rédaction
1.2K views | +0 today
Follow
rédaction
Rédiger pour le web
Curated by sitanim
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Rescooped by sitanim from (Media & Trend)
Scoop.it!

L'écriture d'une minisérie est-elle particulière ?

L'écriture d'une minisérie est-elle particulière ? | rédaction | Scoop.it

Histoire de poursuivre l'analyse engagée autour des miniséries (1), je vous propose cette fois-ci une interview de trois scénaristes qui, pour la première fois, exercent leur clavier à ce format particulier.

 

Ils s’attellent à l’écriture d’Un Echo, un projet en développement pour Arte (je vous en parlais dans les 10 projets de séries prometteurs). Et ce n’est pas le seul car au moins 6 autres projets connus de minisérie sont en cours d’élaboration auprès de la chaîne franco-allemande. Deux raisons m’ont poussé à m’arrêter particulièrement sur celle-ci.

D’abord, l’histoire. On suit Philippe, un pianiste réputé mondialement, dont la vie bascule peu après ses 40 ans. Son monde, jusqu’ici bien rangé, se délite. Il plonge peu à peu dans le désordre alors qu’il est pris de phénomènes étranges : des acouphènes qui abiment son talent, un piano dont il est persuadé qu’il sonne faux, et une femme qui devient bizarre. Tombe-t-il dans la folie ? Selon ses trois scénaristes, cette minisérie serait un véritable hommage à la vie de Philippe K. Dick. Risqué mais plutôt très intrigant de s’inspirer de l’auteur d’Ubik, Do Androids Dream of Electric Sheep ? (adapté en film avec Blade Runner) ou encore du Maître du Haut Château dont un projet, là-aussi de minisérie, est en cours d’élaboration auprès de la chaîne américaine SyFy.

L’autre raison revient au pédigrée des auteurs. Frédéric Azémar est le créateur de la future série d’Arte, Odysseus, qui arrive prochainement. Il a longtemps côtoyé Frédéric Krivine durant l’écriture d’Un Village Français. Le deuxième, Florent Meyer, a participé à l’élaboration de La Commanderie, une des belles réussites de France 3, et a également travaillé sur Odysseus. Enfin, le troisième et dernier scénariste est Quoc Dang Tran. Il est aujourd’hui l’une des deux têtes pensantes de Fais pas ci, fais pas ça, dont il a co-supervisé la saison qui vient d’être diffusée et la saison qui arrivera en fin d’année 2013. Ils sont tous trois membres du collectif de scénaristes, SAS.

 

L’interview ne porte pas particulièrement sur Un Echo mais sur l’expérience d’écriture d’une minisérie. En quoi se différencie-t-elle d’une série traditionnelle ? Et quelles sont ses spécificités, ses contraintes ou ses opportunités ?

 

Dimension Séries : Pourquoi la minisérie est le format que vous avez choisi pour Un Echo ?

 

Frédéric Azémar, Florent Meyer et Quoc Dang Tran : Nous savions au départ qu’Arte était désireuse de se lancer dans un format inédit en France, la minisérie 3x52’. En tant qu’auteurs nous avions aussi bien travaillé sur des formats courts que des séries longues, en passant par des unitaires, et ce format nous a très vite semblé idéal pour développer une histoire fantastique, cet hommage à Philip K. Dick que nous fantasmions depuis longtemps.

Une fois lancés dans l’écriture, nous avons réellement « embrassé » le format : il aurait été impensable que nous nous contentions d’écrire un long-métrage de trois heures, artificiellement découpé en trois tranches d’une heure.

Dès l’origine, nous avons donc structuré Un Echo en trois parties distinctes, avec pour chacune – nous l’espérons – une forte identité dramatique et thématique, et de « vrais » cliffhangers entre chaque épisode (même s’ils seront diffusés d’affilée).

 

Comme souvent en matière de création, la contrainte formelle s’est révélée être un cadre productif dans lequel notre histoire s’est épanouie.

 

Que permet le format de la minisérie que ne permet pas l’unitaire ou la série traditionnelle ?

 

La minisérie résout une faiblesse de fond de l’unitaire : le manque de temps et d’espace pour traiter les personnages, leur profondeur et leur complexité psychologiques, ainsi que leur évolution sur une période significative.

Nous ne disons pas que c’est impossible avec un format d’une heure et demie, mais c’est en tout cas une frustration que nous ressentons parfois devant des unitaires, et très rarement devant des séries – celles qui, en tous cas, comportent du feuilletonnant. Par ailleurs, le découpage « naturel » par épisode permet de relancer toutes les heures l’adhésion du téléspectateur.

L’avantage de la minisérie par rapport à la série longue est essentiellement une affaire de contrôle. Là où la série est une forme prospective (les auteurs établissent les prémisses de l’histoire sans en connaître nécessairement l’issue qui aura lieu dans 5, 10 ou 15 saisons aux États-Unis, 2 ou 3 en France…), la minisérie, du fait de sa forme bouclée, permet d’envisager l’histoire dans son intégralité (début, milieu, fin).

