La récente publication (ou réédition partielle, pour certains des textes) du livre de Philippe Lacoue-Labarthe, Agonie terminée, agonie interminable (Galilée 2011), nous invite, entre autres, à relire les fragments de Maurice Blanchot parus d’abord dans la revue du Nouveau Commerce en deux livraisons sous le titre « Une scène primitive » (février-mars 1976). Cette scène dont Lacoue-Labarthe dit qu’elle n’est ni une « scène primitive », ni même une scène (Blanchot réfute lui-même l’idée de « scène »), est avant tout une scène d’écriture, redoublée dans L’Écriture du désastre (p117, et p. 176-179) et se donnant à lire non plus comme une déclaration, mais comme un questionnement : (« Une scène primitive ? »). Il faudra, sans doute, s’interroger à propos de cette variation typographique : une parenthèse dont le rôle n’est jamais de s’inscrire sur le seuil d’un texte, d’un fragment, mais ici, étrangement, c’est la clôture qui ouvre.
Puis, paraît au printemps 1976, « On tue un enfant », tout à la fois commentaire du livre du même titre de Serge Leclaire, et réflexions dans les marges de pensées de D. W. Winnicott (les « agonies primitives », « la crainte de l’effondrement »). Ces fragments autour de « On tue un enfant », dans L’Écriture du désastre, tiennent lieu, au sens propre du terme, de pré-texte aux fragments « (« Une scène primitive ? ») », ils disent tout à la fois la fissure de l’enfance, « un enfant déjà mort se meurt », et celle de l’écriture. Cette « scène primitive » apparaît comme l’un des rares textes autobiographiques de Blanchot, mais aussi comme l’un des rares « micro récit » qui dévoile sa propre « exégèse ». Ce commentaire de la « scène primitive » apparaît dans un fragment (p. 176-179), dont l’écriture, conjugaison inédite de formes hétérogènes, demeure à interroger. Une « exégèse » était déjà présente, dans L’Entretien infini, à propos de la phrase : « Vivre avec quelque chose qui ne le concerne pas. ».
Au-delà de l’émotion suscitée par ces fragments énigmatiques – notamment, la présence de la figure de l’enfant –, nous pressentons que se joue-là, en dehors de toute vérité autobiographique supposée, l’énigme de la naissance d’un auteur.
Nous souhaiterions dans ce volume qui devrait paraître en 2013, à l’occasion du dixième anniversaire de la disparition de Blanchot, nous interroger sur la singularité, thématique et formelle, de ces quelques fragments privilégiés de L’Écriture du désastre, les mettre en perspective avec l’ensemble de L’Écriture du désastre, mais également avec d’autres textes de Blanchot comme L’instant de ma mort (voir Lacoue-Labarthe), voire, certains chapitres de L’Espace littéraire et de L’Entretien infini ou l’écriture fragmentaire du Pas au-delà...
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Philosophie en France
Le Monde.fr - Référence internationale sur la philosophie de Hegel, le philosophe et résistant Jacques D'Hondt est mort à Paris le 10 février à l'âge de 91 ans.
Mercredi 07 mars 2012 - Paris - Claude Lefort et la pensée du politique, EHESS, Amphithéâtre François Furet, 105 Bd Raspail, 7 et 8 mars 2012. Le propos de ce colloque est double : revenir sur les grandes interrogations comme sur les penseurs qui ont mobilisé l’attention de Claude Lefort et au regard desquels s’est forgé sa conception du politique ; partant des questions qui furent les siennes, interroger les mutations politiques qui impriment leur marque au début du XXIe siècle. Une première série d’interventions seront ainsi consacrées à la pensée de Claude Lefort comme aux auteurs qu’il a lu et médité. Une seconde partie partira de ses réflexions pour interroger tout à la fois la thématique démocratique et la question du totalitarisme.
