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Les auteurs hommes aussi sont sexués - Libération

Les auteurs hommes aussi sont sexués - Libération | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Lettre ouverte à Luc Bondy, par Nancy Huston

 


Cher M. Bondy, je fais partie des signataires du texte rédigé par le collectif la Barbe pour attirer l’attention du public sur la programmation exclusivement masculine du théâtre de l’Odéon que vous dirigez cette année pour la première fois. «14 spectacles, 14 auteurs hommes, 14 metteurs en scène hommes !» En réponse, vous vous êtes contenté de dire que vous n’aviez pas voulu faire cette programmation en fonction d’un quelconque «quota» sexuel. Ayant été peu convaincue par cette réponse, je me suis rendue à une représentation de la pièce par laquelle vous avez décidé d’inaugurer votre mandat - celle qui est censée représenter votre goût, illustrer votre talent, symboliser vos choix éthiques et esthétiques - le Retour, de Harold Pinter, dans une nouvelle traduction de Philippe Djian, avec (entre autres) Bruno Ganz et Emmanuelle Seignier. Or, cette pièce est un ramassis de clichés misanthropes et misogynes (je suis navrée de le dire, ayant un grand respect pour d’autres écrits de Pinter).

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Revue de presse théâtre
L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs
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Théâtre : haut, grave, fragile

Théâtre : haut, grave, fragile | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Choses entendues. Le snob : Avignon ? Ah, oui ! j’y suis passé un soir, voir Platel. L’ingénu : c’est curieux, cette année les metteurs en scène manquent vraiment d’imagination, ils commencent tous leurs spectacles par le même discours au micro, acteurs face au public. Le puriste : vous savez, moi, à part Régy… Le marathonien : demain, je vais voir les dix-huit heures de Henry VI, le Shakespeare mis en scène par Thomas Jolly, avec provision de sandwichs et thermos de café. Le professionnel : les spectacles ? Pas le temps cette année, trop de rendez-vous. Le malotru : une marche pour les intermittents ? Vous croyez que j’ai que ça à faire ?


Finalement, le plus amusant dans un festival ce sont les bruits qui courent. Au bout de quelques semaines de jugements disputés, d’ouï-dire et de rumeur, le même palmarès est chuchoté par toutes les bouches. Le public et les critiques, par un mystérieux phénomène de consensus tacite, ont décidé de ce qu’il faut aimer ou détester. C’est dans cette arène d’une violence extrême que les réputations se font et se défont, que les compagnies se ruinent pour espérer retenir l’attention d’un programmateur. Mais cette année, ce qui frappe, c’est un Festival sous tension, en transition, en lutte avec l’extérieur et avec lui-même, donnant à voir de manière hyperbolique la fragilité du théâtre.

 

 

Choses vues : «la Disparition des lucioles». C’est le titre de l’exposition de la Fondation Lambert, qui résume fort bien l’atmosphère du Festival. Cité interdite ouverte au public pour la première fois, la prison Sainte-Anne présente, entre ses murs, des œuvres lumineuses, au propre comme au figuré : un autel de visages illuminés par Boltanski, des cieux peints à la Constable enfermés dans une cellule, un possible chemin de lumière tracé dans le dédale des couloirs par Claude Lévêque, une vision macabre de Berlinde De Bruyckere aperçue derrière l’oculus d’une porte close. L’édition 2014 est marquée de cette gravité souterraine, comme si la ville en deuil refusait de faire la fête : au milieu des affiches de spectacles, les pancartes de mots d’ordre et de grève ; les rues ont été rebaptisées «rue du Medef», «avenue du CDD». Les spectacles sont comme aiguisés par l’air du temps, par le risque d’annulation, par l’orage qui gronde.

 

Chez Claude Régy, la menace vient de l’extérieur. L’espace n’est délimité que par la lumière, frontière ténue entre ceux qui ne savent pas encore et ceux qui sont chargés d’annoncer le malheur. Intérieur plonge le spectateur dans une lumière-matière à la James Turrell, et dessine, devant nous, la chorégraphie hypnotique d’acteurs qui se meuvent dans un espace épais au point d’absorber toute voix, d’interdire tout mouvement brusque. Le spectacle étire ce moment qui précède l’annonce de la catastrophe et la rend déjà palpable. Aucun pathos dans ce théâtre qui travaille aux limites de la perception. Et que la moindre inattention brise.

Il y a soixante ans, en 1954, Roland Barthes publiait un bref article, «Avignon, l’hiver», qui voyait dans la pierre grise et dure de la cour d’honneur désertée le lieu d’un théâtre ouvert, humaniste, mais aussi aride et exigeant, où le spectateur est celui qui instaure le spectacle : «Il faut que le regard du spectateur soit une épée et que de cette épée, l’homme sépare le théâtre et son ailleurs […]. Mais il faut aussi que ces deux espaces luttent, s’abandonnent l’un l’autre à regrets, tardent à se démêler, se déchirent, […] et que l’on sente tout au long du spectacle l’espace fragile de l’acteur, menacé, fasciné, presque reconquis par cet ailleurs formidable contre quoi lutte la tenue d’un seul regard humain.»

Rarement plus qu’en ce mois de juillet on aura senti cette menace peser sur «l’espace fragile de l’acteur». Mais cette fragilité subjugue : avec des épées faites de rubans, des explosions de confettis et l’efficacité narrative de Game of Thrones, le Henri VI de Thomas Jolly transforme les combats sur scène en fête. On se souviendra que juillet 2014 fut un combat. Aujourd’hui, le Festival s’achève, la cour d’honneur se vide, et Barthes a toujours raison : «Il n’est que de passer la tête, un jour d’hiver, par la grosse porte de bois qui ferme la cour du Festival, pour saisir qu’au théâtre aussi les hommes sont seuls et qu’ils peuvent tout.»



Frédérique Aït-Touati est chercheure en littérature et en histoire des sciences, elle enseigne à l’université d’Oxford et à Sciences-Po.

 
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Au théâtre Maxim Gorki de Berlin, l'immigration comme terreau artistique

Au théâtre Maxim Gorki de Berlin, l'immigration comme terreau artistique | Revue de presse théâtre | Scoop.it
ière Spree Johannes Eisele  /  AFP/Archives

Avec la première directrice d'origine turque en Allemagne, le théâtre berlinois Maxim Gorki s'est reconverti en tribune privilégiée pour les Allemands issus de l’immigration, avec un répertoire largement consacré aux problèmes de l’intégration.

Shermin Langhoff, qui a grandi en Turquie jusqu'à l'âge de 9 ans avant de rejoindre sa mère à Nuremberg (sud), dirige depuis septembre le Maxim Gorki, situé au coeur de la capitale allemande, sur la grande avenue Unter den Linden.

Cette ancienne collaboratrice du réalisateur germano-turc Fatih Akin (connu notamment pour ses films "Head On" ou "Soul Kitchen") a donné un nouveau souffle à cette scène traditionnelle berlinoise, qui fut l'un des grands théâtres de la RDA communiste aux côtés du Berliner Ensemble de Bertolt Brecht et de la Volksbühne.

"Le théâtre allemand change et doit changer car l'Allemagne change. Et je trouve que cela va de soi que les immigrés, peu importe s'ils vivent depuis 60 ans en Allemagne ou s'ils sont arrivés il y a 6 minutes, contribuent à ce changement", explique Mme Langhoff dans un entretien à l'AFP.

"C'est grâce à Langhoff que le théâtre 'post-migrant' a acquis une certaine notoriété en Allemagne. Il était jusqu'ici à la traîne par rapport à d'autres pays européens, comme la Grande-Bretagne, dont la population d'origine étrangère est bien plus importante", constate Matthias Warstat, spécialiste du théâtre de l'Université Libre de Berlin.

Avant le Gorki, Mme Langhoff dirigeait un théâtre à Kreuzberg, quartier berlinois surnommé "la petite Istanbul", en raison de sa forte population turque.

