Revue de presse théâtre
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Les auteurs hommes aussi sont sexués - Libération

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Lettre ouverte à Luc Bondy, par Nancy Huston

 


Cher M. Bondy, je fais partie des signataires du texte rédigé par le collectif la Barbe pour attirer l’attention du public sur la programmation exclusivement masculine du théâtre de l’Odéon que vous dirigez cette année pour la première fois. «14 spectacles, 14 auteurs hommes, 14 metteurs en scène hommes !» En réponse, vous vous êtes contenté de dire que vous n’aviez pas voulu faire cette programmation en fonction d’un quelconque «quota» sexuel. Ayant été peu convaincue par cette réponse, je me suis rendue à une représentation de la pièce par laquelle vous avez décidé d’inaugurer votre mandat - celle qui est censée représenter votre goût, illustrer votre talent, symboliser vos choix éthiques et esthétiques - le Retour, de Harold Pinter, dans une nouvelle traduction de Philippe Djian, avec (entre autres) Bruno Ganz et Emmanuelle Seignier. Or, cette pièce est un ramassis de clichés misanthropes et misogynes (je suis navrée de le dire, ayant un grand respect pour d’autres écrits de Pinter).

 

Les cinq hommes qui occupent le plateau trois heures durant incarnent divers types de misère et de nullité humaines, mais, dès que débarque une femme, ils cessent de se disputer et tombent magiquement d’accord : c’est une pute (même si elle est l’épouse de l’un d’entre eux et mère de trois fils) ; faut la mettre sur le trottoir ; du reste la femme elle-même est d’accord mais seulement si elle peut être pute de luxe. Si, si, je perçois bien l’ironie, l’hyperbole glauque, le nihilisme «tendance» du propos, là n’est pas le problème. Voici la modeste hypothèse que je souhaiterais vous soumettre : un tel texte ne peut avoir été écrit que par un homme, c’est-à-dire un être humain de sexe masculin. Je n’en déduis pas qu’il mérite l’oubli ou la censure ! En revanche, il mérite d’être contextualisé, comme le sont de nos jours les BD de Hergé où affleurent des relents racistes. Loin de thématiser le sexisme de la pièce par votre mise en scène, loin de nous donner la distance minimale que mériterait une telle charge antifemme, vous n’avez pas jugé utile de nous fournir une information concrète au sujet du Retour, pas même sa date d’écriture (1964). Au contraire, vous entourez le texte de références à d’autres hommes prestigieux intemporels : Goya ! Sigmund Freud ! Lucian Freud !

Loin de moi l’idée qu’une opinion sexiste exprimée par des personnages masculins dans une pièce de théâtre écrite par un lauréat de prix Nobel - toutes des putes - pourrait avoir un lien avec le comportement des hommes réels dans le monde réel, par exemple des directeurs du FMI ou des gamins adeptes de tournantes. Je m’étonne juste (à supposer que votre réplique à la Barbe ait été sincère) que vous ayez pu choisir, approuver et travailler sur ce texte sans réaliser que le sexe de son auteur était significatif. En somme, rien n’a changé depuis le XIXe siècle, les femmes c’est encore et toujours «Le Sexe» et les hommes l’universel, le neutre, la vérité et rien que la vérité au sujet de l’Homme (pardon, de l’Humain) et de son difficile séjour sur Terre entre la naissance et la mort. Cette conception n’est pas seulement banale, cher Luc Bondy, elle est, simplement, fausse.

A publié : «Reflets dans un œil d’homme».

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"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

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Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

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Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

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Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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«Sorry, Boys», des pantins suspendus aux filles

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Par Eve Beauvallet pour Libération


Hommes-objets, femmes-poupées… Inutile de surligner les métaphores pour noter que les marionnettes offrent une matière éloquente pour interroger les stéréotypes de genre. La jeune artiste italienne Marta Cuscunà, membre du collectif Fies Factory, ne s’y est pas trompée - elle qui travaille depuis plusieurs années à une trilogie sur les résistances féminines.

L’an passé, elle raflait les applaudissements au festival Chantiers d’Europe avec une pièce consacrée à la rébellion des Clarisses d’Udine. Elles transformèrent, dans l’Italie du XVIe, leur couvent en un espace de désacralisation des dogmes religieux et d’insurrection contre la domination masculine. On la retrouve cette année, dans le même festival, avec le troisième volet de ce cycle, inspiré par l’événement qui secouait, en 2008, la ville très catholique de Gloucester dans le Massachusetts, aux Etats-Unis : dystopie ou utopie collective selon les interprétations, dix-huit élèves de moins de 16 ans, de la Gloucester High School, décidèrent d’entamer une grossesse au même moment et d’élever leurs enfants ensemble, sans les pères.

Rétrograde.
Le même pacte féminin que Muriel et Delphine Coulin portaient à l’écran en 2011, dans 17 Filles : «Mais le spectacle et le film prennent des chemins divergents, puisque les filles passent au second plan dans Sorry, Boys», précise Marta Cuscunà, soucieuse de s’en référer davantage que n’ont choisi de le faire les réalisatrices au contexte social qui vit advenir un tel activisme maternel. Et de rappeler l’impact sur elle de deux documentaires, Gloucester 18 et Breaking Our Silence, s’attardant sur le climat de grande brutalité sexiste qui prévalait alors à Gloucester (380 plaintes pour violences domestiques par an dans une ville de 30 000 habitants). «Ce n’est pas une coïncidence, ça dit beaucoup du modèle de masculinité proposé aux hommes aujourd’hui.» Comme le formule l’artiste : «Où étaient les garçons ? Qu’en pensaient-ils ?»

Nourrie par la lecture de Stefano Ciccone, président de l’association internationale Maschile Plurale qui milite contre le modèle normatif patriarcal de la masculinité, la marionnettiste a mené son travail en lien avec des adolescents du Collegio del Mondo unito dell’Adriatico dans l’espoir de contrecarrer l’image poussiérieuse et rétrograde que beaucoup de jeunes Italiens sembleraient avoir, selon elle, des problématiques du genre : «Malheureusement ici, ces questions à l’école sont encore très taboues. En Italie, a fortiori après les années Berlusconi, il est préoccupant de constater l’absence totale de revendication des hommes, au sujet de la parentalité par exemple. Comme s’ils validaient l’idée que leur rôle se limitait à l’entretien économique de la famille.»

Contours.


Manifeste hoministe, incarné par une actrice et une armée de têtes coupées, modelées, disposées en trophées sur un plateau d’où les protagonistes féminines sont absentes, Sorry, Boys invite à s’interroger sur les moyens de remodeler, enfin, les contours de la masculinité.



Ève Beauvallet

Sorry, Boys de Marta Cuscunà du 23 au 24 mai lors du festival Chantiers d’Europe (11 mai-4 juin), Théâtre de la Ville, 75 004.

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« Eliogabalo » par Thomas Jolly

Thomas Jolly, qui fait ses débuts à l'Opéra, évoque sa mise en scène d'Eliogabalo. Du 16 septembre au 15 octobre 2016 au Palais Garnier. Informations e
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Dom Juan & Sganarelle | ARTE

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Le comédien et metteur en scène Vincent Macaigne signe une relecture sulfureuse de la pièce de Molière, sous la forme d'un road movie trash et sombre. Serge Bagdassarian compose un Sganarelle déchiré entre l'amour et la haine qui l'attachent à Dom Juan, faux jouisseur et vrai désespéré, remarquablement interprété par Loïc Corbery.


Ce film peut être vu gratuitement en ligne jusqu'au 13 mai au soir, grâce à arte+7, en suivant ce lien :http://arte.tv/guide/fr/050723-000-A/dom-juan-sganarelle

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Eh bien chantiers, maintenant

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Par Guillaume Tion pour Next/Libération :



Quatre grands théâtres parisiens ferment pour travaux. Absence de programmation ou relocalisation des spectacles, ils en profitent pour repenser leur saison prochaine.


C’est presque une provocation : quatre salles parisiennes fermées quasi simultanément pour travaux. Leur point commun : des chantiers au long cours, qui durent d’une saison à deux ans et demi (plus de sept ans en cumulé). Leurs différences : certaines institutions subissent la situation, d’autres parviennent à en tirer profit dans un semblant de normalité. Saisons off ou inexistantes, dispersion des personnels, projets de réouverture : de l’Opéra-Comique à l’Athénée en passant par le Théâtre de la Ville et le Châtelet, visite des chantiers.


L’Opéra-Comique (lyrique) Fermé de juillet 2015 à janvier 2017



L’Opéra-Comique a abandonné la place Boieldieu, à l’ombre des Grands Boulevards, pour quelques étages au 21, rue du Sentier, 700 mètres plus loin, immeuble qui abritait auparavant l’Eperon, journal hippique, ou encore la Librairie du cheval, et qui cherchait un locataire. Dans ces espaces provisoires, l’équipe du nouveau directeur, Olivier Mantei, qui a succédé avant les travaux à Jérôme Deschamps, prépare des événements tous azimuts : organisation d’un grenier lyrique en septembre dernier (les abonnés conservent chez eux des objets qu’ils restitueront une fois les travaux achevés) ; Pleine Nuit, déambulation sensorielle sur le chantier organisée en février par Christian Boltanski, Jean Kalman et Franck Krawczyk ; le Mystère de l’écureuil bleu, opéra pour enfants visionnable sur leur site… Depuis qu’il a fermé ses portes à la fin de la saison dernière pour la troisième et dernière phase de travaux commencés en 2003 (traitement d’air, désenfumage, mise en conformité du réseau électrique, accessibilité aux personnes à mobilité réduite… 16,933 millions d’euros de rénovation sur un an et demi), l’Opéra-Comique n’arrête pas de produire.

Hors les murs, son expansion n’a plus de limite. Au point que la cellule «Favart off» s’apprête à organiser un événement qui dépasse de loin sa petite structure : un karaoké géant sur le Champ-de-Mars, le 18 juin, en lien avec l’Euro de foot, dirigé par le talentueux chef à catogan Christophe Grapperon. «L’Opéra de Paris est hyper jaloux de cette idée», explique-t-on en interne. Jalousie ou pas, les rivaux de Bastille ont déjà «piqué» au cousin Comique le prodige qui fera la réouverture de la maison après les travaux : Thomas Jolly. Le Rouennais mettra en scène Fantasio pour l’Opéra-Comique en janvier 2017, et fera d’abord, en septembre 2016, l’ouverture de saison de l’Opéra de Paris, à Garnier, avec Eliogabalo. «C’est pas trop grave, soupire-t-on rue du Sentier. C’est quatre mois avant, cela ne parasite pas. Evidemment, on aurait préféré recevoir chez nous sa première mise en scène d’opéra, mais bon…»

Pourquoi une telle frénésie d’activité ? «Parce que, sinon, on s’ennuierait.» Mais aussi parce que la tutelle (le ministère de la Culture) maintient à l’institution une subvention allégée (6 millions d’euros annuels au lieu de 10 millions). L’équipe aussi a subi un sérieux dégraissage : sur les 80 personnels, 15 sont partis en retraite ou en rupture conventionnelle, 3 ont choisi une formation, 27 travaillent dans des structures publiques proches (Opéra de Paris, Centre des monuments nationaux…). Cet échange de personnel provoque d’ailleurs des envies de reconversion, et l’on est heureux d’entendre la belle histoire de cet accessoiriste de l’Opéra-Comique devenu provisoirement régisseur à la Philharmonie de Paris et qui aimerait en faire son nouveau métier.

