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Les jeunes / Quarante-cinq tours / de et par David Lescot

Les jeunes / Quarante-cinq tours / de et par David Lescot | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les jeunes tout un monde ado

 

un groupe de garçons, trop idéalistes, un groupe de filles, complètement folles…
le rock comme moteur de la jeunesse, au bord de l’explosion.
L’adolescence est un monde en soi, une fiction, un conte avec ses codes secrets, son langage hermétique, ses personnages aux corps étranges, son mélange de bêtise et de génie. Les Jeunes racontent en musique l’ascension et l’explosion de deux groupes de rock préadolescents, « Les Schwartz » et « Les Pinkettes ». Guitares mythiques, parents dépassés, agents tapis dans l’ombre, manifestes esthétiques inapplicables. Car ce que les jeunes préfèrent dans les règles, c’est les transgresser, y compris celles qu’ils se donnent à eux-mêmes…

 

Entretien par Hugues Le Tanneur

 

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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL SON AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

 Les auteurs des articles et les publications sont systématiquement indiqués en fin d’article. 

 

Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

Pour suivre régulièrement l’activité de la Revue de presse : vous pouvez vous abonner (bouton vert FOLLOW) et, en inscrivant votre adresse e-mail ou votre profil Facebook,  recevoir des nouvelles par mail des publications les plus récentes de la Revue de presse

 

 

Vous pouvez aussi, si vous êtes inscrits sur Facebook, aller sur la page de la revue de presse théâtre à cette adresse : https://www.facebook.com/revuedepressetheatre

et  « liker » cette page pour être tenu à jour des nouvelles publications.

 

Vous pouvez faire une recherche par mot sur trois ans de publications de presse et de blogs théâtre, soit en utilisant la liste affichée ci-dessus des mots-clés les plus récurrents , soit en cliquant sur le signe en forme d’entonnoir - à droite de la barre d’outils - qui est le moteur de recherche de ce blog ("Search in topic") . Cliquer sur l'entonnoir et ensuite taper un mot lié à votre recherche. Exemples : « intermittents » (plus d’une centaines d’articles de presse comportant ce mot) « Olivier Py» ( près de quarante articles ), Jean-Pierre Thibaudat (plus de quatre-vingt articles),  Comédie-Française (plus de cinquante articles), Nicolas Bouchaud (seize articles), etc.

 

Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Olivier Atlan, directeur de la Maison de la Culture : « Tout est fait pour ralentir le projet »

Olivier Atlan, directeur de la Maison de la Culture : « Tout est fait pour ralentir le projet » | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le directeur de la MCB rompt le silence. Lassé de prendre des coups, il répond aux détracteurs du projet. Et règle quelques comptes.

Après avoir gardé le silence pendant des mois – et notamment durant la campagne municipale au cours de laquelle la reconstruction de la MCB a été l’objet d’affrontements politiques – vous acceptez aujourd’hui de sortir de votre silence. Est-ce parce qu’il y a le feu ? Aujourd’hui, un nouveau cap a été franchi dans l’irrationnel : voici que le projet de reconstruction de la MCB devient anti-écologique et anti-jeunes. Les arbres du parking Séraucourt rebaptisé « jardin » sont apparemment plus précieux que ceux du Prado ou d’autres chantiers de Bourges. Depuis plus d’un an, malgré elle, la MCB, son équipe, et accessoirement son directeur se retrouvent au centre d’un conflit symbolique joyeusement alimenté par un rapport névrotique au patrimoine et par des stratégies personnelles ou politiques démagogiques. Tout est fait pour ralentir le projet, quitte à prendre des libertés avec les faits. Qui est dans le déni de démocratie : les élus qui ont voté au conseil municipal à une large majorité dépassant les clivages politiques la construction sur un nouveau site ou ceux qui n’ont pas eu la majorité et en appellent aujourd’hui aux citoyens ? Je me suis donc tu mais le temps est effectivement venu aujourd’hui de parler.

 

 

(...)

 

Aujourd’hui, la MCB accueille moins de 25.000 spectateurs pour le spectacle vivant chaque année. En période de hors les murs, difficile de faire mieux mais cela met Bourges au niveau d’une scène nationale française moyenne en termes de fréquentation. Or, le ministère de la Culture apporte plus d’1,2 million d’euros par an au financement de la MCB, bien plus que pour nombre d’établissements du réseau national. Mais ce financement et le label de scène nationale sont aussi directement liés au projet de reconstruction à l’étude depuis tant d’années. Sans projet architectural cohérent, adapté et mis en œuvre rapidement, le label de scène nationale et le financement ne seraient plus légitimes pour la MCB. C’est aussi simple que cela.

 

 

Entretien par Philippe Noireaux

 

 

 

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« Pixel », de Mourad Merzouki (critique), festival Kalypso, M.A.C. de Créteil

« Pixel », de Mourad Merzouki (critique), festival Kalypso, M.A.C. de Créteil | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Impressionnants ce monde et cette ferveur à la Maison des arts de Créteil ! Le festival Kalypso, véritable vitrine de la création chorégraphique contemporaine, bat son plein. Du 12 au 30 novembre, le festival accueille une vingtaine de compagnies dans plusieurs lieux franciliens et réunit un large public autour de nombreuses rencontres, ateliers, master class, battle, et même un marathon de la danse.
Mourad Merzouki, son directeur, l’a voulu populaire et exigeant. C’est réussi. Cela n’empêche pas cette grande figure du hip-hop au succès international d’être là où on ne l’attend pas, car celui-ci aime faire se rencontrer des univers artistiques différents. Fasciné par la projection lumineuse développée par la Cie A.M.C.B., il a justement souhaité tester un rapport original entre la danse et les nouvelles technologies. Il a donc conçu Pixel, avec Adrien Mondot et Claire Bardainne, inventeurs d’un langage numérique vivant se faisant par l’intuition du corps.
Mer de pixels
Des bougies sur la scène ! Même si elles sont téléguidées, voilà qui n’est pas commun en préambule du spectacle. Petit pied de nez pour commencer et bel effet d’illusion. Cela n’est qu’un début… L’essentiel de Pixel repose sur la performance des interprètes qui jouent avec virtuosité des pieds et des mains (de tout, en fait !), ainsi que sur la magie des projections numériques. C’est un ballet pour dix danseurs-acrobates et des milliers de points. Sur scène, des êtres de chair et de sang plongés dans un univers en trompe-l’œil tentent d’apprivoiser ces drôles de pixels de plus en plus envahissants. Vont-ils finir noyés ? Emportés vers l’infini et au-delà ?

 

Léna Martinelli pour le blog "Les Trois coups"

 

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Pixel, de Mourad Merzouki

 

Tournée :

– Du 27 au 30 novembre 2014 : festival Automne en Normandie, Cirque Théâtre d’Elbeuf

– Le 2 décembre 2014 : Le Granit, scène nationale de Belfort

– Le 6 décembre 2014 : Le Carré, Sainte-Maxime

– Les 9 et 10 décembre 2014 : L’Hexagone, Meylan

– Le 13 décembre 2014 : Théâtre de l’Olivier, Istres

– Le 16 décembre 2014 : Théâtre en Dracénie, Draguignan

– Le 6 janvier 2015 : L’Hippodrome, Douai

– Du 8 au 10 janvier 2015 : Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines

– Les 13 et 14 janvier 2015 : Le Forum, Blanc-Mesnil

– Le 17 janvier 2015 : Festival de danse de Cannes

– Du 20 au 30 janvier 2015 : Maison de la danse de Lyon

– Du 3 au 5 février 2015 : Le Corum, Montpellier

– Du 7 au 10 février 2015 : Théâtre Jean-Vilar de Suresnes

– Le 13 février 2015 : Théâtre Jean-Arp, Clamart

– Les 3 et 4 mars 2015 : L’Archipel, nouveau théâtre de Perpignan

– Le 12 mars 2015 : Théâtre de Cusset

– Les 17 et 18 mars 2015 : Bonlieu, scène nationale d’Annecy

– Le 20 mars 2015 : Théâtre Louis-Aragon, Orly

– Le 24 mars 2015 : espace Jean-Legendre, théâtre de Compiègne

– Le 26 mars 2015 : espace Albert-Camus, Bron

– Le 28 mars 2015 : Théâtre de Saint-Maur

– Le 3 avril 2015 : espace Michel-Simon, Noisy-le-Grand

– Le 8 avril 2015 : Théâtre Anne-de-Bretagne, Vannes

– Le 22 avril 2015 : maison de la culture d’Amiens

– Le 28 avril 2015 : Théâtre de Bourg-en-Bresse

– Le 9 mai 2015 : L’Arsenal de Metz

– Le 21 mai 2015 : L’Embarcadère de Montceau-les-Mines

http://vimeo.com/96172841

 

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Le théâtre modernise les contes d'Andersen

Le théâtre modernise les contes d'Andersen | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par culturebox.tv :

 

Les contes du Danois Hans Christian Andersen sont propulsés dans la modernité avec deux pièces de théâtre à l'affiche à Paris, inspirées de son univers humaniste et merveilleux, "La Petite Fille aux allumettes" au studio théâtre de la Comédie Française et "Sirènes" au Théâtre du Rond-Point.