- Acteurs immigrés de première génération -

Comme beaucoup de scènes allemandes, le Gorki dispose d'acteurs et de metteurs en scène permanents. Mais avec sa particularité: sur les 17 acteurs de la troupe, 12 sont des immigrés de première ou deuxième génération.

"Nous sélectionnons des acteurs qui savent non seulement jouer des scènes classiques, mais qui peuvent aussi apporter dans les projets leur propre histoire et expériences", explique Shermin Langhoff.

Parmi les pièces jouées, "Verrücktes Blut" --sang fou-- inspiré du film "La journée de la jupe" du Français Jean-Paul Lilienfeld, racontant l'histoire d'un professeur de collège en zone difficile --joué à l'écran par Isabelle Adjani-- qui prend en otage une partie de sa classe après avoir découvert un pistolet dans le sac d'un élève.

"J'y joue un rôle qui n'est pas différent de ce que j'ai vécu à l'école", raconte Tamer Arslan, jeune acteur du Gorki, né en 1986 dans une famille turque à Berlin. "L'arme mise à part, j'ai vécu toutes les scènes que nous montrons. Nous étions tout aussi insolents avec les profs", se rappelle-t-il.

 

 

 

AFP, article parue dans La Dépêche

 

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Bussang, l'esprit de la forêt des Vosges

Bussang, l'esprit de la forêt des Vosges | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Créé par Maurice Pottecher il y a cent dix-neuf ans, dirigé par Vincent Goethals, le Théâtre du Peuple propose des spectacles exigeants et fédérateurs, avec amateurs et professionnels. Une scène unique au monde.

 

 

Dehors, la nuit est tombée. Dans l'est de la France, au cœur de la forêt vosgienne, le soleil disparaît assez tôt derrière les vallons boisés que la lune éclaire. Au Théâtre du Peuple, la représentation du spectacle du soir se termine. La jeune héroïne de Catalina in fine de Fabrice Melquiot, interprétée par la formidable Valérie Dablemont, parle de ce kaléidoscope qui la fait rêver et, tournant le dos au public, remonte vers le haut du large plateau, tout illuminé de couleurs et d'images géométriques… Et soudain, on comprend! Le mur du fond est ouvert, et ce kaléidoscope, c'est la forêt, transfigurée par l'art de Pierre Lemoine et Philippe Catalano.

Sous son parapluie transparent, l'adolescente grimpe à flanc de colline, se recroqueville sous un arbre magique, tandis qu'en bas son vieux maître de l'usine, Honorin, que compose avec grâce Marc Schapira, soupire auprès des machines dignes d'un roman de Jules Verne et que le Prince pas charmant de Clément Goethals sèche ses larmes.

Les applaudissements crépitent, les bravos fusent. Le public est ravi. C'est la fin d'une belle journée dans l'un des lieux les plus originaux du monde, un lieu où le public, depuis près de cent vingt ans, vient chaque été à la découverte de spectacles joués, selon la tradition, par des comédiens professionnels et des amateurs.

Plus tôt dans l'après-midi a eu lieu la représentation de Small Talk de la Québécoise Carole Fréchette, un texte écrit spécialement pour Bussang à la demande de son directeur et metteur en scène des deux productions, Vincent Goethals.

Pour ce spectacle aussi, la règle a été respectée: le mur du fond s'est ouvert, après que, clin d'œil malicieux du scénographe Jean-Pierre Demas, une forêt de théâtre est apparue, avant de laisser place à ce paysage éternel et magique de la «vraie» forêt.

 

Armelle Héliot pour Le Figaro

 

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Avignon/ Bilan du In: "300 000 € de pertes mettent l'édition 2015 en péril"

Avignon/ Bilan du In: "300 000 € de pertes mettent l'édition 2015 en péril" | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Les intempéries et les grèves ont mis à mal les recettes de cette 68e édition avec une perte financière de 300 000 €. "Si l'Etat ne prend pas ses responsabilités, nous aurons une édition 2015 de 15 jours"

 

Compte-rendu de Noëlle Réal pour le site AVI

 

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La vidéo intégrale de la conférence de presse du 26 est ici : http://www.theatre-video.net/video/Premier-bilan-de-la-68e-edition-du-Festival-d-Avignon

 

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Les Inrocks - "Un Mariage de Maria Braun" palpitant signé Thomas Ostermeier

Les Inrocks - "Un Mariage de Maria Braun" palpitant signé Thomas Ostermeier | Revue de presse théâtre | Scoop.it
À la fois dense et fluide, cette adaptation du chef d’œuvre de Rainer Werner Fassbinder est menée avec brio par des acteurs impeccables dont la merveilleuse Ursina Lardi dans le rôle de Maria

 


“Heil.” Répété en voix-off, le mot s’étire peu à peu en un soupir languissant. Cette tonalité sensuelle teintée d’érotisme clôt la lecture de lettres adressées par des femmes amoureuses à Adolphe Hitler. C’est avec ces témoignages troublants, révélateurs de la fascination exercée par le Führer jusque dans le cœur des Allemandes, que Thomas Ostermeier ouvre son adaptation du Mariage de Maria Braun, d’après le scénario de Fassbinder. Le soupir est bientôt couvert par le bruit des bombardiers apparus à l’écran en fond de scène. En quelques traits, un contexte est esquissé. La défaite proche. Les décombres. Un pays à reconstruire. Quand Maria épouse Hermann Braun, les bombes pleuvent encore sur l’Allemagne. Hermann parti au front est donné pour mort. À l’avant-scène, Ursina Lardi qui interprète Maria porte un écriteau en carton avec cette phrase : “Wer Kennt Hermann Braun“.

Elle est la seule actrice du spectacle. Les autres rôles aussi bien féminins que masculins sont assumés par quatre acteurs qui ne cessent de se transformer, changeant régulièrement de costume ou se mettant une perruque. Ces transformations intempestives permettent des transitions rapides, pour ne pas dire des raccourcis. Conscient de travailler à partir d’un scénario de film, Ostermeier ne rivalise pas avec la caméra, mais invente une écriture scénique entre montage et tuilage redoutablement efficace. L’effet est d’autant plus juste que Maria doit aller vite si elle veut s’en sortir. Dans une certaine mesure on peut dire qu’elle a toujours un temps d’avance. Et il est assez intéressant de voir comment un metteur en scène qui s’est déjà penché sur plusieurs héroïnes d’Ibsen, comme la Nora de Maison de poupée ou Hedda dans Hedda Gabbler, met en lumière la personnalité de Maria.

 

Hugues Le Tanneur pour les Inrocks

 

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Chalon dans la rue : sur la piste de Macbeth dans la forêt de Givry

Chalon dans la rue : sur la piste de Macbeth dans la forêt de Givry | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Ouverture du festival Chalon dans la rue, sous la forme d'un jeu de piste forestier et nocturne avec "Macbeth", revu et corrigé par le théâtre de l'Unité.

 

La foi du charbonnier. C’est elle et elle seule qui tint lieu de balise, le 22 juillet lors de la générale de Macbeth par le théâtre de l’Unité, dans la forêt de Givry, à quelques kilomètres de Chalon-sur-Saône où démarre le festival Chalon dans la rue.

Le grand Will lui-même a dû présider à cette ultime répétition d’une pièce écrite uniquement dans des lieux extérieurs où Ecossais et Norvégiens se livrent bataille, puisqu’à la pluie – totalement raccord avec le climat écossais – s’ajoutait une nuit sans lune qui plongea public et comédiens dans une marche à l’aveugle le long de sentiers bordés de champignons luminescents notoirement insuffisants pour éclairer les parcours menant d’une aire de jeu à la suivante. Restaient les ombres des ramures d’arbres, les odeurs de la nuit et le sol inégal où processionnait en silence la troupe des spectateurs, munis de leurs tabourets, guidés par l’actrice Hélène de Lafond, jouant à la fois l’accompagnatrice, la diseuse de phrases sibyllines introduisant chaque station et la commentatrice avisée des scènes ou des essais de mises en scène abandonnés au cours des répétitions, au motif, vérifiable ce soir-là, “qu’on ne voit rien, de toute façon”.

