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François Bayrou quitte le gouvernement : "C'est tout à son honneur, une réaction digne", dit @CorinneLepage sur @Europe1

https://twitter.com/Europe1/status/877405022358601728/video/1

 

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En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité

En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité | ReCap21 | Scoop.it

En se désistant des Accords de Paris sur le climat, Donald Trump oublie la Déclaration des droits de l'Homme et de l'Humanité

 

La décision Donald Trump et la réplique planétaire qui en est résultée rendent évidente l'émergence de droits de l'humanité face à la volonté d'un seul homme, fut-il Président des États-Unis.

 

La décision Donald Trump et la réplique planétaire qui en est résultée rendent évidente l'émergence de droits de l'humanité face à la volonté d'un seul homme, fut-il Président des États-Unis.

 

La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 constatait les droits naturels des humains et des citoyens (même si elle oubliait les femmes et les citoyennes) à un moment de l'histoire. C'était le grand espoir de l'abolition des privilèges et l'égalité comme fondements de la société et la nation comme le principe de toute souveraineté. En revanche, la déclaration des devoirs que souhaitait l'abbé Grégoire ne passera pas à la postérité.

 

La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, intervenue après la barbarie fasciste et nazie, a fixé les droits intangibles de toute personne au regard des pouvoirs qui peuvent s'exercer sur elle. Elle demeure une référence juridique indispensable dans un monde où la violence, la tyrannie voire la barbarie sont se banalisent de manière alarmante.

 

Mais la question climatique et plus généralement les défis écologiques et technologiques auxquels l'humanité est aujourd'hui confrontée appellent la reconnaissance de droits pour l'humanité elle-même, tout autant que de devoirs. La guerre que Donald Trump a déclarée à l'humanité tout entière au prétexte de motifs économiques erronés est mue par des raisons profondes d'ordre idéologique. Elle appelle une réponse de la victime désignée, l'humanité. Elle s'exprime dans la volonté affirmée par le Président Emmanuel Macron de renforcer l'application des accords de Paris en coalisant les Etats et en s'appuyant sur l'Union Européenne. Elle se trouve également dans l'alliance climatique entre les états américains de Californie, New York et Washington ont formé pour appliquer les accords et se substituer à l'État fédéral.

 

La réponse se trouve également dans la Déclaration universelle des droits de l'humanité, texte adopté désormais par une dizaine de villes, un État, des régions, mais aussi des organisations de la société civile, organisations non gouvernementales, barreaux et bientôt entreprises. Cette déclaration universelle répond à la nécessité que ces droits soient reconnus au niveau international c'est-à-dire par l'Organisation des Nations Unies. Son texte a été adressé voici un an par l'ancien Président Hollande pour solenniser le droit de l'humanité à sa survie, à la préservation des ressources indispensables à la vie sur terre, à la paix et au développement. Ce droit a pour contrepartie la responsabilité des générations présentes à assumer leurs devoirs , ce qui signifie l'obligation pour ceux qui en ont le pouvoir d'assurer l'exercice des droits collectifs et des générations à venir.

La décision violente de Donald Trump a immédiatement soulevé un mouvement universel de révolte et de réprobation, y compris à l'intérieur des Etats-Unis. Cette réaction est salutaire et prometteuse. Elle démontre l'urgence de reconnaître cette charte de droits et de devoirs, qui, sous une forme souple, établira pour ce siècle, les droits et devoirs indispensables à la pérennité de notre espèce et au maintien de conditions de vie dignes et soutenables sur la planète

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

 

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Invité du matin - Corinne Lepage: «Dans une démocratie il faut une opposition»

Invité du matin - Corinne Lepage: «Dans une démocratie il faut une opposition» | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage, présidente du mouvement Cap21, ancienne ministre de l'Environnement et soutien d'Emmanuel Macron, est l'invitée du matin ce mardi 16 mai à 7h50 (heure de Paris) et répond aux questions de Frédéric Rivière.

« C'est la richesse des différences qui doit permettre de faire des synthèses que jusqu'à présent nous n'avons jamais été capables de faire dans notre pays. »

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Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net

Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net | ReCap21 | Scoop.it

FOCUS – Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et présidente du Rassemblement Citoyen – Cap 21 était en visite à Grenoble ce mercredi 19 avril. Une visite de soutien à Emmanuel Macron, quelques jours avant le premier tour de la présidentielle. L’occasion pour Corinne Lepage de rencontrer des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), de la santé et de l’environnement ainsi que les comités et les militants du mouvement En Marche !    

 

La salle du Gazzetta Caffé bondée pour la venue de Corinne Lepagee. © Joël Kermabon – Place Gre’net Il fallait se serrer et jouer des coudes pour assister à la réunion qui s’est déroulée ce mercredi 19 avril au Gazzetta Caffé, le restaurant italien situé à deux pas de la gare de Grenoble. La raison de ce rassemblement de près de 100 personnes ? La venue de Corinne Lepage, en soutien à Emmanuel Macron dans le cadre de la présidentielle.

 

 Une rencontre avec la présidente du Rassemblement Citoyen – Cap 21, ancienne Ministre de l’environnement et députée européenne, qui s’est faite à l’initiative de Stéphane Gemmani, conseiller régional Cap 21 et de Didier Rambaud, porte-parole isérois d’Emmanuel Macron.   L’occasion de répondre aux questions de potentiels électeurs sur le programme  d’Emmanuel Macron concernant le social, la santé et l’environnement. Mais également de prendre la température du terrain à travers les retours des comités locaux du mouvement En Marche !       Des échanges sur l’ESS, la santé et l’environnement    

 

Dans la salle bondée, des acteurs de l’Économie sociale et solidaire (ESS), de la santé ou de l’environnement côtoient des membres de comités locaux isérois. D’autres représentants ont fait le déplacement depuis des localités ou départements limitrophes. Notamment les collectifs de défense des droits de la femme Elles marchent.  

 

Militants des comités et citoyens prennent la parole. © Joël Kermabon – Place Gre’net   Également présents en nombre, des citoyens pour la plupart déjà acquis à la cause. Ou encore des indécis venus là pour en savoir plus, ainsi que quelques personnalités politiques locales. À commencer par Olivier Véran, candidat PS aux législatives sur la première circonscription de l’Isère, qui a rallié le camp Macron au courant de ce mois de février.   Corinne Lepage et Stéphane Gemmani© Joël Kermabon – Place Gre’net Une rencontre en deux temps dont le premier – consacré aux échanges sur les thèmes de l’économie sociale et solidaire, de la santé et de l’environnement – a constitué l’essentiel.   Prudent, Stéphane Gemmani a désamorcé d’emblée toute velléité d’entrisme ou de vouloir ratisser large.   « Il y a ici des personnes qui votent pour Mélenchon ou qui vont voter pour Hamon que je n’ai aucune intention de convertir. L’idée c’était qu’ils puissent poser les bonnes questions parce que ces préoccupations liées à l’environnement leur paraissent importantes. »       « Le mouvement doit évoluer vers quelque chose de concret »     Différentes thématiques ont ainsi été abordées pendant près de deux heures d’échanges parfois vifs, notamment sur le nucléaire. Au nombre des questions posées à Corinne Lepage, l’alimentation bio à l’école, la politique agricole, la place des femmes en politique, les questions internationales, la santé avec les perturbateurs endocriniens…

Avant que les différents représentants des comités de “marcheurs” ne prennent la parole à leur tour et fassent part de leurs expériences respectives du terrain à Corinne Lepage.   Stéphane Gemmani anime les débats. © Joël Kermabon – Place Gre’net « Je crois que c’était important que Corinne Lepage qui a une place importante dans le dispositif échafaudé par Emmanuel Macron [déléguée nationale du mouvement En marche !, ndlr] puisse entendre et faire remonter ces échos du terrain au niveau national auprès d’Emmanuel Macron directement », explique Stéphane Gemmani.   Qui est convaincu qu’il ne faut pas en rester là. « Il ne faut pas que ce soit un “one shot”, le mouvement doit évoluer vers quelque chose de concret », estime-t-il encore. Dans sa ligne de mire : la structuration du mouvement, afin de construire, dès la fin de l’élection présidentielle, la majorité parlementaire solide dont a besoin Emmanuel Macron.   Pour cela, haro sur les cumulards ! « On ne peut pas courir plusieurs lièvres à la fois, il faut nous appliquer à nous mêmes le non-cumul des mandats, dans le nombre et dans le temps », souligne le conseiller régional, persuadé que cette promesse est pour beaucoup dans la dynamique du mouvement.       « En Marche ! avec 250 000 personnes est le premier parti de France »     À quelques jours du scrutin, l’optimisme règne dans le camp des marcheurs convaincus d’une victoire prochaine. Didier Rambaud, maire du Grand-Lemps désigné par Emmanuel Macron comme référent départemental pour son mouvement en Isère, ne cache pas son enthousiasme. « Je revendique aujourd’hui, au nom du mouvement, plus de 4 000 adhérents en Isère. Avec plus de 50 comités locaux constitués nous sommes les seuls à être aussi présents partout, ce qui fait de nous la première force politique du département. »   Corinne Lepage entourée notamment de Aline Kozma, Pascale Modelski, Stéphane Gemmani. © Joël Kermabon – Place Gre’net   Corinne Lepage ne dira pas autre chose pour ce qui concerne l’échelon national. « En Marche ! aujourd’hui avec 250 000 personnes est de très loin le premier parti de France », se félicite la déléguée nationale. Un succès qui ne doit rien au hasard, selon elle persuadée que « la méthodologie choisie est tout à fait remarquable ». Et de s’en expliquer. « C’est un parti qui repose sur ses comités et ses militants qui ont organisé d’innombrables réunions partout en France, des milliers par semaine. »   « Les partis politiques traditionnels sont très desséchés, ce sont généralement des partis de cadres avec peu de militants. Avec En Marche, c’est tout le contraire, peu de cadres et beaucoup de militants. L’idée c’est qu’on n’attend pas les instructions d’en haut mais on fait comme on l’entend, en bas ! », tacle l’ex-ministre.       « C’est un formidable bol d’oxygène pour les femmes qui nous ont rejoints »     Des représentants des comités interpellent Corinne Lepage. © Joël Kermabon – Place Gre’net Une envie de faire et de s’investir dans laquelle les femmes on su trouver leur place souligne encore Corinne Lepage. « C’est un formidable bol d’oxygène pour énormément de femmes qui nous ont rejoint et qui considéraient que la politique ce n’était pas pour elles. L’idée de la parité et de la place de la femme dans cette campagne est quelque chose de très important. »   « Les femmes se sont lancées, elles se sont structurées et on ne peut plus les arrêter », témoigne Aline Kozma à l’origine de la création, avec Pascale Modelski et Nathalie Benhamou, du collectif Elles marchent 38. Qui nous explique la démarche employée par le collectif pour que les femmes aient encore plus de poids dans cette campagne électorale.   Lecteur audio 00:0000:00Utilisez les flèches haut/bas pour augmenter ou diminuer le volume.     Pascale Modelski avec derrière elle Aline Kozma du collectif Elles marchent. © Joël Kermabon – Place Gre’net Quid des actions entreprises par la vingtaine de collectifs Elles marchent recensés en France ? « Nous avons organisé des débats sur l’égalité professionnelle, sur la conciliation vie privée – vie familiale, sur les violences faites aux femmes ainsi que sur la place des femmes en politique », explique Aline Kozma.   Pour qui mutualiser les compétences est également l’un des objectifs poursuivis par les collectifs « afin de pouvoir répondre au mieux à toutes les questions qui se posent dans la vie quotidienne des femmes ».       Le général De Gaulle à la rescousse     Corinne Lepage estime que la victoire est à portée de main. Le dépassement du clivage droite-gauche ? « Quand on voit que des gens de centre droit, de gauche, de centre gauche appellent à voter pour Emmanuel Macron […] on voit bien que ça répond à une vraie demande de nos concitoyens », estime-t-elle. « Nos concitoyens en ont ras le bol […] Nous ne sommes pas dans un système binaire où tout est bien d’un côté et tout est mal de l’autre », répond encore Corinne Lepage.   Corinne Lepage et Stéphane Gemmani. © Joël Kermabon – Place Gre’net Et d’appeler le  général De Gaulle à la rescousse qui, sur ce thème de la cohésion nationale, a déclaré un jour « Je prends le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche », pour affirmer qu’Emmanuel Macron « est tout à fait dans cette ligne là ». Tout en réfutant les assertions selon lesquelles En Marche ! ferait figure de girouette.   C’est Stéphane Gemmani qui monte au front en utilisant un subtil distinguo : « le mouvement n’est pas centriste mais central ! » Quant au programme du candidat à la présidence, Corinne Lepage n’y va pas par quatre chemins, ce qui l’a séduite c’est avant tout son côté concret, pragmatique.   Lecteur audio 00:0000:00Utilisez les flèches haut/bas pour augmenter ou diminuer le volume.    

