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Revue de presse théâtre
"LE SEUL BLOG THÉÂTRAL DANS LEQUEL L'AUTEUR N'A PAS ÉCRIT UNE SEULE LIGNE"    L'actualité théâtrale, une sélection de critiques et d'articles parus dans la presse et les blogs. Théâtre, danse, cirque et rue aussi, politique culturelle, les nouvelles : décès, nominations, grèves et mouvements sociaux, polémiques, chantiers, ouvertures, créations et portraits d'artistes. Mis à jour quotidiennement.
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Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre

Comment utiliser au mieux la Revue de presse Théâtre | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Quelques astuces pour tirer profit de tous les services de  la Revue de presse théâtre

 

 

Les publications les plus récentes se trouvent sur la première page, mais en pages suivantes vous retrouverez d’autres posts qui correspondent aussi à l’actualité artistique ou à vos centres d’intérêt. (Navigation vers les pages suivantes au bas de la page)

 

 

 Les auteurs des articles et les publications sont systématiquement indiqués. 

 

Les articles sont parfois repris intégralement, mais le plus souvent sont réduits en longueur par rapport à l’article d'origine.

 

Chaque « post » est un lien vers le site d’où il est extrait. D’où la mention répétée « Cliquez sur le titre ou la photo pour lire l’article entier dans son site d’origine ».  Vous retrouverez la présentation originale de l'article : les titres, les photographies voulues par le site du journal ou l’auteur du blog d’où l’article est cité.

 

 

Pour suivre régulièrement l’activité de la Revue de presse : vous pouvez vous abonner (bouton vert FOLLOW) et, en inscrivant votre adresse e-mail ou votre profil Facebook,  recevoir des nouvelles par mail des publications les plus récentes de la Revue de presse

 

 

Vous pouvez aussi, si vous êtes inscrits sur Facebook, aller sur la page de la revue de presse théâtre à cette adresse : https://www.facebook.com/revuedepressetheatre

et  « liker » cette page pour être tenu à jour des nouvelles publications.

 

Vous pouvez faire une recherche par mot sur trois ans de publications de presse et de blogs théâtre, soit en utilisant la liste affichée ci-dessus des mots-clés les plus récurrents , soit en cliquant sur le signe en forme d’entonnoir - à droite de la barre d’outils - qui est le moteur de recherche de ce blog ("Search in topic") . Cliquer sur l'entonnoir et ensuite taper un mot lié à votre recherche. Exemples : « intermittents » (plus d’une centaine d’articles de presse comportant ce mot) « Olivier Py» ( près de quarante articles ), Jean-Pierre Thibaudat (plus de quatre-vingt articles),  Comédie-Française (plus de cinquante articles), Nicolas Bouchaud (seize articles), etc.

 

Nous ne lisons pas les "Suggestions" (qui sont le plus souvent jusqu'à présent des invitations, des communiqués de presse ou des blogs auto-promotionnels), donc inutile d'en envoyer, merci !

 

Bonne navigation sur la Revue de presse théâtre !

 

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Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

Peut être utile au lycée

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Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, mise en scène Sylvain Maurice

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, mise en scène Sylvain Maurice | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joshka Schidlow pour son blog Allegro Théâtre

 

Rares sont les spectacles qui nous harponnent autant que cette adaptation conçue pour la scène par Sylvain Maurice de l'oeuvre littéraire de Maylis de Kerangal qui a pour titre Réparer les vivants.

 

Esquivant tout sentimentalisme, l'auteur relate dans un style éblouissant de précision et de vérité la mort au cours d'un accident d'un garçon de 19 ans. La greffe de son coeur va permettre de sauver la vie d'une autre personne. Les parents éperdus de chagrin sont relayés par des membres du corps médical saisis à un moment de leur existence où tous se montrent à la hauteur de leur rôle. L'écrivain qui a le sens du trait évoque en passant les minuscules travers de certains de ces personnages par ailleurs admirables.

 

Comédien immense, Vincent Dissez, debout sur un tapis roulant sur lequel il esquisse parfois des pas de danse, prend les voix des différents protagonistes. Juché sur le haut du décor en forme de tombeau imaginé par Eric Soyer, l'ultra-compétent musicien et compositeur Joachim Latarjet accompagne tout du long ce voyage du pire à l'espoir. Le tissage des paroles et des sons est on ne peut plus réussi. En un temps où l'on a le sentiment que les sociétés vont toutes à vau l'eau, le transvasement du livre de Maylis de Kerangal à la scène rappelle qu'il est des progrès qui peuvent être source de vie. Et nous apprend en douce que la mort est attestée non, comme on le considérait jusqu'il a peu, par l'arrêt du coeur, mais par la disparition de l'activité cérébrale.

 

Jusqu'au 19 février Théâtre Sartrouville Yvelines CDN tel 01 30 86 77 79 Du 8 au 6 avril DU 27 au 29 avril Comédie de Bethunes Théâtre Paris Villette tel 01 40 03 72 23

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TRANSFABRIK : Appel à projets 2016 !

TRANSFABRIK : Appel à projets 2016 ! | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Le Fonds franco-allemand Transfabrik pour le spectacle vivant est un dispositif qui a pour vocation d'encourager les projets de création entre la France et l'Allemagne, par un apport financier en coproduction, dans les domaine de la danse contemporaine, du théâtre contemporain, du nouveau cirque, des arts de la rue, du théâtre d'objets et de la marionnette.


Lauréat 2015 "Aérobics ! Un ballet en 3 actes" - Paula Rosolen © Laurent Philippe

Le Fonds Transfabrik s'adresse à tous les professionnels du spectacle vivant qui ont un projet de création impliquants des partenaires français et allemands.

Les candidatures doivent être déposées jusqu'au 20 mars 2016 inclus.

Formulaire de candidature et informations : http://www.fondstransfabrik.com/

Un jury franco-allemand constitué de personnalités du monde du spectacle vivant désignera les lauréats 2016, qui seront annoncés au début du mois de mai.

En 2015, pour sa première édition, le Fonds Transfabrik a soutenu 7 projets sur 33 déposés, pour un montant global de 43000 €.
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Théâtres nationaux : une situation financière « fragile »

Théâtres nationaux : une situation financière « fragile » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sylvie Kerviel dans Le Monde :

 

Absence d’orientations claires et d’objectifs précis de la part d’une tutelle « largement absente », « défaillances » dans la gestion des postes de direction, situation financière « fragile et déséquilibrée »… Les théâtres nationaux (Comédie-Française, Théâtre national de l’Odéon, Théâtre national de la Colline, Théâtre national de Strasbourg et Théâtre national de Chaillot), dont les comptes ont été passés à la loupe sur la période 2006-2014, affichent un état de santé préoccupant.

Placés sous la tutelle de la direction générale de la création artistique du ministère de la culture et de la communication, ils bénéficient d’un financement public exclusivement étatique. Néanmoins, leurs statuts ne relèvent pas d’un cadre juridique commun et leur fonctionnement est peu encadré. Autrement dit, l’implication du ministère de la culture « n’est pas à la hauteur des financements consentis ».

« Situations malencontreuses »

Ce flou est « d’autant plus problématique », souligne le rapport, « que l’économie de ces établissements est fragile : malgré des taux de fréquentation élevés, les charges de structure sont en augmentation [de 16 % sur la période observée] et l’activité très majoritairement déficitaire ». Lettres de mission inexistantes, absence de documents contractuels… « Tout semble se passer comme si le talent et les intuitions du directeur suffisaient, aux yeux de la tutelle, à garantir la performance artistique et la gestion de son établissement. »

Le mode de nomination des directeurs, par décret du président de la République, est jugé problématique par les auteurs du rapport :

 « Le processus discrétionnaire auquel obéissent les nominations peut être à l’origine de situations malencontreuses », écrivent-ils, rappelant notamment le départ chaotique de Julie Brochen du Théâtre national de Strasbourg, en 2014.
La politique de création, si elle conduit à une programmation jugée « riche », s’avère « structurellement déficitaire », pointe également le rapport qui souligne que « les recettes de billetterie et les éventuels apports de coproduction ne permettent presque jamais de couvrir les dépenses directes de montage et d’exploitation des spectacles ». Sur les 356 spectacles présentés sur la période étudiée, « seuls sept ont pu être autofinancés », indiquent les rapporteurs. Et de s’étonner, par exemple, de la faible rotation des spectacles, limités à une poignée de représentations seulement alors que des tournées en région ou les captations audiovisuelles permettraient d’équilibrer les coûts. D’autant que, à l’exception du TNS, les frais de structure sont en hausse croissante, « nettement plus forte que l’inflation ».

« Règles obsolètes »

Cet équilibre économique fragile « n’a pu perdurer que grâce à un subventionnement massif et continu de l’Etat », insiste la Cour qui, dans le contexte actuel de baisse des dépenses publiques, invite les théâtres nationaux à rationaliser leurs dépenses, par exemple en mutualisant leurs fonctions administratives et de production, en révisant à la hausse leur politique tarifaire, en optimisant l’utilisation des décors et costumes etc.

Quant à la tutelle, elle est priée de reprendre la main notamment en fixant des objectifs « clairs et mesurables » à chacun de ces établissements. Et, plus délicat, en engageant la renégociation des dispositifs conventionnels (primes, durée du travail, convention collective et accords additionnels), « dont de nombreuses règles obsolètes ou caduques au regard du code du travail placent les établissements dans un climat d’insécurité juridique pouvant s’avérer coûteux en cas de contentieux ».


Sylvie Kerviel
Journaliste au Monde

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L’Opéra national de Paris dévoile sa saison 2016-2017

L’Opéra national de Paris dévoile sa saison 2016-2017 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par France Musique :

 

L’Opéra national de Paris a dévoilé mercredi 10 février 2016 sa saison 2016-2017. Au programme : de belles distributions, et bon nombre de surprises…

C’est un moment attendu des mélomanes : le voile est (enfin) levé sur la prochaine saison de l’Opéra national de Paris. Une saison pleine de surprises, tant du côté des créations et des nouvelles distributions que dans les distributions. Petit tour d’horizon.  
 
Nouvelles productions et créations
 
C’est une grande nouvelle : l’opéra de Paris renoue avec la création. Commandé par l’institution au compositeur Luca Francesconi (à l’honneur, en ce moment, dans le cadre du Festival Présences), l’opéra Trompe-la-mort sera présenté au Palais Garnier, avec Julie Fuchs et Cyrille Dubois sous la direction de la chef d’orchestre Susanna Mälkki.
 
