Philosophie et société
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Vie privée, espionnage, Snowden, PRISM, NSA, confidentialité, surveillance, Panoptique, sécurité, 1984, Big Brother et autres joyeusetés

Je m'étonne de lire actuellement autant de réactions suite aux révélations d'Edward Snowden, relatives à la surveillance dont nous ferions tous l'objet (pour ceux qui ne savent pas ce dont il est question, cf. notamment http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/09/un-ancien-employe-de-la-nsa-derriere-les-revelations-sur-les-ecoutes-numeriques_3426888_3222.html).

 

Ainsi, on peut lire ce genre d'article : "Prism: pourquoi le public ne se sent pas assez concerné par l'espionnage de nos vies privées (et pourquoi il devrait) [ http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/15/prism-pourquoi-pas-concerne-espionnage-vie-privee_n_3440414.html ]" (titre en partie fallacieux étant donné le nombre de partages de celui-ci : il y a en réalité plusieurs publics, et l'un de ces publics rend faux le titre au moins en ce qui le concerne, s'en distingue en le partageant).

 

Il y a au moins deux types de personnes qui s'agitent suite à ces révélations.

 

D'abord, il y a ceux que ça n'avait jamais inquiétés. Ceux pour qui la surveillance, c'était des conneries, des phantasmes de complotistes à deux balles. Ceux qui n'en avaient rien à foutre tant que ça n'était pas susceptible de toucher leurs messages privés sur Facebook. Désormais, ça leur parle les questions de vie privée et de confidentialité ! On les voit maintenant fervents défenseurs des libertés individuelles et de la confidentialité. C'est pas comme si on les avait prévenus !

Parce qu'au fond, Edward Snowden n'apporte rien de véritablement neuf sous le soleil : cela fait des années que certains s'époumonent à dire qu'avec Internet, les gens se fichent eux-mêmes, ils donnent leurs données en pâture à des firmes privées ou à des gouvernements. Combien de fois n'y a-t-il pas eu de levées de boucliers face aux politiques de confidentialité et de récoles de données de Facebook? (Cf. http://europe-v-facebook.org/EN/en.html entre autres).

 

Ensuite, justement, il y a ceux "qui l'avaient dit". Ah, ces visionnaires! Ceux qui ont lu Orwell, ceux qui ont lu Foucault. Ceux qui Savaient, nom d'un chien, que la plèbe sacrifiait ses libertés en s'inscrivant sur Facebook, au nom de la sécurité...

 

Ces attitudes pulsionnelles ne permettent pas à mon sens de penser véritablement les enjeux relatifs à ces faits. Ces faits inéluctables. Ces faits par rapport auxquels il est difficile, voire impossible, de faire marche arrière.

 

"La question de la vie privée est-elle un problème de vieux cons?" se demandait Jean-Marc Manach en 2010 (http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/07/02/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons-le-livre/). Pour lui, les "vieux" ont leur mot à dire face à ces jeunes qui ne s'en fichent peut-être pas tous tant que le sens commun voudrait le croire.

 

Le problème, c'est que la mécanique est en marche, et depuis longtemps. Cartes bancaires, cartes d'identité à puces, GPS, GSM, croisements d'informations issues des bases de données commerciales et administratives, caméras publiques de surveillance, formulaires remplis çà-et-là de notre plein gré, présence en ligne (et même absents, nous sommes taggés par nos pairs, mis sur le web par nos employeurs...), etc. Big Brother, qu'on le veuille ou non, c'est trop tard : on est tous fichés.

 

La plupart des "penseurs" de la vie privée l'ont bien compris : en général, ils mettent surtout l'accent sur des questions qui se situent davantage à un niveau interpersonnel qu'à un niveau sociétal.