Si l’on était conceptuel, on dirait qu’à l’instar du Land Art, le théâtre de l’Unité affectionne le Land Théâtre – on se souvient d’ailleurs de leur truculent Oncle Vania de Tchekhov donné dans une ferme de Fontaine, lors du festival Chalon dans la rue 2006. Mais ce serait leur coller une étiquette qui ne leur sied guère, tant leur théâtre, justement, déjoue les codes en vigueur, du théâtre de rue comme du théâtre en salle, pour affirmer tout simplement leur volonté d’aller directement au cœur du théâtre : la réunion, mutuellement consentie, d’acteurs et de spectateurs autour d’une pièce, issue ou pas du répertoire.

 Fabienne Arvers pour les Inrocks du 23 juillet 

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Olivier Py et son conte poétique et cruel

Olivier Py et son conte poétique et cruel | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le troisième spectacle présenté par le directaur du festival d'Avignon, « La Jeune Fille, le Diable et le Moulin », est dédié au jeune public.

 

Ecoutez bien, regardez bien, mesdames, messieurs, et vous surtout, les enfants ! Voici La Jeune Fille, le Diable et le Moulin, le troisième spectacle qu'Olivier Py, le nouveau directeur du Festival, présente à Avignon. Comme une facette indispensable de son identité : cela fait longtemps, déjà, qu'Olivier Py crée ces spectacles pour enfants inspirés des frères Grimm. Et il a voulu que le jeune public fasse l'objet d'une programmation spécifique à Avignon, dans un des lieux les plus beaux et emblématiques du Festival, la chapelle des Pénitents-Blancs.

 

 

DÉCOR DE CABARET

Oyez, oyez, donc, l'histoire d'un homme si pauvre qu'il vend sa fille au diable. La jeune fille aura les mains coupées, mais rencontrera un beau prince qui l'épousera malgré ses manques et lui donnera un fils. Ils rencontreront bien d'autres épreuves, dans ce conte initiatique sans mièvrerie aucune, qu'Olivier Py a réécrit pour le théâtre, avec une poésie franche et directe, sans gommer sa cruauté, où s'expriment les pulsions et les peurs archaïques.

Le jeune public réussit particulièrement à Olivier Py, qui y retrouve une enfance du théâtre sans doute au cœur de toute son existence. Dans le beau décor de cabaret à trois sous de Pierre-André Weitz, illuminé de dizaines de petites ampoules, tout se joue sur un tout petit plateau de bois fermé par un simple rideau.

Dans ce théâtre-là, les anges ont des ailes en carton, la mort et le diable sont immédiatement reconnaissables à quelques signes simples, le sang qui coule jaillit comme un ruban rouge et les mains qui repoussent comme par miracle sont des prothèses en métal que l'on saisit à vue, sans rien cacher au (jeune) spectateur. Mais tout est là, lisible et sensible, la souffrance enfantine et la métaphore de l'inceste, que figurent les mains coupées.

 

 

TANT QUE RÈGNE LA FOI DANS L'AMOUR

Tout est là, y compris la résilience, dans cet art qui dit que rien n'est jamais perdu tant que règne la foi dans l'amour, dans la vie et surtout… dans le théâtre, évidemment. Comme toujours chez Olivier Py, les acteurs-chanteurs-musiciens, François Michonneau, Léo Muscat, Benjamin Ritter et Delia Sepulcre Nativi, jouent sans avoir peur de la théâtralité.

« Qu'est-ce que l'art ? Dire d'un mot la mort avec la joie. » Dans ses spectacles « tout public », Olivier Py peut se contenter d'un mot, là où il lui en faut souvent beaucoup, dans ses pièces « pour adultes ». C'est bien, parfois.

 

La Jeune Fille, le Diable et le Moulin. De et par Olivier Py, d'après un conte des frères Grimm. Chapelle des Pénitents-Blancs, à 11 heures et 15 heures, jusqu'au 27 juillet. Tél. : 04-90-14-14-14. De 8 € à 17 €. Durée : 50 min. A partir de 7 ans.

 

 

Fabienne Darge 
Journaliste au Monde
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CIP-IDF > Jeudi 24 juillet

CIP-IDF > Jeudi 24 juillet | Revue de presse théâtre | Scoop.it

L'état des luttes et des actions dans toute la France ce jeudi 24, recueilli par la coordination des intermittents et des précaires Ile de France

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"Acteurs de cristal", rencontre avec Valérie Dréville, extrait 1

"Acteurs de cristal", rencontre avec Valérie Dréville, extrait 1 | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Qu'est-ce que la "présence" d'un acteur ? Le documentaire s'intéresse à la "cuisine" d'un métier, à "l'arrière-cour" et aux "petits secrets" qui permettent à l'acteur d'habiter la scène et de la rendre vivante. Et ainsi, de donner au spectateur le sentiment d'une intensité parfois jamais égalée. Le mot "présence" désigne en définitive un lien accru au vivant et à la vie.

 

Publié sur le site de theatre-contmporain.net,

à voir sur  :   www.theatre-video.net/Acteurs-de-cristal-rencontre-avec-Valerie-Dreville-extrait-1?autostart

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Philippe Lefait retrouve ses “Mots”… sur Internet

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Il y a un an, Philippe Lefait et son émission disparaissaient de France 2 . “Des mots de minuit” revient dans un format plus accessible, sur Culturebox.


Depuis un an, le Web est devenu le purgatoire des émissions culturelles, dont on ne sait s'il leur promet la résurrection ou une sorte de mort au carré. Ejecté de France 2 en 2013, Taratata peine à survivre sur YouTube. Zappée de la même chaîne pour rentabilité anémique – 60 000 euros le numéro pour 150 000 téléspectateurs en moyenne –, la belle émission arty de Philippe Lefait, Des mots de minuit, est réapparue depuis un mois sur Culturebox, le site de France Télévisions.

On y trouve chaque semaine un grand entretien d'une heure avec un artiste et/ou un intellectuel et une série documen­tai­re de trente minutes – nommée Tripalium, instrument de torture à l'ori­gine du mot « travail » – sur notre rapport au boulot (Lefait veut dévelop­per la dimension « anthropologique » de l'émission). D'au­tres rubriques existent (des micro-concerts, des critiques de livres, le journal d'une thésarde), alimentées par trois jour­­nalistes, plus deux stagiaires (« bien payés », nous précise-t-on). Economie légère qui permet au programme d'« avancer en marchant », c'est-à-dire de bricoler avec les moyens du bord.

Philippe Lefait reconnaît que le numérique n'est pas sa culture, mais se plaît à imaginer une vaste « bibliothèque » en ligne compilant les archives de l'émission, les fameux entretiens avec Jean Echenoz et Pierre Michon, Albert Cossery, Arno, Yolande Moreau, Maylis de Kerangal… (en vingt ans, l'émission a reçu six mille invités, ça fait du stock !).