Le Centre d'histoire des sciences et d'histoire des techniques (CH2ST), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne organise un colloque pour avancer la recherche sur l´imaginaire et la technique. Le but de ce colloque est premièrement d´expliquer le rôle de l´imaginaire dans la conception technique, deuxièmement son rôle dans l´usage des techniques et troisièmement dans la transition d´une culture technique à l´autre. Nous vous invitons à apporter votre contribution au colloque imaginaire et technique qui est ouvert tant aux chercheurs qu'aux professionnels de la pratique (ingénieurs, architectes etc.).
mercredi 22 février, 14h30-18h - Dans le cadre des activités du stage intensif de printemps du Master Erasmus-Mundus Europhilosophie, organisé en partenariat avec le CIEPFC (CIRPHES, ENS USR 3308), Quentin Meillassoux participera à une demi-journée d’études autour de son livre et de ses prolongements actuels..
"Cinquante ans après la disparition de Gaston Bachelard (1884-1962), son œuvre continue d’orienter la pensée vers l’avenir. Le Centre International de Synthèse, dont il fut longtemps un membre actif, le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière (Larsim-CEA) et le Centre international de recherches en Philosophie, Lettres, Savoirs (Cirphles-ENS) entendent rendre hommage à cette incitation inestimable à l’ouverture de la culture à son propre dépassement. Si lire Gaston Bachelard aujourd’hui c’est forcément le relire à la lumière du présent, on ne sera fidèle à l’esprit de son travail qu’en faisant jouer aussi par avance cette récurrence sur notre propre temps et en adoptant une posture résolument surrationaliste. Quelles sont les perspectives de progrès qui peuvent éclairer l’activité (sur)rationaliste actuelle ? Comment la pensée bachelardienne aide-t-elle à repousser l’horizon de notre temps ? Ce sont ces questions, ces ambitions, cette agressivité de la raison, que nous voulons réveiller en invitant les chercheurs en philosophie, en sciences de la nature et en sciences sociales, à nous faire part de la façon dont ils réactualisent les concepts héritées de Gaston Bachelard, et en nous indiquant la manière dont ils mettent en œuvre ses opérateurs sur les objets du présent et dont ils réactivent sa méthode en l’ouvrant aux découvertes contemporaines."
Enregistrement radiophonique de Gilles Deleuze datant de 1956, trois ans après Empirisme et subjectivité, « Essai sur la nature humaine selon Hume » (P.U.F., 1953)
La « cause de la phénoménologie » s’est trouvée exceptionnellement bien défendue et illustrée en France par de multiples œuvres, qui, au-delà même de la réception des pensées de Husserl et de Heidegger, ont aujourd’hui des effets en retour sur les pays germaniques d’origine de la phénoménologie. De ces transferts et contre-transferts témoigne l’ouvrage récent de Hans-Dieter Gondek et László Tengelyi, Neue Phänomenologie in Frankreich (Berlin, Suhrkamp, 2011), qui propose une vaste synthèse des évolutions, des thèmes et des débats de la phénoménologie en France, du début des années 1980 à la génération actuelle. Ces journées d’études permettront aux principaux représentants de la « nouvelle phénoménologie française » de réagir à cette synthèse et de discuter les thèses formulées dans l’ouvrage.
7 et 8 mars 2012 - Le propos de ce colloque est double : revenir sur les grandes interrogations comme sur les penseurs qui ont mobilisé l’attention de Claude Lefort et au regard desquels s’est forgé sa conception du Politique ; partant des questions qui furent les siennes interroger les mutations politiques qui impriment leur marque au début du XXI° siècle. Une première série d’interventions seront ainsi consacrées à la pensée de Claude Lefort comme aux auteurs qu’il a lu et médité. Une seconde partie partira de ses réflexions pour interroger tout à la fois la thématique démocratique et la question du totalitarisme.
Le Vecteur Epistémologie de l'Envers de Paris vous invite mercredi 8 février prochain, à assister à la conférence de Jean-Jacques Kupiec intitulée "Ontophylogénèse".
" Comment m’empêcher de réagir à la sortie de Claude Guéant, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des cultes, sur la supériorité d’une civilisation (la sienne, évidemment), sur d’autres qui la menaceraient ?
Julien Pallotta, L’Ecole mutuelle au-delà de Foucault, Editions EuroPhilosophie 2012, Bibliothèque de Philosophie
Ce travail, tout en partant des analyses de l’appareil scolaire dans Surveiller et punir, interroge la description que Foucault livre de l’école mutuelle comme ultime rationalisation disciplinaire de la « machine à apprendre ». Pour cela, il s’appuie sur les travaux d’Anne Querrien qui nous invitent à voir dans l’école mutuelle une pédagogie alternative, avant de finir par se demander, en faisant appel au Maître ignorant de Jacques Rancière, si une institution comme l’école peut être émancipatrice.