Du côté des nouveaux spectacles, on assistera cette saison à la première entrée du chef Leonardo Garcia Alarcon et du metteur en scène Thomas Jolly à Garnier Eliogabalo, opéra de Francesco Cavalli. Absent des programmations depuis 1991, Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns retrouve l’opéra Bastille sous la direction de Philippe Jordan. Anita Rachvelishvili y interprètera Dalila, tandis que Samson sera incarné par Aleksandrs Antonenko dans une mise en scène signée Damiano Michielettho (metteur en scène du Barbier de Séville actuellement à l’affiche).
 
Après 10 ans d’absence, les spectateurs retrouveront Lohengrin de Wagner en janvier-février 2017, dans une mise en scène de Claus Guth, Philippe Jordan à la baguette, dans une distribution comptant notamment sur René Pape en Heinrich der Vogler, et sur Jonas Kaufmann en Lohengrin.  
 
Traditionnellement accompagné du Pagliacci de Leoncavallo, c’est avec Sancta Susanna de Paul Hindemith que sera associé la saison prochaine Cavalleria Rusticana de Mascagni.  Il s’agit d’une entrée au répertoire pour l’opéra d’Hindemith, dans lequel Anna Caterina Antonacci incarnera le rôle-titre. Autre entrée au répertoire : l’opéra La Fille de Neige (snegourotchka) de Nicolaï Rimski-Korsakov sera mis en scène par Dmitri Tcherniakov et dirigé par Mikhail Tatarnikov.
 
Autre grand évènement de cette saison lyrique : une nouvelle Carmen mise en scène par Calixto Bieito dont le Turandot monté à Toulouse en juin 2015 avait déclenché la polémique. L’opéra sera donné une première fois en mars-avril 2017, puis repris en juillet et diffusé place de la Bastille avec Roberto Alagna et Elīna Garanča dans les rôles principaux. A noter également : la première production sera dirigée par Lionel Bringuier, à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Paris pour la première fois.
 
Autre nouveau spectacle : Cosi fan Tutte au Palais Garnier, sous la direction de Philippe Jordan et dans une mise en scène et une chorégraphie de Teresa de Keersmaeker.  Surprise de mise en scène également du côté de La Cenerentola de Rossini, mise en scène par Guillaume Gallienne.
 
Reprises
 
Du côté des reprises, on compte tout d’abord la récente Tosca de Pierre Audi (2014), servie par Anja Harteros et Liudmyla Monastyrska en alternance, avec Marcelo Alvarez en Mario. Autre grand classique : Lucia di Lamermoor, dans la mise en scène d’Andrei Serban, avec Artur Rucinski en Enrico Ashton et Pretty Yende et Nina Minasyan en alternance dans le rôle de Lucia.
 
Du côté des Contes d’Hoffmann, Stéphane Lissner a fait le choix de la tradition, annonçant une nouvelle reprise de la mise en scène de Robert Carsen (déjà reprise cinq fois depuis 2000) servie notamment par Sabine Devieilhe en Olympia, et Jonas Kaufmann en Hoffmann.  
 
On remarque également la reprise d’Iphigénie en Tauride de Gluck dans la mise en scène de Warlikowski, avec Véronique Gens en Iphigénie, Etienne Dupuis en Oreste et Stanislas de Barbeyrac en Pylade, ainsi que la reprise de la Flûte Enchantée de Mozart dans la mise en scène de Robert Carsen, avec entre autre Stanislas de Barbeyrac, Sabine Devieilhe, Michael Volle ou encore José van Dam en officiant. Un grand répertoire complété par la reprise de Rigoletto (mise en scène de Claus Guth avec Vittorio Grigolo) et de Wozzeck d’Alban Berg (mise en scène de Christoph Marthaler), seul opéra moderne de cette programmation.

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Guide du sur-titrage pour le théâtre, réalisé par la Maison Antoine-Vitez

Guide du sur-titrage pour le  théâtre, réalisé par la Maison Antoine-Vitez | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Dans la circulation des spectacles théâtraux à travers notre continent, c’est par la pratique du sur-titrage que l’art de la traduction se manifeste. Sans le sur-titrage, la réception d’une pièce jouée dans une langue étrangère est irrémédiablement incomplète, tronquée.
Comment s’élabore un sur-titrage ? Quels en sont les protagonistes ? Quelles compétences, quelles étapes, quels moyens financiers sa réalisation implique-t-elle ? Que faut-il mettre en œuvre artistiquement, techniquement, économiquement pour que chaque spectateur, en Europe, jouisse des meilleures conditions d’accès à l’esprit d’un texte et à sa lettre quand il assiste à une représentation théâtrale dans une langue étrangère ?
C’est à toutes ces questions, et bien d’autres encore, que ce guide du sur-titrage veut apporter des réponses.
Sommaire

Avant-propos
Chapitre 1 : Préhistoire du sur-titrage
Chapitre 2 : Principes et pratiques du sur-titrage
Chapitre 3 : Le matériel
Chapitre 4 : L’économie du sur-titrage
Chapitre 5 : L’apprentissage du sur-titrage
Chapitre 6 : Renseignements pratiques

 

Un guide gratuit à télécharger en suivant ce lien : http://www.maisonantoinevitez.com/static/files/Guide-Sur-Titrage-MAV-2016-v2.pdf

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De l'imprécation à l'affrontement, les acteurs sont rois

De l'imprécation à l'affrontement, les acteurs sont rois | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Armelle Héliot dans Le Figaro :

 

André Marcon magnifie Novarina, Anne Alvaro et Audrey Bonnet éclairent Koltès. Trois voix, deux voies rares du jeu.

Il y a combien de temps, déjà? Trente ans! Est-ce possible! Long manteau noir sur pantalon, gilet, chemise noire, surgit l'acteur. On est aux Bouffes du Nord. Le théâtre vide, délicatement éclairé par Grégoire Boucheron, ressemble à un cirque. Le dompteur de mots est seul. Il a les cheveux courts, un visage architecturé, tout en lignes nettes. Le regard est profond. La voix saisit comme saisissent les premiers mots. «J'ai vécu pour me venger d'être. Je recommencerai toujours le monde avec l'idée d'un ennemi derrière moi.»
Trente ans. Trente ans ont passé depuis la première fois qu'André Marcon, comédien exceptionnel, frotté aux plus grands textes de la littérature sous la férule de personnalités fortes - Planchon, Grüber, Françon - s'est plongé dans la langue étrange et envoûtante du Discours aux animaux. Il connaissait l'univers de Valère Novarina. Un an auparavant, il avait dit l'extraordinaire Monologue d'Adramelech sous la direction ...

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Les Inrocks - Des ménages aux César avec "Fatima" : portrait de l'actrice Soria Zeroual

Les Inrocks - Des ménages aux César avec "Fatima" : portrait de l'actrice Soria Zeroual | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Serge Kaganski pour les Inrocks :

 

Des ménages aux César, c’est le destin singulier de Soria Zeroual, nominée pour le rôle-titre de “Fatima” de Philippe Faucon.

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« Dans la solitude des champs de coton », la nuit du théâtre de Koltès

« Dans la solitude des champs de coton », la nuit du théâtre de Koltès | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Didier Méreuze pour La Croix 


« Dans la solitude des champs de coton » de Bernard-Marie Koltès avec Anne Alvaro et Audrey Bonnet, . / Christophe Raynaud De Lage


Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.

Il y a le « dealer ». Il y a le « client ». Égarés dans la grande ville et dans la nuit. En quête de commerce et d’échange. L’objet de la transaction importe peu. Ce qui compte, c’est le trafic, les préliminaires qui s’éternisent parce que, « à cette heure qui est celle des rapports sauvages entre les hommes », où « la correction n’est plus obligatoire mais devient nécessaire », « mieux vaut parler à son pire ennemi plutôt que de ne parler à personne ».

Un dialogue philosophique dans la tradition du XVIIIe siècle

Dialogue d’ombres ? Dialogues de sourds ? Dans la solitude des champs de coton, relève surtout du dialogue philosophique, dans la grande tradition du XVIIIe siècle. Mais un XVIIIe déplacé par Koltès hors du temps, en « un lieu et une heure qui ne sont ni un lieu, ni une heure définissable ».

> Lire aussi : Bernard-Marie Koltès, classique d’aujourd’hui  http://www.la-croix.com/Culture/Theatre/Bernard-Marie-Koltes-classique-aujourd-2016-01-26-1200735304

Un lieu et une heure que Roland Auzet rend à la fois présents et intemporels, au fil d’une mise en scène étonnante et détonante, entremêlant espaces public et théâtral. Il l’a créée en 2015, à Lyon, non pas dans une vraie salle, mais dans un centre commercial, investi après le départ de ses derniers clients. Assis sur des marches ou déambulant à la suite des acteurs, le public suivait le spectacle, un casque audio sur les oreilles.

Spectateurs debout, casque aux oreilles

C’est ce même principe qui préside à sa reprise à Paris, aux Bouffes du nord. En partie du moins. Il était prévu que les représentations débutent à l’extérieur, dans le brouhaha des bruits de la ville et du métro aérien, sur la petite place de la Chapelle. Consignes de sécurité obligent, elles commencent directement à l’intérieur, dans la salle.

Cependant, les spectateurs ne sont pas invités à gagner tout de suite leurs sièges. Munis, comme à Lyon, de casques, ils sont dirigés vers le centre du plateau, plongé dans la pénombre. C’est par leur voix qu’ils découvrent le « dealer » et son « client », avant, levant les yeux, de les repérer, se tenant immobiles, parmi les fauteuils vides du premier balcon.

L’effet d’étrangeté est immédiat. Passées au filtre de la HF, ces voix paraissent à la fois proches et lointaines, comme lorsque l’on écoute la radio. Mais les corps sont présents, même si, dans un premier temps, ils semblent des apparitions, des fantômes.

Anne Alvaro est le « dealer », Audrey Bonnet, le « client »

De cette alchimie mystérieuse où distance et intimité se confondent, naît un sentiment de trouble qui peut déstabiliser le spectateur. D’autant plus que pour interpréter le « dealer » et son « client », Roland Auzet a choisi non des comédiens, mais des comédiennes, qui se révèlent exceptionnelles : Anne Alvaro et Audrey Bonnet.

La première est la « dealeuse » chasseresse, voix chaude, voix rauque, sensuelle, impressionnante de maîtrise et de puissance, même dans ses aveux de faiblesse ; la seconde, est la « cliente » en demande de ce qu’elle ne sait pas elle-même, farouche, à vif, le débit rapide, animal traqué, toutes griffes dehors.

Une alchimie mystérieuse ou distance et intimité se confondent

Toujours en ruptures, esquives, avancées, reculs, elles se cherchent et se défient, telles des fauves déchus, avec une violence qui n’est pas celle brutale des hommes, mais empreinte d’une indicible douceur (féminine ?).

