mur, on emballe les bibelots, on emporte les meubles... On grignote du polystyrène expansé _blanc comme des oeufs en neige_ pour reprendre ses forces. Les protagonistes de « La Poudre aux yeux » prennent la poudre d’escampette... Seule Madame Ratinois essaie encore de se convaincre qu’elle (et son monde) tiennent debout , en répétant inlassablement « Ich... Ich » (« Moi... Moi »). Elle sera la dernière à quitter un « chez-soi » aussi obscène nu, qu’habité...
Marthaler nous offre en 2h20 chrono, un meurtre discret de la bourgeoisie et de son théâtre, en forme de pantomime absurde. Labiche n’aurait peut-être pas tout compris, mais gageons qu’il aurait bien ri.

 


DAS WEISSE VOM EI (UNE ILE FLOTTANTE) d’après Eugène Labiche. Mise en scène de Christoph Marthaler. A la Comédie de Reims (03 26 48 49 00) jusqu’au 24 janvier . A Paris, Odéon (01 44 85 40 40) du 11 au 29 mars. En français et en allemand (surtitré). 2h20.


Philippe Chevilley pour Les Echos

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Dorothée Munyaneza, François Verret : de la détente à la démence, l’art est un tout - Rue89

Dorothée Munyaneza, François Verret : de la détente à la démence, l’art est un tout - Rue89 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Jean-Pierre Thibaudat pour son blog :

 

La nouvelle création de François Verret a pour titre « Rhapsodie Démente ». « Samedi détente » est celui qu’a donné Dorothée Munyaneza à son premier spectacle. Les deux titres riment, une rime riche.

Du chant à la danse, une rencontre féconde

Entre danse, théâtre et musique, les deux spectacles se répondent, sans le savoir, dans un jeu d’échos que perçoit le spectateur qui les voit l’un à la suite de l’autre. Rien d’étonnant. La rencontre avec François Verret a été déterminante dans le parcours de Dorothée Munyaneza. Elle venait de la musique, il avait naguère suivi des études d’architecture avant de devenir un homme de la scène abordée par la danse. Ils se sont rencontrés en 2006. Il cherchait une voix. Ils se sont trouvés. Il concoctait des spectacles souvent inclassables depuis un quart de siècle, elle n’avait pas encore 25 ans.

Après quatre spectacles auprès de Verret, la musicienne devenue danseuse est allée voir ailleurs (Mark Tompkins, Kaori Ito, Roby Orlin, Alain Buffard) avant de signer aujourd’hui son premier spectacle où elle parvient enfin à pouvoir parler de son pays, le Rwanda, des siens et ce jours du 6 avril 1994 où sa vie et celle de tout un peuple bascula.

Vingt ans après, elle se souvient de la petite fille de douze ans qu’elle était alors, de sa mère loin d« elle (journaliste à Londres), de son père pasteur et protecteur, de sa sœur, des voisins, de “ Samedi détente ”, l’émission que tous écoutaient sur Radio Rwanda et qui diffusait des chansons souvent étrangères dont ensuite la petite Dorothée fredonnait les airs. Jusqu’au 6 avril 1994, premier jour des massacres.

Comment dire l’horreur, l’indicible, les plaies, les cadavres, les proches disparus, un pays qui ne sera plus jamais ce qu’il fut et où elle a fini par retourner ? Malgré tous livres parus, Dorothée Munyaneza juge qu’on a “ peu parlé du génocide ”. Et surtout “ quand on en parlait on en parlait mal ”. Aussi a-t-elle voulu “ mettre un accent artistique sur un sujet dont il reste encore beaucoup à dire ”. L’artiste qu’elle est devenue se souvenant de l’enfant-témoin qu’elle fut. Dans l’article qu’il lui consacre dans le revue Mouvement qui vient de commencer une seconde vie (j’y reviendrai) avec pour rédactrice en chef l’une de ses ex et jeunes collaboratrices (Aïnhoa Jean-Calmettes), Jean –Marc Adolphe cite fort à propos Paul Celan : “ Nul ne témoigne pour le témoin ”. (...)

