Revue de presse du 8 janvier 2014
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Désunis, les syndicats posent déjà leurs conditions sur le pacte de responsabilité

Social


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:16 AM
Au-delà des dissensions apparues sur la réforme de la formation professionnelle, un réel fossé est en train de se creuser entre les deux organisations patronales, qui chassent désormais sur les mêmes terres : celles des PME.

 

Mon ami Pierre ». C’est ainsi que Jean-François Roubaud, le président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), appelait encore tout récemment son homologue du Medef, Pierre Gattaz. Les deux hommes se sont même appelés le week-end dernier pour se souhaiter les vœux de bonne année. Des amabilités « entre gens raisonnables et sérieux », comme le dit Jean-François Roubaud. Mais qui ne parviennent pas à cacher les tensions de plus en plus vives entre les deux principales organisations patronales – auxquelles s’ajoute l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Le refus de la CGPME de signer l’accord sur la formation professionnelle, fin décembre, a marqué le début des hostilités et pourrait avoir des ­conséquences im­portantes sur les relations patronales dans les prochains mois. C’est la première fois que la CGPME, qui représente les entreprises de moins de 250 salariés, ne signe pas un accord interprofessionnel, alors que les deux autres organisations patronales représentatives l’ont soutenu. Un paradoxe si l’on se souvient que le président de la CGPME était aux premières loges de ­l’université d’été du Medef en août dernier, quelques semaines après l’élection de Pierre Gattaz à la tête du mouvement, preuve de l’unité patronale retrouvée. Avec Laurence Parisot, les relations étaient en effet exécrables…

Gattaz contre Roubaud. Pourtant, les deux hommes s’apprécient, dit-on. « Gattaz envie même Roubaud d’une certaine manière, pour son côté franchouillard, direct et à l’aise avec les médias », analyse un ­responsable du Medef. Mais leurs organisations, elles, n’ont jamais été aussi éloignées l’une de l’autre. « Le désaccord sur la formation professionnelle ne se résume pas à une querelle de personnes. C’est un problème structurel fort. Le divorce sera assez durable, il y a quelque chose de cassé », estime un ­conseiller de l’exécutif. Les deux mouvements ont en effet des conceptions radicalement ­différentes du système de formation professionnelle, mais au-delà de ce sujet, c’est un problème de concurrence qui se joue entre eux. Car le Medef et la CGPME ­chassent désormais sur les mêmes terres, celles des PME…

Le bras armé de la CGPME

Jusqu’à présent, le modus vivendi entre les deux organisations était plutôt ­simple. Le Medef défendait avant tout les intérêts des grands groupes, notamment ceux du CAC 40 et des fédérations professionnelles qui lui sont propres (banque, assurance). Et s’il parlait souvent des PME, il ne s’en préoccupait guère, alors qu’elles représentent la très grande majorité de ses adhérents. Sur ce ­segment, c’est la CGPME qui occupe le terrain, à travers le réseau de l’Agefos PME. Chargé de récolter les fonds de la ­formation venant des entreprises, cet organisme est le bras armé de la CGPME. Il lui assure une présence forte dans les territoires et les entreprises. Or c’est justement ce système que l’accord sur la ­formation professionnelle vient bousculer en coupant une partie du financement.

« Le Medef veut tuer l’Agefos PME pour nous empêcher d’être au plus près du terrain », résumait l’un des négociateurs de la CGPME au moment des pourparlers sur la formation professionnelle. « Il y a une vraie bataille pour les ­territoires, c’est certain. Pour le Medef, qui n’a pas la culture régionale dans ses gènes, c’est assez nouveau », décrypte Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA. Plusieurs initiatives récentes du Medef prouvent toutefois que cette préoccupation est grandissante au sein de l’organisation. Mi-décembre, Pierre Gattaz n’a-t-il pas envoyé une lettre à tous les Medef territoriaux, les invitant à se rendre auprès des préfets pour leur faire part de leurs diffi­cultés économiques ? Cette démarche est inédite de la part du syndicat patronal, où tout part généralement du siège parisien, avenue Bosquet.

De façon plus structurelle, Patrick Bernasconi, ancien président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et ex-concurrent de Pierre Gattaz dans la course à la présidence du Medef, est, depuis l’été, chargé de la réforme territoriale de l’organisation. Le poste peut ­sembler ingrat, pour celui qui fut aux commandes des négociations sociales sous Laurence Parisot, mais il ne faut pas s’y fier. S’il n’est plus sous les projecteurs des médias, Patrick Bernasconi travaille à l’un des plus importants chantiers du Medef en termes de ­gouvernance et d’organisation interne. L’objectif est de faire davantage ­participer aux débats nationaux les chefs d’entreprise de PME dans les différentes régions. Et aussi de leur demander plus ­souvent leur avis. Avec un changement des statuts du Medef à la clef.

Ce n’est pas un hasard non plus si Pierre Gattaz s’astreint à faire plusieurs dépla­cements en régions chaque mois. Il l’a ­beaucoup fait pendant la campagne pour la présidence du Medef, et il continue depuis. Béziers, Rennes, mais aussi Grenoble qu’il connaît bien, il sillonne la France pour porter la bonne parole… et récolter à terme adhésions et cotisations. Voilà le nerf de la guerre. Car la toile de fond de cette confrontation est la représentativité patronale, dont le projet de loi a été présenté lundi par le ministère du Travail. Seront considérées comme représentatives les organisations qui, dans chaque branche, regroupent au moins 8 % des entreprises à jour de leurs cotisations.

Le Medef n’a rien à craindre de ces nouvelles règles, la CGPME non plus a priori. Sauf si les fédérations qui sont à la fois adhérentes au Medef et à la CGPME commencent à revoir leur politique d’adhésion. Une vingtaine d’entre elles sont dans ce cas, notamment la puissante UIMM (métallurgie), la Fédération française du bâtiment (FFB) ou encore celle du commerce et de la distribution (FCD). Avec l’hôtellerie et la restauration, ce sont les bastions les plus importants de la CGPME. « Certains adhérents commencent à en avoir marre de payer deux fois. Or si les grandes fédérations, notamment l’UIMM, quittent la CGPME, ça sentira la fin », prévient un membre de cabinet du gouvernement. Un tel scénario n’est pas encore certain, mais l’UIMM a déjà envoyé un courrier musclé à la CGPME ­mi-décembre, et ses menaces de quitter la confédération sont de moins en moins ­voilées. Dans ce cas, la CGPME ne serait plus représentée dans les quatre secteurs d’activité (industrie, commerce, services, construction) et, de ce fait, ne pourrait plus participer aux négociations interprofessionnelles. Ce serait le scénario du pire, que certains, au Medef, envisagent avec beaucoup d’intérêt : « La CGPME n’a plus de ­raison d’être si le Medef prend bien en compte les attentes des PME », assure un de ses dirigeants, parmi les plus influents. Mais le Medef a-t-il vraiment intérêt à ce que la CGPME disparaisse ? « Le Medef pense très fort qu’il n’a pas besoin de la CGPME. Mais le plus probable, c’est que l’on passe à une forme d’indifférence et que la présence de la CGPME dans les grandes négociations devienne symbolique », estime un conseiller des pouvoirs publics.

Des voix se font aussi entendre au sein du Medef pour ne pas tomber dans certains excès hégémoniques : « Pour mobiliser en nombre sur le terrain, le Medef a besoin de la CGPME », explique un membre du bureau exécutif, patron d’une des grandes fédérations professionnelles adhérente à la fois au Medef et à la CGPME. Dans le contexte actuel de turbulences sociales, qui a vu se multiplier les manifestations de chefs d’entreprise en Bretagne, mais pas seulement, la mobilisation du terrain a plus besoin d’être encadrée que suscitée. Les mouvements patronaux savent que cette exaspération peut être une chance pour envoyer un message fort à l’exécutif, mais elle représente aussi un gros risque de dérapage si les manifestants sont livrés à eux-mêmes.

Courants contestataires

C’est pour cette raison notamment que plusieurs dirigeants patronaux plaident pour que la CGPME reste dans le paysage institutionnel. « La nature a horreur du vide et le Medef ne peut pas occuper tout l’espace à lui seul. Si la CGPME disparaît, on risque de voir fleurir des courants contestataires qui peuvent être violents », analyse Pierre Burban, de l’UPA. Du côté du gouvernement, les avis divergent. Pour certains, avoir deux interlocuteurs patronaux (UPA et Medef) pourrait simplifier les discussions dans certains cas, mais d’autres estiment au contraire que les désaccords entre les trois peuvent permettre des alliances de circonstance. Plusieurs acteurs patronaux doutent en outre de la capacité du Medef à pouvoir représenter l’ensemble des entreprises : « Défendre à la fois les intérêts des grands groupes et des PME est totalement illusoire, les réalités économiques sont totalement différentes. Il y a une nécessité sociologique en France d’avoir trois organisations patronales », soutient Pierre Burban.

La prochaine étape sera celle du financement des organisations patronales. Dans le projet de loi qui doit être présentée le 22 janvier en Conseil des ministres sur la formation professionnelle, un chapitre y sera ­consacré. Au Medef, on plaide pour que le maximum de ressources proviennent à terme des cotisations des adhérents. Or c’est justement le point faible de la CGPME dont les cotisations représentent moins de 10 % des ressources. Voilà une nouvelle occasion pour le Medef de pousser un peu plus son concurrent dans ses retranchements.