La démarche traînante, arrogantes, soumises, dansantes, elles font entendre jusque dans ses plus subtiles résonances, les fulgurances poétiques de la langue de Koltès, comme sa trivialité savante. Passant de la défense à l’attaque, du rejet à l’étreinte, elles emportent, chacun à leur suite, dans le labyrinthe d’un verbe tout en éclats, ciselé à l’extrême.

« Il est inquiétant d’être caressé quand on devrait être battu ».

Longtemps après que la représentation est finie, leurs répliques claquent dans la mémoire comme autant de cris face à la solitude, à la peur de soi et de l’autre, à l’impossible relation entre les êtres, à la mort. L’une dit : « Il est inquiétant d’être caressé quand on devrait être battu ». L’autre qu’il n’est plus « d’autres choix que de se frapper avec la violence de l’ennemi ou la douleur de la fraternité ». Deux fois est répété, ponctué d’un long silence, « il n’y a pas d’amour »…

> Lire aussi : « Combat de Nègre et de chiens » : Koltès, au cœur des ténèbres http://www.la-croix.com/Culture/Theatre/Combat-Negre-chiens-Koltes-coeur-tenebres-2016-01-26-1200735347

–––––––––

21 heures. Jusqu’au 20 février. Rens. : 01.40.07.34.50. www.bouffesdunord.com. Arras, les 28 et 29 avril. En tournée, dans toute France, la saison prochaine

(1) Ed. de Minuit. 64 p. 7,10 €

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Comédien francophone: une espèce menacée

Comédien francophone: une espèce menacée | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Jacques de Decker pour Le Soir (Belgique) :

 

Je n’étais pas aux Magritte. J’ai seulement lu les comptes rendus de mes anciens confrères dans la presse. Et l’expression de leur malaise. Je reconnais qu’il y a de quoi. Défenseur acharné d’un dialogue fertile entre les deux principales cultures belges, je m’étonne néanmoins que les deux lauréats des trophées réservés aux comédiens soient allés à d’évidents talents flamands. Tout d’abord parce que la réciproque n’est pas pensable : je vois mal, aux Ensors, un comédien francophone l’emporter. On y rendra bien sûr, si on ne l’a pas déjà fait, hommage à Benoît Poelvoorde ou à Cécile de France, parce que ces deux Namurois sont devenus des stars. Mais en dessous de ce niveau, on ne risque pas de s’attarder. Il s’agit d’abord de peaufiner la carrière des talents locaux, et cela n’a rien de déplacé puisque c’est efficace. Un jour, Mathias Schoenaerts aura un Oscar bien mérité. Et on aura tout fait en Flandre pour cela, ce qui ne risque pas de se passer demain en Walbru.

 

Tout provient de la condition du comédien belge francophone, qui est sans doute la plus misérable d’Europe. D’abord, on ne l’aide pas à se préparer au métier d’acteur de cinéma. J’en ai fait l’expérience, puisque lorsque j’enseignais l’histoire du théâtre au Conservatoire de Bruxelles, j’y ai introduit un cours d’histoire du cinéma, qui n’était pas prévu au programme, qui était donc officieux, mais toléré par un directeur particulièrement éclairé. Je suppose que la situation s’est corrigée depuis…

 

Ensuite, notre communauté se caractérise par l’absence notoire d’un métier qui s’exerce partout ailleurs en Europe (y compris en Flandre), je veux parler de celui d’agent d’acteurs. Le grand public ignore (et quel intérêt aurait-il à le savoir ?) qu’un acteur, aujourd’hui, partout ailleurs, ne négocie pas son contrat lui-même. On voit mal, en effet, une débutante même pas diplômée, mais pressentie pour le rôle de Juliette, défendre pied à pied un salaire pour un engagement qu’elle serait prête à honorer gratuitement. Les acteurs belges qui étaient nominés aux Magritte ont par ailleurs tous un agent, mais à Paris.

Par ailleurs, un acteur qui se destine à l’écran plutôt qu’à la scène, a, partout ailleurs encore une fois, bien plus d’occasion de décrocher des rôles à la télévision. Y compris en Flandre, une fois de plus : il s’y tourne, toutes chaînes réunies, quelque deux cents heures de fiction par an, c’est-à-dire dix fois plus qu’en Walbru. Parce que la RTBF, qui fut pionnière en la matière il y a un demi-siècle, a eu besoin d’un coup de pouce ministériel pour se consacrer à la série télé, un genre qui est aujourd’hui dominant, et dont l’exercice n’est pas réservé à Hollywood (il suffit de voir ce qui nous vient des pays scandinaves), et que RTL s’en fiche comme de sa première bobine.

 

Reste le théâtre. Ah, le théâtre ! A ceci près que tous les théâtres nationaux d’Europe ont une troupe (celui de Roumanie, que je connais bien, compte plus de cinquante comédiens, et ce n’est qu’un exemple), sauf… la Communauté française de Belgique. Et cela dans l’impunité totale, et l’indifférence même pas dissimulée des instances compétentes. Le cursus d’un comédien belge – j’entends non flamand –, quel est-il, au mieux ? De décrocher un emploi d’enseignant ou de diriger une compagnie, le plus souvent sans… compagnie. Ce qui explique que la vraie foire d’empoigne, dans nos contrées, n’a pour d’autre enjeu qu’un fauteuil directorial qui engouffrera la part majoritaire de la subvention.

 

Et pourtant, les talents d’acteurs foisonnent. Mais qui les célèbre ? Une starlette, pour son premier rôle dans un petit film français, chargée de la promotion dudit film, verra son minois dans tous les supports. Qu’a-t-on fait pour saluer Pietro Pizzutti dans « Rhinocéros  », à part citer son nom au détour d’un paragraphe ? Alain Leempoel a posé, avec son épouse, pour le photographe du Soir le soir des Magritte : depuis quand n’a-t-il plus exercé son talent devant une caméra ? La comédie n’en est plus une, puisqu’elle ne peut arracher que des larmes.

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Giulio Regeni, torturé à mort au Caire à 28 ans

Giulio Regeni, torturé à mort au Caire à 28 ans | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Giulio Regeni a fêté avec ses amis son vingt-huitième anniversaire le 15 janvier dernier dans cette ville du Caire qu’il aimait tant. Cet étudiant italien était en effet un passionné du monde et de la langue arabes. Il préparait une thèse d’économie à l’université de Cambridge sur le mouvement ouvrier en Egypte, et plus précisément sur les syndicats indépendants encouragés par la chute de Moubarak. La veille de ses 28 ans, Regeni avait publié, sous le pseudonyme d’Antonio Drius, un article sur le site italien Nena News consacré à l’agitation sociale de plus en plus préoccupante en Egypte.



Le 25 janvier 2016, le jeune chercheur a quitté son domicile en début de soirée, dans le quartier de Doqqi, sur la rive gauche du Nil. Il était censé prendre le métro et retrouver un ami au marché de Bab al-Louk, sur l’autre rive du fleuve. Il n’y a que quatre stations de métro entre le domicile de Regeni et le lieu de son rendez-vous. Après El-Behoos, viennent Doqqi, Gezira, Sadat et Mohammed Naguib. La station Sadat, correspondant à la place Tahrir, épicentre de la révolution égyptienne de 2011, était fermée ce soir-là. Les autorités voulaient en effet éviter la célébration du lancement, cinq ans plus tôt, du soulèvement anti-Moubarak. C’est pourquoi le centre ville était quadrillé et toute manifestation interdite, sur fond d’une vague d’arrestations préventives et de "disparitions" sans précédent. Nul ne sait si Regeni a pu atteindre El-Behoos, mais personne en tout cas ne l’a revu vivant après le départ de son domicile.

Le 3 février, la dépouille de l’étudiant italien a été retrouvée dans le fossé d’une banlieue du Caire, sur une route conduisant à Alexandrie. Son corps à moitié dénudé comportait des traces de sévices notamment, selon le rapport consulté par l’AFP, « des brûlures de cigarettes autour des yeux et sous la plante des pieds ». Vous avez bien lu : « autour des yeux et sous la plante des pieds ». Le corps, identifié par les parents, a été rapatrié en Italie. Le Premier ministre Matteo Renzi a appelé le président Abdelfattah Sissi pour exiger que « les responsables de cet horrible crime soient livrés à la justice ».

Un rassemblement silencieux de quelques dizaines d’intrépides s’est déroulé, le 6 février, devant l’ambassade d’Italie au Caire. Une pancarte disait : « Il ne vous suffisait pas de nous tuer, il fallait que vous vous en preniez à un étranger ». Les amis de Regeni, encore traumatisés, pointent en effet un doigt accusateur en direction de la Sécurité nationale, la police politique à la sinistre réputation. Le soulèvement de février 2011 s’était accompagné de l’assaut populaire de bureaux de la Sécurité d’Etat, le bras armé du ministère de l’Intérieur. Mis en cause pour les crimes de la dictature Moubarak, ce service n’a en fait que changé de dénomination et l’ex-Sécurité d’Etat, devenue « nationale », a poursuivi ses exactions en toute impunité, malgré les rapports accablants des défenseurs des droits de l’homme.

Sissi, qui a abandonné son titre de maréchal lors de son accession en juin 2014 à la présidence, reste à l’évidence plus à l’aise avec les militaires qu’avec les policiers. Mais c’est bel et bien lui qui a nommé en mars 2015 ministre de l’Intérieur Magdy Abdel Ghaffar, à la carrière de trente ans au sein de la Sécurité d’Etat. Abdel Ghaffar a à son tour promu Mahmoud Shaarawi, patron de l’anti-terrorisme, à la tête de la Sécurité nationale. A la veille de la disparition de Regeni, le ministre de l’Intérieur affirmait "n'avoir pas peur" de la commémoration du cinquième anniversaire du soulèvement anti-Moubarak. Rappelons que la commémoration précédente, en janvier 2015, avait été marquée par la mort d’au moins quinze personnes, dont la militante progressiste Shaima Sabbagh, abattue par la police d’un tir dans le dos, alors qu’elle voulait déposer une gerbe de fleurs en hommage aux « martyrs de la révolution » de 2011.

J’avais déjà dédié "Les Arabes, leur destin et le nôtre" à Shaima Sabbagh et à Mohammed Bouazizi, dont l’immolation en décembre 2010 a déclenché le soulèvement tunisien contre la dictature de Ben Ali. Et ma conférence du 7 février à l’Institut français du Caire, consacrée à "Une histoire laïque du monde arabe", s’est ouverte par une minute de silence à la mémoire de Giulio Regeni. J’ai pu mesurer à cette occasion l’intense émotion que ce crime révoltant suscite dans la capitale égyptienne, bien au-delà des milieux traditionnellement critiques ou opposants. La thèse d’un meurtre crapuleux n’est en effet étayée à ce stade par aucun élément convaincant. Certains milieux pro-gouvernementaux ont même essayé en vain de promouvoir une version « complotiste », selon laquelle des jihadistes auraient tué Regeni pour compromettre les investissements européens en Egypte.