 

Jean-Pierre Thibaudat pour son blog Théâtre et Balagan

 

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

 

Samedi détente" par Dorothée Munyaneza, "Rhapsodie démente" par François Verret "Le miroir de Jade" par Sandrine Bonnaire et Raja Shakarna«  Samedi détente  » théâtre Monfort (Paris) jusqu »au 31 janv, théâtre Garonne à Toulouse du 11 au 14 fév, Parvis deTarbes) le 26 fév, Théâtre en Dracénie de Draguignan le 26 mars, Théâtre Durance à Château-Arnoux-Saint-Auban le 28 mars, Agora d »Evry le 31 mars, Passerelle de Gap du 7 au 9 avril, Pôle Sud à Strasbourg le 14 avril, Théâtre de Liège (Belgique) les 39 et 30 avril, Vooruiy Gand (Belgique) le 13 mai, Festival de Vienne (Autriche) du 18 au 21 juin

 

«  Rhapsodie démente  ». Après la création à la MC2 de Grenoble, le spectacle effectue une longue tournée  : Pôle sud à Strasbourg du 21 au 23 janv, Théâtre National de Bretagne à Rennes du 27 au 31 janv, Manège de Reims le 14 fév, Maison de la culture d'Amiens les 10 et 11 mars, Apostrophe de Cergy Pontoise le 17 mars, Centre culturel de Taverny le 20 mars, Nouveau théâtre de Montreuil les 4 et 5 juin 

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Marseille : ce soir, un air de fête flottera sur le Vieux-Port

Marseille : ce soir, un air de fête flottera sur le Vieux-Port | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans La Provence :

 

Une cinquantaine d'artistes et un funambule animent les quais dès 19 h 30.

 

Avis aux amateurs de sensations fortes : pour la première fois ce soir- si la météo le permet- le funambule Didier Pasquette va relier les deux quais du port à 30 m au-dessus de l'eau, en ouverture de la Biennale internationale des arts du cirque, qui se déroule à Marseille et dans la région jusqu'au 22 février.

 

En parallèle, une cinquantaine d'artistes sont répartis sur six scènes, de l'Ombrière jusqu'à la mairie, qui offrent un festival des différentes disciplines circassiennes. " Quai des Belges, un funambule en vélo roulera sur un fil, détaille Guy Carrara, directeur du cirque Archaos, qui a signé la mise en scène du spectacle. La scène 'le goût du risque' est dédiée à la bascule, hongroise et coréenne, particulièrement spectaculaire ! Dj Zebra officiera sur la scène musicale, en alternance avec une batucada. Un peu plus loin, jongleurs équilibristes de grande hauteur jouent sur une scène mobile qui peut monter presqu'à la verticale ! Enfin, l'Arche du triomphe est dédiée à l'acrobatie aérienne."

 

Le spectacle sera relativement court. Il démarre à 19 h 30 et s'achèvera à 21 h. Pour cette manifestation, qui renoue avec les grands événements en plein air de Marseille 2013 Capitale européenne de la culture, la circulation est fortement perturbée. Pour se rendre sur le site, le mieux est d'emprunter les transports en commun 



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Les Inrocks - "Atlas" au théâtre de Nanterre-Amandiers, la parole est au peuple

Les Inrocks - "Atlas" au théâtre de Nanterre-Amandiers, la parole est au peuple | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Les Inrocks

 

Le samedi 24 et le dimanche 25 janvier, “Atlas” se produira au théâtre Nanterre-Amandiers. Nous avons assisté aux répétitions de cette pièce qui tente de battre en brèche la frontière entre acteur et spectateur.
Montée dans plusieurs pays à travers le monde, Atlas n’est pas une pièce comme les autres. Ses 100 acteurs sont à chaque fois recrutés sur place, parmi des volontaires issus des professions les plus diverses.

En une semaine, la troupe d’Atlas va apprendre à ce petit échantillon d’une société à exister sur scène. Le but est de donner à chacune des 100 personnes un espace de parole non-prédéfini. Durant le spectacle, ils vont défiler sur scène et faire entendre leur voix, les uns après les autres. Le plateau se remplit petit-à-petit jusqu’à ce que cette accumulation crée une telle masse de corps que le rapport entre public et acteurs s’égalise presque.