 

Marie Bellan, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

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Tata Steel fait de la « corporate education » la priorité pour l’épanouissement des salariés

Formation


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Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:16 AM
Au-delà des dissensions apparues sur la réforme de la formation professionnelle, un réel fossé est en train de se creuser entre les deux organisations patronales, qui chassent désormais sur les mêmes terres : celles des PME.

 

Mon ami Pierre ». C’est ainsi que Jean-François Roubaud, le président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), appelait encore tout récemment son homologue du Medef, Pierre Gattaz. Les deux hommes se sont même appelés le week-end dernier pour se souhaiter les vœux de bonne année. Des amabilités « entre gens raisonnables et sérieux », comme le dit Jean-François Roubaud. Mais qui ne parviennent pas à cacher les tensions de plus en plus vives entre les deux principales organisations patronales – auxquelles s’ajoute l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Le refus de la CGPME de signer l’accord sur la formation professionnelle, fin décembre, a marqué le début des hostilités et pourrait avoir des ­conséquences im­portantes sur les relations patronales dans les prochains mois. C’est la première fois que la CGPME, qui représente les entreprises de moins de 250 salariés, ne signe pas un accord interprofessionnel, alors que les deux autres organisations patronales représentatives l’ont soutenu. Un paradoxe si l’on se souvient que le président de la CGPME était aux premières loges de ­l’université d’été du Medef en août dernier, quelques semaines après l’élection de Pierre Gattaz à la tête du mouvement, preuve de l’unité patronale retrouvée. Avec Laurence Parisot, les relations étaient en effet exécrables…

Gattaz contre Roubaud. Pourtant, les deux hommes s’apprécient, dit-on. « Gattaz envie même Roubaud d’une certaine manière, pour son côté franchouillard, direct et à l’aise avec les médias », analyse un ­responsable du Medef. Mais leurs organisations, elles, n’ont jamais été aussi éloignées l’une de l’autre. « Le désaccord sur la formation professionnelle ne se résume pas à une querelle de personnes. C’est un problème structurel fort. Le divorce sera assez durable, il y a quelque chose de cassé », estime un ­conseiller de l’exécutif. Les deux mouvements ont en effet des conceptions radicalement ­différentes du système de formation professionnelle, mais au-delà de ce sujet, c’est un problème de concurrence qui se joue entre eux. Car le Medef et la CGPME ­chassent désormais sur les mêmes terres, celles des PME…

Le bras armé de la CGPME

Jusqu’à présent, le modus vivendi entre les deux organisations était plutôt ­simple. Le Medef défendait avant tout les intérêts des grands groupes, notamment ceux du CAC 40 et des fédérations professionnelles qui lui sont propres (banque, assurance). Et s’il parlait souvent des PME, il ne s’en préoccupait guère, alors qu’elles représentent la très grande majorité de ses adhérents. Sur ce ­segment, c’est la CGPME qui occupe le terrain, à travers le réseau de l’Agefos PME. Chargé de récolter les fonds de la ­formation venant des entreprises, cet organisme est le bras armé de la CGPME. Il lui assure une présence forte dans les territoires et les entreprises. Or c’est justement ce système que l’accord sur la ­formation professionnelle vient bousculer en coupant une partie du financement.

« Le Medef veut tuer l’Agefos PME pour nous empêcher d’être au plus près du terrain », résumait l’un des négociateurs de la CGPME au moment des pourparlers sur la formation professionnelle. « Il y a une vraie bataille pour les ­territoires, c’est certain. Pour le Medef, qui n’a pas la culture régionale dans ses gènes, c’est assez nouveau », décrypte Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA. Plusieurs initiatives récentes du Medef prouvent toutefois que cette préoccupation est grandissante au sein de l’organisation. Mi-décembre, Pierre Gattaz n’a-t-il pas envoyé une lettre à tous les Medef territoriaux, les invitant à se rendre auprès des préfets pour leur faire part de leurs diffi­cultés économiques ? Cette démarche est inédite de la part du syndicat patronal, où tout part généralement du siège parisien, avenue Bosquet.

De façon plus structurelle, Patrick Bernasconi, ancien président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et ex-concurrent de Pierre Gattaz dans la course à la présidence du Medef, est, depuis l’été, chargé de la réforme territoriale de l’organisation. Le poste peut ­sembler ingrat, pour celui qui fut aux commandes des négociations sociales sous Laurence Parisot, mais il ne faut pas s’y fier. S’il n’est plus sous les projecteurs des médias, Patrick Bernasconi travaille à l’un des plus importants chantiers du Medef en termes de ­gouvernance et d’organisation interne. L’objectif est de faire davantage ­participer aux débats nationaux les chefs d’entreprise de PME dans les différentes régions. Et aussi de leur demander plus ­souvent leur avis. Avec un changement des statuts du Medef à la clef.

Ce n’est pas un hasard non plus si Pierre Gattaz s’astreint à faire plusieurs dépla­cements en régions chaque mois. Il l’a ­beaucoup fait pendant la campagne pour la présidence du Medef, et il continue depuis. Béziers, Rennes, mais aussi Grenoble qu’il connaît bien, il sillonne la France pour porter la bonne parole… et récolter à terme adhésions et cotisations. Voilà le nerf de la guerre. Car la toile de fond de cette confrontation est la représentativité patronale, dont le projet de loi a été présenté lundi par le ministère du Travail. Seront considérées comme représentatives les organisations qui, dans chaque branche, regroupent au moins 8 % des entreprises à jour de leurs cotisations.

Le Medef n’a rien à craindre de ces nouvelles règles, la CGPME non plus a priori. Sauf si les fédérations qui sont à la fois adhérentes au Medef et à la CGPME commencent à revoir leur politique d’adhésion. Une vingtaine d’entre elles sont dans ce cas, notamment la puissante UIMM (métallurgie), la Fédération française du bâtiment (FFB) ou encore celle du commerce et de la distribution (FCD). Avec l’hôtellerie et la restauration, ce sont les bastions les plus importants de la CGPME. « Certains adhérents commencent à en avoir marre de payer deux fois. Or si les grandes fédérations, notamment l’UIMM, quittent la CGPME, ça sentira la fin », prévient un membre de cabinet du gouvernement. Un tel scénario n’est pas encore certain, mais l’UIMM a déjà envoyé un courrier musclé à la CGPME ­mi-décembre, et ses menaces de quitter la confédération sont de moins en moins ­voilées. Dans ce cas, la CGPME ne serait plus représentée dans les quatre secteurs d’activité (industrie, commerce, services, construction) et, de ce fait, ne pourrait plus participer aux négociations interprofessionnelles. Ce serait le scénario du pire, que certains, au Medef, envisagent avec beaucoup d’intérêt : « La CGPME n’a plus de ­raison d’être si le Medef prend bien en compte les attentes des PME », assure un de ses dirigeants, parmi les plus influents. Mais le Medef a-t-il vraiment intérêt à ce que la CGPME disparaisse ? « Le Medef pense très fort qu’il n’a pas besoin de la CGPME. Mais le plus probable, c’est que l’on passe à une forme d’indifférence et que la présence de la CGPME dans les grandes négociations devienne symbolique », estime un conseiller des pouvoirs publics.

Des voix se font aussi entendre au sein du Medef pour ne pas tomber dans certains excès hégémoniques : « Pour mobiliser en nombre sur le terrain, le Medef a besoin de la CGPME », explique un membre du bureau exécutif, patron d’une des grandes fédérations professionnelles adhérente à la fois au Medef et à la CGPME. Dans le contexte actuel de turbulences sociales, qui a vu se multiplier les manifestations de chefs d’entreprise en Bretagne, mais pas seulement, la mobilisation du terrain a plus besoin d’être encadrée que suscitée. Les mouvements patronaux savent que cette exaspération peut être une chance pour envoyer un message fort à l’exécutif, mais elle représente aussi un gros risque de dérapage si les manifestants sont livrés à eux-mêmes.

Courants contestataires

C’est pour cette raison notamment que plusieurs dirigeants patronaux plaident pour que la CGPME reste dans le paysage institutionnel. « La nature a horreur du vide et le Medef ne peut pas occuper tout l’espace à lui seul. Si la CGPME disparaît, on risque de voir fleurir des courants contestataires qui peuvent être violents », analyse Pierre Burban, de l’UPA. Du côté du gouvernement, les avis divergent. Pour certains, avoir deux interlocuteurs patronaux (UPA et Medef) pourrait simplifier les discussions dans certains cas, mais d’autres estiment au contraire que les désaccords entre les trois peuvent permettre des alliances de circonstance. Plusieurs acteurs patronaux doutent en outre de la capacité du Medef à pouvoir représenter l’ensemble des entreprises : « Défendre à la fois les intérêts des grands groupes et des PME est totalement illusoire, les réalités économiques sont totalement différentes. Il y a une nécessité sociologique en France d’avoir trois organisations patronales », soutient Pierre Burban.

La prochaine étape sera celle du financement des organisations patronales. Dans le projet de loi qui doit être présentée le 22 janvier en Conseil des ministres sur la formation professionnelle, un chapitre y sera ­consacré. Au Medef, on plaide pour que le maximum de ressources proviennent à terme des cotisations des adhérents. Or c’est justement le point faible de la CGPME dont les cotisations représentent moins de 10 % des ressources. Voilà une nouvelle occasion pour le Medef de pousser un peu plus son concurrent dans ses retranchements.