D'anciens numéros seront ainsi mis en ligne tout l'été, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, d'autant qu'il n'est plus question d'attendre 1 heure du matin pour les visionner (les nouveaux entretiens seront mis en ligne le jeudi, à 20 heures). Des mots de midi à minuit, donc. Et des images qui étoffent encore un peu plus l'offre de Culturebox (trois cent trente-trois con­certs en 2013, cinquante-quatre pièces de théâtre, soixante-deux opéras, trente-cinq ballets, etc.) dont l'audience a triplé dans l'année. ­ 


En savoir plus sur http://television.telerama.fr/television/philippe-lefait-retrouve-ses-mots-sur-internet,114856.php#PyuzEo4M6wXzxLcj.99


En savoir plus sur http://television.telerama.fr/television/philippe-lefait-retrouve-ses-mots-sur-internet,114856.php#PyuzEo4M6wXzxLcj.99

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FESTIVAL D'AVIGNON : UN ENTRETIEN AVEC CLAUDE REGY

FESTIVAL D'AVIGNON : UN ENTRETIEN AVEC CLAUDE REGY | Revue de presse théâtre | Scoop.it
68e FESTIVAL D'AVIGNON : Entretien avec Claude REGY, à propos d’ "Intérieur", d'après Maeterlinck, donné du 15 au 27 juillet au Festival d'Avignon. A l'occasion de la préparation du numéro d'été d'

 

Extrait : La proximité que vous aviez avec Marguerite Duras et Nathalie Sarraute montre que vous avez toujours été attiré par des auteurs qui ont su créer leur propre langue pour atteindre l’au-delà du langage.

 

 

Claude Régy : Oui, je citerai très volontiers quelques lignes de Nathalie Sarraute : « Les mots ne servent qu’à libérer une matière silencieuse, laquelle est bien plus vaste que les mots ». C’est donc dans cette matière silencieuse que l’on peut percevoir ce contact avec l’invisible ou avec l’inexprimable. Un autre auteur dit : « Le mot dans sa paresse cherche en vain à saisir au vol l’insaisissable que l’on touche dans le sombre silence aux frontières ultimes de notre esprit ». Ce n’est que là, « dans le sombre silence aux frontières ultimes de notre esprit », que quelque chose d’intéressant peut naître, enfin pour moi…

 

Propos recueillis le 5 juin 2014 par Yves Kafka pour le Magazine Inferno http://inferno-magazine.com/

 

Publié en ligne le 22 juillet

 

CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ENTRETIEN COMPLET DANS SON SITE D'ORIGINE

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Denis Podalydès : « Éric Ruf, homme de l’intérieur qui ira vers l’extérieur » | La-Croix.com

Denis Podalydès : « Éric Ruf, homme de l’intérieur qui ira vers l’extérieur » | La-Croix.com | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Éric Ruf, 45 ans, a été nommé administrateur de la Comédie-Française en Conseil des ministres par le président de la République, mercredi 16 juillet.

  

Membre de la troupe depuis 1993, ami proche de Denis Podalydès, il était en concurrence avec le directeur du théâtre de la Colline, Stéphane Braunschweig.

ENTRETIEN avec Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française.

 

Entretien réalisé par Sabine Audrerie pour La Croix du 16 juillet

 

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France Bleu | SUIVEZ les 18 heures de l'intégrale d'Henry VI à Avignon

L'intégrale d'Henry VI de William Shakespeare débute ce lundi à la FabricA et c'est, à l'évidence, l'un des événements de la 68e édition du Festival d'Avignon. Un spectacle d'une durée estimée à 18 heures.

 

Cliquer sur le titre pour lire l'article sur le sitede France Bleu et pour écouter les reportages successifs au cours de la journée.

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La culture, ce n’est pas que de l’art

Tribune, par Fabrice Raffin, maître de conférences à l'Unibersité Jules-Verne d'Amiens, parue le 13 août 2014 dans Libération

 

Dans le rejet actuel du politique, lisible dans le vote extrémiste ou l’abstention, il y a, parmi les classes «populaires», un sentiment de domination et d’impuissance qui concerne aussi les politiques culturelles. Ceux que l’on appelle les «professionnels de la culture» ont l’impression de représenter l’intérêt culturel des populations, ce qui n’est pas tout à fait le cas. Par ailleurs, les pratiques soutenues par les politiques culturelles sont principalement celles portées par ceux capables de se faire entendre, le plus souvent les classes moyennes supérieures. Elles ont bien sûr raison de le faire, comme il faut affirmer ici l’intérêt d’un soutien à l’art et reconnaître la qualité du travail des professionnels de la culture. Cependant, bien souvent, sous couvert «d’universalisme», ces acteurs définissent eux-mêmes une «bonne culture» qui est en fait la leur. Se battant contre un élitisme culturel, ils en reconstruisent un autre sans toujours en avoir conscience. Ce qui frappe également est leur faculté à ne pas reconnaître digne d’intérêt véritable des pratiques culturelles majoritaires ancrées dans les populations : fanfares, clubbing, musiques amplifiées, cirque, théâtre mais dans leurs versions populaires, chant, slam, jeux vidéos, cosplay, comics, mangas, bref, les cultures banales mais essentielles de millions de personnes.

Lorsque l’on observe le décalage entre ces pratiques culturelles variées et l’offre publique une question est rarement posée : la culture pour quoi faire ? Le politique répond aujourd’hui de deux manières. Depuis 1959, prédomine la logique de démocratisation culturelle avec le «supplément d’âme» (1) comme leitmotiv. La culture renvoie ici à des valeurs sacrées, à l’intemporel, à l’universel. Cette logique, portée par le ministère de la Culture, valorise tantôt les œuvres majeures de l’histoire de l’art, tantôt des formes contemporaines reconnues par les professionnels, formes qui, à terme, ont vocation à intégrer l’histoire de l’art. Au tournant des années 80, Jack Lang a dédoublé cette politique par la notion de démocratie culturelle, pour tenter un rapprochement avec les pratiques de terrain. Trente-trois ans plus tard, cette politique censée reconnaître la diversité des formes culturelles se présente plutôt comme leur appropriation par les professionnels et leurs publics et l’entrée de ces pratiques dans les mondes de l’art. Un processus «d’artistisation» comme en témoigne l’usage récurrent du terme «art» à leur endroit : arts du cirque, arts de la rue, 9e art pour la BD, la danse hip-hop étant passée à la danse contemporaine, le graph à l’art urbain.

Si ce renforcement artistique de pratiques «indigènes» me ravit et ravit les classes dominantes, les sens initiaux des pratiques populaires n’ont pas disparu mais les politiques publiques l’ignorent avec force. Sauf pour les «élus» de la «professionnalisation», ce processus est vécu par les publics de ces formes culturelles comme une dépossession. Pour être financés, les projets culturels doivent respecter une qualité artistique parfois en contradiction profonde avec leur sens initial, forme de nouvel académisme, selon une qualité esthétique toujours liée à la logique du supplément d’âme, lui-même indexé sur l’histoire de l’art.

D’un autre côté, le politique répond à la question de l’utilité de la culture d’une manière plus instrumentale, selon une triple injonction soulignée par Philippe Chaudoir : développer les territoires, communiquer pour se positionner par rapport à d’autres territoires, construire de la «cohésion sociale». Ces orientations, soutenues par les collectivités territoriales, sont simultanées aux processus de décentralisation et d’affaiblissement de l’Etat depuis les années 80. Ces politiques ont conduit au soutien de formes artistiques moins «établies». Néanmoins, portées par des professionnels qui y ont trouvé une manne financière, les formes diffusées, à de rares exceptions, relèvent de la même logique «d’imposition extérieure» aux habitants.

Depuis plus de vingt ans, mes recherches sur les pratiques culturelles montrent cependant que, pour des millions de personnes, la culture est quelque chose à la fois de plus essentiel et de plus simple. D’une part, la culture ne se réduit pas à l’art. D’autre part, elle existe en dehors de toute institution. Enfin, il n’existe pas de groupe social qui ne développe ses propres pratiques. La culture emprunte des sens et des chemins plus prosaïques. Ils se construisent dans la proximité et la quotidienneté, par rapport aux parcours des individus : mon groupe social ou générationnel, ma région, ma ville, un problème qui me préoccupe. Un morceau de musique, un film, un spectacle jouissent d’un statut particulier pour leurs publics, rarement le même : esthétique toujours, mais également, alternativement ou simultanément, festif, ludique, économique, politique, éducatif, religieux, urbain, etc. Une dimension esthétique qui transforme un moment selon des sens plus ou moins nobles ou frivoles.