Nous avons rencontré Antonia Buresi, membre de la troupe, et Ana Borralho, metteur en scène et co-créatrice du projet :

“Dans combien d’endroits différentes avez-vous joué Atlas ?

Nous l’avons monté dans 25 lieux différents. Trois ou quatre fois au Portugal, deux fois en Suisse, en Belgique, en Grèce, en Espagne, en Italie, au Brésil, en Finlande, en Estonie et, maintenant, nous en avons plusieurs prévus en France ; à Montpellier, à Auch et à Valenciennes. La semaine dernière, nous l’avons fait à Saint-Médard, juste à côté de Bordeaux.

Comment se passe les répétitions avec ces acteurs qui découvrent le théâtre pour la plupart ? 

Il faut d’abord mettre tous les participants en confiance. Leur apprendre à développer une aisance sur scène et une écoute de leur partenaires. Chaque répétition commence par une séance d’échauffement où, comme aujourd’hui, ils apprennent à établir un contact physique entre eux puis nous dansons tous ensemble et enfin nous commençons à répéter la pièce à proprement dite. Cette phase d’échauffement est très importante car elle tisse un lien entre les participants et prépare l’éclosion de la parole qui arrive plus tard. Chaque personne se présente, dit quelque chose qui lui tient à coeur dans la vie. C’est toujours un moment très intense. Par exemple, il y a deux semaines, nous avions commencé à répéter le 8 janvier donc le lendemain de ce qu’il s’est passé à Charlie Hebdo. La parole qui a été générée par l’émotion que nous ressentions tous était fascinante. Dans ce groupe-ci, nous sentons que les gens ont besoin d’exprimer une peur liée au contexte actuel, de la crier pour l’évacuer. C’est un endroit, un moment, assez sensible. Par exemple, même hier, un jeune garçon de 19 ans a dit “Moi je n’aime ni la barbarie, ni Charlie Hebdo” et il veut répéter cette phrase dans le spectacle. Après cette déclaration, des gens sont venus nous voir pour en discuter. Donc oui, c’est périlleux et délicat mais en même temps passionnant de voir à quel point Atlas est lié au contexte dans lequel la pièce est montée.

Une grande partie du travail de répétition que vous demandez à vos acteurs est basé sur le rapport à l’autre, autant verbal que physique, avez-vous observé des différences entre les pays à ce propos ?

Oui, en Estonie par exemple, nous jouions dans une très petite ville, tout le monde se connaissait. Ca m’a rappelé Dogville (ndlr. le film de Lars Von Trier). C’était assez difficile de les amener à se toucher les uns les autres. Mais après trois ou quatre jours de répétition, ils commencent à se relâcher et à ressentir le besoin de contact avec l’autre. Aujourd’hui, dans notre société occidentale, on ne se touche presque plus. Au Japon, ils se touchent encore moins. Par contre, ce sont des clichés mais, au Brésil, c’était complètement diffèrent. Leur rapport à la danse est beaucoup plus développé que chez nous. Les codes ne sont pas les mêmes. A Gand en Belgique, du côté flamand, les gens étaient très disciplinés. Ils avaient une rigueur qui se retrouvait dans leur proposition et nous avions du mal à les faire sortir de cette rigueur. Au contraire, en Italie, nous avions besoin de travailler la discipline mais ils n’avaient pas de problème du côté de la créativité.

Maintenant que vous êtes arrivés à votre 25e Atlas, qu’est-ce qui vous intéresse le plus, est-ce les répétitions ou le résultat final ?

Quand nous avons commencé avec la pièce en 2011, nous pensions n’en faire qu’une. Puis nous avons monté la pièce à nouveau et, là, nous avons réalisé à quel point le processus nous plaisait. On a compris qu’il était aussi très important pour les gens, plus que le résultat. On apprend énormément de choses sur les gens et la société dans laquelle ils vivent en montant cette pièce. Pour moi, le résultat est aussi important que le processus de création. Et puis, on passe quand même du temps avec eux. On pourrait s’imaginer qu’avec 100 personnes en une semaine, nous sommes condamnés à rester dans l’anonymat et dans la gestion d’un groupe mais pas du tout. Ils se livrent et un lien se crée, notamment le premier jour avec ce tour de table où chacun raconte un peu qui il est. Ils s’engagent très vite dans une confiance envers nous et dans le partage avec le groupe. Après le spectacle, ils continuent même parfois à se voir via des associations ou les réseaux sociaux.