Ainsi en découlent les principes marketing de "réputation" : votre (futur) employeur peut voir ce que vous publiez, vos amis vous jugent en fonction de vos actions sur les réseaux sociaux, etc. Le conseil d'or, en conséquence, est de régler ses paramètres de confidentialité et de "réfléchir avant de publier" (cf. la caricature dénoncée par Michel Guillou face à la campagne "Soyez net sur le net" : http://gingko.neottia.net/post/42653049758/paris-et-ses-ados-les-traits-grossiers-de-la#).

Le genre de choses qu'une ou deux claques sociales permettent d'apprendre et qui semblent de plus en plus admises en termes de règles implicites sur les réseaux.

Une des dérives possibles est de créer une culture du self-branding, du "marketing de soi" , où l'on ne se montre que sous un jour tout à fait hypocrite, travaillé et artificiel, avec également cette question de "la mise en chiffres de soi". Mais ce n'est pas le débat ici.

 

Ces "penseurs" se retrouvent bien démunis quand on leur explique que même leur navigation privée fait l'objet d'une surveillance. A moins d'avoir été parano toute sa vie, de ne fonctionner que par logiciels libres, d'habiter dans une grotte et de n'avoir aucune vie sociale, il est plus que probable que des données aient été collectées sur nous.

 

Maintenant, il demeure stupide de penser qu'Obama "lit nos mails". J'ai la croyance qu'il a autre chose à faire de ses journées. C'est là qu'interviennent les alarmistes : Big Brother, c'était de la gnognotte face à ce qu'on connait aujourd'hui. Sauf que dans 1984, le système est beaucoup plus coercitif. D'ailleurs, on le sait depuis longtemps : aux States, on utilise ses armes en bon père de famille (http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/06/19/la-nsa-et-le-fbi-defendent-prism_3432454_651865.html) : faut pas déconner! La bombe nucléaire, les armes à feu, c'est seulement pour notre sécurité. C'est seulement contre les méchants.

D'un autre coté, n'importe quel système totalitaire qui aurait accès à ces possibilités techniques deviendrait directement extrêmement puissant : si on sait lire vos mails, on sait lire aussi ceux de "votre" armée. Puis on peut vous faire chanter, puis on peut vous retrouver, tout ça. Comme dans les meilleures dystopies !

Ce n'est pas faux.

Ce n'est pas neuf non plus. Un système totalitaire n'a d'ailleurs pas besoin de tout cela pour être extrêmement puissant et coercitif...

 

Le problème, c'est qu'on ne peut pas décemment penser comme dans tel ou tel article (un au hasard : http://www.lepoint.fr/technologie/zimmermann-faire-confiance-a-google-ou-facebook-c-est-etre-a-poil-sur-internet-10-06-2013-1678994_58.php) que demain, face à ces risques, la population entière va se mettre aux logiciels libres et déserter ces saletés de sociétés commerciales, administrations et autres organismes qui ont minutieusement collecté leurs données - souvent offertes sur un plateau d'argent - depuis des années. Quand bien même ce serait le cas, ce nombre écrasant de personnes aurait tout de même été fiché durant des années. Et à chaque génération, il faudrait que les enfants et ados suivent les traces de papa-maman pour éviter de tomber dans le piège du fichage.

 

Est-ce pour autant du fatalisme? Je ne le crois pas : c'est tout-à-fait réaliste. Je préfère de loin cette position à celle qui inculque un self-branding nauséabond, mettant tout à fait de coté les véritables enjeux sociétaux. En réalité, je m'insurge contre les solutions proposées.

Pour moi, être absent du web, se créer un "faux profil" et partager des informations erronées, "réfléchir [à sa réputation] avant de poster" ou encore fuir les "gros acteurs" des réseaux n'a pas beaucoup de sens. Même l'éducation aux médias, lorsqu'elle se limite au niveau interpersonnel, est stérile face à ce problème.

 

Par contre, il est selon moi possible de développer des contre-pouvoirs, entre autres.

