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Molly Bloom, d'après Ulysse de J. Joyce, par Anouk Grinberg

Molly Bloom, d'après Ulysse de J. Joyce, par Anouk Grinberg | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Un texte d’une incroyable modernité où, sans user de la moindre ponctuation, James Joyce ignore les règles de la bienséance pour nous livrer sans pudeur le jaillissement de la pensée de Molly à l’état brut. Flux bouillonnant réunissant en accéléré les images de l’expérience d’une vie, ce débondage quasi analytique qui séduisit Karl Gustav Jung, prend la forme du corps insécable d’une unique phrase pour révéler dans son miroir les états d’âme de la jeune femme.
C’est cet ultime chapitre qui sera porté sur scène par à la très bouleversante Anouk Grinberg. À travers le pari d’un théâtre de l’incarnation qui se joue des multiples résonances de la parole de Molly, l’actrice qui s’empare de ce texte monstre se référant à Pénélope, relève le défi d’une écriture qui, relayant la parole d’une femme, se revendique de toutes les femmes.

 

www.bouffesdunord.com

 

Aux Bouffes du Nord du 30 novembre au 15 décembre 2012

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L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs
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NOTRE SELECTION OFF AU 19 JUILLET

NOTRE SELECTION OFF AU 19 JUILLET | Revue de presse théâtre | Scoop.it
LEBRUITDUOFF.COM / 19 juillet 2014

 

 

 

Notre sélection dans le OFF au 19 juillet :



Les Excellents : Denis Lavant "Faire danser les alligators…" incontournable, (Chêne Noir),  "Charles Gonzales devient", (Halles), 30/40 Livingstone avec Serji Lopez (La Luna), Rendez vous Gare de l’est de Guillaume Vincent (Condition des soies), Les Chatouilles d’Andréa Bescond (Chêne Noir), "Tant qu’il y a les mains des hommes" (La Luna), Quatuor violence à La Manufacture, "Rester vivant" de Yves-Noël Genod (Condition des soies)

 

 

Les Très bons : "Zoll" (Hivernales), "Un" (La Manufacture), Molly (Hauts-Plateaux) Trahisons de et avec Daniel Mesguich (Chêne Noir), Ronde de Nuit (Théâtre des Carmes), Ô vous frères humains d’Alain Timar (Halles), La maréchale et le libertin (Théâtre des Carmes), Ma Marseillaise (3 soleils), Le Roi se meurt d’Alain Timar (Théâtre des Halles), Tartuffe nouveau de Gérard Gelas (Chêne Noir), Quel petit vélo ? (Hauts-Plateaux), Couac, spectacle pour très jeune public (Caserne des Pompiers), Bourlinguer (3 soleils)…

 

Sélection réalisée par le site "Le bruit du Off"

 

 

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Philippe Lefait retrouve ses “Mots”… sur Internet

Philippe Lefait retrouve ses “Mots”… sur Internet | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Il y a un an, Philippe Lefait et son émission disparaissaient de France 2 . “Des mots de minuit” revient dans un format plus accessible, sur Culturebox.


Depuis un an, le Web est devenu le purgatoire des émissions culturelles, dont on ne sait s'il leur promet la résurrection ou une sorte de mort au carré. Ejecté de France 2 en 2013, Taratata peine à survivre sur YouTube. Zappée de la même chaîne pour rentabilité anémique – 60 000 euros le numéro pour 150 000 téléspectateurs en moyenne –, la belle émission arty de Philippe Lefait, Des mots de minuit, est réapparue depuis un mois sur Culturebox, le site de France Télévisions.

On y trouve chaque semaine un grand entretien d'une heure avec un artiste et/ou un intellectuel et une série documen­tai­re de trente minutes – nommée Tripalium, instrument de torture à l'ori­gine du mot « travail » – sur notre rapport au boulot (Lefait veut dévelop­per la dimension « anthropologique » de l'émission). D'au­tres rubriques existent (des micro-concerts, des critiques de livres, le journal d'une thésarde), alimentées par trois jour­­nalistes, plus deux stagiaires (« bien payés », nous précise-t-on). Economie légère qui permet au programme d'« avancer en marchant », c'est-à-dire de bricoler avec les moyens du bord.

Philippe Lefait reconnaît que le numérique n'est pas sa culture, mais se plaît à imaginer une vaste « bibliothèque » en ligne compilant les archives de l'émission, les fameux entretiens avec Jean Echenoz et Pierre Michon, Albert Cossery, Arno, Yolande Moreau, Maylis de Kerangal… (en vingt ans, l'émission a reçu six mille invités, ça fait du stock !).

D'anciens numéros seront ainsi mis en ligne tout l'été, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, d'autant qu'il n'est plus question d'attendre 1 heure du matin pour les visionner (les nouveaux entretiens seront mis en ligne le jeudi, à 20 heures). Des mots de midi à minuit, donc. Et des images qui étoffent encore un peu plus l'offre de Culturebox (trois cent trente-trois con­certs en 2013, cinquante-quatre pièces de théâtre, soixante-deux opéras, trente-cinq ballets, etc.) dont l'audience a triplé dans l'année. ­ 


En savoir plus sur http://television.telerama.fr/television/philippe-lefait-retrouve-ses-mots-sur-internet,114856.php#PyuzEo4M6wXzxLcj.99


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FESTIVAL D'AVIGNON : UN ENTRETIEN AVEC CLAUDE REGY

FESTIVAL D'AVIGNON : UN ENTRETIEN AVEC CLAUDE REGY | Revue de presse théâtre | Scoop.it
68e FESTIVAL D'AVIGNON : Entretien avec Claude REGY, à propos d’ "Intérieur", d'après Maeterlinck, donné du 15 au 27 juillet au Festival d'Avignon. A l'occasion de la préparation du numéro d'été d'

 

Extrait : La proximité que vous aviez avec Marguerite Duras et Nathalie Sarraute montre que vous avez toujours été attiré par des auteurs qui ont su créer leur propre langue pour atteindre l’au-delà du langage.

 

 

Claude Régy : Oui, je citerai très volontiers quelques lignes de Nathalie Sarraute : « Les mots ne servent qu’à libérer une matière silencieuse, laquelle est bien plus vaste que les mots ». C’est donc dans cette matière silencieuse que l’on peut percevoir ce contact avec l’invisible ou avec l’inexprimable. Un autre auteur dit : « Le mot dans sa paresse cherche en vain à saisir au vol l’insaisissable que l’on touche dans le sombre silence aux frontières ultimes de notre esprit ». Ce n’est que là, « dans le sombre silence aux frontières ultimes de notre esprit », que quelque chose d’intéressant peut naître, enfin pour moi…

 

Propos recueillis le 5 juin 2014 par Yves Kafka pour le Magazine Inferno http://inferno-magazine.com/

 

Publié en ligne le 22 juillet

 

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Denis Podalydès : « Éric Ruf, homme de l’intérieur qui ira vers l’extérieur » | La-Croix.com

Denis Podalydès : « Éric Ruf, homme de l’intérieur qui ira vers l’extérieur » | La-Croix.com | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Éric Ruf, 45 ans, a été nommé administrateur de la Comédie-Française en Conseil des ministres par le président de la République, mercredi 16 juillet.

  

Membre de la troupe depuis 1993, ami proche de Denis Podalydès, il était en concurrence avec le directeur du théâtre de la Colline, Stéphane Braunschweig.

ENTRETIEN avec Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française.

 

Entretien réalisé par Sabine Audrerie pour La Croix du 16 juillet

 

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France Bleu | SUIVEZ les 18 heures de l'intégrale d'Henry VI à Avignon

L'intégrale d'Henry VI de William Shakespeare débute ce lundi à la FabricA et c'est, à l'évidence, l'un des événements de la 68e édition du Festival d'Avignon. Un spectacle d'une durée estimée à 18 heures.