 

Olivier Meyrou n'a pas craint d'affronter la cruauté de "La petite fille aux allumettes", morte de froid la nuit de Noël après avoir brûlé une à une toutes les allumettes qu'elle tentait de vendre aux passants. L'utilisation du son et de la vidéo lui permet d'évoquer avec délicatesse les rêves et émotions de la petite fille "sans édulcorer le contenu de l'histoire, qui est d'une cruauté terrible", convient-il.
              
Le père pousse le chariot de superma

rché d'un SDF d'aujourd'hui et on entend l'abbé Pierre lancer à la radio son appel de février 1954 en faveur des pauvres. Avec un décor fait de trois bouts de ficelle - cartons, vieux papiers - le metteur en scène nous fait partager le quotidien de milliers de sans-abri, la faim, le froid, la peur. 


Anna Cervinka interprète la petite fille avec une grâce mêlée de cocasserie qui évoquent Charlie Chaplin. Céline Samie et Nazim Boudjenah sont parfaits dans le rôle des parents trop fragiles pour protéger leur enfant. Destinée aussi bien à un public d'enfants que d'adultes, la pièce ne tombe jamais dans le misérabilisme.



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"La Petite Fille aux allumettes", jusqu'au 4 janvier 2015, au studio théâtre de la Comédie Française. 


"Sirènes", joué jusqu'au 6 décembre 2014 au Théâtre Rond-Point, sera en tournée à Cesson-Sévigné (35), Elancourt (78) et Chevilly-Larue (94) en mars 2015. 

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Lazare et ses contes pour enfants passages

Lazare et ses contes pour enfants passages | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans l'Humanité :

 

Avec "Petits Contes d’amour et d’obscurité", Lazare confirme qu’il est des metteurs en scène les plus atypiques de sa génération. Et des plus intéressants.


Ils avancent pour ne pas tomber. S’accrochent comme ils peuvent à la vie, à leur drôle de vie. Gamins présumés coupables. De vivre. Ça ne tourne pas bien rond dans leur caboche. Ils se bousculent, cruels, s’enlacent, s’aiment, quand pas grand monde les aime. La violence, l’amour, ces mômes-là en ont à revendre, mais comme on ne sait pas quoi en faire, on les oublie dans une école fantôme, loin du regard des autres. Alors ils poussent comme ils peuvent, telles de mauvaises herbes rebelles, qui résistent à tout. Dehors, les marais, la forêt, la nuit, une cabane. Peur, attraction, frissons, jouissance, défis, on joue aux grands mais, au fond, ils ne sont encore que des enfants. Ils sont lâchés dans la vie, le monde est une jungle. Enfant-Chaperon rouge ; enfant-Petit Poucet ; enfant-Bambi, enfant-Mowgli, enfant-Pinocchio, les enfants de Lazare avancent à tâtons, poussés par les ailes du désir plus fort que la peur du prédateur. Ils ont un air de famille avec les mômes de Vigo dans Zéro de conduite, avec le Jean-Pierre Léaud des Quatre Cents Coups de Truffaut.

Les Illisibles, première partie du spectacle, sont suivis de Quelqu’un est Marie. Marie tourne en rond, seule, perdue dans le brouhaha de la ville. Elle vit entourée de fantômes, le sien, celui de son amant un jour disparu. Elle parle dans le vide, percevant l’écho de sa voix qui lui renvoie sa solitude. Entre les deux pièces, rien, pas de raccord, juste les décors déplacés et les acteurs qui repartent dans une autre direction. On les observe se métamorphoser à vue, jouer avec les décors, de grands panneaux transparents, deux énormes cubes, ouverts, fermés, des lianes auxquelles chacun va s’accrocher. Surtout Claire Nouteau, sorte de Fée Clochette qui exécute des mouvements de voltige époustouflants, jouant sur terre comme au ciel, gracile et gracieuse. Avec elle et dans cette folle embardée, Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Axel Bogousslavsky, Laurent Cazenave, Julien Lacroix et Philippe Smith, tous incroyablement présents, qui donnent chair à cette galerie de personnages, les rendant vivants, palpables.

 

Marie-José Sirach pour l'Humanité

 

CLIQUER SUR LE TITRE OULA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE

 

- See more at: http://www.humanite.fr/lazare-et-ses-contes-pour-enfants-passages-557151#sthash.kwUv9qL8.dpuf

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Jeanne Candel, Le Goût du faux et autres chansons | Festival d'Automne à Paris

Jeanne Candel, Le Goût du faux et autres chansons | Festival d'Automne à Paris | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Des musiciens en queue de pie circulant à skis, une expédition loufoque dans un corps humain, des scènes d’opéras coincées entre les Monty Piton, Henry Purcell et l’Énéide de Virgile… Avec sa façon de slalomer entre séquences lyriques et délires absurdes, Le Crocodile trompeur / Didon et Énée, co-signé par Jeanne Candel et Samuel Achache, s’imposait en 2013 comme un des ovnis les plus puissants de la jeune scène théâtrale. On y découvrait alors une bande d’acteurs et de musiciens fédérés en collectif (La vie brève, également auteurs de Robert Plankett en 2011), appartenant à une génération d’artistes particulièrement à l’aise dans l’art des formes hybrides. Leur nouveau projet, Le Goût du faux et autres chansons, à nouveau porté par Jeanne Candel et inventé sur la base d’improvisations avec douze acteurs-musiciens, ne s’annonce pas moins vertigineux que le précédent. D’une part parce que, de façon énigmatique, le spectacle est scindé en deux pièces distinctes, complémentaires et construites en miroir. D’autre part parce que le mythe, le superbe, le trivial s’y fragmentent en une myriades de saynètes, construites sur la base de rêveries autour du peintre Botticelli et de l’écrivain Borgès, articulées auxMétamorphoses d’Ovide, elles-mêmes conjuguées à des bribes de textes scientifiques sur la formation de l’univers. Soient les composantes d’un cadavre exquis farfelu et illimité, qui tente de reposer, par associations d’images et ricochets d’idées, l’insoluble question de l’origine du monde.

 

Dossier de presse du spectacle : http://mutualise.artishoc.com/cite/media/5/dp-candel.pdf

 

 

Théâtre de la Cité internationale 
 24 novembre au 13 décembre 

 

 
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» Critique : En attendant Godot (Samuel Beckett / Marie Lamachère)

» Critique : En attendant Godot (Samuel Beckett / Marie Lamachère) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par David Larre dans le blog "Au poulailler" :

Le travail de Marie Lamachère a été remarqué il y a quelques saisons pour un Woyzeckphysique et politique, portant au plus haut la tension du corps et de la langue. Sans déroger à cette exigence, elle explique s’être attachée à entrer dans Beckett par les interstices et les énigmes de son écriture, et met en voix, parallèlement à ce Godot, une série de textes non dramatiques extraits de Têtes-Mortes. Que devient le mystère de la pièce la plus célèbre de son auteur, une fois qu’elle a été passée au crible de l’analyse ? La metteur en scène choisit de le laisser éclater dans une dans une création épurée de toute métaphysique, fût-elle celle de la mort de Dieu. Prenant au mot le parti de la clownerie des clochards, elle donne à ses comédiens la liberté de la démesure corporelle, entre humour slapstick et désarroi existentiel, les ramenant à un horizon de souffrance et de bouffonnerie qui ne reçoit aucune forme de consolation spirituelle, et ne débouche sur aucun arrière-monde. Si la dépense épuise parfois les possibilités de sens en les soulignant dans le premier acte, un juste retour à la sobriété dans le second permet de goûter au mieux le travail des comédiens et la force déroutante d’une pièce tout en éclats aveuglants et échos musicaux.

Vladimir (Gilles Masson) et Estragon (Antoine Sterne) regardent face à eux une route qui conduit à un arbre planté au milieu des spectateurs. Ils se détachent sur un fond vidéo où un autre arbre domine une prairie. D’eux à nous, dans la réversibilité des images et l’adresse directe, nulle distance. Ils attendent ce Monsieur Godot qui, régulièrement, leur donne la nouvelle qu’il ne viendra pas et décident de continuer à l’attendre. Vladimir a la densité physique d’un marin de mauvaise vie, et Estragon la naïveté lunaire du suiveur. Leur paire tient d’une dépendance liée à la survie commune : duo de cabaret ou vieux couple improbable, ils vivent d’une complicité enfantine, dans la proximité corporelle la plus étonnante, et se jouent le jeu de tenter de redécouvrir le même monde qui ne leur offre rien, sinon des navets au lieu de carottes, des chaussures qui font mal, des pierres mal faites pour s’y étendre, et l’espoir que Godot venu, il se passera enfin quelque chose. Les deux comédiens épatent par leur capacité à trouver une gestuelle par réplique, à créer un rythme commun, saccadé et répétitif, et font parfois craindre la surcharge. À l’arrivée de Pozzo (Michaël Hallouin) et son esclave Lucky (Renaud Golo), le dédoublement spéculaire du couple en une caricature grimaçante (mêmes costumes trois-pièces et chapeaux melons, le fouet et la corde en plus) donne plus de profondeur à la pièce. La présence muette de Renaud Golo est une leçon de jeu à elle seule, et ses numéros de danse et de pensée sont un premier sommet de beauté dans un spectacle qui décante progressivement ses effets pour laisser Beckett emporter la mise.