Il ne faut pas se leurrer : si un système suffisamment puissant décide de faire un usage de nos données personnelles contre nous, ce n'est probablement pas parce que nous ne sommes pas ou plus sur Facebook que nous aurons la moindre chance d'y échapper. Le fait que certaines personnes n'aient pas appris à gérer leur confidentialité et que ça leur pose des problèmes au niveau personnel peut être soulevé, mais cela ne suffit pas au niveau sociétal.

Par contre, le web offre notamment des possibilités de faire réseau, d'échanger de l'information, etc. Il est possible de contribuer à prévenir ce type d'usage nocif, en faisant circuler l'information, par exemple. Il existe plus que probablement de nombreuses pistes que je n'envisage même pas. Mon propos est simplement de dire que face à un système dont le potentiel de contrôle et de surveillance est gigantesque, si on veut vraiment agir, il convient d'envisager d'autres systèmes parallèles et non de se voiler la face.

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Philosophie et société
Réflexions philosophiques (épistémologie, éthique, anthropologie philosophique) et ressources en sciences humaines et sociales. Voir aussi : http://www.philomedia.be
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Il est important de savoir comment l'ignorance est produite

Il est important de savoir comment l'ignorance est produite | Philosophie et société | Scoop.it

L'ignorance est un thème dont l'importance est désormais reconnue dans le milieu académique, comme en témoigne un épais manuel publié en 2015 (voir la bibliographie). Il est temps que les autres acteurs de la société s'en emparent aussi. Car des questions de science ou de technologie s'immiscent de plus en plus dans les problèmes et les choix auxquels sont confrontés nos sociétés et leurs décideurs. Il suffit de penser aux plantes génétiquement modifiées, à l'énergie nucléaire, à l'impact des polluants sur la santé ou au réchauffement climatique.

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"Poil à fille", le blog BD [et philo] de @Janine_bd > Philosophie

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Encyclo-philo.fr - Encyclopédie Philosophique

Découvrez les thèmes de nos 1ers articles: Bien, Bioéthique, Causalité mentale, Constructivisme, Création, Duns Scot, Husserl, Imagination, Libre arbitre, Kant, Métaéthique, Musique, Mémoire, Méréologie, Observation scientifique, Physique quantique, Positivisme logique, Principe de raison suffisante, Religion, Réductionnisme, Réalismes, Subjectivité, Temps, Syllogisme, Utilitarisme, Universaux, Zombies…

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Face à L'absurde Des Guerres Et Des Attentats | Philosophie, Médias Et Société

Des ressources pour comprendre, réfléchir et agir : comment démêler le vrai du faux ? Comment éviter de se faire tromper par la propagande et les mensonges ?

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Un grain de sable: Lordon et le rôle du concept en sciences sociales

Un grain de sable: Lordon et le rôle du concept en sciences sociales | Philosophie et société | Scoop.it

Ma spécialité n'est pas le "champ social" mais permettez-moi tout de même un rapide commentaire critique sur cet article de Lordon paru en 2013 dans les cahiers philosophiques, qui évoque au passage les "sciences dures" et leur usage des mathématiques, des sujets qui me sont plus familiers. Si je trouve le rapprochement entre philosophie et sciences sociales que Lordon appelle de ses voeux dans cet article tout à fait louable, certains aspects me gênent néanmoins. Ils ont trait à la fois au style et au contenu de l'article.

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Umberto Eco : « Philosopher, c’est régler ses comptes avec la mort » • Entretiens

Umberto Eco : « Philosopher, c’est régler ses comptes avec la mort » • Entretiens | Philosophie et société | Scoop.it

Philosophe de formation, sémiologue de conviction, car c’est “la forme moderne de la philosophie”, romancier et essayiste interplanétaire, Umberto Eco est devenu une légende intellectuelle. À l’aise sur tous les sujets, il prouve que la pensée est une activité réjouissante.