 

Cliquer sur le titre pour lire l'article sur le sitede France Bleu et pour écouter les reportages successifs au cours de la journée.

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Humeurs d’Avignon, par Jacques Livchine

Humeurs d’Avignon, par Jacques Livchine | Revue de presse théâtre | Scoop.it

19 juillet 2014 par Jacques Livchine .



Je suis dans une humeur Muray
Je suis négatif sur tous les plans. 
Je trouve qu’Avignon est devenu moche 
on circule dans une grande poubelle.

Le IN est noyé dans un Off apocalyptique 
Le cours Florent est une malédiction, qui que tu croises c’est un acteur de Florent qui tente sa chance avec deux autres Florent. 
Le parades sont moches et contre-productives
À part les grands comiques on sent que rien n’est rempli.

La grande lutte des intermittents est invisible, on veut jouer et attirer le client, l’agrément c’est la Cip et la CGT, pas les comédiens du Off ni du IN. Les zombies qui tractent dans la chaleur n’ont plus de regard, ils n’ont plus d’espoir, il faut qu’ils jouent tous encore douze fois, ils regrettent d’être venus.

À Avignon, c’est la loi, si ton bouche à oreille n’a pas démarré le 14 juillet c’est foutu pour toi. J’aimerais pouvoir dire la phrase-clé : « il faut absolument que tu voies ça ». Je ne peux pas la dire, il n’y a rien à voir absolument.

On dit qu’il y a moins de monde et moins d’ambiance, mais on dit ça chaque année. 
Il y a un bruit Claude Régy qui court, on dit « ça c’est grand », mais il n’ y a pas de places, c’est le petit jeune de 91 ans et il fait le buzz avec un spectacle d’il y a 25 ans.

On attendait au moins cette réforme, celle que les spectacles soient joués 12 fois, rien n’a changé. 
Rue des écoles j’entends quelques slogans style « enfumage /enfumage ».

Cette pauvre Ministre est chassée par les intermittents avec qui elle voulait parler. 
Elle n ‘arrive pas à comprendre que les intermittents se sentent trahis, oui, trahis par celui-là même qui faisait son beau et qui est devenu président.

La re-négociation d’un dossier que le Medef refuse d’ouvrir, quel intérêt ? 
Py est le portrait même de ces précieux ridicules que Molière raillait, il fait son beau ici et là, les médias le font bander, au début on écoutait maintenant on sait déjà que c’est un joyeux opportuniste

[Photographie des pensées de Livchine à 15 H 56 le 17 juillet pour l’insatiable mais les pensées de Jacques livchine sont telles la météo très changeantes, ce qu’il dit à 15 H 56 n’est plus vrai à 16 H 30]



NDLR : Quelques heures plus tard le texte ci-dessous sur la page Facebook  de Jacques…

J’étais en train de jeter une dernière poignée de terre sur le festival d’Avignon, lorsque soudain… Oui, c’est lorsque tout est fini qu’il arrive quelque chose. 
Minuit avait sonné près de la porte St-Lazare, 
Mes yeux étaient mouillés de petites larmes, j’étais debout, mes mains m’avaient échappé, elles se cognaient l’une contre l’autre avec vigueur.
Je venais de passer deux heures avec vingt égyptiens. 
Zéro décor, zéro costume, peut être même zéro acteur, ou alors des acteurs si forts que l’on croit qu’ils sont vrais, deux heures authentiques et de pure vérité la plus vieille loi du théâtre : faut qu’on y croie.

Peut-être même qu’il n’y avait pas d’auteur, juste des bouts de poèmes.
Hassan el Geretly se fiche de la théâtralité, il est monté sur scène avec sa vieille sacoche pleine de papiers.

J’ai vu son lieu au Caire, un grand appartement avec une salle de 40 places.
il a suivi tous les événements de la place Tahrir, il les a fait raconter dans le détail, il a dit aux jeunes : « tiens -toi bien, parle plus fort, regarde », et il a convoqué des gens pour écouter ces histoires.

Il y a vingt chaises sur scène.
Chacun son tour va raconter, tous ils vont chanter
il y a en eux la petite flamme sans quoi ce n’est pas la peine et puis une femme en noir va raconter la mort de son enfant, elle est vraiment
en deuil, on sent que ce n’est plus du jeu, le public a cessé de respirer.
Ces moments-là, seul le théâtre peut te les donner 
l’air est électrisé, ionisé, habité, épais, Hassan dit : on ne va pas pouvoir terminer comme cela. Et puis voilà, ma perception d’Avignon vient de faire un virage en épingle
je revois la vie en couleur, je bois une limonade place des carmes avec Claude Renard et d’autres amis, il est 2 H 30.
Je suis guéri léger
tant d’humanité

 

 

Jacques Livchine

 

 

Paru dans le blog "L'insatiable" - Infos réflexions et débats avec Cassandre/Horschamp.

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L'Oeil du festival #1 - Avignon 2014 - YouTube

Toute notre équipe de la chaîne théâtre s'est déplacée au Festival d'Avignon ! Abonnez-vous sur : http://www.lachainetheatres.com/abonnement/ Ou par téléphon...
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La Roumanie des grandeurs : Solidaritate

La Roumanie des grandeurs : Solidaritate | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Côté théâtre, Gianina Carbunariu épingle la classe moyenne de la transition capitaliste.

 

 

Tout est à vendre dans Solitaritate, à commencer par les fauteuils du théâtre. En prologue, les neuf acteurs de la troupe de Gianina Carbunariu se crêpent le chignon pour savoir qui possède quoi : «J’ai les rangs D à F, et les places 36 à 52». « Pas du tout, moi j’ai F, de 18 à 46». «Qui veut me racheter les rangs M à P ?» «Ça dépend quels sièges», etc. (On cite de mémoire, la pièce est publiée en français aux éditions Actes Sud/Papiers).


Ce précipité hilarant des privatisations telles que tous les pays européens en ont connu donne le ton du spectacle et un peu plus.Solitaritate n’est pas seulement un portrait de la Roumanie d’aujourd’hui, mais un miroir européen. Sommés d’aller à marche forcée vers le capitalisme version ultralibérale, les ex-pays de l’Est ont pu, mieux que d’autres, mesurer la violence et l’absurdité de ce qui leur tombait dessus.

Du destin subi, Russes, Polonais ou Roumains ont une certaine expérience ; de l’humour pour en rendre compte aussi. L’humour, c’est une des principales qualités de Solitaritate, où les blagues sur le capitalisme semblent la suite naturelle de celles sur le communisme. A commencer par le titre : quelle «solidarité» ? Quatre épisodes constituent le cœur de Solitaritate. Dans le premier, un maire explique pourquoi il a décidé de bâtir un mur pour isoler ses concitoyens de la communauté tsigane locale. Dans le second, un jeune couple de nouveaux riches, condensé de bourgeoisie continentale version bobo, raconte son expérience avec son employée de maison philippine. Le troisième fait revivre l’enterrement compliqué d’une star de théâtre ; et le dernier la course désespérée d’un chauffeur de taxi pour trouver l’argent nécessaire à l’opération de sa fillette.