 

Nous sommes loin de la culture prescrite par l’offre publique (principalement l’art), voire imposée (à l’école notamment) et finalement subie. Alors que Malraux affirmait que «si la culture existe, ce n’est pas du tout pour que les gens s’amusent», il semble bien que parmi nos contemporains son sens ludique soit très répandu. Il ne s’agit pas de dire ici que tout se vaut en matière culturelle. Il s’agit au contraire d’affirmer que rien ne peut se valoir à partir du moment où est reconnue la diversité des sens des pratiques culturelles. Et d’affirmer que le modèle artistique des professionnels de la culture impose un usage social dominant de la culture mais qu’il en existe une infinité d’autres, chaque jour réinventés par chaque groupe social. S’il convient de continuer à soutenir les formes de la grandeur artistique de demain, reconnaître et laisser vivre les cultures du quotidien de la majorité des populations est une urgence démocratique.

 

(1) «Les deux sources de la morale et de la religion», Henri Bergson, Flammarion, 2012.

Par Fabrice Raffin Maître de conférences, université de Picardie-Jules-Verne

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A Nexon, le spectacle jongle avec la réflexion

A Nexon, le spectacle jongle avec la réflexion | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Arts. Le festival limousin la Route du sirque valorise des compagnies engagées et avant-gardistes.

 

Des balles volantes et de la poésie du mouvement. La commune de Nexon (Haute-Vienne) accueille le festival la Route du sirque, organisé par le Pôle national des arts du cirque en Limousin. Pas de faute d’orthographe ici : un cirque avec un «s», parce que surprises et approche plurielle des arts du spectacle. Au programme, beaucoup de jonglerie, avec notamment le papa du renouveau de cet art en Europe, Jérôme Thomas. Et du jazz manouche, des expos…

«Ecriture». Bordé par le parc naturel régional Périgord-Limousin, ce rendez-vous n’est pas un simple rassemblement de troubadours aux idées libertaires sous un chapiteau éclairé par des lampions. Il est un laboratoire d’idées, labellisé par le ministère de la Culture depuis la création du festival en 2001.

L’histoire du Pôle national des arts du cirque remonte plus loin : il est créé en 1986 sur l’impulsion d’Annie Fratellini qui, cherchant un lieu pour entraîner sa troupe l’été, a été séduite par le domaine du château de Nexon. Dans les années 90, Marc Délhiat et Guiloui Karl prennent le relais. En plus d’un centre artistique permanent, ils créent des rencontres cinématographiques qui vont se transformer au fur et à mesure en un festival populaire avec des performances bien réelles.

L’édition 2014 marque l’arrivée d’un nouveau directeur : Martin Palisse, nommé en janvier à la tête du pôle national. L’homme arbore une multitude de chapeaux de clown. Artiste jongleur, il est également metteur en piste (ne pas confondre avec metteur en scène) et fondateur de la compagnie du Cirque Bang-Bang en 2000 avec sa compagne Elsa Guérin. La compagnie bénéficie d’une renommée internationale grâce à des spectacles comme Post.

Martin Palisse, 33 ans, fait partie de ces gens qui voient la discipline au-delà de son aspect purement récréatif : «Le cirque doit être au service des œuvres dramatiques. Il faut une véritable écriture derrière un spectacle.» Le nouveau directeur ne renie pas pour autant les origines :«Bien sûr, le cirque est un art de la sensation. Mais je souhaite que le public puise de la réflexion dans ce que nous faisons.»

Volonté. Précédemment, la programmation était plus éclectique afin d’attirer du public et dresser un panorama multidisciplinaire du monde du cirque. Martin Palisse souhaite pour sa part insuffler de la nouveauté à Nexon en misant sur l’avant-gardisme : «Ma direction artistique, c’est un cirque public, engagé et accessible à tous. Mais il ne faut pas non plus tout casser d’un coup ! On travaille avec un public essentiellement rural, et le changement doit certes se voir, mais surtout être apprécié et accepté par les spectateurs. C’est une révolution à pas de velours.» Pas de précipitation donc, mais une volonté politique bien présente dans les propos du jongleur sur le cirque actuel. «Aujourd’hui, on a une division flagrante entre les artistes qui sont dans une logique de performance, et ceux dans une recherche de création. C’est facile de faire trois saltos pour épater la galerie, mais moins aisé d’être dans la réflexion», explique-t-il.

 

Lise MÉNALQUE pour Libération du 13 août


La Route du Sirque Nexon (87). Du 15 au 23 août. Rens. : 05 55 00 98 36 ou www.cirquenexon.com

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La notion de service public culturel ?

La notion de service public culturel ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Pompougnac Obs42

Via Jean-Claude Pompougnac
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Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon

Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Premier bilan de la 68e édition du Festival d'Avignon avec Olivier Py.
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Henry VI : Cri Silencieux - Un intermède militant

Intermède militant pendant l'intégrale d'Henry VI. Pour une fois, ni avant le début, ni après les saluts, mais au bout de six heures de représentation...

 

Henry VI de William Shakespeare, mise en scène et scénographie Thomas Jolly - Assistanat à la mise en scène Alexandre Dain Collaboration à la dramaturgie Julie Lerat-Gersant

 

Comédienne des intermèdes, rhapsode : Manon Thorel.

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Festival d'Avignon. Du côté du Off

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"Selma" au Grenier à Sel, "Oblomov" à la Caserne des pompiers et "Ay Carmela," à la Bourse du travail... Les trois derniers coups de cœur de notre envoyé spécial au Off du Festival d'Avignon. -


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Dimitriadis rondement mené

Dimitriadis rondement  mené | Revue de presse théâtre | Scoop.it
«La Ronde du carré», de l’auteur grec contemporain, est orchestrée avec maestria par le metteur en scène Dimitris Karantzas.

 

Critique de René Solis pour Libération

 

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Paris Quartier d’Été  : Doux « Songe » en forêt tropicale

Paris Quartier d’Été  : Doux « Songe » en forêt tropicale | Revue de presse théâtre | Scoop.it

ans le cadre du festival « Paris Quartier d’Été », le Théâtre Paris-Villette accueille « Songe d’une autre nuit », adaptation du « Songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare. Ce travail est le fruit d’une collaboration étendue entre la Guyane et le continent, par le biais de la compagnie KS and CO, « Kokolampoe » - Scène conventionnée de Guyane, le Théâtre-École qui lui est rattaché, l’ENSATT et le Théâtre Paris-Villette. Ces horizons lointains sont rassemblés ici dans un spectacle les projettant dans un monde hors du nôtre.

Un mince tronc de bois flotté scinde la scène en diagonale. Il est la frontière - sans cesse franchie - entre les mondes fantastiques qui composent la pièce originelle. Le monde archaïque d’Athènes et l’univers onirique des esprits de la forêt. Difficile de ne pas y voir la barrière symbolique entre le plus grand département Français qu’est la Guyane et sa métropole. Cette idée est renforcée dans la mise en scène par le choix de séparer les deux mondes par la langue : les Athéniens parlent français, les esprits de la forêt échangent en saramaka, un créole Guyanais ajoutant une dimension impressionnante dans les échanges entre Obéron (Serge Abatucci) et Titania (Sterela Abakamofou).

 


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/culture/0203661233835-paris-quartier-dete-doux-songe-en-foret-tropicale-1027133.php?K6J6QcwCw4aJ6SLE.99

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«Henry VI», carnages au bout de la nuit

«Henry VI», carnages au bout de la nuit | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Durant dix-huit heures, le metteur en scène Thomas Jolly fait sensation avec les crimes du drame shakespearien.