 

Joël Kermabon

Source : article Corinne Lepage “contre le clivage gauche-droite”, à Grenoble pour soutenir Macron | Place Gre'net - Place Gre'net

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De passage à Toulouse, Corinne Lepage se recueille devant le mémorial AZF avec quelques amis de Cap21/LRC Toulouse

De passage à Toulouse, Corinne Lepage se recueille devant le mémorial AZF avec quelques amis de Cap21/LRC Toulouse | ReCap21 | Scoop.it

Pierre Cabaré, Olga Rougeot et quelques amis entourant Corinne Lepage devant la stèle AZF
«Je ne peux pas venir à Toulouse sans penser à AZF. Je suis passée un instant à la stèle en arrivant» a confié Corinne Lepage. La présidente du Rassemblemen

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Nice-matin / A Cannes, Corinne Lepage promeut l’environnement pour Macron

Nice-matin / A Cannes, Corinne Lepage promeut l’environnement pour Macron | ReCap21 | Scoop.it

Une centaine de personnes est venue rencontrer Corinne Lepage et évoquer le volet « environnement et parité » du mouvement « En marche » qu’elle a rallié début janvier.

 

Ils s’étaient croisés à Lyon au meeting d’Emmanuel Macron et avaient sympathisé.

Une semaine plus tard, Corinne Lepage, avocate, ex-ministre de l’environnement et Philippe Buerch, délégué régional de La Droite avec Macron se sont retrouvés hier côte à côte sur la terrasse du Five Seas à Cannes. Avec eux, la centaine de convives du déjeuner-débat justement organisé par Philippe Buerch et Richard Perrin, délégué département En Marche 06. « Au sein de En Marche, nous pensons que les rassemblements comme celui-ci sont un signal politique fort. Si, venant d’horizons divers, nous sommes aux côtés d’Emmanuel Macron, c’est d’abord parce qu’il a entrepris de réhabiliter l’idée de progrès, vieux concept mais toujours une idée neuve. Antidote contre le déclinisme, la désespérance et l’absence d’espoir… » a justement rappelé Philippe Buerch au moment d’ouvrir le débat sur l’écologie et d’introduire Corinne Lepage.

Cette dernière a effectivement évoqué durant un moment le volet environnement du candidat Macron (lire notre interview en pages d’informations générales) qu’elle a décidé de soutenir en janvier. Mais elle a souhaité insister en préambule sur le risque de voir Marine Le Pen arriver au pouvoir.

« Ce n’est pas un risque gigantesque mais il existe. D’ailleurs, depuis une dizaine de jours – et c’est la première fois que cela arrive – certains partenaires étrangers de la France retirent leurs fonds. Car pour la première fois, ils craignent de voir la France tomber aux mains du FN… » a-t-elle commencé avant d’exhorter : « Nous avons, nous au sein du mouvement En Marche, la responsabilité d’éviter cela. Et ce, en faisant élire Emmanuel Macron… »

C. B.

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#ParlonsVrai : Halte au feu démocratique

#ParlonsVrai : Halte au feu démocratique | ReCap21 | Scoop.it

La classe politique française n’aime pas la justice et la France a bien du mal à s’inscrire dans un État de droit.

 

Dans le pays de Montesquieu, le pouvoir judiciaire n’est pas reconnu puisqu’il ne s’agit dans la Constitution que d’une Institution judiciaire. Les gouvernements successifs n’ont cessé de réduire les moyens de la justice d’où des lenteurs procédurales inacceptables dans un pays démocratique, des conditions de travail moyenâgeuses et un manque criant de magistrats en particulier dans les affaires qui retiennent l’attention médiatique : affaires politiques ou financières, affaires sanitaires et environnementales.

Cette situation a permis d’instaurer une forme d’impunité pour les dirigeants politiques comme du reste pour les grands dirigeants économiques, en raison de la lenteur de procédures particulièrement alambiquées, qui conduisent, dans les meilleurs cas, à des décisions 10 ans, 15 ans, 20 ans après les faits sauf quelques exceptions comme l’affaire Cahuzac.

 

Lors de cette élection présidentielle très particulière, nous assistons à la collision entre des pratiques indignes d’un pays démocratique et les difficultés habituelles de l’institution judiciaire. Lorsque, aux États-Unis, il a été question que Hillary Clinton soit poursuivie pendant la campagne présidentielle pour ses mails, personne n’a remis en cause le droit pour la justice de s’intéresser à une infraction potentielle y compris pendant la période électorale. En France, il faudrait que la justice s’arrête pour permettre à l’impunité temporaire de l’emporter au motif que nous sommes en période électorale. Ainsi, serait-il préférable d’élire une personnalité susceptible d’être ultérieurement condamnée et sur la tête de laquelle pèserait durant tout son mandat ce risque plutôt que de laisser la justice faire son travail et permettre aux électeurs de voter en connaissance de cause.

La courte échelle que François Fillon et Marine Le Pen sont en train de se faire pour contester la justice, et en ce qui concerne la candidate frontiste pour la menacer (ce qui pose évidemment un problème pour une personne prétendant être la garante des institutions), est un danger majeur pour la démocratie. Les menaces à l’égard des magistrats qui feraient leur travail, le refus de Marine Le Pen de répondre à une convocation, alors même que la Cour de Justice de l’Union européenne a eu l’occasion de se prononcer sur le bien-fondé de la réclamation faite à l’encontre des dirigeants frontistes par le Parlement européen pour le remboursement des salaires, constituent des actes extrêmement graves qui s’éloignent dangereusement du système démocratique.

Bref, la situation présente conduit à deux conclusions : d’une part, le renforcement de l’indépendance de la justice est un impératif de telle sorte que des invectives navrantes comme celle que nous entendons aujourd’hui ne puissent plus se produire. Cela passe par la reconnaissance d’un pouvoir judiciaire dans la Constitution, l’indépendance du parquet, le renforcement de l’indépendance du Conseil Supérieur de la Magistrature et des moyens convenables pour travailler. D’autre part, le comportement d’un certain nombre d’hommes et de femmes politiques, qui prennent leurs concitoyens pour des imbéciles et considèrent que la fonction politique les met au-dessus de la justice alors qu’elle ne fait qu’exiger plus de leur part, est indigne de notre pays. Pour s’en convaincre, il suffit du reste de lire la presse étrangère pour laquelle nous sommes devenus un exemple de république bananière.

 

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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“La Ve République s’est transformée en prise de pouvoir par les partis.”

“La Ve République s’est transformée en prise de pouvoir par les partis.” | ReCap21 | Scoop.it

Ce qu’il faut retenir de l’interview de Corinne Lepage sur RCF

 

L’ancienne Ministre de l'Environnement Corinne Lepage répond aux questions de Béatrice Soltner à l’occasion de la sortie de son ouvrage Tous président!. Pour elle, la politique est “plus nécessaire que jamais” dans un contexte de grande méfiance envers les institutions. Refusant le procès en populisme - “l’injure du populisme est un moyen de défense pour la classe politique pour qu’on ne l’attaque pas” - Corinne Lepage présente des solutions au déficit démocratique dont souffrent selon elle les institutions françaises et européennes. “Le populisme est beaucoup plus dans les solutions qui sont proposées que dans la critique du système”, assure-t-elle.

 

Selon Corinne Lepage, “il y a une critique de l’Europe qui est justifiée”. Elle évoque le “pantouflage” de certains hauts responsables de l’Union Européenne, tel José Barroso, ancien président de la Commission Européenne et désormais conseiller dans la banque américaine Goldman Sachs. L’ancienne eurodéputée fustige “une Europe qui s’est délitée” et fait valoir que “le Parlement Européen, qui est le seul organe démocratique (...) [dans l’UE],  a peu de pouvoir (...) au regard du Conseil [Européen] et de la Commission [Européenne]”. C’est pourquoi, selon elle, “on peut comprendre (...) [la] désaffection” des Européens pour la construction européenne.