Confort. Quatre plongées dans la société roumaine contemporaine, versant classe moyenne. Et quatre histoires issues de l’imagination de Gianina Carbunariu, mais aussi d’un travail documentaire mené par ses acteurs. Dans l’entretien publié dans le programme, l’auteure-metteuse en scène, qui est née en 1977, s’explique : «La classe moyenne, ici, est celle qui a le mieux réussi la transition du communisme vers le capitalisme. Ces quatre ou cinq dernières années, leconfortauquel elle commençait à goûter a soudain paru menacé, et bien sûr, comme partout, elle devient peu à peu sensible aux discours politiques d’exclusion. La plupart de ses membres considèrent que les pauvres sont responsables de leur situation, que l’exclusion est le résultat de la fainéantise ou d’un manque d’ambition. J’appartiens moi-même à cette classe moyenne et c’est elle, la plupart du temps, qui fréquente les théâtres comme le Théâtre national de Sibiu où le spectacle a été créé. Cette catégorie de la population est donc à la fois le sujet de Solitaritate et le destinataire de la pièce. Cela génère des situations parfois ambiguës, comme lorsque certains spectateurs se lèvent pendant l’hymne national. Et je peux vous garantir que ce n’est pas par goût du théâtre participatif mais bien par réflexe patriotique.»

A l’acuité du regard politique, Gianina Carbunariu joint la pertinence théâtrale et un sens de la dérision qui n’épargne rien, surtout pas les symboles : pas sûr que les spectateurs ayant chanté l’hymne apprécient beaucoup la façon dont l’actrice censée interpréter la nounou philippine se drape dans le drapeau roumain et le transforme en accessoire comique, en une scène particulièrement réussie d’inspiration chaplinesque.

C’est dans ce registre que Solitaritate se révèle le plus efficace, alors que la dernière scène, aux accents plus cruels, donne au spectacle une coloration dramatique qui lui va moins bien. L’histoire de la nounou philippine est impeccable de méchanceté pince-sans-rire (avec en prime le très grand numéro d’Ofelia Popil, qui interprète ce rôle quasiment muet - son personnage ne parle pas roumain - et n’a pour se raccrocher que les indications de l’auteur).

Imbroglio.Très bons, les neuf interprètes sont par ailleurs régulièrement amenés à sortir de leurs personnages pour commenter l’action. La plus belle scène, qui les réunit tous, étant celle de l’enterrement de la diva, baptisée Eugenia Ionescu… Problème, le fils a vendu la concession au cimetière, il faut donc aller l’enterrer ailleurs. S’ensuit un imbroglio, qui tourne au règlement de comptes (la morte avait travaillé pour la Securitate - la police politique - de Ceaucescu) et à la bagarre générale. Ça tape vite, fort et juste.

 

 

René Solis pour Libération du 21 juillet



Solitaritate de Gianina Carbunariu, m.s. de l’auteur, en roumain surtitré, Gymnase du lycée Mistral, 15 h, jusqu’au 27 juillet (relâche le 23).



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Soichiro Yoshiue: «Régy nous disait d’écouter le silence»

Soichiro Yoshiue: «Régy nous disait d’écouter le silence» | Revue de presse théâtre | Scoop.it
L’acteur raconte son travail avec le metteur en scène.

 

Entretien avec René Solis pour Libération

 

 

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[Avignon Off] Retour à Reims, Laurent Hatat capte l’impossible départ

[Avignon Off] Retour à Reims, Laurent Hatat capte l’impossible départ | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Quelle idée ! Aussi géniale qu’ardue. Mettre en scène la parole du sociologue, mettre en scène Didier Eribon, l’auteur de la Réflexion sur la question gay. C’est l’homme que nous découvrons sur scène, celui qui a écrit une sorte de biographie, nommée Retour à Reims. Voyage dans le passé, l’homophobie, la province et son racisme.

Antoine Mathieu est Didier. Il revient, après 35 ans pour la première fois dans la ville de sa naissance. Son père est mort il y a une heure sans qu’il ne l’ait jamais revu. Il retrouve sa mère, Sylvie Debrun qui lui balance en premier mot : « tu aurais pu me prévenir ».

La mise en scène de Laurent Hatat nous place dans le fil chronologique d’une journée. Lui arrive en fin de matinée et repartira après le déjeuner. Reims, à peine une heure de train de distance de Paris. « C’est en mesurant la distance qu’on met fin à l’exil ».

Didier a quitté : la misère de la reproduction sociale, la haine de l’autre qu’il soit pédé ou noir et la vie qui décline. Il est parisien, journaliste, universitaire, gay. Il est une star des plateaux télé, la référence sur les questions homosexuelles. Ce mot-là arrache tellement la bouche de ceux qui sont de sa famille que la seule définition qu’il entend de lui est « comme toi », ce garçon est « comme toi ».

Il est l’étranger en même temps que le traître. Il est celui qui a osé partir, faire les 144 kilomètres qui séparent les mondes. Eribon n’aura de cesse dans son travail de parler de ces classes impossibles à abattre, méprisées et abandonnées par la Gauche.

 

Amélie Blustein Niddam pour le blog Toutelaculture.com

 

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A la Manufacture à 16h

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BOURLINGUER : L'ENVOÛTANT POEME EN PROSE DE CENDRARS AUX 3 SOLEILS

BOURLINGUER : L'ENVOÛTANT POEME EN PROSE DE CENDRARS AUX 3 SOLEILS | Revue de presse théâtre | Scoop.it

AVIGNON OFF : "Bourlinguer" de Blaise Cendrars, interprété par Jean-Quentin Châtelain / au Théâtre des 3 Soleils du 5 au 27 juillet à 21h30.



Jean-Quentin Châtelain, les pieds immobiles rivés au sol, la carcasse imposante traversée par la houle des grands larges, les yeux mi-clos levés vers les nuages (les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages), interprète « Gênes », l’un des onze récits de « Bourlinguer » – Edit. Denöel, 1948 – écrit par le poète voyageur Blaise Cendrars.

Avec une infinie économie de moyens, les motifs répétitifs en spirale et la diction lancinante portée par la voix magnétique du comédien fétiche de Claude Régy (Cf. Intérieur de Maeterlinck, programmé actuellement dans le festival IN) nous embarquent littéralement vers l’enfance napolitaine de ce grand aventurier, amoureux des villes portuaires et des rencontres insolites, qu’était Cendrars.

Quand le poète revient, quelques quarante années plus tard, vers les lieux de son enfance, la baie de Naples est là, toujours vibrante sous le soleil qui l’écrase, surplombée par le Voméro, la colline où s’érigeait naguère le Palazzo Scalese, maison de ses premières années insouciantes. Mais le charme est rompu, des projets immobiliers plus ou moins véreux ont bouleversé le paysage. « Il ne fait pas bon revenir dans le paradis de son enfance qui est un paradis perdu, le paradis des amours enfantines ».

Dès lors, autour de cette phrase à la mélodie fluide qui prend statut de leitmotiv lancinant, les souvenirs enfouis dans la tête de l’homme mûri par l’existence, vont être déroulés… Dans le « Clos Virgilii » où il a trouvé à nouveau refuge, ce jardin du tombeau de Virgile dominant la baie, là où il vécut des heures inoubliables avec la petite Eléna, sa compagne de jeux dont il était fou amoureux, lui reviennent, réels ou fantasmés, les fragments euphoriques de découvertes fondatrices ; tant celles de la beauté de la nature que celles autrement troublantes de la beauté féminine. S’ensuit une galerie d’images volées au passé où se précipitent, comme dans un film couleur sépia, les portraits de ceux qui de toujours ont fait de Naples une ville à part. Les réflexions qui accompagnent ces évocations de l’Italie méridionale, si bruyante et si colorée, en disant la comédie humaine qui se joue et se rejoue à l’envi dans ces contrées méditerranéennes fascinantes, renvoient, au-delà du temps, à un présent éternel qu’elles donnent à voir dans un saisissant effet de kaléidoscope.

Envoûtant est ce voyage immobile échappé des poèmes en prose de Blaise Cendrars et remarquablement interprété par Jean-Quentin Châtelain, cet itinérant solitaire qui va de port en port et qui a élu le monologue comme son terrain d’excellence.