 Quelle est la portée politique de la pièce ?  

Mon inspiration pour cette pièce se trouve aussi dans le travail de Joseph Beuys. Il veut que le spectateur se voie sur scène, comme dans un mirroir. Notre but est d’effacer au maximum cette frontière entre la salle et le scène. Avec Atlas, on réalise ce saut. Le spectacle est une expérience qui nous enseigne qu’on fait tous partie d’un monde, qu’on peut tous exprimer sa voix et qu’on partage une responsabilité commune. La notion de prise de parole et d’échange est très importante pour nous. Dans notre société, les clivages empêchent les croisement entre les gens. Là, nous assistons à une somme de parcours qui nous amène à échanger et à écouter. La prise de parole de chacun s’effectue à égalité.

 Est-ce la représentation d’une utopie ?

Je ne sais pas si c’est une utopie. Le message consiste aussi à dire  qu’on a tous, individuellement, une voix et que, si on additionne cette voix à d’autres voix, on peut changer les choses. Il y a donc un côté très concret et ancré dans le réel. C’est une prise de conscience de notre capacité à secouer le monde. Cet aspect là de la pièce est une ode à la démocratie mais à une démocratie à petite échelle, qui s’organise en petit foyer.

 D’où vient le titre de la pièce, Atlas ?

Il vient du titan grec qui a été condamné par Zeus à porter le monde sur ses épaules. Ce titre est aussi lié à l’origine de la pièce. En 2011, le premier Atlas a été créé pour l’anniversaire d’un théâtre mais aussi parce que nous sentions que nous devions faire quelque chose en rapport avec la crise financière et les coupes budgétaires qui sévissaient au Portugal à l’époque. Il y avait une nécessité de dire non, de créer un espace de parole et d’expression de ce désaccord. A ce moment, il s’agissait vraiment de dire non dans la pièce. Puis, quand on a commencé a tourner avec Atlas, on s’est rendu compte que la pièce pouvait aussi servir à dire oui.

On sent le plaisir et le côté thérapeutique de l’expérience que vivent ces 100 personnes, cette vertu thérapeutique est-elle un de vos objectifs ?

On a conscience que cela fait du bien aux gens d’être sur scène, de s’exprimer et de renouer un contact physique avec l’autre mais ce n’est pas notre volonté première. Notre rôle n’est pas de soigner ou d’enseigner quelque chose. C’est une rencontre, un échange qui permet l’expression de la parole, la création d’un réseau social. Nous leur amenons simplement un projet et une structure scénique dans laquelle ils peuvent s’exprimer.”

 

Au moment de la pause, nous avons également pu discuter avec ces acteurs d’une semaine qui nous ont fait part de leur impressions. “Lors des premières séances, quand chacun a commencé à parler de lui, de ce qui était important dans sa vie, même en terme de citoyenneté, c’était très fort, beaucoup plus fort que ce que je pensais“; nous raconte une attachée culturelle de la ville qui a même fait louper l’école à sa fille pour qu’elle puisse participer à l’expérience. Une autre participante pense que “L’intérêt de ce travail, c’est de voir les barrières tomber, de se rendre compte qu’il n’y a pas d’espace entre des “artistes” et le public. Et puis cela donne un panorama de la ville de Nanterre“. Une des comédiennes conclut : “Nous sommes issus de tous les milieux, de tous les âges et de toutes les professions mais ce que nous avons en commun, c’est le goût pour l’expression et le théâtre. Pour la première fois, je préfère être sur la scène plutôt que dans le public. C’est une bouffée d’oxygène!“.