 

Marie Bellan, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Décrue annoncée du nombre de branches professionnelles

Social


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:
Le projet de loi sur la formation donne au ministère du Travail les moyens de faire un grand ménage.

Objectif : diviser par dix le nombre de branches professionnelles en dix ans.

 

L’article est passé inaperçu, noyé dans le flot des sujets abordés par le projet de loi sur la formation. Il faut dire que le thème est aride : il s’agit de la « restructuration des branches professionnelles ». L’enjeu est pourtant majeur : donner du poids à la négociation collective impose de faire le ménage dans le maquis où sont censés se négocier entre patronat et syndicats les conventions et les accords collectifs qui concernent les différents métiers.

C’est essentiel, en particulier pour les plus petites entreprises, d’autant que la négociation collective au niveau de la branche a pris de plus en plus d’importance ces dernières années, avec la multiplication des thèmes imposés de discussion : égalité hommes-femmes, pénibilité, minima salariaux, etc. Dans la situation actuelle, cela reste souvent un vœu pieux, ce qui pose problème, en particulier pour les salariés des petites entreprises, où la négociation collective n’existe pas ou peu.

L’article 15 du projet de loi consacré à la réforme de la représentativité patronale donne à l’administration les moyens de faire un grand ménage pour remédier à ce problème (voir ci-dessous). Près d’un millier de branches existent aujourd’hui (255 dans le domaine agricole et 687 dans le reste du secteur privé).

Dans son rapport sur la représentativité patronale, le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, préconise de diviser ce nombre par trois ou quatre dans cinq ans, avec pour objectif d’arriver à une fourchette comprise entre 100 et 150 branches dans dix ans. Cela s’explique : seule la moitié des 657 conventions collectives étudiées dans ce cadre négociait régulièrement des accords. Moins de 10 % concluaient un accord par an et 40 % tous les un à deux ans.

Mariage de raison

La première partie du chemin s’annonce relativement facile. Nombre de branches sont en réalité « moribondes, voire éteintes », ­constatait en 2009 le député UMP Jean-Frédéric Poisson, dans son rapport sur le sujet. Déjà, dans 186 d’entre elles, couvrant en général très peu de salariés, aucun syndicat n’a obtenu de représentativité en mars dernier, tuant de fait toute possibilité de négociation. Le phénomène devrait être amplifié avec la réforme de la représentativité patronale. Beaucoup d'organisations professionnelles sont en effet trop petites pour disposer en interne de l’expertise nécessaire pour mener à bien des négociations. Elles ne survivront pas.

Le travail ne s’en annonce pas moins délicat pour l’administration puisqu’il va lui falloir aussi marier des branches et contraindre d’autres à entrer dans le giron de plus grosses qu’elles pour leur assurer la taille critique, et ce, en s’assurant d’une cohérence de métier.

 

Les Echos

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Comment le Medef entend créer 1 million d’emplois

Emploi


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:
Pierre Gattaz veut ­développer plusieurs filières et combler ­­ les emplois non pourvus. Mais son objectif laisse certains patrons dubitatifs.

 

Au sein du Medef, on ne boude pas son plaisir. Après les annonces de François Hollande lors de ses vœux sur le « pacte de responsabilité » et la proposition d’une baisse des charges des entreprises en échange de créations d’emplois, le patronat savoure son succès. « Le président de la République a compris que la France risquait de rester à l’arrêt alors que tous nos voisins européens ont une croissance qui repart à la hausse », se félicite Pierre Gattaz, qui se trouve cette semaine à Las Vegas, au Consumer Electronic Show. « La gravité de la situation est désormais bien intégrée, ce tournant est très important », insiste le président du Medef. Le patronat a su démontrer, selon lui, l’ampleur de la crise et la nécessité d’une baisse des charges.

Reste la deuxième partie de l’exercice : la création d’emplois. Pierre Gattaz, qui n’a pas peur des chiffres impressionnants (il continue de demander 100 milliards d’euros de baisse des charges sur cinq ans), s’est engagé à créer 1 million d’emplois net d’ici à 2020. Trop ambitieux ? « Je suis contre la fatalité », dit Pierre Gattaz, qui compte notamment sur le renforcement de certaines filières pour honorer son engagement. Le Medef veut ainsi faire du tourisme un secteur prioritaire, ainsi que des services à la personne : de 50.000 à 100.000 emplois pourraient être créés par ce biais, et autant si on libéralisait davantage l’ouverture des commerces le dimanche, estime-t-il. Le développement des filières du futur (chimie verte, sécurité des données, santé…) fait aussi partie des priorités. Autre levier : les emplois non pourvus, qui s’élèveraient à 400.000. Sur ce point, le Medef compte sur des campagnes de communication pour faire découvrir certains métiers mal connus aux jeunes demandeurs d’emploi.

« Les conditions pour créer ces emplois sont, bien sûr, bien plus larges que les seules baisses des charges. Il y a aussi la fiscalité, la baisse des dépenses publiques, la simplification, les freins à l’embauche », liste Pierre Gattaz. L’objectif est donc bien atteignable, selon lui, mais « à la condition que… », répète-t-il. Et les conditions sont nombreuses.

« Irréaliste »

Au sein du patronat, tout le monde n’a pas le même aplomb. « Oser s’engager sur 1 million d’emplois, c’est totalement irréaliste », juge un responsable patronal. La plupart des chefs d’entreprise insistent d’abord sur la nécessité de restaurer leurs marges, qui ont atteint un plus bas depuis 1985 (27,7 %) au troisième trimestre 2013, avant tout investissement, qu’il soit humain ou matériel.

« On crée des emplois lorsque les carnets de commandes augmentent, mais pas parce qu’il y a une baisse des charges, estime Jean-François Roubaud, président de la CGPME, il n’y a pas de relation de cause à effet directe entre les deux. Et ce n'est pas avec 0,8 % de croissance cette année qu’on va créer beaucoup d’emplois », prévient-il.

 

Marie Bellan, Les Echos

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Les syndicats se rappellent au souvenir de Hollande

Social


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MétallurgieCFECGC's insight:
CGT, CFDT, FSU et Unsa vont publier dans quelques jours une déclaration commune.

 

Il va falloir attendre quelques jours pour connaître les termes exacts de la déclaration commune sur laquelle ont planché hier en fin de journée la CGT, la CFDT, l’Unsa et la FSU. Cependant les quatre syndicats se sont accordés sur l’essentiel, perdant au passage la CFTC. Elle a quitté l’intersyndicale, évoquant des divergences en particulier sur la politique familiale.

Comme attendu (« Les Echos » du 6 janvier), le texte comportera quatre volets : emploi, pouvoir d’achat, fiscalité et Europe. En revanche, il n’y aura rien a priori sur le « pacte de responsabilité » proposé François Hollande au patronat lors de ses vœux aux Français mercredi.

« C’est un peu prématuré d’avoir une démarche commune même si vu l’enjeu, ce serait utile », a souligné à l’issue de la réunion Mohammed Oussedik, pour la CGT, ajoutant que l’intersyndicale avait « travaillé sur des choses qui vont se recouper avec le pacte ». « On rentre de congés et on n’a pas encore eu l’occasion de discuter dans nos instances », a ajouté Véronique Descacq, pour la CFDT. « Ce serait utile de porter un message commun, ça aurait plus de poids », a cependant reconnu Jean Grosset, de l’Unsa.

Un secret bien gardé

Ce qui est clair en tout cas, c’est qu’aucune confédération n’a apprécié que le chef de l’Etat ne les associe pas à son « pacte de responsabilité ». Pas plus la CFDT que les autres. Hier, Laurent Berger a taclé beaucoup le patronat et moins, mais tout de même aussi, le chef de l’Etat. Sur France Info, il a refusé un « mano a mano » entre l’exécutif et le patronat, lançant « un avertissement : il faut que les syndicats soient partie prenante de la discussion [du pacte] » et que les entreprises s'engagent sur des contreparties pour les salariés et sur l’investissement. Pour que le pacte soit « équilibré », il est indispensable qu’il y ait des « contreparties pour les salariés et les moyens de les faire respecter », a souligné aussi l’Unsa, hier.

Nul doute que le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, aura la critique acerbe demain, lors de sa conférence de presse de rentrée, alors que Jean-Claude Mailly, son homologue de FO a été le premier à réagir, dès le 1 janvier, où il a jugé la piste du pacte « assez inquiétante ». Assez pour s’engager dans une démarche intersyndicale ? Certains l’espèrent en tous cas.

L. DE C., Les Echos
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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
Scoop.it!

Ayrault fait de 2014 « l’année de la mixité des métiers »

Emploi


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:
Le Premier ministre veut « rendre effective » l’égalité hommes-femmes.

Pour cela, il compte s’appuyer sur la réforme fiscale.

 

Honneur aux femmes : Jean-Marc Ayrault a consacré, hier à Versailles, son premier déplacement de l’année à la mixité professionnelle. L’occasion pour le chef du gouvernement, accompagné des ministres Najat Vallaud-Belkacem (Droits des femmes), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Michel Sapin (Travail), de décliner le programme d’actions de l’année, qu’il veut placer sous le signe de l’efficacité, alors que la France accueillera, début juin, le prochain sommet mondial des femmes (« Global summit for women »). Après deux premières années consacrées à établir de nouveaux droits ou renforcer la lutte contre les abus, notamment via la loi pour les Droits des femmes dont l’examen va débuter à l’Assemblée nationale, « l’enjeu est désormais de rendre effective cette égalité de droit », a-t-il insisté.