Pour le moment, le public suit. «Il y a une réelle appétence de la part de nos spectateurs pour ce que l’on peut faire. Ils adorent les événements obliques. C’est pour nous l’occasion de nous lancer à la conquête de nouveaux publics et de nouveaux supports.» Comme, à l’automne, cette incursion lyrico-pâtissière avec la production du gâteau «Opéra-Comique», comme «l’Opéra» est aussi un gâteau, mais plutôt aux fruits celui-ci. Il sera vendu dans des pâtisseries partenaires. Pendant les travaux, les rivalités continuent.




Le théâtre de l’Athénée (lyrique, concert, théâtre) De juillet 2015 au 24 septembre 2016


Dans une ancienne loge aux murs tendus de velours rouge et au plafond décoré par un ciel de peinture, Patrice Martinet s’interroge sur la future couleur des fauteuils de la salle du théâtre de l’Athénée, dont il est le directeur. Son établissement sur cour dans le IXe arrondissement de Paris, public mais au statut particulier (il n’est pas propriétaire des murs) est en travaux jusqu’au 15 juillet. Ils consistent essentiellement à agrandir la fosse d’orchestre (de 20 à 30 musiciens) et à munir son plancher d’un système d’élévation pour pouvoir mettre le sol automatiquement à niveau quand la fosse n’est pas nécessaire. Jusqu’à présent, la manipulation, qui prenait plusieurs heures, était réalisée par une équipe de techniciens. La ventilation et le chauffage de la salle sont aussi à l’ordre du jour, sur le modèle «deux fauteuils égal une bouche d’aération». Enfin, certains systèmes, notamment sonore, seront recâblés en fonction des derniers standards. «Nous voulions avoir le présent, mais aussi l’avenir», explique Martinet.

Ces travaux de confort, sans urgence et qui améliorent des processus mal pratiques ou du matériel usé mais en état de marche, ont été décidés dans la foulée du ravalement de façade de l’établissement par le propriétaire, Groupama. «Pendant six mois, toute répétition ou représentation aurait été impossible. Autant en profiter pour mettre en place une série de travaux à l’intérieur.» Le chantier de 1,8 million d’euros a été pris en charge par le ministère de la Culture (1 million), le conseil régional d’Ile-de-France (435 000) et le théâtre (372 000). Le ravalement de façade est, lui, payé par Groupama, avec une aide de la Conservation régionale des monuments historiques. Bonheur collatéral de cette rénovation : la découverte, sous des couches de moquette, d’une mosaïque au niveau du contrôle du théâtre. Elle sera préservée et restaurée.

Les personnels s’en sont trouvés divisés : sur les 19 personnes de l’équipe, en comptant le directeur, 12 ont été mises en activité partielle (on ne dit plus chômage technique), payées 100 % de leur salaire (65 % à 75 % à la charge du ministère du Travail, le reste par le théâtre). Les 7 autres (directeur technique, régisseur général…) continuent de travailler dans les parties de l’établissement réservées à l’administration.

Sur le plan artistique, c’est une saison blanche. «Nous n’avons pas fait de programmation car nous n’en avons pas les moyens. La subvention du ministère de la Culture couvre le théâtre en ordre de marche, explique Martinet. Le reste dépend du succès de la programmation, de la billetterie donc, mais aussi des recettes de la location de l’établissement.» Le chantier prive de fait le théâtre de ces deux ressources. Le 24 septembre, une fois les travaux finis et la couleur des fauteuils choisie, l’Athénée rouvrira avec sa formation résidente du Balcon pour une Symphonie fantastique alléchante, réarrangée par Arthur Lavandier et dirigée par Maxime Pascal. Deux genres de furieux s’entrechoquant au centre d’un amour de salle à l’italienne modernisée.




Le Théâtre de la Ville (danse, musique, théâtre) De l’été 2016 à l’été 2018


«L’idée politique d’un théâtre dans la ville ne s’arrête pas à une fermeture. J’ai réuni l’équipe, qui a été d’accord avec moi. Et nous avons décidé de continuer», explique Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville (et du festival d’Automne), également metteur en scène mais aussi comédien dans sa façon de présenter les choses et de séduire son auditeur. Son théâtre proposera donc pendant ses deux ans de travaux une saison hors les murs, qui sera ventilée entre le théâtre des Abbesses (partenaire historique du Théâtre de la Ville), l’espace Cardin où s’installeront les 65 permanents de l’institution (sans mise à l’écart ni activité partielle), mais aussi dans 20 autres lieux partenaires… y compris au théâtre du Châtelet, le voisin d’en face à la programmation clinquante. «Une fois cela décidé, est-ce qu’on maintient les mêmes niveaux de conviction ? Est-ce que, même, on développe des choses ? Oui, plus que jamais», s’enflamme Demarcy-Mota, que les défis n’effraient pas. La prochaine saison sera pleine, avec 37 productions dont 24 créations dans les lieux partenaires, mais aussi une quinzaine aux Abbesses et à l’espace Cardin. «Nous ne voulions pas un ralentissement de la création et resterons présents sur les 3 disciplines : théâtre, danse, musique.» L’agenda d’un tel barnum, entre le déménagement de la Ville, les plannings des partenaires et celui des artistes, a tout du casse-tête niveau expert. Dans le bureau ensoleillé de Demarcy-Mota, plusieurs tables servent à empiler les dossiers techniques de programmation. D’autant que le directeur développe en même temps de nouveaux parcours Enfance et Jeunesse, qu’il compte reconduire, et qu’il a des idées bien arrêtées sur les travaux de son théâtre : «Ils toucheront essentiellement à la rénovation, mais l’enjeu n’est pas là.» En 1967, quand les architectes Valentin Fabre et Jean Perrottet détruisent la salle à l’italienne pour y poser une grande volée de gradins, «c’est la révolution. Fini le théâtre bourgeois où les gens se regardent entre eux, maintenant tout le monde regarde la scène, c’est le théâtre municipal populaire». Demarcy-Mota veut aujourd’hui une seconde révolution : «Il faut repenser les espaces publics. La rénovation, c’est très bien, mais que va-t-on continuer à offrir ? Quelle est la définition d’un théâtre en 2018 ?»

Le directeur, qui a l’oreille de sa tutelle, la Ville de Paris, évoque alors un lieu où la programmation, «mue par la nécessité de présenter l’acte artistique et pas des grosses machines», commence dès l’accueil : il travaille sur la prise en charge de spectateurs autistes, des ateliers pour enfants… La base philosophique du projet peut être résumée par : le théâtre de toutes les différences. Un concept qui a le soutien des architectes historiques. Ils ont donné leur accord de principe pour une refonte globale du hall, avec notamment une plus grande ouverture vers la place du Châtelet.

Le théâtre du Châtelet (Shows !) De février 2017 à l’été 2019


De l’autre côté de la fontaine du Palmier, le théâtre du Châtelet, seconde institution sous la coupe exclusive de la mairie de Paris, est elle aussi en travaux pour deux années et demie, de février 2017 à septembre 2019. Ce long chantier, ajouté au départ de son directeur, Jean-Luc Choplin, à la fin de cette présente saison, ont donné lieu à de folles rumeurs sur le devenir du théâtre. Dans son bureau à la décoration classée défraîchie des années 60, toute bois de texture et d’ambiance (jusqu’au panneau du frigo dissimulé mais qui ne fonctionne plus…), le premier adjoint en charge des questions culturelles, Bruno Julliard, a clarifié les choses. Non, le Châtelet ne sera pas vendu au privé. Non, le successeur de Choplin n’a pas encore été trouvé. Oui, il y aura certainement une saison off.

Les travaux, à hauteur de 30 millions d’euros, seront financés exclusivement par la Ville. Une partie des équipes sera associée au chantier et restera dans les locaux. Le reste se partagera, comme pour l’Opéra-Comique, entre formation, «prêt» à des institutions partenaires ou organisera les événements de la saison off. Le chantier, dirigé par l’architecte Philippe Pumain - qui a rénové le cinéma Louxor -, concernera essentiellement la salle, la scène et le lustre.

Le prochain directeur sera désigné à la fin de l’année 2016, juste avant le début des travaux. Un appel à candidatures va être lancé, une commission sera créée sous l’autorité de Sébastien Bazin, le président du conseil d’administration du théâtre (par ailleurs ex du PSG). Une fois le nouveau directeur nommé, il sera cornaqué par Jean-Luc Choplin (par ailleurs ex de Disney) pendant une partie des travaux, qui serviront donc aussi à lisser les deux mandatures et permettront, pourquoi pas, aux directeurs d’organiser des projets communs dans le cadre de la saison off. Concernant cette programmation, elle ne sera pas présentée dans une salle dédiée faisant office de théâtre bis (comme pourrait l’être l’espace Cardin pour le Théâtre de la Ville), mais consistera plutôt en une série de performances dans des lieux de la ville (patinoire de l’hôtel de ville, Grand Palais, certains espaces publics…), pourquoi pas en partenariat avec d’autres théâtres (dont celui de la Ville, de l’autre côté de la place).

Passons enfin au point sensible : l’angle affiché pour la recherche du nouveau directeur. Choplin a souvent été critiqué pour sa programmation panoramique qui fait se succéder dans cette salle théâtre, comédie musicale, opéra, danse, chanson et one-man show. Ces derniers n’ont pas forcément vocation à se produire dans des institutions publiques, mais leur nom et les recettes afférentes ont permis à Choplin de se constituer un trésor de guerre, essentiel en ces temps de moindres subventions, pour d’autres créations plus risquées et payantes, comme Un Américain à Paris, coproduction franco-américaine, et aujourd’hui Carmen la Cubana. La programmation du prochain directeur devra-t-elle être plus standard ? Plus sage ? Plus réduite dans ses disciplines ? Absolument pas, fait savoir Bruno Julliard : l’identité de ce théâtre devra rester protéiforme et associer la diversité esthétique à l’exigence artistique. Sans qu’il devienne toutefois un garage à comiques.