 

 

David Larre

 

 

En attendant GodotTexte de Samuel Beckett, mise en scène de Marie LamachèreDu 10 novembre au 22 novembre 2014L’Échangeur, 59 avenue du Général de Gaulle, Bagnolet (93)Renseignements : 01 43 62 71 20 & www.lechangeur.org Tournée :Du 27 au 29 novembre 2014, Le Forum (Blanc-Mesnil)Le 4 décembre 2014, Théâtre d’Aurilllac

 

 

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Congo : un général Macbeth chasse l’autre, témoigne le sud-africain Brett Bailey - Rue89

Congo : un général Macbeth chasse l’autre, témoigne le sud-africain Brett Bailey - Rue89 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Jean-Pierre Thibaudat sur son blog :

On n’a pas oublié les tableaux vivants d’"Exhibit B" (vus au Festival d'Avignon), à travers lesquels le sud-africain blanc Brett Bailey exposait des scènes de la colonisation occidentale en Afrique. On sortait pour le moins troublé par ce geste aussi artistique que politique.« Exhibit B » sera prochainement de retour au TGP (Théâtre Gérard Philipe) de Saint-Denis puis au 104, à Paris. Ceci en dépit d’une pétition qui circule sur le Net (menée par un blogueur qui se définit comme "anticapitaliste et taxe la manifestation de « raciste » ce qui est un comble) visant à faire annuler cette exposition en actes, d’une cinglante acuité.

En attendant, on peut voir son « Macbeth » très librement adapté de l’opéra de Verdi et transporté au Congo, c’est-à-dire nulle part en Afrique pour paraphraser Jarry.

« Putain, le sorcières ont dit vrai ! »

A gauche, les chanteurs sud-africains noirs emmenés par les extraordinaires Owen Metsileng (Macbeth) et Nobulumko Mngxekeza (Lady Macbeth). A droite, le No borders Orchestra formé de musiciens issus de l’ex-Yougoslavie interprétant la musique de Fabrizio Cassol. Au centre, un petit espace adossé à un panneau vertical vidéo où se succèdent des textes, des motifs de tissus africains et quelques photos en noir et blanc (regards d’enfants, cadavres, signés Marcus Bleasdale et Cedric Gerbehaye). Pas de théâtre joué, mais du théâtre chanté et adressé (au public). C’est une fable. Il n’y a rien de tel pour parler du monde comme il va mal, Brecht en savait quelque chose. 


Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" sur Rue 89



CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE



"Macbeth" et "Exhibit B" conçus et mis en scène par Brett Baileyun opéra, une exposition vivante«  Macbeth  » dans le cadre du Festival d'automne au Nouveau Théâtre de Montreuil, 20h30 (sf jeudi) jusqu'au 22 nov , puis à la Ferme du buisson (espace Lino Ventura de Torcy) les 25 et 26 nov, Hippodrome de Douai le 29 nov«  Exhibit B  », TGP de Saint Denis du 27 nov au 30 nov, au 104 du 7 au 14 déc.


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Frie Leysen: "Nous manquons de visionnaires"

Frie Leysen: "Nous manquons de visionnaires" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans lalibre.be

 

Mercredi dernier, c’est une grande dame des scènes belges, Frie Leysen, qui recevait à Amsterdam, au Palais royal, des mains du roi Willem-Alexander, le prestigieux prix Erasmus à la suite de personnalités aussi importantes que Peter Stein, Jürgen Habermas et William Christie.

Frie Leysen fit du Singel à Anvers une grande scène internationale, elle créa et dirigea durant dix ans le Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, elle dirigea le Berliner Festspiele. Cet été elle a dirigé les Wienerfestwochen, « la meilleure édition depuis dix ans », a-t-on dit. Pourtant, malgré une nomination pour quatre éditions, elle décidait de quitter Vienne, ne partageant pas les vues de la direction de ce prestigieux festival.

Devant le roi, elle n’a pas choisi la langue de bois et fit un vigoureux plaidoyer pour les artistes et les créateurs menacés dans l’Europe d’aujourd’hui, y compris aux Pays-Bas : « Il n’y a quasi plus de différences faites entre art, culture et industries culturelles ; on coupe brutalement dans les budgets et le paysage théâtral a été « nettoyé » là où se trouvait le renouveau ; les lieux de création et les laboratoires n’existent plus ; l’art actuel est appelé le « hobby des gauchistes » ; la circulation des artistes internationaux a été réduite à un minimum risible ; tous les grands théâtres offrent quasi le même type de programme où on cherche à plaire à tous et à faire du « chiffre » avec comme résultat que ces théâtres se vident. »

La presse hollandaise fut toute surprise de cette liberté de ton : « elle a fait ce qu’on ne fait pas et elle l’a dit en regardant le roi ! ». Le roi lui-même lui a joliment répondu : « Je n’ai pas le droit d’émettre une opinion, mais je pourrai au moins vous citer et citer vos arguments ».

 

Guy Duplat dans La Libre Belgique du 17 novembre

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« Lancelot du lac » ou le plaisir du conte

« Lancelot du lac » ou le plaisir du conte | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Plaisir du conte, raconté dans les trois dimensions du théâtre. Après Merlin, Gauvain et Perceval, voici Lancelot du lac, mis en scène par Julie Brochen et Christian Schiaretti, qui ont entrepris en 2011 de monter l’intégralité du formidable Graal Théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud.

Lire aussi : La folle quête du Graal théâtral www.lemonde.fr/scenes/article/2014/11/14/la-folle-quete-du-graal-theatral_4523533_1654999.html

Plaisir du conte, oui, sans guère de réserves à émettre. Car ce Lancelot pourrait bien être le meilleur épisode à ce jour de la geste arthurienne et théâtrale, qui se déploie ici à la fois dans le bonheur simple d’une histoire à nous racontée, et dans ses replis mystérieux et secrets qui, comme dans tout conte digne de ce nom, emmènent sur les terres brumeuses de l’inconscient.

Des territoires plus intimes
Il y a bien des choses sous les eaux calmes, dans les forêts obscures de ce Lancelot. Il est vrai qu’on l’aime particulièrement, ce chevalier qui ne sait pas son nom, qui adopte cent visages, et qui ne cesse de se perdre avant de se trouver, grâce à l’amour de deux femmes, l’amante, Guenièvre, et la fée mère, Viviane. Et sans doute a-t-il permis à Florence Delay et Jacques Roubaud de s’aventurer sur des territoires plus intimes que dans d’autres épisodes, avec toute leur finesse psychanalytique et poétique.


Lancelot, donc, a été enlevé tout petit à sa mère, la reine Hélène, par la fée Viviane, qui l’élève, sous le lac où elle vit, dans l’ignorance de sa lignée royale et de son nom. A quinze ans, le jeune homme décide de quitter le royaume enchanté de la Demoiselle du lac, et de se faire armer chevalier à la Cour du roi Arthur. L’on sait qu’il livrera moult batailles, et qu’il aimera la reine Guenièvre mais aussi, épisode longtemps occulté et remis au jour par les scribes Delay-Roubaud, le prince Galehaut, sire des Îles lointaines. Tandis que le roi Arthur, lui, rencontrera en secret l’enchanteresse Camille, qui n’est autre que la fée Morgane, sa sœur. L’inceste est bien l’un des secrets qui court tout au long de la légende du Graal et des chevaliers de la Table ronde.

Le spectacle s’ouvre par une irrésistible scène de joute amoureuse entre la fée Viviane et l’enchanteur Merlin. L’idée géniale, ici, est d’avoir demandé à cet acteur déflagrateur qu’est François Chattot de jouer Merlin, à qui il donne une truculence démoniaque à la Jérôme Bosch… sans être en chair et en os sur le plateau puisque, enfermé dans sa « prison d’air » à trois mètres au-dessus du sol, il n’est présent que sous forme d’image, comme s’il communiquait avec Viviane par Skype, en un réjouissant aller-retour entre moyen âge de légende et pragmatisme d’aujourd’hui.


De très belles images
Nos deux metteurs en scène ne craignent pas les combats, les armures et les cottes de maille, mais leur spectacle, traversé de très belles images, renoue avec une poésie qui n’avait pas toujours été au rendez-vous lors de certains épisodes précédents. Tout se joue dans le magnifique espace épuré conçu par Fanny Gamet et Pieter Smit, vaste plateau de bois blond où s’ouvrent des trappes et d’où surgissent des murailles de châteaux forts, dans les lumières entre terre et ciel d’Olivier Oudiou.

Ce Lancelot gagnerait définitivement la bataille si Clément Morinière jouait le rôle-titre de manière un peu plus déliée et gracieuse – même si son côté emprunté, son absence à soi-même sont intéressants, on a besoin de croire à la séduction immédiate et éclatante du personnage. Mais beaucoup des acteurs de la troupe mixée du TNS et du TNP sont tout à fait à leur affaire. A commencer par Marie Desgranges (Viviane) et Jeanne Cohendy (Guenièvre), qui toutes deux déjouent de manière réjouissante les clichés de créatures éthérées attachés à leurs rôles de fée et de reine, et par Fred Cacheux, une fois de plus parfait dans le rôle du scribe Blaise de Northombrelande.

Dans Lancelot, les femmes détiennent les secrets de la vie et de la mort, et le scribe, double des deux auteurs du Graal Théâtre, ceux de la mise en abyme.