Yves Kafka pour le site "Le bruit du off"

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Festival d'Avignon / France Inter : Le masque et la plume du 20 juillet en réécoute

Festival d'Avignon / France Inter : Le masque et la plume du 20 juillet en réécoute | Revue de presse théâtre | Scoop.it
"Hypérion", Hôlderlin/Malis; "Dire ce qu'on ne pense pas…", Carvalho/Araujo; "Don Giovanni", Mozart/Nunes; "Vitriolo", Mavritsakis/Py; "Huis", Pauw/Kuijken; "Othello", Shakespeare/Garaud/Saccomano.

 

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Critique: Le théâtre de texte de retour en Avignon

Critique: Le théâtre de texte de retour en Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Autre auteur/metteur en scène, Emma Dante fait aussi preuve d’une virtuosité et d’un amour du théâtre à toute épreuve. Le Sorelle Macaluso parlent, palermitain, populaire, à toute allure et toutes de front, et racontent leur vie à la manière de cette littérature du sud italien forte en gueule et en tragédie. Cela sent la méditerranée rocailleuse, celle où l’on se baigne de rires et où l’on se noie, où la pauvreté construit la tragédie et où l’amour ne sauve rien parce que la mort guette. En une heure et quart, des vagues d’émotion surgissent et emportent, nouent la gorge, grâce une fois encore au sens du rythme, du coup de théâtre, au talent de comédiennes qui forment un chœur d’individus touchants, et maîtrisent le virage tragique, et en la capacité à raconter une histoire…

L’art de Platel est tout autre, mais épate aussi par sa maestra, et sa générosité. Sur ce plateau-là il n’y a que des hommes, et rien n’est traduit. Pas de textes sinon celui des chants, pas de théâtre ni de danse sinon celui qu’entraîne la musique. Mais un projet extraordinaire : quatorze musiciens danseurs chateurs congolais interprètent notre répertoire baroque, de Porpora à Gluck, sur balafon, likembé et percussions africaines. Le contre ténor Serge Kakudgi, comme les autres, sidère par son talent musical, qui se double d’un talent de danseur… C’est la plasticité, la multiplicité, la profondeur des savoir-faire, la justesse des relectures musicales, qui épate, et en douceur le message passe : «Il y a des Noirs talentueux». Platel démontre une fois encore, d’un Coup fatal, combien nos scènes ont tort de fonctionner avec les seuls corps normés de nos habitudes dramatiques européennes…

 

Agnès Freschel pour le journal Zibeline

 

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«Henry VI», carnages au bout de la nuit

«Henry VI», carnages au bout de la nuit | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Durant dix-huit heures, le metteur en scène Thomas Jolly fait sensation avec les crimes du drame shakespearien.

 


 

Aux valeureux spectateurs, la direction reconnaissante distribue, à la sortie de la FabricA, peu avant 4 heures du matin, un pin’s «J’ai vu Henry VI en entier». Une médaille pour récompenser l’endurance de tous ceux qui, entrés dans la salle la veille à 10 heures du matin, ont suivi les dix-huit heures de représentation. Pour la première, les comédiens de la Piccola Familia, la troupe du metteur en scène Thoma Jolly, ont fait court : ils ont bouclé le marathon avec près d’une demi-heure d’avance sur l’horaire annoncé. Un marathon qui a enregistré un taux d’abandon extrêmement bas. Les quelque 600 spectateurs ont réservé aux vingt comédiens - ainsi qu’à l’équipe technique - la plus longue ovation de ce mois de juillet avignonnais : plus de dix minutes, comme un double bravo à la scène et à la salle.

Chahuté par les intermittents, les intempéries, les choix discutables de programmation, le Festival d’Avignon 2014 tient son triomphe, son spectacle de légende. Le badge ne s’y trompe pas : il y aura désormais des anciens combattants du«J’ai vu Henry VI en entier» et pour les deux représentations restantes, jeudi et samedi, la chasse aux billets risque de s’intensifier (1). Les spectateurs d’Avignon ne sont pas des masochistes, et le succès est mérité : Henry VI est un spectacle fédérateur, inventif, joyeux, une course d’endurance théâtrale qui n’accuse jamais sa longueur.

Taupinière. Il faut dire que ça n’arrête pas. Quarante ans d’histoire, la guerre de Cent Ans plus la guerre des Deux Roses : la pièce de William Shakespeare est une suite ininterrompue de batailles militaires et de combats politiques, où les situations - de même que les vestes - n’arrêtent pas de se retourner. Henry VI est en fait constitué de trois drames historiques qui suivent la chronologie (1422-1464) d’un règne à cheval sur la fin du Moyen Age et les débuts de la Renaissance, un siècle avant la naissance de Shakespeare.

Drôle de roi, dont les seules armes semblent être la faiblesse et l’inaptitude au combat, tandis que ses adversaires et ses partisans passent leur temps à s’entre-tuer. Pacifiste à scrupules et états d’âme, il médite seul à l’écart, sur une taupinière, en pleine bataille de Towton, rêve d’être un berger observant la fuite des jours et divisant son temps paisible : «Tant d’heures pour garder mon troupeau ;/ Tant d’heures pour me reposer ;/ Tant d’heures pour méditer ;/ Tant d’heures pour me divertir.» (2)  Bref, Henry n’est pas dans l’air de son temps. Car, côté guerriers sanguinaires, on n’a que l’embarras du choix : de têtes coupées en enfants massacrés, c’est toute l’aristocratie anglaise du XVe siècle qui est atteinte de frénésie sanglante - le pire, au bout de la nuit d’Henry VI, étant encore à venir. «Car ici, je l’espère, commence notre joie durable» : le mot de la fin dans la bouche d’Edouard d’York, le nouveau roi, ressemble à une mauvaise blague. Dans l’ombre guette son frère, l’infâme nabot Richard de Gloucester, qui vient de trucider Henry VI dans sa prison, et s’apprête à anéantir sa propre famille pour parvenir au trône. C’est sur la première scène deRichard III que s’achève le spectacle, et c’est Thomas Jolly, le metteur en scène, qui interprète le monstre, en rockeur dégénéré souple et froid.

Bûcher. Le monstre, c’est d’abord la pièce (15 actes, 150 personnages) que le jeune homme - il a 32 ans et est passé par l’école d’acteurs du Théâtre national de Bretagne - dompte haut la main. Le texte pose moins de problèmes dramaturgiques que de mise en scène proprement dite. Comment restituer une histoire répétitive sans lasser ? Question de rythme, d’abord. Les dix-huit heures de spectacle sont découpées en quatre grandes parties, elles-mêmes divisées en deux. Entre chacun des huit épisodes, un entracte de trente minutes, et entre chaque partie, un autre d’une heure. Lesdits épisodes ont des couleurs distinctes. Les deux premiers tirent vers le potache, les chevaliers français crient «cataclop !» en galopant sur leurs chaises qui serviront ensuite au bûcher de Jeanne d’Arc - perruque bleue et seins à l’air, réjouissante incarnation de la «pute» et «sorcière» telle que les Anglais la conçoivent. Mais Jolly sait aussi noircir le ton, et trouver pour chaque bataille des idées nouvelles : brouillards, bruits hors champ, échafaudages sur roulettes, lumières rouges, éclairs aveuglants, lancers de cotillons, giclées electro-rock : pas d’images léchées ni de haute technologie, mais de l’artisanat dont les spectateurs voient tous les rouages.

Il dispose encore de deux atouts majeurs : l’ajout d’un personnage clownesque - la Rhapsode - qui s’adresse aux spectateurs entre les épisodes : «Non contents d’avoir déjà enduré quatre heures de notre épopée, vous êtes revenus. Pour en reprendre treize !!! C’est gentil.» Irrésistible, la comédienne Manon Thorel, qui a aussi écrit les textes, fait un triomphe mérité à chaque apparition. Autre trouvaille, l’usage des faisceaux, entre DCA et boîte de nuit. Les deux registres sont là, la guerre et le carnaval, le bal des meurtres et des trahisons qui fait rire et qui fait peur, le Moyen Age et l’époque actuelle.