Deux professeures de Cambridge ont lancé une pétition internationale d’universitaires pour exiger que toute la vérité soit faite sur la mort tragique de Giulio Regeni.  Cette pétition prendra la forme d’une lettre ouverte au président Sissi, publiée dans le Guardian et le Manifesto. L’affaire fait déjà grand bruit en Italie, mais elle ne peut naturellement pas être considérée comme ne concernant que ce pays. Comme l’écrit un un ami britannique du défunt, il s’agit aussi d’une « attaque directe contre la liberté académique, pilier du système d’éducation supérieur ».

Justice pour Giulio.
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Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman

Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Corinne Denailles pour Webthetatre.fr

 

Pulsion de vie, pulsion de mort

 

Nous sommes en l’an 250 en Arménie, à l’époque de l’Empire romain représenté ici par le gouverneur Félix. Félix a une fille Pauline qui, soumise à la volonté de son père, a renoncé à l’amour de Sévère qui n’était pas d’un rang convenable. En bonne fille, elle épouse Polyeucte qu’elle finit par aimer d’un amour sincère même si elle n’oublie pas Sévère qu’on croit mort. Tout va bien donc jusqu’à ce qu’on apprenne que Polyeucte s’est laissé convaincre par son ami Néarque de rallier la cause des nouveaux chrétiens, considérés alors par les Romains comme une secte. En secret, Polyeucte et Néarque projettent de détruire les idoles de pierre des païens au nom du seul dieu chrétien. Sur ces entre-faits, voilà Sévère qui revient, auréolé de ses exploits et de son ascension auprès de l’empereur. Félix, individu médiocre et sans scrupules, ordonne à Pauline de rencontrer Sévère dont il craint la vengeance. La tragédie se noue, opposant les raisons du cœur et les raisons de l’âme. Pauline, qui aime encore Sévère, est déchirée tandis que Polyeucte, définitivement fanatisé, choisit de renoncer à l’amour terrestre pour l’Amour de Dieu, réclame de mourir en martyre et veut entraîner sa femme. Félix, gouverneur romain, est ulcéré et signe l’arrêt de mort de ce gendre inflexible. Sévère, qui se révèle le seul personnage mesuré de l’histoire, tente d’apaiser les passions et prône la tolérance envers ces chrétiens qu’on persécute parce qu’on ne les comprend pas et qu’ils font peur. Pauline est peut-être le plus beau personnage féminin imaginé par Corneille ; passionnée, intègre, intelligente, elle fait honte à ce père vil qui veut disposer d’elle pour servir sa position. Le combat entre la grâce et la passion amoureuse, entre les pulsions de vie et de mort, se résoudra un peu rapidement dans la conversion généralisée des uns et des autres, probablement parce que Corneille se doutait que le sujet (inspiré de la vie d’un saint) serait mal accueilli tel qu’il l’a traité et il a éprouvé le besoin d’anticiper d’éventuelles attaques qui ne manquèrent pas, tel l’abbé d’Aubignac qui jugea que les passions humaines « portent les hommes à des pensées vicieuses » et que les associer à la religion tient de l’offense. Cette pièce atypique de Corneille quitte le registre de l’honneur pour celui de la morale, usant de la passion amoureuse comme d’un moteur dramatique.

Brigitte Jaques-Wajeman est devenue au fil du temps une véritable spécialiste de Corneille avec lequel elle entretient des rapports d’intelligence et d’intimité des plus subtils. Parmi ses nombreuses mises en scène, le cycle consacré à cinq pièces du dramaturge qu’elle a considéré sous l’angle de la colonisation était exceptionnel et a montré comment on peut comprendre une pièce du XVIIe siècle de notre point de vue moderne. Depuis, elle a poursuivi son exploration de l’œuvre de Corneille en gardant la même approche esthétique d’une grande sobriété qui fait la part belle aux acteurs, souvent très jeunes. Elle les conduit à échapper à la scansion obsédante de l’alexandrin et ainsi à nous révéler tout l’or du texte. Un travail de direction et d’acteurs de grande qualité. Dès la première scène le point de vue est clair et le ton est donné : un grand lit au centre du plateau, surmonté d’une fresque qui évoluera au fil du spectacle sous les lumières de Nicolas Faucheux, deux blocs imposants verticaux mobiles s’ouvrent et se ferment à chaque acte. Dans le lit, une jeune femme semble dormir, le corps discrètement dénudé ; auprès d’elle un homme, Polyeucte, écoute le récit du cauchemar qu’elle vient de faire, rêve prémonitoire de la mort de son jeune époux Polyeucte. A la fin, à la place du lit, le cadavre de Polyeucte recouvert d’un drap blanc. Cette tragédie du désir d’absolu est aussi une tragédie des sens. Grâce au talent sensible d’Aurore Paris, on souffre et on vibre avec Pauline tourmentée et amoureuse comme on le ferait chez Racine. Clément Bresson campe un Polyeucte — costume immaculé, barbe discrètement christique — passionné d’absolu qui se voit héros en s’offrant en martyre à son Dieu. Le sombre et tolérant Sévère est interprété avec intensité par Bertrand Suarez-Pazos. Tous les comédiens méritent la même admiration, ainsi que la scénographie et les costumes d’Emmanuel Peduzzi. On reste frappé par la modernité du propos qui illustre les dangers de l’intolérance, quelle qu’en soit l’origine et la cible.

Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman ; scénographie et costumes, Emmanuel Peduzzi ; lumières, Nicolas Faucheux ; son, Stéphanie Gibert ; avec Clément Bresson, Pascal Bekkar, Aurore Paris, Pauline Bolcatto, Marc Siemiatycki, Timothée Lepeltier, Bertrand Suarez-Pazos. Au théâtre de la ville, Les Abbesses, du mardi au samedi à 20h30. Durée : 2h.

© Mirco Magliocca
Tournée
1er mars à Brive Théâtre des 13 arches)
14 mars à Alençon (Scène nationale)
18 mars à Fontainebleau (Théâtre municipal)
2 et 3 mai à Amiens (MCA)

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Rencontre avec Julien Gosselin pour "2666"

Rencontre avec Julien Gosselin pour "2666" | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Sur le site de theatre-video.net

 

Après le spectacle "Les Particules élémentaires" créé lors de la 67e édition du Festival, Julien Gosselin et Si vous pouviez lécher mon coeur se lancent un nouveau défi littéraire : adapter un roman réunissant plusieurs époques et plusieurs temps. Leur choix s'est porté sur un ouvrage massif : 2666 de Roberto Bolaño, qui rassemble une galerie de personnages hétéroclites.

 

Universitaires à la recherche d'un mystérieux écrivain allemand, professeur qui se prend pour Marcel Duchamp, policiers mexicains englués dans des meurtres innombrables... De ces histoires à priori cloisonnées, Julien Gosselin crée une expérience totale, une traversée commune entre acteurs et public. Une épopée à venir...

 

Spectacle(s) : 2666Auteur(s) : Julien GosselinMetteur(s) en scène : Julien GosselinActeur(s) : Guillaume Bachelé, Marine De Missolz, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Carine Goron, Alexandre Lecroc, Frédéric Leidgens, Annie Mercier,Caroline Mounier, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier

 

Voir la vidéo de la rencontre à Avignon avec Julien Gosselin :  http://www.theatre-video.net/video/Rencontre-avec-Julien-Gosselin-pour-2666-70e-Festival-d-Avignon

 

 

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Rapport 2016 de la Cour des comptes Les théâtres nationaux : des scènes d’excellence, des établissements fragilisés

Rapport 2016 de la Cour des comptes         Les théâtres nationaux : des scènes d’excellence, des établissements fragilisés | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Source : Site Internet de la cour des comptes

 

Télécharger le document avec ce lien :  https://www.ccomptes.fr/content/download/89522/2121297/version/1/file/14-theatres-nationaux-RPA2016-Tome-1.pdf

 

Quelques commentaires dans la presse :

 

Le Figaro : Des grands théâtres nationaux  trop coûteux

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/02/10/20002-20160210ARTFIG00081-des-grands-theatres-nationaux-trop-couteux.php

 

Le Point : La Cour des comptes pointe les dérives des théâtres nationaux  . Les magistrats estiment que l'excellence de ces hauts lieux culturels n'est permise que grâce à des subventions massives de l'État. (un scoop !)

http://www.lepoint.fr/economie/la-cour-des-comptes-pointe-les-derives-des-theatres-nationaux-10-02-2016-2016763_28.php

 

Les Echos : Des Théâtres Nationaux de haut niveau mais à l’économie fragile, selon la Cour des comptes
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/industrie-services/services-conseils/021684230677-des-theatres-nationaux-de-haut-niveau-mais-a-leconomie-fragile-selon-la-cour-des-comptes-1199165.php?PQDCJwOtAfmTvOlb.99

 

L'Obs : Théâtres nationaux : la Cour des Comptes fouille les coulisses  

Ni scandale, ni gabegie, mais le rapport sur les théâtres nationaux remis par la Cour des comptes pointe tout de même quelques dysfonctionnements.

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20160209.OBS4323/theatres-nationaux-la-cour-des-comptes-fouille-les-coulisses.html

 

Le Monde : ce qu'il faut retenir du rapport de la Cour des comptes en sept graphes

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/02/10/ce-qu-il-faut-retenir-du-rapport-de-la-cour-des-comptes-2016-en-7-graphes_4862552_4355770.html

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« Finir en beauté » en tournée internationale

« Finir en beauté » en tournée internationale | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Après sa création au festival Actoral à Marseille et sa révélation au festival d’Avignon en 2015, la pièce de Mohamed El Khatib s’exporte à l'international.
Du 15 au 21 février 2016, « Finir en beauté » de Mohamed El Khatib sera au Caire et à Alexandrie avant une tournée au Maroc, au Chili, en Italie, au Mexique et aux États-Unis.
Présentée aux programmateurs du monde entier dans le cadre du Focus Performing Arts de la scèneorganisé par l’Institut français et l’Onda en octobre 2015, Finir en Beauté reçoit un accueil enthousiaste et unanime :  Mohamed El Khatib est invité en janvier 2016 au salon dʼartistes organisé dans le cadre de l’APAP à New York, puis au Birmingham Repertory Theatre (REP), en Grande-Bretagne, pour une série de représentations de sa pièce.
FINIR EN BEAUTÉ (2014)
Mohamed El Khatib voulait écrire un texte à partir d’entretiens réalisés avec sa mère. Le 20 février 2012, la mort interrompt tout. Sur le lit d’hôpital, sa mère l’interroge: « Pas d’opération ni rien ? — Non, rien. Ils ne peuvent plus rien faire. »
L’émiettement intérieur du fils orphelin s’incarne dans un récit discontinu, servi par une forme composite : extraits de journaux, emails envoyés et reçus, messages téléphoniques, SMS, bribes d’échanges avec le père, transcriptions d’enregistrements, vidéos… Le matériau intime embrasse fiction et documentaire. Ces instantanés de vie évoquent la famille, le pays, la langue maternelle, le souvenir, le deuil. À travers cette cartographie émouvante, mais aussi caustique et souvent drôle, Mohamed El Khatib, seul en scène, porte ce récit autobiographique. 