 

Fabienne Darge (Strasbourg, envoyée spéciale) 
Journaliste au Monde

Lancelot du lac, de Florence Delay et Jacques Roubaud. Mise en scène : Julie Brochen et Christian Schiaretti. Théâtre national de Strasbourg, 1, avenue de la Marseillaise, Strasbourg. Tél. : 03-88-24-88-24. Du mardi au samedi à 20 heures jusqu’au 3 décembre, et le dimanche 30 novembre à 16 heures. De 6 à 28 euros. Durée : 2 heures. Puis au Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne, du 11 au 21 décembre.

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Alessandro Sciarroni ou le geste auguste du jongleur de massues

Alessandro Sciarroni ou le geste auguste du jongleur de massues | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Le Monde :

 

Mat, sec, velouté, silencieux, de quoi s’agit-il ? Du son d’une massue tombant dans la main d’un jongleur. Cette gamme incroyable, sans cesse surprenante au regard du lancer de l’objet et de sa chute programmée, est l’une des plus épatantes surprises du spectacle UNTITLED_I will be there when you die, chorégraphié par Alessandro Sciarroni pour quatre jongleurs. Dans le silence, tenter de percer le secret de la réception de la massue dans chaque paume, se révèle curieusement émouvant. Autant d’histoires de peau, de maîtrise, de délicatesse, relayées dans l’espace en harmonie.

Lire aussi le portrait : Alessandro Sciarroni, la danse comme un jeu de quilles

UNTITLED_I will be there when you die fait le pari de la découverte de cette discipline par un néophyte, ce qui était le cas d’Alessandro Sciarroni. Le spectacle ressemble à un training, passant de l’utilisation d’une seule massue à quatre voire cinq, au gré de l’échauffement des corps et de la graduation des difficultés. Au final, cinquante minutes de jonglage pur et dur défilent. La mise en route croise le ballet jonglé pour culminer dans une surenchère physique et technique.

Présenté au Centre national de la danse, à Pantin, le 13 novembre, à l’enseigne du Festival d’automne, à Paris, ce spectacle sobre, pudique jusque dans sa virtuosité, trouve sa force dans la multiplication par quatre de toutes les séquences. Lancées le plus souvent à grande hauteur, les massues planent dans les airs au gré d’un jeu de contrepoints rythmiques, le déphasage d’un même trajet dessinant des courbes et des rosaces qui semblent jaillir d’elles-mêmes.


Ténacité
La chute de la massue, cauchemar du jongleur, thème presque banal dans nombre de spectacles de cirque depuis une dizaine d’années, n’est heureusement que très peu valorisé dans le spectacle de Sciarroni. Sa découverte récente du jonglage, qu’il n’aimait pas avant de s’y confronter, le faisait fantasmer sur cet échec souvent mal vécu. Plus que la défaillance, il a finalement choisi de distinguer la ténacité avec sa doublure fragile.

UNTITLED_I will be there when you die (2013) est le deuxième volet d’une trilogie entamée avec FOLK-S_will you still love me tomorrow (2012), mise en boucle de la danse traditionnelle bavaroise, le Schuhplattler. Au moins deux points communs à ces pièces : la notion d’apprentissage d’une technique a priori éloignée de la formation théâtrale initiale de Sciarroni qui a créé sa compagnie en 2007 ; la tentation du marathon façon On achève bien les chevaux (de Sydney Pollack, 1970) qui transforme ces spectacles en sas d’entraînement sans issue. Aurora, la troisième partie prévue en 2015, s’attachera à un geste sportif, celui du goalball pratiqué par des aveugles. Objectif déclaré de Sciarroni : faire une recherche autour de l’idée de ready-made. Le résultat déborde largement le concept, ouf !

Lire aussi : une critique du spectacle FOLK-S_will you still love me tomorrow

UNTITLED_ I will be there when you die, d’Alessandro Sciarroni. Festival d’automne, Le Monfort, 106, rue Brancion, Paris 15e. Jusqu’au 22 novembre. 21 heures. Puis, du 26 au 30, Centquatre, 5, rue Curial, Paris 19e. Tél. : 01-53-45-17-17. De 12 à 25 euros.

 

Rosita Boisseau pour Le Monde

 

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Faim de partie pour Boris Charmatz

Faim de partie pour Boris Charmatz | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Philippe Noisette pour Les Echos :

 

C’est une simple feuille – de pain azyme – que les protagonistes de « Manger » déchirent d’un coup de dent, grignotent ou avalent. Au final il ne restera que quelques miettes sur le plateau : le temps de digérer ce spectacle plus proche de la performance que de la danse.

Boris Charmatz, son auteur, reste sur une série de pièces reconnues, de « Levée des conflits », et ses motifs chorégraphiques répétés, à « Enfant », réflexion sur notre rapport à l’enfance. « Manger » n’a pas la même séduction immédiate. Il peut même rester en travers de la gorge. Outre ces ­exercices comme autant de mises en bouche, cette création déploie un travail sur le corps en souffrance. Spasme, buste plié. Un « réel avalé », pour reprendre les mots du chorégraphe.

Leçon de survie

On verra des portés au sol – deux danseurs qui s’agrippent, se chevauchent –, des interprètes comme agglomérés en une balle humaine, des ventres dilatés. A ­l’évidence, il s’agit de faire lien entre la chaîne alimentaire et une communauté de vie. Et de mort. Rien de lugubre pour autant. « Manger » bascule peu à peu dans une euphorie des sens : on invente des jerks, on multiplie des sauts. Le résultat n’est pas sans rappeler l’univers du Belge Alain Platel et ses danses hystériques. Surtout, « Manger » est fort d’une bande-son a cappella, véritable tresse de voix, qui ose le télescopage entre Beethoven et « Je m’obéis » de Sexy Sushi ! C’est dans cette approche du verbe enchanté que Boris Charmatz élève le débat.

Un texte de Christophe Tarkos, « Le ­Bonhomme de merde », vient comme un contrepoint magistral. On pense par moments au cinéma qui a su – de « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri au « Salo » de Pier Paolo Pasolini – questionner notre rapport à la faim. « Manger » n’est jamais confortable. On peut néanmoins y voir une surprenante leçon de survie.

Dans une programmation du festival Mettre en scène, où alternaient succès du moment (« Henri VI » de William ­Shakespeare par Thomas Jolly, production maison du Théâtre national de Bretagne ; « Les Particules élémentaires » de Michel Houellebecq par Julien Gosselin) et des créations événements (« Le Viol de Lucrèce » d’Angélica Liddell), Boris Charmatz n’apparaît pas comme l’artiste le moins affamé. Une nourriture spirituelle plus que jamais nécessaire en ces temps troubles. 

Philippe Noisette pour Les Echos

Manger (de Boris Charmatz - Rennes, TNB, jusqu’au 21 nov. (02 99 31 12 31). Paris,Th. de la Ville, du 29 nov. au 3 déc. (01 42 74 22 77).)

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0203949332570-faim-de-partie-pour-boris-charmatz-1066241.php?6FOw1uyYlaLbd7Dl.99

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A Chaillot : le bonheur, une idée neuve ?

A Chaillot : le bonheur, une idée neuve ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans le blog de Sophie Dufau sur Mediapart :

 

L'affiche pourrait être celle d'un live de Mediapart. Au théâtre national de Chaillot à Paris ce samedi 22 novembre, une rencontre sur les “Politiques du bonheur” rassemblera quelques abonnés et habitués de nos colonnes autour de la pièce de Martin Crimp Dans la République du bonheur.

Cette pièce (mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier et dont le textre français est de Philippe Djian) s'articule autour d'une réunion familiale comme métaphore féroce et loufoque des jeux en société. Le théâtre de Chaillot la décrit ainsi : « Construite en trois parties, à la fois jouées et chantées, la pièce est une satire impitoyable des contradictions de l’individu contemporain tiraillé entre sa volonté de s’émanciper du collectif et son besoin de faire comme les autres, par mimétisme, pour se sentir protégé en s’identifiant à un groupe. »


Les représentations (qui commencent demain 21 novembre et s'achèveront le 30, voir tous les renseignements ici) sont l'occasion d'organiser samedi une rencontre entre artistes, chercheurs et écrivains autour de la représentation du bonheur aujourd'hui.

Leslie Kaplan (écrivain dont on a pu lire un billet sur Mediapart), qui coordonne cette rencontre, a invité Pierre Dardot et Christian Laval (philosophes et sociologues, dont Mediapart a largement rendu compte des réflexions, ici ou là), Éric Hazan (éditeur et écrivain, qui fut l'invité d'une de nos émissions, en direct de Mediapart, lors de la sortie de son livre Une histoire de la Révolution française), le psychiatre Mathieu Bellahsen (interviewé en juin dernier lors de la sortie de son livre La Santé mentale – Vers un bonheur sous contrôle), et le psychanalyste Heitor O’Dwyer de Macedo, ami et abonné de la première heure de Mediapart qui nous a offert en juin 2013, un formidable entretien inédit avec Jean-Paul Sartre : L'amitié est un outil politique, réalisé en 1978. Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier (metteurs en scène de la pièce de Martin Crimp) complètent ce tableau. Ensemble, ils verront comment « l’individu se déploie dans le cadre du capitalisme néolibéral » ce qui pose en creux la « question urgente de comment vivre ensemble ».