 


 

Aux valeureux spectateurs, la direction reconnaissante distribue, à la sortie de la FabricA, peu avant 4 heures du matin, un pin’s «J’ai vu Henry VI en entier». Une médaille pour récompenser l’endurance de tous ceux qui, entrés dans la salle la veille à 10 heures du matin, ont suivi les dix-huit heures de représentation. Pour la première, les comédiens de la Piccola Familia, la troupe du metteur en scène Thoma Jolly, ont fait court : ils ont bouclé le marathon avec près d’une demi-heure d’avance sur l’horaire annoncé. Un marathon qui a enregistré un taux d’abandon extrêmement bas. Les quelque 600 spectateurs ont réservé aux vingt comédiens - ainsi qu’à l’équipe technique - la plus longue ovation de ce mois de juillet avignonnais : plus de dix minutes, comme un double bravo à la scène et à la salle.

Chahuté par les intermittents, les intempéries, les choix discutables de programmation, le Festival d’Avignon 2014 tient son triomphe, son spectacle de légende. Le badge ne s’y trompe pas : il y aura désormais des anciens combattants du«J’ai vu Henry VI en entier» et pour les deux représentations restantes, jeudi et samedi, la chasse aux billets risque de s’intensifier (1). Les spectateurs d’Avignon ne sont pas des masochistes, et le succès est mérité : Henry VI est un spectacle fédérateur, inventif, joyeux, une course d’endurance théâtrale qui n’accuse jamais sa longueur.

Taupinière. Il faut dire que ça n’arrête pas. Quarante ans d’histoire, la guerre de Cent Ans plus la guerre des Deux Roses : la pièce de William Shakespeare est une suite ininterrompue de batailles militaires et de combats politiques, où les situations - de même que les vestes - n’arrêtent pas de se retourner. Henry VI est en fait constitué de trois drames historiques qui suivent la chronologie (1422-1464) d’un règne à cheval sur la fin du Moyen Age et les débuts de la Renaissance, un siècle avant la naissance de Shakespeare.

Drôle de roi, dont les seules armes semblent être la faiblesse et l’inaptitude au combat, tandis que ses adversaires et ses partisans passent leur temps à s’entre-tuer. Pacifiste à scrupules et états d’âme, il médite seul à l’écart, sur une taupinière, en pleine bataille de Towton, rêve d’être un berger observant la fuite des jours et divisant son temps paisible : «Tant d’heures pour garder mon troupeau ;/ Tant d’heures pour me reposer ;/ Tant d’heures pour méditer ;/ Tant d’heures pour me divertir.» (2)  Bref, Henry n’est pas dans l’air de son temps. Car, côté guerriers sanguinaires, on n’a que l’embarras du choix : de têtes coupées en enfants massacrés, c’est toute l’aristocratie anglaise du XVe siècle qui est atteinte de frénésie sanglante - le pire, au bout de la nuit d’Henry VI, étant encore à venir. «Car ici, je l’espère, commence notre joie durable» : le mot de la fin dans la bouche d’Edouard d’York, le nouveau roi, ressemble à une mauvaise blague. Dans l’ombre guette son frère, l’infâme nabot Richard de Gloucester, qui vient de trucider Henry VI dans sa prison, et s’apprête à anéantir sa propre famille pour parvenir au trône. C’est sur la première scène deRichard III que s’achève le spectacle, et c’est Thomas Jolly, le metteur en scène, qui interprète le monstre, en rockeur dégénéré souple et froid.

Bûcher. Le monstre, c’est d’abord la pièce (15 actes, 150 personnages) que le jeune homme - il a 32 ans et est passé par l’école d’acteurs du Théâtre national de Bretagne - dompte haut la main. Le texte pose moins de problèmes dramaturgiques que de mise en scène proprement dite. Comment restituer une histoire répétitive sans lasser ? Question de rythme, d’abord. Les dix-huit heures de spectacle sont découpées en quatre grandes parties, elles-mêmes divisées en deux. Entre chacun des huit épisodes, un entracte de trente minutes, et entre chaque partie, un autre d’une heure. Lesdits épisodes ont des couleurs distinctes. Les deux premiers tirent vers le potache, les chevaliers français crient «cataclop !» en galopant sur leurs chaises qui serviront ensuite au bûcher de Jeanne d’Arc - perruque bleue et seins à l’air, réjouissante incarnation de la «pute» et «sorcière» telle que les Anglais la conçoivent. Mais Jolly sait aussi noircir le ton, et trouver pour chaque bataille des idées nouvelles : brouillards, bruits hors champ, échafaudages sur roulettes, lumières rouges, éclairs aveuglants, lancers de cotillons, giclées electro-rock : pas d’images léchées ni de haute technologie, mais de l’artisanat dont les spectateurs voient tous les rouages.

Il dispose encore de deux atouts majeurs : l’ajout d’un personnage clownesque - la Rhapsode - qui s’adresse aux spectateurs entre les épisodes : «Non contents d’avoir déjà enduré quatre heures de notre épopée, vous êtes revenus. Pour en reprendre treize !!! C’est gentil.» Irrésistible, la comédienne Manon Thorel, qui a aussi écrit les textes, fait un triomphe mérité à chaque apparition. Autre trouvaille, l’usage des faisceaux, entre DCA et boîte de nuit. Les deux registres sont là, la guerre et le carnaval, le bal des meurtres et des trahisons qui fait rire et qui fait peur, le Moyen Age et l’époque actuelle.

Ni un sommet, ni une révolution esthétique, pas le Ring de Chéreau, ni le Soulier de satin de Vitez, juste tout un jour et toute une nuit de théâtre qui revigorent.

(1) La représentation de jeudi doit être retransmise en direct sur Culturebox. France 2 a prévu une diffusion sur trois jours les 27, 28 et 29 juillet.

(2) Le texte reprend la traduction de Line Cottegnies pour la Pléiade. La version complète de l’adaptation est publiée par l’Avant-Scène théâtre.

Par René Solis Envoyé spécial à Avignon

Henry VI de Shakespeare ms de Thomas Jolly. La FabricA, 55, av. Eisenhower, Avignon (84). Les 24 et 26 juillet à 10 heures. Rens. : www.festival-avignon.com

   
Le spectateur de Belleville's insight:

René Solis, retour de traversée.

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« Henry VI », l'épopée de Thomas Jolly éclaire la nuit d'Avignon

« Henry  VI », l'épopée de Thomas Jolly éclaire la nuit d'Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le jeune metteur en scène fait mouche avec les trois pièces de Shakespeare, un spectacle marathon de dix-huit heures.

 

Bluffant, étourdissant, hypnotisant… Voilà le morceau de bravoure du Festival d'Avignon, son Himalaya, son monstre fou : Henry VI, de William Shakespeare, mis en scène par le jeune Thomas Jolly, 32 ans. Dix-huit heures de spectacle, trois pièces, quinze actes, cent cinquante personnages, dix mille vers… On arrête là le Livre des records. Vous entrez à 10 heures du matin dans la salle du théâtre, vous en sortez à 4 heures le matin suivant. « Jour, fais place à la nuit », comme dirait Richard III, à la toute fin de la représentation…

 

 

QUARANTE ANS DE L'HISTOIRE DE L'ANGLETERRE

Henry VI n'est sans doute pas le meilleur spectacle du Festival, en tout cas pas le plus pointu ou le plus novateur (grosse concurrence d'Ivo van Hove, il y a quelques jours, et de Thomas Ostermeier, qui arrive le 23 juillet). Mais là n'est pas la question. Malgré les défauts, les faiblesses, il emporte sans coup férir, parce que quelque chose s'accomplit là, qui abolit le temps ordinaire et vous fait plonger avec une jeunesse, une fraîcheur et un sens du théâtre exceptionnels dans l'enfance de Shakespeare. Et le public en redemande, qui non seulement n'a pas fait défection, lors de la première, le 21 juillet, mais a accueilli cette épopée avec un enthousiasme de plus en plus délirant au fur et à mesure de son avancée.