MOHAMED EL KHATIB
Auteur et metteur en scène, Mohamed El Khatib sʼastreint à confronter le théâtre à dʼautres médiums (cinéma, installations, journaux) et à observer le produit de ces frictions. Après des études de lettres (khâgne), un passage à Sciences Po, puis au Centre dʼart dramatique de Mexico, et une thèse de sociologie inachevée sur « La critique dans la presse française », il co-fonde à Orléans en 2006 le collectif Zirlib autour dʼun postulat simple : lʼesthétique nʼest pas dépourvue de sens politique.
 
Ce collectif est le fruit dʼune rencontre entre auteurs, performers, danseurs, vidéastes et musiciens de formations et dʼhorizons divers. Il envisage la création contemporaine comme une expérience, un geste sensible, social, dont la dimension esthétique la plus exigeante doit se confronter au quotidien le plus banal.
 
Le point de départ est toujours une rencontre : rencontre avec une femme de ménage, un éleveur de mouton, un électeur du Front national, un marin. À partir de ces rencontres, se mettent en place des protocoles de recherche qui aboutissent à des formes dont chacun peut s'emparer immédiatement.
 
Zirlib œuvre ainsi dans trois domaines : la création contemporaine dans les arts vivants en France et à l'étranger, la recherche dans les rapports arts / sciences humaines / sciences technologiques, l'action artistique avec des publics « périphériques ».
En savoir + sur Zirlib
 
 
TOURNÉE 2016
du 3 au 16 janvier : APAP Artistʼs Salon, New York26 et 27 janvier : REP, Birmingham du 15 au 21 février : Institut français d’Alexandrie et Institut français du Caire (représentations et ateliers)du 5 au 13 février : Institut français du Maroc – Tanger, Rabat, Essouira, Casablanca, Meknès, Fès, Oujda (7 représentations)du 26 juin au 10 juillet : Chili (8 représentations et des ateliers de dramaturgie avec Santiago off et rencontre avec les élèves du lycée français de Santiago)23 et 24 juillet : Italie du 10 au 20 août : Mexique25-26 septembre : États-Unis, notamment lors du Princeton Festival Seuls en scène
 

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Le jour du grand jour, impromptu nuptial et turlututu funèbre, par le Théâtre Dromesko

Le jour du grand jour, impromptu nuptial et turlututu funèbre, par le Théâtre Dromesko | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Véronique Hotte pour son blog Hottello : Crédit photo : Fanny Gonin

 

Le jour du grand jour, impromptu nuptial et turlututu funèbre, par le Théâtre Dromesko, conception, mise en scène et scénographie de Igor et Lily, textes Guillaume Durieux

 

L’art du cérémonial et de la fête tombe à point nommé pour la dernière création de folie douce du Théâtre Dromesko, Le jour du grand jour, un spectacle facétieux et poétique révélé dans les lumières chaudes de la nuit caverneuse de la baraque mythique – bois blond doré et chaleur d’ambiance -, l’abri sentimental et social des concepteurs historiques – liberté et inventivité au pouvoir – Igor et Lily, qui ont imaginé pour le public un refuge populaire et rural, photos anciennes familiales et vieux cadres sur les parois extérieures, avec son odeur entêtante et artisanale de parquet de beau bois, au milieu de la pleine ville, au CENTQUATRE par exemple, dans le dix-neuvième arrondissement.

Deux transepts ont été fabriqués qui cernent la baraque, l’une à jardin, pour les solennités et l’autre à cour, pour la préparation des plaisirs culinaires. Les cérémonies religieuses ou profanes ont leurs règles, leurs codes, leurs étiquettes, leurs manières bien particulières. Le tapis rouge est déroulé précautionneusement selon la technique personnelle de la truie Carla qui déplie vivement l’accessoire scénique avec son groin, accompagnant de sa façon furtive et bestiale le déroulement ordonnancé des festivités.

 

 

La fête continue et se déroule encore, au moyen des mètres infinis de tulle blanche dépliée – ailes d’oiseau de mer, traînées de nuage blanc dans le ciel, souvenirs de tutu romantique, figurines de danseuse et mannequins gisants sur le plateau – une installation d’art contemporain -, et le dernier linceul enfin qui enveloppe le mort – antiquité égyptienne revisitée. Le tissu léger, long et élégant sied aux interprètes, enroulant les mariées et les momies défuntes, libérant le fourreau de sa matière, comme une métaphore des jours qui passent et ne reviennent plus. Un interprète fidèle revient, et c’est Charles, le marabout aux grandes ailes, qui de l’un à l’autre, se promène, après avoir sauté sur le dos de Lily puis d’Igor. À cette originalité non répertoriée ne pouvait répondre que la musique à la fois mélancolique et tonique du violoncelle – une dame pleurante – de Revaz Matchabeli, les ritournelles si belles et si obsédantes venues de l’Est chantées par Lily.

Le jeu choral des acteurs qui miment, dansent et chantent, tombent puis traînent sous la table, poussés ou tirés, endormis, pris par leurs songes ou l’ébriété, semblant voler entre le sol et les airs, de joyeux lurons sur la terre. Les jeunes filles accomplissent une chorégraphie bien frappée, escarpins hauts et robes soyeuses, puis se délivrent de leurs atours pour entamer sauts et galipettes, jupe renversée, et s’amuser de toutes les contorsions que provoque la fête, saluant à la ronde avec une sorte d’emphase implicite que le spectateur devine à plaisir. La politesse et la courtoisie des relations sociales sont assurées avec leur lot d’hypocrisies, de moqueries et de satire des relations feintes des hommes entre eux. Personne n’est dupe mais tout le monde est heureux de vivre dans le laisser-aller et le naturel, un art savant appris au fil des aventures et des épreuves, appréciant les moments exceptionnels des instances heureuses ou malheureuses de l’existence.

 

 

Saluons les véritables artistes, Florent Hamon, Guillaume Durieux, Zina Gonin, Violeta, Manuel Perraudin et Valérie Perraudin et ceux déjà cités, Lily, Igor et Revaz

.

Une vision onirique et conviviale des moments d’exception qu’offre la vie partagée.

 

Véronique Hotte

 

CENTQUATRE Paris –, en partenariat avec le Théâtre de la Ville, tout public à partir de 12 ans, du 9 au 20 février. Tél : 01 53 35 50 00

 
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Deux spectacles traquent l’anatomie du désir chez Bernard-Marie Koltès

Deux spectacles traquent l’anatomie du désir chez Bernard-Marie Koltès | Revue de presse théâtre | Scoop.it
Par Jean-Pierre Thibaudat pour son blog de Mediapart / Photo Audrey Bonnet , "Dans la solitude des champs de coton" © Christophe Reynaud de Lage
 

Roland Auzet monte « Dans la solitude des champs de coton », Richard Brunel, « Roberto Zucco », deux mises en scène de pièces qui placent au centre du jeu les acteurs. L’écriture de Koltès ne demandait que ça.

 

 

Il y a vingt ans  à la Manufacture des Œillets à Ivry, Patrice Chéreau mettait en scène une dernière fois « Dans la solitude des champs de coton ». La création en 1987 au théâtre de Nanterre-Amandiers (dont Chéreau était alors le directeur) avait écrasé la pièce sous son décor. Cette fois le public est installé sur deux gradins qui se font face, pas le moindre décor. La scène est un ring où Chéreau -casquette, regards en biais et prothèses épaississant son corps- est un détonnant Dealer, avec dans le rôle du Client, Pascal Greggory, impressionnant. Tout est dans le jeu, l’affrontement, la séduction.

Les grandes actrices sont aussi des hommes

Jamais autant le désir n’a été si intense, sous ses masques, dans l’écriture de Bernard-Marie Koltès. Pour Chéreau s'y redouble un désir d’acteur. Cette nouvelle version est, pour ce dernier, comme une critique de sa première mise en scène. Et, rétrospectivement, elle marque un renversement : face à l’œuvre de Koltès, on passe du primat impérial de la mise en scène à celui de la primauté des acteurs. L’écriture de Koltès est comme respirée par la voix, le corps de l’acteur. Elle l’est depuis toujours, on aura mis longtemps avant de le comprendre.

D’où l’idée, très belle, de Roland Auzet : il monte aujourd’hui « Dans la solitude des champs de coton » en confiant les deux rôles  de la pièce, le Dealer et le Client, à Anne Alvaro et Audrey Bonnet. Moins parce qu’elles sont des femmes que des actrices puissantes dont les corps sont des bêtes à expulser sauvagement le texte dans des modulations et des éruptions vocales rageuses (le Client) ou enjôleuses (le Dealer), parce que toutes les grandes actrices sont aussi des hommes. Côté corps, il n’est sans doute pas inutile de préciser que Thierry Thieû Niang et Wilfried Wendling ont été les « collaborateurs artistiques » de ce spectacle.

"Que vous n"eussiez ce qu'il faut..."

"La solitude dans les champs de coton" est sans doute la pièce de Koltès la plus classique, dans sa forme et dans sa langue. La séduction, cette face visible du désir, est là, par tous les pores : au premier chef dans cette jouissance qu’a Koltès à faire parler, à caresser la langue française que les deux actrices magnifient en lui imposant des accents toniques, une danse des balancements.


Anne Alvaro , "Dans la solitude des champs de coton" © Christophe Renaud de Lage
Il faut entendre Audrey Bonnet, le Client, dire : « Fâchez-vous : nous resterons plus proches de nos affaires et nous serons sûrs que nous traitons tous deux la même affaire. Car, si je comprends d’où je tire mon plaisir, je ne comprends pas d’où vous tirez le vôtre ».
Et entendre le Dealer lui répondre : « Si j’avais  un instant douté que vous n’eussiez ce qu’il faut pour payer ce que vous êtes venu chercher, j’aurais fait un écart lorsque vous vous êtes approché de moi ». Ah, ce « vous n’eussiez » dans la bouche d’Alvaro, plus beau qu’un baiser, plus impudique et insidieux que le verbe sucer sous-jacent.  Koltès se montre ici le rejeton d’une longue lignée dont Racine est l’un des pères. La musique composée par Roland Auzet prolonge ces attendus et en constitue à la fois la ponctuation et l’écho. Auzet est à l’origine du récent projet TOTEM (s), c’est-à-dire Théâtre Opéra texte et Ecriture Musicale pour le spectacle.