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Un livre : "La destruction de l'université française". Compte-rendu et entretien avec Christophe Granger

Un livre : "La destruction de l'université française". Compte-rendu et entretien avec Christophe Granger | Philosophie et société | Scoop.it

Cette contribution autour du livre de Christophe Granger La destruction de l'université française (La Fabrique, 2015) est publiée simultanément sur le Carnet Zilsel et la rubrique Débats de Révolution Permanente.Le Carnet Zilsel passe les sciences et les techniques au crible des sciences humaines et sociales. Les contributions qu’il accueille, inscrites dans le mouvement critique, propose des éclairages sur les objets nouveaux surgissant dans les études sur les sciences et les techniques ; elles ne négligent pas non plus les propositions plus anciennes qui méritent toujours d’informer les débats. En 2014, le Carnet Zilsel a publié une contribution en deux parties d’Emmanuel Barot consacrée à la crise universitaire et à la politique épistémologique marxiste.

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La bombe H, infiniment plus puissante qu'Hiroshima, comment ça marche ?

La bombe H, infiniment plus puissante qu'Hiroshima, comment ça marche ? | Philosophie et société | Scoop.it

Les bombes A libèrent une énergie déclenchée par la fission d'éléments comme l'uranium ou le plutonium. Celles à hydrogène - ou thermonucléaires - utilisent d'abord la technique de la fission, puis celle de la fusion nucléaire dans une réaction en chaîne.
Explications.

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Théories du complot : pourquoi le cerveau s’emmêle quand il s’en mêle ?

Rue89 a choisi le complotisme comme premier grand thème de 2016.

 

Parce que les théories complotistes répondent à une interrogation sans cesse croissante du public à l’égard d’une Histoire qui s’emballe, les articles se proposant de démystifier ces théories répondent en quelque sorte à la même question que les sites complotistes eux-mêmes : que croire et qui croire ?

 

Une Histoire de mauvaise foi ?

 

Schématiquement, toute théorie ou anti-théorie du complot s’enracine soit dans la volonté de défendre un intérêt ou une idéologie spécifique, soit dans la volonté de promouvoir la « vérité » au sujet des événements historiques observés. Des discours de mauvaise foi s’opposent donc à des discours de bonne foi, dans un camp comme dans l’autre, et toute la difficulté consiste donc à prendre en compte les intérêts et les idéologies défendus par chacun, sans pour autant réduire la critique à une série d’arguments ad hominem consistant à attribuer crédit ou discrédit à différents discours sur la seule base du locuteur qui les prononce.

Julien Lecomte's insight:

L'article aborde des questions en lien avec mon dossier "Enjeux épistémologiques et éthiques des médias et de l'éducation aux médias" : http://www.philomedia.be/enjeux-epistemologiques-et-ethiques-des-medias-et-de-leducation-aux-medias/

> Thèmes abordés : vérité, fiabilité (et donc mensonge), foi et cognition, le tout en lien avec des notions morales (bien / mal, utilitarisme, "déontologisme", intérêt/désintérêt, etc.)...

L'article arrive à citer Didier Super après avoir mentionné Kant, Platon, Rousseau ou encore Mill ;-)

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Quantified Modality and Essentialism - Kripke - 2015 (Noûs - Wiley Online Library)

It is well known that the most thoroughgoing critique of modal logic has been that of W.V. Quine. Quine's position, though uniformly critical of quantified modal systems, has nevertheless varied through the years from extreme and flat rejection of modality to a more nearly moderate critique.

 

At times Quine urged that, for purely logico-semantical reasons based on the problem of interpreting quantified modalities, a quantified modal logic is impossible; or, alternatively, that it is possible only on the basis of a queer ontology which repudiates the individuals of the concrete world in favor of their ethereal intensions. Quine has also urged that even if these objections have been answered, modal logic would clearly commit itself to the metaphysical jungle of Aristotelian essentialism; and this essentialism is held to be a notion far more obscure than the notion of analyticity upon which modal logic was originally to be based.

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La sociologie excuse-t-elle les terroristes ?