Représentations le samedi 24 à 20h30 et le dimanche 25 janvier à 15h30, durée : 1h10, spectacle gratuit mais réservation conseillée sur le site du théâtre de Nanterre-Amandiers ou par téléphone.


par Bruno Deruisseau pour Les Inrocks.

http://www.lesinrocks.com/2015/01/23/arts-scenes/scenes/atlas-au-theatre-de-nanterre-amendiers-la-parole-est-au-peuple-11549767/#.VMLx2D5mX8M.twitter

 



Le spectateur de Belleville's insight:

Ce soir et demain au Théâtre des Amandiers de Nanterre

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"Tupp" de Nasser Djemaï, par Angélique Clairand, tournée avec la Comédie itinérante (Loire et Haute-Loire)

"Tupp" de Nasser Djemaï, par Angélique Clairand, tournée avec la Comédie itinérante (Loire et Haute-Loire) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Paru dans L'Essor :

 

Théâtre : Une femme dans la crise

 

Le nouveau spectacle de la comédie itinérante invite à une fable moderne. Il était une fois en temps de crise madame tout le monde qui gravissant les échelons de la vente à domicile sort la tête de l'eau. Mais elle s'y brûlera les ailes. Tupp' ou la coupeuse de feu en tournée jusqu'au 7 février dans la Loire et la Haute-Loire.

La société Tupperware est connue de par le monde, son nom est devenu un mot courant utilisé dans notre quotidien au même titre que frigo.
Elle ne connaît pas la crise cette entreprise recrutant en permanence qui compte plus de 33 000 conseillère(er)s culinaires en France et ce à travers 60 concessions réparties dans tout le territoire. Le postulat de départ est alléchant : vendre comme si de rien était durant une soirée entre copines, et copains de copains, tout en échangeant des recettes de cuisine. Et ça marche : un Français sur cinq achète une fois par an des produits de la vente à domicile.
« En 2007, j’ai créé La Bête à deux dos ou le coaching amoureux  de Yannick Jaulin qui s’inspire notamment du phénomène de société qu’est le love coaching. Tupp’ s’inscrit dans la lignée de ce précèdent spectacle. Il se nourrit de l’évolution croissante de la vente à domicile ainsi que du quotidien de conseillères culinaires, monitrices et concessionnaires chez Tupperware. » Angélique Clairand est l’unique interprète du sensible et drôle, Tupp’ ou la coupeuse de feu. La comédienne est aussi l’initiatrice du projet. Elle a mené un véritable travail d’investigation avec son équipe. À la manière d’une Sophie Calle, Angélique Clairand et ses acolytes se sont « infiltrés » dans le milieu de la vente à domicile, participant aux soirées, rencontrant des vendeuses, des monitrices, des clientes, allant à la découverte des concessions.

Stéphanie in wonderland

Au fur et à mesure la comédienne s’est inventée un personnage, Stéphanie Bugeaud, pour naviguer incognito dans ces meetings. Elle a confié les témoignages qu‘elle a recueillis et son expérience à Nasser Djemaï pour qu’il en écrive une pièce. Le texte se veut une fable initiatique moderne qui recèle quelques éléments biographiques de la conceptrice du spectacle. Pour exemple Stéphanie Bugeaud a été élevée dans une ferme, comme Angélique qui s’est souvenue de réunions auxquelles sa mère participait. L’héroïne vient du même endroit que son interprète, la Vendée dont on peut entendre dans le spectacle le patois que la grand-mère parle.
Dans Tupp’ cette aïeule qui dispose d’un don héréditaire le détecte aussi chez sa petite-fille. Elles peuvent couper le feu, soigner les brûlures à distance. C’est un don de la nature, pour le garder, une condition sine qua non : ne pas le monnayer. Stéphanie Bugeaud va enfreindre la loi…
Dès les premières minutes ce personnage, ordinaire, vêtue de vêtements bon marché nous immerge dans son histoire. Nous voilà tombant comme Alice à la poursuite de Stéphanie Bugeaud. Elle est fille d’agriculteurs, elle a rencontré le père de ses deux enfants, travaille dans son garage, n’aime pas sa belle-mère, divorce, se retrouve seule à élever son fils et sa fille. Elle ne s’en sort pas financièrement malgré le fait qu’elle s’active. Une amie l’incite à s’intéresser à la vente à domicile, pour les produits Tupperware. Sans diplômes ni passe droit les échelons peuvent se gravir… Il suffit d’avoir la bosse du commerce ou détenir un autre don, précieux, spécial comme celui d’enlever le feu… 
Pour connaître la morale de cette histoire, je vous invite à pousser la porte du théâtre pour entrer dans le monde désenchanté de Stéphanie Bugeaud et l’univers merveilleux d’Angélique Clairand.