Café philo de la rotonde de la muette, du mercredi 1 février 2012 présenté par Raphaël Prudencio. Présentation du sujet par Raphaël Prudencio Suite de l'enregistrement le débat entre les participants.
Lieux : vendredi 17 février 2012 à Nanterre, samedi 18 février à la Sorbonne (Paris I) *Argument. Du Congrès de Vienne à l'échec du printemps des peuples, en mars 1848, la vie intellectuelle allemande connaît une effervescence particulière. Les grandes philosophies qui se sont construites pour dépasser Kant, avec Schelling, Fichte et Hegel, autorisent bon nombre de penseurs allemands à considérer l'Allemagne comme étant philosophiquement en avance sur son temps, ou tout au moins à la pointe de la modernité. Cette avance théorique tranche pourtant avec la réalité politique . Au sortir du Congrès de Vienne, les aspirations à l'unité allemande, à davantage de liberté, à des institutions plus modernes sont déçues. En regard de l'Angleterre ou de la France, l'Allemagne paraît accuser un certain retard pratique. Une solution de cette contradiction dans laquelle se retrouve l'Allemagne semble alors se trouver pour certains auteurs dans l'idée suivant laquelle il ne resterait plus à l'Allemagne qu'à réaliser sa philosophie.
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Le 11 et le 12 mai 2012, l’Université de Toulouse le Mirail, l’UFR Lettres, Philosophie et Musique, le Département de Philosophie et l’ERRAPHIS, rendent hommage à Jean-Marie Vaysse, professeur au Département de Philosophie de l’Université de Toulouse et directeur de l’ERRAPHIS, disparu le 14 mai 2011.
Responsables scientifiques : Edwige Rude-Antoine (directrice de recherche CNRS, CERSES / UMR 8137 / Université Paris Descartes) ; Philippe Hoyer chercheur associé au CERSES)
Qu’est-ce que la philosophie sociale ? Existe-t-il une philosophie sociale ? Apparue à la fin du XVIIIe siècle en France, la « philosophie sociale » a trouvé en Allemagne, dans la Sozialphilosophie, sous l’impulsion des travaux de Hegel et Marx, puis de l’Ecole de Franckfort, avec Habermas et Honneth, ses développements les plus connus. L’objectif poursuivi par ce dossier est de clarifier sa définition, sa fondation conceptuelle comme son origine historique, et sa fonction.
Le nouveau cycle de l'Atelier de Philosophie - "Philosophies de la solitude" - se déroulera tout au long du premier semestre, un dimanche matin par mois (hors vacances scolaires), de 10 h 30 à 12h. Il s'agira d'approcher les principaux thèmes du Banquet d'été 2012. Cet atelier sera animé par Dominique Bondu.
Est contingent ce qui pourrait être autrement ou ne pas être du tout, autrement dit ce qui n'est ni nécessaire ni impossible. Le contingent est le champ de ce qui n'est complètement déterminé ni par des principes logiques ou métaphysiques, ni par le destin ou la providence divine : le champ de ce qui est modifié et modifiable, c'est-à-dire le champ de l'action humaine. Comme cette action a lieu dans le royaume du contingent, toute réflexion sur soi d'ordre pratique est confrontée à la contingence comme à un problème constitutif : raison pratique, planification rationnelle et décision libre sont liées à la contingence incontrôlable du hasard, de la chance et de l'événement. Quelle est la signification de la contingence pour l'autocompréhension de l'homme dans ses pratiques rationnelles ? Le XVIIIe Colloque philosophique international d'Evian invite des philosophes au bord du lac de Genève pour discuter de la contingence dans tout l'éventail de ses tensions et de ses problèmes.
