Des salariés du Virgin Megastore de Strasbourg ont exposé hier des objets cassés lors des trois jours de déstockage organisés de lundi à mercredi par le groupe en redressement judiciaire, afin de dénoncer la violence de certains clients et exprimer leur « dégoût ».
Un écriteau « Mon sang et mon humanité pour une console » , des casques cassés, ou encore une peluche recouverte de gouache sont exposés depuis vendredi face à l’escalier central du magasin dans l’ancienne vitrine multimédia, désormais recouverte de traces de mains laissées à la peinture rouge. L’installation, qui réuni des objets cassés lors du déstockage et d’autres produits défectueux, est surmontée d’un mannequin portant une veste Virgin et une étiquette « Bradé ».
« Aucun respect »
Cette installation dénonce l’attitude de clients qui n’ont eu « ni respect pour les produits, ni pour les vendeurs » , a expliqué Elsa vendeuse multimédia de 25 ans. Son stand a été vidé en 15 minutes à l’ouverture lundi matin raconte la vendeuse. Des clients se sont battus pour une console et un salarié a été blessé à la tête en tentant de s’interposer, dit-elle.
Parmi la dizaine de clients qui observaient l’installation hier, Mickael est choqué « que les gens puissent se battre pour des marchandises alors que d’autres ont des problèmes » , dit-il en référence à l’avenir incertain des 960 salariés des 26 magasins du distributeur en redressement judiciaire depuis la mi-janvier. Contacté, le directeur du magasin n’a pas souhaité s’exprimer. Au niveau national, le déstockage de Virgin a été interrompu après trois jours de braderie. « C’était tellement l’émeute qu’ils ont dû arrêter » , a affirmé Sylvain Alias (Sud), précisant que Virgin offrait une réduction de « 60 % sur toute la marchandise sauf le livre ». La présidente de Virgin, Christine Mondollot, a assuré que tout était « resté sous contrôle ».