Ni un sommet, ni une révolution esthétique, pas le Ring de Chéreau, ni le Soulier de satin de Vitez, juste tout un jour et toute une nuit de théâtre qui revigorent.

(1) La représentation de jeudi doit être retransmise en direct sur Culturebox. France 2 a prévu une diffusion sur trois jours les 27, 28 et 29 juillet.

(2) Le texte reprend la traduction de Line Cottegnies pour la Pléiade. La version complète de l’adaptation est publiée par l’Avant-Scène théâtre.

Par René Solis Envoyé spécial à Avignon

Henry VI de Shakespeare ms de Thomas Jolly. La FabricA, 55, av. Eisenhower, Avignon (84). Les 24 et 26 juillet à 10 heures. Rens. : www.festival-avignon.com

   
Le spectateur de Belleville's insight:

René Solis, retour de traversée.

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« Henry VI », l'épopée de Thomas Jolly éclaire la nuit d'Avignon

« Henry  VI », l'épopée de Thomas Jolly éclaire la nuit d'Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le jeune metteur en scène fait mouche avec les trois pièces de Shakespeare, un spectacle marathon de dix-huit heures.

 

Bluffant, étourdissant, hypnotisant… Voilà le morceau de bravoure du Festival d'Avignon, son Himalaya, son monstre fou : Henry VI, de William Shakespeare, mis en scène par le jeune Thomas Jolly, 32 ans. Dix-huit heures de spectacle, trois pièces, quinze actes, cent cinquante personnages, dix mille vers… On arrête là le Livre des records. Vous entrez à 10 heures du matin dans la salle du théâtre, vous en sortez à 4 heures le matin suivant. « Jour, fais place à la nuit », comme dirait Richard III, à la toute fin de la représentation…

 

 

QUARANTE ANS DE L'HISTOIRE DE L'ANGLETERRE

Henry VI n'est sans doute pas le meilleur spectacle du Festival, en tout cas pas le plus pointu ou le plus novateur (grosse concurrence d'Ivo van Hove, il y a quelques jours, et de Thomas Ostermeier, qui arrive le 23 juillet). Mais là n'est pas la question. Malgré les défauts, les faiblesses, il emporte sans coup férir, parce que quelque chose s'accomplit là, qui abolit le temps ordinaire et vous fait plonger avec une jeunesse, une fraîcheur et un sens du théâtre exceptionnels dans l'enfance de Shakespeare. Et le public en redemande, qui non seulement n'a pas fait défection, lors de la première, le 21 juillet, mais a accueilli cette épopée avec un enthousiasme de plus en plus délirant au fur et à mesure de son avancée.

C'est la première fois qu'on la voit en France en (quasi) intégrale, cette trilogie écrite par un Shakespeare d'à peine 25 ans, dans les années 1590. Le futur auteur d'Hamlet y conte quarante ans de l'histoire de l'Angleterre, qui voient ce noble et prospère royaume sombrer dans la division et la barbarie. Une saga qui commence en 1422, au moment de la mort du roi Henry V et du couronnement d'Henry VI, à l'âge de 9 mois, et se poursuit jusqu'en 1464, avec la destitution du roi Edouard IV et la montée en puissance d'un certain Richard III, qui fera l'objet d'une autre pièce. Entre ces deux dates, on traverse la guerre de Cent Ans et la guerre des Deux-Roses, dans laquelle s'affrontent de manière sanglante les nobles du royaume.

 

MAÎTRISE ET SOPHISTICATION ASSEZ ÉPOUSTOUFLANTES

Amour, aventure, folie et dérision du pouvoir, trahison, enchaînement meurtrier, réflexion sur l'Histoire et ses mécanismes : Henry VI contient en germe tout le théâtre futur de Shakespeare, et mélange la comédie, la tragédie, la farce, la trivialité la plus crue et la méditation métaphysique la plus élevée.

Elle annonce les grandes pièces à venir, Richard II et Richard III bien sûr, mais aussi Macbeth, Jules César ou Coriolan.

Autant dire que c'est un terrain de jeu et d'aventure inouï pour une jeune compagnie comme celle qu'a créée Thomas Jolly, La Piccola Familia, qui porte bien son nom, ou plutôt pas tout à fait : c'est un tel théâtre de partage que propose le metteur en scène que sa « famille » est bien plus grande qu'il ne le dit. Un théâtre qui pourrait être celui inventé par un enfant dans un grenier, un théâtre « à mains (et à voix) nues », mais qui dans son genre fait montre d'une maîtrise et d'une sophistication assez époustouflantes.

Pas de vidéo, pas de sonorisation des voix, pas de décor cherchant à créer l'illusion. Le metteur en scène s'inscrit totalement dans la tradition élisabéthaine du théâtre de tréteaux, qu'il renouvelle par d'autres moyens. Thomas Jolly ne se cache pas d'aimer les séries télévisées du genre « Game of Thrones » (qui elles-mêmes sont directement nourries de Shakespeare), et il en a retenu de sacrées leçons sur la conduite d'un récit, l'utilisation de la lumière et de la musique. Même si ses effets – sonores, notamment – sont parfois assez appuyés, force est de reconnaître la puissance et l'efficacité produites, qui alpaguent le spectateur à la moindre tentation de défection.

 

« JOUR, FAIS PLACE À LA NUIT »

L'Angleterre, la France, le siège d'Orléans, les palais des nobles anglais, le soulèvement du peuple par Jack Cade… Tout se joue dans un décor quasiment unique, un échafaudage de métal monté sur roulettes, qui donne une grande fluidité à la mise en scène. Et laisse le champ libre à l'imagination des spectateurs et des acteurs.

Les lumières rouges envahissent la scène lors des scènes de batailles, les épées sont figurées par de longs rubans blancs ou rouges de gymnastes, Jeanne d'Arc est une magicienne aux cheveux bleus, des fleurs sont lancées comme des projectiles… Et lorsqu'Henry VI est contesté sur son trône, il suffit que le coussin doré qui recouvrait sa chaise soit jeté à bas pour exprimer toute la violence de cette tentative de destitution. Le spectacle regorge de trouvailles comme celles-ci, qui montrent le sens qu'a Thomas Jolly du signe théâtral simple et directement parlant.

Il faudrait aussi parler de la conduite du spectacle, que Thomas Jolly a confiée à une rhapsode irrésistible (Manon Thorel), qui, aux entractes, vient résumer les « épisodes » précédents ou appâter les spectateurs pour la suite. Alors même si, au début du spectacle, on peut trouver que ce Henry VI verse un peu trop dans la bouffonnerie, le chemin s'accomplit peu à peu dans la « contagion des ténèbres » : « Jour, fais place à la nuit. »

Ils sont dix-sept acteurs à jongler avec tous ces personnages. Pas tous du même niveau il est vrai, mais l'énergie de troupe porte le spectacle, et certains sont excellents, à commencer par Thomas Jolly lui-même, qui joue un saisissant Richard III, entre « warrior » de jeu vidéo et poète à la Jean-Louis Barrault.

Beaucoup d'artistes, aujourd'hui, se revendiquent de cette notion de « théâtre populaire » dont on ne sait plus trop ce qu'elle veut dire. Thomas Jolly, lui, le fait, tout simplement. Si l'on peut dire.