Alors qu’un écart de 9 points subsiste entre le taux d’emploi des hommes et des femmes et que l’emploi féminin se concentre dans une douzaine de familles de métiers (sur 87), il a fixé comme objectif d’« annuler cet écart d’ici à 2025 », en s’appuyant notamment sur des mesures en cours de déploiement : réforme du congé parental, création de places en crèche, accueil à l’école dès deux ans, réforme des retraites, seuil minimal de 24 heures hebdomadaires pour les temps partiels, etc. Sur ce volet temps partiel – qui touche principalement les femmes –, la feuille de route gouvernementale évoque une « réflexion » sur l’accès aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie (il faut aujourd’hui cotiser au minimum 200 heures sur trois mois).

Négociations de branches

Surtout, le gouvernement promet de « faire de 2014 l’année de la mixité des métiers », en poussant à des négociations de branches pour revaloriser les emplois féminins, en mettant en œuvre, dans le prolongement du récent rapport Pécaut Rivolier, des dispositifs d’actions juridiques collectives contre les discriminations, et surtout en présentant le visage d’une puissance publique exemplaire. Des objectifs de mixité seront « contractualisés » avec les établissements d’enseignement supérieurs ; des plans d’actions mixité par métiers seront présentés ces prochains mois par les ministères et les collectivités. Parallèlement, le ministère de la Fonction publique doit accélérer le déploiement de l’accord sur l’égalité professionnelle signé en mars 2013.

Sujet explosif, l’étude en cours sur les écarts de rémunération entre sexe au sein des trois fonctions publiques sera dévoilée au troisième trimestre. Le Premier ministre a aussi précisé que la remise à plat de la fiscalité « favorisera un accroissement du niveau d’emploi, notamment de celui des femmes ». Une mission va être confiée à l’Igas et l’IGF.

D. P., Les Echos
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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

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Retraite : le chantier épineux de la pénibilité est lancé

Retraite

MétallurgieCFECGC's insight:
L’exécutif prépare le compte pénibilité prévu par la réforme des retraites.

Seuils d’exposition, niveau des cotisations : les sujets conflictuels abondent.

 

La loi de réforme des retraites n’est pas encore promulguée – le Conseil constitutionnel est en train de l’examiner –, mais le gouvernement travaille déjà d’arrache-pied à la mise en œuvre de l’une de ses mesures phares : la prise en compte de la pénibilité. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, et celui du Travail, Michel Sapin, réunissent ce matin un comité de pilotage pour la mise en place du « compte de prévention de la pénibilité ». Ce dispositif n’entrera pas en vigueur avant le 1 janvier 2015. Entre-temps, une concertation avec les partenaires sociaux est prévue pour préparer une kyrielle de décrets. Car la loi ne fait que fixer les grandes lignes du compte. Les salariés qui sont exposés à un travail pénible accumuleront des points, qu’ils pourront utiliser de trois façons différentes : financer une formation permettant d’exercer un métier moins pénible, passer à temps partiel ou bien encore partir plus tôt à la retraite.

Fixation des seuils cruciale

Les tâches considérées comme pénibles sont déjà définies par un décret de 2011 : travail de nuit ou répétitif, postures, exposition à des agents toxiques, au bruit, aux températures extrêmes… Les décrets devront fixer les seuils à partir desquels le travail sera considéré comme pénible et donnera droit à une compensation. Au-delà de combien de nuits de travail par an ? De combien d’heures par jour à manipuler des produits toxiques ? Que considère-t-on comme une charge lourde ? « Ce sera compliqué, mais il existe des références sur lesquelles on peut se baser, comme des normes de bon usage pour les postures pénibles », souligne le spécialiste Serge Volkoff (lire ci-dessous).

« La fixation des seuils d’exposition sera le point crucial, car il déterminera le nombre de personnes concernées, et donc le coût du compte pénibilité », souligne Geneviève Roy de la CGPME. Les syndicats, de leur côté, redoutent que les seuils ne soient fixés à un niveau trop bas. « Nous serons exigeants sur ce point », prévient Eric Aubin (CGT). « Le risque serait que l’exécutif nous présente d’emblée des seuils qu’il aurait déjà fixés », redoute Hervé Garnier (CFDT).

Les décrets détermineront aussi la façon dont les salariés seront informés sur le dispositif, ainsi que les voies de recours en cas de contestation. « Le gouvernement assure que l’employeur aura l'obligation d'informer le salarié, mais comment pourra-t-on vérifier, dans les PME notamment ? C’est un vrai sujet d’inquiétude », poursuit Eric Aubin. Les entreprises, elles, redoutent des procédures complexes. « Pour chaque salarié, il faudra tout comptabiliser de façon extrêmement précise. Ce sera très lourd pour les PME », critique Geneviève Roy.

Autre sujet délicat à aborder avec le patronat, le financement du compte. L'exécutif a estimé qu’il coûterait 500 millions d’euros par an en 2020 et 2 milliards dix ans plus tard. Il sera financé par deux cotisations. L’une, d’un niveau réduit, sera acquittée par toutes les entreprises, au nom de la solidarité entre secteurs d’activité. L’autre, plus élevée, pèsera sur les salaires qui correspondent effectivement à une activité pénible, afin d’inciter les entreprises à limiter leur importance. Dans les deux cas, la loi ne fait que fixer des plafonds, ce sont les décrets qui détermineront le niveau exact des cotisations.

V. C., Les Echos
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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

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Le " pacte de responsabilité " laisse les syndicats en ordre dispersé

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Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:16 AM
Au-delà des dissensions apparues sur la réforme de la formation professionnelle, un réel fossé est en train de se creuser entre les deux organisations patronales, qui chassent désormais sur les mêmes terres : celles des PME.

 

Mon ami Pierre ». C’est ainsi que Jean-François Roubaud, le président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), appelait encore tout récemment son homologue du Medef, Pierre Gattaz. Les deux hommes se sont même appelés le week-end dernier pour se souhaiter les vœux de bonne année. Des amabilités « entre gens raisonnables et sérieux », comme le dit Jean-François Roubaud. Mais qui ne parviennent pas à cacher les tensions de plus en plus vives entre les deux principales organisations patronales – auxquelles s’ajoute l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Le refus de la CGPME de signer l’accord sur la formation professionnelle, fin décembre, a marqué le début des hostilités et pourrait avoir des ­conséquences im­portantes sur les relations patronales dans les prochains mois. C’est la première fois que la CGPME, qui représente les entreprises de moins de 250 salariés, ne signe pas un accord interprofessionnel, alors que les deux autres organisations patronales représentatives l’ont soutenu. Un paradoxe si l’on se souvient que le président de la CGPME était aux premières loges de ­l’université d’été du Medef en août dernier, quelques semaines après l’élection de Pierre Gattaz à la tête du mouvement, preuve de l’unité patronale retrouvée. Avec Laurence Parisot, les relations étaient en effet exécrables…

Gattaz contre Roubaud. Pourtant, les deux hommes s’apprécient, dit-on. « Gattaz envie même Roubaud d’une certaine manière, pour son côté franchouillard, direct et à l’aise avec les médias », analyse un ­responsable du Medef. Mais leurs organisations, elles, n’ont jamais été aussi éloignées l’une de l’autre. « Le désaccord sur la formation professionnelle ne se résume pas à une querelle de personnes. C’est un problème structurel fort. Le divorce sera assez durable, il y a quelque chose de cassé », estime un ­conseiller de l’exécutif. Les deux mouvements ont en effet des conceptions radicalement ­différentes du système de formation professionnelle, mais au-delà de ce sujet, c’est un problème de concurrence qui se joue entre eux. Car le Medef et la CGPME ­chassent désormais sur les mêmes terres, celles des PME…

Le bras armé de la CGPME

Jusqu’à présent, le modus vivendi entre les deux organisations était plutôt ­simple. Le Medef défendait avant tout les intérêts des grands groupes, notamment ceux du CAC 40 et des fédérations professionnelles qui lui sont propres (banque, assurance). Et s’il parlait souvent des PME, il ne s’en préoccupait guère, alors qu’elles représentent la très grande majorité de ses adhérents. Sur ce ­segment, c’est la CGPME qui occupe le terrain, à travers le réseau de l’Agefos PME. Chargé de récolter les fonds de la ­formation venant des entreprises, cet organisme est le bras armé de la CGPME. Il lui assure une présence forte dans les territoires et les entreprises. Or c’est justement ce système que l’accord sur la ­formation professionnelle vient bousculer en coupant une partie du financement.

« Le Medef veut tuer l’Agefos PME pour nous empêcher d’être au plus près du terrain », résumait l’un des négociateurs de la CGPME au moment des pourparlers sur la formation professionnelle. « Il y a une vraie bataille pour les ­territoires, c’est certain. Pour le Medef, qui n’a pas la culture régionale dans ses gènes, c’est assez nouveau », décrypte Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA. Plusieurs initiatives récentes du Medef prouvent toutefois que cette préoccupation est grandissante au sein de l’organisation. Mi-décembre, Pierre Gattaz n’a-t-il pas envoyé une lettre à tous les Medef territoriaux, les invitant à se rendre auprès des préfets pour leur faire part de leurs diffi­cultés économiques ? Cette démarche est inédite de la part du syndicat patronal, où tout part généralement du siège parisien, avenue Bosquet.