Florence Barnola

Salle Jacques à Bourg-Argental, mardi 27 janvier à 20 h 30 ; salle des fêtes de Régny, samedi 31 janvier à 20 h 30 ; théâtre Couzon à Rive-de-Gier, jeudi 5 février à 19 h 30 ; salle Georges Brassens à Cellieu, samedi 7 février à 20 h.

 

La compagnie stéphanoise des Lumas qui a créé le spectacle Tupp' a été fondée par Eric Massé (membre du collectif artistique de la Comédie de Valence) et Angélique Clairand après leur sortie de l’École de la Comédie de Saint-Étienne à la fin des années 1990.
« Mobilisée pour un théâtre en prise directe avec le public, la Compagnie tente d’inventer de nouveaux rapports avec ce dernier en l’intégrant dans son processus de réflexion et de création. Se mobiliser, c’est croire en la vertu de la parole et la faire circuler entre les différents acteurs de la cité (auteurs, comédiens, spectateurs…). Cette parole pose le problème de l’individu face à la société où se joue la tragédie du politiquement correct et son cortège de mensonges, et propose des figures en rupture avec le consensus social, en quête de leur vérité. »

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Un mois de cirque à Marseille pour la première d'une biennale internationale

Un mois de cirque à Marseille pour la première d'une biennale internationale | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Marseille (AFP) - Marseille accueille à partir de jeudi une grande partie des spectacles de la première Biennale internationale des arts du cirque, avec au programme quelque 260 représentations de 55 compagnies du monde entier.

Cette première édition de la Biennale se déroulera au total dans 23 villes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec des troupes venant de 55 pays, dont l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Danemark, Israël ou Madagascar.

La biennale, qui durera jusqu'au 22 février, sera officiellement ouverte samedi, avec une soirée gratuite à Marseille, qui verra notamment - sauf si la météo l'en empêche - le funambule Didier Pasquette traverser le Vieux-Port à 30 mètres de hauteur et sur une distance de 300 mètres.

"C'est une bonne traversée bien conséquente, quand même, parce que généralement, les traversées que je réalise en ce moment font en gros un petit peu moins de 200 mètres", a déclaré à l'AFP M. Pasquette mercredi. "C'est au moins entre 20 et 40 minutes de traversée sur le fil, c'est vraiment très intense", a-t-il expliqué.

"Le gros souci, ici à Marseille, c'est le mistral. Tant que je ne sais pas vendredi et samedi, quelle va être la météo, ça va être un peu stressant", a ajouté celui qui a déjà à son actif notamment des traversées de la Tamise ou du Stade de France.

Vingt-cinq créations seront dévoilées au public lors de ce festival du cirque, pour lequel quelque 100.000 spectateurs sont attendus au total. A Marseille, un village de six chapiteaux sera notamment installé sur l'esplanade du Mucem en bord de mer, où auront lieu une soixantaine de représentations sur les quelque 140 accueillies au total dans la ville.
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Danser sur un champ de bataille

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Par Rosita Boisseau pour Le Monde :

 

Guerre 14-18, génocide rwandais, conflit israélo-palestinien… Quand les chorégraphes mettent en scène la guerre.

 

Glaçante. La nouvelle pièce du chorégraphe François Verret laisse peu d’espoir. Pas pour rien qu’elle s’intitule Rhapsodie démente. Centrée sur la guerre de 14-18, sa noirceur est totale ; sa lucidité et sa dinguerie, sans remède. Elle a des airs de fiction, elle saute à la tête comme un coup de boule. Entre la tuerie de Charlie Hebdo qui a vidé la salle de la MC2 de Grenoble, jeudi 8 janvier, et la prise d’otages de la porte de Vincennes le lendemain, cette Rhapsodie démente, débordant sur tous les conflits et le « business » du terrorisme, tombe tellement à pic qu’on en reste pétrifié. Hasard (ou pas) d’une époque barbare, la guerre et la violence soulèvent une salve de spectacles chorégraphiques traitant de conflits, tous variés, tous aigus. Une conjonction qui sonne comme une alarme.