Photo :  Visite du chantier de l’Opéra-Comique, mercredi à Paris. Il a servi de décor à Pleine Nuit, déambulation sensorielle organisée en février par Christian Boltanski, Jean Kalman et Franck Krawczyk. Photo Patrick Tournebœuf. Tendance floue 



Guillaume Tion

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Tohu-Bohu de Madeleine Louarn

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Depuis 30 ans, Madeleine Louarn travaille avec les acteurs handicapés mentaux de l’atelier Catalyse. La metteur en scène invite aujourd’hui ces comédiens à revisiter leurs précédents spectacles en mettant en avant les rapports insolites qu’ils entretiennent avec le langage et avec le réel. Un spectacle vertigineux où les comédiens viennent irriguer la fiction de parcelles de leurs propres vies.

Tohu-Bohu de Madeleine Louarn



Avec les comédiens de l’Atelier Catalyse
CLAUDINE CARIOU, TRISTAN CANTIN, CHRISTIAN LIZET, ANNE MENGUY, CHRISTELLE PODEUR, JEAN-CLAUDE POULIQUEN, SYLVAIN ROBIC



Mise en scène MADELEINE LOUARN, artiste associée au CDDB-Théâtre de Lorient, CDN; scénographie MARC LAINÉ, artiste associé au CDDB-Théâtre de Lorient, CDN; dramaturgie PATRICK AMAR; assistante à la mise en scène TÜNDE DEAK; scénographie MARC LAINÉ; son DAVID SÉGALEN; lumière MICHEL BERTRAND; costumes CLAIRE RAISON. Avec des extraits des écrits de Daniil Harms, traduction André Markowicz; de l’adaptation d’«Alice ou le Monde des merveilles» d’après l’oeuvre de Lewis Carroll, traduction Elen Riot; de l’adaptation du «Pain des Âmes» d’après les «Contes» de Luzel, traduction Françoise Morvan.
Production déléguée: Théâtre de l’Entresort.

Coproduction: CDDB–Théâtre de Lorient, CDN; l’ESAT des Genêts d’Or.

Création en résidence au CDDB–Théâtre de Lorient
Du 3 au 6 mai 2016 au Théâtre de la Commune à Aubervilliers

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Le « Dom Juan » moderne de Vincent Macaigne

Le « Dom Juan » moderne de Vincent Macaigne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 Par Brigitte Salino dans Le Monde :


Si Molière vivait aujour­d’hui, et si on lui donnait une caméra, quel film ferait-il en partant de son Dom Juan ? La question est absurde, mais on se la pose en voyant Dom Juan et Sganarelle, que Vincent Macaigne a tourné d’après la pièce de Molière, à l’invitation d’Arte et de la Comédie-Française. Et l’on se dit que, oui, ce pourrait être cela, un film qui ne craint pas le scandale. Vincent Macaigne l’a réalisé en respectant les règles de la collection, qui a déjà offert de belles réussites, comme L’Illusion comique, de Corneille, par Mathieu Amalric : choisir une pièce jouée à la Comédie-Française ; tourner en quatorze jours maximum, avec les acteurs de la pièce ; respecter le texte ; ne pas excéder une heure et quarante minutes.

Il revient donc à Loïc Corbery d’être Dom Juan, et à Serge Bagdassarian d’être Sganarelle. Le prologue les montre la nuit, dans un jardin. Ils tirent le cadavre d’un prêtre, puis creusent une tombe où ils déposent le corps, sur lequel ils jettent de la terre. Alors, Dom Juan rit, d’un rire sarcastique. Ce Dom Juan n’est pas un « grand seigneur, méchant homme » en habit du XVIIe siècle. C’est un garçon d’aujourd’hui, qui porte un crucifix tatoué sur la poitrine, et « I want to die » dans le dos. Il réunit ses amis dans un grand hôtel pour une nuit d’orgie, où le tabac de Molière devient cocaïne, et il reçoit Elvire (Suliane Brahim) dans le couloir, en déshabillé.

Traité comme un fait divers

Violence et destruction, famine existentielle et désespoir : dès le début de Dom Juan et Sganarelle, Vincent Macaigne livre les clés de sa lecture de Molière, qu’il fait sien tout en lui étant fidèle. Son film traverse la nuit parisienne, troue l’aube de la banlieue et s’achève avec la mort de Dom Juan, en plein jour, sur les escaliers de l’Opéra Garnier, à ­Paris. On comprend qu’Arte ne le diffuse qu’à 22 h 50. Ce qu’on y voit pourrait choquer les âmes sensibles. Ne parlons pas de sexe, ni de drogue, ni du SDF frappé par ­Sganarelle et Dom Juan, dans la scène du mendiant, transposée dans un bois à prostitution.

Parlons de ce qui guide le film : un homme en fuite, à la recherche éperdue de l’instant de grâce qui le sauverait de la chute. Une chute ­sinistre. Le Dom Juan de Vincent Macaigne meurt comme dans un fait divers. Des photographes mitraillent son corps, une ambulance arrive et l’emporte, sous le regard de curieux.

On entend souvent La Marseillaise dans le film. Elle ressemble à une gueule de bois quand les amis de Dom Juan la chantent, et à une injonction inutile quand la chante son père, militaire (Alain Lenglet), avec qui il déjeune dans un restaurant chic. La scène centrale du film, elle, nous emmène dans un hôpital psychiatrique désaffecté, où Charlotte (Julie Sicard) et Pierrot (Jérémy Lopez) ne sont pas des paysans, mais de pauvres êtres, mis à l’écart. C’est l’une des plus réussies de ce film qui permet aux comédiens français de sortir de leurs gonds bien huilés, ce qu’ils font avec beaucoup de talent, en premier lieu Loïc Corbery et Serge Bagdassarian, sur qui Vincent ­Macaigne recentre l’histoire. Dom Juan est mince, Sganarelle obèse. Ils forment un couple insécable, torturé par un amour qui les dépasse. Un amour froid comme le baiser de la Camarde, que Vincent Macaigne met en scène avec un ­excès de vie éblouissant.

Dom Juan et Sganarelle, de Vincent Macaigne, d’après Molière (1 h 48).

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Madeleine Louarn / A l’endroit de compréhension du théâtre - Journal La Terrasse

Madeleine Louarn / A l’endroit de compréhension du théâtre - Journal La Terrasse | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Catherine Robert pour La Terrasse :


Madeleine Louarn et les comédiens handicapés de Catalyse présentent Tohu-Bohu, pièce en forme de manifeste de leur théâtre, et recréent … que nuage… qui revisite la poétique de Samuel Beckett.

« Tout le monde a une relation au beau et la capacité d’être touché. »

 Tohu-Bohu et … que nuage… sont des pièces essentielles dans le répertoire de Catalyse.

Madeleine Louarn : Tohu-Bohu est une pièce manifeste. Elle est aussi la plus intime de toutes nos créations, un peu comme le récit du chemin d’un acteur handicapé. Elle reprend des extraits de trois de nos pièces, articulant le nonsense anglais et notre onirisme breton autour de la quête du paradis. C’est une pièce en fragments, que traversent des acteurs en état d’inquiétude : comment se tenir debout, comment enfiler un costume ? Les séquences sont interrompues par des moments d’improvisation, où chacun vient raconter ses souvenirs de théâtre. La voix de l’acteur se mêle à la voix de la personne qui essaie de restituer son propre désir d’acteur. La translation, le transfert entre la personne et le personnage produit, avec les acteurs de Catalyse, un effet de vérité très intéressant. Le rapport au langage est perturbé pour beaucoup d’entre eux, ce qui révèle tout l’intérêt et tout le vertige de la langue, ainsi traitée un peu comme une langue étrangère. Dans …que nuage…, images et pièces se superposent afin que cette mise en échos décuple l’impact de la poétique de Beckett, qui traduit le temps, la disparition, la répétition. Je crois que le handicap est un autre rapport au temps…

Comment avez-vous choisi de travailler avec ces acteurs ?

M. L. : Ça s’est fait sans que j’y réfléchisse. J’étais éducatrice spécialisée dans une institution qui considérait que la culture et les arts étaient essentiels dans la vie des personnes handicapées. Pourquoi pas le théâtre, me suis-je dit ? J’ai appris avec les acteurs et d’autres qui faisaient un travail comparable, et j’ai progressivement investigué les questions qui se posaient à moi. Ce projet repose sur l’idée que tout le monde a une relation au beau et la capacité d’être touché. Ce n’est pas la défaillance de l’intelligence ou de la compréhension qui bloque le sens esthétique. Ces acteurs ont un aspect spectaculaire non pas dans la monstration de leur handicap mais dans leur capacité à se métamorphoser et à rendre la grammaire théâtrale opérante. Leur présence est complète, ils ont un vrai impact scénique. Ils révèlent surtout cette chose que souvent on ne voit pas : le mouvement pour arriver à faire la chose. Shakespeare l’évoque dans la scène des artisans du Songe d’une nuit d’été: ces acteurs sont à cet endroit de compréhension de ce qu’est le théâtre. Ils sont des acteurs complets, non seulement capables d’une grande force d’impact, mais aussi d’une grâce et d’une évidence saisissantes.

Propos recueillis par Catherine Robert


TOHU-BOHU du 3 mai 2016 au 13 mai 2016 La Commune 2 Rue Edouard Poisson, 93300 Aubervilliers, France 


Tohu-Bohu. Du 3 au 6 mai 2016. 

… que nuage… Du 10 au 13 mai. Mardi et mercredi à 19h30 ; jeudi et vendredi à 20h30. Tél. : 48 33 16 16.



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Identité (Gérard Watkins / Jean-Paul Rouvrais)

Identité (Gérard Watkins / Jean-Paul Rouvrais) | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Marion Alev pour le blog Au poulailler


On saura moins de choses encore, au final, sur Marion et André Klein, qu’au début de la représentation. Mais à la faveur de ce spectacle mis en scène par Jean-Paul Rouvrais, il semble que ce soit le théâtre qui reconquière une identité. À partir du texte de Gérard Watkins, couronné du grand prix de littérature dramatique en 2010, qu’ils ont désarticulé puis réassemblé, le metteur en scène et les deux comédiens ont composé une trame qui entrechoque les deux axes narratifs tressant les rapports de ce couple saisi à la limite de lui-même : à André (Cyril Hériard Dubreuil) et Marion (Stéphanie Schwartzbrod) il ne reste plus rien, sinon deux bouteilles et une boîte de thon, et le souvenir du désir qu’ils se sont porté. Ils cherchent « l’aube de leur nuit », l’homme boit, la femme a cessé de se nourrir. Voici que l’homme est hameçonné par l’annonce figurant sur l’étiquette d’une bouteille : elle offre la possibilité de gagner beaucoup d’argent à qui répondra à la question « Vos parents sont-ils vraiment vos parents ? » Ce fil anecdotique rencontre ainsi la question de l’identité, à laquelle le génocide juif a donné sa forme moderne la plus concrète et la plus vertigineuse sous les espèces du décret Lösener qui définissait, en 1935, à partir de combien de parents juifs un Juif était considéré comme tel.