 

Face au “ras-le-bol immense” des citoyens “à l’égard de la manière dont les décisions se prennent”, Corinne Lepage identifie différentes solutions, notamment les “nouvelles technologies de l’information et de la communication” ou encore l’usage du référendum. Elle soutient cette dernière solution à condition que les consultations soient “fréquent[e]s”, ce qui leur permet de ne pas être assimilables à de simples plébiscites, et à condition qu’il y ait des vraies campagnes d’information en amont du vote. Enfin, pour Corinne Lepage, “faire de la politique c’est se mettre à la disposition des autres” et donc la politique ne doit pas permettre de faire carrière. “Il faudrait un statut de l’élu”, continue-t-elle, ainsi que des possibilités de “mise en disponibilités” des salariés pour la vie publique. Elle exige également “qu’il y ait réellement des ministres de la société civile au gouvernement”.


Pour Corinne Lepage, la Ve République s’est “transformée en prise de pouvoir par les partis”. Interrogée à ce sujet sur sa volonté ou non de fonder une “VIe république”, comme l’exigent plusieurs candidats aux élections présidentielles, elle dit estimer que le pays est “dans une telle difficulté” qu’il est impossible pour le moment de “[s’]offrir le luxe d’être en phase de discussion sur une nouvelle constitution” pendant “deux ans”. Toutefois, elle affirme qu’il est souhaitable “de se donner le mandat d’un président qui veut changer la constitution”.

 

Écrit par JBeley

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#ParlonsVrai : jusqu’où l’impudence ?

#ParlonsVrai : jusqu’où l’impudence ? | ReCap21 | Scoop.it

Ainsi les députés viennent-ils de voter une disposition qui met un terme à une jurisprudence constante de la Cour de cassation sur l’abus de bien social et sa prescription.

 

Les infractions dissimulées (généralement financières qu’il s’agisse de fonds publics ou de fonds privés) ont pour particularité de faire l’objet de montages sophistiqués, recourant souvent à des comptes offshore, dont l’objectif est évidemment de rester cachés. Leur découverte est donc très aléatoire, fruit de dénonciations, de divorce, de conséquences secondaires d’autres procédures etc. La Cour de cassation avait donc fixé un principe clair au terme duquel dans les affaires d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics ou privés, la prescription ne courait qu’à compter de la découverte et non pas de la commission d’infraction. Cette jurisprudence avait évidemment pour effet de rendre insécure la situation des délinquants qui ne pouvaient pas s’estimer tranquilles une fois passé le délai de prescription des délits qui était alors de 3 ans.

C’est ce principe que l’Assemblée nationale vient de renverser en créant un délai de prescription de 12 ans, ce qui est assez long, mais les exemples sont nombreux compris dans l’actualité pour constater que les faits peuvent mettre plus de 12 ans à être connus.

Ce vote qui correspond à une demande très ancienne et très constante d’une partie des chefs d’entreprise, arrange bien le monde politique. C’est inadmissible à plus d’un titre. D’une part, la délinquance financière fait l’objet d’une mesure de clémence alors que dans le même temps la prescription pour les autres crimes et délits est rallongée dans le temps. Le deux poids deux mesures s’impose donc comme une règle qui visiblement ne choque pas les parlementaires. En second lieu, ce vote intervient en plein Penelopegate, ce qui ne peut que conforter l’atmosphère nauséabonde qui enveloppe aujourd’hui la classe politique, renforçant encore un peu plus l’idée que celle-ci s’auto-protège et se vote les textes qui lui conviennent. A un moment où, au contraire, les députés devraient rechercher les moyens de recréer la confiance, de fixer des règles plus rigoureuses en accord avec la demande sociale, le signal qui est donné va directement en sens inverse. Enfin, cette manière de faire s’inscrit dans le « droit dans les bottes » qu’affichent un certain nombre d’élus. Ils ne sont pas comptables à l’égard des citoyens des sommes qu’ils gèrent et qui leur sont remises ; ils n’ont pas de compte à rendre du fait de la séparation des pouvoirs.

Tout ceci est totalement déconnecté du souhait de la société et surtout des pratiques des principales démocraties européennes. Ce vote est une faute politique majeure.

 

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#ParlonsVrai : la démocratie en péril !

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Le déroulé de l’affaire Fillon est un vrai péril démocratique. Distillées de semaine en semaine, les péripéties financières de la famille Fillon jettent le discrédit non seulement sur les personnes mais également sur le fonctionnement du système démocratique.

Même si c’est légal, ce que la justice dira, c’est inacceptable sur le plan moral et par voie de conséquence si le système démocratique l’accepte, c’est qu’il n’est pas moral c’est-à-dire pas conforme aux règles que la société française estime aujourd’hui être éthiques. Ce rejet est bien entendu du pain béni pour Marine Le Pen bien que celle-ci et son parti aient tout autant profité du système. Le Parlement européen, qui a moins de bienveillance pour les parlementaires que le Parlement français, la poursuit et la poursuivra jusqu’au bout comme les autres parlementaires FN concernés par l’utilisation indue de fonds communautaires pour financer des personnes ayant des activités sans aucun rapport Parlement européen.

La réponse n’est évidemment pas dans le bâillon que certains voudraient mettre à la presse ni dans l’attaque de l’institution judiciaire dont certains voudraient réduire l’indépendance durement conquise. Elle n’est pas davantage dans le retrait du candidat de la droite qui en réalité a pris son camps en otage et fait désormais une affaire personnelle de son maintien dans la course présidentielle. Elle est dans un changement des règles du jeu que nous sommes nombreux à avoir depuis longtemps proposées : statut du parlementaire, remboursement de frais sur justificatifs, interdiction d’employer les membres de sa famille, interdiction de cumul d’activités… elle est aussi dans un autre rapport aux deniers publics.

 

La gabegie, les fautes de gestion régulièrement constatée par la Cour des comptes et jamais sanctionnées sont intolérables dans un pays endetté comme le nôtre, où le chômage est si élevé et où la pression fiscale bat tous les records. Il n’existe pas de la part des décideurs publics de respect pour les deniers publics et cet irrespect est devenu insupportable. Il se traduit aussi dans la forme de mépris qui consiste à dire qu’un parlementaire peut utiliser comme il le veut l’argent public et que la séparation des pouvoirs exclut qu’un compte quelconque lui soit demandé.

L’image que la France donne actuellement au niveau international est une catastrophe collective dont nous supporterons tous les conséquences, à commencer sur le plan économique. La campagne présidentielle devrait précisément être l’occasion de changer les règles du jeu préalable indispensable au rétablissement de la confiance entre les Français et leurs dirigeants.

 

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#ParlonsVrai : arrêtez de banaliser le FN.

#ParlonsVrai : arrêtez de banaliser le FN. | ReCap21 | Scoop.it
Marine Le Pen © AFP

Il est indéniable que le résultat de la présidentielle est extrêmement ouvert.

Mais pour autant, présenter des sondages comme si Marine Le Pen était obligatoirement au deuxième tour traduit exactement les mêmes travers que ceux qui se sont produits pour les deux primaires des républicains et du PS. Le duo de deuxième tour n’a eu lieu. Les sondages devraient donc offrir d’autres deuxièmes tours et mesurer la capacité des différents candidats capables d’être au deuxième tour de battre Marine Le Pen si en définitive elle y figurait. Ce serait déjà un bon indicateur du candidat le mieux à même d’assurer l’échec de la Candidate du Front National.

 

En second lieu, il serait bon que l’accent soit mis sur le programme économique et social de Marine Le Pen, aussi incohérent que celui de Jean-Luc Mélenchon et dont certaines orientations sont très voisines sur l’Europe notamment. Le caractère totalement irréaliste, non financé, des propositions devraient faire l’objet d’un questionnaire systématique de la part des intervieweurs.

 

En troisième lieu, les vieilles lunes du Front National et la proximité entre le discours de la fille et celui du père devrait être beaucoup plus soulignée. De même, les comportements, les cris de haine des meetings doivent être soulignés car ils rappellent fâcheusement des souvenirs qu’on voudrait bien oublier. Enfin, au concours du « plus c’est gros, plus ça passe » un Pinocchio d’or devrait être attribué à Marine Le Pen et ceux qui l’entourent. En commençant par Florian Philippot qui trouve inadmissible le maintien de François Fillon qui pour le moment n’est pas incriminé, mais affirme haut et fort que si elle est mise en examen Marine Le Pen ne retira pas sa candidature. De même, prétendre se battre contre le fric de droite et le fric de gauche quand on participe de la PME Le Pen (voir pour plus d’informations « Dans l’enfer de Montretout » par Olivier Beaumont), il faut oser. Pourtant, personne ne se risque à poser de questions… sauf la Haute autorité pour la transparence ce qui lui a valu une plainte bonne et due forme de Madame Le Pen… un scandale assez inaperçu.

 

Mais la responsabilité de cette banalisation est aussi politique. Maintenant que l’UMPS a volé en éclats, il n’est plus possible de crier au complot de ces deux entités. Dès lors comment expliquer que tous les responsables politiques n’aient pas immédiatement répliqué à l’affirmation de Marine Le Pen selon laquelle, en cas de victoire, elle constituerait un gouvernement d’union nationale. Il faudrait au contraire affirmer haut et fort qu’aucun responsable politique appartenant à une formation républicaine ne participerait un tel gouvernement qui ne pourrait donc se prévaloir de quelque unité nationale que ce soit.

Chacun a sa responsabilité dans l’histoire qui est en train de s’écrire et qui sera lourde de conséquence dans l’hypothèse heureusement très faible que Marine Le Pen gagne la présidentielle

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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#ParlonsVrai : de quoi les débats autour de la loi littorale sont-ils le signe ?

#ParlonsVrai : de quoi les débats autour de la loi littorale sont-ils le signe ? | ReCap21 | Scoop.it
La Faute-sur-Mer après le passage de la tempète Xynthia 

 

Les députés n’ont finalement pas massacré la loi littorale comme les sénateurs le proposaient.