Samedi 22 novembre 2014, de 11 h à 13h et de 14h30 à 17h30, Théâtre national de Chaillot, 1 place du Trocadéro, Paris XVIe.

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Catherine Umbdenstock - Arts & Spectacles - France Culture

Catherine Umbdenstock - Arts & Spectacles - France Culture | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié sur la page de Changement de décor, site de France Culture :


Elles n’ont pas froid aux yeux, les femmes de théâtre, lorsqu’elles s’approchent des scènes obscures. Si en plus d’être femmes, elles sont jeunes, faut-il se mettre à avoir peur d’elles et des audaces qui sont les leurs ?

 

Changement de décor, scène 12 ce soir avec Catherine Umbdenstock, metteur en scène de l’Avare, un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire, - Texte de Peter Licht, d'après Molière -  un spectacle qui se joue au théâtre de la Commune à Aubervilliers. (jusqu'au 7 décembre) .


Joëlle Gayot pour "Changement de décor"


CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR ECOUTER L'ÉMISSION (BOUTON CARRÉ ROUGE SUR LA PAGE DE "CHANGEMENT DE DÉCOR")

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Exhibit B : l’interdit racial de la représentation

Exhibit B :  l’interdit racial  de la représentation | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les expositions et les musées sont soumis aujourd’hui à une véritable obligation de contemporanéité en raison de la prévalence des problématiques postmodernes et postcoloniales qui sont scénarisées par les manifestations artistiques les plus porteuses ou par les analyses qui sont effectuées à leur propos. Les musées les plus contemporains sont des musées d’histoire de l’esclavage et de la colonisation, notamment le musée de Londres qui met en relation l’histoire de cette ville avec la traite esclavagiste et avec la colonisation et qui insiste sur les liens existant entre ces périodes et le racisme actuel prévalant en GrandeBretagne.
Cette problématique est parfaitement illustrée par l’installation-performance des horreurs coloniales et postcoloniales Exhibit B du Sud-Africain Brett Bailey, qui a déjà été présentée au festival d’Avignon et au 104 à Paris en 2013 sans susciter de réactions particulières. Elle doit de nouveau l’être cette année dans ce dernier lieu ainsi qu’au théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis.

Il s’agit d’un véritable «musée vivant» qui entend, dans une perspective proche de celle d’Hannah Arendt, montrer les liens entre colonisation de l’Afrique, génocide nazi et migrations contemporaines en provenance d’Afrique. Cette exposition de tableaux vivants, performés par des acteurs, est une sorte de parcours de pénitent individualisé, de chemin de croix qui accroît la solennité de cette exposition et qui commence dans une salle d’attente dotée de sièges numérotés, les spectateurs étant successivement appelés à entrer dans l’espace de ce qui constitue une véritable cérémonie d’expiation. Dans l’obscurité, le spectateur est ainsi amené à effectuer un certain nombre de stations devant des saynètes de figurants muets et immobiles représentant les différentes exactions coloniales (esclavage, exploitation forcenée de la main-d’œuvre employée à la collecte du caoutchouc au Congo belge, accompagnée de meurtres et de tortures) et leur prolongement actuel avec la mort par étouffement d’un migrant expulsé dans une cabine d’avion.

Cette manifestation artistique militante, parfaitement correcte du point de vue politique, est l’œuvre d’un Sud-Africain blanc qui souhaite racheter les fautes commises par ses ancêtres dans l’Afrique du Sud de la période de l’apartheid (1). Or Exhibit B a déjà été l’objet en Grande-Bretagne d’une campagne qui a abouti à son annulation en septembre dernier et elle est désormais soumise en France à d’une vigoureuse contestation de la part d’un collectif s’exprimant au nom de ceux qui s’estiment diffamés par la monstration de zoos humains dans lesquels sont présents des figurants noirs. Le Collectif contre Exhibit B dénonce ainsi le caractère «raciste» de cette manifestation artistique et réclame sa déprogrammation. Il dénonce une utilisation dévoyée de l’argent public au profit d’un «Blanc» qui n’a rien à enseigner en matière de racisme à la population «multiethnique» des quartiers du nord de Paris et qui prive ainsi de subsides des artistes noirs ayant le plus grand mal à exposer leurs œuvres (2).

Sous-jacent à cette contestation, gît en fait la question de la revendication du monopole de la représentation des «Noirs» par un «Noir», et donc de son illégitimité par un artiste «blanc». Cette interdiction du regard et de la représentation des Noirs par d’autres que des Noirs est un des aspects de la pensée postcoloniale et elle a déjà été exprimée par le grand sociologue britannique Stuart Hall à propos de la photographie des corps noirs.

Quoi qu’on pense d’Exhibit B, qui peut apparaître à certains égards comme une sorte d’autoflagellation quelque peu «exhibitionniste», il reste qu’interdire à un artiste blanc d’exprimer sa repentance à l’égard de crimes commis par ses ancêtres bloque toute possibilité de réconciliation entre les différentes composantes des sociétés postcoloniales, qu’il s’agisse de l’Afrique du Sud, de la Grande-Bretagne ou de la France. Au delà, il n’est pas interdit de se demander si la dénonciation du caractère raciste de telles expositions ne pourrait pas être retournée contre leurs auteurs qui, en usant malencontreusement de cette logique «en noir et blanc», ne font, d’une certaine manière, que reproduire le principe qui a servi de fondement aux diverses entreprises coloniales.

(1) Cf. son interview au journal d’Arte le 11 novembre 2014.

(2) https://www.change.org/p/aux-directeurs-du-centre-104-et-du-théâtre-gérard-philippe-aux-maires-de-paris-et-de-saint-denis-déprogrammer-le-zoo-humain?recruiter=45883509&utm_ source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=share_facebook_responsive

Auteur de : «les Nouveaux Rouges bruns. Le racisme qui vient» Lignes, 2014.

Par Jean-Loup Amselle Anthropologue
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CIP-IDF > Droits rechargeables, précarité éternelle

CIP-IDF > Droits rechargeables, précarité éternelle | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié sur le site de la CIP (Coordination des intermittents  et précaires d'Ile de France)

Depuis le 1er Octobre, la convention d’assurance chômage signée le 22 mars et agréée par le gouvernement est en application dans son intégralité.

Les témoignages arrivent en nombre chaque jour. C’est le désespoir qui s’exprime pour des milliers de gens. Nous l’avions dénoncé dès la signature, aujourd’hui les faits parlent d’eux-mêmes.

Une fois de plus, ce sont les plus précaires qui trinquent !

 

Extrait : 

 

3. Pour les annexes 8 et 10 :

C’est la catastrophe annoncée.

Les personnes en cours d’indemnisation au régime général, mais pas en fin de droits, ayant réussi à cumuler les 507 heures nécessaires à une ouverture de droits en annexe 8 ou 10 se voient refuser cette ouverture.

Depuis le premier octobre, elles doivent aller à l’épuisement du droit ouvert, pas de demande express de recalcul possible, pas de droit d’option pour demander une ouverture de droits au régime qui correspond à ses pratiques d’emploi.

Et impossible d’y échapper : une démission ou une radiation ne font que reculer l’échéance et donc rallonger la durée d’écoulement - une reprise des droits ouverts est possible jusqu’à 3 ans de suspension !

Ceux qui ont ouvert des droits ridiculement bas après un emploi aidé, type CAE ou CUI (par exemple l’administratrice d’une jeune compagnie) ou après avoir travaillé quelques heures par semaine en donnant des cours dans un conservatoire ou une école de théâtre, se retrouvent bloqués au régime général.

Cette règle va aussi toucher de plein fouet les jeunes qui auront fait des petits boulots pour payer leurs études avant de se consacrer à une activité spectacle, qui auront travaillé comme ouvreurs pendant qu’ils étaient dans une école de théâtre, qui auront été serveurs dans un bar, qui auront donné des cours de musique payés au régime général : ils seront condamnés à une allocation à taux très bas, et s’ils parviennent à faire 507 heures dans les annexes 8 et 10, ils les perdront, une fois, deux fois, etc, tant qu’ils n’auront pas épuisé leurs droits précédents.

 

Tout est fait pour empêcher que les jeunes entrent dans les annexes 8 et 10 – tout est fait pour vider les annexes en bloquant leur accès aux jeunes, à empêcher quiconque d’entrer pour la première fois ou de nouveau dans les annexes, tout est fait pour que, peu à peu, plus personne ne bénéficie du régime des intermittents du spectacle.

 

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La Comédie de Béthune: le seul théâtre paritaire... en France

La Comédie de Béthune: le seul théâtre paritaire... en France | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par La Voix du Nord :


Cécile Backès est non seulement la nouvelle directrice de la Comédie de Béthune, qui signe depuis la rentrée sa première programmation, mais elle est aussi à la tête de la structure théâtrale en France qui affiche la parité. Le moitié des spectacles programmés sont écrits ou mis en scène par des femmes.


Seule la Comédie de Béthune atteint la parité. La moitié des spectacles programmés cette année sont écrits ou mis en scène par des femmes. On peut carrément parler d’exception française. C’est le seul lieu sur les 70 étudiés par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) qui a mené une enquête auprès des principaux théâtres, festivals et maisons d’opéra français.