La qualité immédiate du travail accompli par les deux interprètes à partir de la pièce de Watkins tient d’abord à leur manière de s’en saisir réellement comme d’un matériau : non pas le fragment d’une mosaïque multimédia renvoyant la lumière au public pour l’éblouir (jamais on ne vit plus subtil usage de la vidéo), mais à l’instar de Grotowksi, la substance à partir de laquelle opérer une recherche souterraine qui sonde le fond humain. Sur le plateau dénudé et noir, sans aucune autre lumière que celle des lampes LED qu’ils manipulent eux-mêmes et éteindront à la fin, les acteurs extirpent d’emblée leur jeu de la glue pseudo-réaliste, tirant loin l’interprétation du côté d’un artifice stylisé qui évoque parfois telle silhouette de Grosz, telle expression du butô ou telle défiguration de Bacon, mais pour les avaler ou les effacer avant que l’image ne puisse s’imposer (ou simplement poser). En découplant leur gestuelle et leur élocution des répliques du texte au moment même où ils les prononcent, dans une volonté de dissociation violente et lumineuse à laquelle le théâtre actuel nous a complètement désaccoutumés, ils expriment par le corps et la voix l’épaisseur des non-dits que charrie tout texte. La hiérarchie bascule, qui subsume le langage corporel et vocal sous le langage verbal, au point que les acteurs apparaissent comme les hiéroglyphes sombres jouant en contrepoint de mots trop ajourés. À cet égard, la séquence « amoureuse » jouée en fond de scène, dans une économie de moyens qui fait éclater l’intensité du contraste entre la maigreur des répliques et le mirage d’une unité retrouvée, est exemplaire de la maîtrise et de la pensée que déploient Cyril Hériard Dubreuil et Stéphanie Schwartzbrod dans leur interprétation.

Mais les deux comédiens vont plus loin, qui délaissent la trame historique pour s’engloutir dans le trou noir de cette lancinante interrogation contemporaine : Qui suis-je ? Comme l’intrigue initiale, l’Histoire devient à son tour prétexte aux deux personnages pour creuser corps, esprits et cœurs jusqu’à en révéler les ravines intérieures – à moins qu’inversement, la sculpture sur bloc de chair à laquelle ils se livrent ne renvoie aux génocides qui ont incarné-décharné la question. La phrase que prononce comme un fil rouge la femme au long du spectacle, « J’étais amoureuse d’André Klein et j’étais très heureuse pendant un temps », dans un parler-chanter d’une finesse oubliée, retentit comme un sésame dont on ne sait plus ce qu’il ouvre.

Marion Alev

 

Identité
Texte de Gérard Watkins, mise en scène de Jean-Paul Rouvrais
Du 2 au 6 mai 2016
La Fabrique MC 11, 11 rue Barra, Montreuil 93100
Renseignements : 01 74 21 74 22 & fabriquemc11@gmail.com
 
Photos : Clémente Pogu

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Quand la Comédie-Française s’invite au cinéma

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Par Sophie Rahal pour Télérama :


Trois classiques de la maison de Molière seront diffusés en direct dans trois cents cinémas partenaires de Pathé Live à partir du mois d'octobre. Un partenariat entre les deux institutions a été conclu pour trois ans.


On pouvait déjà fréquenter les salles obscures pour assister à la représentation d'un ballet du Bolchoï ou d'un opéra du Metropolitan Opera de New York, on pourra bientôt y voir des classiques de la Comédie-Française. Mardi 3 mai 2016, la maison de Molière et Pathé Live (filiale du groupe Les Cinémas Gaumont Pathé) ont en effet conclu un partenariat de trois ans pour diffuser au cinéma des pièces de théâtre sélectionnées à partir du répertoire de la saison 2016-2017.


Présent pour l'occasion, Jérôme Seydoux, dont la fondation finance l'intégralité du projet (de la captation à la promotion, en passant par la diffusion et la rétribution des artistes et techniciens), en a rappelé « l'évidence ». « Mon goût pour le théâtre remonte à mes années au lycée Louis-le-Grand, a-t-il confessé à Télérama. On venait très régulièrement à la Comédie-Française, même si mon premier souvenir de théâtre est une opérette entendue au Châtelet, où ma grand-mère nous emmenait une fois par an. A la Comédie-Française, j'ai vu Molière, Racine, mais aussi le Fil à la patte, de Feydeau… »


Commencer avec des classiques populaires


Des classiques populaires sur lesquels la maison compte s'appuyer pour lancer sa première saison, dont le coup d'envoi sera donné le 13 octobre prochain avec la retransmission en direct de Roméo et Juliette dans plus de trois cents cinémas en France, Belgique et Suisse, et dans quelques capitales européennes non francophones. Suivront, Le Misanthrope (février 2017) et Cyrano de Bergerac (juillet 2017).  


Encouragée par le succès de la retransmission des opéras du Metropolitan Opera de New York aux Etats-Unis, Pathé Live s'est lancée deux ans plus tard aux côtés du Met, d'abord dans dix-sept salles en France. Aujourd'hui, cent trente cinémas diffusent dix fois par an des classiques de l'opéra, en direct de New York (depuis, d'autres réseaux proposent des prestations similaires, comme UGC avec Viva l'opéra ou MK2 et CGR avec All'Opera). Depuis sept ans, la filiale produit et distribue également des ballets du prestigieux Bolchoï de Moscou dans les cinquante-cinq pays avec lesquels des partenariats ont été établis.


Ce réseau solide permettra aussi au partenariat conclu pour trois ans de s'exporter à l'étranger, dans les pays où la culture et la langue françaises sont solidement implantées, mais pas seulement. Après l'Europe, on parle du Québec, des Etats-Unis, ou encore de l'Argentine… avec des pièces diffusées en langue française et sous-titrées. « On ne remplacera jamais le spectacle vivant, assure Thierry Fontaine, le directeur général de Pathé Live, mais on veut permettre au plus grand nombre d'accéder au répertoire de la Comédie-Française. »


Théâtre hors les murs


Dans le viseur des initiateurs de ce projet : les scolaires, et le jeune public, mais aussi tous ceux qui sont géographiquement éloignés de la Comédie-Française, et n'ont pas ou peu l'occasion d'y aller. Ainsi, les films seront diffusés dans quelque trois cents cinémas, tant dans des salles de circuits que dans des cinémas indépendants de grandes, moyennes et petites villes (la liste définitive est en cours de finalisation).


Après une première diffusion en direct, il faudra compter trois semaines environ pour que les rediffusions arrivent sur les grands écrans. Les cinémas seront alors en mesure de programmer des séances l'après-midi – un horaire privilégié par les retraités –, le dimanche matin – plutôt destinées aux familles – ou encore en semaine, pour les scolaires. « Les enfants constituent un public important, explique Eric Ruf, l'administrateur de la Comédie-Française. La première impression est une chose essentielle, car une fois qu'ils viennent au théâtre, encore faut-il qu'une chose émouvante et peu ennuyeuse se produise pour qu'une petite graine soit plantée et qu'ils aient envie d'y revenir ».


Eduquer le jeune public au théâtre, en le parant des codes du cinéma. Le pari est ambitieux, mais le « hors film » commence à prouver sa capacité à pénétrer les salles obscures. Reste peut-être un obstacle : il faudra débourser autour de 20 euros pour assister à ces représentations. Certes, c'est toujours moins qu'un fauteuil à l'Opéra ou à la Comédie-Française, mais bien plus qu'une classique place de cinéma.


Roméo et Juliette, de William Shakespeare (mise en scène d'Eric Ruf), le jeudi 13 octobre 2016 à 20h30. Réservations et liste des cinémas partenaires sur www.pathelive.com

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Quand la télé arrache Dom Juan au théâtre / France Inter

Quand la télé arrache Dom Juan au théâtre / France Inter | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Sonia Devillers reçoit Vincent Macaigne à l'occasion de la diffusion du téléfilm inédit "Dom Juan & Sganarelle" jeudi 5 mai à 22h50 sur Arte.
Emission à écouter en suivant ce lien : http://www.franceinter.fr/emission-l-instant-m-quand-la-tele-arrache-dom-juan-au-theatre



Oh non que je n’avais pas envie de voir un Dom Juan noyé dans l’alcool, les orgies, les tatouages, les seringues, la musique pop. Pourtant, la colère et le désespoir mortifère de ce libertin suicidaire y trouvent une expression aussi puissante que juste et sensible. Vincent Macaigne, metteur en scène, s’empare du texte de Molière, l’arrache à la Comédie Française et le transpose pour la télévision. Non, il ne le transpose pas, il l’explose pour la télévision. Tant se repose ici l’éternelle question du théâtre à l’écran.

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«Icônes», femmes en fugue majeure

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Par Frédérique Roussel pour Libération 

Mêlant lecture, musique et danse, le poète Anne-James Chaton ranime des figures marquantes du XXe siècle.

Les techniciens de l’Espace Malraux, à Chambéry (Savoie), remettent en place le plastique noir et, par-dessus, le tissu qui recouvre tout le plateau. Depuis une quinzaine de jours, le poète Anne-James Chaton, entouré de la chorégraphe Phia Ménard, du danseur François Chaignaud et du musicien Nosfell, construit une adaptation de son texte paru chez Verticales en janvier, Elle regarde passer les gens. C’est un défilé de femmes, de figures du XXe siècle qui ne sont jamais nommées, et se fondent dans un «Elle» transversal. Comme si une seule femme aux multiples facettes avait traversé toutes les époques.

Forme à trois têtes.
Anne-James Chaton les convoque chronologiquement l’une après l’autre, de Camille Claudel à Margaret Thatcher. On peut facilement les reconnaître car la prose itérative du poète retrace au scalpel leur trajectoire. Phrases courtes, sujet-verbe-complément d’action ou d’état… Il a bossé sur la bio de Marilyn, compulsé le journal de Virginia Woolf, retrouvé les vidéos de Jackie Kennedy à la Maison Blanche. Il en a extrait la synthétique moelle.