Ils ont néanmoins facilité l’implantation d’activités en bordure du rivage , permis l’urbanisation dans les dents creuses et définit le hameau permettant ainsi des interprétations pour favoriser l’urbanisation. Comment comprendre cette folie d’un certain nombre d’élus menés en particulier par l’Anel (association nationale des élus du littoral) pour vouloir à tout prix construire le plus possible en bord de rivage alors que dans le même temps les modifications apportées par la loi ont pour objectif de prendre en compte la transformation du trait de côte et les risques de submersion auxquels nous sommes exposés dans les toutes prochaines années ?

 

La loi littorale a fêté ses 30 bougies, et il y a plus de 20 ans lorsque j’étais ministre, les pressions s’exerçaient déjà pour que cette loi soit modifiée de manière à favoriser une urbanisation plus large. La loi littorale n’a pas empêché le saccage de la majeure partie de la Côte d’Azur et c’est grâce à la ténacité des tribunaux administratifs de Rennes et Nice en particulier et encore plus précisément grâce à certains magistrats qui l’ont payé très cher, qu’une jurisprudence rigoureuse s’est mise en place et a permis de sauvegarder ce qui pouvait encore l’être.

 

Mais aujourd’hui, la question n’est pas seulement esthétique ; elle n’est pas seulement celle de la protection des cordons dunaires, de la faune et la flore. Elle est aujourd’hui celle des vies humaines.

L’affaire de la Faute sur mer n’est malheureusement pas la première du genre a démontré le drame auquel conduisait la construction en zone dangereuse. Ce n’est qu’un début dans la mesure où la mer avance inexorablement, où le niveau des eaux s’élève déjà et où les prévisions sont catastrophiques pour notre siècle. L’heure est à se poser les questions de la sécurisation des immeubles existants, de la destruction de ceux qui ne peuvent être sécurisés et d’une réflexion générale sur la construction hors zone inondable.

Dans ces conditions, comment comprendre la volonté des parlementaires d’assouplir les règles de construction en zone littorale ? Cette question est une interpellation sur le sens des priorités, sur la compréhension de la réalité du phénomène de dérèglement climatique et de ses conséquences, d’adaptation aux situations nouvelles du XXIe siècle. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, s’opposent les personnes du Nouveau Monde et celles de l’ancien monde, qui restent calées sur une rentabilité immédiate pour les promoteurs, et oublient totalement les coûts à venir pour les humains comme pour les collectivités publiques qui devront aider à assumer à terme les déménagements et les destructions.

Ce débat un peu surréaliste autour de la loi littorale révèle dans ce domaine comme dans d’autres que le court terme, la mauvaise appréciation des coûts et le manque de discernement dans les priorités restaient monnaie courante.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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Démission de François Bayrou: « C'est une bonne décision qui l'honore », estime Corinne Lepage

Démission de François Bayrou: « C'est une bonne décision qui l'honore », estime Corinne Lepage | ReCap21 | Scoop.it

L'avocate et ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage a salué ce mercredi dans Bureau de vote, sur RMC, la décision de François Bayrou de démissionner du gouvernement d'Edouard Philippe.

Il n'y aura plus de ministres du MoDem dans le nouveau gouvernement qu'Edouard Philippe doit annoncer d'ici ce mercredi soir. Après Sylvie Goulard mardi, c'est Marielle de Sarnez et François Bayrou qui ont démissionné du gouvernement. "J'ai pris la décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement", a simplement déclaré le désormais ex-ministre de la Justice, dont le parti, le MoDem, est visé par une enquête préliminaire sur des soupçons d'emplois fictifs. "Je ne sais pas s'il quitte le gouvernement de son plein gré (…), mais c'est une bonne décision qui honore François Bayrou", a réagi l'ancienne ministre Corinne Lepage, invitée de Bureau de vote sur RMC.

 

"Éthiquement bien"

"Cela fait déjà quelques jours qu'avec des magistrats nous soulignions la difficulté qu'il y avait, pour quelqu'un qui est Garde des Sceaux, patron du parquet, de se trouver concerné par une affaire qui faisait l'objet d'une enquête préliminaire. Et puis il y avait le fait de porter la loi de moralisation publique qui implique une forme d'exemplarité. Ce que fait Bayrou en quittant le gouvernement est éthiquement bien. Il était dans une situation plus délicate que Sylvie Goulard".

Corinne Lepage a d'ailleurs salué l'attitude de l'ex-ministre des Armées, qui a démissionné mardi, 24 heures avant les départs de Marielle de Sarnez et de François Bayrou. "Elle veut prouver sa bonne foi, et elle y arrivera", estime-t-elle.

"Cette affaire j'en parlais dès 2014, mais ça n'intéressait pas grand monde"

La présidente de CAP21 rappelle qu'elle avait évoqué cette affaire d'emplois fictifs présumés d'assistants parlementaires dès 2014, dans son livre Les mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir (éd. Autrement). "Mais bon, à l'époque cela n'intéressait pas grand monde", a-t-elle ironisé. "Dans mon livre j'avais pris l'exemple, pour illustrer le mauvais fonctionnement des partis politiques, de ce que faisait le Front National au parlement européen, et il y avait 10 lignes consacrées au Modem".

 

 

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Corinne Lepage : “la situation de François Bayrou est très délicate”

Corinne Lepage : “la situation de François Bayrou est très délicate” | ReCap21 | Scoop.it

EXCLU VALEURS. Soutien d’Emmanuel Macron, Corinne Lepage a publié en 2014 Les mains propres, ouvrage dans lequel elle dénonçait les agissements de François Bayrou, qui aurait eu recours à des emplois fictifs. Interview sans concessions.

Comment avez-vous réagi lorsque François Bayrou et Marielle de Sarnez ont été nommé au gouvernement, au regard des faits que vous avez dénoncé ?

J’ai trouvé logique que François Bayrou, qui a soutenu Emmanuel Macron, entre au gouvernement. Mais la présence de Marielle de Sarnez surreprésente le MoDem. Je ne suis pas persuadée que la chancellerie ait été le ministère le plus opportun à attribuer à François Bayrou…

J’ai également trouvé absolument scandaleux l’accord d’appareil qui a eu lieu entre En Marche et le MoDem et tout à fait inadmissible le nombre de circonscriptions qui lui ont été donné, au détriment de mouvements qui avaient rejoint beaucoup plus tôt comme celui de Jean Arthuis, de Jean-Marie Cavada, ou CAP21.

Les révélations dans votre livre Les mains propres datent de 2014. Pourtant, à l’époque, c’est passé inaperçu…

En 1997, je dénonçais les blocages de l’administration. En 2011, je disais qu’Areva allait tomber en faillite. Personne ne l’avait relevé. Quand j’ai écrit ce livre sur la corruption, je me rendais compte que l’état d’exaspération des Français allait entraîner une explosion qui est arrivée en 2017.

 

L’affaire Ferrand, l’affaire Sarnez et le silence de François Bayrou… cela commence à faire beaucoup, non ?

Le silence de François Bayrou ! Il est à géométrie variable puisqu’il a twitté très vite pour soutenir Marielle de Sarnez … Un Garde des Sceaux n’a pas à faire cela. Surtout quand il prend soin de lire en conférence de presse les dispositions du code pénal qui excluent une intervention directe du Garde des Sceaux.

 

Afficher ce soutien, c’est une erreur politique ?

C’est en tous cas à minima très maladroit. Je comprends l’irritation des magistrats. Autant je peux comprendre que le ministre de la Justice ne veuille pas intervenir dans une affaire personnelle, comme pour l’affaire de Ferrand, autant je comprends mal le deux poids deux mesures.

 

On pensait pourtant qu’après l’affaire Cahuzac et la création de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, les affaires auraient été évitées…

La Haute Autorité joue un rôle majeur. Elle a vérifié le patrimoine des élus, leur déclarations fiscales, elle ne peut pas aller au-delà. Derrière cette question, il y a le passé. Que fait-on du passé ? Comment le traite-on ? une amnistie est impensable et donc des irrégularités du passé sont inéluctables.

 

Comment, justement, peut-on traiter le passé de François Bayrou ? Sa situation n’est-elle pas très délicate ?

Oui elle l’est, dans la mesure où il est mis en examen. Certes, c’est pour une affaire de diffamation, et donc dans le cadre d’une mise en examen automatique. Mais la question de fond demeure. Dans toute procédure pénale, le parquet est présent. Qui est le patron du parquet ? Le Garde des Sceaux (silence). Il y a donc une difficulté. Il en irait de même en cas d’investigation sur le MoDem dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte.

 

Peut-on réussir à moraliser la vie publique ?

Le problème est le mot moraliser. Si nous étions suédois, nous ne nous poserions même pas toutes ces questions. Une faute, même mineure, entraîne la démission. Il faut également savoir qu’il y a déjà eu douze lois de moralisation. Le problème est beaucoup plus profond. Soyons honnêtes : le projet de loi est un progrès mais il y a des “trous dans la raquette” : casier judiciaire vierge, micro- parti, financement des partis, pouvoirs de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques...

 

Emmanuel Macron doit-il sortir de son silence ?

La conception du pouvoir qu’a le Président Emmanuel Macron est très gaullienne. Vous imaginez le général De Gaulle s’occuper d’une telle affaire ? Comme l’a dit M. Castaner, “chacun à sa place”.

 

Propos recueillis par Pierre Dumazeau

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Trois mesures sans lesquelles la loi sur la moralisation de la vie publique sera inefficace

Trois mesures sans lesquelles la loi sur la moralisation de la vie publique sera inefficace | ReCap21 | Scoop.it
La salle des Quatre Colonnes à l'Assemblée Nationale.
 

Si cette loi se limite à satisfaire une vision passéiste et étriquée du sujet, ce sera malheureusement un coup d'épée dans l'eau.

 

Depuis 1989, et une "grande" loi de moralisation de la vie publique -en réalité une loi qui a permis d'amnistier la quasi-totalité des infractions commises par la classe politique, y compris des opérations de corruption pure et simple- les lois de moralisation se sont succédé sans évidemment empêcher les graves dérives que nous avons connues au cours des dernières années. On peut aisément le comprendre dans la mesure où ceux qui votent la loi n'ont guère envie qu'elle leur soit hostile! En réalité, la seule vraie réforme a été celle qui a consisté à créer la Haute autorité pour la Transparence et la Vie Publique dont l'indépendance ne peut évidemment être mise en cause -n'en déplaise à Madame Le Pen- et à assurer la transparence -très partielle- du patrimoine des élus de manière à s'assurer qu'il n'y ait pas d'enrichissement personnel ni de dissimulation patrimoniale du fait du mandat.