Sur les 48 collaborations à l’affiche cette saison, 25 sont à mettre à l’actif de femmes. Pour rentrer dans le détail, 15 metteurs en scène et 10 auteurs, tous féminins évidemment ! Soit 52 %. Très au-dessus du lot si on compare à d’autres structures, que ce soit à Paris ou en régions. À la Comédie-française, dix femmes sont programmées sur 51 spectacles ; au Théâtre national de Chaillot, 12 sur 37 ; au Théâtre du Nord à Lille, 15 sur 46. Dans des structures équivalentes à la Comédie, pas mieux. Par exemple, le Centre dramatique national (CDN) d’Orléans programme 25 collaborations dont seules 3 ont des femmes à leur tête. Au CDN de Rouen, 14 femmes programmées sur 77.

« Pas contre l’autre sexe »

« Je ne suis pas une pasionaria, précise Cécile Backès. Je suis simplement connectée avec les enjeux d’une époque, à savoir l’égalité professionnelle. L’épanouissement professionnel des femmes résonne fort ici comme dans d’autres territoires français. »


Elsa Lambert-Ligier pour La Voix du Nord


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You are my destiny (Le viol de Lucrèce) - Éditions Les Solitaires Intempestifs

You are my destiny (Le viol de Lucrèce) - Éditions Les Solitaires Intempestifs | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Le Cycle des résurrections :

 

Épître de saint Paul aux Corinthiens

suivi de

You are my destiny (Le viol de Lucrèce)

Tandy

et du journal 

La Fiancée du fossoyeur


J’avais besoin de détruire la joie, tout le temps, pour pouvoir contempler quelque chose de sublime, même au prix de ma tranquillité. Et pour cela, il me fallait le blesser sans arrêt. Le blesser sans arrêt. Car ce n’est que blessé que je le supportais. Car ce n’est que blessé que je l’aimais. À quoi bon vouloir le calme ? Très peu pour moi. Je préfère être un oreiller de braises, son oreiller de braises.


Trois pièces et un journal : deux formes d’écriture qui sans cesse coïncident dans le temps et dans les mots. Le Cycle des résurrections et La Fiancée du fossoyeur tiennent tout à la fois de la confession intime et de la chronique poétique.


En 2009, l’Espagnole Angélica Liddell créait avec sa compagnie Atra Bilis La Maison de la force où six femmes disaient leur douleur, abordaient la violence des relations à l’autre quand cet autre est un homme. Au centre de la pièce, le monologue enragé d’Angélica Liddell évoquait un voyage à Venise, une ville devenue pour elle épicentre de la cruauté intime et collective. Cinq ans plus tard, Liddell retrouve une Venise plus lumineuse, pour y camper son spectacle You are my destiny (Lo stupro di Lucrezia) (You are my destiny (Le viol de Lucrèce)), sorte d’envers rédempteur de La Maison de la force, selon ses propres mots.


You are my destiny (Lo stupro di Lucrezia) d'Angelica Liddell, Odéon-Théâtre de l'Europe à partir du 3 décembre, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

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Théâtre : Nordey et ses drôles de filles aux Abbesses

Théâtre : Nordey et ses drôles de filles aux Abbesses | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Publié dans "Les Echos" : Un texte-cantate fort et dérangeant : « 9 petites filles » de Sandrine Roche, dans une mise en scène vive et pop de Stanislas Nordey, à voir au théâtre des Abbesses à Paris. Ici, la critique parue lors de la création au TNB de Rennes, en avril 2014.

Qu’il soit en vedette à Avignon, à l’affiche ou à la tête d’un grand théâtre public, Stanislas Nordey continue de surprendre dans ses choix - grands textes négligés ou difficiles à monter, comme cette foisonnant pièce-poème de Peter Handke, « Par les villages », spectaculairement incarnée dans la Cour d’honneur du palais des Papesen 2013. Au TNB de Rennes, puis au Théâtre de la Ville (Abbesses) à Paris en novembre, le comédien-metteur en scène joue une autre carte : celle de l’inédit, avec un texte contemporain au titre énigmatique « 9 Petites Filles » (2011), signé d’une Française, Sandrine Roche.

Un texte périlleux, sorte de cantate psychique interprétée dans une cour de récré imaginaire par neuf écolières sans âge. Dans un jeu de rôle troublant, les fillettes s’inventent des histoires horribles, inspirées de la vie et des propos de leurs parents. Domination, racisme, conflits de classe, violence sexuelle, tout y passe... avec en toile de fond la peur de grandir, de devenir femme dans un monde trop machiste; et pour aiguillon empoisonné, la banale cruauté de l’enfance (rejet de l’autre, de la différence, des faibles, des « grosses »...).

Stanislas Nordey est à l’aise avec ce drôle de chant, entre monologues incantatoires, brefs dialogues et comptines. Les neuf comédiennes (adultes) revêtues de petites robes blanches comme tachées de sang sont dirigées au cordeau et font entendre chaque mot avec une distance très juste.

Ecrin superbe et angoissant

Surtout, le dramaturge crée une forme de transe avec une esthétique choc : des lumières pop aux couleurs vives, faussement enfantines, éclairent la scène et les murs-cloisons sur lesquels défilent des pans entiers du texte, projetés dans un subtil graphisme techno. Les intermèdes musicaux et les sortes de flashs-respirations qui ponctuent les scènes sont à l’avenant.

Avec la complicité de son décorateur, Emmanuel Clolus, Stanislas Nordey a créé un écrin superbe et oppressant –jusqu’au rideau de scène, sauvage, avec ses personnages primitifs, entre art brut et dessins d’enfant. Ce beau travail gomme les faiblesses d’un texte inégal : fulgurant parfois (la scène sur « l’étrangère » arrêtée dans un bus), mais à la longue un brin répétitif et linéaire. Expérimental, conceptuel, politique, ce court spectacle (1 h 15), formellement parfait, montre que Nordey est décidément capable de tout. Explorer avec lui les sentiers les plus escarpés du théâtre est un vrai bonheur.

 

9 PETITES FILLES de Sandrine Roche. Mise en scène de Stanislas Nordey. Théâtre de la Ville - Abbesses, jusqu’au 30 novembre (01 42 74 22 77) 

Philippe Chevilley pour Les Echos

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En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0203953351362-theatre-nordey-et-ses-droles-de-filles-aux-abbesses-1066521.php?RyYWiXV65kzFhkk7.99

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"Tragédie", d'Olivier Dubois

"Tragédie", d'Olivier Dubois | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Audrey Ventura sur son blog de Mediapart :

 

TRAGIQUEMENT LIBRES

Vidé, en nage et l’esprit libre.
C’est dans cet état qu’hier soir le public est ressorti du Phénix après avoir vu Tragédie d’Olivier Dubois. De ma vie de femme, de journaliste, de danseuse et de spectatrice, il ne m’avait jamais été donné de vivre une expérience semblable. 
18 danseurs, intégralement nus, se livrent à une prouesse à la fois physique et psychologique, dans une urgence qui n’est pas sans rappeler Pina Bausch et sa phrase mythique: « Dansez avant qu’il ne soit trop tard ». 
Public vidé et en nage parce que pendant 1h30, la frénésie de la danse est telle que l’énergie des danseurs se transmet de la scène au public. Ils sont en transe, crient, leur corps exulte, la chorégraphie millimétrée bondit dans votre poitrine sur une musique hypnotique et parfois violente. L’expérience est physique et en sortant du grand théâtre, j’entendais les commentaires « je n’en peux plus, je suis crevée » ou « j’ai l’impression d’avoir couru un marathon »… Sans parler de tous ceux, en larmes, incapables d’expliquer leur émotion. 
Tragédie est éprouvant car notre tragédie à nous, celle de notre quotidien et de ses conventions, nous saute en pleine figure. Et si l’on en ressort l’esprit libre, c’est parce qu’Olivier Dubois nous fait partager la liberté de ses immenses danseurs. Car il s’agit bien de cela : la Liberté. Dépasser les convenances, sortir le corps de ce qui l’entrave, libérer les mouvements et l’esprit, s’affranchir du superflu qui empêche les yeux de voir l’essentiel : l’Homme qui danse. 
Alors la nudité dans Tragédie est-elle justifiée? Si l’on me pose cette question légitime, je répondrai tout simplement que sans cette nudité, le propos d’Olivier Dubois n’a aucun sens. 
Merci au Phénix pour cette soirée. Nous aimerions voir encore beaucoup de spectacles de danse de cette trempe, celle des chorégraphes qui osent braver les convenances : les grands chorégraphes. 

 

Audrey Ventura

 

Extrait vidéo : http://www.bing.com/videos/search?q=trag%C3%A9die+olivier+dubois&qpvt=trag%C3%A9die+olivier+dubois&FORM=VDRE#view=detail&mid=DA2405DFA4B0E60E927FDA2405DFA4B0E60E927F

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Séminaire d’Alain Badiou au Théâtre de la Commune : salle comble !

Séminaire d’Alain Badiou au Théâtre de la Commune : salle comble ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par le journal La Terrasse:


Les séminaires d’Alain Badiou ont lieu habituellement rue d’Ulm, à l’Ecole normale supérieure. Cette saison, ils ont lieu au Théâtre de la Commune et font partie de la programmation de ce lieu que sa nouvelle directrice, Marie-José Malis, a voulu ouvert autant au talent qu’à l’intelligence, à tous et particulièrement à la jeunesse. Pari gagné le 10 novembre 2014, puisque, dans la salle, se mêlaient étudiants parisiens et lycéens albertivillariens, public averti et néophytes enthousiastes !