Du continent africain, le Burkinabé Serge-Aimé Coulibaly, au festival Faits d’Hiver, du 14 au 17 janvier, proposait dans Nuit blanche à Ouagadougou, sa vision de la fin de Blaise Compaoré ; le Congolais Andréya Ouamba s’attaque aussi au poids de la violence dictatoriale dans J’ai arrêté de croire au futur. D’origine rwandaise, Dorothée Munyaneza témoigne, avec sa première pièce Samedi détente, sur le génocide. D’Israël, Arkadi Zaides rapporte Archive, un solo enraciné dans le conflit israélo-palestinien…



La commémoration de la première guerre mondiale a entraîné quelques productions comme, l’opéra Shell Shock (syndrome des tranchées), mis en scène par Sidi Larbi Cherkaoui, sur un livret de Nick Cave et une musique de Nicholas Lens, à l’affiche de la Monnaie, à Bruxelles, en octobre 2014. Cherkaoui y rassemblait côte à côte toutes les armées plongées dans la même boucherie, hypnotisait par sa façon pressante et douce. Shell Shock se terminait par la vision d’un gamin palestinien les armes à la main. « La plupart des problèmes au Moyen-Orient sont des conséquences des guerres mondiales, commente Sidi Larbi Cherkaoui. Il me semblait naturel de finir sur une image de cet enfant qui est le résultat du conflit de “ses parents”. »


Horreur et affliction
A l’opposé, la pièce de François Verret attaque à la gorge par la virulence de ses images, corps solitaires qui gueulent et tremblent, humains rafistolés à coups de prothèses. Horreur et affliction, schizophrénie et folie. Il interroge aussi, comme Cherkaoui, la responsabilité des parents et l’héritage qu’ils laissent. « J’ai voulu me poser la question : pourquoi la guerre ? Pourquoi sa répétition ? Pourquoi le déni ? insiste le chorégraphe. Nous devons prendre le temps de regarder toutes ces guerres en chacun de nous pour tenter d’échapper à la fatalité de la répétition. »

Danser la guerre, est-il possible ? Une réponse historique s’impose. En 1932, en pleine montée du nazisme et à quelques encablures de la seconde guerre, l’Allemand Kurt Jooss dressait La Table verte, suite de huit tableaux implacables, oppressants. La vigueur expressionniste, jusqu’à la caricature parfois, de sa vision du monde politique en train de décider de la guerre autour d’une table, du peuple qui paye l’addition, tombe comme un couperet. Ce chef-d’œuvre intemporel, régulièrement remonté, n’a rien perdu de son pouvoir d’effroi.

Sur les plateaux aujourd’hui, l’un des points communs des spectacles, esthétiquement très différents, claque au visage. Tous secouent les corps, les cassent, les jettent. Qu’il s’agisse de Serge-Aimé Coulibaly, d’Arkadi Zaides ou de Sidi Larbi Cherkaoui, qui se risquait même dans Shell Shock à faire crapahuter ses interprètes fusil à la main, les tensions physiques explosent dans une écriture de la déflagration.



Des mots humains sur des actes
« Certains disent que de mettre en scène la violence en produit une autre forme, souligne Arkadi Zaides. Je pense qu’il est crucial de questionner ces gestes qui nous débordent et existent dans chacun de nous. Dans Archive, je suis constamment en train de résister à leur pouvoir ». A la guerre comme à la guerre, la brutalité et le chaos l’emportent jusqu’au malaise. Chez François Verret, entre des tombes et des ombres, les interprètes principales – quatre femmes – n’en finissent pas de se tordre et de se tétaniser. Quant à Dorothée Munyaneza, par ailleurs longtemps interprète de Verret, elle opère un transfert de violence dans le corps de sa complice, la danseuse ivoirienne Nadia Beugré, qui chute régulièrement au sol comme un cadavre.