 

 

Henry VI, de William Shakespeare (traduit en français par Line Cottegnies, éd. L'Avant-Scène Théâtre). Mise en scène : Thomas Jolly. La FabricA, les 24 et 26 juillet à 10 heures. Tél. : 04-90-14-14-14. De 20 € à 47 €. Durée : 18 heures. Puis tournée d'octobre à juin 2015, notamment au Théâtre de l'Odéon, à Paris, du 2 au 17 mai 2015.

 

 

Fabienne Darge 
Journaliste au Monde

Paru dans le Monde daté du 23 juillet

 

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Gwenaël Morin, le permanent du spectacle

Gwenaël Morin, le permanent du spectacle | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Pendant ce temps. Gwenaël Morin et sa troupe devraient présenter un Molière chaque soir du mardi au vendredi et les quatre Molière d'affilée, le samedi.

 

Pendant ce temps, à Lyon, Gwenaël Morin rase les murs. Il est metteur en scène et directeur du Théâtre du Point du jour. Tous ses spectacles ont été annulés. Les acteurs sont fâchés, les spectateurs déçus et les pouvoirs publics ayant accordé des subventions, surpris. Il donne rendez-vous dans un café discret, prend place à bonne distance de l'entrée.

Encore un intermittent qui fait grève ? Vous n'y êtes pas : c'est exactement le contraire. Gwenaël Morin a introduit en France le théâtre permanent. Son truc, c'est de jouer tout le temps, sans décors, sans costumes, sans éclairage. « Ce que je cherche, dit-il, c'est la beauté et la permanence, par-dessus le temps et la mort. » Il parle du théâtre comme d'un haut-fourneau dont jamais le feu ne doit s'éteindre. Il parle de jouer « à corps perdu, aveuglément, au risque de tout perdre mais aussi de toucher le beau, l'inattendu ». Parce qu'au théâtre, du moins dans les pièces des autres, tout est toujours trop prévu. Quel paradoxe, ce spectacle vivant où tout est réglé comme du papier à musique !

De fait, un imprévu s'est produit le 4 juin alors que sa troupe jouait Ajax, de Sophocle, pendant le festival des Nuits de Fourvière. Une comédienne a glissé sur le sol mouillé et s'est déchiré les ligaments du genou. Interruption de la pièce, annulation des dates suivantes. Six jours plus tard, nouvel essai. La comédienne joue assise. Mais l'orage gronde. Après trente minutes de jeu, alors qu'Ajax s'exclame : « Ô obscurité, ma lumière ! (…) Je ne suis digne désormais d'être secouru ni par les dieux ni par les mortels. La puissante fille de Zeus me tourmente jusqu'à la mort. Où fuirai-je ? Où m'arrêterai-je ? », à ce moment, donc, le ciel se déchire et la pluie battante met en fuite les spectateurs. Le metteur en scène tente d'encourager ses acteurs par de grands gestes mais ses batteries sont déjà plates. Dans la foulée, il annule tout : Ajax et les deux autres Sophocle que sa troupe devait jouer jusqu'à fin juillet.

« On n'arrête pas le théâtre permanent pour un genou, reconnaît, piteux, Gwenaël Morin dans ce café des bords de Saône. C'est pourtant ce qui s'est passé. Les acteurs n'ont pas compris. Ils m'ont dit que c'était du délire. Ça me fait tellement mal de les avoir plantés. »

Dans l'opinion publique, le burn-out est une pathologie qui concerne davantage les médecins urgentistes, les profs de banlieue et les opérateurs en Bourse que les metteurs en scène. Sans doute parce qu'à force d'associer les mots « acteurs » et « intermittents », l'idée s'est installée que cette catégorie socioprofessionnelle aurait une relation distante au travail et à l'effort. Qu'ils répètent vaguement, font grève, jouent un peu, pointent à l'intermittence et songent à la saison suivante. Evidemment, rien de tout cela n'est vrai pour Gwenaël Morin qui, à force de jouer sans relâche, a craqué. « Une goutte a fait déborder le vase, dit-il en cherchant ses mots.C'est inexplicable, inextricable. Je flippe, je m'épuise, je casse tout. »

A écouter ce démiurge en petits morceaux, on comprend qu'une des raisons de l'épuisement de Gwenaël Morin, c'est d'être resté le seul, en France, à pratiquer le théâtre permanent. « J'ai monté une troupe payée tout le temps, pour jouer tout le temps, dans un théâtre ouvert tout le temps. C'est quand même pas incongru, pas révolutionnaire, non ? Pourquoi tout le monde ne fait pas ça ? »


« JOUER JUSQU'À L'ÉPUISEMENT »

Ça, comme il dit, ce sont près de vingt spectacles montés en cinq ans (record à battre), depuis l'expérience d'un théâtre gratuit à Aubervilliers en 2009 jusqu'à la responsabilité du Théâtre du Point du jour à Lyon en 2013, en passant par de longues nuits au Théâtre de la Bastille à Paris durant lesquelles s'enchaînent les pièces de Fassbinder, Molière, Racine, Büchner, Shakespeare. Pas de costume, pas d'éclairage, pas de sonorisation et, pour tout décor, des slogans au feutre sur du papier scotché qui rappelle les oeuvres du Suisse Thomas Hirschhorn, dont le metteur en scène est très proche. Comme si cela ne suffisait pas, Gwenaël Morin a pris l'an dernier la charge de jeunes sortis du Conservatoire à qui il a fait jouer Molière sans interruption, avec des rôles tirés au sort. En octobre, ils devraient présenter un Molière chaque soir du mardi au vendredi et les quatre Molière d'affilée, le samedi.

Tout cela rencontre un énorme succès public : des salles combles, des places à 5 euros, pas de réservation. « Combien de fois un directeur de théâtre m'a dit : “Je ne peux pas te programmer trois fois, j'aurai pas le public.” Je réponds qu'on s'en fout, qu'on est subventionné, qu'on peut jouer jusqu'à l'épuisement, que quelque chose finira par se passer et le public par venir ! Et ça marche, mais on me dit : “Morin, tu montes des Molière, c'est facile à remplir.” Qui a dit qu'il fallait des trucs difficiles à remplir ? Qu'est-ce qui compte, l'expérience du théâtre, ou l'orgueil de défendre un auteur qui n'intéresse personne ? »

Une heure est passée. Gwenaël Morin s'anime, s'enflamme à défendre son théâtre frugal et permanent dont il oublie qu'il a été interrompu. Ça lui revient. Il s'accuse d'inconséquence, d'égoïsme. Se souvient qu'il n'a pas passé un seul jour de vacances avec ses enfants. Dit qu'il ne sait pas comment il va relancer tout ça. Et soudain, repart à l'attaque. « Les autres, ils paient des employés pour prendre des réservations alors que leur théâtre n'est jamais plein ! On organise la pénurie. On organise l'exclusion ! Le vrai luxe du théâtre, c'est la générosité des acteurs, leur disponibilité quotidienne. A Avignon, si la pièce est bien, on ne peut pas la voir. Si on arrive à entrer, c'est qu'on n'est pas dans le bon spectacle. Pourquoi ? Pourquoi ? »


Serge Michel pour Le Monde 

serge.michel@lemonde.fr

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Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial

Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Festival d’Avignon : le « in » fait du porte à porte avec un Othello génial

 

 

C’est un des spectacles du « in » dont on parle le moins, alors qu’il est sans doute l’un des plus réussis, et peut-être le plus emblématique de ce qu’Olivier Py veut apporter au festival d’Avignon. Othello d’après Shakespeare, revisité par l’auteur et philosophe Olivier Saccomano, et mis en scène par Nathalie Garraud, est une petite merveille qui vaut le détour, et qui se présente d’ailleurs très concrètement comme un invitation au détour. Spectacle « itinérant » programmé sur toute la durée du festival, cette création a été conçue pour donner son sens le plus fort au mot « décentralisation ». Elle se joue donc loin des remparts de la ville, dans les villages comme dans les banlieues, aussi bien devant les détenus d'une prison qu’au beau milieu du hall d’un concessionnaire automobile de luxe... Pour assister à la pièce, il faut donc habiter dans les parages, ou se renseigner, prendre un bus, faire du stop, trouver un covoiturage… Quitte à semer un peu les spectateurs habituels du "in", il s’agit bel et bien d’apporter le théâtre dans les lieux où on ne le voit pas d’habitude, ce qui implique un talent tout particulier du côté des artistes : être capable de jouer des grands textes (pour le grand public il n’en faut pas moins) dans des conditions matérielles plus que minimalistes.