Cela oblige les auteurs à connaître dès le départ la cohérence de leur histoire et le parcours de leurs personnages. Si Lost avait été une minisérie, elle aurait forcément été moins déceptive sur la fin, le nombre faramineux de portes ouvertes au cours des six saisons rendant impossible un resserrement dramatique satisfaisant.

 

Enfin, du point de vue du diffuseur, la forme de la minisérie permet probablement une diffusion et des rediffusions plus aisées qu’une série longue. Les risques économiques sont moins importants.

 

Travaille-t-on une idée d’œuvre audiovisuelle aussi à partir de son format ?

 

Effectivement, comme nous l’évoquions plus haut. Le fond d’une histoire se construit aussi en fonction de sa forme. Sans entrer dans les détails de notre projet, nous pouvons dire que l’histoire d’Un Echo fonctionne sur trois épisodes mais ne serait pas adaptée à un format 6x52’.

 

N’oublions pas que l’œuvre audiovisuelle, par sa nature même, est le lieu de toutes les contraintes. Aucun autre type d’œuvre – ni littéraire, ni picturale, ni musicale – ne doit, dans son élaboration, composer avec autant d’intervenants, d’individualités, de visions, d’envies… La contrainte est, pour les scénaristes de télé, une donnée. Ils vivent avec elle au quotidien. Ils n’ont pas d’autre choix que de l’apprivoiser et d’en tirer le maximum d’opportunités narratives.

 

Mais est-ce que l’on peut partir du principe que n’importe quelle histoire peut se raconter dans n’importe quel format ?

 

Difficile de répondre à cette question. Tout dépend du degré d’avancement et de précision de l’histoire. Si elle n’est dans notre esprit pas plus aboutie qu’un pitch, disons, oui, cette histoire peut prendre n’importe quelle forme. Mais à mesure qu’elle se précise, que nous savons comment, concrètement, elle va s’incarner, combien de personnages elle mettra en jeu, quels types d’interactions ils auront, quelle est l’ampleur de sa thématique, quelle est sa fécondité dramatique, etc. Une fois que ces éléments, donc, se précisent, nous savons quelle forme cette histoire prendra.

 

Évidemment, si le format est imposé, tous ces éléments sont travaillés pour « être à l’aise » dans le format choisi, ni engoncés dans un format trop court, ni dilués dans un format trop long.

 

Qu’est-ce que la minisérie implique sur l’écriture de la série et en particulier sur son rythme ?

 

Nous ne pouvons parler que de notre expérience sur Un Echo, qui est notre première expérience de minisérie. Pendant la phase de développement, nous avons réalisé que jouer avec les ellipses temporelles, au sein d’un épisode ou entre deux épisodes, produisait des effets intéressants sur un format de 3x52’ (là encore, nous restons volontairement flous pour ne pas déflorer notre histoire et parce qu’au moment où nous parlons certains éléments de notre narration sont encore mouvants).

 

Il nous a aussi très vite semblé évident qu’une minisérie 3x52’ ne pouvait pas être considérée comme un très long-métrage dont le premier épisode serait l’acte 1, le second l’acte 2, et le troisième l’acte 3 : chaque épisode se doit d’être dramaturgiquement cohérent, graduel et surprenant.

Est-ce que l’on va séquencer son scénario de la même manière ?

Nous n’en sommes pas encore à cette étape mais a priori oui. Le séquencier est une étape technique, dont la nature ne change pas quand le format change.

De toute façon, nous ne sommes pas partisans de cette étape. Nous lui préférons le fil à fil (ou « beat sheet » comme disent les Américains) et, surtout, la V1 du dialogué, la première étape d’écriture où l’on a enfin une idée précise de ce que nous avons, et aussi des manques.

 

Le découpage est-il plus ou moins libre ?

 

Pour l’instant, nous avons le sentiment qu’hormis le cadre du format (3x52’), nous avons une grande liberté de narration. Qui se répercute directement sur la manière de découper notre histoire. Nous pouvons user d’ellipses temporelles, de changements de point de vue, accélérer ou ralentir les événements de notre histoire, tout ceci en fonction de l’effet que nous voulons susciter.

 

Dans une série longue, faire un choix de découpage n’est pas anodin: si l’on décide d’introduire un flashback dans le premier épisode, par exemple, le téléspectateur s’attend à ce qu’il fasse partie du contrat implicite passé entre lui et la série, et donc à retrouver des flashbacks de façon récurrente, si ce n’est systématique.

 

Dans un unitaire ou une minisérie, la notion de contrat implicite est beaucoup moins pertinente, voire inexistante. La liberté formelle est d’autant plus grande – sans que ce ne soit nécessairement un bien.

 

Êtes-vous partisan, comme l’a décidé la BBC il y a quelques années, de réduire fortement leurs commandes d’unitaires et d’investir lourdement dans les miniséries (nommés là-bas “serials”) ?