Du vendredi 9 au dimanche 11 mars 2012 - Si l’homme est bien un « animal raisonnable », comment se peut-il qu’il agisse parfois, et même de plus en plus souvent semble-t-il, comme s’il était « fou à lier » ? En témoignent à l’envi la folie douce ou encore « l’inquiétante étrangeté » des créateurs, les errements de la vie privée de chacun, en amour et en famille, par exemple, mais aussi, et sans doute plus gravement, les horreurs de l’histoire collective, en politique notamment, qui vont jusqu’à menacer aujourd’hui la survie de l’humanité et même l’ordre, voire l’existence du monde. Si l’homo demens semble être en passe de l’emporter sur l’homo sapiens, n’est-ce pas dû à l’irrésistibilité de quelque passion destructrice que la raison ne parvient plus à juguler ? Ou bien ne serait-ce pas dû, paradoxalement, à la malignité d’une volonté de puissance animant la raison elle-même, qui disposerait désormais des moyens de ses plus noirs desseins ? Mais si nous en sommes bien rendus là, est-ce selon la logique d’un destin, inexorable comme tel et donc désespérant, ou bien celle d’une destinée que la liberté des hommes pourrait encore espérer infléchir voire inverser ? C’est à l’examen de ces questions que cette douzième édition des Rencontres de Sophie invite le public, lors de conférences et débats, d’un abécédaire, d’un atelier philo pour les enfants et de projections de films. Avec : Laurent Danchin, Jean Danet, Jean-Claude Dumoncel, Cynthia Fleury, Angelo Giavotto, Roland Gori, Frédéric Gros, André Guigot, Jean-Claude Guillebaud, Patrick Lang, Wilfrid Martineau, Christian Maurer, Jean-Paul Mongin, Denis Moreau, Dominique Paquet, Guy Rousseau.nt.
15 mai 2012 - Le présent colloque sera organisé à l'occasion de l'exposition Guy Debord prévue à la Bibliothèque nationale de France (BnF) au printemps 2013. La particularité de ce colloque est d'inviter les chercheurs à s’appuyer toujours sur l'archive – à commencer par le fonds Guy Debord – afin de confronter et d’interroger toute hypothèse d’interprétation avec les traces tangibles du passé. Les apports de tout autre source documentaire que le fonds Guy Debord sont également les bienvenus.
"Gender and sexuality in the city : Politics of sex in Plato’s dialogues"
Dans Clartés de tout Fabian Fajnwaks et JuanPablo Lucchelli, deux psychanalystes, interrogent Jean-Claude Milner sur son parcours et sur la place que Jacques Lacan y a tenue.
Colloque international organisé par : Mohamed Bouattour (Université de Sfax), Salah Mejri (Université de Paris XIII et Université de Manouba) et Philippe Monneret (Université de Bourgogne)
Parmi les questions sur lesquelles l'humanité se penche depuis qu'elle a appris à penser, l'analogie se distingue par une série de thématisations explicites, récurrentes au cours des siècles, dans des champs aussi divers que le droit, la médecine (en particulier orientale), les mathématiques, la théologie, la psychologie, la philosophie, la littérature ou encore la linguistique, sans compter toutes les sciences qui recourent à une forme ou une autre de modélisation, ni le rôle de l'analogie dans la découverte scientifique ou dans l’évolution des techniques. Reprendre cette question au XXIe siècle, c'est d'abord prendre acte du fait qu'en dépit de multiples tentatives, elle n'a toujours pas fait l'objet d'une unification cohérente, qui permette de relier la capacité cognitive dont dérive l'aisance extraordinaire qu'ont les hommes (ainsi que d'autres espèces animales) de produire des analogies, à l'ensemble des représentations, mentales ou publiques, qui en découlent.
Alain Badiou a défrayé la chronique, en 2007, avec son pamphlet De quoi Sarkozy est-il le nom ?, sur la lancée, L’Hypothèse communiste, en 2009, reçut un certain écho. Le Réveil de l’histoire qui vient de paraître est passé presque inaperçu. Badiou serait-il passé de mode ? C’est possible mais ses travaux, caricaturés tant par la réaction que par la gauche radicale, méritent mieux qu’un anathème grossier.
Qu'en pleine lumière, au vu et au su de tous ceux qui auraient voulu savoir, la patrie de Kant et de Nietzsche, de Hegel et de Husserl, ait pu bâtir la machine de mort nazie n'est sans doute plus un mystère pour les historiens mais pose encore des questions philosophiques qui n'ont pas trouvé toutes leurs réponses. D'où l'idée de regarder à travers ce numéro, comment les philosophes ont interprété le nazisme.
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