Sept ans d'évolution dans les maternités | Précarité et grossesse | Scoop.it

Des femmes plus diplômées, plus âgées, moins de maternités... Le profil des mères a changé, les conditions d'accouchement aussi. Le ministère de la Santé publie, jeudi 6 octobre, les résultats de l'enquête nationale périnatale menée en 2010.

 

Où en est la santé des femmes, la santé des nouveau-nés ? Quelles sont les pratiques médicales concernant la grossesse et l’accouchement ? L'enquête nationale périnatale 2010 du ministère de la Santé est la quatrième menée en 15 ans (1).

 

Première tendance observée depuis la dernière enquête, réalisée sept ans plus tôt : le profil des mères évolue. Elles sont plus diplômées et occupent des postes plus qualifiés. Ce qui s'explique par le fait qu'elles accouchent plus tard, mais aussi par l'allongement de la durée d'études chez les femmes. En 2003 le pourcentage de femmes ayant un niveau supérieur au baccalauréat était de 42,6%. En 2010, il atteint 51,8 %.


L'enquête observe par ailleurs, sans que ses analystes puissent l'expliquer, « une diminution très forte de la part des femmes qui se déclarent femmes au foyer, qui est passée de 23,9 % à 13,2 % en 7 ans. »

 

Moins de tabac, plus de poids

En terme de santé, une évolution positive : les femmes fument moins pendant la grossesse. En 2010, elles étaient 17,1 % à avoir fumé au moins une cigarette par jour au troisième trimestre de la grossesse, contre 21,8 % en 2003.


D'autres chiffres, en revanche, montrent « une évolution moins favorable pour la santé de la mère et le déroulement de la grossesse » : 17,3 % des femmes interrogées en 2010 étaient en surpoids et 9,9 % obèses. Deux points de plus que les pourcentages de 2003, respectivement de 15,4 % et 7,5 %.


Point noir également d'après cette enquête : le pourcentage des femmes ayant déclaré leur grossesse après le premier trimestre a augmenté, de 4,9% à 7,8%. Cela « constitue un signal d’alerte pour les professionnels, témoignant d’éventuelles difficultés rencontrées par la femme (situations de vulnérabilité et de précarité psychosociale, grossesse chez une adolescente, difficulté d’acceptation de la grossesse…). »

 

Des sages-femmes de plus en plus présentes

L'un des aspects de l'enquête vient conforter les sages-femmes, qui revendiquaient en manifestant, le 4 octobre, une meilleure reconnaissance de leur statut. Elle souligne en effet qu'en matière de suivi prénatal, si le gynécologue-obstétricien occupe toujours la place principale, les sages-femmes prennent une place plus importante qu’en 2003, tous types d’exercice confondus.


Et ce sont elles désormais qui pratiquent les accouchements en priorité : à 55,8 % en 2010 contre 47,5 % en 2003. De fait, elles sont « des professionnels privilégiés pour le suivi des grossesses à bas risque », souligne le rapport. Ce qu'elles demandent justement, c'est d'être officiellement considérées comme « les professionnels de premier recours » pour le suivi de femmes en bonne santé.

 

Une restructuration sans dégradation.

En revanche, le rapport vient à l'encontre d'une autre des revendications des sages-femmes : des lieux d'accouchements plus personnalisés. En effet, entre 2003 et 2010, le nombre de maternités est passé de 618 à 535. Conséquence du « mouvement de restructuration et de concentration », qui a conduit à « une baisse plus importante du nombre des « petites » structures, au profit des grandes maternités » ; désormais un quart des établissements réalisent plus de 2 000 accouchements par an.

 

Mais - voilà qui plaira au gouvernement - la DREES qui analyse l'enquête juge que ce mouvement de concentration « ne s’est pas traduit par une dégradation significative de l’accessibilité ». Sans compter que la sécurité de l'organisation de l'accouchement s'est renforcée et les maternités sont mieux pourvues en personnel.

 

Image : Mary Cassatt. Breakfast in Bed. 1897.


Via Alix Heuer