De façon plus structurelle, Patrick Bernasconi, ancien président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et ex-concurrent de Pierre Gattaz dans la course à la présidence du Medef, est, depuis l’été, chargé de la réforme territoriale de l’organisation. Le poste peut ­sembler ingrat, pour celui qui fut aux commandes des négociations sociales sous Laurence Parisot, mais il ne faut pas s’y fier. S’il n’est plus sous les projecteurs des médias, Patrick Bernasconi travaille à l’un des plus importants chantiers du Medef en termes de ­gouvernance et d’organisation interne. L’objectif est de faire davantage ­participer aux débats nationaux les chefs d’entreprise de PME dans les différentes régions. Et aussi de leur demander plus ­souvent leur avis. Avec un changement des statuts du Medef à la clef.

Ce n’est pas un hasard non plus si Pierre Gattaz s’astreint à faire plusieurs dépla­cements en régions chaque mois. Il l’a ­beaucoup fait pendant la campagne pour la présidence du Medef, et il continue depuis. Béziers, Rennes, mais aussi Grenoble qu’il connaît bien, il sillonne la France pour porter la bonne parole… et récolter à terme adhésions et cotisations. Voilà le nerf de la guerre. Car la toile de fond de cette confrontation est la représentativité patronale, dont le projet de loi a été présenté lundi par le ministère du Travail. Seront considérées comme représentatives les organisations qui, dans chaque branche, regroupent au moins 8 % des entreprises à jour de leurs cotisations.

Le Medef n’a rien à craindre de ces nouvelles règles, la CGPME non plus a priori. Sauf si les fédérations qui sont à la fois adhérentes au Medef et à la CGPME commencent à revoir leur politique d’adhésion. Une vingtaine d’entre elles sont dans ce cas, notamment la puissante UIMM (métallurgie), la Fédération française du bâtiment (FFB) ou encore celle du commerce et de la distribution (FCD). Avec l’hôtellerie et la restauration, ce sont les bastions les plus importants de la CGPME. « Certains adhérents commencent à en avoir marre de payer deux fois. Or si les grandes fédérations, notamment l’UIMM, quittent la CGPME, ça sentira la fin », prévient un membre de cabinet du gouvernement. Un tel scénario n’est pas encore certain, mais l’UIMM a déjà envoyé un courrier musclé à la CGPME ­mi-décembre, et ses menaces de quitter la confédération sont de moins en moins ­voilées. Dans ce cas, la CGPME ne serait plus représentée dans les quatre secteurs d’activité (industrie, commerce, services, construction) et, de ce fait, ne pourrait plus participer aux négociations interprofessionnelles. Ce serait le scénario du pire, que certains, au Medef, envisagent avec beaucoup d’intérêt : « La CGPME n’a plus de ­raison d’être si le Medef prend bien en compte les attentes des PME », assure un de ses dirigeants, parmi les plus influents. Mais le Medef a-t-il vraiment intérêt à ce que la CGPME disparaisse ? « Le Medef pense très fort qu’il n’a pas besoin de la CGPME. Mais le plus probable, c’est que l’on passe à une forme d’indifférence et que la présence de la CGPME dans les grandes négociations devienne symbolique », estime un conseiller des pouvoirs publics.

Des voix se font aussi entendre au sein du Medef pour ne pas tomber dans certains excès hégémoniques : « Pour mobiliser en nombre sur le terrain, le Medef a besoin de la CGPME », explique un membre du bureau exécutif, patron d’une des grandes fédérations professionnelles adhérente à la fois au Medef et à la CGPME. Dans le contexte actuel de turbulences sociales, qui a vu se multiplier les manifestations de chefs d’entreprise en Bretagne, mais pas seulement, la mobilisation du terrain a plus besoin d’être encadrée que suscitée. Les mouvements patronaux savent que cette exaspération peut être une chance pour envoyer un message fort à l’exécutif, mais elle représente aussi un gros risque de dérapage si les manifestants sont livrés à eux-mêmes.

Courants contestataires

C’est pour cette raison notamment que plusieurs dirigeants patronaux plaident pour que la CGPME reste dans le paysage institutionnel. « La nature a horreur du vide et le Medef ne peut pas occuper tout l’espace à lui seul. Si la CGPME disparaît, on risque de voir fleurir des courants contestataires qui peuvent être violents », analyse Pierre Burban, de l’UPA. Du côté du gouvernement, les avis divergent. Pour certains, avoir deux interlocuteurs patronaux (UPA et Medef) pourrait simplifier les discussions dans certains cas, mais d’autres estiment au contraire que les désaccords entre les trois peuvent permettre des alliances de circonstance. Plusieurs acteurs patronaux doutent en outre de la capacité du Medef à pouvoir représenter l’ensemble des entreprises : « Défendre à la fois les intérêts des grands groupes et des PME est totalement illusoire, les réalités économiques sont totalement différentes. Il y a une nécessité sociologique en France d’avoir trois organisations patronales », soutient Pierre Burban.

La prochaine étape sera celle du financement des organisations patronales. Dans le projet de loi qui doit être présentée le 22 janvier en Conseil des ministres sur la formation professionnelle, un chapitre y sera ­consacré. Au Medef, on plaide pour que le maximum de ressources proviennent à terme des cotisations des adhérents. Or c’est justement le point faible de la CGPME dont les cotisations représentent moins de 10 % des ressources. Voilà une nouvelle occasion pour le Medef de pousser un peu plus son concurrent dans ses retranchements.

 

Marie Bellan, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Medef contre CGPME : les dessous d’une bataille

Patronat


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:
Au-delà des dissensions apparues sur la réforme de la formation professionnelle, un réel fossé est en train de se creuser entre les deux organisations patronales, qui chassent désormais sur les mêmes terres : celles des PME.

 

Mon ami Pierre ». C’est ainsi que Jean-François Roubaud, le président de la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises), appelait encore tout récemment son homologue du Medef, Pierre Gattaz. Les deux hommes se sont même appelés le week-end dernier pour se souhaiter les vœux de bonne année. Des amabilités « entre gens raisonnables et sérieux », comme le dit Jean-François Roubaud. Mais qui ne parviennent pas à cacher les tensions de plus en plus vives entre les deux principales organisations patronales – auxquelles s’ajoute l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Le refus de la CGPME de signer l’accord sur la formation professionnelle, fin décembre, a marqué le début des hostilités et pourrait avoir des ­conséquences im­portantes sur les relations patronales dans les prochains mois. C’est la première fois que la CGPME, qui représente les entreprises de moins de 250 salariés, ne signe pas un accord interprofessionnel, alors que les deux autres organisations patronales représentatives l’ont soutenu. Un paradoxe si l’on se souvient que le président de la CGPME était aux premières loges de ­l’université d’été du Medef en août dernier, quelques semaines après l’élection de Pierre Gattaz à la tête du mouvement, preuve de l’unité patronale retrouvée. Avec Laurence Parisot, les relations étaient en effet exécrables…

Gattaz contre Roubaud. Pourtant, les deux hommes s’apprécient, dit-on. « Gattaz envie même Roubaud d’une certaine manière, pour son côté franchouillard, direct et à l’aise avec les médias », analyse un ­responsable du Medef. Mais leurs organisations, elles, n’ont jamais été aussi éloignées l’une de l’autre. « Le désaccord sur la formation professionnelle ne se résume pas à une querelle de personnes. C’est un problème structurel fort. Le divorce sera assez durable, il y a quelque chose de cassé », estime un ­conseiller de l’exécutif. Les deux mouvements ont en effet des conceptions radicalement ­différentes du système de formation professionnelle, mais au-delà de ce sujet, c’est un problème de concurrence qui se joue entre eux. Car le Medef et la CGPME ­chassent désormais sur les mêmes terres, celles des PME…

Le bras armé de la CGPME

Jusqu’à présent, le modus vivendi entre les deux organisations était plutôt ­simple. Le Medef défendait avant tout les intérêts des grands groupes, notamment ceux du CAC 40 et des fédérations professionnelles qui lui sont propres (banque, assurance). Et s’il parlait souvent des PME, il ne s’en préoccupait guère, alors qu’elles représentent la très grande majorité de ses adhérents. Sur ce ­segment, c’est la CGPME qui occupe le terrain, à travers le réseau de l’Agefos PME. Chargé de récolter les fonds de la ­formation venant des entreprises, cet organisme est le bras armé de la CGPME. Il lui assure une présence forte dans les territoires et les entreprises. Or c’est justement ce système que l’accord sur la ­formation professionnelle vient bousculer en coupant une partie du financement.

« Le Medef veut tuer l’Agefos PME pour nous empêcher d’être au plus près du terrain », résumait l’un des négociateurs de la CGPME au moment des pourparlers sur la formation professionnelle. « Il y a une vraie bataille pour les ­territoires, c’est certain. Pour le Medef, qui n’a pas la culture régionale dans ses gènes, c’est assez nouveau », décrypte Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA. Plusieurs initiatives récentes du Medef prouvent toutefois que cette préoccupation est grandissante au sein de l’organisation. Mi-décembre, Pierre Gattaz n’a-t-il pas envoyé une lettre à tous les Medef territoriaux, les invitant à se rendre auprès des préfets pour leur faire part de leurs diffi­cultés économiques ? Cette démarche est inédite de la part du syndicat patronal, où tout part généralement du siège parisien, avenue Bosquet.

