La RSE n'est pas un mode de communication | Picto Communication Partner | Scoop.it

Lu sur un blog professionnel : "La Responsabilité Sociétale (ou Sociale) de l’Entreprise (RSE) est un outil efficace afin de gérer la réputation des entreprises."

 

Hélas oui, la vision des enjeux de la RSE par la plupart des professionnels qui en conduisent la mise en oeuvre, comme du point de vue de l'opinion publique, est trop souvent celle-ci. La RSE vue comme outil de marketing ou de communication corporate.
Ne nous leurrons pas, la publication obligatoire d'un reporting extra-financier (Rapport de Développement Durable) entraîne inévitablement un enjeu d'image pour l'entreprise ou la marque commerciale. Il est à noter néanmoins que cette tendance à vouloir ne traiter les enjeux de la RSE que par la communication, s'accentue ces derniers temps. Ainsi, nombre d'agences de communication se font "labellisées" DD et amorcent un virage à 180 degré, afin de pouvoir proposer à leurs clients un package communication responsable. Le "greenwashing" ou "socialwashing" avant la mise en oeuvre. On repeint la façade, sans vérifier si les fondations tiennent.

 

Ce fléchissement des politiques de RSE, focalisées sur la publication annuelle du rapport de DD, est en effet à regretter. Le mouvement était certes engagé en France dès la publication de la loi NRE 2001 stipulant l'obligation d'information des sociétés côtées sur leur conduite sociale et environnementale, obligation aujourd'hui élargie par la loi Warsmann aux PME-PMI. Ces dispositions législatives de publication servant essentiellement de support au travail des sociétés d'audit et de notation sociale.

 

Mais, est-il nécessaire de le rappeler, le concept de RSE n'a pas pour unique objet de consolider la durabilité économique de l'entreprise (l'un des 3 piliers du DD avec le social et l'environnemental). La RSE résulte historiquement de demandes de la société civile (associations écologiques et humanitaires) d'une meilleure prise en compte des impacts environnementaux et sociaux des activités des entreprises/organisations en interne comme en externe. Elle est née, notamment, en réaction aux problèmes d'environnement planétaire rencontrés depuis les années 1970, et s’est élargie au champ social.

Elle s'est développée dans le monde industrialisé, à travers les dernières décennies, à l'initiative d'organisations intergouvernementales ou régionales, à l'échelle mondiale ou régionale, et par la définition de politiques publiques internationales de normalisation et de cadres juridiques.

Sa mise en place a été guidée petit à petit par différents niveaux d'obligations ou de recommandations, de normes volontaires ou de législations nationales ou transnationales contraignantes : référentiels internationaux (GRI), codes de conduite des entreprises (Global compact), certifications, normes (ISO 26000) ou labels publics...

 

Pour toutes ces raisons historiques, et ces motivations fondatrices, le périmètre et la logique de la RSE ne peut et ne doit être en aucun cas celui d’une seule approche communicationnelle. La démarche RSE ne peut être pertinente et effective qu’à condition d’être conduite de manière transversale au sein des organisations. Elle ne peut servir seulement un enjeu d’image.

Son enjeu doit être pensé comme le levier d'une démarche globale de transformation et d’innovation de l’économie, en dialogue avec les parties prenantes, pour répondre aux défis stratégiques d’un monde en constante évolution et extrêmement mouvant.

Elle devrait être la colonne vertébrale de l’économie du XXIe siècle, lui assurant souplesse face à un environnement de plus en plus compétitif et volatile, et consolidation sur la durée, dans le respect des humains et de leur environnement.


Via Respons, Eric Feront