Paradoxalement, ces spectacles très dansés, très physiques, s’appuient aussi sur des textes. Parce qu’il faut tenter de comprendre ce que traverse le corps, mettre des mots humains sur des actes qui ne le sont pas ? Qu’il s’agisse des déclarations revendicatrices du rappeur Smockey, dans Nuit blanche à Ouagadougou, ou du discours politique ironique écrit et dit par le comédien camerounais Wakeu Fogaing, pour J’ai arrêté de croire au futur, la violence semble avoir besoin de déclarations, de mots.

François Verret, grand lecteur, ici nourri de textes d’Heiner Müller, du sous-commandant Marcos, de Ghérasim Luca, en extirpe une partition vocale hachée, d’une atroce nervosité. Dorothée Munyaneza, elle, a écrit son récit pour Samedi détente, du nom de l’émission de radio qu’elle écoutait gamine. Elle avait 12 ans en 1994. Elle raconte avec pudeur. Père pasteur protecteur de Tutsis, mère journaliste habitant Londres, amis et famille sur la route… Elle omet de préciser si elle est tutsi ou hutu. « Parce que je ne me suis jamais vraiment posé la question, précise-t-elle. Mes parents m’ont élevée sans catégoriser les hommes, en me poussant à me considérer d’abord comme rwandaise. »


Percussions sauvages
Même réduite à des cris ou une bouillie, la voix est là, celle des victimes comme des bourreaux, plongée souvent dans un bain sonore explosif. Elle est douce chez Munyaneza, elle n’a plus rien d’humain chez Verret. Les voix hurlent, escaladent les aigus et chutent dans les graves à toute vitesse, jouent à l’enfant ou la sorcière, sur les percussions sauvages de Jean-Pierre Drouet.

La question de l’empathie et de ses dangers surgit parfois au détour de certaines pièces. A force de reproduire les gestes agressifs de certains Israéliens dans les territoires occupés, Arkadi Zaides fait affleurer par instants la possible contamination de la violence. « L’empathie est pour moi un moyen de comprendre l’autre, précise-t-il. Je veux refléter le corps de ma communauté. C’est en observant et en pratiquant cette violence que j’ai perçu l’importance du rôle du nationalisme et de la religion dans la construction de soi. »

Perturbants, au risque de la sidération, ces spectacles critiquent et dénoncent. Ils sortent aussi le drapeau blanc comme dans Shell Shock. « Les paroles de Nick Cave étaient très antinationalistes, pointe Sidi Larbi Cherkaoui. Ce qui m’a permis de trouver des contrastes sur scène entre la fidélité envers un pays et le besoin de s’en distancier. Il n’y a rien que de la misère dans une guerre, que des perdants. Plus qu’une ode aux victimes, j’ai voulu créer un opéra qui inspire à refuser ce genre de combat. »

 

Rosita Boisseau pour le Monde

 


Rhapsodie démente, de François Verret. En tournée : 23 janvier, Strasbourg ; du 27 au 31 janvier, Rennes ; 14 février, Reims ; 10 et 11 mars, Amiens.

Samedi détente, de Dorothée Munyaneza. Théâtre de la Ville-Le Monfort, 106, rue Brancion, Paris 5e. Jusqu’au 31 janvier, à 19 h 30. Tél. : 01-42-74-22-77. De 16 à 26 euros.

J’ai arrêté de croire au futur, d’Andréya Ouamba. Cartoucherie - Atelier de Paris Carolyn Carlson, route du Champ-de-Manœuvre, Paris 12e. Du 23 au 24 janvier, à 20 h 30. Tél. : 01-43-74-24-08. De 10 à 20 euros.

Archive, d’Arkadi Zaides. Théâtre national de Chaillot, place du Trocadéro, Paris 16e. Jusqu’au 30 janvier, à 20 h 30. Tél. : 01-53-65-30-00.

Et aussi : Monument 0, d’Eszter Salamon. Centre Pompidou, Paris 4e. Du 29 au 31 janvier, 20 h 30. Tél. : 01-44-78-12-33.

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"Sauver la peau" de David Léon / Extrait lu par l'auteur - Vidéos de théâtre

"Sauver la peau" de David Léon / Extrait lu par l'auteur - Vidéos de théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it
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