De façon plus structurelle, Patrick Bernasconi, ancien président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et ex-concurrent de Pierre Gattaz dans la course à la présidence du Medef, est, depuis l’été, chargé de la réforme territoriale de l’organisation. Le poste peut ­sembler ingrat, pour celui qui fut aux commandes des négociations sociales sous Laurence Parisot, mais il ne faut pas s’y fier. S’il n’est plus sous les projecteurs des médias, Patrick Bernasconi travaille à l’un des plus importants chantiers du Medef en termes de ­gouvernance et d’organisation interne. L’objectif est de faire davantage ­participer aux débats nationaux les chefs d’entreprise de PME dans les différentes régions. Et aussi de leur demander plus ­souvent leur avis. Avec un changement des statuts du Medef à la clef.

Ce n’est pas un hasard non plus si Pierre Gattaz s’astreint à faire plusieurs dépla­cements en régions chaque mois. Il l’a ­beaucoup fait pendant la campagne pour la présidence du Medef, et il continue depuis. Béziers, Rennes, mais aussi Grenoble qu’il connaît bien, il sillonne la France pour porter la bonne parole… et récolter à terme adhésions et cotisations. Voilà le nerf de la guerre. Car la toile de fond de cette confrontation est la représentativité patronale, dont le projet de loi a été présenté lundi par le ministère du Travail. Seront considérées comme représentatives les organisations qui, dans chaque branche, regroupent au moins 8 % des entreprises à jour de leurs cotisations.

Le Medef n’a rien à craindre de ces nouvelles règles, la CGPME non plus a priori. Sauf si les fédérations qui sont à la fois adhérentes au Medef et à la CGPME commencent à revoir leur politique d’adhésion. Une vingtaine d’entre elles sont dans ce cas, notamment la puissante UIMM (métallurgie), la Fédération française du bâtiment (FFB) ou encore celle du commerce et de la distribution (FCD). Avec l’hôtellerie et la restauration, ce sont les bastions les plus importants de la CGPME. « Certains adhérents commencent à en avoir marre de payer deux fois. Or si les grandes fédérations, notamment l’UIMM, quittent la CGPME, ça sentira la fin », prévient un membre de cabinet du gouvernement. Un tel scénario n’est pas encore certain, mais l’UIMM a déjà envoyé un courrier musclé à la CGPME ­mi-décembre, et ses menaces de quitter la confédération sont de moins en moins ­voilées. Dans ce cas, la CGPME ne serait plus représentée dans les quatre secteurs d’activité (industrie, commerce, services, construction) et, de ce fait, ne pourrait plus participer aux négociations interprofessionnelles. Ce serait le scénario du pire, que certains, au Medef, envisagent avec beaucoup d’intérêt : « La CGPME n’a plus de ­raison d’être si le Medef prend bien en compte les attentes des PME », assure un de ses dirigeants, parmi les plus influents. Mais le Medef a-t-il vraiment intérêt à ce que la CGPME disparaisse ? « Le Medef pense très fort qu’il n’a pas besoin de la CGPME. Mais le plus probable, c’est que l’on passe à une forme d’indifférence et que la présence de la CGPME dans les grandes négociations devienne symbolique », estime un conseiller des pouvoirs publics.

Des voix se font aussi entendre au sein du Medef pour ne pas tomber dans certains excès hégémoniques : « Pour mobiliser en nombre sur le terrain, le Medef a besoin de la CGPME », explique un membre du bureau exécutif, patron d’une des grandes fédérations professionnelles adhérente à la fois au Medef et à la CGPME. Dans le contexte actuel de turbulences sociales, qui a vu se multiplier les manifestations de chefs d’entreprise en Bretagne, mais pas seulement, la mobilisation du terrain a plus besoin d’être encadrée que suscitée. Les mouvements patronaux savent que cette exaspération peut être une chance pour envoyer un message fort à l’exécutif, mais elle représente aussi un gros risque de dérapage si les manifestants sont livrés à eux-mêmes.

Courants contestataires

C’est pour cette raison notamment que plusieurs dirigeants patronaux plaident pour que la CGPME reste dans le paysage institutionnel. « La nature a horreur du vide et le Medef ne peut pas occuper tout l’espace à lui seul. Si la CGPME disparaît, on risque de voir fleurir des courants contestataires qui peuvent être violents », analyse Pierre Burban, de l’UPA. Du côté du gouvernement, les avis divergent. Pour certains, avoir deux interlocuteurs patronaux (UPA et Medef) pourrait simplifier les discussions dans certains cas, mais d’autres estiment au contraire que les désaccords entre les trois peuvent permettre des alliances de circonstance. Plusieurs acteurs patronaux doutent en outre de la capacité du Medef à pouvoir représenter l’ensemble des entreprises : « Défendre à la fois les intérêts des grands groupes et des PME est totalement illusoire, les réalités économiques sont totalement différentes. Il y a une nécessité sociologique en France d’avoir trois organisations patronales », soutient Pierre Burban.

La prochaine étape sera celle du financement des organisations patronales. Dans le projet de loi qui doit être présentée le 22 janvier en Conseil des ministres sur la formation professionnelle, un chapitre y sera ­consacré. Au Medef, on plaide pour que le maximum de ressources proviennent à terme des cotisations des adhérents. Or c’est justement le point faible de la CGPME dont les cotisations représentent moins de 10 % des ressources. Voilà une nouvelle occasion pour le Medef de pousser un peu plus son concurrent dans ses retranchements.

 

Marie Bellan, Les Echos

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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La CFDT prend la présidence de l’Unédic

Social


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:
Patricia Ferrand succède à Jean-François Pillard du Medef.

 

L’heure des chaises musicales a sonné à l’Unédic. Hier, le conseil d’administration de l’association gestionnaire du régime d’assurance-chômage a procédé au traditionnel renouvellement (tous les deux ans) du bureau. Comme prévu par les statuts, la présidence a de nouveau tourné entre le Medef et la CFDT : la cédétiste Patricia Ferrand, vice-présidente depuis 2012, a récupéré le fauteuil occupé par Jean-François Pillard, qui reprend lui-même la vice-présidence. Le changement est effectif depuis hier soir. Patricia Ferrand, quarante-trois ans, titulaire d’un DEA d'économie appliquée, a rejoint la Fédération chimie de la CFDT en 2001, après avoir notamment enseigné à la faculté à Grenoble. Elle est devenue secrétaire confédérale en 2007 et est entrée aux conseils d’administration de l’Unédic et de Pôle emploi en 2010. Son choix n’a souffert aucune contestation.

Durcissement à prévoir

Trois autres mouvements sont intervenus au bureau, qui réunit dix représentants des partenaires sociaux et un représentant de l’Etat. Pour la CGC, Marie-Françoise Leflon a cédé sa place à Franck Mikula, tout nouveau secrétaire national à l’emploi de la centrale des cadres. Côté Medef, Eric Le Jaouen succède, au poste d’assesseur, à Benoît Roger-Vasselin. Pour la CGT, Eric Aubin a passé la main à Denis Gravouil, quarante-trois ans et leader depuis septembre de la fédération CGT-spectacle, peu réputée pour sa souplesse. Juste avant le lancement, le 17 janvier, de la renégociation de la convention Unédic, ce changement pourrait présager d'une position très dure de la CGT, en particulier sur le régime des intermittents.

D. P., Les Echos
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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Vers plus de transparence dans le financement des syndicats

Social


Via MétallurgieCFECGC
MétallurgieCFECGC's insight:

Scandales des comités d’entreprise d’Air France ou d’EDF, procès de la caisse noire de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) ayant servi à financer en sous-main les syndicats, censure du rapport du député centriste Nicolas Perruchot portant sur l’argent des organisations patronales et syndicales : les affaires de ces dernières années ont prouvé la nécessité de mettre de l’ordre dans le financement des organisations syndicales et professionnelles ainsi que des œuvres sociales.

L’actuel gouvernement a donc décidé de s’attaquer à ce sujet sensible. Une première ! Il le fera dans le cadre d’un projet de loi présenté le 22 janvier en Conseil des ministres, puis examiné en février par le Parlement. Ce texte assez « fourre-tout » va du renforcement des pouvoirs de l’Inspection du travail à la retranscription de l’accord conclu par les partenaires sociaux le 14 décembre sur la formation professionnelle. À ce titre, il réduit de 1,6 % à 1 % la contribution obligatoire des entreprises en matière de formation et précise le fonctionnement du compte personnel de formation, un outil destiné à suivre chaque Français tout au long de sa vie active.

60 millions « reroutés » 

Par ailleurs - et c’est le premier pas pro-transparence -, le projet de loi déconnecte le financement des syndicats et du patronat des circuits de la formation profession­nelle. Actuellement en toute légalité, une partie de l’argent collecté auprès des entreprises au titre de la formation repart vers le finan­cement des partenaires sociaux. Plus de 60 millions d’euros sont ainsi « reroutés » chaque année sur les 6 milliards de contributions des entreprises. Dès 2015, les entreprises feront un versement direct, équivalent en montant (ou plus ­élevé si patronat et syndicats signent un accord en ce sens dans les prochains mois), vers un fonds paritaire.