 

Dans l’idéal, il devrait y avoir de la place pour tous les formats. Il y a d’excellents unitaires en France et il serait dommage d’arrêter de les financer, même au profit de miniséries. En revanche, selon nous, l’existence de séries d’épisodes de 90 minutes n’ont plus grand sens aujourd’hui, et n’ont pas leur place dans le paysage audiovisuel.

 

Évidemment, nous sommes pour le développement généralisé des miniséries, moins lourdes financièrement et moins dangereuses stratégiquement pour les chaînes que les séries longues. Les séries longues doivent continuer à exister, bien sûr, et à se développer si possible, mais nous ne pouvons qu’être sensibles à l’extrême difficulté de les amener à l’écran et de les y maintenir.

 

Les miniséries permettraient de tester des auteurs et des producteurs sur des projets ponctuels, mais qui intègrent certains des principes de la série longue, et donc de les former. Les miniséries constituent une bonne école pour apprendre à  faire de la série.

 

(1) : A en juger par vos commentaires sur le précédent article, je me sens obligé de rappeler cette information. La minisérie n’est pas à confondre avec le programme court tel que Scènes de Ménages ou Un gars Une Fille. La minisérie dispose d’épisodes d’une longueur traditionnelle (52 minutes en général) mais elle est surtout bouclée si bien qu’elle ne va pas être renouvelée de manière incessante tant qu’elle fonctionne. Elle raconte un début, un milieu et une fin au sein même de l’œuvre. Pour résumer grossièrement, c’est un long téléfilm épisodique !


Via Virginie Colnel
sitanim's insight:

Trame de rédaction pour le média audiovisuel (Arte) sous forme d'interview. Très intéressant par rapport à l'essor que prennent les chaînes vidéo personnelles (à l'instar de Youtube). Le format court, format d'avenir pour la télévision aussi ?

more...
No comment yet.
Rescooped by sitanim from Communication web professionnelle
Scoop.it!

Tout pour rédiger et concevoir votre futur livre blanc

Tout pour rédiger et concevoir votre futur livre blanc | rédaction | Scoop.it
Ce billet aborde tous les aspects de l'élaboration d'un livre blanc dans un objectif de génération de leads.

Via Bruno TRITSCH
sitanim's insight:

Waouw, voilà tout ce qu'il me fait pour commencer à rédiger mon premier livre blanc !

more...
No comment yet.
Rescooped by sitanim from Création de sites, référencement, ...
Scoop.it!

E-commerce : comment rédiger des fiches produit...

E-commerce : comment rédiger des fiches produit... | rédaction | Scoop.it
Vendre est le mot d’ordre pour tout e-commerçant qui se respecte ! Mais l’approche commerciale diffère fortement entre un magasin physique et une boutique en ligne.

Via Jérôme G
sitanim's insight:

Conseils pour tout rédacteur qui doit se débattre avec des milliers de descriptifs uniques pour des produits en catalogue sur la toile.

more...
Valérie GELE's curator insight, January 9, 2014 9:47 AM

> Maîtrise des caractéristiques principales et secondaires

> Aimer ce que l’on vend

> Connaitre sa cible

> Impact du nom du call to action

> Rechercher ce que tapent vos consommateurs et le faire ressortir dans la fiche produit

> Contenu précis mais concis

> Se mettre à la place du consommateur / Acheteur

Scooped by sitanim
Scoop.it!

Le point sur les métiers du contenu web : Rédaction, Veille, Social Media

Le point sur les métiers du contenu web : Rédaction, Veille, Social Media | rédaction | Scoop.it

Les métiers du web se font de plus en plus nombreux. Rien que pour la partie contenu, on peut les segmenter en trois domaines : rédaction, veille, social media + création + data. Aujourd'hui : la rédaction, la veille et le social media.

sitanim's insight:

Un article éclairant, sous forme d'interview d'une dirigeante d'un cabinet de recrutement très pointu dans les métiers du web à Lyon, sur les définitions de postes et la typologie des profils attendus.

more...
No comment yet.
Rescooped by sitanim from Social Media Curation par Mon Habitat Web
Scoop.it!

Comment rédiger une phrase d’accroche incitative sur les réseaux sociaux ?

Comment rédiger une phrase d’accroche incitative sur les réseaux sociaux ? | rédaction | Scoop.it

Sur les réseaux sociaux, il faut trouver l’équilibre entre en dire suffisamment pour attirer l’attention des lecteurs mais pas assez pour qu’ils aient envie de cliquer pour découvrir la suite. Si votre phrase d’accroche dévoile tout, le lecteur (surtout s’il est en mode lecture rapide de sa timeline twitter) ne prendra pas la peine de cliquer pour lire l’article.

(...)


Via Mon-Habitat Web
sitanim's insight:

Un petit article court mais très pertinent sur le linkbaiting !

more...
Souleymane DIAO's curator insight, December 9, 2013 4:42 AM

@scoopit via @pascalf49