Divisant le concept de finitude en deux, et distinguant la finitude du « déchet » (celle de la marchandise, celle du « consommateur contraint, de l’occidental démocrate ») et celle qui relève de l’œuvre (celle de l’homme libre, « la finitude égalitaire, la finitude de Socrate, ou du communisme »), Alain Badiou entre cette année « dans le détail des opérations vivantes, créatrices, disciplinées, qui permettent de se tenir autant que possible dans la logique de l’œuvre, et de conquérir, pour le sujet ainsi engagé, la possibilité de faire enfin l’expérience de la vie vraie, et par conséquent du bonheur ». L’immanence des vérités, titre du séminaire installé cette année au Théâtre de la Commune, a donc pour sous-titre Les deux finitudes, la scission subjective et le bonheur. Le 10 novembre 2014, Alain Badiou a montré, théorème de Cantor à l’appui, combien « la possibilité collective est supérieure à la disponibilité individuelle » : telle est la thèse que les talents installés ensemble à Aubervilliers ont patiemment et obstinément commencé à illustrer. La Terrasse se fait aujourd’hui l’écho de cette séance nocturne de philosophie vivace et pugnace.


Catherine Robert pour La Terrasse


LES SÉMINAIRES D’ALAIN BADIOU

du 19 janvier 2014 au 8 juin 2015Théâtre de la Commune
2 Rue Édouard Poisson, 93300 Aubervilliers, France

 


Prochains rendez-vous  au  Théâtre de la Commune  les 19 janvier, 9 février, 16 mars, 6 avril, 18 mai et 8 juin prochains.


Entrée libre. Tél. : 01 48 33 16 16.


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«Mimi», le cas Puccini torréfié avec amour

«Mimi», le cas Puccini torréfié avec amour | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Adaptation libre et réjouissante de «la Bohème», où l’opéra cède le pas à une palette contemporaine et rock-pop.
C’est à Paris, mais ne commencez pas à râler. Mimi, scènes de la vie de Bohème, librement inspiré de Puccini, partira en tournée dès janvier, de la Croatie à Aix-en-Provence en passant par Arras et Tarbes.
On y voit une grande fille blonde (Caroline Rose, ex-The Voice) qui éructe un peu comme Nina Hagen puis Björk, un garçon en slip et perruque (Christophe Gay) qui porte un tee-shirt avec la photo de Manuel Valls, Zahia et Fleur Pellerin à la Fiac, deux sopranos (Pauline Courtin et Judith Fa) et deux barytons dont un basse. Il y a des matelas par terre, des écrans vintage qui diffusent des captations de la Bohème assez anciennes. Un petit chien veilleuse qui s’éteint assez vite. Des arbres entiers, un papier peint alpin et, au fond de la scène, l’orchestre derrière une immense image de broderie.

Energie. Frédéric Verrières (musique), Bastien Gallet (livret) et Guillaume Vincent (mise en scène) donnent avec ce réjouissant Mimi une lecture spectrale de l’opéra de Puccini, tantôt reconnaissable (on entend la voix de la Callas mise en boucle, diffractée, sortant d’un ordinateur comme d’un jouet cassé) tantôt noyée, oubliée, remplacée par du disco ou du Kurt Weill (voire un lambeau de Tosca, «Vissi d’arte»). On ne peut pas dire que ce soit une version de la Bohème. C’est autre chose, l’appropriation, comme on dit en art contemporain, d’un matériau galvaudé.

Le résultat est à la fois du côté de la nostalgie et de l’absolue énergie. La nostalgie, parce que c’est le propre de l’opéra (le chant de la Castafiore est toujours plus ou moins celui d’une figure maternelle disparue) et chez Puccini en particulier où, comme l’explique une amusante digression en fin de spectacle, on est réduit à l’ombre décorative d’un genre musical mort. L’effet cathédrale engloutie triomphe dans la scène où Mimi (Camélia Jordana, ex-Nouvelle Star) perd sa clé et que Rodolphe (Christian Helmer) la lui cache.

Les chanteurs-acteurs disent-chantent leur texte par fragments, tantôt dans le registre opératique, tantôt dans celui du fredonnement domestique, en surimpression d’un enregistrement de la Bohème. François Verrières, dont la musique utilise toute la palette savante contemporaine et rock-pop, décrit on ne peut plus adéquatement son travail : «J’écris de la musique comme un photographe règle sa focale […]. Je cadre serré ou large, je respecte la perspective des différents plans ou bien je les inverse.» Cette duplicité focale qui atteint le récit et les personnages (il y a deux Mimi en scène) est aussi le gage d’une énergie débordante.

Cubiste.Mimi est un spectacle cubiste qui prend la Bohème par tous les angles, mais travaille surtout «l’écart» des registres, la tension et le décrochage. Servis par des interprètes tous excellents, tant au chant qu’à la comédie, les personnages courent après leur propre signification dans une mise en scène physique (mais non démonstrative) dont les dynamiques reconfigurent l’espace mental d’une «scène» fantasmatique où évoluent toutes les Mimi.

Éric Loret pour Libération du 22 novembre 

 

Mimi, scènes de la vie de bohème mus. Frédéric Verrières, livret Bastien Gallet, ms. Guillaume Vincent. Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis, boulevard de la Chapelle, Paris Xe. Rens.: www.bouffesdunord.com

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«Sirènes» dans les remous

«Sirènes» dans les remous | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Pauline Bureau voit (le) large. Pour preuve, ce Sirènes écrit «en collaboration avec l’équipe du spectacle», dont elle signe texte et mise en scène. Autant les créatures qui lui donnent son titre sont réputées douées de pouvoirs surnaturels, autant les femmes qui jalonnent le récit ont, elles, plutôt tendance à se débattre avec les vicissitudes de la vie pour tenter de surnager. Histoires de séparation, d’abandon, de dépression, mais aussi de rencontres et d’espoirs, l’évocation emprunte bien des directions - y compris au sens propre, du Havre à Shanghai - et jongle avec les époques pour, in fine, s’égarer dans les méandres d’une saga familiale débridée (cf. l’intrigue inutile autour d’un personnage masculin de trader caricatural). Souvent au seuil du trop-plein (attesté par un surcroît d’images vidéo), Sirènes tergiverse entre drame introspectif et apartés drolatiques, l’interprétation inégale finissant d’inspirer un sentiment mitigé.
Photo Pierre Grosbois

Gilles RENAULT pour Libération

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«Exhibit B», les zoos humains passent mal

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Publié dans Libération :

Une pétition demande l’annulation à Paris de l’installation du Sud-Africain Brett Bailey.

 

Avis de polémique autour de l’artiste sud-africain Brett Bailey, doublement à l’affiche ces jours-ci à Paris et en région parisienne. En cause, non pas son adaptation du Macbeth de Verdi donnée actuellement au Théâtre de Montreuil dans le cadre du Festival d’automne, mais l’installation Exhibit B, prévue du 27 au 30 novembre au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis avant d’être accueillie au CentQuatre, à Paris, du 7 au 14 décembre.
Exhibit B n’est pas une création : l’installation tourne en Europe depuis 2010 - avec des interprètes différents selon les villes - et elle a été programmée au Festival d’Avignon en 2013 ainsi qu’à Paris, déjà au CentQuatre, il y a un an (lire Libération des 17 juillet et 27 novembre 2013).

Remake. Bailey s’y inspire des «zoos humains», en vogue jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, notamment dans les expositions universelles. Introduits par petits groupes, les visiteurs sont confrontés à une série de tableaux vivants, interprétés par des figurants souvent en cage. Cela va d’un remake de l’exhibition de la Vénus hottentote à la reconstitution de la chambre d’un officier français à Brazzaville au début du XXe siècle, avec une odalisque enchaînée, nue de dos sur le lit. Autres images, le panier rempli de mains coupées ou l’esclave en fuite capturé. Ce musée des horreurs coloniales ne s’arrête pas au passé. On y trouve aussi un sans-papiers attaché et bâillonné sur un siège d’avion. Avec, à côté, un écriteau donnant la liste de vingt-huit personnes décédées ces dernières années durant leur expulsion - «la plupart étouffées».

L’intention dénonciatrice de Bailey, lui-même blanc, est claire. Il entend, explique-t-il dans un texte de présentation, revisiter «les chambres sombres de notre imaginaire collectif hantées par de fausses représentations silencieuses et des configurations tordues de l’altérité».

Ses images chocs ont fini par susciter la controverse, notamment cet été au festival d’Edimbourg. Le Guardian, dans un article publié le 11 août sous la plume de John O’Mahony, mentionnait qu’à Berlin l’installation avait déclenché la «fureur» de certains milieux d’extrême gauche, qui mettaient en cause la «légitimité d’un metteur en scène blanc pour traiter la question de l’exploitation des Noirs». L’article se faisait aussi l’écho d’interrogations de certains des figurants noirs d’Edimbourg : «Comment être sûrs que nous ne sommes pas face à des Blancs curieux de voir des Noirs? » Une polémique qui a depuis grossi, au point d’entraîner l’annulation de la programmation au Barbican Center de Londres en septembre. Et qui rebondit à Paris, où une pétition demande aussi l’annulation de cet «événement raciste». Respectivement directeurs du Théâtre Gérard-Philipe et du CentQuatre, Jean Bellorini et José Manuel Gonçalvès sont quant à eux déterminés à maintenir Exhibit B : «Comment peut-on juger d’une œuvre sans l’avoir vue et demander son annulation sans la connaître et en l’accusant du contraire de ce qu’elle dénonce ?», disent-ils en commun.

