Le chien paria, cette réincarnation des voleurs | Serge Bouvet, photographe reporter | PHOTOGRAPHERS | Scoop.it

On s’habitue difficilement à la présence de ces chiens errants qui, comme les vaches ou porcs, infestent la voie publique où ils tolèrent à peine les passants obligés de leur céder le pas. Dans toutes les ruelles, sur les saillies des façades bleues, on les aperçoit quotidiennement par groupes de trois ou quatre couchés en rond.

 

Le jour, assommés par la chaleur, ils se la coulent douce comme des couleuvres au soleil, se laissant plutôt fouler aux pieds que de se lever. Il faut les contourner sans se faire mordre en priant le dieu Ganesh qu’ils n’aient pas la rage. La nuit, dès le crépuscule jusqu’à l’aube, ils reprennent goût à la vie et gare aux promeneurs solitaires comme bibi qui tenterait le Diable pour faire des photos…

 

Je savais que je croiserai en chemin des vaches mais je ne m’attendais pas à découvrir autant de chiens SDF. Pourtant mes lectures préalables sur le Rajasthan m’avait mis en garde sur le fléau canin mais c’est tout moi ça : lors de mes voyages je m’incline difficilement à présager le pire, à ne pas céder à la paranoïa du danger toujours imminent.