Sur scène, le fleuve d’«Elle» est partagé en trois périodes, avec trois artistes aux registres forts. Phia Ménard incarne les héroïnes de l’ombre, celles qui n’ont pas d’image dans la mémoire collective, comme Camille Claudel. D’où l’installation du début réalisée par les techniciens qui lui permettent d’interpréter à sa manière Camille Claudel sculptant. Puis François Chaignaud chante trois autres personnalités, dont Isadora Duncan. Dans la troisième partie, Anne-James Chaton lit et Nosfell chante, pour les femmes de la période la plus récente, comme Janis Joplin. Le texte, aux allures de litanies, crée une expérience émotionnelle particulière. Cette forme à trois têtes n’est pas née du néant au théâtre Charles-Dullin, où elle était créée jusqu’au 26 avril. A Avignon, en 2010, Phia Ménard et Anne-James Chaton collaborait ensemble pour un Black Monodie donné dans le Jardin de la Vierge. Il y était déjà question de trois icônes féminines, Bernadette Soubirous, Rosa Luxembourg et Lady Di. Phia Ménard compossait un jardin de glace, dans un jeu hypnotisant de force répétitive. Avec Nosfell, Anne-James Chaton s’est penché sur les possibilités du récit épique via les figures de Mata Hari, Claude Cahun, Indira Gandhi…

Récital.
Icônes est une forme hybride, ni performance ni théâtre. «Le spectateur a besoin d’éprouver des formes, c’est là qu’il va continuer à nourrir sa curiosité», avance Phia Ménard, qui enfile une tenue de latex noir et un casque pour la répétition. «J’ai un goût pour l’impur et les spectacles qui réunissent des pratiques éloignées les unes des autres», souligne Françoise Lebeau, la productrice. En parallèle de la création, le poète expose ses œuvres de plasticien, qui interrogent le rapport de la lecture à l’image (à l’Espace Malraux jusqu’au 6 mai). Il est de cette trempe d’artistes qui font venir à eux d’autres écritures, comme en leur temps des Cocteau, Duncan, Picasso. Il préfère parler de récital pour Icônes, dialogue avec trois autres écritures, qui font miroiter l’infinie richesse du sujet, des «Elle».

Frédérique Roussel



Icônes une histoire du XXe siècle Sur une idée de Anne-James Chaton. Les 10 et 11 mai à la Filature de Mulhouse (68), les 24 et 25 mai à la MC2 de Grenoble (38), le 15 juillet au festival Contre-Courant, à Avignon (84).

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Grisélidis, Mise en scène Coraly Zahonero… Putain sublimée

Grisélidis, Mise en scène Coraly Zahonero… Putain sublimée | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Sous la pyramide du Louvre, Coraly Zahonero nous invite à découvrir Grisélidis Réal, putain magnifique



Le regard est intense, charbonneux. Les cheveux bruns, ondulés, forment une sorte de casque donnant à la dame de faux airs de reine d’Egypte, sensuelle, charnelle. La robe noire de bohémienne, mêlant voiles et velours, laisse entrevoir la silhouette fine, voluptueuse. La voix douce, un peu fêlée, égrène les mots crus, rageurs, envoûtants et tendres de celle qui fut mère, amante, ou putain au grand cœur. Vibrante, intense, Coraly Zahonero redonne vie à Grisélidis Réal et esquisse un portrait sensible et drôle de cette figure du féminisme d’avant-garde, de cette poétesse de l’humain… Jubilatoire !…

L’argument. « Dans un style unique fait de gouaille rageuse et drôle, de poésie ciselée, Grisélidis Réal défie toutes les conventions, avec des mots terribles de révolte et de beauté qui tentent de démasquer les hypocrisies de notre siècle et de changer le regard de la société sur ces femmes maudites, dites putains. » Coraly Zahonero met à l’honneur cette écrivaine, peintre et prostituée genevoise, qui vient conclure le cycle des Singulis.


avec délicatesse et fougue, Coraly Zahonero se glisse dans la peau Grisélidis Réal

La critique. A l’heure où le Carrousel du Louvre se vide, où le Musée et les boutiques ferment leurs portes, le Studio de la Comédie-Française invite à une rencontre singulière avec une personnalité hors du commun, une figure emblématique et controversée du féminisme des années 1970. Brune, éblouissante, Grisélidis Réal fascine. Femme de Lettres, poétesse à ses heures, artiste jusqu’au bout des ongles, la belle se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille. Très vite, elle se prend au jeu et voit dans son métier une façon de soulager les souffrances, d’aider son prochain. Infirmière des cœurs et des âmes, elle offre à tous ceux qui l’approchent, qu’ils soient beaux, laids, grands, petits, attirants ou repoussants, un moment de bonheur, un fragment de paradis. Jamais de regard blessant, toujours le geste rassurant, elle est la putain humaniste. Militante, féministe, elle se bat pour que la prostitution se libère de la morale bourgeoise, des préceptes religieux et des a prioris. Libre, Grisélidis a lutté toute sa vie contre les préjugés, affirmant à ceux qui voulaient bien l’entendre que certaines femmes pouvaient faire le choix du plus vieux métier du monde. Héroïne pour certain, antéchrist pour d’autres, la suissesse n’a jamais laissé indifférent. Alors que la salle s’éteint, que des tentures noires cachent la scène, le moment est d’importance, unique.


Sous des airs jazz, Gridéslidis se dévoile sans fard…

Non loin de l’immense pyramide inversée, là où tous les jours, touristes et parisiens se croisent sans se voir dans un brouhaha de tous les diables, la comédienne Coraly Zahonero nous convie dans un lieu intime, un endroit discret, qui a vu passer tant d’hommes, l’alcôve de cette putain sublime, que la mort a rendue iconique. Des notes de musique fendent le silence. Un rayon lumineux, côté jardin, déchire l’obscurité. Une silhouette apparaît. Saxo à la main, Hélène Arntzen nous emporte dans un solo jazzy envoûtant. Puis côté cour, une autre ombre rentre dans la danse. Armée de son violon, Floriane Bonanni rejoint la partition.

A nouveau, le silence se fait, les deux musiciennes quittent la lumière, alors qu’une voix semble venir d’outre-tombe retentit. Un léger accent trahit l’origine helvétique de sa propriétaire. Du fond de la salle, dans un nuage de parfum entêtant, une femme frêle, toute vêtue de noir fait son apparition. C’est elle. Elle, Grisélidis Réal, femme de toutes les tentations et de tous les combats. Elle, Coraly Zahonero, Comédienne lumineuse, habitée, qui, au hasard de ses pérégrinations sur Facebook, a découvert cette égérie de la prostitution assumée. Fascinée par ce personnage entier, cette guerrière des temps modernes, la sociétaire de la Comédie-Française, s’est plongée dans son univers, dans ses poèmes, dans ses livres. Ensorcelée par cette femme unique, peu connue en France, elle s’est abreuvée de ses entretiens, à rencontrer ses proches afin d’esquiver le portrait d’une humaniste, pour qui le sexe n’était autre qu’un remède à la solitude, au mal-être, qu’un moyen d’échapper à la dure réalité du quotidien, un moment d’extase et de lâcher-prise dans la rudesse du quotidien, une façon d’aller à la rencontre de l’autre.


Invité dans l’alcôve de la belle Grisélidis, le spectateur découvre un monde âpre et poétique 

Ainsi, anecdote après anecdote, la comédienne laisse place à cette putain magnifique – qu’un jour, le cancer a rongée. Alors que le Parlement vient d’adopter la loi pénalisant les clients, précarisant les travailleurs(-euses) du sexe, elle reprend le combat. Les armes à la main, Coraly Zahonero libère une parole salvatrice, longtemps oubliée. Elle signe un plaidoyer terriblement actuel, intense, puissant et empli de poésie…

Singulis : Grisélidis
Studio – Comédie-Française
99, rue de Rivoli
Galerie du carrousel du Louvre
75001 Paris
Jusqu’au 8 mai 2016
Du mercredi au dimanche à 20H30
Durée 1h
La pièce sera en tourne du 17 au 18 mai au Théâtre Jean Vilar à Suresnes puis en Avignon au Petit Louvre pour le festival du 8 au 30 juillet au Petit Louvre à 18h15.

Texte de Grisélidis Réal
Adaptation, conception et interprétation : Coraly Zahonero
saxophones : Hélène Arntzen
violon : Floriane Bonanni
lumières de Philippe Lagrue
Scénographie et costumes de Virginie Merlin

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CHANTIERS D'EUROPE 2016

Voici le teaser de la septième édition de Chantiers d'Europe.du 11 mai au 4 juin 2016. Au Théâtre de la Ville

CHANTIERS D'EUROPE 2016 - 7ème édition Chantiers d'Europe cette année c'est... du 11 mai au 4 juin ! C'est... la Grèce, l'Italie, la Pologne, le Portugal et la Suède ! C'est... de la musique, du théâtre, de la danse, des expos, des rencontres ! C'est... le Théâtre de la Ville, le Théâtre des Abbesses, Le Carreau du Temple, le Palais de Tokyo ! Programme à découvrir en exclu ici. Places bientôt disponibles à la location. Stay tuned ! ‪#‎ChantiersEurope16‬

Programme : https://www.facebook.com/TheatredelaVille.Paris/photos/pcb.975841582510130/975840692510219/?type=3&theater

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Vous êtes une compagnie, vous participez au festival d'Avignon, et vous vous posez des questions d'ordre juridique ?

Vous êtes une compagnie, vous participez au festival d'Avignon, et vous vous posez des questions d'ordre juridique ? | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Vous êtes une compagnie, vous participez au festival d'Avignon, et vous vous posez des questions d'ordre juridique ?


Téléchargez la fiche juridique préparée par le Centre national du théâtre : Préparer sa vuenue au Festival d'Avignon :

http://wents-users.cccommunication.biz/99645/docs/preparer_sa_venue_au_festival_davignon.pdf

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Grisélidis par Coraly Zahonero

Grisélidis par Coraly Zahonero | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Yves Poey dans le blog De la cour au jardin



Honte à moi !
Je le confesse, non seulement je n'avais jamais rien lu de Grisélidis Réal, mais j'ignorais totalement tout de cette écrivaine, peintre, anarchiste et prostituée genevoise (1929-2005).

C'est donc dans cette parfaite ignorance que je me retrouvai au Studio-Théâtre de la Comédie française pour assister à ce quatrième monologue de la série « Singulis ».

Cette fois-ci, c'est Coraly Zahonero qui s'y colle.

On est tout d'abord stupéfait par la transformation physique de la comédienne : non seulement, elle présente une troublante ressemblance avec le personnage, mais elle a choisi de raconter ces textes avec l'accent vaudois, ce qui fonctionne parfaitement.

Pendant une heure, elle va dire les textes de cette femme si lucide sur son « métier » de prostituée.
Dès son entrée en scène, je devrais plutôt dire dès son entrée dans le public et sur le proscénium, Melle Zahonero donne le ton : « Si vous avez le courage de m'écouter, vous prenez des risques ».
Ces risques, ces textes, c'est en quelque sorte une sociologie de la prostitution : rien ne nous est épargné, rien n'est caché, tout est dévoilé.

Derrière les propos crus, derrière la réalité parfois sordide, c'est bien entendu le rapport à l'Autre qui transparaît : ce métier qu'on dit le plus vieux du monde est pour l'auteure un « métier de service public », un métier qui aide les hommes, un métier indispensable et nécessaire, totalement assumé en tant que tel.