 

Les affaires Fillon et Le Pen, qui ont mis en lumière non seulement l'utilisation au minimal anormale des assistants parlementaires (en attendant la qualification que les juridictions pénales saisies retiendront) mais également des anomalies comportementales, justifient qu'un certain nombre de pratiques admises par le règlement intérieur de l'Assemblée nationale ou du Sénat soient interdites: embauche de membres de la famille, règles dérogatoires en ce qui concerne la fiscalisation des revenus (à distinguer bien entendu des remboursements de frais qui ne devraient intervenir que sur justificatif), dispositions très avantageuses en matière de prêts et de retraite. S'y ajoute bien entendu le minimum minimorum: un casier judiciaire vierge. Pour autant, ce qui constitue en réalité des modifications obligatoires du règlement intérieur des assemblées peut-il être assimilé à une loi sur la moralisation de la vie publique? Certainement pas.

 

Le Président de la République en est bien conscient puisqu'il a ajouté une règle de non-cumul dans le temps des mandats (trois maximum, ce qui est déjà considérable), l'interdiction de cumuler un mandat parlementaire et une fonction de conseil, enfin une réduction du nombre de parlementaires. Ce second sujet s'inscrit moins dans une logique de moralisation que dans un esprit d'efficacité et de transformation du travail parlementaire; en effet a partir du moment où le non-cumul des mandats dans l'espace se met en place, la présence permanente des députés à l'Assemblée nationale change la donne et rend possible un travail législatif de meilleure qualité comme un véritable contrôle du gouvernement sans pour autant que le nombre de députés reste aussi important. En se réduisant en nombre et en disposant d'une véritable équipe, les députés pèseront infiniment plus, renforçant ainsi le rôle du Parlement devenu trop souvent au final une chambre d'enregistrement de fait des instruments dits de rationalisation du parlementarisme.

 

Mais la moralisation de la vie publique ne saurait s'arrêter là. La Haute autorité de la transparence, la commission nationale de contrôle des comptes de campagne et financement des partis, des organisations non-gouvernementales comme Transparency International ont à plusieurs reprises formulé des propositions très construites sur les réformes à engager qui touchent essentiellement à deux domaines:

 

- Le financement des partis et de la vie politique

- L'encadrement des lobbys et le combat contre les conflits d'intérêts.

Le premier sujet est extrêmement vaste et il est indispensable de s'y attaquer. Entre les micro-partis style Jeanne, l'affaire Bygmalion, la caisse noire du RPR-UMP-LR au Sénat, les scandales n'ont pas manqué. Il faut permettre à la commission nationale des comptes de campagne de contrôler les dépenses et les recettes des partis politiques; il faut interdire les micros partis ou tout au moins supprimer la défiscalisation dont ils bénéficient. Les conditions mêmes du financement des partis politiques qui passent par les candidatures obligatoires à l'Assemblée nationale devraient être repensées pour permettre un financement des différents mouvements de pensée qui s'expriment dans la vie politique sans être nécessairement représentés ou très représentés à l'Assemblée nationale, sans obliger à une multiplicité des candidatures au premier tour des élections législatives, aux seules fins d'obtenir un financement. Mais, il faut également s'intéresser aux biens mal acquis par certains partis politiques pour que ceux-ci ne puissent pas être valorisés comme n'importe quel patrimoine, en oubliant ainsi l'origine de l'acquisition de ces biens.

S'agissant de l'encadrement des lobbys du combat contre les conflits d'intérêts, la seule interdiction de cumuler les activités de conseil et de parlementaires ne suffira pas. Il faudra aller beaucoup plus loin et la transparence des liens d'intérêts directs ou familiaux des différents parlementaires est indispensable. Il faudra s'intéresser également à la situation des assistants parlementaires qui devront bénéficier d'un véritable statut interdisant une double rémunération, limiter l'accès des lobbys au Parlement et créer un déontologue doté de pouvoirs et d' une responsabilité personnelle étendue. La création d'un registre des représentants d'intérêts et son contrôle sont également indispensables de même que la publicité donnée au rendez-vous avec les parlementaires, ce que les décrets d'application de la loi Sapin 2 ont refusé.

Enfin, la moralisation de la vie publique passe par un autre rapport avec les citoyens. Nous ne sommes pas des administrés, des "décidés", des gérés faces à des administrateurs, des décideurs et des gestionnaires. La société n'est pas binaire et les citoyens ont des droits reconnus pourtant depuis 1789 et souvent mal appliqués. Le Président de la République a annoncé son intention de revoir le conseil économique social et environnemental. C'est indispensable pour en faire une chambre de la société civile et du long terme. Mais, les citoyens doivent pouvoir accéder directement à leurs représentants en ligne, disposer d'un droit de pétition et bénéficier d'une démocratie participative qui est la garante de la qualité des décisions prises en amont et de leur contrôle en aval.

Nous pouvons tous comprendre l'urgence d'une loi sur la moralisation de la vie publique. Mais, si celle-ci se limite à satisfaire une vision passéiste et étriquée du sujet, ce sera malheureusement un coup d'épée dans l'eau.

 

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

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Lepage : "Macron, le seul vote possible"

Lepage : "Macron, le seul vote possible" | ReCap21 | Scoop.it

Corinne Lepage, soutien d’Emmanuel Macron, a tenu une réunion publique hier à Aubenas, à l’initiative de Michel Coste, référent du mouvement En Marche ! en Ardèche.

 

 

«Faire barrage à Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle dimanche prochain », tel a été le message lancé par Corinne Lepage, en visite éclair samedi à Aubenas. Une réunion publique en soutien au candidat Emmanuel Macron et « improvisée en 46 heures », selon Michel Coste, référent du mouvement En Marche ! en Ardèche.

Dupont-Aignan avec Le Pen : « Une trahison »

Le rendez-vous était fixé à 16 heures, salle Gimond au château, en présence d’une cinquantaine de personnes. La présidente du Rassemblement citoyen-Cap 21 a débuté son intervention en réagissant au ralliement, ce samedi, de Nicolas Dupont-Aignan (Debout La France) à la candidate de l’extrême droite, en vue du second tour.

« Cette alliance n’est pas patriotique mais nationaliste. Elle n’a rien de républicaine. Ce qui est grave, ce n’est pas tant au niveau de la réserve de voix… Cette alliance laisse supposer que le Front national est devenu un parti comme les autres. On a pêché collectivement face à cette banalisation », a souligné Corinne Lepage.

Le terme de « trahison » a également été prononcé par l’avocate, spécialiste de l’environnement, qui appelle désormais tous les citoyens, qui n’ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour, « à se ressaisir ». « C’est essentiel car c’est le seul vote possible. S’abstenir ou voter blanc, c’est choisir implicitement Marine Le Pen », a-t-elle ajouté.

Corinne Lepage a aussi fait part de son « respect » et « affection » pour les forces vives des comités En Marche !, « une nouvelle forme de démocratie » d’après l’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Alain Juppé (de 1995 à 1997). En Ardèche, le mouvement En Marche ! compte à ce jour 1 050 adhérents.

 

Par Flavien OSANNA

 

 

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Visite de l'entreprise EasyTri - Cap21/LRC Toulouse

Visite de l'entreprise EasyTri - Cap21/LRC Toulouse | ReCap21 | Scoop.it

Olga Rougeot et Pierre Cabaré soutiennent Corinne Lepage face aux Journalistes

Accompagnée par Pierre Cabaré, délégué régional de Cap21/LRC & Olga Rougeot, déléguée départementale de Cap21/LRC, Corinne Lepage a visité les locaux d'Easytri, une entreprise créée en 2009 par Sandrine Queyroi, implantée rue André Clou, zone de Larrieu. Easytri conçoit des containers à déchets originaux et pratiques pour le tri du matériel de bureau (papiers, stylos, cartouches d'encre, ampoules, mégots, gobelets etc.) et les place dans des entreprises.

Cette PME de 13 salariés qui développe actuellement son réseau de franchises, organise aussi la récupération et le recyclage des déchets.

«Ici, on est parfaitement dans la logique d'Emmanuel Macron qui souhaite une économie 100 % circulaire et qui veut faire de la transition écologique un moteur économique» a félicité Corinne Lepage.

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3 questions sur le nucléaire que les candidats à la présidentielle vont devoir se poser

3 questions sur le nucléaire que les candidats à la présidentielle vont devoir se poser | ReCap21 | Scoop.it

Le travail sur l'efficacité énergétique doit être la priorité. Ensuite, la clarification des règles permettra d'engager la transition énergétique en préservant l'intérêt général.

 

Les candidats à la présidentielle se sont positionnés sur la question du nucléaire, de manière finalement assez théorique. Laissons de côté la position de François Fillon ou de Marine Le Pen qui sont restés figés sur une vision des années 70. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron proposent tous les trois de parvenir à 50% du nucléaire en 2025, les deux premiers programmant une sortie pour 2035/2050, Emmanuel Macron n'ayant pour sa part pris aucune position pour le futur dans l'attente de l'audit de l'ASN en 2018 et de l'évolution des coûts respectifs du nucléaire et des énergies renouvelables.

 

Mais le sujet est en train d'échapper à la politique énergétique pour devenir en réalité un sujet essentiellement financier, ce dernier étant pour partie conditionné par les questions techniques. Lorsque Jean-Bernard Lévy, président d'EDF affirme que le plus difficile est devant lui, une fois n'est pas coutume, je ne puis qu'être d'accord avec lui. En réalité, en sus des obstacles immenses déjà connus que sont la dette: 37 milliards d'euros, le mur d'investissement pour le grand carénage (entre 50 et 100 milliards d'euros), les problèmes de sûreté croissants dans les centrales évoquées très régulièrement par le président de l'autorité de sûreté nucléaire, trois sujets majeurs viennent s'ajouter:

 

La faillite de Westinghouse avec 9,8 milliards de dettes a entraîné une chute de la valeur boursière de Toshiba, mettant cette société en péril malgré un achat récent -2006- pour un montant de 4 milliards de dollars. Les causes de cette faillite présentent des similitudes considérables avec la situation d'Aréva: impossibilité de mener à bien un nouveau réacteur (comme l'EPR), malfaçons dans les constructions (idem), voir même des irrégularités qui pourraient bien rappeler ce qui s'est passé au Creusot. Or, Westinghouse n'est pas étranger au monde nucléaire français puisque tous nos réacteurs PWR sont à la base des licences Westinghouse. Il est pour le moins surprenant qu'aucun commentaire n'ait été fait par le monde nucléaire français au sujet de cette situation qui démontre que les mêmes causes produisant les mêmes effets, un géant comme Westinghouse/Toshiba peut être mis en faillite... comme l'aurait été Aréva si le contribuable français ne lui avait pas sorti la tête de l'eau. Mais, cette affaire montre la fragilité financière extraordinaire du vieux nucléaire dans le monde contemporain.