Réussite. De fait, les motivations politiques de l’artiste - antiracisme, dénonciation du colonialisme -, ne font guère de doute. Reste que la portée artistique de ses œuvres peut faire débat. Expérience coup de poing, Exhibit B laisse groggy mais guère plus avancé. De même, si l’adaptation du Macbeth de Verdi, avec des chanteurs noirs et des musiciens blancs, est une réussite vocale et musicale, la transposition de l’œuvre dans la réalité africaine d’aujourd’hui (massacres et folie guerrière) participe d’une esthétique choc (avec photos d’enfants réfugiés mutilés) dont la subtilité dramaturgique ne saute pas aux yeux.

René Solis pour Libération


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Théâtre : la mater dolorosa de Florian Zeller

Théâtre : la mater dolorosa de Florian Zeller | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Le Point :

 

Pièce après pièce, Florian Zeller construit un ensemble qui n'a rien d'une construction massive mais qui évoquerait plutôt une architecture à la Jean Nouvel : des ramifications élégantes et mystérieuses, une clarté de surface qui permet d'entrer dans l'opacité d'ombres familières et profondes. Ses textes se répondent en semblant s'ignorer l'un l'autre, mais après avoir écrit Le Père (2012), que jouait Robert Hirsch et qui vient d'obtenir un grand succès à Londres dans la version anglaise de Christopher Hampton, il fait aujourd'hui jouer La Mère (2010), et ce n'est pas innocent.

Zeller se promène d'une manière obsessionnelle dans les méandres de l'âge, de la mémoire, du couple et de la famille. Mais son écriture ne se répète pas. L'angle n'est pas le même, alors que le style et la forme gardent le même dessin arachnéen. Aujourd'hui, c'est La Mère qu'on peut revoir. Créé au Petit Théâtre de Paris en 2010, le spectacle est repris à Hébertot, dans la mise en scène d'origine de Marcial Di Fonzo Bo. Catherine Hiegel en est toujours l'interprète principale, mais Éric Caravaca a remplacé Clément Sibony dans le rôle du fils.

L'obsession d'une mère doublement abandonnée

Premiers plans et arrière-plans : c'est dans une double vision rapprochée et éloignée que Di Fonzo Bo a orchestré la représentation avec le décorateur Yves Bernard. Les premières séquences se jouent à l'avant-scène, une cloison de bois et un rideau translucide cachant ou révélant un deuxième espace, plus vaste mais que, sous l'effet du tulle ou des lumières, l'oeil perçoit de façon moins nette. C'est une traduction plastique très fidèle à l'esprit de Zeller. Tout est gros plans et plans éloignés. Près de la rampe qui sépare le plateau du public, la mère est là qui parle à son mari. C'est une discussion en parallèle.

Ils ne s'écoutent guère, chacun étant dans ses pensées, lui étant plus stratégique et elle plus monomaniaque. Elle sait que son mari la trompe et ne lui envoie pas dire qu'elle ne croit pas à ses voyages d'affaires et qu'elle sait qu'il a quelques jeunes filles dans son bagage. Mais l'obsession de la mère, c'est leur fils unique, dont elle est sans nouvelles. Or voilà que le fils, qui a largement l'âge de mener et de gagner sa vie, est de nouveau présent. Il traverse un moment de désaccord avec son amie et il a décidé de se réfugier au domicile familial. La mère croit alors que son fils revient vers elle, alors qu'il revient vers lui-même pour prendre le temps de la réflexion. Elle tente de faire de lui l'enfant obéissant qu'il était autrefois. Mais son fils, son mari, le monde lui échappent.

Une nouvelle manière d'éclairer une histoire

Le sujet de la génitrice qui n'est pas exactement castratrice mais tente d'être le seul amour de son fils ou de sa fille est l'un des grands thèmes de la tragédie, depuis les Grecs jusqu'à Cocteau. Mais le traitement du sujet par Zeller n'a que de lointains rapports avec ce qu'ont écrit nos classiques ou nos modernes nourris de littérature classique. Car, dans sa création d'une mater dolorosa sans contexte religieux, il n'y a pas ici l'affirmation d'une vérité unique. À chaque moment, il y a plusieurs vérités. Bien que la succession des scènes fasse avancer l'histoire racontée, l'incertitude de ce qui nous a été montré surgit toujours à travers la répétition de scènes légèrement différentes, la succession de plusieurs versions d'un même dialogue. L'auteur donne la même intensité à des scènes qu'on peut supposer réelles et à des scènes imaginaires ou contradictoires.

Est-on dans le passé, le présent, le futur ? Dans la minute d'avant ? Dans le jour d'après ? Dans une action véritable, dans un rêve, dans un fantasme ? L'on est dans toutes ces dimensions à la fois et successivement. Cela pourra passer pour un jeu intellectuel qui semblera difficile ou artificiel à certains spectateurs, mais c'est, en fait, une vision personnelle du monde et une manière de renouveler le langage théâtral. Pour cette nouveauté - créer un récit scénique où les faits sont contés et aussitôt mis en cause par une scène qui en donne un nouvel éclairage, laissant au spectateur la possibilité d'explorer plusieurs pistes et de tirer une conclusion qui ne lui est pas donnée -, Florian s'inscrit dans la continuité d'auteurs comme Harold Pinter, Tom Stoppard ou Jon Fosse. Mais sa patte est très personnelle, aussi cruelle que tendre, sans cynisme (comme chez Pinter) ni complainte (comme chez Fosse).

De nouvelles tonalités par rapport à la création

Marcial Di Fonzo Bo est un metteur en scène qui a le sens de l'énigme du récit et du secret des êtres humains. Il sait trouver le rythme en passant du temps suspendu au temps qui file à vive allure. Il renouvelle là le spectacle par rapport à ce qu'il fut il y a quatre ans. Catherine Hiegel y est de nouveau exceptionnellement troublante, sachant être à la fois une femme âgée opiniâtre et une petite fille perdue. À présent, elle donne plus de dureté à cette mère abandonnée par son fils et son mari. Et c'est passionnant de voir le personnage prendre ainsi de nouvelles tonalités en développant son angoisse et son désespoir sous un voile d'étrangeté.

Éric Caravaca évite de jouer la séduction et crée, par rapport à ce qu'avait fait auparavant Clément Sibony, un être davantage plongé dans son monde intérieur, fermé, largement absent. Olivia Bonamy a une partition de personnage plus lointain et présent par à-coups, ce qu'elle fait dans l'élégance. Enfin, Jean-Yves Chatelais, qu'on a souvent connu dans des rôles allègres et dévastateurs, est admirable dans l'ambiguïté, le détachement et la culpabilité légère. Ce beau théâtre feutré traduit dans une grande originalité l'implosion de l'être humain.

 

Par Gilles Costaz pour Le Point

 

VOIR L'ENTRETIEN VIDEO EN SUIVANT LE LIEN http://www.lepoint.fr/culture/coups-de-coeur/theatre-la-mater-dolorosa-de-florian-zeller-15-11-2014-1881363_792.php

 


La Mère, de Florian Zeller, mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo. Théâtre Hébertot, 19 heures, tél. : 01 48 87 23 23. Texte à L'Avant-Scène Théâtre.

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« Kinship » : Adjani dans une doublure de Phèdre

« Kinship » : Adjani dans une doublure de Phèdre | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Publié par Les Echos :Isabelle Adjani remonte sur les planches, dans une pièce de l’américaine Carey Perloff : « Kinship », une variation sur « Phèdre » aux allures de sitcom. Un mauvais choix, que son ardeur et celle de ses partenaires de scène ne parviennent à compenser.

La création de « Kinship », qui devait marquer le retour en force d’Isabelle Adjani au théâtre, était devenue avant même la première de presse mercredi 19 novembre, la chronique d’un naufrage annoncé. Les aléas artistiques  (départ de l’actrice Carmen Maura, remplacement du jeune metteur en scène Julien Collet Vlaneck par la costumière Dominique Borg), qui avaient provoqué le report du spectacle de deux semaines, alimentaient déjà les polémiques. Les réactions à chaud des blogueurs ayant pu assister à une représentation depuis le 4 novembre n’on fait qu’empirer la méchante rumeur. Elle était sans doute un brin exagérée : le spectacle auquel on a assisté au Théâtre de Paris nous est apparu « tenu », pas aussi catastrophique qu’on le redoutait au niveau de la mise en scène et du jeu... Toutefois, il n’y a pas eu de miracle, c’est bel et bien un ratage.

 

Philippe Chevilley pour Les Echos

 

 

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En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0203952837401-kinship-adjani-dans-une-doublure-de-phedre-1066448.php?FrHBbKDstbB4xDuu.99

 

KINSHIP de Carey Perloff. Mise en scène de Dominique Borg. Théâtre de Paris (01 48 74 25 37). Durée : 1h30 

 

 

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