Et dans ce registre-là, la comédienne excelle : tout à tour enjôleuse, caressante, sensuelle, mais également triste, perdue, tragique, émouvante, elle utilise une incroyable palette de jeu.
C'est un véritable émerveillement que de la voir, que de l'écouter raconter, dire, expliquer...

A tel que point que lorsqu'elle m'a fixé en racontant une des passes avec un micheton (j'étais à ma place favorite au troisième rang, en plein dans l'axe, à hauteur d'yeux) je me suis demandé si mes voisines n'allaient pas me regarder bizarrement en sortant de la salle.
Curieuse et saisissante impression !

Et puis également le registre de l'humour.
Car Coraly-Grisélidis nous fait énormément rire : les anecdotes concernant le client portugais aux "couilles énormes" (sic), ou le client à la fois nain et bossu sont des grands moments d'anthologie !
La salle rit de bon coeur.

Sont évoqués également les rapports épouvantables de l'auteure avec sa mère, (ceci explique-t-il cela ?), et puis également la condition féminine, avec la peur qu'inspirent les femmes à certains hommes, notamment ceux qui ont recours à la prostitution.
(Petite digression, je me suis rappelé les cours de Christian Ingrao, historien, universitaire français spécialiste de l'histoire du nazisme, qui démontre que le point commun de toutes les dictatures, de tous les fascismes, c'est justement la peur de femmes. Et je referme ma parenthèse.)

Alors bien entendu, une question se pose : pourquoi avoir choisi Grisélédis Réal et son monde, Melle Zahonero ?

Mes hypothèses :
- Le caractère anarchiste et paradoxalement très féministe de ces textes ?
- L'analogie tant de fois établie entre le métier de Mme Réal et le métier de comédienne ?
- L'actualité politique récente, avec la loi de pénalisation des clients ?
(A ce propos, la salle éclate de rire lorsque la comédienne, décrivant son métier, hurle « Mais il est où, le socialisme ? »)
- Les trois à la fois ?
Allez savoir....

Mention spéciale aux deux musiciennes qui accompagnent la comédienne, et notamment à Hélène Arntzen, excellente saxophoniste. (La symbolique de l'instrument est ici évidente. Suivez mon regard...)

C'est donc une heure formidable qui nous est proposée.
Une heure durant laquelle Coraly Zahonero nous raconte une histoire et surtout, un personnage.
Une heure en tête à tête avec une personne incroyablement intense.
Une heure de vrai théâtre.


Au Studio Théâtre de la Comédie-Française, dernière le 8 mai


Lire l'article sur son site d'origine : http://delacouraujardin.over-blog.com/2016/05/griselidis.html


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Reprise : Fragan Gehlker au Monfort

Reprise : Fragan Gehlker au Monfort | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Rosita Boisseau dans Le Monde :



L’acrobate Fragan Gehlker revient sur les planches du Monfort Théâtre à Paris, du 2 au 21 mai 2016, avec son spectacle Le Vide/Essai de cirque.

Nous republions ci-dessous la critique de ce spectacle parue en octobre 2014.

Fragan Gehlker sur la corde raide

Dans « Le Vide/Essai de cirque », l’artiste met en scène la peur de la chute et la gratuité de son geste.


Pas peur d’avoir peur, de jouer avec ses angoisses jusqu’à plus soif. Le Vide/Essai de cirque est peut-être le pire cauchemar de l’acrobate Fragan Gehlker, 26 ans, expert en corde lisse. Sauf qu’il le réalise pour de vrai, le toise les yeux dans les yeux sans jamais pourtant le réduire à néant.

Le cauchemar reste cauchemar même s’il prend finalement une couleur burlesque. Il se transforme en s’auréolant d’une grâce ludique pleine d’anxiété. D’excitation aussi, comme si Fragan Gehlker ne pouvait décidément pas s’en passer.

La corde casse, qu’est-ce qui se passe ? A cette hypothèse tragique, Le Vide/Essai de cirque répond par de multiples versions et presque autant de solutions pour faire avec et s’en sortir sans.

Avec 22 mètres de hauteur sous plafond, au Monfort, à Paris, ce qui finit par ressembler à un long numéro qui ne marche jamais prend le goût d’un bad trip, les chutes fracassantes des cordes scandant les grimpes et les descentes de l’acrobate. Vingt-deux mètres sans cesse mesurés à l’aune du vertige et de la brutalité d’accidents qui surgissent à l’improviste.

« Ouah ! C’est un grand malade ce gars !, s’est exclamé un spectateur aussi interloqué qu’admiratif, samedi 27 septembre. Tu imagines sa mère qui vient voir le spectacle… » Fils de l’artiste de cirque Jörn Gehlker et de la danseuse et comédienne Muriel Masson, aujourd’hui kinésiologue, Fragan Gehlker a 12 ans lorsqu’il s’initie à la corde lisse dans les compagnies avec lesquelles son père collabore, avant de faire son apprentissage officiel au Centre national des arts du cirque, à Châlons-en-Champagne.


Sisyphe heureux de l’être

Calme, déterminé, inflexible, Fragan Gehlker a imaginé Le Vide/Essai de cirque, son premier spectacle, au gré de différentes étapes depuis 2009. Dans l’espace, aménagé en bifrontal, du Monfort, il est comme encerclé, serré par les spectateurs. Il vaque sous leur nez, progresse au contact de leur masse qu’il a longtemps observée avant que le spectacle ne commence. Lui était déjà là en train de toucher ses cordes, de boire un coup d’eau pendant que son comparse, Alexis Auffray, distribuait du pop-corn, balançait la fanfare sur un vieux magnéto à bandes et préparait son violon.

Le Vide/Essai de cirque pourrait n’être qu’un spectacle trompeur à la mode conceptuelle. Il ne se contente pas tout à fait de ce principe trop négatif pour être vraiment cirque et jouissif. Certes, Fragan Gehlker choisit de ne montrer que le revers de la prouesse, mais il double cette ligne catastrophique d’un plan B de survie tout aussi dangereux par ailleurs.

Sans cesse, encore et autrement, l’acrobate remet son ouvrage sur le métier et ses rouleaux de corde sur son dos. Cette obstination, de l’ordre de l’obsession, ouvre un autre précipice, philosophique celui-là, sur le sens de son activité et sa flagrante absurdité. Fragan Gehlker répond ainsi à Albert Camus, cité dans le spectacle : il est Sisyphe, heureux de l’être.

Au-delà d’exacerber la gratuité apparente de toute action, Le Vide/Essai de cirque raconte la tyrannie de la corde, la fascination du vide, vécues par Fragan Gehlker. Il pointe aussi le dressage de la peur opéré par l’acrobate. Le corps vainqueur de l’artiste cède la place ici à celui du travailleur dont la routine est sans appel. Lorsque le spectacle se termine, Fragan Gehlker continue de déménager des montagnes avec Alexis Auffray, remplissant ce trou noir qu’est le vertige de vivre. Dans les coulisses, Maroussia Diaz Verbèke, funambule et acrobate, ancienne de la bande des Ivan Mosjoukine, veille sur la bande-son et les textes de ce solo interprété en duo et composé en trio. De quoi remplir quelques poches de vide.


Le Vide/Essai de cirque, de Fragan Gehlker, Alexis Auffray, Maroussia Diaz Verbèke. Le Monfort Théâtre, 106, rue Brancion, Paris 15e. Tél. : 01-56-08-33-88. Du 2 au 21 mai. Tarifs : de 16 à 25 euros. www.lemonfort.fr

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Au théâtre de l’Union, l’improvisation écrit une nouvelle page de son histoire | Fondation Culture et Diversité

Au théâtre de l’Union, l’improvisation écrit une nouvelle page de son histoire | Fondation Culture et Diversité | Revue de presse théâtre | Scoop.it

C’est à l’invitation de Jean Lambert-wild, comédien, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Union, Centre Dramatique National du Limousin, que le Trophée d’Impro Culture & Diversité fait son entrée à Limoges. Etape historique de la reconnaissance institutionnelle de l’improvisation théâtrale, pour la première fois, un Centre Dramatique National intègre un projet autour du match d’impro dans sa programmation.

Dès le mois de septembre le projet a démarré dans 6 établissements du Limousin avec les comédiens des compagnies Zavtra et l’Abadis, associées au théâtre de l’Union. Près de 100 collégiens ont ainsi découvert les techniques de l’écriture spontanée et ont pu se produire en spectacle tout au long de l’année, lors de restitutions dans leurs établissements puis au Centre Dramatique National.

Le 29 avril 2016, le projet franchissait un nouveau cap en accueillant au CDN la demi-finale nationale du Trophée d’Impro Culture & Diversité. Cette fois, les jeunes limousins accueillaient chez eux des élèves de Rochefort, de Paris, de Trappes et de Toulouse pour un tournoi de grande qualité.

Les responsables de la DRAC Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes présents ont donné leur satisfecit et ont témoigné de leur enthousiasme pour ce projet, augurant de belles perspectives de développement pour l’improvisation à l’école dans la nouvelle grande région.

A l’issue du Tournoi, l’équipe de Trappes menée par la compagnie Déclic Théâtre s’est qualifiée pour la finale parisienne. Elle a également remporté le prix du fair-play. Les compagnies LIFI de Paris, Le Grand Rochefort Impro Club et La Bulle Carrée de Toulouse, ont également offert un spectacle de qualité, s’inspirant entre autres de Raymond Queneau, Marcel Pagnol, Charles Perrault et Alexandre Dumas, pour créer des histoires inédites.

Le Trophée d’Impro Culture & Diversité créé avec la compagnie Déclic Théâtre est développé au niveau national par la Fondation Culture & Diversité, avec le soutien de la Caisse des Dépôts et du groupe ID Logistics.


Découvrez le programme "Le Trophée d'Impro Culture & Diversité" http://www.fondationcultureetdiversite.org/programmes/le-trophee-dimpro-culture-diversite



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Les Inrocks - “Je suis Fassbinder” : Nordey et Richter appuient sur les plaies de l'Europe

Les Inrocks - “Je suis Fassbinder” : Nordey et Richter appuient sur les plaies de l'Europe | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Patrick Sourd pour Les Inrocks


Stanislas Nordey et Falk Richter prennent modèle sur le cinéma de Fassbinder pour réinventer un théâtre politique puisant à l’intime.
Leur brûlot commun met à nu les fractures de notre continent dévasté.


Aujourd’hui à pleurs et à sang, l’Europe est victime d’une vague d’attentats sans précédent. Elle doit aussi faire face à une crise des réfugiés du Moyen-Orient qui questionne les principes du respect des droits de l’homme et interroge sa politique envers les migrants.
Le Français Stanislas Nordey et l’Allemand Falk Richter ont décidé d’user du théâtre comme d’un média pour réagir à chaud à la multitude des questions posées par cette situation. Falk Richter est auteur, Stanislas Nordey est acteur, les deux sont metteurs en scène et c’est ensemble qu’ils construisent ce spectacle où le message porté par la scène se permet de traiter de l’actualité sans passer par le filtre de l’analyse ni celui du politiquement correct. Une manière pour eux de témoigner à l’état brut du chaos d’émotions régnant dans les esprits.


