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Philosophie et société
Réflexions philosophiques (épistémologie, éthique, anthropologie philosophique) et ressources en sciences humaines et sociales. Voir aussi : http://www.philomedia.be
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"L’impasse moralisatrice de la lutte contre le racisme", par François De Smet

"L’impasse moralisatrice de la lutte contre le racisme", par François De Smet | Philosophie et société | Scoop.it

Billet radio pour la Première (RTBF), 7 mai 2013, par François De Smet - Ecoutez le podcast Vous n’entendrez plus ce générique, Arnaud. Même vous qui ne commencez votre journée qu’à 17h, vous ne pourrez plus suivre Derrick [...]

Julien Lecomte's insight:

Voici mon commentaire à l'auteur, sur son blog :

 

"Ici, je crois qu'il y a l'une ou l'autre considération qui pourraient s'ajouter à votre réflexion. Comme vous le dites, le racisme et la xénophobie sont délictueux lorsqu'ils sont exprimés dans la sphère publique, pas dans le for intérieur de chacun ou dans la sphère privée. Je pense que cette problématique est en fait fort liée aux médias et à certains de leurs modes de fonctionnement.

Concrètement, ce que je veux dire par là, c'est que la plupart des formats médiatiques (de l'émission de télévision et du reportage de JT aux commentaires sur les forums de presse en passant par les affiches voire les mèmes Internet) ne permettent pas d'argumenter efficacement contre le racisme, ou ne serait-ce que de l'expliquer et/ou d'en comprendre les raisons (sachant que certains replis identitaires / communautaires témoignent de raisons socioaffectives, de frustrations, de difficultés de vie en communauté, voire de traumatismes...). A contrario, les idées racistes ou xénophobes ont l'art d'être simplistes. Pour peu qu'elles soient exprimées avec une certaine rhétorique, par une personne charismatique et/ou séduisante, c'est le drame... Parce qu'il est du coup nécessaire qu'en face, il y ait suffisamment de répondant, dans le même format court, peu propice à la complexification. Ne serait-ce que votre texte, pourtant limpide, agréable à lire et à écouter, cela dépasse déjà le format traditionnel qui permet d'exprimer une idée.
Du coup, ceux qui caricaturent sont avantagés. Ainsi en témoigne le fait que cette image ait été partagée des milliers (...) de fois sur Facebook en 2012 : http://img.over-blog.com/300x275/0/54/47/21/420970_544249825591956_903112495_n.jpg

Il n'est donc pas simplement question de la malléabilité hypothétique du public, mais aussi d'une sorte de déséquilibre du rapport de force, entre des discours qui se voudraient construits et des slogans populistes.

 

[On pourrait ajouter qu'en tant que telles, certaines doctrines ne sont pas compatibles avec le pluralisme / la démocratie / ... Et qu'elles ne s'en réclament d'ailleurs pas. C'est effectivement un choix de valeur. Autant la démocratie peut assurer la liberté d'expression de toutes les opinions, autant une doctrine qui s'affirme à tel point en dogme est potentiellement nuisible à la démocratie / au pluralisme / ... Du coup, pourquoi lui ouvrir les portes de la démocratie et de la liberté de "toutes" les opinions, si elle-même ne s'en réclame pas ?

Il peut s'agir aussi d'un choix de ne pas donner de l'importance à des opinions qui peuvent choquer ou blesser des personnes ou des communautés lorsqu'elles sont partagées, et non seulement du postulat selon lequel le public sera forcément influencé par ce partage. Au fond, tout simplement, en tant que producteur ou diffuseur de contenus, je peux ne pas avoir envie de donner droit au chapitre à ce qui est contraire à une démocratie harmonieuse. Si la législation m'y autorise, pourquoi m'en priver ?].

Une deuxième chose, c'est de comparer les résultats, les conséquences. Effectivement, force est de constater qu'il existe bel et bien un racisme latent en Belgique francophone. Et pourtant, par rapport à de nombreux autres pays et régions d'Europe, les partis d'extrême droite ne percent pas en Belgique francophone. Or, il y est appliqué le fameux "cordon sanitaire", qui dit tout simplement que les partis qui ont des idées proches du racisme et de la xénophobie sont juste indésirables. Alors oui, cela semble se résumer à dire que "le racisme, c'est mal", et non, ça ne permet pas à mon avis de contrer ce racisme latent présent chez une partie de la population... Mais cela a une certaine efficacité hypothétique du moins. Cet argument est celui de Marc de Haan ("le cordon médiatique nous est utile") : http://www.ajp.be/egmi/content/marc-de-haan-atelier3

Quant à mon avis, il est un peu entre tout cela, je suis partagé. Dans le meilleur des mondes, je souhaiterais que l'on puisse débattre de toutes les questions, aborder tous les sujets, le tout de manière sereine et que l'on puisse déconstruire "dans les règles de l'art" certaines doctrines comme celles liées au racisme et à la xénophobie, de réfuter les extrémismes et les simplismes au profit de la nuance.
Malheureusement, je constate que des voix silencieuses s'élèvent dans le cas Trullemans, mais aussi lorsque des questions communautaires sont abordées (coté francophone comme néerlandophone). D'un autre côté, c'est un travail de très longue haleine que d'entendre ce type d'opinion et d'essayer d'en comprendre les fondements (qu'est-ce qui fait que les personnes y adhèrent?), c'est très complexe...
Comme vous le dites, la réponse est probablement dans l'éducation, l'intégration (peut-être pas l'emploi à mon sens parce qu'il soulève d'autres réflexions, mais bon, ok dans la mesure où c'est un facteur d'intégration...)".

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