Ce fonds, créé par le projet de loi et géré par les partenaires sociaux avec l’appui d’un commissaire du gouvernement, sera un pot commun. Il accordera de l’argent aux syndicats et au patronat pour rémunérer, outre la formation de leurs troupes, les missions d’intérêt général et de gestion des organismes paritaires qu’ils assurent (participations aux négociations nationales, gestion de l’assurance-chômage, des caisses de retraite complémentaires, de la formation…). Progressivement, les organismes paritaires, comme l’Unedic, qui gère l’assurance-chômage, verseront à ce fonds l’argent qu’ils rétrocèdent actuellement aux organisations syndicales et patronales pour rémunérer leur participation à leur gestion. Ce fonds sera enfin alimenté par des subventions de l’État. Avantage : les circuits financiers aujourd’hui éparpillés seront regroupés. Et, chaque année, un rapport sera fait sur l’utilisation de l’argent.

Ces nouvelles procédures ne règlent pas toutes les failles du système. Les ­organisations continueront par exemple d’être financées indirectement par les décharges horaires des syndicalistes payées par les entreprises. Mais il marque un indéniable progrès. À terme, l’argent du fonds sera en partie redistribué en fonction de la représentativité des organisations. Voilà pourquoi le projet de loi définit également les règles de la représentativité des organisations patronales, qui n’existaient pas jusqu’à présent (contrairement à ce qui existe pour les syndicats).

Dernière avancée, le texte oblige les comités d’entreprise (CE) à établir des comptes. Et les plus importants d’entre eux devront les faire certifier par un commissaire aux comptes. Point important, les CE des industries électriques et gazières - EDF et GDF Suez - devront se soumettre à ces obligations, malgré leur statut juridique particulier.

 

Cécile Crouzel, Le Figaro

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Le " pacte de responsabilité " laisse les syndicats en ordre dispersé

Social


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MétallurgieCFECGC's insight:
Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro

Rescooped by MétallurgieCFECGC from Revue de presse du 8 janvier 2014
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Formation professionnelle : Sapin veut faire voter la réforme au plus vite

Formation professionnelle

MétallurgieCFECGC's insight:
Le projet de loi retranscrit fidèlement l’accord trouvé en décembre par les partenaires sociaux.

Le gouvernement a décrété l’urgence et vise une adoption avant la trêve parlementaire de fin février.

 

Vingt-huit pages d’exposés des motifs, suivis de 21 articles répartis en trois titres et 69 pages : c’est un projet de loi « relatif à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale » dense, riche, et complexe que présentera Michel Sapin en Conseil des ministres le 22 janvier. Il marquera pour lui la fin d’un premier cycle du quinquennat : outre la transcription dans la loi de l’accord du 14 décembre sur la formation professionnelle, il doit constituer la dernière étape de nombreuses réformes lancées depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, voire sous la précédente majorité.

Le ministère du Travail se défend d’un texte fourre-tout, insistant sur la « cohérence » de l’ensemble. On y retrouve notamment un important volet visant à « conforter notre démocratie sociale », qui détaille la future réforme de la représentativité patronale, consolide les règles en matière de représentativité syndicale, pose les bases d’un nouveau dispositif de financement des partenaires sociaux et traite également le sujet connexe de la transparence des comptes des comités d’entreprise. Sans oublier la refonte des élections prud’homales, des mesures de soutien à l'apprentissage et le renforcement des pouvoirs de l'inspection du travail (lire encadré). Le texte se veut aussi, sur son volet formation, une célébration de la méthode Hollande. « L’accord du 14 décembre montre qu’en matière d’emploi et de formation, le dialogue social est la meilleure façon d’avancer et d’innover », insiste l'entourage de Michel Sapin.

Procédure d’urgence

Comme avec les contrats de génération, puis les mesures de sécurisation de l’emploi, le ministère du Travail s’est attaché à retranscrire « le plus fidèlement possible » le texte des partenaires sociaux, qui crée le futur « compte personnel de formation » et modifie en profondeur le financement de la formation professionnelle. Au passage, le texte achève la décentralisation aux régions des compétences qui appartenaient à l’Etat en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Alors que la CGT et la CGPME, non signataires de l’accord, promettent un intense lobbying parlementaire, le ministère appelle les députés à « conserver et respecter l’équilibre du texte », lors de débats qui s’annoncent… rapides. En écho à la volonté d'accélérer la cadence des réformes exprimée lors de ses vœux par le chef de l'Etat le 31 décembre, la procédure d’urgence sera retenue pour ce projet de loi, avec objectif de parvenir à son adoption définitive avant la pause parlementaire, qui interviendra le 28 février, en raison des élections municipales fin mars.

Le texte contient enfin différentes mesures relatives à l’emploi. Parmi celles-ci, l’élargissement aux moins de 30 ans (et non plus moins de 26 ans) des contrats de génération quand le jeune est embauché par ce biais en vue de reprendre à terme l’entreprise. Alors que l’essor des contrats de génération dans les entreprises de 50 à 300 salariés est actuellement pénalisé par le manque d’accords de branches dédiés (40 seulement à ce jour, couvrant seulement 20 % des salariés), le ministère indique qu’un point sera fait ces prochains jours avec les partenaires sociaux et laisse planer la menace, faute de résultats rapides, de nouvelles mesures dans la loi pour lever ce frein. Là aussi, l’urgence est décrétée.

 

Les Echos

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MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:21 AM
Formation Le patron du sidérurgiste indien Tata Steel attribue aux formations du Cedep, le centre de formation de Fontainebleau, l’ouverture internationale de son groupe.

 

Le Cedep m’a changé et a changé Tata Steel » : Balasubramanian Muthuraman, vice-président de la filiale sidérurgique du conglomérat indien Tata, est catégorique, ses séjours dans l’institut de formation de Fontainebleau, haut lieu de la « corporate education », ont eu un impact profond sur sa vie professionnelle. A tel point que le Cedep est aujourd’hui un élément essentiel de la politique de formation des cadres de l’entreprise, politique qui s’inscrit elle-même dans la tradition des valeurs familiales du plus célèbre groupe indien.

Si son passage au Cedep a autant marqué celui qui est devenu depuis l’un des principaux dirigeants de Tata, c’est parce que cette expérience est intervenue dans un contexte très particulier. Balasubramanian Muthuraman, soixante-neuf ans aujourd’hui, a été l’un des trois premiers représentants de Tata Steel à se rendre au Cedep, et cela en 1992. C’est-à-dire au tout début de l’ouverture économique de l’Inde, amorcée en 1991 par le ministre des Finances de l’époque, Manmohan Singh (actuel Premier ministre). « Nous appartenions à la période “prélibéralisation”, nous avions l’habitude d’une économie fermée, raconte Balasubramanian Muthuraman, nous avions besoin de comprendre ce qui se passait dans le monde. » Pour le responsable indien, qui n’avait jamais travaillé que dans une économie « où le gouvernement nous disait à qui vendre et à quel prix », les six périodes de deux semaines étalées sur deux ans passées sur le campus français proche de l’Insead ont été une découverte. « Rencontrer tous ces gens venus de plein de pays, de cultures différentes, de professions variées, le fait que chacun puisse apprendre des autres, cela a été un immense enrichissement ! », confie-t-il.

Collaboration fructueuse

Cette première expérience a donné le coup d’envoi à une association entre le Cedep et Tata Steel qui ne s’est jamais relâchée. Depuis 1992, « nous envoyons chaque année de 6 à 8 personnes, poursuit le patron du sidérurgiste. Les cent principaux responsables de Tata Steel sont tous allés au Cedep ». Sans oublier le fait que Balasubramanian Muthuraman a fait partie du conseil d’administration de l’institut de formation de 2001 à 2009.

Dans ces conditions, le vice-président du groupe n’hésite pas à attribuer à la fréquentation du Cedep une influence majeure sur l’évolution de son entreprise. « Si Tata Steel est devenu une entreprise globale, dit-il, c’est largement grâce aux nouvelles façons de penser découvertes durant ces formations. » Le rachat du sidérurgiste britannique Corus pour 13 milliards de dollars en 2007 a de fait propulsé Tata Steel parmi les grands groupes mondiaux du secteur.

L’intérêt porté au Cedep s’explique également par le fait que la formation de ses cadres est considérée comme une priorité par le groupe. « Nous estimons que de 70 à 80 % du développement personnel se produit sur le lieu de travail et, pour cela, nous veillons à donner à nos responsables des objectifs stimulants, explique Balasubramanian Muthuraman. Mais les 20 à 30 % restants se produisent à l’extérieur », dans le cadre de la formation notamment. Se revendiquant comme « l’un des plus gros investisseurs en formation » parmi les entreprises indiennes, le sidérurgiste demande à tous ses cadres d’y consacrer de dix à douze jours par an.

Les « valeurs Tata »

L’importance attachée à la formation s’inscrit, selon le patron de Tata Steel, dans le cadre des « valeurs Tata », qui singularisent le groupe dans le paysage industriel indien. Le conglomérat, dont les activités vont de l’automobile aux services informatiques en passant par la distribution et l’hôtellerie, et qui reste de loin le plus gros groupe du pays, est en effet profondément marqué par ses origines familiales.