Auzet va plus loin en proposant aux spectateurs de s‘équiper de casques, créant par là même une étrange et enveloppante intimité. La première du spectacle à Lyon, s’est tenue dans un lieu de deal possible, un centre commercial à la Part Dieu, un soir  (« le soir est le moment de l’oubli, de la confusion, du désir  tant chauffé qu’il devient vapeur » dit le Dealer). Le spectacle est actuellement à l’affiche du théâtre des Bouffes du Nord. Il devait commencer devant le théâtre dans ce carrefourde la Chapelle, à deux pas du métro aérien. Brandissant jusqu’à l’absurde les consignes du  plan Vigipirate, la préfecture de police  a cru bon d’interdire cette entrée en matière.Dommage. Mais la nouvelle configuration de la mmise en scène  imposée par cette forme de censure qui risque de se multiplier dans les mois qui viennent, tient la route et les deux actrices, avec surperbe, font front.

Un personnage en fuite

Directeur du Centre Dramatique National de Valence, Richard Brunel met en scène « Roberto Zucco ». Koltès s’est inspiré d’une personne réelle dont il avait vu le visage dans le métro. Le tueur, considré comme un malade psychiatreique, se jettera dans le vide du toit d'un de ses  son lieux d’enfermement comme le fera le héros à la fin de la pièce. Il s'évadera, tuera encore. A la création de « Roberto Zucco »,  le spectacle avait été interdit à Chambéry et Annecy où Roberto Succo avait commis plusieurs meurtres dans les années 80. La pièce, la dernière de Koltès, n'est aucunement un hommage à un tueur. Le temps a passé mais ces deux mêmes villes ont préféré ne pas programmer le spectacle ainsi que la rapporté la presse régionale. Pression de la préfecture ? Des familles ? Des flics ? Frilosité des établissements? Dommage.

Car la mise en scènede Brunel, et c’est sa principale qualité, loin de constituer Zucco en héros, en fait un être fragile, vulnérable, qui joue plus au dur (il revêt un costume kaki du tueur comme un enfantde la génération de Koltès pouvait se déguuiser en Zorro) qu’il ne l’est vraiment. Ses meurtres commis sous nos yeux semblent advenir presque par inadvertance, comme malgré lui. C’est un personnage en fuite qui se fuit lui-même. Forte ambivalence. L’acteur, Pio Marmaï, pouses ces pions. Partant, loin de constituer Zucco comme le centre de la pièce,le metteur en scène souligne son statut de fil conducteur permettant aux autres de se révéler à eux-mêmes, tel un héros pasolinien.  C’est particulièrement le cas de « La Gamine » (Noémie Develay-Ressiguier)  et de la dame élégante (Luce Mouchel), la qualité des deux actrices donnant plus d’épaisseur encore à leur personnage.


Scène de "Roberto Zucco" © Jean-Louis Fernandez
Toute la distribution, au demeurant, est excellente. Evelyne Didi donne le tempo du spectacle dans le rôle de la mère. Lamya Regragui (la sœur de la Gamine), est d’une simple justesse dans son monologue. Se trouvant seule dans une gare, la nuit, elle cherche la petite sœur aimée : « où es-tu ma colombe ? Dans quelle saleté l’a-t-on entraînée ? Dans quelle cage infâme l’a-t-on enfermée… ». La pièce est ainsi ponctuée de monologues qui sont comme des stations sur un chemin de croix. Axel Bogousslavsky entre comme naturellement dans le rôle du vieux monsieur qui se laisse enfermer dans le métro, hors du jour et de la nuit, dans un temps sans repère. Je me plais à penser que ce vieux monsieur a été autrefois un Client voire un Dealer.

"On ne voit plus rien"

Pourquoi Zucco a-t-il tué son père, pourquoi étrangle-t-il sa mère sous nos yeux, pourquoi tire-t-il dans la tête d’un enfant un peu niais qu’il n’avait jamais vu auparavant? Il n’y a pas d’explication. Il n’y en aura jamais. La force de Koltès est dans cet en dehors. Brunel ne cherche pas non plus, comme d’autres, à établir une ligne directe entre Zucco et Koltès dans un jeu à deux balles d’identification. Comme l’a très bien montré Anne-Françoise Benhamou (« Koltès dramaturge », éditions les Solitaires intempestifs »), Koltès ne se projette pas plus dans Zucco que dans La Gamine. La mise en scène de Brunel opère entre ces deux personnages pivots un opportun rééquilibrage.

La scénographie (Anouk Dell’Aiera) avec ses chemins de ronde et ses alcôves amovibles est fonctionnelle, elle pourrait convenir pour « Hamlet ». La première scène de « Zucco » est, en partie, une paraphrase de la première scène de la pièce de Shakespeare, celle des deux gardes. Le spectre ici n’est pas un homme qui est mort mais un homme qui va mourir.

Il est dommage que ce spectacle, souvent fin, s’encombre de grossiers effets de mise en scène comme ces sacs en plastique qui tombent du ciel pour pouvoir ensuite tournicoter dans la bourrasque. La fin du spectacle est ratée, elle l’est toujours. Elle est injouable. Zucco est sur le toit de la prison, un « vent d’ouragan se lève », le soleil monte et « devient aveuglant  comme l’éclat  d’une bombe atomique ». Et Koltès parachève ainsi l’ultime didascalie de son théâtre : « On ne voit plus rien ». Avant qu’une voix anonyme ne crie les derniers mots: « Il tombe ». Il n’en finira jamais de tomber. C’est un présent d’éternité. « Robert Zucco » c’est l’histoire d’un homme qui tombe.

« Dans la solitude des champs de coton », Bouffes du Nord, du mar au sam 21h, mâtinées les sam 13 et 20 à 15h, jusqu’au 20 février.

« Roberto Zucco », Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, du lun au sam 20h, dim 15h30, jusqu’au 20 février. Puis Caen du 2 au 4 mars, Orléans du 10 au 12mars, Clermont Ferrand les 17 et 18 mars.

 

  

 

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TEEM Territoires d'Ecritures En Mouvement - Appel à résidence pour des compagnies de danse, saison 2016-2017

TEEM Territoires d'Ecritures En Mouvement - Appel à résidence pour des compagnies de danse,  saison 2016-2017 | Revue de presse théâtre | Scoop.it

APPEL À RÉSIDENCE SAISON 2016/2017
Date limite du dépôt du dossier: 30 avril 2016
Télécharger le dossier :

http://www.le-teem.fr/docs/files/Appel%20%C3%A0%20candidature%2016_17.pdf


Pour recevoir les informations destinées aux compagnies, inscrivez-vous ici

Proposés sous forme d'accueil en résidence ou de compagnonnage, ces accompagnements s'adressent à des danseurs, des chorégraphes, des compagnies de danse et tous les artistes qui mettent leur corps en jeu au centre de leur projet....


Accueil en résidence



T.E.E.M propose aux équipes artistiques :

- un lieu de résidence dédié et équipé pour le spectacle vivant

- un soutien à la création artistique en danse dans sa diversité

- un temps pour s'essayer, s'éprouver, sans pression professionnelle

- une rencontre entre les créateurs et le public



Compagnonnage


Le compagnonnage est un processus de travail proposé par Patrick Le Doaré et Maribé Demaille, tout deux chorégraphes. À la demande de la compagnie, l'acceuil en résidence est complété par :

- un regard extérieur sur le projet artistique

- un temps de travail avec le/les choréraphes

- une aide à la définition et la mise en oeuvre du projet culturel

- une favorisation des liens entre les espaces de programmation et les réseaux de diffusion.











Moyens apportés par T.E.E.M


Résidences et compagnonnages

- Mise à disposition d’un espace de travail (Auditorium de la ville de Quimper).

- Prise en charge de l’hébergement.

Compagnonnages

- Sollicitation de regards extérieurs

- Moyens techniques et humains (conseils, apport en ingénierie culturelle, vidéaste pour réalisation de «portraits d’artistes»...).

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Guillaume Thiery. Un saltimbanque avec les éléphants

Guillaume Thiery.  Un saltimbanque avec les éléphants | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Katell Brélivet © Le Télégramme



Originaire de Lanester, l’artiste Guillaume Thiery a mis sa compagnie clownesque de rue "Les Têtes d’affiche" entre parenthèses, le temps d’une résidence d’un mois et demi au Laos. Là-bas, le comédien a mis en scène un spectacle itinérant et militant pour la Caravane des éléphants. Rencontre.

Il vient tout juste de rentrer du Laos et s’apprête à s’envoler pour le Burkina-Faso*. Une vie de bohème pour Guillaume Thiery qui s’est quand même accordé une petite pause dans sa famille, à Lanester. Là où son goût pour le théâtre et le cirque s’est déclaré, comme une évidence. "En CM2, j’ai participé, avec la Compagnie de l’Embarcadère, à un spectacle sur les fables de La Fontaine". Son stage de 3e, le jeune Lanestérien le réalise dans cette même compagnie de théâtre. Sans oublier l’option théâtre choisie au lycée Jean-Macé et les cours à l’école de musique… de Lanester. "Tout le début de mon parcours artistique est ancré à Lanester", résume l’artiste aujourd’hui âgé de 31 ans. Le bac en poche et le spectacle chevillé au corps, le Lanestérien enchaîne les écoles de cirque et de théâtre. Dont une en Biélorussie qui le forme aux techniques de théâtre. "Une manière de jouer la comédie inspirée du metteur en scène russe Stanislavsk (de l’acte naissent les émotions)".

Une école pour "trouver son clown"

À 20 ans, le jeune artiste se spécialise aussi dans la jonglerie, l’acrobatie, les techniques d’improvisation et encore la musique. Commence sa carrière d’artiste de rue et les petits boulots dans l’animation. "J’ai très vite réalisé que ma polyvalence, mon côté pluridisciplinaire et touche-à-tout pouvait me porter préjudice". À 27 ans, Guillaume décide de reprendre le chemin de l’école de cirque Samovar, à Bagnolet. "Cette fois pour me former aux techniques de clown de théâtre et aux codes de l’improvisation". C’est là que l’artiste "trouve son clown". Un personnage sur mesure, unique, lié à la sensibilité et au caractère du comédien. "Après avoir travaillé la technique, j’ai appris à jouer sur le rien, sur l’être et non sur le faire. Ce qui me manquait alors".