Cédric Michel et Mitsou Doudeau dans Othello

Cet Othello-là se joue donc en effectif très limité. Sous les yeux ébahis du public réuni en cercle autour d’un plateau que seule leur présence désigne comme tel, trois acteurs  excellents munis de quelques accessoires de rien du tout, donnent corps à la tragédie du « maure de Venise ». Dans un prologue inventé pour l’occasion, les comédiens rappellent que si cette pièce se passe un peu à Venise, « berceau du capitalisme marchand », l’essentiel se déroule à Chypre, pauvre pays déjà en crise à cette époque lointaine. Sous couvert de s’expliquer mutuellement ce qu’est la pauvreté, le capitalisme et l’économie en général, ces trois « clowns chypriotes » qui vont raconter l’histoire d’Othello explorent la notion de confiance, sa puissance qui fait qu’on peut bâtir un empire sur le crédit que l’on obtient des autres ; et ses pièges, aussi... Amusante leçon inaugurale, qui pose d’emblée le mot clé de la pièce dont le héros, précisément, ne parvient pas à « faire confiance » à celle qu’il aime.
Avec une virtuosité réjouissante, les trois « clowns » vont ensuite jouer la pièce en interprétant tous les rôles, désignant ainsi leur théâtre comme un jeu des corps autant que de l’esprit. Donner à voir le spectacle en train de se fabriquer, sans coulisses ni artifices, c’est embarquer le public au cœur du dispositif qu’il décrit : c’est jouer sur le crédit qu’on a, la confiance qu’on nous accorde, les fantasmes que tout cela peut générer…
Avec une simple perruque, une casquette et beaucoup de talent, on voit la même actrice : Mitsou Doudeau, passer en une seconde du rôle de Cassio, lieutenant d’Othello, à celui de Desdémone, son épouse adorée. Et rien qu’en remontant ses manches, le même acteur, Cédric Michel, incarne Othello juste après avoir interprété n’importe quel autre personnage de la pièce. Tantôt sénateur ou servante, Conchita Paz se métamorphose de façon tout aussi spectaculaire, rien qu’en changeant de posture, d’écharpe ou de veston. Cet art de jouer très juste tout en exhibant le fait que l’on joue permet d'habiter le présent tout en faisant un pas de côté. Ainsi les acteurs font-ils du théâtre une pensée en acte : une machine à décaler les mots et les idées pour qu'on puisse les entendre autrement. On voudrait que le théâtre soit toujours comme cela. Et que tout le monde, décidément, aille voir cet Othello.

 

 

Othello par la compagnie DuZieu (Nathalie Garraud et Olivier Saccomano), spectacle en itinérance dans le cadre du Festival d'Avignon, jusqu'au 25 juillet


Judith Sibony pour son blog du Monde, le 19 juillet

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Les Inrocks - Eric Ruf à la tête de la Comédie-Française, un rôle très exposé

Les Inrocks - Eric Ruf à la tête de la Comédie-Française, un rôle très exposé | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le Conseil des ministres vient de l'annoncer : le comédien Eric Ruf succède à Muriel Mayette à la tête de la Comédie-Française. Il accède au métier d'administrateur général du "Français" : un poste clé, mais à très haute tension.

 

Article de Laura Aronica, Pauline Bock et Violaine Morin pour les Inrocks en date du 18 juillet



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Lâchez les chiens… de Navarre ! / France Inter

Lâchez les chiens… de Navarre ! / France Inter | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Avis de tempête au studio 521 ! Les Chiens de Navarre débarquent en meute. Rois de l’improvisation et du cadavre exquis, ces acteurs brocardent avec talent les travers de notre société. Tableau déconnant et cathartique en perspective.
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"Henri VI" de Shakespeare en Avignon

"Henri VI" de Shakespeare en Avignon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Mise en scène par Thomas Jolly, la pièce de William Shakespeare est un marathon de 18 heures de théâtre qui se transforme en fête. Un travail magnifique.

 

Retenez donc ce nom de Thomas Jolly. A 32 ans, il a toutes les qualités d’un homme de théâtre, soucieux de son public, comme de ses acteurs, avec une énergie à toute épreuve et une humilité qui en serait presque désarmante. "J’ai commencé à faire mon métier sous Sarkozy, je n’ai pas goûté à cet avant qui était plus facile. Donc, je suis une machine de guerre. Je n’ai pas de temps, pas d’argent, je me débrouille."    Alors, il s’est donc débrouillé du "Henry VI" de William  Shakespeare.  Cela fait 10 ans qu’il y pense, et 4 ans qu’il s’est attelé à ce projet de monter ce texte dit "inmontable" à cause de sa longueur.

 

Paru sur le site d'arte.tv

 

 

Lisez l'article complet dans son site d'origine :  http://info.arte.tv/fr/henri-vi-de-shakespeare-en-avignon#sthash.G4ekCOZZ.dpuf

 

En savoir plus: -L'intégrale ne sera donnée que 3 fois cette année en Avignon, à partir du 21 Juillet, et jusqu’au 25, une fois à Rouen, le 20 juin 2015. -Dans le cadre de Mettre scène, le TNB de Rennes accueillera la pièce en Novembre. Une tournée de deux ans est déjà prévue, avec des représentations étalées sur deux journées. -Plus d’informations sur le site web du groupe de théâtre. http://www.lapiccolafamilia.fr/

 

 

 

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"Fuck America" d'après E. Hilsenrath, mise en scène Bernard Bloch - Le Grand Pavois

"Fuck America" d'après E. Hilsenrath, mise en scène Bernard Bloch - Le Grand Pavois | Revue de presse théâtre | Scoop.it

"Fuck America" est l'adaptation pour la scène du roman éponyme d'Edgar Hilsenrath.

Après avoir été très impressionnée par "le nazi et le barbier" du même auteur au festival d'Avignon 2013, j'avais hâte de découvrir ce spectacle. Très différent, "Fuck America" est plus intime puisque l'auteur, sans le dire vraiment, raconte ici sa propre histoire.

Notre héros Jakob Bronsky, juif allemand, tente de fuir son pays afin d'échapper au nazisme. Malheureusement, il n'obtiendra gain de cause que plusieurs années après la guerre, donc ne pourra éviter les camps, les ghettos et assister aux exterminations.

Enfin accepté aux Etats Unis, Jakob découvre très vite que l'Amérique, "terre d'accueil et de liberté", n'est pas ce qu'il imaginait. Personne ne l'attend, il n'est rien. "Des bâtards juifs comme vous, nous en avons déjà suffisamment en Amérique" répondent les autorités. Il ne correspond pas à l'image du juif "standard" : « T’es juif ? » - « Oui » - « T’as une baraque à Long Island ? » - « Non » - « Comment ça se fait ? » - « J’en sais rien. » - « Tous les juifs ont une baraque à Long Island ! »… Il dégote à l'arrachée des jobs minables, fréquente clodos, maquereaux et  autres paumés. Il sombre dans une détresse sexuelle obsessionnelle : «Ce matin-là, je n'arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j'ai pris une douche froide illico. Ça n'a servi à rien. J'ai pensé à Auschwitz. En vain. »

Seul témoigner sur ce qu'il a subi en Europe lui maintient la tête hors de l'eau. Il s'isole dans une cafétéria juive crasseuse "le Donald Pub" pour écrire.