 

Le second élément tient aux révélations sur la parfaite connaissance qu'aurait eue EDF comme Aréva des dysfonctionnements gravissimes de l'usine du Creusot et des malfaçons potentielles de la cuve du réacteur de l'EPR et ce dès 2005. Cela signifie donc que c'est en toute conscience que Areva comme EDF ont continué comme si de rien n'était, persuadées sans doute que le gendarme du nucléaire de l'époque se tairait et que le lobby nucléaire d'État couvrirait les turpitudes quelles qu'elles soient. C'était sans compter sur Fukushima et sur la montée en puissance d'une autorité de sûreté nucléaire désormais parfaitement consciente de son rôle et de sa responsabilité. Cette inconscience qui frise la mise en danger délibérée d'autrui coupe toute capacité à EDF à venir se plaindre d'une décision qui pourrait être négative de l'autorité de sûreté en juillet 2017 quant à l'avenir de la cuve et du couvercle de l'EPR de Flamanville, soudés malgré les très fortes réserves de l'ASN rappelant qu'aucune décision définitive n'avait encore été prise. Cette insouciance, qui fait frémir, fait des remous outre-Atlantique sur le sérieux d'EDF dans la construction des EPR britanniques fortement fragilisés par le Brexit et la sortie obligatoire de la Grande-Bretagne d'Euratom. Or, EDF semble avoir construit toute sa stratégie autour de Flamanville et d'Hinkley Point; si l'un ou l'autre ne pouvait être réalisé, le risque d'un effondrement du château de cartes est plus que sérieux.

 

Enfin, La difficulté qu'a eu EDF pour augmenter son capital. EDF a procédé à une augmentation de capital de 4 milliards dont trois ont été souscrits par l'État. Mais, pour parvenir à trouver des acquéreurs, le prix nu a fait apparaître une décote de 28,8% sur la valeur théorique ex-droit et de 34,5% par rapport au cours de clôture de la veille du lancement de l'opération. Cette réduction de près d'un tiers du prix, quasiment unique dans les annales, s'explique par les très mauvais résultats d'EDF (un chiffre d'affaires en recul de 5,1% et de 6,7% pour l'excédent d'exploitation brut (EBITDA) et par des perspectives encore plus sombres que personne ne veut regarder en face. Plutôt que de rêver (ou cauchemarder) sur Hinkley Point au coût faramineux et à la pérennité douteuse (on voit mal pourquoi les Anglais accepteraient pendant 30 ans de payer trois ou quatre fois le prix normal de l'électricité) certains imaginent une solution à la Eon séparant les activités du XXème siècle (nucléaire fossile) de celle du XXIème (renouvelables). Quoi qu'il en soit, il apparaît clairement que le nucléaire n'a plus le soutien des banques ni des particuliers. Il ne peut donc se développer que dans les pays où l'État accepte de payer le surcoût du nucléaire. En France, nous payons très cher puisque comme l'a précisé un article récent de Dominique Pialot pour La tribune, du fait de la chute de la valeur d'EDF (sous les huit euros) le portefeuille de l'agence pour les participations de l'État a fondu de telle sorte que l'énergie qui représentait 80% du portefeuille en 2008 ne représente plus que 46% aujourd'hui.

Les décisions à prendre pour le prochain gouvernement doivent répondre à une équation digne de la conjecture de Hodge. Pourtant, une bonne dose de courage, croisée de réalisme et de pédagogie doivent permettre de résoudre cette équation. Le travail sur l'efficacité énergétique doit être la priorité. Ensuite, la clarification des règles, notamment concernant l'ASN, permettra tout simplement d'engager la transition énergétique en préservant l'intérêt général.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

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RCF – La Ve République s’est transformée en prise de pouvoir par les partis

RCF – La Ve République s’est transformée en prise de pouvoir par les partis | ReCap21 | Scoop.it
Corinne Lepage, presidente de Cap21
Il est aujourd’hui devenu banal de dire que notre démocratie est malade. Une crise des institutions et des partis politiques que l’on mesure à l’aune d’un sentiment partagé par le plus grand nombre, de perte de moyens, de perte de sens et de perte de repères. Comment redonner le goût de la chose publique à ceux qui en sont dégoûtés? Corinne Lepage publie « Tous président! » (éd. Les liens qui libèrent). Un ouvrage où elle défend un nécessaire changement de modèle politique.

 

« À la fois on veut un État fort à cause du terrorisme, et en même temps il y a un ras-le-bol immense des citoyens à l’égard de la manière dont les décisions se prennent. »
Corinne LEPAGE

 

L’engagement politique est nécessaire

Une chose est sûre pour Corinne Lepage, l’engagement politique est plus que jamais indispensable. Car si le règlement des affaires de la cité n’est pas la fait des citoyens, alors c’est l’économique qui s’en chargera, autrement « l’argent qui domine tout, donc la violence ». D’un autre côté, l’ancienne députée européenne déplore une « déconnection » entre « les élites et l’immense majorité des gens ». Or, sleon elle « les gens du terrain » ont souvent « une meilleure connaissance de la réalité ».

penser sur le long terme

Dans une société où les programmes des candidats se font à coup de tweets, où il faut séduire plutôt que convaincre, nos politiques refusent de penser la réalité sur le long terme. Or, « notre monde qui vient n’est pas un monde facile, c’est un monde anxiogène, dit Corinne Lepage, donc les gens pensent que pour être élu il ne faut pas être anxiogène, il faut faire rêver. » Comment dès lors aborder « la disparition programmée du salariat », le réchauffement climatique…? « On a une classe politique âgée dans sa tête. »

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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Pourquoi il est encore temps de renégocier le CETA

Pourquoi il est encore temps de renégocier le CETA | ReCap21 | Scoop.it

L'adoption du CETA par le Parlement européen se fait dans un contexte assez différent de celui dans lequel ce traité a été pensé et négocié.

 

 

 

L'adoption du CETA par le Parlement européen se fait dans un contexte assez différent de celui dans lequel ce traité a été pensé et négocié. J'avais été très certainement parmi les premières à tirer la sonnette d'alarme lorsque toutes les énergies étaient concentrées contre le TAFTA pour souligner que le vrai sujet était le CETA, dans la mesure où le texte était achevé et déjà accepté alors que le TAFTA était encore dans les limbes de l'élaboration.

 

Depuis lors, le contexte a profondément changé et, si l'opposition au TAFTA demeure légitime, son évolution semble pour l'instant totalement suspendue.

Le contexte a profondément changé sur plusieurs points. Les négociations engagées, il y a près d'une dizaine d'années, l'étaient dans le cadre d'une mondialisation qui paraissait inéluctable au niveau économique et financier. L'arrivée de Donald Trump et son rejet de l'Europe conduisent l'Union à devoir rechercher d'autres alliances, qu'elles soient économique ou politique. Dès lors que cela ne peut être ni les États-Unis, ni la Russie de Poutine, il reste la Chine, le Canada et les grands pays émergeants. D'autre part, les montées des nationalismes et des tentations de repli menacent gravement nos démocraties. Ce n'est pas un hasard si, mis à part les verts qui l'ont fait sur des convictions construites, quelques centristes qui souhaitent un approfondissement de l'Europe avant tout, les opposants au traité étaient avant tout parmi les partis anti-européens qu'ils soient d'extrême droite ou d'extrême-gauche. Or, le développement économique est incontestablement un moyen de créer de l'activité comme de la richesse et donc par voie de conséquence de pouvoir s'opposer aux tentations extrêmes.

 

Par ailleurs, le contenu-même du texte a évolué dans le bon sens grâce à la mobilisation citoyenne. Ni OGM, ni bœuf aux hormones, ni hormones de croissance dans notre alimentation ne sont dans ce traité si nous n'en voulons pas, la reconnaissance d'appellations protégées augmente et la composition du tribunal arbitral a évolué dans le bon sens. Nous avons réussi à imposer certains standards, notamment sur l'étiquetage, à destination du marché nord américain, chose que nous n'avions réussi à faire depuis des dizaines d'années. Tout cela constitue des progrès notables. Pour autant, le texte n'est de loin pas satisfaisant au moins sur 3 points majeurs.

 

D'une part, la notion de tribunal arbitral est inacceptable. C'est une atteinte à la souveraineté des Etats et de l'Union qui n'est pas tolérable, même s'il s'agit aujourd'hui de juges professionnels dont l'indépendance serait garantie. Il n'est pas acceptable que les multinationales puissent bénéficier du droit d'imposer aux Etats leurs propres règles alors même qu'elles ne subissent en aucune manière la responsabilité des conséquences dramatiques pour la santé et l'environnement de leur comportement. En second lieu, les questions environnementales climatiques n'ont en aucune manière été intégrées. Certaines études font apparaître un coût climatique très élevé du traité en parfaite contradiction avec les accords de Paris. En troisième lieu, les règles de protection sanitaire environnementale et sociale qui existent en Europe ne sont pas garanties sur la durée. Certaines professions et certains secteurs ont déjà évalué le coût en perte d'emplois du traité et il faut rappeler que la commission sociale du Parlement européen avait donné un avis négatif sur le traité. Dans les périodes de chômage massif que nous vivons, il est intolérable de signer un accord dont a priori il est établi qu'il ne créera pas d'emplois mais au contraire en détruira.