«Les Têtes d’affiche » avec deux anciens de la promotion

C’est dans cette école que le Lanestérien rencontre ses deux partenaires de jeu qui formeront dès 2010 la compagnie Les Têtes d’affiche. Un trio clownesque qui mélange musique, jonglerie, portée acrobatique et solex. Beaucoup de jeu physique et d’humour de situation. Depuis 2013, le très populaire et universel spectacle "Cirque S’lex 'N Sueur" tourne partout en France, en Europe et récemment au Maroc. Dans les incontournables festivals de théâtre de rue comme les fêtes plus confidentielles. Autant de dates qui assurent aux trois "têtes d’affiches" le précieux statut d’intermittent du spectacle.

Un mois et demi au Laos

Une compagnie que Guillaume a mise entre parenthèses à la fin de l’année, le temps d’une résidence d’un mois et demi au Laos, à l’initiative de Sébastien Duffillot, un Français qui a créé, il y a 15 ans, un centre de conservation des éléphants. Et imaginé, l’an passé, une grande marche d’éléphants de 500 km, à travers les provinces de Sayaboury et Luang Prabang. Avec escales quotidiennes et spectacles dans plusieurs villages du pays. Guillaume y a mis en scène un conte qui raconte la quête de deux sages, africain et asiatique. "Avec neuf comédiens et musiciens sur scène, des Français et des Laotiens. On faisait 15 km par jour à pied et on installait notre campement dans les villages, comme des saltimbanques". "Un de mes plus beaux projets professionnels", confie le jeune artiste qui imagine déjà une même caravane (sans les éléphants) qui naviguerait de port en port en Bretagne, avec en toile de fond les problèmes écologiques et un spectacle pour fédérer tout ça. En attendant, les Têtes d’affiche continuent de semer leur humour clownesque là où on veut bien les inviter. Sans doute en février au Burkina-Faso* pour le festival "Rendez-vous chez nous". Au programme : des représentations mais aussi des ateliers de clowns proposés à des comédiens, musiciens et conteurs burkinabés. Plus près de chez nous, Guillaume rêve aussi de se produire à Kervervy, là où tout a commencé…

* Nous avons rencontré Guillaume Thiery avant les attentats qui ont touché ce pays.

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Géraud Didier va prendre la direction du Manège de Maubeuge, scène nationale - La Voix du Nord

Géraud Didier va prendre la direction du Manège de Maubeuge, scène nationale - La Voix du Nord | Revue de presse théâtre | Scoop.it

La nouvelle a été officialisée ce lundi. Après sept mois de vacance, le poste de directeur du Manège de Maubeuge a été pourvu. Il revient à Géraud Didier, directeur de l’action culturelle à la ville de Saint-Dié, une petite commune de Lorraine.

Le Strasbourgeois a été choisi parmi les cinq derniers candidats en lice : Corinne Solini, actuellement coordinatrice artistique du Manège ; Bérengère Deroux, qui s’occupait du numérique pendant Mons 2015 ; Jean-Luc Baillet et René Peilloux. Après un débat nourri, mais pas de vote, un consensus a été trouvé sur la candidature de Géraud Didier par le jury composé de représentants du ministère de la Culture, de la Région, du conseil d’administration du Manège, de la municipalité et de l’Agglo.


« C’était difficile, car tous les candidats étaient très bons, précise Alain Dogimont, président de la scène nationale du Manège, sans trahir les secrets des délibérations. Mais il y a eu un déclic avec lui. Il a pris le temps de s’approprier le territoire et il a une vision très ambitieuse et respectueuse de ce qui a été fait. Il va apporter sa touche personnelle sans faire la révolution. »


Transition sans soubresauts


C’est donc une transition sans gros soubresauts qui attend le Manège de Maubeuge, dirigé pendant vingt-cinq ans par Didier Fusillier, l’enfant de la région qui a laissé sa marque avant de partir à la Villette. Même si évidemment, Géraud Didier apportera son propre regard lui qui a présenté « un projet dans l’ensemble clair et cohérent », ajoute encore Alain Dogimont.


Géraud Didier, qui a suivi des études de philosophie, est directeur des affaires culturelles à Saint-Dié-des-Vosges, d’où il est natif. L’homme âgé de 46 ans a également géré la Nef, un lieu de création artistique qui a été créé dans la commune, a travaillé au Maillon, scène européenne à Strasbourg, et a été directeur adjoint de l’Auditorium et du Grand théâtre de Dijon. Celui qui a eu envie « d’ouvrir une nouvelle page » dans sa vie professionnelle doit prochainement finaliser les termes de son contrat avant sa prise de fonction officielle à Maubeuge, dont la date n’est pas encore connue.

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La suppression de Culture O Centre par la Région fait grincer des dents

La suppression de Culture O Centre par la Région fait grincer des dents | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Mathieu Glua pour 37°

 

Une annonce qui n’a pas manqué de faire réagir dans le milieu culturel régional.

 

Pour faire face aux contraintes budgétaires, François Bonneau avaient évoqué plusieurs pistes, dont la volonté de réduire le nombre de structures associées, c’est-à-dire des agences spécialisées dans un domaine (économique, culturel…) et financées par la Région. Parmi ces agences dépendant de la Région mais fonctionnant en autonomie, avec budget propre et en marge des services internes de la collectivité, Culture O Centre, l’agence de développement culturelle de la région est la première ciblée et devrait disparaitre du paysage régional en 2016.

Culture O Centre c’est quoi ?

Agence de développement culturelle, Culture O Centre est une structure employant 16 personnes et dont l’action principale est de jouer « un rôle pilote dans l’aménagement culturel du territoire ». Parmi les missions de Culture O Centre on retrouve l’accompagnement de professionnels dans la structuration de leurs projets, mais aussi le soutien aux collectivités pour leurs projets de territoire ou la diffusion de la culture dans les territoires. Parmi les autres actions menées par Culture O Centre il y a également la mise en relation et en réseau des acteurs culturels par le biais de rencontres professionnelles. Enfin, mission historique de l’agence, on retrouve également la mise à disposition d’un parc matériel conséquent.

Avec un budget annuel aux alentours de 2,5 millions d’euros, Culture O Centre se retrouve donc dans le collimateur de la majorité socialiste bien décidée à mener une politique d’économies sur fond de resserrement budgétaire.

 

Répondant aux premières réactions suscitées suite à l’annonce de la suppression de la structure, pour François Bonneau comme pour Michèle Bonthoux, vice-présidente à la culture, il ne s’agit pas de réduire les moyens donnés à la culture, mais « d’économiser sur les coûts de structure en intégrant les missions de Culture O Centre dans les services internes de la Région ». Un basculement des activités vers les services internes qui ne s’accompagnera que d’une reprise partielle des salariés de Culture O Centre, sans qu’on connaisse pour l’instant le nombre exact de salariés conservés dans les effectifs.

Pourquoi cette décision suscite-t-elle des réactions ?

Moins de deux mois après son élection, la suppression de Culture O Centre fait tâche pour la majorité socialiste, alors que la culture fut au centre de la fin de campagne et que le soutien d’une partie du monde culturel régional a sans aucun doute contribué à la réélection de François Bonneau. Pour Gwendal Stephan de la compagnie Le Muscle, auteur d’une lettre ouvertesur la suppression de Culture O Centre : « François Bonneau était le seul à vraiment parler de culture lors de la campagne. Et là on se retrouve avec une décision brutale et maladroite ». Pour le chargé de production de la Compagnie Le Muscle : « il ne s’agit pas de nier les difficultés économiques, ni d’être en confrontation avec les élus, mais simplement de s’interroger sur la pertinence de ce choix, alors que la décision tombe sans même qu’il y ait eu un audit de fait sur la structure par exemple ». Une structure primordiale à écouter notre interlocuteur : « Sans Culture O Centre on aurait jamais pu mettre en place notre projet culturel sur la communauté de communes de Bléré par exemple. Ils nous ont beaucoup aidés et appuyés. La création en territoires ruraux n’est pas une chose facile à mettre en place, avec la disparition de l’agence, on va perdre un interlocuteur important dont c’était la compétence de nous accompagner dans ce domaine », conclue-t-il.

Un soutien loin d’être unique à voir les nombreuses réactions qui affluent depuis jeudi dernier. Une page de soutien à Culture O Centre a même été créée sur Facebook. Une page regroupant plus de 600 membres en quelques jours et dont les principales craintes exprimées se regroupent surtout sur le déséquilibre que cela engendrerait entre territoires ruraux, là où Culture O Centre intervient principalement, et territoires urbains.

Pourtant Culture O Centre n’a pas non plus que des soutiens. Dans ce genre de débat culturel souvent passionné, certains n’hésitent pas non plus, de façon virulente parfois, à pointer les manques de l’agence, comme son absence de visibilité sur certaines missions ou encore son coût de fonctionnement.

Malgré tout alors que beaucoup d’acteurs culturels avaient appelé à voter pour François Bonneau lors des élections régionales de décembre dernier, et alors que ce dernier avait eu des discours pro-culture assez forts, la suppression de Culture O Centre comme premier fait marquant du nouveau mandat, créé une véritable rupture avec les acteurs culturels. « Je vous annonce qu’il ne faudra plus prendre en compte ma voix lors des prochaines échéances » écrit ainsi l’un d’eux à François Bonneau…

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Voyage au bout de la nuit, collectif Les Possédés, au Théâtre de la Bastille

Voyage au bout de la nuit, collectif Les Possédés, au Théâtre de la Bastille | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Florent Mirandole pour le site Un fauteuil pour l'Orchestre :

 

A nouveau les mots de Céline explosent. Pendant deux petites heures,  Rodolphe Dana, seul sur scène, reprend le roman monstrueux qu’est Voyage au bout de la nuit. Le texte s’avère toujours aussi puissant, bruyant, et l’on suit les pérégrinations de Ferdinand avec la même fascination accablée.
Le collectif Les Possédés aime les textes, la précision de la langue, les mots qui visent juste. Après Laurent Mauvignier et Jean-Luc Lagarce, c’est à donc à ce texte drôle, haineux, unique qu’il s’attaque. Les tentatives de faire raisonner le texte de Céline n’ont pourtant pas manqué ces dernières années. Monté plusieurs fois, le « Voyage » a été l’occasion de plusieurs interprétations et parfois de numéros de cabotinage réussis ou pénibles. On pourrait se dire que le texte a été suffisamment essoré, trituré. La bonne idée du collectif est justement de ne pas forcer le texte. Parce que le roman est d’une incroyable vigueur, il se suffit à lui-même. Comme New York, le texte tient debout, tout droit, sauvage.
Rodolphe Dana propose ainsi une lecture sobre, juste. Parcourant lentement la scène, le comédien reste en retrait comme pour mieux faire entendre le texte. Il ne reprend la main que pour incarner les personnages secondaires. Si Ferdinand se suffit à lui-même, on entrevoit les capacités du comédien à chaque nouveau personnage. En quelques secondes Rodolphe Dana incarne avec talent aussi bien Molly, Robinson ou le petit colon blanc accablé de fatigue.
La mise en scène suit ce principe simple. Les quelques tables disposées sur la scène servent à planter un décor minimaliste, et changent l’atmosphère de la pièce à chaque épisode – les changements sont fluides, et illustrent le texte avec légèreté. Empilées les unes sur les autres, Rodolphe Dana s’en sert à de rares moments pour donner un peu de relief à la pièce, comme lorsqu’il faut traverser un fleuve ou observer une ville debout. Ce voyage s’avère une réussite pour les amoureux de la langue de Céline comme pour ceux qui souhaitent la découvrir.