« J'en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qu'il s'est passé », s'est exclamé le 26 novembre le Premier ministre Manuel Valls à propos des attentats. Il reprenait ainsi une rhétorique qui accuse régulièrement les sciences sociales de nier la responsabilité des individus, révélant ainsi une profonde méconnaissance de leur logique, de leur travail et de leur rôle.

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Contribution de l’informatique théorique à la philosophie

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Cet article est issu d’un exposé au Séminaire d’histoire des mathématiques de l’Institut Henri Poincaré dont la séance du 23 mai 2014 était consacrée aux interactions entre histoire des mathématiques et (histoire de) l’informatique.

 

J’ai bien conscience que ce titre peut paraître prétentieux.

 

Ce que je souhaite, c’est attirer l’attention sur le fait qu’à mon humble avis, un certain nombre de travaux de l’informatique théorique apportent un éclairage nouveau sur des questions philosophiques.

 

Dans cette contribution, je n’en aborderai que deux, le temps et le hasard.

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La haine des causes

[...] Qu’il s’agisse de la crise grecque ou des menaces terroristes, des enjeux sécuritaires ou des questions économiques, la politique contemporaine dans sa version dominante a choisi d’ignorer ce qui fait les sociétés : leur histoire, leurs structures, leurs contradictions sociales et, par-dessus tout, leur foncière diversité ethnique, culturelle et religieuse. Les sciences humaines et sociales sont ainsi bannies, discréditées ou vilipendées, au nom du fait qu’elles installeraient une « culture de l’excuse ».

 

Tout effort d’explication historique ou d’analyse sociologique d’un phénomène social est disqualifié comme tentative de justification. Aussi absurde que grossier, ce soupçon est une arme idéologique au service de l’ordre établi, justifiant une politique fière de ne plus penser à long terme. Évacuées, les causes sociales de la délinquance, les origines historiques de l’État islamique et de la décomposition du Moyen-Orient, les fondations idéologiques de la crise des dettes publiques et de la zone euro. Circulez, il n’y a plus rien à penser ! [...]

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Observation et expérimentation

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Observation et expérimentation

Cet article a été rédigé en grande partie sur la base du livre « L'observation scientifique » de Vincent Israël Jost, que je conseille aux lecteurs souhaitant approfondir ces questions.

L'une des caractéristique importante de la science est la méthode par laquelle elle parvient à produire une connaissance du monde. S'il n'est pas certain qu'il existence une unique méthode scientifique partagée par toutes les disciplines, de la sociologie à la physique, on peut au moins s'accorder sur un point : la confrontation systématique à l'expérience, par nos observations, y joue un rôle central. Pour cette raison, il peut être intéressant de se pencher philosophiquement sur la notion d'observation scientifique, et sur l'expérimentation en général.

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The man who studies the spread of ignorance

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How do people or companies with vested interests spread ignorance and obfuscate knowledge? Georgina Kenyon finds there is a term which defines this phenomenon.

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Les défis d’Hilary Putnam - raison-publique.fr

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Par Christiane Chauviré


Les Américains ont perdu une de leurs plus grandes figures philosophiques en la personne d’Hilary Putnam (1926-2016), qui était aussi intéressant par son itinéraire philosophique qu’original par sa trajectoire personnelle. Il avouait changer souvent d’avis sur les questions qui lui tenaient à cœur, se mettant à chaque fois lui-même au défi de trouver une meilleure théorie. Ces questions couvraient un large domaine : philosophie de la logique, du langage, de l’esprit, des mathématiques, métaphysique, éthique et religion. Il abordait les grands problèmes philosophiques, le plus souvent de façon critique, par le biais d’analyses conceptuelles rigoureuses détectant les failles dans les positions d’autrui. On a pu dire que l’histoire des idées philosophiques de Putnam était toute l’histoire de la philosophie, ce qui est un peu exagéré. Mais il est bien vrai qu’il a déterminé ou influencé les idées majeures de la philosophie analytique de la seconde moitié du XXème siècle, notamment en matière d’intelligence artificielle.