C'est la première fois qu'on la voit en France en (quasi) intégrale, cette trilogie écrite par un Shakespeare d'à peine 25 ans, dans les années 1590. Le futur auteur d'Hamlet y conte quarante ans de l'histoire de l'Angleterre, qui voient ce noble et prospère royaume sombrer dans la division et la barbarie. Une saga qui commence en 1422, au moment de la mort du roi Henry V et du couronnement d'Henry VI, à l'âge de 9 mois, et se poursuit jusqu'en 1464, avec la destitution du roi Edouard IV et la montée en puissance d'un certain Richard III, qui fera l'objet d'une autre pièce. Entre ces deux dates, on traverse la guerre de Cent Ans et la guerre des Deux-Roses, dans laquelle s'affrontent de manière sanglante les nobles du royaume.

 

MAÎTRISE ET SOPHISTICATION ASSEZ ÉPOUSTOUFLANTES

Amour, aventure, folie et dérision du pouvoir, trahison, enchaînement meurtrier, réflexion sur l'Histoire et ses mécanismes : Henry VI contient en germe tout le théâtre futur de Shakespeare, et mélange la comédie, la tragédie, la farce, la trivialité la plus crue et la méditation métaphysique la plus élevée.

Elle annonce les grandes pièces à venir, Richard II et Richard III bien sûr, mais aussi Macbeth, Jules César ou Coriolan.

Autant dire que c'est un terrain de jeu et d'aventure inouï pour une jeune compagnie comme celle qu'a créée Thomas Jolly, La Piccola Familia, qui porte bien son nom, ou plutôt pas tout à fait : c'est un tel théâtre de partage que propose le metteur en scène que sa « famille » est bien plus grande qu'il ne le dit. Un théâtre qui pourrait être celui inventé par un enfant dans un grenier, un théâtre « à mains (et à voix) nues », mais qui dans son genre fait montre d'une maîtrise et d'une sophistication assez époustouflantes.

Pas de vidéo, pas de sonorisation des voix, pas de décor cherchant à créer l'illusion. Le metteur en scène s'inscrit totalement dans la tradition élisabéthaine du théâtre de tréteaux, qu'il renouvelle par d'autres moyens. Thomas Jolly ne se cache pas d'aimer les séries télévisées du genre « Game of Thrones » (qui elles-mêmes sont directement nourries de Shakespeare), et il en a retenu de sacrées leçons sur la conduite d'un récit, l'utilisation de la lumière et de la musique. Même si ses effets – sonores, notamment – sont parfois assez appuyés, force est de reconnaître la puissance et l'efficacité produites, qui alpaguent le spectateur à la moindre tentation de défection.

 

« JOUR, FAIS PLACE À LA NUIT »

L'Angleterre, la France, le siège d'Orléans, les palais des nobles anglais, le soulèvement du peuple par Jack Cade… Tout se joue dans un décor quasiment unique, un échafaudage de métal monté sur roulettes, qui donne une grande fluidité à la mise en scène. Et laisse le champ libre à l'imagination des spectateurs et des acteurs.

Les lumières rouges envahissent la scène lors des scènes de batailles, les épées sont figurées par de longs rubans blancs ou rouges de gymnastes, Jeanne d'Arc est une magicienne aux cheveux bleus, des fleurs sont lancées comme des projectiles… Et lorsqu'Henry VI est contesté sur son trône, il suffit que le coussin doré qui recouvrait sa chaise soit jeté à bas pour exprimer toute la violence de cette tentative de destitution. Le spectacle regorge de trouvailles comme celles-ci, qui montrent le sens qu'a Thomas Jolly du signe théâtral simple et directement parlant.

Il faudrait aussi parler de la conduite du spectacle, que Thomas Jolly a confiée à une rhapsode irrésistible (Manon Thorel), qui, aux entractes, vient résumer les « épisodes » précédents ou appâter les spectateurs pour la suite. Alors même si, au début du spectacle, on peut trouver que ce Henry VI verse un peu trop dans la bouffonnerie, le chemin s'accomplit peu à peu dans la « contagion des ténèbres » : « Jour, fais place à la nuit. »

Ils sont dix-sept acteurs à jongler avec tous ces personnages. Pas tous du même niveau il est vrai, mais l'énergie de troupe porte le spectacle, et certains sont excellents, à commencer par Thomas Jolly lui-même, qui joue un saisissant Richard III, entre « warrior » de jeu vidéo et poète à la Jean-Louis Barrault.

Beaucoup d'artistes, aujourd'hui, se revendiquent de cette notion de « théâtre populaire » dont on ne sait plus trop ce qu'elle veut dire. Thomas Jolly, lui, le fait, tout simplement. Si l'on peut dire.

 

 

Henry VI, de William Shakespeare (traduit en français par Line Cottegnies, éd. L'Avant-Scène Théâtre). Mise en scène : Thomas Jolly. La FabricA, les 24 et 26 juillet à 10 heures. Tél. : 04-90-14-14-14. De 20 € à 47 €. Durée : 18 heures. Puis tournée d'octobre à juin 2015, notamment au Théâtre de l'Odéon, à Paris, du 2 au 17 mai 2015.

 

 

Fabienne Darge 
Journaliste au Monde

Paru dans le Monde daté du 23 juillet

 

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Gwenaël Morin, le permanent du spectacle

Gwenaël Morin, le permanent du spectacle | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Pendant ce temps. Gwenaël Morin et sa troupe devraient présenter un Molière chaque soir du mardi au vendredi et les quatre Molière d'affilée, le samedi.

 

Pendant ce temps, à Lyon, Gwenaël Morin rase les murs. Il est metteur en scène et directeur du Théâtre du Point du jour. Tous ses spectacles ont été annulés. Les acteurs sont fâchés, les spectateurs déçus et les pouvoirs publics ayant accordé des subventions, surpris. Il donne rendez-vous dans un café discret, prend place à bonne distance de l'entrée.

Encore un intermittent qui fait grève ? Vous n'y êtes pas : c'est exactement le contraire. Gwenaël Morin a introduit en France le théâtre permanent. Son truc, c'est de jouer tout le temps, sans décors, sans costumes, sans éclairage. « Ce que je cherche, dit-il, c'est la beauté et la permanence, par-dessus le temps et la mort. » Il parle du théâtre comme d'un haut-fourneau dont jamais le feu ne doit s'éteindre. Il parle de jouer « à corps perdu, aveuglément, au risque de tout perdre mais aussi de toucher le beau, l'inattendu ». Parce qu'au théâtre, du moins dans les pièces des autres, tout est toujours trop prévu. Quel paradoxe, ce spectacle vivant où tout est réglé comme du papier à musique !

De fait, un imprévu s'est produit le 4 juin alors que sa troupe jouait Ajax, de Sophocle, pendant le festival des Nuits de Fourvière. Une comédienne a glissé sur le sol mouillé et s'est déchiré les ligaments du genou. Interruption de la pièce, annulation des dates suivantes. Six jours plus tard, nouvel essai. La comédienne joue assise. Mais l'orage gronde. Après trente minutes de jeu, alors qu'Ajax s'exclame : « Ô obscurité, ma lumière ! (…) Je ne suis digne désormais d'être secouru ni par les dieux ni par les mortels. La puissante fille de Zeus me tourmente jusqu'à la mort. Où fuirai-je ? Où m'arrêterai-je ? », à ce moment, donc, le ciel se déchire et la pluie battante met en fuite les spectateurs. Le metteur en scène tente d'encourager ses acteurs par de grands gestes mais ses batteries sont déjà plates. Dans la foulée, il annule tout : Ajax et les deux autres Sophocle que sa troupe devait jouer jusqu'à fin juillet.