 

Mais ce traité doit maintenant être soumis aux Parlements des différents Etats et il est fort possible que certains d'entre eux refusent purement et simplement de l'entériner, un peu comme l'avait fait la Wallonie. Cette attitude pourrait être l'occasion de renégocier un certain nombre d'éléments pour faire des futurs traités des accords exemplaires. Cette renégociation devrait passer par la suppression des tribunaux arbitraux, la prise en compte des questions environnementales climatiques comme une donnée fondamentale et une analyse beaucoup plus fine des conséquences sociales que ce soit au Canada ou en Europe, de manière à faire du win/win et non pas du perdant/perdant. Ainsi, de symbole d'un mode de fonctionnement dont l'immense majorité des citoyens ne veut plus, ce traité pourrait devenir celui d'une autre forme de coopération entre les Etats, les entreprises et les citoyens.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

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S’indigner ne suffit plus.

S’indigner ne suffit plus. | ReCap21 | Scoop.it
Chères toutes, chers tous,
Depuis l’annonce par Madame Corinne Lepage le 12 janvier dernier de son ralliement à la Team Macron, je fais partie des collaborateurs du Rassemblement citoyen qui ont choisi de se mettre en “En Marche!”.
Pour celles & ceux qui ne me connaissent pas, pour celles & ceux qui me connaissent comme bénévole associatif, auteur, formateur, maker, bibliothécaire, (spec)acteur engagé, environnementaliste, humaniste, passionné, attentif, curieux de tout, qui s’étonneraient aujourd’hui de me voir dans une démarche plus politique, je veux expliquer mes motivations.

Mes motivations sont en fait liées à l’ADN du mouvement “En Marche!”. J’ai été séduit par la perspective de pouvoir contribuer à une nouvelle dynamique extrêmement positive et stimulante dans un monde fondamentalement anxiogène, une dynamique qui est force de propositions, là où les partis politiques classiques se contentent d’être force d’opposition, qui fédère au lieu de cliver, qui donne foi en l’avenir…

 

Trop d’élus, extrêmement valeureux, ne veulent pas, ou pire!, ne peuvent pas travailler avec d’autres parce qu’ils ne sont pas du même bord.
Nous devons en finir avec ces oppositions stériles : gauche, droite, extrême droite, extrême gauche, gauche molle, droite forte, et patati et patata. Tout ceci est grotesque… et lassant !

Je rêve d’une politique apolitique. Et justement, parce qu’En Marche! est constitué de citoyens qui ont choisi de se retrousser les manches et de s’inscrire collégialement dans l’action, cela permet d’envisager l’avenir, non
pas en termes de problèmes, mais en termes de solutions, de progrès et d’espérance.

 

Je le résume en cinq mots : “Ça fait un bien fou !”.

Parce que je viens du mouvement Cap 21 / Le Rassemblement citoyen, toutes ces dynamiques m’étaient déjà familières. L’objectif de Madame Corinne Lepage a toujours été de passer au delà du clivage droite gauche et de promouvoir la société civile. On le voit bien avec les scandales à répétition, il n’est pas sain d’enchaîner et de cumuler les mandats, de se les transmettre de père en fille ou de père en fils. Nous avons besoin de renouvellement dans les idées… et dans les acteurs politiques.

Quand Corinne Lepage a choisi de rejoindre Emmanuel Macron, j’ai spontanément souscrit à ce rapprochement, naturel et logique.

Je revendique fièrement ma #macronpatibilité.


Nous avons de nombreuses convergences sur la France, l’Europe, la nouvelle économie, la démocratie participative, la culture, l’éducation…
L’écologie en marche, dont je suis, peut aussi apporter son expertise sur la problématique des transitions : énergétique, agricole et alimentaire. L’heure est à des choix cruciaux et déterminants. Il n’est plus possible de faire l’autruche.

Notre responsabilité est engagée : je pense en premier lieu à la folie du nucléaire.

 
https://www.facebook.com/thomasiglesis

J’ai deux enfants : une fille au lycée et un fiston à l’école primaire. J’évoquais précédemment le climat anxiogène dans lequel nous vivons.
Comme tout parent, je ne peux pas être insensible à ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. Quel héritage allons-nous laisser à nos enfants ? Quand je me pose cette question, je veux croire très humblement que la réponse peut aussi dépendre de moi, de vous, de nous.

Je suis convaincu qu’elle passe par l’engagement. Nous ne pouvons pas rester spectateurs du monde ; nous devons en être acteurs !

S’indigner ne suffit plus.

 

Thomas Iglésis

Citoyen engagé au sein de Cap 21 / LRC, #jesuismacronpatible, et vous ?

 

Retrouvez-moi sur Facebook (https://www.facebook.com/thomasiglesis), Instagram (https://www.instagram.com/thomasiglesis/) et Twitter (https://twitter.com/ThomasIglesis).

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#ParlonsVrai : retour dans la vraie vie pour le nucléaire français

#ParlonsVrai : retour dans la vraie vie pour le nucléaire français | ReCap21 | Scoop.it

Le reportage diffusé par France 2 hier soir (regarder le replay ici), malheureusement à une heure bien tardive, sur la gestion de la catastrophe de Fukushima et le comportement particulièrement honteux de l’administration française est extrêmement instructif.

Tout d’abord, en ce qui concerne la gestion de la catastrophe elle-même, le reportage fait état d’une série d’erreurs humaines. En réalité, le problème n’est pas dans les erreurs humaines ; il est en amont. Il est dans l’arrogance et la prétention de l’industrie nucléaire en général, en l’espèce au Japon, mais la situation est identique en France. Cette arrogance consiste à considérer qu’un accident est impossible et par voie de conséquence à ne pas se poser les questions concrètes de la gestion de l’accident si jamais il se produisait. Quelles personnes accepteraient de se sacrifier en prenant des doses de radioactivité pour assumer un fonctionnement minimum ? Comment remplacer l’électricité défaillante et comment faire sans électricité pour trouver des vannes que de très anciens collaborateurs partis depuis longtemps à la retraite connaissaient parfaitement ? Comment faire coïncider les tuyaux et les robinets ? Toutes ces questions doivent être posées si on imagine qu’un accident est possible.

Mais comme l’industrie nucléaire est partie sur l’idée qu’il ne l’était pas, ces questions ne sont pas posées et sont donc sans réponse. L’erreur n’est pas humaine; elle est systémique. Pour prouver que le sujet n’est pas seulement japonais, prenons l’exemple récent de Paluel. Le démontage d’un générateur de vapeur avait fait l’objet de la part de l’autorité de sûreté nucléaire d’une demande d’étude spécifique du risque de chute de ce générateur. Avec son arrogance habituelle, EDF avait refusé de faire l’étude en disant que ce risque n’existait pas. Pourtant, le générateur de vapeur est tombé sur le réacteur, entraînant une mise à l’arrêt pour plusieurs mois, voire peut-être une mise à l’arrêt définitive. De même, le mensonge aux médias comme aux politiques est une donnée constante. Ainsi, apprend-on que Tepco avait caché au premier ministre-au demeurant tout à fait remarquable dans cette affaire-la gravité de la situation et avait envisagé le départ de tout personnel condamnant ainsi l’humanité à une explosion nucléaire majeure. De même, la fonte du corium et la pénétration du radier (qui faisait 8 m d’épaisseur, quand il fait 2 métres après travaux à Fessenheim) a été cachée aux Japonais, pendant de très longues heures. Pour ma part, j’avais retenu de mon voyage au Japon en août 2011 que tout gouvernement confronté à une catastrophe de type Fukushima était en réalité dans l’incapacité de la gérer.

Ainsi, l’évacuation de Tokyo (35 millions de personnes) un moment envisagée a été abandonnée faute de faisabilité. Il faut entendre le premier ministre de l’époque, qui a vécu et qui visiblement a été traumatisé par cette expérience, affirmer qu’il faut abandonner le nucléaire partout dans le monde tant le danger est grand. En revanche, l’attitude des autorités françaises, Philippe Faure, ambassadeur de France au Japon, NKM et l’IRSN mis à part, est tragique et honteuse. Un président de l’autorité de sûreté nucléaire Monsieur Lacoste, qui est aux abonnés absents et demande à l’ambassadeur de ne plus téléphoner. Un ministre de l’industrie et son directeur de cabinet qui adoptent par souci de défendre avant tout l’industrie nucléaire une attitude de contrevérités pour ne pas dire de mensonges. Un Quai d’Orsay qui préfère sacrifier ses ressortissants en les exposant délibérément un risque nucléaire pour sauvegarder ses intérêts économiques alors même que les entreprises présentes sur place ont su adopter une attitude beaucoup plus humaine et normale à l’égard de leur personnel.

 

Enfin, un Président de la République qui a l’outrecuidance de s’imposer au Japon alors que le Premier Ministre estimait ne pas pouvoir le recevoir et qui a cru devoir faire la leçon au prétexte de sauver une industrie nucléaire qui déjà en 2011 périclitait.

 

Rappelons en effet que depuis 2007, la France n’a pas vendu un réacteur nucléaire à l’étranger. En revanche, et comme à l’habitude, l’effort demandé aux citoyens français de courir des risques au nom de l’industrie nationale, n’a pas été partagé par cette industrie elle-même. Les salariés d’Aréva ont été les premiers à quitter non seulement le site de Fukushima mais le Japon. EDF et Areva qui n’étaient plus persona grata ont mis plus de trois semaines à envoyer du matériel largement inutilisable et qui visiblement a fait honte à l’ambassadeur de France lorsqu’il l’a réceptionné. Quant aux robots qu’Areva voulait envoyer, les Japonais les ont refusés car ils étaient en réalité inutilisables par le personnel japonais. De tout cela, il faut retenir que si le mensonge de 1984 n’a pu être réitéré dans la même ampleur du fait du changement médiatique, la volonté de mentir est restée identique. Et, les propos du directeur de cabinet du ministre Besson étaient affligeants. Il faut mentir et taire la dimension majeure de la catastrophe pour que cela n’ait aucune incidence sur l’industrie nucléaire. C’est absurde car la France n’est pas isolée sur une île et les Français ne sont pas des imbéciles.

Heureusement, l’IRSN est venue sauver à son niveau l’honneur de la France en communiquant correctement. Mais, la transparence reste l’antithèse de la gestion de l’industrie nucléaire. Et on comprend mieux les difficultés auxquelles l’autorité de sûreté nucléaire , qui reste très prudente, se heurte… De la même manière, prendre des risques pour les personnes parce que sauver l’industrie nucléaire est à ce prix reste l’antienne. Et, dans la volonté de EDF de prolonger jusqu’à 60 ans la durée de centrale alors même que celles qui atteignent 40 ans ont d’immenses difficultés reposent sur la même philosophie. Bref, pour tous ceux qui ont un peu (trop) d’imagination, ce reportage permet d’appréhender ce que pourrait être la gestion d’une catastrophe nucléaire en France.