Jeu avec le passé


Il existe un précédent artistique à cette démarche. Avec le film L’Allemagne en automne (1977), Rainer Werner Fassbinder avait pris sa caméra pour témoigner de son désarroi face aux actions de la Fraction armée rouge d’Andreas Baader et Ulrike Meinhof, qui plongeaient alors l’Allemagne dans un climat de terreur.
Un portrait intime où, enfermé dans son appartement, on suit le réalisateur téléphonant à Ingrid Caven, répondant aux questions d’un journaliste, se montrant sans pudeur aux côtés de son amant et se lançant dans de violentes diatribes avec sa mère.

L’histoire bégaie mais ne se répète jamais à l’identique. Comparer les deux séquences historiques n’aurait pas de sens. C’est à la manière d’un jeu que Falk Richter et Stanislas Nordey ont conçu Je suis Fassbinder, en redistribuant les personnages du film entre les acteurs de leur troupe.


Liberté de créer


En ouverture, ils nous gratifient d’une scène impayable où Stanislas Nordey, qui joue Fassbinder, se retrouve face à Laurent Sauvage qui incarne le personnage de la mère du réalisateur. Comme l’un et l’autre s’interpellent par mégarde par leurs prénoms respectifs, la scène se transforme en un gag qui fait rire les spectateurs aux éclats. Une manière pleine d’humour de régler son compte au problème de l’identification aux personnages. La vraie question étant d’évoquer nos tourments présents sans jamais tomber dans le pathos.


Je suis Fassbinder est alors une magnifique mise à nu de l’ensemble des interrogations qui assaillent les Européens aujourd’hui. La réussite d’un théâtre qui puise à une liberté de créer d’un autre temps pour en faire un prototype éclairant sans interdit les mises en débat de l’ici et du maintenant.



Je suis Fassbinder de Falk Richter, mise en scène Falk Richter et Stanislas Nordey, avec Thomas Gonzalez, Judith Henry, Eloïse Mignon, Stanislas Nordey, Laurent Sauvage, du 10 mai au 4 juin au Théâtre national de la Colline, Paris XXe, colline.fr

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Xavier Bertrand annonce 40 millions d'euros de plus pour la culture - L'Observateur

Xavier Bertrand annonce 40 millions d'euros de plus pour la culture - L'Observateur | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans l'Obs :



François Decoster est le vice-président du Conseil régional chargé de la culture.
La concertation culturelle du Conseil régional a débuté mardi 3 mai à Arras. Elle a rassemblé quelque 350 acteurs culturels des Hauts-de-France au théâtre d’Arras, antre du Tandem.

Xavier Bertrand, président de la région, et François Decoster, vice-président en charge de la culture, sont arrivés avec une bonne nouvelle : le budget consacré à la culture passera de 70 à 110 millions d’euros d’ici à la fin du mandat.

 » Soyez libres ! Soyez innovants !  » Par ces mots, Xavier Bertrand a ainsi lancé une vaste consultation inédite afin d’écrire la politique culturelle des Hauts-de-France pour les cinq ans à venir.

Le prochain rendez-vous pour imaginer la politique culturelle régionale de demain est prévu à la Condition publique à Roubaix le 24 mai. S’en suivront une douzaine d’autres rendez-vous un peu partout dans les territoires des Hauts-de-France dont le 10 juin au Manège à Maubeuge, le 30 juin à la Maison des arts et des loisirs de Laon, le 1er juillet à l’Espace Jean Legendre à Compiègne. Les propositions retenues seront étudiées au cours d’un séminaire régional programmé à Beauvais le 5 juillet. Avant la restitution courant septembre à Amiens.

Le site www.concertation-culture.fr permettra de se tenir informé de la consultation et de son avancée mais aussi d’y contribuer.

Retrouvez notre article sur cette concertation culturelle inédite dans nos éditions « papier » de la semaine prochaine.

 


Bruno Place

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Madame Bovary à la barre

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Par Brigitte Salino dans Le Monde :


Un régal pour l’esprit, tel est Bovary, le nouveau spectacle de Tiago Rodrigues, présenté au Théâtre de la Bastille, en pleine « occupation ». Ce spectacle a été répété au Teatro Dona Maria II de Lisbonne, à l’automne 2015. Sur la table de travail, il y avait une pile de livres de et sur Flaubert. L’un d’eux était la première édition portugaise de Madame Bovary, augmentée du compte rendu du procès intenté à Gustave Flaubert, en 1857, pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ».

Lire la rencontre :   Tiago Rodrigues fait entrer le monde dans son jeu http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2016/01/16/tiago-rodrigues-fait-entrer-le-monde-dans-son-jeu_4848441_3246.html



C’est à ce livre que Tiago Rodrigues est revenu, quand il a décidé de travailler sur Madame Bovary. Adapter le roman n’intéressait pas l’auteur et metteur en scène, surtout pour un spectacle créé en France et en français. En revanche, partir du procès le passionnait. C’est ce qu’il a fait, en s’imbibant de lectures, pendant un an et demi. Là encore, comme il ne voulait pas d’une simple adaptation, Tiago Rodrigues a listé les arguments mis en avant dans le procès, et, en partant d’eux, il a écrit Bovary.

Ce qui est formidable, dans cette pièce, c’est sa vivacité. Qu’on la lise (aux éditions Les Solitaires intempestifs) ou la voie, on est pris comme on peut l’être lors d’un bon débat politique à la télévision. Sauf que l’on est au théâtre, et que c’est beaucoup plus excitant. Quand on entre dans la grande salle de La Bastille, les cinq comédiens sont déjà sur scène. Ils jettent des feuilles de papier sur le sol, en s’amusant. Quand ils sentent que le public est prêt, ils commencent. Et c’est parti pour deux heures qu’on ne voit pas filer, tant s’enlacent le fond et la forme.

Flaubert en personne

Une forme très simple : quelques paravents, caissons et chaises. Des comédiens dont les habits pourraient être ceux de la ville, à quelques subtilités près : les manteaux fins rappellent les robes d’avocat, le petit blouson de Charles Bovary annonce l’étroitesse de l’homme, le tee-shirt d’Emma le désir de jouissance d’une femme. Emma a un privilège : la comédienne qui la joue, Alma Palacios, n’endosse pas d’autres rôles. Les quatre autres comédiens se partagent ceux des avocats de la défense et de l’accusation, Pinard et Sénard, du vicomte avec qui Emma danse au fameux bal, de ses amants, Rodolphe et Léon, du pharmacien, Homais, du commerçant usurier, Lheureux, de la fille de Charles et Emma, Berthe.

TIAGO RODRIGUES POINTE DU DOIGT LES QUESTIONS SUR LA LIBERTÉ DE L’ART, SUR LES CENSURES D’ETAT ET SOCIALE



Et puis, il y a Flaubert en personne, qui rôde sur le plateau, suit tout de près et intervient parfois, avec un humour qui traverse le spectacle. C’est une des forces de Bovary : Tiago Rodrigues joue avec le fait que le procès intenté au roman est connu des spectateurs. Il s’autorise le recul du second degré, mais ne lâche pas la bride à son propos : pointer du doigt les questions sur la liberté de l’art, la censure d’Etat et la censure sociale, aussi pertinentes hier qu’aujourd’hui. Que ces questions soient mises en scène, dans un va-et-vient jouissif entre le procès et le roman, voilà la première grande réussite de Bovary.

La seconde tient à l’incarnation : Bovary est du théâtre d’idées, certes, mais un théâtre sans sécheresse aucune. Au contraire : ailé, vif, malin, il offre aux comédiens une matière à jouer à la fois leurs personnages, et avec leurs personnages. L’équipe du spectacle se donne pleinement à cet exercice, qui procure beaucoup de sourires, parfois des rires (ah, l’arsenic !) et finalement une vraie émotion, à la mort d’Emma. Rendons grâce à ceux qui font vivre le roman de Flaubert et le procès de son roman : Jacques Bonnaffé, David Geselson, Grégoire Monsaingeon, Ruth Vega Fernandez et donc Alma Palacios. C’est à une belle « occupation » qu’ils se livrent, au Théâtre de la Bastille !

Lire le reportage :   Au Théâtre de la Bastille, l’autre occupation : http://abonnes.lemonde.fr/scenes/article/2016/05/05/au-theatre-de-la-bastille-l-autre-occupation_4914090_1654999.html

Bovary, écrit et mis en scène par Tiago Rodrigues d’après Madame Bovary et le procès de Flaubert. Théâtre de la Bastille, 76, rue de la Roquette, Paris 11e. Tél. : 01-43-57-42-14. Jusqu’au 26 mai, du mercredi au samedi, à 20 heures. De 14 € à 24 €. Durée : 2 heures. www.theatre-bastille.com. Le texte de la pièce est édité par Les Solitaires intempestifs (105 p., 13 €).

Brigitte Salino
Journaliste au Monde

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Nathalie Dessay : "Und" la révèle au théâtre

Nathalie Dessay : "Und" la révèle au théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it


Par Anne Chépeau pour France Info le jeudi 5 mai 2016


ÉCOUTER L’ÉMISSION disponible jusqu'au 29/01/2019 podcast
http://www.franceinfo.fr/player/resource/787483-1721477

L’ex-cantatrice reprend Und, la pièce d’Howard Barker qu’elle avait créé il y a un an à Tours.

Elle est là immobile au centre de la scène, sculpturale dans son fourreau rouge. Nathalie Dessay joue Und, une femme qui se dit aristocrate puis juive et qui attend un homme. La comédienne a choisi pour son premier rôle au théâtre un texte difficile, un monologue obscur et déroutant. Cette pièce  étrange, c’est le metteur en scène Jacques Vincey qui l’a proposée à Nathalie Dessay. Elle reconnait ne pas avoir tout compris quand elle l’a lue mais elle l’a aimée malgré les difficultés. L’ex cantatrice joue ce texte qui possède une étonnante musicalité comme une partition. Elle y déploie avec un plaisir évident tous les registres de sa voix parlée, jouant sur de multiples inflexions.


Une comédienne est née

Avec ce rôle, Nathalie Dessay se révèle formidable comédienne. Elle est à la fois, excentrique, drôle, tragique et toujours juste. Il fallait du courage pour accepter ce texte et pour cohabiter avec un décor aussi surprenant qu’éblouissant : Nathalie Dessay joue pendant une heure quinze avec des blocs de glace suspendus au-dessus d’elle. Ils fondent peu à peu, s’écoulent sur elle et autour d’elle dans un long goutte à goutte, avant de se fracasser sur scène. Il faut aller voir Und pour la performance de Nathalie Dessay et pour cette fantastique scénographie.