 

 


Voyage au bout de la nuit
D’après le texte de Louis-Ferdinand Céline
Collectif Les Possédés
Adaptation Rodolphe Dana, Katja Hunsinger
Lumière Valérie Sigward
Costumes Sara Bartesaghi Gallo
Régie générale Wilfried Gourdin
Avec Rodolphe Dana
Du 2 au 19 février à 21 h
Théâtre de la Bastille
76, rue de la Roquette – 75011 Paris
Réservations 01 43 57 42 14
www.theatre-bastille.com

 

 

Photo Jean-Louis Fernandez

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Rendez-vous gare de l'est, de Guillaume Vincent

Rendez-vous gare de l'est, de Guillaume Vincent | Revue de presse théâtre | Scoop.it
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Cette pièce parle d’une rencontre. À la manière d'un documentaire, Guillaume Vincent nous restitue la parole d’une jeune femme, atteinte de maniaco-dépression. "Rendez-vous gare de l’Est" ressemble à une conversation trouée, interrompue et reprise un an durant.

 

Radio Drama 

Réalisation Alexandre Plank et Guillaume Vincent

 

Avec : Émilie Incerti Formentini

 
Pendant quelques mois, de manière régulière, j’interviewe une jeune femme qui souffre de maniaco-dépression. Au début je pense que ce qui est intéressant c’est sa maladie. Nos entretiens ne tournent qu’autour de cette question-là. Mais au fur et à mesure, je me rends compte que je me trompe de sujet, le véritable sujet c’est elle et non sa maladie.
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La Dispute de Marivaux, mise en scène Jacques Vincey

La Dispute de Marivaux, mise en scène Jacques Vincey | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Gilles Costaz pour WebThéâtre :

 

Le laboratoire de l’amour et de la trahison

Jacques Vincey, qui dirige le Centre dramatique régional de Tours, n’aime pas le banal. On est généralement surprise par la forme et les défis des spectacles qu’il présente en son théâtre de l’Olympia. L’an dernier, la cantatrice Natalie Desay faisait ses débuts au théâtre dans un monologue acrobatique d’Howard Barker, Und, sous la menace de pains de glace qui, suspendus au-dessus d’elle, s’écrasaient peu à peu au sol ! Cette fois, il monte un Marivaux, La Dispute, d’une manière tout à fait inattendue puisque la soirée est présentée comme « un spectacle pour six jeunes acteurs et deux dispositifs en miroir ». Plus exactement, l’aire circulaire où se joue la pièce est entourée de 26 cabines étroites réservées à deux spectateurs : on y entend le son grâce à un casque audio et on y voit la représentation à travers un miroir sans tain. Ce dispositif crée un étonnant climat d’intimité, de privilège et de voyeurisme (voir en étant caché). (Quand le spectacle sera en tournée et repris en mai, les conditions techniques seront modifiées pour permettre d’accueillir un plus large public, les intentions d’accroître le rapport de proximité et de surprise restant les mêmes).
La « dispute » dont il est question est l’un de ces jeux philosophiques dont raffolait le XVIIIe siècle. Dans l’histoire primitive de l’amour et du couple, qui le premier a trahi l’autre : l’homme ou la femme ? Un prince et une princesse ne sont pas d’accord sur la réponse. Ils font entrer peu à peu en scène de jeunes filles et de jeunes garçons qui n’ont jamais eu l’expérience de l’amour. La nature où se passent les rencontres devient un laboratoire des sentiments. Voilà ce jeunes gens soumis aux attirances sexuelles, à la passion et, bien sûr, à l’inconstance et à la trahison. L’expérience ne fournira pas des résultats clairs et concluants ! Sur scène jouent six comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire, Quentin Bardou, Miglé Bereikaité, Clément Bertonneau, Jeanne Bonenfant, Théophile Dubus et Delphine Meilland. Ils n’ont pas le savoir-faire des acteurs très expérimentés mais ils affrontent avec aplomb la difficulté d’un plateau étroit et d’un enjeu qui passe par la langue et par la technique. Vêtus pour la plupart de façon enfantine ou clownesque, avec de couleurs très vives, ils atteignent aisément cette dimension de conte cérébral. Ils associent bien le charnel et le théorique, dégagent le trouble charmant de la rencontre. Tout cela est fort intelligemment acidulé.

La Dispute de Marivaux, mise en scène de Jacques Vincey, dramaturgie de Vanasay Khamphommala, scénographie de Mathieu Lorry-Dupuy, lumières de Marie-Christine Soma, costumes de Virginie Gervaise, musiques et sons de Frédéric Minière, avec Quentin Bardou, Miglé Bereikaité, Clément Bertonneau, Jeanne Bonenfant, Théophile Dubus, Delphine Meilland.

Centre dramatique de Tours, Théâtre Olympia, jusqu’au 12 février, puis du 24 mai au 3 juin. En tournée dans le Centre-Val de Loire du 26 février au 21 avril. (Durée : 1 h 10).

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Marie-Thérèse Allier, un portrait vidéo par Raimund Hoghe

Marie-Thérèse Allier, un portrait vidéo par Raimund Hoghe | Revue de presse théâtre | Scoop.it
"La jeunesse est dans la tête", affirme Marie-Thérèse Allier, l'une des figures les plus marquantes de la danse contemporaine. C'est cette éternelle jeunesse d'esprit qu'a voulu saisir le danseur, chorégraphe et metteur en scène allemand Raimund Hoghe dans ce portrait intimiste d'une femme qui a accompagné toutes les grandes évolutions de la scène contemporaine.

 

En ligne jusqu'au 14 février

Voir la vidéo (26 mn) :

http://www.arte.tv/guide/fr/062478-000-A/square-artiste

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Le Cube à Hérisson : « Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien ? » | La Semaine de l'Allier

Le Cube à Hérisson : « Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien ? » | La Semaine de l'Allier | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Aymar de Chaunac pour La Semaine de l'Allier :

 

Claudine Bocher, du Cube à Hérisson et sa compagnie La Belle Meunière, revient sur les suppressions de subventions du Conseil départemental.

Un mot d’ordre général sur les coupes budgétaires du département envers les compagnies professionnelles de théâtre. Que pensez-vous de ces économies faites par le Conseil départemental ?
Je constate que ces économies se font essentiellement au détriment des artistes. Suppression des subventions de fonctionnement des compagnies de théâtre et de danse, suppression des aides à la résidence. Il est illusoire de penser que la programmation d’un spectacle dans quelques festivals va compenser une aide au fonctionnement. Or, la création artistique est le cœur du développement culturel. Ces économies me semblent par ailleurs contre-productives car nos compagnies génèrent des salaires, et une grosse part de notre économie est redistribuée sur le plan local. Par ailleurs nous contribuons  à l’attractivité du territoire, car  l’histoire du théâtre dans l’Allier est ancienne et s’est fait connaître au plan national .

Pour vous, qu’est ce que cela signifie concrètement (en chiffres) pour le Cube et surtout votre compagnie La Belle Meunière ?
Pour la Compagnie, c’est 20% de moins d’aide financière, pour produire nos spectacles et faire fonctionner la compagnie.

Cela met-il votre survie en danger ?
Non, pour le moment . Mais le contexte général se dégrade fortement. La plupart des collectivités locales sont confrontées à des problèmes budgétaires. Cela a des répercussions  sur les théâtres qui nous accueillent. Moins de spectacles, plus de frilosité pour défendre un théâtre contemporain. Donc moins de recettes pour nous.

Quel était votre budget annuel de fonctionnement ? Et après ces coupes budgétaires, il sera de combien ?
Notre budget annuel est à géométrie variable selon que nous produisons ou non un spectacle, selon que nous réussissons à le tourner ou non. C’est exactement pour cette raison que les subventions sont importantes. Elle nous permettent d’assurer un minimum de fonctionnement, de salaires qui nous sont indispensables à la pérennisation de notre travail.

Concrètement, que représentez-vous dans l’économie locale, sur le territoire d’Hérisson ? Quel argent investissez-vous pour faire vivre ce territoire ? Combien de personnes sont employées chez vous ?
En 2015, nous avons embauché 20 salariés intermittents : acteurs, musiciens, scénographe, costumière, régisseurs son, lumière, plateau…, ce qui équivaut à 6 équivalents temps plein. Nous reversons en moyenne 60% de notre budget, salaires compris, dans l’économie locale.

Plus globalement, quel est votre poids sur la vie sociale du territoire ?
La première chose, c’est que nous avons choisi de travailler, d’habiter ici. Nous participons donc déjà en temps que citoyen à la vie locale. Nous avons comme tout le monde des enfants, des amis, des voisins… Par ailleurs, l’activité que notre compagnie développe au Cube, en créant des spectacles, en accueillant en résidences d’autres compagnies,
en ouvrant des représentations ouvertes au public participe au développement de la vie culturelle locale. C’est un lieu de rencontres, de découverte, où on prend du plaisir et où on développe sa sensibilité, son imaginaire et son esprit critique. C’ est un lieu qui donne de la force aux compagnies qui y travaillent mais aussi au public. Car ces rencontres crée une dynamique, des synergies, de la joie et l’envie de faire des projets. Les enfants de l’école d’Hérisson viennent aussi assister à des répétitions, découvrent ce qu’est un spectacle, un acteur, un décor. Et cela se passe chez eux, à 500 m de leur école. Et je crois que cela est très important dans nos villages qui se désertifient et où la jeunesse fuit. Je pense profondément que ces territoires sont porteurs d’avenir à condition qu’on se donne la peine d’encourager ce qui s’y passe, d’être à l’écoute de ce qui a changé et des nouvelles possibilités qui existent. Par ailleurs nous exportons nos spectacles qui sont reconnus nationalement et donnons une image vivante du département. Qui viendra habiter dans l’Allier s’il ne s’y passe rien?

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