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Un grain de sable: La philosophie inutile ? Dépassée par les sciences ? Sur les malentendus du positivisme naïf.

Un grain de sable: La philosophie inutile ? Dépassée par les sciences ? Sur les malentendus du positivisme naïf. | Philosophie et société | Scoop.it
J'avoue avoir du mal à comprendre la raison pour laquelle certains scientifiques (généralement des physiciens médiatiques) s'évertuent à déclarer la mort de la philosophie (voir ici et là). Il y a comme des relents de guerre des sciences dans tout ça. Je veux parler de l'époque (les années 70-80) où la sociologie développait son "programme fort", résolument relativiste, visant à réduire l'édifice scientifique à une construction sociale. Ce projet est bel et bien mort et pour ma part je n'aurai aucun mal à me situer du côté des sciences dites "dures" dans ce débat. En tout cas pour ce qui est de la conception qu'il faut avoir de la vérité, de l'objectivité et du but de la science : découvrir ce qui existe indépendamment de nous et de nos façons de les concevoir. Il ne s'agirait pas de nier les apports de l'époque, et notamment les critiques qu'on peut faire à un positivisme naïf qui dirait que nous ne faisons que poser des hypothèses pour les confronter à l'expérience (comme si la réalité nous répondait par "oui" ou par "non"). Nombreux sont les facteurs non empiriques qui participent à la construction des théories : la recherche de simplicité, d'unification, et même le conservatisme quand aucune alternative à nos théories se présente à l'horizon. Mais si l'on considère la communauté scientifique au sens large et sur le long terme c'est bien quelque-chose comme la vérité et l'objectivité qui est visé dans les sciences et leur succès atteste d'une certaine réussite dans cette entreprise.
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Umberto Eco, auteur du « Nom de la rose » : mort du plus lettré des rêveurs

Umberto Eco, auteur du « Nom de la rose » : mort du plus lettré des rêveurs | Philosophie et société | Scoop.it
Philosophe, écrivain et essayiste, Umberto Eco est mort à 84 ans, vendredi soir 19 février, à son domicile, à Milan. Pionnier de la sémiotique – la science des signes – et théoricien du langage (notamment de la réception), ce qui court en filigrane tout au long de son œuvre romanesque, auteur de nombreux essais sur l’esthétique et les médias, il a écrit tardivement son premier roman, qui connaît un succès considérable, Le Nom de la rose, paru en 1980 chez Fabbri-Bompiani.
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Les effets destructeurs du management à la cool

Les effets destructeurs du management à la cool | Philosophie et société | Scoop.it

On parle beaucoup d'humaniser les rapports dans l'entreprise. Est-ce une bonne nouvelle ?

 

Pour comprendre la souffrance qui infuse dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, alors que jamais on ne s’est tant soucié de bien-être au travail, le nouveau livre de Danièle Linhart, « la Comédie humaine au travail » (sous-titré : « De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale »), est d’un recours précieux.

Voilà une chercheuse du CNRS qui depuis trente ans observe les mutations sociales au travail. Pour mieux comprendre ses lois non écrites, ses faux semblants, elle se faufile dans les congrès de managers, avec le risque de s’y faire insulter (c’est arrivé, nous le verrons plus loin). La sociologie comme sport de combat est diversement appréciée.

 

[...] Fini le temps du bonjour compassé du directeur à son subalterne.  Toujours cool, le «n+1» tend patte blanche à son salarié sur le mode l’entreprise-est-à-nous-tous-et-ton-avis-nous-intéresse. En réalité,  ce mélange des genres fragilise les gens. Sous son blanc manteau, l’orientation humanisante est dangereuse ; si l’affaire tourne mal, ce n’est plus un professionnel qui sera jugé par ses chefs mais la personne toute entière, livrée à une évaluation critique parfois fatale.