C'est un texte coup de poing. C'est cru, très cru, tranchant et désespéré. Parfois à la limite de l'obscénité pour mieux nous provoquer à la Bukowski. Ce loser déjanté ne manque cependant pas d'humour, style Woody Allen.

Les quatre comédiens, dont un violoniste, sont au rasoir, stricts, sans pathos. Ils endossent un nombre important de personnages (consul, patron de restaurant, présentatrice de télévision, Jakob, mère juive …) Ils jouent les évènements sans vouloir nous influencer, ils n'embellissent rien, livrent les faits tels qu'ils sont, brutalement. Ils ont concocté ensemble la mise en scène, ce qui est souvent source de déséquilibre. Ici tout est rigoureux, sobre, impeccable. Le texte reste le maître du jeu.

 

 

Le Grand Pavois
Dojo du centre - 13, rue de la Bouquerie, 84000 Av -

Réservation : (+33) (0)6 65 61 11

 

 

- See more at: http://www.bonplantheatre.fr/article/fuck-america#sthash.0XUitvUF.Dl9jUoEz.dpu

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Les Inrocks - Avignon Off, Yves-Noël Genod encore vivant

Les Inrocks - Avignon Off, Yves-Noël Genod encore vivant | Revue de presse théâtre | Scoop.it

C’est en Avignon, où il s’est installé dans le Off pour la durée du festival, qu’Yves-Noël Genod a ouvert le chantier en permanente évolution de sa prochaine création, Rester vivant. Confiant dans l’exceptionnelle acoustique des murs de pierre de la petite salle cylindrique de La condition des soies, lieu qu’il pratique en habitué depuis quelques années, c’est sans filet et dans l’obscurité d’un “noir” quasi complet qu’il propose à un public aussi attentif qu’empathique l’écoute de la poésie de Baudelaire.

Pourquoi, après Shakespeare et Musset les années précédentes, choisir Baudelaire et réveiller en nous des souvenirs remontant aux années du lycée?

“Parce que c’est d’un tel niveau… Je suis impressionné par la hauteur de cet ovni. Quand il dit : ‘Tout se confond dans une ténébreuse et profonde unité, vaste comme la nuit et comme la clarté’, c’est bouleversant.”

Ici, l’artiste s’invente en maître japonais de l’art de l’ikebana pour composer avec Les Fleurs du mal, un bouquet aux fragrances venimeuses où cohabitent quelques standards depuis longtemps passés dans le domaine public et une jolie moisson de raretés.

Comme souvent quand il s’empare de l’écriture d’un auteur et plus encore pour ce parcours où sa voix sera notre seul guide dans la nuit, le comédien nous rappelle que l’enjeu de ces représentations est de trouver l’équilibre entre la poétique de Baudelaire et un pêché mignon qui lui est personnel : maitriser son irrésistible propension au caviardage des œuvres en référence à ces multiples digressions qui font le sel de ses prestations et leurs donnent des airs de salon littéraire. Une exégèse glamour qui convoque la poésie grecque d’Eschyle où “la vague aux sourires innombrables” répond “au rire énorme de la vague” baudelairienne. Il fait le détour par l’analyse lumineuse de Borges et le concept de la métaphore invisible, et enchaîne avec Nerval qui, “dans son célèbre poème, commençant par ‘Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé’, parle de la mélancolie et de la fleur associée à cette maladie, l’ancolie. Dans une première version du poème, il nommait la fleur, et puis il l’enlève et c’est comme une rime riche où la mélancolie n’apparaît pas, mais est là, en sous teinte, et c’est très beau.”

Fabienne Arvers et Patrick Sourd pour Les Inrocks



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Rester vivant, Variation d’après Les Fleurs du mal de Baudelaire, par Yves-Noël Genod au Festival Off d’Avignon, à la Condition des Soies, à 19h. Réservation 04 32 74 16 49

Le spectateur de Belleville's insight:

A la Condition des soies à 19h.

Champagne offert.

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Le plus grand metteur en scène japonais s’appelle Claude Régy

Le plus grand metteur en scène japonais s’appelle Claude Régy | Revue de presse théâtre | Scoop.it
(D'Avignon) Claude Régy et le Japon étaient faits pour se rencontrer. C’est fait. Et c’est un bonheur de tous les instants. Pour l’occasion, Régy retrouve « Intérieur » de Maurice Maeterlinck, une pièce et un auteur qui lui sont chers. Et c’est peu dire que les acteurs japonais sont entrés avec une sidérante compréhension dans la façon de travailler et de faire entendre et voir un texte, propre au metteur en scène.

 

Maeterlinck, Japon, Régy : un trio royal

 

Cette rencontre, on la doit à Satoshi Miyagi, le metteur en scène qui présente au festival d’Avignon un épisode du « Mahabharata » dans la carrière Boulbon. Il voue à Régy une légitime admiration, on le comprend. Alors, comme il l’avait déjà fait avec Daniel Jeanneteauqui fut naguère le décorateur de Régy (il a signé là-bas une mise en scène de « La Ménagerie de verre » de toute beauté), après avoir accueilli son spectacle « Brume de dieu », Miyagi a proposé à Claude Régy de venir travailler avec les acteurs du Spac (le Shizuoka Performing Arts Center) qu’il dirige.

Régy en est revenu enchanté avec un spectacle étrangement enchanteur, doux et poignant comme une neige recouvrant les tombes d’un cimetière, rêveur comme une nuit de pleine lune et habité par la mort (c’est le sujet de la pièce) comme jamais. Il est stupéfiant de voir comment les acteurs japonais appréhendent cela avec l’à-propos de l’évidence, le choix judicieux de la pièce (tout tourne autour de la mort d’un enfant) n’y est sans doute pas pour rien : le théâtre japonais est familier du royaume des morts.

Claude Régy ne parle pas le japonais, les acteurs de la troupe permanente du Spac ne parlent pas le français, mais le tutoiement théâtral (au demeurant, mieux vaudrait d’ailleurs parler de vouvoiement, tant le respect est ici un art premier) est immédiat, comme instinctif. On pourrait croire qu’ils travaillent ensemble depuis si longtemps que toute explication est devenu superflue, qu’un geste de la main, un grognement, une phase énigmatique suffissent à l’intime compréhension entre ces êtres.

 

Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan sur Rue 89"

 

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"Intérieur" une pièce de Maurice Maeterlinck  Mise en scène : Claude RégyFestival d 'Avignon, salle de Montfavet, en japonais surtitré en français,18 heures, jusqu'au 27 juillet (sauf les 18 et 23) Le spectacle viendra à la Maison de la culture du Japon à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne, du 9 au 27 septembre 
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D'Aubervilliers à Avignon. Marie-José Malis: dire ce qui précède le mot!

D'Aubervilliers à Avignon. Marie-José Malis: dire ce qui précède le mot! | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Desmotsdeminuit, une suite... est à Avignon pour rencontrer, écouter et voir. Quelques-uns de celles et ceux qui font le festival. Off et In et le "mot à mot"... de Marie-José Malis. La directrice du Théâtre de la Commune à Aubervilliers a proposé à Avignon "Hypérion" de Friedrich Hölderlin, SA référence poétique, philosophique et langagière!

 

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"Dialogues artistes-spectateurs, autour de "Mai, juin, juillet"

"Dialogues artistes-spectateurs, autour de "Mai, juin, juillet" | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Avec CHRISTIAN SCHIARETTI et l'équipe artistique de "Mai, juin, juillet" Rencontre animée par le pôle national culture des Ceméa.
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