Ces valeurs perdurent alors même que la famille Tata n’y joue presque plus de rôle. Elle ne possède plus que quelques pour cent du groupe et un seul descendant, Noel Tata, qui apparaît dans l’organigramme en tant que directeur de Tata International. Quand Ratan Tata, le mythique patron du conglomérat, a pris sa retraite voici un an, il a fallu, pour la première fois, trouver un remplaçant en dehors de la famille. Le choix du conseil d’administration a été caractéristique. A défaut d’un « vrai » Tata, c’est quelqu’un qui leur ressemble beaucoup qui a été retenu : Cyrus Mistry, membre lui aussi de la communauté parsie, et dont la sœur est l’épouse de… Noel Tata. De quoi préserver esprit de famille et valeurs traditionnelles.

 

Patrick de Jacquelot, Les Echos

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:30 AM

Réunis lundi 6 janvier, les grandes centrales ont constaté leurs divisions après la main tendue aux entreprises par le président de la République

 

Dubitatifs sur le " pacte de responsabilité " proposé par François Hollande aux entreprises, les syndicats sont dans l'incapacité d'adopter une position commune. Lundi 6 janvier, la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU et l'UNSA se sont réunies pour adopter, conformément à ce qu'elles avaient décidé le 25 novembre 2013, des revendications communes. Mais elles ont constaté leur absence d'accord sur l'initiative du président de la République.

A l'exception de la CFTC – dont le président, Philippe Louis, juge que " la période n'est pas propice à des manifestations communes " et qui met en avant " beaucoup de sujets où nous sommes opposés les uns aux autres " –, la CGT, la CFDT, la FSU et l'UNSA devraient finaliser le 13 janvier une déclaration commune dont les grands axes ont été posés. Elle mettra en avant la demande de mise en œuvre d'un plan européen d'investissements préconisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle appartiennent la CGT, la CFDT, la CFTC et l'Unsa.

Les quatre syndicats devraient préconiser une négociation sur l'emploi des jeunes et des seniors. " Il y aura des positions communes, a indiqué Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sur l'emploi, les classifications des rémunérations, la conditionnalité des aides fiscales et la fiscalité. " Chaque organisation devait trouver les bases d'une proposition commune sur chaque sujet, la CFDT sur la fiscalité, l'UNSA sur l'emploi, la CGT sur les salaires. " La CGT, souligne un responsable syndical sous couvert d'anonymat, n'a rien fourni. Elle est dans les choux. On a un gros maillon faible dans l'histoire, c'est la CGT. Elle ne sait pas où elle habite et elle est incapable d'assumer une ligne. "

" Mano a mano "

L'épisode de l'accord sur la formation – où la direction de la CGT, favorable à la signature, a plié devant le refus de sa délégation – a pesé lourdement dans la réunion du 6 janvier. Alors que la commission exécutive de la centrale doit entériner, mardi 7 janvier, ce refus de signer, la CGT a déjà décidé d'une journée d'actions le 6 février. La CFDT et l'UNSA ne lui emboîteront pas le pas, de même que la CFTC qui, pour autant, n'a pas quitté l'intersyndicale.

Sur le pacte de responsabilité, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a marqué ses réserves, se déclarant hostile, lundi sur France Info, à un " mano a mano entre le gouvernement et le patronat. " " Un pacte de responsabilité, a-t-il souligné, ce n'est pas pleurnicher d'un côté et demander des aides et ne pas s'engager de l'autre. " M. Berger, qui souhaite que les syndicats soient associés à des négociations, a réclamé des contreparties, " d'abord en direction des salariés sur la qualité des emplois proposés, la baisse de la précarité, sur l'embauche des jeunes, le type de contrat " ainsi que sur les salaires et l'investissement.

L'Unsa juge, de son côté, qu'un " pacte équilibré pour l'emploi " nécessite des " contreparties indispensables pour les salariés et les moyens de les faire respecter. " Dans L'Humanité du 6 janvier, Mohammed Oussedik, secrétaire de la CGT, a réclamé le droit pour le comité d'entreprise de suspendre les aides aux entreprises " quand elles sont mal utilisées. "

Très critique, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, ne cache pas son inquiétude. " Ce sont des annonces dangereuses, déclare-t-il au Monde. Je ne sais pas s'il s'agit d'un socialisme de l'offre mais il y a une accentuation d'une politique économique de l'offre avec l'objectif d'une baisse des impôts. " " Je ne vois pas comment, ajoute M. Mailly, en allégeant les cotisations patronales, M. Gattaz - le président du Medef - va avoir une quelconque autorité pour dire aux entreprises d'embaucher. "


Michel Noblecourt, Le Monde

MétallurgieCFECGC's curator insight, January 8, 2014 3:33 AM

ENTRE le « pacte de responsabilité » de François Hollande et le « pacte de confiance » du Medef, la proximité n’est pas que sémantique : la philosophie - alléger les charges des entreprises pour créer des emplois - est pour le moins concordante. « François Hollande, président socialiste ? On pourrait discuter… », a ironisé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, mardi lors du « Talk Orange-Le Figaro », ajoutant que « le socialisme de l’offre, c’est un oxymore ». Pour le leader syndical, le pacte tel qu’il se dessine actuellement, « ce n’est pas du donnant-donnant. Ça ressemble à un cadeau aux entreprises ».

Les autres dirigeants des centrales syndicales partagent peu ou prou cet avis. Et ils ont une obsession : revenir dans le jeu pour obtenir des contreparties. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, a demandé lundi sur France Info qu’il n’y ait « pas de mano à mano entre le gouvernement et le patronat » et « pas de chèque en blanc aux entreprises ». « S’il y a des aides aux entreprises, elles doivent aller à l’investissement et à la qualité de l’emploi pour les salariés », a-t-il précisé. Un avertissement qui n’est pas anodin de la part du responsable du syndicat le plus écouté par le gouvernement. « Ce serait une faute lourde que ce pacte soit un face-à-face entre le patronat et le gouvernement », renchérit Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT.

Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. « Les syndicats et le patronat seront associés à tout », assure un proche de François Hollande. Reste que les syndicats n’avaient toujours pas reçu mardi d’invitation aux Assises de la fiscalité, dont personne ne connaît la date précise de lancement. Pourtant, ces assises sont censées débuter leurs travaux, la semaine prochaine, sur la refonte des impôts des entreprises, un volet essentiel du pacte ! Les syndicats y participeront « d’une façon ou d’une autre », explique pour l’instant l’Élysée. Une réponse assez floue… Côté charges sociales, une concertation entre le gouvernement, le patronat et les syndicats est bien prévue en mai, une fois que le Haut Conseil du financement de la protection sociale, instance où siègent les partenaires sociaux, aura rendu son rapport. Mais d’ores et déjà, le gouvernement a son idée en tête : alléger les cotisations familiales payées par les entreprises. Un projet sur lequel il sait qu’il a le feu vert de la CFDT et… du patronat.

Désunis, les syndicats ont, pour l’instant, du mal à peser. Certains d’entre eux - CGT, CFDT, Unsa, FSU - se sont réunis lundi soir. Mais s’ils ont avancé sur des positions communes en matière d’emploi des jeunes ou de fiscalité personnelle, ils sont loin d’avoir abouti à une réponse unie sur le pacte de responsabilité. On peut se demander si cela sera possible, tant leurs positions divergent. La CFDT et l’Unsa admettent que la France souffre d’un handicap de compétitivité. « L’idée d’un pacte est plutôt intelligente », estime même Jean Grosset, le secrétaire général adjoint de l’Unsa. Les deux centrales demandent des contreparties classiques, en termes d’embauche des jeunes, de lutte contre la précarité, d’investissement des entreprises. En revanche, la CGT estime que le problème ne vient pas du coût du travail, mais de celui du capital. Elle est jusqu’au-boutiste dans les contreparties demandées, en réclamant que les comités d’entreprise puissent empêcher une entreprise de continuer à bénéficier d’une niche fiscale, comme le crédit d’impôt recherche, si elle ne remplit pas certaines conditions.

Quant à FO, elle jalouse son indépendance. Et sur le fond, doute de l’efficacité des allégements de charges. « Ce n’est pas parce qu’on baisse un peu le coût du travail que ça va créer d’un seul coup je ne sais combien des emplois », a estimé Jean-Claude Mailly qui voit une autre faille au pacte de Hollande : « on ne pourra jamais mesurer » les retombées d’un tel dispositif en termes d’embauches. « C’est comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), personne ne sera capable de l’évaluer avant trois ans », a-t-il ajouté.

Bref, la constitution d’un front uni des syndicats, du type de celui qui avait existé lors de la réforme des retraites de 2010 - d’ailleurs seules 4 organisations, sur les 8 de l’origine, continuent de se voir -, semble improbable. Ce qui arrange le gouvernement où l’on imagine qu’une réforme des pouvoirs des instances représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel) - réforme, dont la négociation a débuté en 2009, serait relancée - pourrait être une contrepartie du pacte… Le Medef, de son côté, avance. Lundi, il réunira à Lille des chefs d’entreprise en meeting. « C’est une mobilisation pour l’emploi et on proposera que chaque entrepreneur explique concrètement quel emploi il pourrait créer si certaines contraintes étaient supprimées », explique au Figaro Pierre Gattaz, le président du Medef, qui a déjà demandé à ses fédérations de plancher sur des programmes de créations de postes. Il n’est plus question que les chefs d’entreprise brandissent des cartons jaunes au gouvernement, comme ils l’avaient fait en octobre. L’heure est désormais à la concorde…


Cécile Crouzel, Le Figaro