Julien Lecomte's insight:

Quelques points à nuancer (en ce qui concerne certains propos généralistes - format oblige, sans doute), mais globalement l'article fournit quelques grilles de lecture intéressants quant à certaines mouvances contemporaines...

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Le spectre de la certitude

Le spectre de la certitude | Philosophie et société | Scoop.it

Le spectre de la certitude, par Mathias Girel (Dewey, La quête de certitude, tr. P. Savidan, Paris, Gallimard, 2014). Version longue d’une autre note, plus synthétique, qui devrait paraître bientôt ailleurs.

 

Alexandre Vialatte disait qu’il fallait toujours « garder un vice pour ses vieux jours ». Il ne s’agissait cependant pas, dans son cas, de rivaliser d’excentricités tardives ou d’entamer à un âge avancé une improbable vie de perdition, mais plutôt d’approfondir avec délices les subtilités de la grammaire et de l’orthographe. La vieillesse de John Dewey (1859-1952) fut également bien sage au fond, même si ses biographes nous expliquent qu’il eut encore assez de vigueur pour adopter un enfant à quatre-vingts ans révolus : elle consista à écrire et publier encore et toujours plus de livres majeurs [...]

 

Lire la suite : http://mathiasgirel.com/2016/01/06/le-spectre-de-la-certitude/

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La pluralité interprétative - Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue

L’étroitesse d’esprit, le dogmatisme, l’intolérance, le fanatisme sont, à des degrés divers, des formes d’enfermement dans un schéma mental.

 

Pour y échapper, il faut accéder à la « pluralité interprétative » : devenir capable de « manipuler » ses propres représentations et ses idées pour adopter, au moins temporairement et en imagination, d’autres points de vue que le sien.

 

Mais quelles sont les bases cérébrales et mentales d’une telle capacité chez l’enfant et chez l’adulte ? À travers quelles formes historiques – culturelles, religieuses, artistiques – s’est-elle incarnée et développée ?

 

Peut-on l’enseigner aux enfants, et comment ?

 

Organisé les 12 et 13 juin 2008 au Collège de France, le colloque La pluralité interprétative. Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue a tenté de faire le point sur ces questions.

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Le sociologue, le politique et le terroriste

Un nouveau débat fait rage depuis quelques semaines sur les listes des chercheurs en sciences sociales : la sociologie, à force de chercher des causes sociales à la folie terroriste, ne finit-elle par « excuser » les assassins ?

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Bernard Lahire, sociologue : “Nos responsables politiques ont tendance à refuser toute explication” - Idées - Télérama.fr

Bernard Lahire, sociologue : “Nos responsables politiques ont tendance à refuser toute explication” - Idées - Télérama.fr | Philosophie et société | Scoop.it
Face aux attentats, aux émeutes ou aux crimes, le sociologue s'inquiète de la réponse politique, qui balaye d'un revers de manche toute tentative d'éclairage apportée par les sciences humaines. "Les savants sont soupçonnés immédiatement d’identification avec les criminels", estime-t-il.
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Les Biais de Confirmation - La Tronche en Biais #5

C'est probablement le type de biais le plus répandu, le plus multiforme, celui qu'on retrouve dans tous les types de croyance, chez les personnes de bonne ou de mauvaise foi, chez les ignorants comme les savants.

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Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre

Non, les hommes n’ont pas toujours fait la guerre | Philosophie et société | Scoop.it

Déconstruire le mythe d’une préhistoire sauvage et belliqueuse.

 

Par Marylène Patou-Mathis (Le Monde diplomatique, juillet 2015).

 

La violence humaine est-elle innée ou induite par le contexte ? Les recherches anthropologiques et archéologiques permettent aujourd’hui de répondre un peu mieux à cette question qui divisa les plus grands philosophes.

 

La guerre ne semble apparaître qu’avec la naissance de l’économie de production et le bouleversement des structures sociales du néolithique, il y a environ dix mille ans.

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