« On n'arrête pas le théâtre permanent pour un genou, reconnaît, piteux, Gwenaël Morin dans ce café des bords de Saône. C'est pourtant ce qui s'est passé. Les acteurs n'ont pas compris. Ils m'ont dit que c'était du délire. Ça me fait tellement mal de les avoir plantés. »

Dans l'opinion publique, le burn-out est une pathologie qui concerne davantage les médecins urgentistes, les profs de banlieue et les opérateurs en Bourse que les metteurs en scène. Sans doute parce qu'à force d'associer les mots « acteurs » et « intermittents », l'idée s'est installée que cette catégorie socioprofessionnelle aurait une relation distante au travail et à l'effort. Qu'ils répètent vaguement, font grève, jouent un peu, pointent à l'intermittence et songent à la saison suivante. Evidemment, rien de tout cela n'est vrai pour Gwenaël Morin qui, à force de jouer sans relâche, a craqué. « Une goutte a fait déborder le vase, dit-il en cherchant ses mots.C'est inexplicable, inextricable. Je flippe, je m'épuise, je casse tout. »

A écouter ce démiurge en petits morceaux, on comprend qu'une des raisons de l'épuisement de Gwenaël Morin, c'est d'être resté le seul, en France, à pratiquer le théâtre permanent. « J'ai monté une troupe payée tout le temps, pour jouer tout le temps, dans un théâtre ouvert tout le temps. C'est quand même pas incongru, pas révolutionnaire, non ? Pourquoi tout le monde ne fait pas ça ? »


« JOUER JUSQU'À L'ÉPUISEMENT »

Ça, comme il dit, ce sont près de vingt spectacles montés en cinq ans (record à battre), depuis l'expérience d'un théâtre gratuit à Aubervilliers en 2009 jusqu'à la responsabilité du Théâtre du Point du jour à Lyon en 2013, en passant par de longues nuits au Théâtre de la Bastille à Paris durant lesquelles s'enchaînent les pièces de Fassbinder, Molière, Racine, Büchner, Shakespeare. Pas de costume, pas d'éclairage, pas de sonorisation et, pour tout décor, des slogans au feutre sur du papier scotché qui rappelle les oeuvres du Suisse Thomas Hirschhorn, dont le metteur en scène est très proche. Comme si cela ne suffisait pas, Gwenaël Morin a pris l'an dernier la charge de jeunes sortis du Conservatoire à qui il a fait jouer Molière sans interruption, avec des rôles tirés au sort. En octobre, ils devraient présenter un Molière chaque soir du mardi au vendredi et les quatre Molière d'affilée, le samedi.

Tout cela rencontre un énorme succès public : des salles combles, des places à 5 euros, pas de réservation. « Combien de fois un directeur de théâtre m'a dit : “Je ne peux pas te programmer trois fois, j'aurai pas le public.” Je réponds qu'on s'en fout, qu'on est subventionné, qu'on peut jouer jusqu'à l'épuisement, que quelque chose finira par se passer et le public par venir ! Et ça marche, mais on me dit : “Morin, tu montes des Molière, c'est facile à remplir.” Qui a dit qu'il fallait des trucs difficiles à remplir ? Qu'est-ce qui compte, l'expérience du théâtre, ou l'orgueil de défendre un auteur qui n'intéresse personne ? »

Une heure est passée. Gwenaël Morin s'anime, s'enflamme à défendre son théâtre frugal et permanent dont il oublie qu'il a été interrompu. Ça lui revient. Il s'accuse d'inconséquence, d'égoïsme. Se souvient qu'il n'a pas passé un seul jour de vacances avec ses enfants. Dit qu'il ne sait pas comment il va relancer tout ça. Et soudain, repart à l'attaque. « Les autres, ils paient des employés pour prendre des réservations alors que leur théâtre n'est jamais plein ! On organise la pénurie. On organise l'exclusion ! Le vrai luxe du théâtre, c'est la générosité des acteurs, leur disponibilité quotidienne. A Avignon, si la pièce est bien, on ne peut pas la voir. Si on arrive à entrer, c'est qu'on n'est pas dans le bon spectacle. Pourquoi ? Pourquoi ? »


Serge Michel pour Le Monde 

serge.michel@lemonde.fr

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Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial

Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial

 

 

C’est un des spectacles du « in » dont on parle le moins, alors qu’il est sans doute l’un des plus réussis, et peut-être le plus emblématique de ce qu’Olivier Py veut apporter au festival d’Avignon. Othello d’après Shakespeare, revisité par l’auteur et philosophe Olivier Saccomano, et mis en scène par Nathalie Garraud, est une petite merveille qui vaut le détour, et qui se présente d’ailleurs très concrètement comme un invitation au détour. Spectacle « itinérant » programmé sur toute la durée du festival, cette création a été conçue pour donner son sens le plus fort au mot « décentralisation ». Elle se joue donc loin des remparts de la ville, dans les villages comme dans les banlieues, aussi bien devant les détenus d'une prison qu’au beau milieu du hall d’un concessionnaire automobile de luxe... Pour assister à la pièce, il faut donc habiter dans les parages, ou se renseigner, prendre un bus, faire du stop, trouver un covoiturage… Quitte à semer un peu les spectateurs habituels du "in", il s’agit bel et bien d’apporter le théâtre dans les lieux où on ne le voit pas d’habitude, ce qui implique un talent tout particulier du côté des artistes : être capable de jouer des grands textes (pour le grand public il n’en faut pas moins) dans des conditions matérielles plus que minimalistes.

Cédric Michel et Mitsou Doudeau dans Othello

Cet Othello-là se joue donc en effectif très limité. Sous les yeux ébahis du public réuni en cercle autour d’un plateau que seule leur présence désigne comme tel, trois acteurs  excellents munis de quelques accessoires de rien du tout, donnent corps à la tragédie du « maure de Venise ». Dans un prologue inventé pour l’occasion, les comédiens rappellent que si cette pièce se passe un peu à Venise, « berceau du capitalisme marchand », l’essentiel se déroule à Chypre, pauvre pays déjà en crise à cette époque lointaine. Sous couvert de s’expliquer mutuellement ce qu’est la pauvreté, le capitalisme et l’économie en général, ces trois « clowns chypriotes » qui vont raconter l’histoire d’Othello explorent la notion de confiance, sa puissance qui fait qu’on peut bâtir un empire sur le crédit que l’on obtient des autres ; et ses pièges, aussi... Amusante leçon inaugurale, qui pose d’emblée le mot clé de la pièce dont le héros, précisément, ne parvient pas à « faire confiance » à celle qu’il aime.
Avec une virtuosité réjouissante, les trois « clowns » vont ensuite jouer la pièce en interprétant tous les rôles, désignant ainsi leur théâtre comme un jeu des corps autant que de l’esprit. Donner à voir le spectacle en train de se fabriquer, sans coulisses ni artifices, c’est embarquer le public au cœur du dispositif qu’il décrit : c’est jouer sur le crédit qu’on a, la confiance qu’on nous accorde, les fantasmes que tout cela peut générer…
Avec une simple perruque, une casquette et beaucoup de talent, on voit la même actrice : Mitsou Doudeau, passer en une seconde du rôle de Cassio, lieutenant d’Othello, à celui de Desdémone, son épouse adorée. Et rien qu’en remontant ses manches, le même acteur, Cédric Michel, incarne Othello juste après avoir interprété n’importe quel autre personnage de la pièce. Tantôt sénateur ou servante, Conchita Paz se métamorphose de façon tout aussi spectaculaire, rien qu’en changeant de posture, d’écharpe ou de veston. Cet art de jouer très juste tout en exhibant le fait que l’on joue permet d'habiter le présent tout en faisant un pas de côté. Ainsi les acteurs font-ils du théâtre une pensée en acte : une machine à décaler les mots et les idées pour qu'on puisse les entendre autrement. On voudrait que le théâtre soit toujours comme cela. Et que tout le monde, décidément, aille voir cet Othello.

 

 

Othello par la compagnie DuZieu (Nathalie Garraud et Olivier Saccomano), spectacle en itinérance dans le cadre du Festival d'Avignon, jusqu'au 25 juillet


Judith Sibony pour son blog du Monde, le 19 juillet

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