Ne doutons pas qu’au drame né de l’accident s’ajouterait très certainement un drame né de sa gestion. Dès lors, il faut tout faire pour l’éviter et c’est la raison pour laquelle la sortie du nucléaire à l’horizon de 2050 est une solution raisonnable.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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#ParlonsVrai : la tragédie des faits alternatifs

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L’ère des faits alternatifs inaugurée par Donald Trump est une tragédie démocratique.

Tragédie tout d’abord par les effets que des propos totalement faux peuvent générer. Ainsi, les prétendus attentats islamistes qui auraient été cachés par la presse dont les attentats de Paris, de Bruxelles, de Nice n’ont d’autres objectifs que d’essayer de mettre le feu aux poudres non seulement à l’intérieur des États-Unis mais également l’extérieur.

 

Qu’il faille appeler un chat un chat y compris lorsqu’il s’agit d’attentats islamistes est nécessaire. Mais inventer des attentats qui ne se sont jamais produits ou prétendre qu’ils ont été tus n’est destiné qu’à stigmatiser la presse qui serait alors complice de ces attentats.

 

C’est irresponsable, criminel, voire les deux.

Rappelons-nous l’incendie du Reichstag, mis par Hitler sur le dos de ses opposants politiques alors que l’auteur de cet incendie non seulement n’avait aucun lien avec eux mais de surcroît avait probablement été manipulé par les services nazis. Il a été le prétexte de la disparition des partis politiques, des syndicats puis de la presse libre. Mais la tragédie des faits alternatifs est avant tout un cancer démocratique. Il ne peut y avoir démocratie que s’il y a confiance dans la parole publique et la presse est là pour informer, lutter contre la désinformation ou le mensonge et sa pluralité est précisément la condition du bon fonctionnement du système.

S’attaquer comme Donald Trump le fait à la presse sape précisément l’état démocratique du système. S’il n’y a plus de vrai et de faux, il devient alors absolument impossible de mettre d’accord une société en partant de la vérité. Celle-ci n’existe plus puisque la réalité est niée. Dès lors, la parole publique est immédiatement sujette à caution et la démocratie s’étiole puis disparaît. Il n’est pas possible en effet de débattre sur des faits faux présentés comme vrais. Le drame est que l’usage des faits alternatifs se propage comme un virus dans le monde. C’était jusqu’à présent l’apanage système autoritaires et fascistes que d’utiliser le mensonge pour conforter un pouvoir incapable de se mesurer à la vérité. Dès lors que les systèmes démocratiques à commencer par le système américain recourent aux faits alternatifs comme de vulgaires dictatures, tout est possible.

Nous en avions déjà eu quelques échantillons avec le Brexit où la campagne a reposé essentiellement sur un mensonge : les 350 millions d’euros payés à l’union européenne seraient intégralement reversés à la sécurité sociale. Il n’a pas fallu attendre le lendemain des élections pour que Boris Johnson et le député Farrage reconnaissent que c’était une « erreur ». C’était évidemment tout sauf une erreur, le terme erreur s’appliquant à un acte involontaire de l’esprit.

Erreur ou présentation maladroite, voilà également deux mots utilisés lorsque « le fait alternatif » se heurte à une réalité indéniable enregistrée sur une image ou dans un son de l’intéressé lui-même. Ce sont les termes employés par François Fillon pour qualifier les contrevérités évidentes qu’il a pu égrener depuis 15 jours pour essayer de justifier une situation injustifiable. Hier encore, dans sa conférence de presse, affirmer que la journaliste qui avait interviewé sa femme en 2007 s’était montrée très choquée de l’utilisation qui avait été fait de cette interview qui aurait été en anglais et tronquée était-il un fait alternatif ? C’est en tout cas une contrevérité car l’interview était in extenso sur France 2 et la journaliste n’a jamais pris Cette position. D’où vient donc ce besoin irrépressible de présenter comme vrais des faits qui sont faux ?

 

De fil en aiguille, de petits faits alternatifs en énormes mensonges, c’est la parole publique qui s’affaiblit pour ne devenir qu’un son parmi d’autres. Et, cet usage du fait alternatif s’accompagne de l’agression systématique et volontaire contre les deux pouvoirs qui pourraient à juste titre remettre les pendules à l’heure : La presse et la justice.

 

Ce n’est pas un hasard si Donald Trump vitupère contre le magistrat et la cour d’appel qui se sont élevés contre son décret anti musulman ; pas plus que ce n’est un hasard si Marine Le Pen refuse de remettre en cause sa candidature si elle est mise en examen au motif qu’elle ne dépend pas du gouvernement des juges est et ose déposer une plainte contre les magistrats qui font leur travail ; ce n’est pas davantage un hasard si François Fillon met en cause le parquet financier. Et que dire de la mise en cause systématique de la presse, qui certes n’est pas parfaite, mais qui, grâce à sa pluralité, permet précisément de dégager une réalité.

Bref, Trump et la culture du fait alternatif qui visiblement inspirent l’extrême droite et même certains à droite sont des venins pour le système démocratique.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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#ParlonsVrai : trumpisme à la française

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Décidément, Donald Trump fait des émules bien au-delà de ses amis politiques et de ses frontières. Nous assistons, à une forme de trumpisme à la française qui se caractérise par le soutien mordicus à une véritable alternative, une charge violente contre les médias et la remise en cause des institutions judiciaires elles-même, ce qui peut être le plus grave.

 

Commençons par le plus simple : la vérité alternative.

Ce que l’on appelle communément le #Penelopegate en est truffé. Entre ceux qui l’ont vu, comme Monsieur Accoyer, fréquemment à l’Assemblée nationale et ceux qui l’ont vu en Sarthe dans une activité d’attachée parlementaire, les exemples ne manquent pas. Ils se heurtent à la vérité exprimée simplement par Madame Fillon elle-même en 2007, vérité qui va directement à l’encontre de la thèse de vérité alternative développée par son mari depuis quelques jours. Nous attendrons tous bien sûr la position de la justice, mais, l’expression authentique de Pénélope Fillon en 2007 pourra difficilement passer pour la vérité alternative et la thèse développée aujourd’hui par François Fillon pour la vérité tout court. Cet embrouillamini qui conduit à ajouter contrevérité à contrevérité n’est pas à la gloire de notre système.

 

Nier l’évidence comme le fait Donald Trump n’est pas un exemple à suivre… mais visiblement tout le monde ne l’a pas compris.

 

Le second volet du trumpisme, dans sa mouture anti système est de s’attaquer aux médias. Depuis l’Antiquité, le porteur de mauvaises nouvelles est banni.Certes, on peut se poser la question de savoir qui a été à l’origine des informations du Canard enchaîné mais les explications données par le palmipède qui indique que l’enquête a débuté il y a plus d’un mois, que des informations ont été demandées à l’équipe de François Fillon, que les éléments sur les enfants ont été révélés par le candidat lui-même sont assez évidents pour ne pas chercher à alimenter des thèses complotistes. De toute façon, le travail du journalisme est évidemment celui d’informer et, le Canard enchaîné a une tradition de 100 ans. Ce n’est pas à la presse qu’il faut s’en prendre mais à la légèreté avec laquelle le candidat a traité ces affaires en imaginant sans doute qu’elles ne seraient jamais révélées. C’est d’autant plus surprenant que la disparition de Madame Fillon de la liste des assistants parlementaires de son mari, en 2013, coïncide précisément avec le moment où cette liste devait être rendue publique. Cela signifie donc que François Fillon ne souhaitait pas que cette situation soit publique. La question à se poser celle de savoir pourquoi puisque il considère qu’elle ne pose aucun problème. Quoi qu’il en soit, il est vrai que ce sujet a envahi tout l’espace médiatique mais il est vrai aussi que le montant des sommes en cause, le caractère systémique de ces emplois interpelle tous les Français et soulève de vraies questions sur le fonctionnement de la démocratie. Ce sujet est indépendant de la question légale, c’est-à-dire la fictivité ou non des emplois. C’est une question éthique et démocratique à un moment où la vie est si difficile pour nos concitoyens. Mais il ne sert à rien d’attaquer la presse ; mieux aurait valu se poser la question de la réponse à apporter au Canard enchaîné dès le départ et ne pas se draper dans un déni que personne ne comprend.

Mais le plus grave est dans la contestation institutionnelle. Tout d’abord, parler de coup d’État est une aberration. Nous sommes certes dans une démocratie d’opinion mais, le premier auteur de la difficulté est le candidat lui-même, d’abord dans ses choix initiaux, puis dans sa communication. Peut-être encore plus dangereux est l’attaque dirigée contre la Haute autorité et le président Nadal. C’est Marine Le Pen qui a lancé la mode en ayant l’outrecuidance de déposer une plainte contre lui au motif qu’il avait osé mettre en cause l’évaluation son patrimoine, ce qui est l’objet même de la HATVP. Si les personnes mises en cause ou inculpées n’ont désormais rien de mieux à faire que de déposer plainte contre les magistrats qui font leur travail, la justice n’est pas prête d’avancer. Mais surtout, c’est une remise en cause du système institutionnel lui-même puisque juge et partie y compris délinquante se retrouvent mis sur un pied d’égalité. C’est la raison pour laquelle on ne peut qu’être scandalisé que Bernard Debré, ancien ministre de la république est pourtant un vrai républicain, endosse le même costume et mette en cause le président Nadal, qui serait selon lui coupable d’avoir divulgué les informations-qui devraient être publiques s’agissant de l’emploi de fonds publics,-qui mettent aujourd’hui en difficulté François Fillon.

 

Ainsi, ceux qui prétendent lutter contre le Front National et le populisme deviennent-ils des machines à alimenter l’un et l’autre.

 

Vous connaissez mes engagements politiques, mais ma vie ne se limite pas à de la politique politicienne. Avocate, j’ai plaidé dans de nombreuses affaires liées à la défense de notre environnement. A travers de nombreux ouvrages j’ai décrypté le monde tel qu’il est et proposé des solutions pour améliorer certes notre environnement, mais aussi les conditions de vie de ceux qui le peuplent, de tous ceux qui espèrent mieux y vivre, de vous, de moi, de nous citoyens.
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