Und jusqu’au 14 mai à Paris au théâtre des Abbesses puis du 17 au 21 mai à Marseille au théâtre des Bernardines, les 24 et 25 mai à la Comédie de Valence et du 1er au 4 juin au Centre dramatique d’Orléans.

Anne Chépeau


Photo Und © Christophe Raynaud De Lage

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L’attraction amoureuse de Decouflé pour Broadway

L’attraction amoureuse de Decouflé pour Broadway | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Philippe Decouflé sur Broadway ! Un chorégraphe français dans le temple américain de la comédie musicale… On se pince, on ne rêve pas. Et même si son nom ne flashe pas à l’entrée du Lyric Theatre, sur la 42e Rue, à deux pas des monstres qui cartonnent comme Aladdin, Un Américain à Paris ou Le Roi Lion, c’est bien lui qui signe la mise en scène de Paramour, une production d’un nouveau genre, entre comédie musicale et arts de la piste, à l’enseigne de la fameuse troupe canadienne du Cirque du Soleil.

Un Français au box-office de Broadway est une anomalie. Un risque, une audace, un attrait aussi. La French touch ne manque pas de piquant. « Il y a très peu d’artistes français qui ont fait carrière (ou au moins un show) à Broadway, précise Patrick Niedo, auteur d’Histoires de comédies musicales (Ipanema, 2010). Il y a eu Danielle Darrieux, Liliane Montevecchi… qui sont des personnalités hors pair. Decouflé a eu ce job parce qu’il a déjà bossé en 2010 avec le Cirque du Soleil, une organisation internationale, pas un producteur de Broadway à proprement parler. On peut être fier qu’un artiste français s’y produise, car ce milieu est extrêmement fermé. » Et strictement codé.

PHILIPPE DECOUFLÉ, CHORÉGRAPHE : « MOI QUI RÊVE DEPUIS TOUJOURS DE GRANDS SPECTACLES POPULAIRES ET CRÉATIFS, JE SUIS SERVI, MAIS C’EST UN DÉFI »


Les paramètres à intégrer, ­depuis le fonctionnement des syndicats jusqu’à la charte esthétique de la comédie musicale estampillée Broadway, représentent un travail colossal d’adaptation. Surtout avec trente-huit interprètes en scène. « J’ai une chance folle, commente le chorégraphe, qui travaille depuis début janvier à New York. Moi qui rêve depuis toujours de grands spectacles populaires et créatifs, je suis servi, mais c’est un défi. Les contraintes sont fortes. Après quatre mois de répé­titions, je commence à peine à comprendre comment fonctionne ce type de production. J’apprends beaucoup en faisant ce spectacle. »

Depuis le 16 avril, début des previews – période durant laquelle le spectacle est joué devant le public à tarif réduit – qui se termineront le 25 mai, jour de la première officielle, Paramour n’en finit pas d’évoluer.

Ciseler un pas de deux

Jeudi 28 avril, Decouflé, qui parle anglais avec un bel accent français assumé, court de gauche à droite pour ciseler un pas de deux avec la chanteuse Ruby Lewis et son partenaire, Ryan Vona, changer la position du piano sur le plateau, couper dix secondes par-ci, vingt secondes par-là. « Plus le temps de faire une nouvelle version de cette scène, il faut la sécuriser pour ce soir », entend-on au loin.

Des réglages de détails, mais de profonds changements surgissent parfois. La fin de Paramour, par exemple, reste encore incertaine. « Tous les jours, on modifie quelque chose, glisse Decouflé. Après chaque représentation, nous discutons de ce que nous avons vu avec le producteur Scott Zeiger et Jean-François Bouchard, du Cirque du Soleil. Le lendemain, nous intégrons les transformations. »

Pour apprivoiser Broadway comme il a séduit l’équipe du ­Cirque du Soleil en 2010 avec Iris, présenté à Los Angeles, Philippe ­Decouflé est venu bien accompagné. Sa « team » de complices est là : Olivier Simola et Christophe Waksmann à la vidéo, Patrice ­Besombes à la lumière, Jean Rabasse au décor, Daphné Mauger à la chorégraphie, Philippe Guillotel aux costumes. Un cercle aux mailles serrées pour soutenir la singularité Decouflé. Lundi 2 mai, deux semaines après le début des previews, Paramour fonctionnait à plein régime sur Broadway.

Paramour, de Philippe Decouflé. Lyric Theatre, New York. Previews jusqu’au 24 mai. www.lyricbroadway.com

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Julien Frison, nouveau pensionnaire de la troupe de la Comédie-Française

Julien Frison, nouveau pensionnaire de la troupe de la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Sceneweb.fr


Julien Frison,nouveau visage de la troupe de Comédie-Française. Il est engagé en tant que pensionnaireJulien Frison,nouveau visage de la troupe de Comédie-Française. Il est engagé en tant que pensionnaire depuis le 27 avril 2016. Il y interprétera son premier rôle, Bobin, neveu de Nonancourt, dans la reprise d’Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche, Salle Richelieu du 31 mai au 24 juillet 2016.

D’origine belge, Julien Frison commence sa carrière au cinéma : il joue dans Odette Toulemonde (Éric-Emmanuel Schmitt, 2006), Big City (Djamel Bensalah, 2007), Un monde à nous (Frédéric Balekjan, 2007), Sommeil blanc dans lequel il tient son premier rôle principal (Jean-Paul Guyon, 2008), Un ange à la mer (Frédéric Dumont, 2008). Il tourne également dans la
série Revivre diffusée sur ARTE (2008). En 2010, il partage la vedette avec Jean-Pierre Marielle dans Rondo, film d’Olivier Van Maelderghem et, en 2016, il est à l’affiche du dernier film de Yann Samuell, Le Fantôme de Canterville. Il joue par ailleurs dans de nombreux téléfilms, entre 2007 et 2016.

Julien Frison débute sa formation théâtrale en 2012 au Cours Florent, et entre en 2013 au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dans les classes de Sandy Ouvrier, Nada Strancar et Xavier Gallais. Il y interprète Novecento d’Alessandro Barrico mis en scène par Emmanuel Besnault, dans le cadre d’une carte blanche. En 2015, il joue dans De l’ambition, une création de Yann Reuzeau, présentée au Théâtre du Soleil.

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80.000 euros supplémentaires accordés au Festival d'Avignon

80.000 euros supplémentaires accordés au Festival d'Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Culturebox Francetvinfo


Les présidents de la Région Paca, Christian Estrosi, et de la communauté d'agglomération du Grand Avignon, Jean-Marc Roubaud, ont annoncé mercredi des subventions respectivement de 50.000 euros et 30.000 euros au festival, qui avait vu initialement son budget diminuer de 128.000 euros. Pour sa 70e édition, le festival d'Avignon proposera 40 spectacles du 6 au 24 juillet.
"La subvention que mon prédécesseur proposait au festival d'Avignon était de 580.000 euros. Aujourd'hui on fait un choix, nous l'augmentons de 50.000 euros, nous la portons à 630.000 euros", a annoncé Christian Estrosi à la FabricA, lieu de résidence et de représentation du festival d'Avignon. Il s'était ému, selon le JDD, de la baisse des subventions accordées par la ville au festival d'Avignon et a convoqué une "réunion d'urgence" avec le directeur, Olivier Py.

Reportage : F. Poret / O. Ducros-Renaudin / D. Terrade
Financement du Festival d'Avignon

La maire d'Avignon, Cécile Helle (PS), estime que "le président de Région se trompe de cible" et lui reproche "une venue précipitée pour une réunion d'urgence (qui) apparaît plus comme une gesticulation politicienne que comme un réel intérêt pour le festival". "Ce n'est pas à la mairie que devra se substituer M. Estrosi mais bien au Grand Avignon, présidé par son ami Jean-Marc Roubaud, qui baisse cette année de 49.000 euros sa subvention au festival d'Avignon".

"La ville d'Avignon pour sa part renouvelle son accompagnement au festival avec, pour 2016, une subvention de fonctionnement de 931.000 euros à laquelle s'ajoutent une subvention d'investissement de 75.000 et des mises à disposition gracieuses de lieux et de personnel qui se chiffrent à plus de 788.000 euros", se défend Cécile Helle.

Le Grand Avignon, qui a baissé sa participation à l'événement culturel de 49.000 euros cette année selon un accord de financement à parité avec la ville, qui avait, elle, diminué son enveloppe l'an dernier, "va faire un effort particulier supplémentaire par rapport à ce qui a été voté" à hauteur de 30.000 euros, a indiqué son président, Jean-Marc Roubaud.
Olivier Py : "le festival d'Avignon reste sous-subventionné par rapport au prestige qu'il a dans le monde"

Olivier Py, qui s'est réjoui de cet apport financier, a néanmoins estimé que "le festival d'Avignon reste sous-subventionné par rapport à ce qu'on attend de lui, par rapport au prestige qu'il a dans le monde", rappelant que "la culture, c'est un moteur économique considérable". 

Les moyens de sécurité mis en place pour la 70e édition dans le cadre de l'état d'urgence auront "un coût au minimum de 50.000 euros, c'est une difficulté qui s'ajoutera", a-t-il ajouté. 



Lire aussi sur culturebox 

Le programme du Festival d'Avignon 2016 : des "Damnés" aux "Frères Karamazov", 40 spectacles dont 26 créations

:  http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/theatre/le-programme-du-festival-d-avignon-2016-40-spectacles-dont-26-creations-237039

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Un Festival à Villerville aura lieu en septembre

Un Festival à Villerville aura lieu en septembre | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Paru dans Ouest-France



Après son lancement samedi, un Festival à Villerville aura lieu le premier week-end de septembre pour la troisième année consécutive. « C'est un projet collectif, insiste le fondateur Alain Desnot. Villerville accueille des jeunes comédiens en résidence. Ils viennent de diverses compagnies pour créer ici des spectacles et les présentent à la population qui s'est investie, comme la municipalité, dans ce projet. »

En 2014, Alain Desnot avait appelé la première édition « Le temps des fondations ». Il fallait, selon lui, « s'assurer de la volonté de le faire, redynamiser le tissu local et réenchanter le territoire ».

Comme l'an dernier, environ 25 jeunes artistes seront à Villerville pour deux à trois semaines. Ils seront accueillis chez les particuliers et dans une maison mise à disponibilité par la Ville. « Ils restitueront leur travail devant les habitants dans le cadre d'une grande exigence artistique, poursuit Alain Desnot, et un ancrage territorial authentique. »

La comédienne Camille Pelicier, fidèle de la première heure, est venue, samedi, pour lancer l'édition, ainsi que Pierre Deverines, en résidence depuis une semaine, qui a présenté le fruit de son travail villervillais en une dizaine de chansons.

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