2012, année fatidique ? | "Privé de Salaire" | Scoop.it

Après la terrible année 2011, le pire reste possible, prévient le politologue José Ignacio Torreblanca. La crise pourrait obliger les Vingt-Sept à choisir entre la Grèce et le Royaume-Uni. Et encore une fois, c’est à Berlin que tout se décidera.

Par  José Ignacio Torreblanca.

 

2011 restera l’année où, pour la première fois, l’Union européenne aura regardé vers l’abîme et nommé l’innommable. Après dix ans d’introspection et de divisions, l’UE commençait juste à rattraper le temps perdu avec l’objectif de réussir, enfin, à avoir de l’influence au niveau mondial. C’est à ce moment, à la surprise générale – en Europe comme à l’étranger – qu’une crise économique et financière mondiale l’a heurtée de plein fouet et a déstabilisé sa plus grande réussite : l’union monétaire.

"Si l’euro disparaît, l’Europe disparaît", a prévenu la chancelière allemande, Angela Merkel, devant les membres de son parti réunis à Leipzig en novembre 2011, lorsqu'elle a décrit la situation comme étant "la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale". Et elle avait raison : les conséquences d’un éclatement de la zone euro seraient si profondes qu’elles se limiteraient difficilement aux questions monétaires. Elles toucheraient de plein fouet le marché intérieur et les principales politiques communes, y compris la politique extérieure, anéantissant ainsi plusieurs décennies d’une construction européenne laborieuse....


Via Vincent DUBOIS